Liban

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

33° 54′ 00″ N 35° 32′ 00″ E / 33.9, 35.5333 ()

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Liban (homonymie).

République libanaise

الجمهوريّة اللبنانيّة (ar)

Drapeau
Drapeau du Liban
Blason
Armoiries du Liban
Description de l'image  Lebanon (orthographic projection).svg.
Devise nationale Honneur, Sacrifice, Loyauté
Hymne national Koullouna Lilouatan (Tous pour la Patrie, pour la gloire et le drapeau)
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président de la République poste vacant depuis le 25 mai 2014
Président du Conseil Tammam Salam
Langues officielles arabe[1]
Capitale Beyrouth

33° 52'48. N, 35° 29'60e

Géographie
Plus grande ville Beyrouth
Superficie totale 10 452 km2
(classé 166e)
Superficie en eau 3 %
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Indépendance de la France
Date 22 novembre 1943
Démographie
Gentilé libanaise, libanais
Population totale (juillet 2010) 4 125 247 (est,)[2] hab.
(classé 123e)
Densité 373 hab./km2
Économie
PIB nominal (2010) 39,15 milliards USD[2] (83e)
PIB (PPA) (2010) 58,65 milliards USD[2] (87e)
Monnaie livre libanaise (LBP​)
Divers
Code ISO 3166-1 LBN, LB​
Domaine Internet .lb
Indicatif téléphonique +961

Le Liban, en forme longue la République libanaise[1], en arabe : لبنان (Lubnan) et en forme longue الجمهوريّة اللبنانيّة (Al Jumhuriya Al Lubnaniya), est un État du Proche-Orient, en grande partie montagneux[3]. Il partage ses frontières avec la Syrie au nord et à l'est sur 376 km et Israël au sud sur 79 km. Il est bordé à l'ouest par le bassin levantin, la partie orientale de la mer Méditerranée, avec 220 km de côtes. Beyrouth en est la capitale.

La langue officielle est l'arabe. Le français ayant perdu ce statut est une langue seconde, employée notamment dans l'enseignement[4]. La monnaie officielle est la livre libanaise.

Du fait de sa composition pluriconfessionnelle, le Liban est doté d'un système politique fondé sur une répartition du pouvoir proportionnelle au poids de chaque communauté religieuse, c'est le confessionalisme[5].

Comme entité géopolitique et tel qu'il existe dans ses frontières actuelles, l'État libanais est créé en 1920 sous le nom de Grand Liban par la France (le haut commissaire français au Liban est alors le général Gouraud) par division du territoire ottoman dit de la « Grande Syrie », sur la base de l'entité autonome du Mont-Liban, la Moutassarifat du Mont-Liban, complétée principalement par Beyrouth et la plaine de la Bekaa (voir Histoire du Liban). La France avait été alors, à la suite du démantèlement de l'empire ottoman, mandatée par la Société des Nations pour développer et moderniser certains territoires ex-ottomans.

En 1926, le pays adopte sa première constitution, devient officiellement une République, prend le nom de République libanaise et crée les postes de Président de la République et de Président du Conseil des ministres.

Son histoire, son système politique et la variété de sa culture, de sa démographie religieuse et de sa géographie en font un pays à part et original du Proche-Orient. Le Liban a été occupé au cours des siècles par diverses civilisations. Il est aussi réputé dans le monde pour sa gastronomie et, dans le monde arabe, pour sa musique.

Entre son indépendance et le début de la guerre civile qui le ravage de 1975 à 1990, le pays connait une période de relative prospérité économique et de stabilité politique, permises par la forte croissance des secteurs du tourisme, de l'agriculture ainsi que du secteur des finances et des services (banque, assurances...)[6]. Dans cette période, le pays est de ce fait considéré comme le coffre-fort du Levant et comme « La Suisse du Moyen-Orient », en raison de son poids et de sa puissance financière. Le Liban attire alors de nombreux touristes, en grande partie parce que Beyrouth, la capitale, est connue comme le « Paris du Moyen-Orient ». Beyrouth est d'ailleurs classée par le New York Times comme la première ville à visiter pour l'année 2009.

Immédiatement après la fin de la guerre civile, de grands efforts sont faits pour reconstruire les infrastructures du pays et une économie viable, par le biais d'investissements colossaux de l'État, de l'Arabie saoudite, de l'Union européenne et de quelques pays du Golfe Persique. Ainsi, l'IDH du Liban passe de 0,677 en 1990 à 0,803 en 2008. En outre, au début 2006, le pays atteint un niveau de stabilité relativement élevé et la reconstruction de Beyrouth est entrée dans sa phase intensive[7]. Cette année-là, un nombre toujours croissant de touristes est enregistré. Cependant, la guerre israélo-libanaise de 2006 met un terme à l'afflux touristique et cause des dommages estimés à environ 3 milliards de dollars américains sans compter le ralentissement économique qui s'en est suivi[8].

Étymologie

Liban vient de la racine sémitique Lubnan signifiant blanc ou lait, en référence au manteau neigeux qui recouvre les montagnes libanaises en hiver, un paysage plus que singulier dans cette région aride et déficitaire en eau qu'est le Proche-Orient. Le nom du pays est mentionné dans trois des douze tablettes de l'Épopée de Gilgamesh (2900 av. J.-C.), dans des textes de la bibliothèque d'Ebla (2400 av. J.-C.), ainsi que 71 fois dans l'Ancien Testament[9],[10].

Une deuxième explication peut également l'associer au nom de l'odeur d'encens qui provient de l'arbre à parfum connu par les sémites sous le nom de "loubân". Cet arbre poussait jadis partout sur les montagnes libanaises et produisait au printemps des fleurs blanches qui émettaient un parfum unique.

Drapeau

Le drapeau du Liban est composé de trois bandes horizontales, deux rouges sur les parties supérieures et inférieures et une blanche au milieu faisant le double d'une rouge. Selon le programme scolaire officiel d'instruction civique, les bandes rouges représentent le sacrifice pour l'indépendance, notamment celui des martyrs de l'époque ottomane, et la bande blanche représente la neige qui recouvre les montagnes du Liban ainsi que la pureté et la paix.[réf. nécessaire] Le drapeau est frappé en son centre d'un cèdre vert, le cèdre du Liban (Cedrus libani Pinacées), qui est l'emblème du pays. Son bois, imputrescible et très léger, aurait servi à la construction du Temple de Salomon à Jérusalem. Les Phéniciens s'en servaient également pour la construction de leurs navires. Ce drapeau tel qu'il est date de 1943[1].

