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Arthur Rimbaud

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Arthur Rimbaud

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Rimbaud âgé de 17 ans, en octobre 1871
(photographie : Étienne Carjat)

Nom de naissance Jean Nicolas Arthur Rimbaud
Autres noms Jean Baudry
Alcide Bava
Naissance 20 octobre 1854
Charleville (Empire français)
Décès 10 novembre 1891 (à 37 ans)
Marseille (France)
Mouvement inclassable
Genres Poésie et poème en prose
Adjectifs dérivés rimbaldien, rimbaldienne

Œuvres principales

Signature

Signature de Arthur Rimbaud

Jean Nicolas Arthur Rimbaud est un poète français, né le 20 octobre 1854 à Charleville et mort le 10 novembre 1891 à Marseille.

Arthur Rimbaud écrit ses premiers poèmes à quinze ans. Lui, pour qui le poète doit être « voyant » et qui proclame qu'il faut « être absolument moderne », renonce subitement à l’écriture à l'âge de vingt ans.

Ses idées marginales, anti-bourgeoises et libertaires le poussent à choisir une vie aventureuse, dont les pérégrinations l’amènent jusqu’au Yémen et en Éthiopie, où il devient négociant, voire explorateur. De cette seconde vie, ses écrits consistent en près de cent quatre-vingts lettres (correspondance familiale et professionnelle) et quelques descriptions géographiques[1].

Des vers comme ceux du Bateau ivre, du Dormeur du val, ou de Voyelles comptent parmi les plus célèbres de la poésie française, et la précocité de son génie, ainsi que sa seconde vie aventureuse ont contribué à forger la légende du poète.

Bien que brève, la densité de son œuvre poétique fait d'Arthur Rimbaud une des figures premières de la littérature française.

Biographie

Arthur Rimbaud, premier communiant, à 11 ans.

Jeunesse

Son père, Frédéric Rimbaud, capitaine d'infanterie, est né à Dole, le 7 octobre 1814. Sa mère, Marie Catherine Vitalie Cuif, paysanne, est née à Roche, le 10 mars 1825. Ils se sont mariés le 8 février 1853 et habitent un appartement au 12 rue Napoléon[2] à Charleville. Le couple n’est réuni qu’au gré de rares permissions, le temps d’avoir cinq enfants cependant : Jean Nicolas Frédéric, dit « Frédéric » , le 2 novembre 1853, Jean Nicolas Arthur, le 20 octobre 1854, Victorine Pauline Vitalie, le 4 juin 1857 (elle mourra le mois suivant), Jeanne Rosalie Vitalie, le 15 juin 1858 et Frédérique Marie Isabelle, le 1er juin 1860. Après la naissance de cette dernière, le couple vivra séparé, car, désormais, le capitaine Rimbaud ne reviendra plus à Charleville[3].

Se déclarant veuve, la mère déménage avec ses enfants en 1861 pour habiter au 73 rue Bourbon, dans un quartier ouvrier de Charleville. En octobre, le jeune Arthur entame sa scolarité à l'institution Rossat où il récolte les premiers prix.

Figure rigide et soucieuse de respectabilité, vigilante sur l’éducation de ses enfants, Vitalie Rimbaud rend le climat familial étouffant.

Fin 1862, la famille déménage à nouveau pour un quartier bourgeois au 13 cours d’Orléans[4].

En 1865, Arthur entre au collège municipal de Charleville, où il se montre excellent élève ; collectionnant les prix d'excellence en littérature, version, thème… Il rédige en latin avec aisance, des poèmes, des élégies, des dialogues. Mais, comme cet extrait de son poème Les Poètes de sept ans[5] le laisse imaginer, il bout intérieurement :

Tout le jour il suait d'obéissance ; très
Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits,
Semblaient prouver en lui d'âpres hypocrisies.
Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies,
En passant il tirait la langue, les deux poings
À l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.

En juillet 1869, il participe aux épreuves du Concours académique[6] de composition latine sur le thème « Jugurtha », qu'il remporte facilement. Le principal du collège Jules Desdouets aurait dit de lui : « Rien d'ordinaire ne germe dans cette tête, ce sera le génie du Mal ou celui du Bien. »[7]. En obtenant tous les prix dès l’âge de quinze ans, il s'affranchit des humiliations de la petite enfance.

Pendant ces années il a comme ami Ernest Delahaye, avec qui il échange de nombreuses lettres[8].

Vers la poésie

Manuscrit des Assis

En 1870, alors en classe de rhétorique, le collégien se lie d'amitié avec Georges Izambard, le professeur de rhétorique, son aîné de six ans. Ce dernier lui prête des livres, tel les Misérables de Victor Hugo qui font bondir sa mère — qu'il surnomme « la Mother », « La bouche d’ombre » ou encore, « La Daromphe ».

De cette époque, subsistent les premiers vers : Les Étrennes des orphelins, parus dans La Revue pour tous en janvier 1870.

