Saint-Cannat

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Saint-Cannat
Image illustrative de l'article Saint-Cannat
Blason de Saint-Cannat
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Arrondissement Aix-en-Provence
Canton Lambesc
Intercommunalité Communauté d'agglomération du pays d'Aix
Maire
Mandat
Jacky Gérard (PS)
2014-2020
Code postal 13760
Code commune 13091
Démographie
Gentilé Saint-Cannadens, Saint-Cannadennes
Population
municipale
5 474 hab. (2011)
Densité 150 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 37′ 20″ N 5° 17′ 55″ E / 43.6222222222, 5.29861111111 ()43° 37′ 20″ Nord 5° 17′ 55″ Est / 43.6222222222, 5.29861111111 ()  
Altitude Min. 159 m – Max. 391 m
Superficie 36,54 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.saint-cannat.fr

Saint-Cannat est une commune française, située dans le département des Bouches-du-Rhône en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Saint-Cannadéens ou Saint-Cannadens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Situé sur la nationale 7 à 17 km de Salon-de-Provence et 17 km du centre-ville d'Aix-en-Provence, le village se trouve à une altitude comprise entre 190 et 230 m. Le nord de la commune est bordé par la chaîne de la Trévaresse, entre 250 et 390 m d'altitude à cet endroit.

Le sud est bordé par la chaîne d'Éguilles et la rivière Touloubre. Cette rivière y coule au pied de son versant nord.

Saint-Cannat est composé de plusieurs quartiers, tels que la Galinette, le Val Dernier, Sainte-Marguerite, Saint-Estève, les Cépages, les Fontaines, les Sources, la Roselière, la Violette, le Deven, la Mer ...

Climat[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour la période 1971-2000 :

Mois J F M A M J J A S O N D année
Températures maximales (°C) 10,9 12,3 15,3 17,5 22,0 25,8 29,4 29,0 25,0 19,9 14,2 11,6 19,4
Températures moyennes (°C) 6,1 7,2 9,7 12,0 16,1 19,8 22,9 22,7 19,2 14,7 9,6 7,0 13,9
Températures minimales (°C) 1,2 2,0 4,0 6,4 10,1 13,7 16,4 16,3 13,3 9,5 4,9 2,4 8,4
Précipitations (hauteur en mm) 59 47 44 63 52 31 16 37 64 98 58 54 623,4
Source: Météo France[1] / Station de Salon de Provence

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le village tient son nom de Canus Natus, homme d'église romain du Ve siècle[2] qui deviendra évêque de Marseille. Quelque temps après son enterrement, un hameau voit le jour[2].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, l'archevêque Pierre inscrit Castrum Santi - Cannati dans un de ses écrits[2].

Un siècle plus tard, les villageois se rebellent contre leur archevêque et se tournent vers le baron des Baux-de-Provence, puis vers les rois de Sicile (plus exactement, Frederic III d'Aragon et éventuellement Louis XIII). Cependant, ce régime prend fin trois ans plus tard. A la même époque, les Templiers s'établissent en ces lieux[2].

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. Le roi de France, Charles VI, intervient et envoie le sénéchal de Beaucaire, Enguerrand d’Eudin, qui fait la conquête de Saint-Cannat à l’été 1383. Lorsque Louis Ier meurt et que sa veuve, Marie de Blois, arrive en Provence pour défendre les droits de son fils Louis II, elle réclame que le sénéchal lui cède la ville, ce qu’il refuse par instruction du roi de France[3].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Lorsque Jean dit « Le Bâtard d’Anjou », marquis de Pont-à-Mousson et seigneur de Saint-Cannat, fils naturel du bon Roi René d’Anjou, décède, il laisse tous ses droits sur Saint-Cannat en héritage à sa fille, Marguerite d’Anjou Saint-Cannat ( ?-1589). Par son mariage à Marseille, le 17 octobre 1525, avec François de Forbin-Soliers (v.1499-1572), marquis de Soliers, les biens de la petite fille de René reviennent à son époux et à leurs héritiers.