Histoire

En bordure de la mer Méditerranée, le Liban fut dès l'époque phénicienne un carrefour culturel et commercial. Sur son territoire, des communautés de confessions diverses ont coexisté dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Au Proche-Orient, le Liban présentait ainsi un visage original d'un État pluriconfessionnel, dont le développement fut longtemps assuré par un système bancaire parmi les plus performants au monde, ce qui lui valut le titre de Suisse du Proche-Orient après la seconde guerre mondiale. Néanmoins, le Liban a connu plusieurs guerres civiles et régionales, notamment entre 1975 et 1990 où principalement Israël et la Syrie ont essayé de tirer profit de la situation intercommunautaire désastreuse en s'ingérant dans les affaires internes du pays.

Histoire ancienne

Sarcophage d'Ahiram, roi de Byblos, désormais au Musée national de Beyrouth.

Les premières traces de peuplement du Liban remontent à entre 7000 et 5000 ans av. J.-C. Le territoire est décrit dans la Bible comme « la terre du lait et du miel», et c'est donc en raison de l'abondance de ces richesses que le pays a toujours attiré les conquérants tout au long des siècles. Les archéologues ont découvert à Byblos, qui est considérée comme étant « le plus vieux village du monde »[11], des restes de huttes préhistoriques, des armes primitives, ainsi que plusieurs jarres d'argile, qui semblent dater des époques Néolithique et Chalcolithique, durant lesquelles vivaient, sur les bordures de la Méditerranée, plusieurs communautés de pêcheurs[12].

Le Liban fut la mère patrie des Phéniciens, ce peuple marin aventureux, rameau du peuple Cananéen, qui a dominé pendant des siècles le commerce méditerranéen et fondé des comptoirs et des cités sur tout le pourtour de la Méditerranée dont Carthage, Palerme, Cadix, Tanger, etc. Il s'ensuivit l'avènement de Cyrus II le Grand, un grand empereur perse[13]. Après 200 ans de domination perse, les Grecs, sous l'égide d'Alexandre le Grand, attaquent et assiègent Tyr en 332 av. J.-C., alors la plus grande ville phénicienne, durant sept mois[14],[15]. La raison en est entre autres historique : ceux des Croisés qui avaient pris goût au climat du Liban et y avaient fait souche apprirent vite que le Coran interdisait le prêt à intérêt. Le christianisme oriental ne s'y opposant pas de son côté, et les besoins de financement existant dans tous les pays du monde, ils développèrent donc des activités de banque et de finance.

Au XIXe siècle, le Liban fut pris dans le conflit Turquie-Égypte, auquel se mèlent les puissances occidentales: le 2 octobre 1839 la flotte anglaise anéantit la ville de Beyrouth[16].

L'Église maronite étant rattachée à Rome depuis ses origines qui remontent au Ve siècle, les maronites ont beaucoup contribué à l'importation de la culture occidentale au Liban. À partir de 1860, ils se sont établis dans les villes où sunnites et grecs orthodoxes cohabitaient déjà. La culture libanaise s'est ainsi enrichie, au gré du rapprochement géographique des communautés religieuses, des apports de l'immigration et des influences françaises et américaines. La clef de voûte de la culture libanaise a longtemps été le développement de villes cosmopolites et tolérantes.

Depuis ce temps, et jusqu'à son indépendance en 1943, le pays fut sous la domination de plusieurs grandes puissances étrangères, qui marquèrent plus ou moins durablement le pays : les Perses, les Assyriens, les Grecs (Macédoniens), les Romains, les arméniens, les Grecs byzantins, les Arabes, les Seljouk, les Mamelouks, les Croisés qui fondèrent le comté de Tripoli et dont le créateur est Raymond IV de Toulouse, l'Empire ottoman, et enfin la France.

Politique

Un système politique particulier

Le Liban est une démocratie parlementaire (confessionnelle), régie par la constitution du 23 mai 1926, qui a été modifiée six fois depuis, la modification la plus importante étant l'accord de Taëf qui réorganise le partage du pouvoir entre les différentes communautés religieuses.

Jusqu'en 1975, FreedomHouse considérait le Liban comme un des deux seuls pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (avec Israël) à être un pays libre[17]. Le pays perdit ce statut avec l'épisode de la Guerre Civile et ne l'a jamais regagné depuis. En 2013, le Liban est considéré comme "un pays partiellement libre"[18].

La Constitution énonce que le Président, obligatoirement chrétien maronite[citation nécessaire], est élu par le Parlement (Majlis Al Nuwab ou Chambre des députés) à la majorité des deux-tiers et pour six ans. Il n'est pas directement rééligible (sauf si l'article 49 de la Constitution venait à être modifié). Par l'accord de Taëf, ses pouvoirs ont été réduits au profit du Conseil des ministres réunis. Le Premier ministre doit être musulman sunnite et il est responsable devant les députés ainsi que le président de l'Assemblée nationale, qui lui doit être musulman chiite. Le vice-premier ministre et le porte-parole du gouvernement sont des chrétiens orthodoxes. L'Assemblée nationale comporte 128 sièges, répartis entre chrétiens et musulmans, qui sont élus au suffrage universel direct selon un système électoral complexe et « segmenté par la religion ». C'est le confessionalisme, que la Constitution prévoit qu'il soit aboli en œuvrant « suivant un plan par étapes ».

Dans ses mémoires[19], le président français Jacques Chirac a admis avoir proposé à Damas cinq noms pour que la Syrie choisisse l'un d'eux comme chef de l'État libanais : ce fut, en 1998, Émile Lahoud. Ceci illustre la permanence, au travers de la diplomatie, de l'influence des deux puissances tutélaires sur le Liban.

La classe politique

Les composantes de la classe politique libanaise sont étroitement liées aux influences régionales qui profitent de la porosité et des divisions confessionnelles du Liban. Les dirigeants libanais sont issus de grandes familles qui règnent depuis des décennies sur la scène politique libanaise, et qui tiennent plus à leurs alliances à l'extérieur qu'à leurs positionnements programmatiques. La division en deux camps est avant tout celle des élites engagées dans une lutte effrénée pour le pouvoir et les avantages qu'il procure.