L’orientation poétique est alors celle du Parnasse avec la revue collective, Le Parnasse contemporain. Le 24 mai 1870, Arthur, alors âgé de quinze ans et demi, écrit au chef de file du Parnasse, Théodore de Banville, pour transmettre ses volontés : « devenir Parnassien ou rien » et se faire publier. Pour cela, il joint trois poèmes : Ophélie, Sensation et Credo in unam. Banville lui répond, mais les poèmes en question ne paraîtront pas dans la revue.

Il songe alors à se rendre dans la capitale pour goûter à l'esprit révolutionnaire du peuple parisien.

Premières fugues

Le collégien vient de rafler les prix les plus prestigieux. Au cours des vacances scolaires de 1870, le 29 août, quelques jours avant la bataille de Sedan, Arthur trompe la vigilance de sa mère[9] et se sauve avec la ferme intention de se rendre dans la capitale.

Contrôlé à son arrivée gare du Nord, il ne peut présenter qu’un billet de transport irrégulier. Les temps troublés n’invitent pas à la clémence. Tandis que les armées prussiennes se préparent à faire le siège de Paris et que la Troisième République est sur le point d’être proclamée, le voilà détenu dans la prison Mazas.

De sa cellule, il écrit à Georges Izambard, à Douai[10] pour lui demander de payer sa dette. Le professeur exécute sa demande et lui paie également le voyage pour se rendre à Douai, lui offrant l’hospitalité avant de le laisser retourner dans son foyer.

Rimbaud y débarque vers le 8 septembre. Redoutant le retour à Charleville, il y reste trois semaines[11].

Pendant ce temps, l'armée prussienne encercle la capitale à partir du 19 septembre.

Jusqu’ici antimilitariste déclaré, Rimbaud est pris d'élans martiaux depuis la capitulation de Sedan. Si bien, qu’il est décidé à suivre son professeur parti s’engager volontairement dans la Garde nationale. N’étant pas majeur, il en sera empêché malgré ses protestations.

Par ailleurs, Rimbaud fait la connaissance du poète Paul Demeny, un vieil ami de son hôte. Celui-ci est codirecteur d’une maison d’édition : La Librairie artistique, où il a fait paraître un recueil de poésies (Les Glaneuses). Rimbaud saisit l’occasion et, dans l’espoir d’être édité, lui dépose une liasse de feuillets où il a recopié quinze de ses poèmes.

Vitalie Rimbaud (vers 1890)

Izambard, qui a prévenu Vitalie Rimbaud de la présence de son fils à Douai, en reçoit la réponse : « …chassez-le, qu’il revienne vite[12] ! ».

Pour calmer les esprits, il décide de raccompagner son élève jusqu'à Charleville. À leur arrivée, l’accueil est rude : une volée de gifles pour le fils, une volée de reproches, en guise de remerciements, pour le professeur qui, ébahi, « s’enfuit sous l’averse[13] ».

Le 6 octobre, nouvelle fugue. Paris étant en état de siège, il part à Charleroi — il relate cette arrivée dans le sonnet, Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir. Rêvant d’être journaliste, il tente, sans succès, de se faire engager comme rédacteur dans le Journal de Charleroi.

Dans l’espoir de retrouver Izambard, il se rend à Bruxelles puis à Douai où son professeur arrive quelques jours après, aux ordres de Vitalie Rimbaud, pour le faire revenir escorté de gendarmes. Ce fut fait le 1er novembre 1870.

Entre-temps, il s'était rendu chez Paul Demeny pour lui déposer les sept poèmes composés au cours de ce dernier périple (des versions antérieures seront remises au parnassien, Théodore de Banville et à Izambard).

Le 10 juin 1871, Rimbaud écrira à Demeny : « … brûlez tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mon séjour à Douai[14] ».

Ceux-ci seront répertoriés par les biographes sous l’appellation de Recueil de Douai ou Recueil Demeny.

Rimbaud parviendra toutefois à publier dans Le Progrès des Ardennes du 25 novembre 1870, un récit satirique, Le Rêve de Bismarck[15], sous le pseudonyme de Jean Baudry[16]. Rimbaud y développe, après Victor Hugo, la symbolique d'une ville de Paris qui est la lumière de la Révolution et qui sera autrement difficile à combattre pour les Prussiens. Rimbaud prédit que Bismarck s'y brûlera le nez.

Paris sous la Commune

La réouverture du collège est retardée d'octobre 1870 à avril 1871.

En février 1871, à l'issue du siège de Paris, Rimbaud fait une nouvelle fugue vers la capitale. La situation politique du pays est tendue et Rimbaud cherche à entrer en contact avec de futurs communards comme Jules Vallès et Eugène Vermersch, mais aussi avec le milieu des poètes ; il rencontre aussi le caricaturiste André Gill.