Bernard de Forbin est le dernier seigneur Forbin de Saint-Cannat et de Saint-Rémy. Il teste le 14 août 1646, aliène son fief de Saint-Rémy pour la dot de sa fille Lucrèce de Forbin et vend Saint-Cannat pour la somme de 106 000 livres à Henri de Covet de Marignane (1602-ap.1644), procureur général au parlement de Provence (1632), baron de Marignane (1638), premier consul d’Aix (1641) et gouverneur de la Tour de Bouc (1644). À la différence des Forbin-Soliers, par incommodité, les nouveaux seigneurs de Saint-Cannat délaissent bien vite l’ancienne maison des seigneurs évêques. Ils édifient le Château-Neuf, vaste bastide accolée à l’ancien rempart, face à la route d’Aix, qu’ils auront à peine le temps d’occuper. En 1715, Joseph-Marie de Covet (1693-1752), fils de Jean-Baptiste II (précédent seigneur de Saint-Cannat) de Diane-Marie Crussol-D’Uzès (?-1707), vend son fief avec le château à peine achevé à un riche négociant et armateur, Jean-Baptiste de Bruny (1665-1723), baron de la Tour d'Aigues.

Par la suite, le fief de Saint-Cannat est dévolu à Véronique Marie Jeanne Hiéronyme de Bruny (?-1756), dame de Saint-Cannat, mariée, le 3 septembre 1711 à Marseille, à Paul de Suffren (1679-1756), seigneur de Saint-Tropez, premier procureur. À la mort de son père et malgré les protestations de son frère François (1690-1772), Véronique Marie Jeanne Hiéronyme de Bruny de Saint-Cannat (?-1756) revendique l'héritage de Saint-Cannat, appuyée en cela par les Suffren. Le jeune roi de France, Louis XV, statue en 1725 en faveur des Suffren : il fait ériger la seigneurie en marquisat, au profit de Paul de Suffren et de sa descendance[4].

Statue de Pierre André de Suffren à Saint-Cannat

Né au château de Saint-Cannat, le 17 juillet 1729, Pierre André de Suffren est le deuxième fils de Paul (1679-1756), chevalier, seigneur de Saint-Tropez, de Richebois-Lamole, marquis de Saint-Cannat et de Véronique de Bruny (?-1756). Destiné à une carrière d’armes et bien que n’ayant pas été marquis de Saint-Cannat en lieu et place de son frère, sa vie bien plus prolifique ne peut être ignorée ici. Car Pierre André de Suffren (1729-1788) était un véritable enfant du Pays, Provençal dans tous ses traits de caractère et un citoyen à part entière de Saint-Cannat. Le village demeure depuis et pour longtemps encore lié à l’image du grand homme, stratège d’exception de la Marine Royale : le Bailli de Suffren.

Les désirs de changements, liés à une situation politique, économique et sociale dramatique, en déliquescence d’une monarchie absolue aux abois, poussent les Saint-Cannadéens à rédiger leur cahier de doléances en vue des États généraux de 1789. Au début, il n'est rien reproché au lieutenant de Dieu sur terre : le roi de France, Louis XVI. Mais il lui est demandé de considérer l’affranchissement de tous les cens et la restitution des tailles avec intérêts pour les biens nobles détenus par un roturier de nature (détenus essentiellement par les Suffren de Saint-Cannat), la vénalité des charges de la magistrature et l’abolition de la dîme. En bref, les Saint-Cannadéens demandent à être affranchis du « cruel esclavage » de leur seigneur, François-Antoine de Suffren (1726-ap.1817), pour n’avoir de seigneur que Sa Majesté[5].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Vers 1824, monsieur le marquis de Suffren, pair de France, vend sa terre de Saint-Cannat à monsieur Tardieu, négociant de Marseille.