La classe politique libanaise est aujourd'hui divisée principalement entre l'Alliance du 14 Mars et la majorité présidée par Najib Mikati. L'Alliance du 14 Mars représente la minorité parlementaire appuyée par l'Occident ; elle comprend le Courant du futur, dirigé par le député sunnite Saad Hariri, le parti des Forces libanaises dirigé par Samir Geagea, chrétien maronite, ainsi que les Phalanges libanaises (Kataeb) dirigées par Amine Gemayel, chrétien maronite. La majorité actuelle est regroupée autour du Bloc de la réforme et du changement (10 ministres et 27 députés) présidé par le général chrétien Michel Aoun, du tandem chiite Hezbollah-Amal (6 ministres et 28 députés) et de la coalition Mikati-Sleiman-Joumblatt (12 ministres et autant de députés). Le Bloc aouniste et le tandem chiite constituent, avec quelques autres partis, ce que les médias nationaux appellent communément le « Mouvement du 8 Mars », en référence à une manifestation du Hezbollah en 2005.

Les tensions entre les communautés

Barbelés dans une rue de Beyrouth
Un immeuble détruit pendant la guerre civile

Le Liban est composé d'une dizaine de communautés religieuses et les tensions entre les communautés ont marqué l'histoire du Liban contemporain.

Depuis l'indépendance de 1943, le fonctionnement de la vie politique libanaise repose sur le Pacte national de 1943, un compromis communautaire non écrit entre les trois communautés majoritaires : sunnites, chiites et maronites. Les sunnites acceptent l'indépendance du Liban et ne cherchent pas à unifier le pays avec la Syrie. Les maronites reconnaissent le caractère arabe du pays et ne demandent plus l'aide des pays occidentaux. Les plus hautes fonctions de l'État sont réparties entre les communautés : les maronites obtiennent la présidence de la République et de ce fait le commandement de l'Armée, les sunnites obtiennent le poste de premier ministre et les chiites, le poste de président de l'Assemblée nationale.

La question de la naturalisation des réfugiés palestiniens est aussi une source de tensions intercommunautaires. Les 455 000[20] réfugiés palestiniens sont regroupés dans une quarantaine de camps. Les réfugiés attendent le droit au retour en Palestine ou une naturalisation, ainsi qu'une amélioration de leurs conditions de vie. La naturalisation des réfugiés créerait un changement démographique très important dans un pays de 4 millions d'habitants. Les réfugiés sont en grande partie sunnites et les chrétiens et musulmans chiites s'opposent à leur naturalisation craignant d'être affaiblis, tandis que les sunnites y sont favorables et défendent la « cause » palestinienne. L'intégration des réfugiés dans l'économie libanaise inquiète aussi les Libanais, le taux de chômage et la dette étant déjà élevés. C’est de cette divergence d’intérêts qu’est née en 1975 la guerre du Liban qui a déchiré le pays pendant 17 ans. Pendant la guerre civile, le parti chiite représenté par le mouvement Amal se scinde en deux avec la création du Hezbollah, défendant notamment le droit au retour des Palestiniens.

Le nouvel afflux massif de réfugiés majoritairement sunnites, parfois armés, venus de Syrie depuis l'insurrection de 2011, vient doubler ces tensions, en particulier dans la ville de Tripoli avec des affrontements armés entre sunnites et alaouites libanais.

Dès le début des années 1980, le Sud-Liban est envahi par l’armée israélienne (Opération Litani) dans le but de miner l’assise territoriale de l’Organisation de libération de la Palestine. Les chiites qui étaient majoritaires dans cette région, furent les principales victimes de l’occupation et des conflits. Or, l'État libanais les a longtemps laissés en marge du développement et n'a pas cherché à les protéger de cette occupation, l'essentiel du pouvoir étant partagé entre les chrétiens et les sunnites en vertu du pacte national de 1943. L’histoire d’un chiite du Sud est radicalement différente d’un chrétien ou sunnite du Nord du Liban. Israël est un acteur central dans l’histoire de la communauté chiite du Sud-Liban. Ainsi, dès le début des années 1980, les chiites ont adopté une conscience politique qui leur est propre : la lutte contre le manque de développement, incarné par le parti Amal, et la lutte pour la résistance à Israël, fer de lance du Hezbollah. Aujourd’hui, le Hezbollah est considéré comme la meilleure défense de cette communauté[réf. nécessaire], surtout depuis le retrait israélien en 2000 après 22 ans d’occupation, et la guerre de juillet 2006. Aujourd’hui, il n’existe pas, pour la communauté chiite, d’alternative politique à Amal et au Hezbollah pour défendre leurs intérêts, les chiites craignant qu'on les fasse retomber à leur statut social bas. Par ailleurs, le Courant patriotique libre, un parti chrétien, a signé un protocole d'entente mutuelle avec le Hezbollah le 6 février 2006.

Toutefois, l'armement militaire du Hezbollah et celui de plus faible envergure d'Amal suscitent les craintes de l'Alliance du 14 Mars, regroupant une majorité des musulmans sunnites et une partie des druzes et des chrétiens. Ces tensions se sont manifestées pendant les incidents du 7 mai 2008 qui ont opposé d'une part le Hezbollah, Amal et le Parti social nationaliste syrien (PSNS), et d'autre part des milices sunnites de Beyrouth, majoritairement partisans du Courant du Futur, et la milice druze de Walid Joumblatt. Le Hezbollah justifie son armement par la nécessité de pouvoir riposter aux attaques israéliennes contre le Liban, faire pression pour demander le retrait israélien du secteur des fermes de Chebaa, le retour des Libanais prisonniers en Israël et le droit au retour des réfugiés palestiniens. Les partisans du désarmement du Hezbollah craignent qu'il importe d’Iran au Liban l’idéologie islamique de la révolution iranienne pour former un croissant chiite dans la région, tel que revendiqué par le Hezbollah lors de sa création. Depuis 2009, cette revendication ne figure plus dans la charte politique du Hezbollah[21]. Téhéran ne revendique toutefois qu'une partie de ce soutien et compare ses relations avec le Hezbollah à celles qu'entretiennent les États-Unis avec Israël et les partis pro-occidentaux. Aujourd’hui, le Hezbollah se démarque de sa filiation originelle, et affirme qu’il s’est “libanisé” puisqu’il se veut coopératif avec l’ensemble des institutions libanaises[réf. souhaitée].

Par ailleurs, la composition de la diaspora libanaise dans le monde est en corrélation entre la destination et la religion : les chrétiens ont majoritairement émigré vers l’Europe, les États-Unis, ou le Brésil, les musulmans se regroupant plutôt en Afrique, et notamment en Afrique de l'Ouest[22]. En revanche, tous se retrouvent dans les pays du Golfe. Quant à l’influence politique des émigrés sur leur pays d’accueil, elle est contrastée : au Brésil les descendants de Libanais occupent de nombreux postes politiques très haut placés.