Rimbaud revient à Charleville avant le début de la Commune. Plusieurs témoignages prétendent qu'il est retourné à Paris à ce moment-là[17] , bien que ceci reste impossible à démontrer dans l'état actuel des recherches. Quoi qu'il en soit, le poète a ressenti très profondément la tragédie de la Commune.

Dans un poème violent, L'orgie parisienne (ou : Paris se repeuple), il dénonce la lâcheté des vainqueurs. Sa poésie se radicalise encore, devient de plus en plus sarcastique : Les Pauvres à l’Église, par exemple. L'écriture se transforme progressivement. Rimbaud en vient à critiquer fortement la poésie des romantiques et des Parnassiens, et dans sa lettre à Izambard du 13 mai 1871, il affirme son rejet de la « poésie subjective ». C'est également dans la lettre dite « du Voyant », adressée le 15 mai à Paul Demeny, qu'il exprime sa différence en exposant sa propre quête de la poésie : il veut se faire « voyant », par un « long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ».

Selon Paul Verlaine, Rimbaud a composé son plus beau poème en vers à la suite de la semaine sanglante : Les Veilleurs[18] ; son sujet était la douleur sacrée causée par la chute de la Commune.[réf. nécessaire]

Vilains Bonshommes

Un coin de table, assis à gauche : Paul Verlaine et Arthur Rimbaud (Henri Fantin-Latour, 1872, musée d'Orsay).

Il est difficile de situer le début de la relation épistolaire avec Verlaine. Celui-ci prétend avoir reçu très peu de courriers et ne parle que de l'envoi des Premières communions et des Effarés.

Charles Bretagne met Rimbaud en contact avec son ami Paul Verlaine et un courrier a dû sceller le prochain départ de Rimbaud pour Paris vers le mois d'août.

En août 1871, dans son poème parodique, Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs, Rimbaud exprime une critique ouverte de la poétique de Banville. Finalement Verlaine l'appelle à Paris : « Venez chère grande âme, on vous appelle, on vous attend ! »

Bien que brillant élève, Arthur Rimbaud ne retournera pas au collège.

Il arrive dans la capitale vers le 15 septembre 1871. Il est présenté et très bien accueilli par ses pairs plus âgés, au dîner des « Vilains Bonshommes » le 30 septembre. Il y rencontre une part essentielle des grands poètes de son temps. Il est successivement logé par Verlaine, rue Nicolet, non sans heurts avec la femme de ce dernier, puis chez Charles Cros, André Gill, Ernest Cabaner et même quelques jours chez Théodore de Banville[19].

Le 20 octobre de cette année, Rimbaud a tout juste dix-sept ans. Il a atteint sa maturité poétique comme en témoignent plusieurs chefs-d'œuvre comme Les Premières communions et Le Bateau ivre.

En mars 1872, les provocations de Rimbaud excèdent le milieu parisien depuis quelque temps. L'incident Carjat au dîner des Vilains Bonshommes du 2 mars 1872 fut la goutte qui fait déborder le vase. Rimbaud complètement saoul y a blessé le célèbre photographe d'un coup de canne-épée. Pour sauver son couple et rassurer ses amis, Verlaine se condamne à éloigner Rimbaud de Paris.

Rimbaud se fait oublier quelque temps en retournant à Charleville, puis revient dans la capitale dans le courant du premier semestre 1872 pour de nouveau quitter Paris le 7 juillet, cette fois en compagnie de Verlaine. Commence alors avec son aîné une liaison amoureuse et une vie agitée à Londres, puis à Bruxelles.

Rimbaud alité après le « drame de Bruxelles », juillet 1873 (tableau peint par Jef Rosman, musée Arthur-Rimbaud).

Cette liaison tumultueuse se termine par ce que la chronique littéraire désigne sous le nom de « drame de Bruxelles » : en juillet 1873, les deux amants sont à Londres. Verlaine quitte brusquement Rimbaud, en affirmant vouloir rejoindre sa femme, décidé à se tirer une balle dans la tête si elle n'accepte pas. Il retourne alors à Bruxelles et réside dans un hôtel. Rimbaud le rejoint, persuadé que Verlaine n'aura pas le courage de mettre fin à ses jours. Alors que Rimbaud veut le quitter, Verlaine, ivre, tire sur lui à deux reprises, le blessant légèrement au poignet. Verlaine est incarcéré à Mons.

Rimbaud rejoint la ferme familiale de Roche où il s’isole pour écrire Une saison en enfer. Son parcours littéraire s'achève par l'irruption de « la réalité rugueuse à étreindre ». Il retourne un temps à Londres en compagnie du poète Germain Nouveau, qui participe à la mise au net des manuscrits des Illuminations.

