Phocée

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Phocée
Site de l'ancienne Phocée et village actuel
Site de l'ancienne Phocée et village actuel
Localisation
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région antique Phocide
Province İzmir
District Foça
Coordonnées 38° 40′ 03″ N 26° 45′ 29″ E / 38.667502, 26.75803938° 40′ 03″ Nord 26° 45′ 29″ Est / 38.667502, 26.758039  

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Phocée
Phocée
Fondation entre le Xe et le VIIIe siècle av. J.-C.

Phocée (en grec ancien : Φώκαια / Phṓkaia, la cité des Phocidiens, aujourd’hui en turc : Foça) est une ancienne cité grecque d’Asie Mineure sur la côte de la mer Égée, dans le golfe de Smyrne (aujourd'hui İzmir, en Turquie). Son nom est repris dans celui de l’actuelle ville de Foça.

Elle a été fondée entre le Xe et le VIIIe siècle av. J.-C. par des Grecs venus de Grèce continentale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les textes anciens donnent peu d'indications sur l'origine, les institutions et les cultes de la cité. On dit qu'elle aurait pu être fondée par l'Athénien Philogène et que sa population aurait été composée d'Athéniens et de Phocidiens (habitants de Phocide, territoire sacré de la Grèce antique). D'après Hérodote[1], pour qui elle passe pour avoir créé les premiers longs vaisseaux à cinquante rames, les pentécontères, elle est implantée dans la région qui jouit du meilleur climat du monde, adossée à des collines au bord d'une vaste baie bien protégée.

La Confédération ionienne[modifier | modifier le code]

Vestiges du théâtre de Phocée

Elle est l'une des cités de la Confédération ionienne, dodécapole grecque d'Asie Mineure, avec Chios, Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée, Lébédos, Milet, Myonte, Priène, Samos et Téos. Mais ces cités n'ont que des liens très lâches avec leurs voisines, même quand elles sont regroupées en une ligue. Cela les placera en position de faiblesse lorsqu'il leur faudra faire face à des puissances ennemies à partir du VIIe siècle av. J.-C. (les Lydiens, les Cimmériens et surtout les Perses de Cyrus II à partir de 546 av. J.-C.).

La tutelle lydienne[modifier | modifier le code]

Ces cités grecques d'Asie Mineure entretenaient des relations commerciales suivies avec leur principal voisin, le riche et prospère royaume de Lydie. Au début du VIIe siècle av. J.-C., alors que des envahisseurs venus du Nord, les Cimmériens, ravageaient la Lydie et le territoire des cités grecques, Gygès, le roi lydien, mit en œuvre une politique d'alliance et de conquête, et Lydiens et Grecs s'unirent pour lutter contre leur ennemi commun.
Gygès trouva la mort au cours d'une bataille mais une fois la paix revenue, ses successeurs rétablirent leur royaume et placèrent les cités grecques sous leur tutelle. Celles-ci continuèrent à se gouverner en autonomie, mais elles devaient payer un tribut et fournir un contingent militaire en cas de besoin. D'autre part, les Lydiens furent influencés par la culture grecque.

Les colonies phocéennes[modifier | modifier le code]

Ces cités étaient prospères, et leur richesse augmenta encore avec le développement des relations avec les colonies qu'elles avaient créées autour de la Méditerranée. Ainsi, au VIe siècle av. J.-C., Phocée devint la « métropole » (cité-mère) de la colonisation grecque en Méditerranée occidentale. Les Phocéens fondent successivement Massalia (actuelle Marseille, d'où son appellation de « cité phocéenne ») en 600 av. J.-C., près de l'embouchure du Rhône, puis Avenio (actuelle Avignon), Agathe Tychè (Agde), Antipolis (Antibes) ou encore Nikaïa (Nice). Puis Alalia (actuelle Aléria), un comptoir sur la côte orientale de la Corse, face à l'Étrurie vers 545 av. J.-C., et Élée, ainsi que de puissantes colonies en Espagne, comme Emporion (Ampurias). N.B. En grec, le mot emporion désignait une place de commerce maritime.

Destruction de la ville[modifier | modifier le code]

En 546 av. J.-C., Phocée est prise par les Perses de Cyrus le Grand. Les riches familles de la métropole auront eu le temps de fuir et de venir se réfugier dans leurs colonies, contribuant ainsi à leur développement. Néanmoins le site de Phocée n'est pas complètement abandonné, comme en témoigne le théâtre construit au IVe siècle av. J.-C. Le fameux temple d'Athéna archaïque s'effondre à la suite d'un tremblement de terre au IIe siècle ap. J.-C. mais il est reconstruit en marbre par les Romains.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Colonies de Phocée :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Haris Yiakoumis, Phocée, 1913-1920, Le témoignage de Félix Sartiaux, Éditions Kallimages, 2008 (ISBN 978-2915936063)
  • Félix Sartiaux, Note sur l'exploration de l'ancienne Phocée, Communication lue à l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres, 1914.
  • Foça Kazıları ve Kyme sondajları, Ekrem Akurgal, Anatolia I, 1956, 33-40.
  • Foça, Phokaia, Suzan Özyiğit, (ISBN 975-96574-0-6), Izmir, 1998.
  • Les cultes des cités phocéennes, Études Massaliètes, numéro 6, Centre Camille Jullian, 2001

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], Livre I, Clio, CLXIII-CLXIV.