Si les tensions entre communautés prennent des formes extrêmes, c'est en partie parce que les traditions locales n'offrent pas des régulateurs, ou des médiateurs, reconnus par tous. Aussi, nombre de personnalités politiques encouragent le dialogue inter-religieux, en mettant en avant la figure de la vierge marie, personnalité majeure chez les chrétiens comme chez les musulmans : La Vierge est pour tout le monde, dit-on en ces pays. Les factions en présence utilisent cette figure aussi bien dans leur intérêt - en collant des images de la Vierge sur leurs obus, par exemple -, ou pour promouvoir le dialogue, le vivre ensemble, thèmes qui deviennent des causes nationales. Cette approche correspond bien à l'effort d'équilibre de gouvernance entre religions, et le gouvernement n'hésite pas à prendre en charge les infrastructures pour développer les pèlerinages, comme vers Béchouate ou vers Harissa pour Notre-Dame du Liban[23].

Forces militaires

Les Forces Armées Libanaises comprennent 72 000 soldats[24] dont 1 100 dans les forces aériennes et 1 100 dans les forces navales[25].

Les principales missions de l'armée sont la défense du pays et de sa population contre les agressions extérieures, maintenir la stabilité et la sécurité intérieure, se confronter aux menaces visant les intérêts vitaux du pays, s'engager dans des activités sociales et assurer la coordinations entre les institutions humanitaires publiques et privées.

Le Liban est un des principaux bénéficiaires d'aides financières étrangères pour son armée[26]. Depuis 2005, avec 500 millions $, l'armée libanaise est la deuxième armée la plus subventionnée derrière Israël par les États-Unis[27],[28].

Subdivisions

Articles détaillés : Gouvernorats du Liban et Districts du Liban.

Depuis 2003, le Liban est divisé en huit mohafazat (gouvernorats, régions), elles-mêmes constituées de 25 cada'a (subdivisions, districts)[29].

Géographie

Articles détaillés : Géographie du Liban et Villes du Liban.
Carte du Liban (CIA 2002)

Le Liban, pays du Levant (Proche-Orient), est une étroite bande de terre bordée par la mer Méditerranée sur 240 km de côtes. Long de 250 km et large de 25 à 60 km, il s'étend entre la Syrie sur 376 km et Israël au Sud sur 79 km. Sa superficie est officiellement de 10 452 km2, soit l'équivalent du plus grand département français métropolitain, la Gironde. En réalité, les superficies calculées par les systèmes d'information géographiques actuels, et un certain nombre d'autres sources, ne convergent pas vers un chiffre aussi précis et aboutissent à une valeur proche de 10 200 km2[30].

Relief

Le relief est très varié : sur les 60 km de largeur du pays, le relief va de 3 089 m d'altitude jusqu'au niveau de la mer. La montagne occupe la plus grande partie du territoire. On distingue, d'ouest en est, 4 zones successives, orientées parallèlement au rivage :

  • l'étroite plaine côtière alluviale, limitée par une côte coupée de promontoires rocheux favorables à l'installation de ports.
  • le massif du mont Liban (Jabal Lubnan) s'incline lentement vers le sud jusqu'aux monts Galilée et culmine à 3 089 mètres au Qurnat as Sawda'. Des rivières creusent des gorges profondes dans la montagne. Le versant occidental est couvert de forêts de pins et de cèdres.
  • la haute plaine intérieure de la Bekaa, à une altitude moyenne de 900 mètres, bien irriguée en son centre et en son sud, était le grenier de la région pendant l'Antiquité. Le fleuve Oronte se dirige vers le nord et le Litani y coule en direction du sud.
  • le massif de l'Anti-Liban, plateau désertique culminant à 2 300 mètres d'altitude, est prolongé au sud par le mont Hermon et constitue une frontière naturelle avec la Syrie.

Climat

Étant donnée la diversité topographique du Liban, le climat varie considérablement d'une région à l'autre.

Le climat est de type méditerranéen, plus rude dans les montagnes, doux à chaud et humide sur la côte, semi-aride en montagne, désertique dans l’Anti-Liban et continental dans la plaine de la Békaa. Le Khamsin, vent brûlant et sablonneux du désert, venu de Syrie, souffle en mars, mais son passage est de courte durée. Des névés persistent toute l’année et la neige peut atteindre plusieurs mètres d’épaisseur sur les montagnes libanaises.

Montagnes au Liban, près du plus haut sommet du centre-est. Photo prise du point le plus haut de la route de Baalbek à Bcharre.

Passé la première chaine de montagne, le climat devient sensiblement plus sec et acquiert un caractère steppique voire désertique dans le nord-est du pays.

Les saisons intermédiaires sont douces. Cependant, des écarts de températures importants peuvent apparaître, selon la région et l’altitude. Les hivers sont humides. L’été est chaud et humide sur la côte mais sec en montagne. On peut alors trouver la fraîcheur dans les collines ou dans les contreforts des monts, plantés de cyprès et de cèdres.

Les précipitations sont rares de mai à octobre. La saison des pluies, hivernale, de novembre à mars, atteint son maximum en janvier, avec 191 mm, sous la forme de violents orages. La moyenne mensuelle des précipitations sur l’ensemble de l’année est de 75 mm environ.

À Beyrouth, le climat est chaud en été et doux en hiver, alors que le climat du Arez est frais en été et glacial en hiver. Les températures de l'Arez ne dépassent que rarement 20 °C en été et sont proches de -15 en hiver, de 14 au printemps et de 18 en automne.

Les saisons les plus agréables sont d'avril à juin et de septembre à novembre.

La température de la mer varie d'environ 28 °C en été à environ 16 °C en hiver.

Économie

Article détaillé : Économie du Liban.

La population urbaine au Liban se fait remarquer pour son esprit d'entrepreneuriat commercial[31]. L'émigration a créé un "réseau commercial" libanais à travers le monde. L'envoi de devises des Libanais de l'étranger au pays avoisine les 8,2 milliards $ et compte pour 1/5e dans la richesse de l'économie du pays en 2009[32].

Sur la côte, on cultive les agrumes ; sur les pentes en terrasse des montagnes (Mont Liban...) poussent des arbres fruitiers, de la vigne, des forêts de pins. La Bekaa est le domaine des cultures irriguées. À la suite des coupes excessives, la garrigue et le pâture ont supplanté les forêts de cèdres.

Quinze années de guerre (1975-1990) ont ruiné le pays du cèdre, qui aujourd'hui doit importer 85 % des produits de première nécessité, vit d'une économie souterraine et doit supporter le fardeau d'une dette et d'un déficit budgétaire considérables.