Venant d’avoir vingt ans en octobre 1874, il ne peut se rendre à temps devant le conseil de révision pour le tirage au sort. Le maire de Charleville s’en charge et n’a pas la main heureuse. De retour le 29 décembre, Rimbaud fait valoir un article de la loi sur le recrutement du 27 juillet 1872, qui le fait bénéficier d’une dispense grâce à son frère Frédéric, déjà engagé pour cinq ans. Il est donc dispensé du service militaire, mais pas de la période d’instruction (à laquelle il se dérobera).

Abandon de la poésie

« Car Je est un autre. Si le cuivre s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute ». (Extrait de la lettre à Paul Demeny (dite lettre du voyant), 15 mai 1871).

Il ne retournera pas en Angleterre, car, après avoir étudié l’allemand depuis le début de l’année 1875, il part pour l'Allemagne le 13 février[20], pour se rendre à Stuttgart, afin de parfaire son apprentissage de la langue. Verlaine, libéré depuis le 16 janvier, après dix-huit mois d’incarcération, transformé par des accès mystiques, vient le voir « un chapelet au pince… Trois heures après on avait renié son dieu et fait saigner les quatre-vingt-dix-huit plaies de N.S. Il est resté deux jours et demi…[et]...s’en est retourné à Paris…[21] ». Le temps de lui remettre les manuscrits des Illuminations, afin qu'il les remette à Germain Nouveau, pour une éventuelle publication[22].

Rimbaud à la mi-décembre 1875, par Ernest Delahaye.

Fin mars, il quitte Stuttgart avec, maintenant, l’envie d’apprendre l’italien.

Pour ce faire, il traverse la Suisse en train et, par manque d’argent, franchit le Saint-Gothard à pied. À Milan, une veuve charitable lui offre opportunément l'hospitalité. Il y reste une trentaine de jours puis reprend la route. Victime d’une insolation sur le chemin de Sienne, il est soigné dans un hôpital de Livourne puis est rapatrié le 15 juin, à bord du vapeur Général Paoli. Débarqué à Marseille, il est à nouveau hospitalisé quelque temps.

Après ces aventures « épastrouillantes » [dixit Ernest Delahaye], il annonce à ce dernier son intention d’aller s’engager dans les carlistes, histoire d’aller apprendre l’español [sic][23], mais ne la concrétisera pas. Redoutant les remontrances de la Mother, il traîne des pieds en vivant d’expédients dans la cité phocéenne.

Il fera son retour à Charleville mi-août où, entre-temps, sa famille a changé de logement[24].

Cette année-là, à l’instar de son ami Delahaye, Rimbaud envisage de passer son baccalauréat ès science avec l’objectif de faire Polytechnique, ce qu’il ne peut réaliser, car vingt ans est l’âge limite pour y accéder et, en cet automne 1875, il en a vingt et un.

Nouvelle foucade : il suit des cours de solfège et de piano et obtient le consentement de la mère pour installer l’instrument au logis.

À ce moment, Verlaine, qui reçoit des nouvelles de Rimbaud par l’échange d’une correspondance assidue avec Delahaye, est en demande d’anciens vers d’Arthur.

« Des vers de Lui ? Il y a beau temps que sa verve est à plat. Je crois même qu’il ne se souvient plus du tout d’en avoir fait[25]. »

Le 18 décembre 1875[26], sa sœur (Jeanne Rosalie) Vitalie meurt à dix-sept ans et demi d’une synovite tuberculeuse. Le jour des obsèques, les assistants regardent avec étonnement le crâne rasé du fils cadet.

Vers l’Orient

La caserne de Salatiga, Java central, en 1870

Après avoir mûri quelques solutions pour découvrir d’autres pays à moindres frais, il reprend la route en mars 1876, pour se rendre en Autriche. Le périple envisagé tourne court : à Vienne, dépouillé par un cocher puis arrêté pour vagabondage, il est expulsé du pays et se voit contraint de regagner Charleville.

Aux environs de mai, il repart. Cette fois, en direction de Bruxelles. S’est-il fait racoler par les services d’une armée étrangère ? Toujours est-il qu’il se présente, au bureau de recrutement de l’armée coloniale néerlandaise, pour servir dans les colonies.

Muni d’un billet de train, il aboutit – après un contrôle à la garnison de Rotterdam – dans la caserne d’Harderwijk, le 18 mai, où il signe un engagement pour six ans.

Le 10 juin, Rimbaud et les autres mercenaires, équipés, formés, riches de leur prime (300 florins au départ du bateau, trois cents florins à l'arrivée à destination[27]) et chargés de réprimer une révolte dans l’île de Sumatra, sont transportés à Den Helder, pour embarquer à bord du Prins van Oranje, direction Java, dans ce qui était alors les Indes néerlandaises (et aujourd'hui l'Indonésie). Après une première escale à Southampton et le contournement de Gibraltar, le voyage connaît quelques désertions lors d’escales ou passages près des côtes : Naples, Port-Saïd, traversée du canal de Suez, Suez, Aden et Padang[28]. Le 23 juillet, le vapeur accoste à Batavia (aujourd'hui Jakarta). Une semaine après, les engagés reprennent la mer jusqu’à Semarang dans le centre de Java pour être acheminés en train puis à pied jusqu’à la caserne de Salatiga.

