André Roussin

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André Roussin, né le à Marseille et mort à Paris le , est un auteur dramatique français.

Il était le metteur en scène et le directeur, avec Louis Ducreux, de la Compagnie du Rideau Gris. André Roussin est à l'origine de la politique de décentralisation du théâtre français. Il était également le directeur avec Benoît-Léon Deutsch, du théâtre de la Madeleine de 1955 à 1965. Il fut membre de l'Académie française, élu le 12 avril 1973 au fauteuil de Pierre-Henri Simon. Il faut aussi le président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques français (SACD) de 1984 à 1986.

Traduites dans toutes les langues et jouées dans le monde entier, les pièces d'André Roussin ont dessiné les contours du théâtre français d'après-guerre, ayant pour interprètes les plus grands acteurs de son époque.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Né rue Paradis à Marseille, il est élevé à Saint-Barnabé (Marseille) dans une famille de la grande bourgeoisie marseillaise : son père est assureur, sa mère est une des six filles d'un puissant industriel phocéen qui lui inspirera les pièces du Tombeau d'Achille et de La sainte famille. Son père l'incite à étudier le droit (pensant aux assurances pour sa succession) après le baccalauréat bien qu'il soit conscient que cela ne correspond pas à ses aspirations : « Mon fils a une double ambition : être dernier de la classe et devenir Napoléon. Pour la première ambition je pense qu'il n' y aura aucun problème, pour la seconde je ne suis pas sûr de vivre jusqu'au sacre ». Passionné pour tous les arts (, peinture, violon qu'il pratique pendant six ans), il montre très tôt son goût pour le théâtre, ce qui lui vaut le surnom de « Pagnolet », sobriquet donné lors de la représentation de la pièce Topaze de Marcel Pagnol en 1928 alors qu'il doit repasser son baccalauréat[1].

André Roussin abandonne sa première année d'études de droit (à l'insu de sa famille, il consacre pendant cette année son temps à lire des pièces de théâtre) pour devenir brièvement journaliste (au Petit Marseillais), puis se consacre au théâtre. Sa famille prend conscience de son talent lorsqu'il parodie Le Misanthrope de Molière dans Les Fureurs d’Alceste, pièce qu'il écrit en alexandrins. Il entre en 1933 dans la Compagnie du Rideau Gris fondée par Louis Ducreux. Il participe à la direction de la troupe, tout en y étant acteur, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La troupe vivant dans la précarité, les tournées s'arrêtent en 1936, il exerce alors les métiers de vendeur de pots de peinture, journaliste ou assureur.

Le dramaturge[modifier | modifier le code]

C’est pendant la guerre qu’André Roussin écrit et produit (grâce à un petit héritage) sa première pièce Am Stram Gram, une comédie en trois actes avec en rôle principal Micheline Presle, starlette montante. D'abord présentée en zone libre en 1941 où elle obtient un triomphe, la pièce est ensuite montée à Paris en 1943 où elle connait un succès honorable. En 1943, il écrit Une grande fille pour Madeleine Robinson avec qui il vit une histoire d'amour. En 1944, sa pièce Jean Baptiste le mal aimé essuie un échec critique et commercial[1].

C'est avec La Petite Hutte que Roussin assoit sa réputation. La pièce est présentée d'abord à Bruxelles en octobre 1947 dans une mise-en-scène de l'auteur qui y tient également un rôle aux côtés de Suzanne Flon et de Fernand Gravey. En décembre de la même année ; la production est reprise au théâtre des Nouveautés à Paris. La Petite Hutte est jouée à 1 500 reprises. L'œuvre adapte une autre comédie, écrite et publiée en 1921, en catalan par l'écrivain Carles Soldevila (1892-1967) avec le titre Civilitzats tanmateix (Pourtant civilisés). L'œuvre de Soldevila était connue en France : Adolphe de Faigairolle et Francesc Presas ont publié une traduction en 1927, dans le magazine Candide.

Pendant les années qui suivent, les pièces de Roussin connaissent pour la plupart un grand succès. Ainsi Bobosse, créée en 1950 et que François Périer interprète plus de 1 500 fois. Lorsque l'enfant paraît, présentée au théâtre des Nouveautés en 1951 en remplacement de La Petite Hutte, connaît près de 1 600 représentations. Ses pièces suivantes connaissent le succès public mais subissent une critique féroce adepte de la nouvelle politique théâtrale du ministre d'État chargé des Affaires culturelles André Malraux.

Des pièces polémiques[modifier | modifier le code]

Les sujets abordés par les comédies d'André Roussin débordent les arguments habituels du théâtre de boulevard pour aborder des sujets rarement exposés, où l'auteur fait valoir des vues remarquablement progressistes pour son époque. Ainsi Les Œufs de l'autruche évoque l'homosexualité, Lorsque l'enfant paraît aborde le thème de l'avortement, rarement traité dans le théâtre des années 1950.

La volonté de coller aux évolutions des mœurs et de l'opinion l'a poussé à revoir et adapter certaines de ses pièces en en modifiant les textes ou les intrigues.

L'Académie française[modifier | modifier le code]

Il est élu à l'Académie française le , au fauteuil 7, succédant à Pierre-Henri Simon. Il avait déclaré avant son élection : « Si je suis élu, je serai immortel ; si je suis battu, je n'en mourrai pas ». Sa réception officielle a lieu le . Éreinté par la critique et son nouveau statut s'accordant mal à sa fantaisie débridée, sa production théâtrale décroît[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Comédien[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]

Revue[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c André Roussin, le géant des rideaux rouges !, Portrait par Danielle Mathieu Bouillon, Canal Académie, 1 mai 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]


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Pierre-Henri Simon
Fauteuil 7 de l’Académie française
1973-1988
Jacqueline de Romilly