La guerre de juillet 2006 a eu de lourdes conséquences sur l'économie libanaise, dont tous les chiffres ont dû être revus à la baisse. Le coût de la guerre et de la reconstruction a augmenté l'endettement du pays. En 2006, la croissance, qui aurait dû atteindre 6 %, n'a atteint que 0,6 % [33] et le secteur touristique a de nouveau fléchi.

Dans une enquête du FMI classant 155 pays en termes d'attractivité, le Liban arrive en 95e position.

De 2006 à 2009, le taux d’endettement du pays est passé de 180 % à 162 %[34], notamment grâce à des taux de croissance de 8 % et 9 % entre 2008 et 2009. Malgré sa dette publique importante, le Liban a échappé à la crise économique de 2008 principalement grâce aux liquidités considérables et à l'interdiction de la spéculation dans les banques commerciales libanaises. Paradoxalement, la crise aurait eu un effet bénéfique sur l’économie puisqu'un flux important de capitaux a eu lieu. En effet les banques étaient jugées saines, et peu affectées par des produits toxiques[35]. La diaspora libanaise a joué aussi un rôle majeur grâce à l'afflux de ses capitaux rapatriés pour échapper à la crise, et ce après les avoir placés à l'étranger lors de la situation instable au Liban.

Tourisme

En 2009, le Liban a accueilli plus de deux millions de touristes et le New York Times a classé le pays destination touristique de l'année. Selon le ministère du Tourisme le secteur représentait environ 20 % du PIB, les visiteurs viendraient majoritairement des pays du Golfe et d'Europe[36]. Toutefois, depuis la fin de la guerre civile, le secteur touristique souffre de l'instabilité régionale, d'un environnement en constante dégradation et d'un manque d'encadrement public et juridique[37].

Les principaux sites touristiques sont, par ordre alphabétique :

Le temple de Jupiter, dans le complexe religieux de Baalbek, au Liban.
  • Baalbek : ancienne ville phénicienne, elle fut nommée Héliopolis par les Romains. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO pour ses extraordinaires ruines romaines: la Grande Citadelle, le temple de Bacchus (Dieu de la vigne), le temple de Vénus, Le temple de Jupiter consacré à 3 divinités (Hadad, Atargatis, sa femme et Mercure, leur fils).
  • Batroun : Château croisé (Fort de Mseilha), vieux port, mur datant de l'époque phénicienne, amphithéâtre et hippodromes romains, anciennes tombes.
  • Bcharré : ville de Gibran Khalil Gibran. Située dans les montagnes à 1 400 m d'altitude, sur le bord de la vallée de la Kadisha. Elle est à proximité de la forêt des cèdres millénaires du Liban. À Bcharré on pratique le ski alpin sur les hautes montagnes enneigées et le ski de fond dans les sentiers boisés ainsi que le parapente l'été. Le musée de Gibran présentent ses toiles (originales). On peut voir aussi sa tombe ainsi qu'une tombe phénicienne à proximité. En allant à la station de ski des Cèdres, on peut passer voir la grotte de Kadisha et admirer l'abondance de l'eau dans la région.
  • Beaufort : ancien château croisé construit sur un « nid d'aigle » au Sud-Liban.
Cour intérieure dans le Palais de Beiteddine
  • Beiteddine : palais (fin XVIIIe siècle), résidence d'été du Président de la République Libanaise, musées et jardins, qu'en tout temps on peut visiter.
  • Beyrouth : les 5 colonnes romaines, les thermes romains et les bains publics, les mosaïques byzantines exposées aujourd'hui au National Museum de Beyrouth, le Grand Sérail, l'Hôpital militaire ottoman, la Tour de l'Horloge, la Grande Mosquée Al-Omari (d'abord connue sous le nom de Cathédrale Saint-Jean), Zawiyat ibn al-Arraq (1517), la Mosquée Emir Assaf, la Mosquée Emir Mounzer, la Cathédrale grecque orthodoxe Saint-Georges (1867), Gemmayzé (quartier célèbre pour sa vie nocturne, des centaines de pubs).
  • Byblos (ou Jbeil) : véritable « joyau » archéologique et touristique, avec notamment le « Mur primitif » et les fondations du temple al-Shaped, les 9 tombes royales...
  • Deir-el-Kamar : ancienne cité des Émirs.
  • Harissa (Jounieh) : lieu de pèlerinage. Immense statue Notre Dame du Liban ou La Vierge du Liban, 1904, près d'une chapelle et d'une cathédrale, téléphérique
  • Hermel : au nord du Liban, sur les bords de l'Oronte. Activités sportives de Haute-Montagne.
  • Jeita : grottes extraordinaires longues de 650 mètres, sur deux niveaux.
  • Jezzine : ville du Sud-Liban. Ancien grenier des Phéniciens qui y cachaient leurs trésors pendant les guerres, Jezzine est aujourd'hui le centre administratif et politique d'un caza qui s'étend sur un site boisé. Cascade impressionnante et artisanat local (coutellerie).
  • Marjayoun : ancien château croisé, la Forteresse de Beaufort.
  • Sidon (Saïda) : l'une des plus célèbres cités-états de Phénicie. Son histoire remonterait à plus de 4 000 ans avant Jésus-Christ. Temple d'Eshmoun (VIIe siècle av. J.-C.), la ville médiévale, le Khan el-Franj, le Château de la mer, le Château Saint-Louis.
  • Tannourine : région pleine de verdure et de montagnes avec un climat froid au nord du Liban.
  • Tibnine : grand château, le Toron des chevaliers, principale base de la Finul au sud Liban.
  • Tripoli : la citadelle Saint-Gilles, l'église Saint-Jean, la Grande Mosquée (1294), la mosquée Taynal (1336), la mosquée Al-Mualaq (milieu du XVIe siècle), la mosquée Burtasiyat Madrassa (XIVe siècle), le hammam izz ed-Dine (1298) en restauration, le hammam el-Abed (XVIIe siècle), le hammam al-Jadid ou « nouveau bain » (1740), le souk al-haraj (XIVe siècle), la Tour du Lion construite au (XVe siècle).
  • Tyr : ancienne cité-état phénicienne fondée selon Hérodote en 2750 avant Jésus-Christ. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Vieux port phénicien, routes romaines et byzantines, nécropole, hippodromes romains, aqueducs romains, remparts de la ville.
  • Vallée de la Kadisha : la « Vallée Sainte », inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO est un haut-lieu de la chrétienté orientale. Ce site très accidenté est couvert de monastères dont certains remontent aux premiers temps du Christianisme.
Vue panoramique de Zahlé, au Liban, vue du Wadi Al Aarayesh
  • Zahlé : capitale de la Bekaa et vraisemblablement la plus grande ville chrétienne du Moyen-Orient. Célèbre pour sa gastronomie (son mezzé). Restaurants sur les rives du fleuve Nahr el-Berdawni. Statue de la Vierge offrant une vue panoramique sur la plaine de la Bekaa.