En possession de la seconde partie de sa prime, goûtant peu la discipline militaire, Rimbaud déserte. Quelques semaines lui sont nécessaires pour se cacher et retourner à Semarang où il se fait enrôler sur le Wandering Chief, un voilier écossais qui appareille le 30 août pour Queenstown, en Irlande.
Au bout d’un mois de mer, le navire essuie une tempête en passant le cap de Bonne-Espérance. La mâture détériorée, il continue néanmoins sa route sur Sainte-Hélène, l’île de l’Ascension, les Açores… Arrivé à bon port le 6 décembre, « Rimbald le marin », comme le surnommera Germain Nouveau, quand il le rencontrera à Paris, poursuit par les étapes suivantes : Cork, Liverpool, Le Havre, Paris et toujours pour finir… à Charlestown[29].

L’Homme aux semelles de vent

La belle saison revenue, Arthur Rimbaud quitte à nouveau Charleville en 1877. Son entourage et ses amis peinent à suivre son itinéraire durant cette année. Les seules sources de renseignements, souvent contradictoires, viennent de son ami Ernest Delahaye et de sa sœur Isabelle.

Seule certitude : sa présence à Brême où il a rédigé une lettre en anglais le 14 mai, au consul des États-Unis d’Amérique. Lettre signée John Arthur Rimbaud, et dans laquelle il demande « à quelles conditions il pourrait conclure un engagement immédiat dans la Marine américaine », en faisant valoir sa connaissance des langues anglaise, allemande, italienne et espagnole[30].

Il ne reçut apparemment pas de réponse favorable, car, selon Delahaye, il se serait rendu à Cologne puis à Hambourg, pour divers projets inaboutis[31].

Le 16 juin, ce dernier écrit à Verlaine : « Du voyageur toqué pas de nouvelles. Sans doute envolé bien loin, bien loin… » Le 9 août, le même épistolier informe son ami Ernest Millot « qu’il a été signalé dernièrement à Stockholm, puis à Copenhague, et pas de nouvelles depuis.

Dix-neuf ans plus tard, Delahaye rapportera dans une lettre à Paterne Berrichon, du 21 août 1896, qu’à Hambourg, Arthur s’engagea « dans la troupe du cirque Loisset, comme interprète, il passa ainsi à Copenhague, puis à Stockholm d’où rapatrié par consul français[32] ».

Pour sa part, Isabelle Rimbaud, réfutera l’épisode du cirque, mais citera un emploi dans une scierie en Suède dans une lettre du 30 décembre 1896[33] à Paterne Berrichon, qu'elle épousera ensuite. Isabelle révélera également que son frère « visita les côtes du Danemark, de la Suède et de la Norvège, puis revint par mer jusqu’à Bordeaux, sans passer le moins du monde par Hambourg[34] ».

Après une halte à Charleville, Rimbaud se rend à Marseille en septembre où il embarque pour Alexandrie en Égypte. Pris de douleurs gastriques, peu après le début de la traversée, il est débarqué à Civita-Vecchia, en Italie. Retour à Marseille et direction les Ardennes pour y passer l’hiver.

Vers cette période, Vitalie Rimbaud habite à Saint-Laurent, dans une propriété héritée de sa famille (les Cuif).

Si l’on fait abstraction d’hypothétiques témoignages (voyage à Hambourg et périple en Suisse pour Berrichon[35], « vu dans le quartier latin, vers Pâques » par un ami d’Ernest Delahaye[36]…), Les neuf premiers mois de l’année 1878 ne sont pas plus riches de renseignements fiables que ceux de l’année précédente.

En avril, les fermiers de Roche ne désirant pas renouveler leur bail, Vitalie Rimbaud s’installe définitivement dans la ferme pour la diriger.

Fin juillet, Ernest Delahaye écrit : « L'homme aux semelles de vent est décidément lavé. Rien de rien[37]. »

Pourtant, Arthur revient et participe aux moissons auprès de son frère Frédéric, de retour de ses cinq années d’armée.

Le 20 octobre, jour de ses vingt-quatre ans, Rimbaud reprend la route ; passe les Vosges, franchit le Saint-Gothard sous la neige, traverse l’Italie jusqu’à Gênes.

Le dimanche 17 novembre, dans un dernier élan littéraire, il décrit les péripéties de son périple dans une longue lettre à sa famille. Le même jour, son père meurt à Dijon.

Le 19 novembre, Rimbaud s'embarque pour Alexandrie. Arrivé vers le 30 novembre, il se met à chercher du travail. Un ingénieur français, lui propose de l'employer sur un chantier situé sur l’île anglaise de Chypre. Pour conclure l'affaire, il demande un indispensable certificat de travail à sa mère (lettre écrite d’Alexandrie, en décembre 1878).