Le 11 juin 1909, un terrible tremblement de terre ravage le village, détruisant notamment la chapelle Notre-Dame-de-Vie, l'ancienne maison des Templiers, l'église, de belles maisons Renaissance, les remparts médiévaux et endommage gravement le Château-Neuf, maison natale du bailli de Suffren. Le style architectural sera en partie respecté lors de la reconstruction des maisons du village[2].

Par ailleurs, les années 1984 et 1994 connaissent de graves inondations, suite à de violents orages[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Saint-Cannat

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'or, à une canne, feuillée en forme de palme, de sinople, accostée de deux fleurs de lis, d'azur.

blason

À cette héraldique traditionnelle, est venue s'ajouter un blason modernisé puis, au mois d'août 2009, un "nouveau logo" pour la ville.

Blason modernisé de Saint-Cannat

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
21 mars 1965 20 mars 1977 Jean Daumas    
20 mars 1977 13 mars 1983 Jean-Pierre Rozan    
13 mars 1983 en cours Jacky Gérard PS Conseiller général, vice-président de la Communauté du Pays d'Aix
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 5 474 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 759 2 009 1 921 1 813 1 655 1 701 1 721 1 994 2 006
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 983 1 929 1 812 1 710 1 535 1 403 1 269 1 235 1 212
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 292 1 232 1 278 1 058 1 135 1 137 1 074 1 034 1 086
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 254 1 675 1 862 2 384 3 918 4 626 5 183 5 347 5 474
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Le premier dimanche de septembre est marqué par la fête Notre-Dame qui a lieu depuis 1474. Durant ces festivités se déroulent, entre autres, une fête foraine et une messe, un feu d'artifice, des concerts, des concours de boules, une retraite aux flambeaux dans les rues du village...

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Saint-Cannat possède entre autres deux pharmacies, quatre bars, boulangeries et coiffeurs, deux alimentations, une boucherie, ainsi que deux fleuristes et une zone d'activités péri-urbaine en développement récent.

L'activité agricole y demeure très vivace, avec notamment une production viticole dont une grande partie est classée en Coteaux d'Aix-en-Provence.

La Cave Coopérative Viticole, créée en 1927, a fusionné en 1998 avec celle de Lambesc, où les viticulteurs coopérateurs conduisent désormais la récolte. La Coopérative a conservé à Saint-Cannat, dans un de ses bâtiments, un caveau de vente des vins et autres denrées et objets.

Cinq domaines viticoles produisent et commercialisent leurs vins en nom propre.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

L'église détruite par le tremblement de terre de 1909 a été reconstruite en même place et consacrée en 1927.

Les restes de la chapelle Notre-Dame-de-Vie (XIIe siècle) s'inscrivent dans un petit jardin public qui porte son nom. Cette chapelle a été détruite lors du Séisme de 1909 en Provence.

La chapelle Saint-Cannat (XVIIe siècle), édifiée en remerciement au saint de la ville pour avoir sauvegardé la population de la peste de 1629, a été épargnée par le tremblement de terre de 1909.

Le village possède trois lavoirs et dix fontaines, toutes conservées quasiment dans leur forme d'origine.

L'actuelle mairie, édifiée en 1930, à remplacé le Château-Neuf, gravement endommagé par le tremblement de terre.

L'ancienne gare a été transformée en école maternelle.

Le musée Suffren et du Vieux Saint-Cannat, créé en 1949, est installé depuis 2000 dans une ancienne maison de village réhabilitée.

Le bâtiment principal de l'ancienne Cave coopérative, emblématique de l'architecture rurale du début du XXe siècle, est classé à l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel depuis 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://france.meteofrance.com/france/climat_france?48043.path=climatstationn%252F13103001
  2. a, b, c, d, e et f Site officiel
  3. Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, no 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, p. 407 et 413 (note 61).
  4. Par L.P. de novembre 1725 (AD13, B3400, f°381).
  5. Alexandre Dumont-Castells, "Saint-Cannat (XVIe-XIXe s.), son terroir, ses domaines et ses gentilshommes", GénéProvence, 2013.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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