Transport

Article détaillé : Transport au Liban.

Démographie

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005) : Population en milliers d'habitants
Article détaillé : Démographie du Liban.

Son emplacement géographique, sa richesse en eau, ses montagnes dominant le Proche-Orient, son ouverture sur la Méditerranée et son climat tempéré, lui donnent une importance stratégique, économique, politique et militaire. C’est pour cela qu’il a été le lieu d’un brassage d’une multitude de civilisations et de cultures.

La population du Liban est estimée à 4,14 millions d'habitants. Les chiffres qui circulent ne sont pas officiels (en effet, il n'y a pas eu de recensement depuis le mandat français en 1932). À l'époque, les maronites (catholiques du Liban) étaient majoritaires. Actuellement, on estime la répartition confessionnelle nationale à 42 % de chrétiens contre 57 % de musulmans. 17 confessions sont reconnues par l'État[2].

Selon le World Refugee Survey 2008[38] publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants, le Liban abritait environ 325 800 réfugiés et demandeurs d'asile en 2007. De ce nombre, 270 800 étaient palestiniens arrivés après leur expulsion de l'État d'Israël en 1948, 50 200 étaient irakiens ayant fui la violence en Irak et la situation d'insécurité en Syrie et 4 500 étaient soudanais pour la plupart non reconnus.

Religions

Distribution des confessions

La liberté de culte est reconnue pour toutes les religions. L'État reconnaît officiellement 18 religions.

Il est difficile d'établir des statistiques sur la répartition des religions du fait de l'absence de recensement depuis 1932. Le Liban compterait 54 % de musulmans (dont environ 27 % de chiites et 27 % de sunnites), 5 % de druzes, 41 % de chrétiens (dont 23 % de maronites, 8 % de grecs orthodoxes, 5 % de melkites, 1 % catholiques romains, 1 % de protestants et 2 % d'autres groupes chrétiens) et 1 % d'autres confessions en général d'origines étrangères[2],[39]. Un décret de 1994 a permis la naturalisation en masse de 200 000 musulmans mais a ensuite été annulé à la demande de la Ligue maronite. À ce jour, l'annulation n'a toujours pas pris effet.[réf. nécessaire]

Les confessions sont :

  • parmi les chrétiens : les maronites catholiques, les orthodoxes-grecs, les melkites catholiques-grecs, les catholiques romains (de rite latin), les protestants, et les autres comme les arméniens apostoliques, les arméniens-catholiques, les syriaques-orthodoxes, les coptes, les assyriens, et les chaldéens.
  • parmi les musulmans : les communautés chiite, sunnite, alaouite et ismaélienne.
  • la communauté druze
  • la communauté juive.

Les maronites ne sont pas ethniquement arabes (aussi vrai pour les autres communautés chrétiennes et musulmans), mais des descendants des peuples autochtones présents avant l'invasion islamique de la Syrie antique: les Phéniciens[40],[41]. Au Moyen Âge, beaucoup de chrétiens se seraient mélangés avec les croisés. Des historiens ont remis en question ou critiqué ces vues[42]. Cependant, des études génétiques effectuées par Pierre Zalloua (en) en 2006 sous le patronage de la National Geographic Society ont démontré que c'est plus globalement les habitants des côtes (à l'ouest du pays) qui descendent des Phéniciens. Ces recherches se sont basées sur des tests ADN prélevés sur un échantillon de Libanais de toutes confessions et comparés à des prélèvements faits sur des momies phéniciennes. Ces tests ADN prouveraient aussi qu'il y a bien eu un mélange des populations locales avec les croisés, et que les populations côtières descendent majoritairement des phéniciens, qu'ils soient musulmans ou chrétiens, ainsi c'est à Tyr, région côtière majoritairement musulmane que l'on retrouve le plus grand nombre de descendants de phéniciens. Inversement les chrétiens ne résidant pas à l'Ouest du pays possèdent des ADN remontant aux arabes[43].

Il reste au Liban une petite communauté juive composée d'environ 100 personnes ; la plupart des Libanais juifs ont choisi de quitter le pays en raison de la guerre civile[44].

Les chiites sont concentrés au Sud et au Nord-Est de la Bekaa, tandis que les plupart des sunnites sont à Beyrouth et au Nord. Les chrétiens sont éparpillés un peu partout au Liban, alors que les Druzes se partagent le Chouf avec les chrétiens, vers Beit-ed-Dine.

  • Villes à majorité chiite : Banlieue sud de Beyrouth, Tyr, Nabatieh, Baalbeck, Kfar-Melki, Naquoura, Bent-el-Jbeil, Bazouriyeh, Qana, Abbassiyyeh, Ainata, Yaroun...
  • Villes à majorité sunnite : Ouest de Beyrouth, Saïda, Tripoli, Halba, Bebnine, Menieh, Denieh, banlieue de Zahlé, Jebjanine, Yarin, Barja, Chehim, Arssal, camps de réfugiés palestiniens...
  • Villes à majorité chrétienne : Est de Beyrouth (colline d'Achrafieh) (majorité d'orthodoxes-grecs), Banlieue Est de Beyrouth, Jounieh (majorité de maronites), Deir-el-Qamar, Zahlé (majorité de melkites), Bécharré (majorité de maronites), Zgharta (majorité de maronites), Ehden (majorité de maronites), Tannourine (majorité de maronites), Batroun (majorité de maronites), Jbeil (majorité de maronites), Jezzine (majorité de maronites et de melkites), Est de Saïda (majorité de melkites), Amioun (majorité d'orthodoxes-grecs), Baabda, ...
  • Villes à majorité druze : Baakline, Beit-ed-Dinne, Choueiffat, Aley...

Langues

L’arabe, langue officielle parlée au Liban appartient à un groupe de dialectes appelé syro-libano-palestinien. Relativement proche de l’arabe standard moderne, il en diffère cependant par certains points, ayant reçu des influences diverses dont des différents dialectes arabes orientaux, du turc et du syriaque mais aussi du français. La loi autorise l’utilisation du français pour certains documents officiels.