Le 16 décembre, le voilà chef de chantier à 30 kilomètres à l’est du port de Larnaca, dans l'entreprise Ernest Jean & Thial fils. Chargé de diriger l’exploitation d’une carrière de pierres, il tient les comptes et s’occupe de la paie des ouvriers[38].

En 1879, atteint de fièvres (paludisme ?), il quitte Chypre muni d’une attestation de travail, datée du 28 mai[39]. En convalescence à Roche, il se rétablit suffisamment pour apporter son aide aux moissons d’été.

Après une ultime visite de son ami Delahaye en septembre, Arthur n’attend pas la saison froide et part avec l’intention de retourner à Alexandrie.

Repris par un accès de fortes fièvres à Marseille, il se résout à passer l’hiver dans sa famille – hiver qui se révélera particulièrement rigoureux.

Sa santé recouvrée en mars 1880, le voilà de nouveau à Alexandrie. Ne trouvant pas d’emploi, il débarque à Chypre. Ses anciens employeurs ayant fait faillite, il réussit à décrocher un travail de surveillant dans un chantier de construction. Il s'agit de la future résidence d'été du gouverneur anglais, que l'on bâtit au sommet des monts Troodos[40],[41].

À la fin du mois de juin, Arthur Rimbaud quitte l’île « après des disputes […] avec le payeur général et [son] ingénieur. »[42]. Rendu dans le port d'Alexandrie, Rimbaud n'envisage plus de retour en France.

Entre la Corne de l'Afrique et l'Arabie

Carte schématique (au 1:9.300.000) des itinéraires de Rimbaud en Éthiopie (1880-1891)
« L'air marin brûlera mes poumons, les climats perdus me tanneront. » Une saison en Enfer.

Aden

L’explorateur Édouard-Henri Lucereau (debout à gauche) et, sous toutes réserves, Arthur Rimbaud (deuxième en partant de la droite) sur le perron du Grand Hôtel de l’Univers à Aden, en 1880.

Après avoir navigué le long du canal de Suez jusqu’en mer Rouge, en cherchant du travail dans différents ports : Djeddah, Souakim, Massaouah[42]… À Hodeidah, au Yémen, où il tombe à nouveau malade, il rencontre Trébuchet, un représentant d’une agence marseillaise importatrice de café. Constatant qu’il connaît suffisamment la langue arabe, ce dernier lui conseille de se rendre à Aden en le recommandant à P. Dubar, un agent de la maison Mazeran, Viannay, Bardey et Cie.

L’exportation de café connaissait un commerce florissant grâce à quoi le port de transit de Moka avait connu son heure de gloire avant qu’il fut supplanté par Hodeidah.

Après avoir débarqué à Steamer Point, le port franc anglais d’Aden, Arthur Rimbaud entre en contact avec Dubar, adjoint d’Alfred Bardey (parti explorer le continent africain pour implanter une succursale). Après quelques jours d’essai, Rimbaud est embauché le 15 août 1880 comme surveillant du tri de café.

« Aden est un roc affreux, sans un seul brin d’herbe ni une goutte d’eau bonne : on boit de l’eau distillée. La chaleur y est excessive. »[43].

Ayant le sentiment de se faire exploiter, Rimbaud compte partir à Zanzibar ou sur les côtes d’Abyssinie après avoir gagné suffisamment d’argent[44]. Revenu en octobre, Bardey lui propose de seconder Pinchard, l’agent du comptoir qu’il vient d’établir au Harar, une région d’Éthiopie colonisée par les Égyptiens. Un contrat de trois ans est signé le 10 novembre.

Accompagné du Grec Constantin Rhigas, un employé de Bardey, la traversée du golfe d’Aden se fait les jours suivants.

Premier séjour au Harar

En terres africaines, Rimbaud et son acolyte forment une caravane pour transporter des marchandises pour le Harar. Ils doivent parcourir trois cent cinquante kilomètres : traverser le territoire des Issas — réputés belliqueux — puis entrer dans celui des Gallas où les attaques ne seront plus à craindre.

Les portes de la cité fortifiée de Harar sont franchies en décembre « après vingt jours de cheval à travers le désert somali »[45], ils sont accueillis dans l’agence Bardey par l’agent Pinchard et un autre employé grec, Constantin Sotiro.

La tenue des comptes et la paie des démarcheurs lui sont imparties. Le 15 février 1881 il relate aux siens en quoi consiste le commerce : « [des] peaux […], du café, de l’ivoire, de l’or, des parfums, encens, musc, etc. », leur fait part de ses déceptions : « je n’ai pas trouvé ce que je présumais […] Je compte trouver mieux un peu plus loin ». Se plaint aussi d’une maladie qu’il aurait « pincée ».

En mars, Pinchard, atteint de paludisme, s’en va. Rimbaud assure l’intérim du comptoir jusqu’à l’arrivée d’Alfred Bardey. Bardey arrive avec l’idée d’ouvrir un magasin de produits manufacturés. Ainsi, les indigènes venant vendre leur récolte de café dépensent leur argent en achetant toutes sortes d’ustensiles.

Arthur Rimbaud ayant toujours des velléités de fuite (Zanzibar, Panama[46]), son patron l’envoie faire des expéditions commerciales à partir du mois de mai. Ces campagnes, dans des régions jamais explorées par les Européens, pour des trocs de cotonnades et bibelots contre peaux ou autres s’avèrent risquées et peu rentables.

Revenu épuisé à chaque fois, Rimbaud est à nouveau frappé de fièvre tout l’été.

Le 22 septembre, déçu de n’avoir pas été promu directeur de l’agence, il annonce à sa famille qu’il a « donné [sa] démission, il y a une vingtaine de jours ». Cependant, son contrat s’achève dans deux ans…

À la suite des missives qu’il reçoit de Roche, concernant sa période militaire qui n’est pas réglée et, pour pallier d’éventuelles difficultés qu’il rencontrerait pour se rendre dans d’autres pays, il fait valoir sa situation auprès du consul de France à Aden.

De son côté, Alfred Bardey part pour le siège lyonnais de la société aux environs du début octobre. Le frère de celui-ci devant venir le remplacer, Rimbaud gère à nouveau le comptoir en l’attendant.

Pierre Bardey arrivé, Rimbaud quitte Harar en décembre.

Après le retour d’Arthur Rimbaud à la factorerie d’Aden, c’est au tour d’Alfred Bardey de revenir en février 1882 à la suite du départ de P. Dubar pour la France (Lyon). Rimbaud en vient donc à seconder son patron durant toute l'année. En septembre il commande tout le matériel nécessaire pour faire des photographies, car il compte partir pour le Choa, en Abyssinie afin de réaliser un ouvrage sur cette contrée inconnue avec cartes, gravures et photographies et le soumettre à la Société de géographie de Paris dont Alfred Bardey est membre. Ce projet ne verra pas le jour, car, à défaut de Choa, un retour au Harar est prévu pour janvier 1883 ; il l’annonce à sa famille le 3 novembre.

Le début de l’année 1883 est marqué par une rixe entre Rimbaud et un magasinier indigène qui lui manque de respect. Ce dernier porte alors plainte pour coups et blessures.

Rimbaud évite la condamnation grâce à l’intervention du vice-consul, à qui il avait aussitôt écrit pour résumer les faits et solliciter sa protection[47]. De plus, son patron se porte garant de son comportement à venir.

Son contrat — finissant en novembre — est renouvelé jusqu’à fin décembre 1885 et son prochain départ pour Zeilah est fixé pour le 22 mars[48].

Deuxième séjour au Harar

Rimbaud au Harar, « dans un jardin de bananes », en 1883.

Arrivé à Harar en avril, Rimbaud remplace Pierre Bardey, destiné à succéder à son frère à Aden.

Dans une lettre écrite le 6 mai à sa famille, il formule quelques réflexions sur sa vie actuelle, son avenir. Il songe à se marier, à avoir un fils[49]. Il joint aussi ses premiers travaux photographiques : trois portraits en pied de lui-même.

Secondé par Constantin Sotiro, Rimbaud prend l’initiative de l’envoyer explorer l’Ogadine dont il transcrira les notes à son retour (en août) pour en rédiger un texte descriptif que Bardey expédiera à la Société de géographie de Paris.

Intitulé Rapport sur l’Ogadine, par M. Arthur Rimbaud, agent de MM. Mazeran, Viannay et Bardey, à Harar (Afrique orientale), ce mémoire, dans lequel les mérites de Sotiro sont quelque peu occultés, sera publié par la Société de géographie en février 1884 et sera apprécié par les géographes français et étrangers[50].

À Paris, Verlaine publie une étude accompagnée de poèmes sur le poète Rimbaud, dans la revue Lutèce du 5 octobre au 17 novembre. Cette étude paraîtra l’année suivante dans l’ouvrage Les Poètes maudits.

Au Harar, plusieurs caravanes de marchandises sont organisées jusqu’au moment où les répercussions de la guerre des Mahdistes, contre les occupants Égyptiens et les Anglais obligent la société à abandonner le comptoir de Harar.

L’évacuation de la cité est organisée par le gouverneur d’Aden, le major Frederick Mercer Hunter, arrivé en mars, à la tête d’une colonne d’une quinzaine de soldats. L’officier britannique, insatisfait de l’hébergement offert par le pacha d’Égypte, provoque un scandale en préférant loger dans la maison de Rimbaud[51].

Le retour pour Aden se fait en compagnie de Djami Wadaï, son jeune domestique abyssin, et de Constantin Sotiro[52].