Le français, introduit par les congrégations religieuses au XIXe siècle a été déclaré langue officielle au même titre que l'arabe par la Constitution de 1926, avant de perdre ce statut. L'emploi de la langue française est conditionné par l'article 11 de la Constitution du Liban du 9 septembre 1943 : « L'arabe est la langue nationale officielle. Une loi spéciale déterminera les cas où il sera fait usage de la langue française. »[1]

Les influences régionales et les différentes occupations au cours des siècles pourraient expliquer pourquoi tant de langues différentes sont parlées au Liban. De plus, en raison de l’importante communauté libanaise expatriée et de la place du Liban dans le monde des affaires, la maîtrise de langues étrangères autres que l’arabe a toujours été de première importance. C'est pourquoi beaucoup de libanais parlent couramment le français et/ou l’anglais.

Jusqu’à la guerre civile, il était fréquent dans les communautés chrétiennes de privilégier le français en même temps que l'arabe. L’explication la plus probable tient du fait que les chrétiens fréquentaient généralement les écoles et institutions d’enseignement supérieur françaises[pertinence contestée]. Les communautés chrétiennes étaient[réf. nécessaire] donc majoritairement francophones. Les dernières décennies ont vu par ailleurs un développement significatif de l’anglais.

Première langue « étrangère » en usage au Liban[45], le français est à la fois langue de culture, d'enseignement et de communication. 45 % de la population libanaise est entièrement ou partiellement francophone et 55 % des Libanais ignorent totalement cette langue[45]. Le Liban compte 30 % d’anglophones[45]. À la suite d'accords linguistiques successifs entre la France et le ministère de l'Éducation, deux tiers des élèves de l'enseignement primaire sont scolarisés dans des établissements, publics ou privés, dont la langue d'enseignement des sciences et des mathématiques est le français. La connaissance et le niveau de français au Liban ne sont pas homogènes entre les différentes institutions scolaires, et la scolarisation dans des écoles bilingues ne garantit pas un bilinguisme à l'âge adulte. L’avenir de la langue française au Liban dépend du renforcement de nombreux facteurs, dont le niveau de formation des enseignants,[46],[47] et l'emprise de l’audiovisuel en langue française[réf. nécessaire].

Culture

Article détaillé : Culture du Liban.

La culture libanaise est issue du croisement de nombreuses cultures à travers les milliers d'années que compte son histoire. Influencé à l'origine par les Phéniciens, puis le Liban fut conquis et occupé par ordre chronologique par les Assyriens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Arabes, les croisés, les Turcs ottomans et plus récemment par les Français. La culture libanaise a emprunté à travers les millénaires de son histoire des élèments culturels de chaques occupants. La diversité de la population libanaise, composés de différents groupes ethniques et religieux a contribué au développement de festivals, de styles de musique et de littérature aussi bien que la cuisine.

L'identité libanaise

Au-delà des différences liées à l'importance institutionnelle et politique des communautés, il existe un ensemble de traits structurants communs aux Libanais : l’arabité linguistique, la phénicité, l’autonomie politique et, pour nombre d'entre eux, la francophonie.

Ainsi, l’entité libanaise trouve-t-elle toute sa raison d’être à travers l’expérience du dialogue des religions. À l’heure de la mondialisation, elle peut offrir un lieu privilégié de rencontre entre l’Occident et l’Orient et de pluralisme culturel constituant un patrimoine commun. La quête millénaire de l’identité libanaise doit donc transcender des éléments disparates relevant d’un même ensemble cohérent pour assurer cette fonction d’être un espace de communication, d’autonomie, d’ouverture, de rayonnement, de solidarité et de «résistance culturelle».

L’écrivain libanais, Amin Maalouf, a d’ailleurs fait de l'“identité” le thème de prédilection de son essai “Les Identités meurtrières”. Il y décrit l’identité comme une panthère qu’il faut apprivoiser par le principe de réciprocité. Enfin, il relate les dangers du “vote identitaire” dans une démocratie, qui ne ferait qu’encourager la ségrégation entre races et communautés, et invite les citoyens et politiciens à faire coexister pacifiquement les identités dans un contexte riche et un patrimoine commun.

Par ailleurs, quelle que soit leur confession, les Libanais de l'étranger ont davantage conscience des liens qui les unissent et de leur identité commune. La diaspora, active et influente, conserve des liens privilégiés avec ses origines en injectant de l’argent et son savoir-faire, et est avide de culture libanaise.

Gastronomie

Article détaillé : Cuisine libanaise.

Fêtes nationales

Fêtes et jours fériés non religieux
Date Événement
1er janvier Jour de l'an
21 mars Fête des mères
1er mai Fête des travailleurs
6 mai Fête des Martyrs[48]
1er août Fête de l'armée
22 novembre Indépendance du Liban (22 novembre 1943)

Les ordres et décorations de la République du Liban

  • Ordre du Cèdre
  • Ordre du Mérite

Littérature

Article détaillé : Littérature libanaise.

Événements et festivals

Sport

La géographie du Liban se prête à la pratique des sports en été comme en hiver. En automne et printemps, il est possible d'aller skier le matin puis de nager dans la mer Méditerranée l'après-midi. Dans les compétitions domestiques, le basket-ball et le football sont de loin les deux sports les plus populaires. Le Liban a accueilli les Jeux panarabes de 1997, la coupe d'Asie de football en 2000 ou encore les Jeux de la Francophonie 2009.

Le Liban dispose de six stations de sports d'hiver comprenant des pistes de ski alpin, ski de fond, des circuits de raquettes à neige ou de motoneige. En été, il est possible de pratiquer du canoë, du cyclisme, du rafting, de la natation, voile ou spéléologie, tout comme la pratique de sports extrêmes est possible à travers le pays. Enfin, un marathon est organisé chaque année à Beyrouth.

Le basket-ball est le sport le plus populaire où la sélection masculine obtient de bons résultats, capable dans les années 2000 de se défaire du Canada ou de la France et de se qualifier aux championnats du monde en 2002, 2006 et 2010, par ailleurs par trois fois la sélection est vice-championne d'Asie (2001, 2005 et 2007). Le joueur le plus connu est Fady El Khatib. En football, la sélection masculine est parvenue à disputer la dernière phase de qualification pour la coupe du monde 2014.

Concernant les Jeux olympiques, malgré une présence régulière, le Liban totalise quatre médailles (en lutte et en haltérophilie) dont aucune en or.

Médias

Cette section présente une liste incomplète de médias ou groupes médiatiques libanais :

Codes

Le Liban a pour codes :

Notes et références

  1. a, b, c et d La Constitution libanaise sur le site du Conseil constitutionnel libanais archivée par l’Internet Archive
    • Pour la langue officielle et le statut du français, voir l'article 11 de la Constitution libanaise, modifié par la loi constitutionnelle du 9 novembre 1943
    • Pour le nom officiel du Liban (« République libanaise »), voir l'article 101 de la Constitution libanaise
    • Pour le drapeau actuel du Liban, voir l'article 5 de la Constitution libanaise (modifié par la loi constitutionnelle du 7 décembre 1943).
  2. a, b, c, d et e (en) CIA, the world factbook
  3. phoenicia.org
  4. Le trilinguisme libanais, ou le message réconfortant d’une francophonie Agence universitaire de la francophonie
  5. Countries Quest. "Lebanon, Government". Consulté le 9 mai 2008.
  6. U.S. Department of State : "Background Note: Lebanon (History) August 2005", consulté le 10 mai 2008.
  7. Center for the Study of the Built Environment :"Deconstructing Beirut's Reconstruction: 1990-2000". Consulté le 10 mai 2008.
  8. www.amnesty.org
  9. Christian World News. "Lebanon Historically Linked to the Bible", consulté le 14 mai 2008.
  10. Roger Yazbeck. "Lebanon was mentioned 71 times in the Holy Bible...", consulté le 14 mai 2008.
  11. middleeast.com, consulté le 9 mai 2008.
  12. (en) Jbail (Byblos) : History
  13. About.com (1987) : "Lebanon in Ancient Times". Consulté le 22 mai 2008.
  14. pheniciens.com, consulté le 22 mai 2008.
  15. pheniciens.com, consulté le 22 mai 2008.
  16. Colling 1949, p. 230
  17. http://www.freedomhouse.org/sites/default/files/Country%20Status%20and%20Ratings%20By%20Region%2C%201973-2013_0.xls
  18. http://www.freedomhouse.org/sites/default/files/Country%20Status%20and%20Ratings%20By%20Region%2C%201973-2013_0.xls
  19. Jacques Chirac (en collaboration avec Jean-Luc Barré) : Le Temps présidentiel, Mémoires, vol.2, Nil, Paris, 2011 (624 pages).
  20. (en) Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient
  21. (en) charte politique du Hezbollah, Blog Nasr-Moqawama, 30 novembre 2009
  22. Article de Xavier Aurégan sur le site Diploweb: la "communauté" libanaise en Afrique de l'Ouest"
  23. « La Vierge, les chrétiens, les musulmans et la nation », sur Terrain (revue)
  24. http://carnegieendowment.org/files/090210_lafsecurity3.pdf
  25. http://usatoday30.usatoday.com/news/world/2006-08-01-lebanon-forces_x.htm
  26. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gfs5KFnHsffexKiQgh0f4eWb4Nbw?hl=en
  27. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gfs5KFnHsffexKiQgh0f4eWb4Nbw?hl=en
  28. http://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/view/the-future-of-u.s.-military-aid-to-lebanon
  29. localiban.org
  30. Éric Verdeil, « 10452 km² : Quand la superficie d’un pays devient un slogan politique (Liban) », M@ppemonde,‎ 2005
  31. http://dosfan.lib.uic.edu/ERC/bgnotes/nea/lebanon9401.html
  32. http://www.reuters.com/article/2009/06/08/us-lebanon-election-economy-sb-idUSTRE5570SJ20090608
  33. Croissance du PIB de 1898 à 2010
  34. http://www.reuters.com/article/2009/06/08/us-lebanon-election-economy-sb-idUSTRE5570SJ20090608
  35. Cf Interview de Makram Sader, Secrétaire Général de l'Association des banques du Liban dans L'essentiel d'un marché Liban, guide Ubifrance 2011/2012
  36. L'essentiel d'un marché Liban, Guide Ubifrance 2011/2012, p. 96
  37. Dewailly Bruno et Ovazza Jean-Marc., 2009, "Le tourisme au Liban : quand l’action ne fait plus système", in Berriane M. (Ed.), Tourisme des nationaux, tourisme des étrangers : quelles articulations en Méditerranée ?, Rabat University Press, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines and European Research Institute, Florence, Italy, 277 p. ISBN 978-2-35604-098-5 - PDF preprint version 2004 on Hal-SHS.
  38. (en) World Refugee Survey, 2008
  39. (en) « Lebanon — International Religious Freedom Report 2010 », Département d'État des États-Unis,‎ 17 novembre 2010
  40. Kaufmann, Asher. Reviving Phoenicia. The Search for Identity in Lebanon, Londres, I.B. Tauris, 2004.
  41. skyscraperlife.com
  42. Salibi, Kamal. A House of Many Mansions. The History of Lebanon Reconsidered, London, I.B. Tauris, 1988
  43. [1]
  44. thejewsoflebanon.org
  45. a, b et c Institut IPSOS, étude menée par P. Monin
  46. La France au Liban - Coopération linguistique et éducative, sur la site ambafrance-lb.org, 2011
  47. Quelle francophonie au Liban aujourd'hui sur le site cercle-richelieu-senghor.org, octobre 2007
  48. La fête des Martyrs commémore le combat des nationalistes exécutés en 1916, alors que le pays faisait encore partie de l’empire ottoman.
  49. Site officiel
  50. Site officiel

Bibliographie

  • Bruno Dewailly, « Du cas et des “K” touristiques libanais : une communication géographique », Villes et Territoires du Moyen-Orient, Beyrouth, Institut français du Proche-Orient, no 3,‎ mars 2007, p. 18 (lire en ligne).
  • Bruno Dewailly et Jean-Marc Ovazza, « Le tourisme au Liban : quand l’action ne fait plus système », dans Berriane, Dewailly et al., Tourisme des nationaux, tourisme des étrangers : quelles articulations en Méditerranée ?, Rabat University Press, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines and European Research Institute - Florence,‎ 2009 (ISBN 978-2-35604-098-5, lire en ligne).
  • Franck Mermier et Sabrina Mervin, Leaders et partisans au Liban, Paris, Karthala - IFPO - IISMM, coll. « Hommes et sociétés »,‎ 2012, 504 p. (ISBN 9782811105952).
  • (fr) (ar) Éric Verdeil, Ghaleb Faour et Sébastien Velut, Atlas du Liban : territoires et société, Beyrouth, Institut français du Proche-Orient, CNRS Libanais,‎ 2007, 207 p. (ISBN 978-2-35159-053-9, lire en ligne)
  • Josette Elayi, Histoire de la Phénicie, Éditions Perrin, Paris 2013.
  • Alfred Colling, La Prodigieuse Histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Liens externes