La société Mazeran, Viannay, Bardey et Cie tombée en faillite, Rimbaud est licencié et se retrouve sans travail. Cependant, « selon les termes de [son] contrat, [il a] reçu une indemnité de trois mois d’appointements, jusqu’à fin juillet. » et espère la réussite de Bardey, parti en France « pour rechercher de nouveaux fonds pour continuer les affaires »[53]. Pendant cette période de désœuvrement, il vit avec une Abyssine chrétienne, prénommée Mariam[54].

Le 1er juillet, il est engagé jusqu’au 31 décembre 1884 dans la nouvelle société créée par les frères Bardey, « aux mêmes conditions »[55]. Les mois passent et les affaires ne sont pas brillantes — ruinées par la politique menée par les Anglais. Arthur Rimbaud va avoir vingt-neuf ans et sent qu’il se fait « très vieux, très vite, dans ces métiers idiots »[56], aussi cherche-t-il une occasion pour changer d’emploi.

Faute de mieux, le 10 janvier 1885, il se rengage pour un an avec la maison Bardey[57]. Malgré la poursuite de l’offensive anglo-égyptienne au Soudan, Rimbaud continue donc à s’occuper des achats et des expéditions du moka. Sans aucun jour de congé, il supporte à nouveau la chaleur étouffante de l’endroit et souffre de fièvre gastrique.

Trafic d’armes au Choa

En septembre 1885, Arthur Rimbaud se voit proposer un marché par le français Pierre Labatut, un trafiquant établi au Choa, royaume abyssin de Ménélik II. Voyant là l’opportunité de faire fortune, et de changer le cours de sa vie tout en ayant un rôle géopolitique à jouer, il n’hésite pas à s’associer avec lui pour acheter des armes (plutôt dépassées) et des munitions en Europe. Ainsi ils comptent réaliser de substantiels bénéfices en satisfaisant une commande du monarque, qu'ils auront de cette façon contribué à établir comme unificateur de la région. Après avoir conclu cet accord, Arthur rompt brutalement le contrat qui le lie avec la Maison Bardey[58]. Quant à Mariam, elle est renvoyée dans son pays avec quelques Thalers en poche.

Abyssinie : les itinéraires de Tadjourah à Ankober et d’Ankober à Harar sont visibles dans la partie inférieure droite (cartographie anglaise de 1891).

Fin novembre, Rimbaud débarque dans le petit port de Tadjourah, en terre Dankalie, pour monter une caravane en attendant que les armes soient réceptionnées à Aden par Labatut. Lorsque ce dernier arrive fin janvier 1886 avec le chargement (deux mille quarante fusils et soixante mille cartouches), l’organisation de la caravane rencontre des difficultés. D’abord entravés par les exigences financières du sultan qui tire profit de tous convois en partance, les voilà empêchés d’entamer leur expédition à la mi-avril : l’interdiction d’importer des armes vient d’être signée entre Anglais et Français. Les deux associés écrivent alors au ministre des Affaires étrangères le 15 avril pour se sortir de cette impasse[59]. Ils obtiennent gain de cause, mais tout est remis en question quand Labatut, atteint d’un cancer, est obligé de rentrer en France (il mourra en octobre suivant)[60].

Muni d’une procuration de Pierre Labatut, Rimbaud se tourne vers Paul Soleillet, célèbre commerçant et explorateur, qui lui aussi attend une autorisation pour faire partir sa caravane. En associant leurs convois, ils s'assurent d'une meilleure sécurité pour la traversée du territoire des redoutables guerriers Danakils. Hélas, ils ne partiront pas ensemble : frappé d’une embolie, Soleillet meurt le 9 septembre.

Se retrouvant seul, Rimbaud part en octobre, à la tête de sa caravane composée d’une cinquantaine de chameaux et d’une trentaine d’hommes armés. La route pour le Choa est très longue : deux mois de marche jusqu'à Ankober. »[61].

Sur ces entrefaites, en France, Illuminations et Une saison en Enfer sont parus dans les numéros de mai à juin et de septembre de la revue symboliste La Vogue.

Après avoir traversé, les terres arides des tribus Danakils sous une chaleur implacable, le convoi franchit la frontière du Choa sans avoir été attaqué par les pillards. Et c’est dans un environnement verdoyant que la caravane atteint Ankober le 6 février 1887. Rimbaud y trouve l’explorateur Jules Borelli. Ménélik est absent ; parti combattre l’émir Abdullaï pour s’emparer d’Harar. Rimbaud aussitôt arrivé, les chameliers, un créancier de Labatut et la veuve abyssinienne de ce dernier viennent lui réclamer avec insistance ce qui leur est soi-disant dû. Agacé par leur rapacité, il refuse de céder à leurs demandes. Ils s’en plaignent auprès de l’intendant du roi qui abonde en leur sens et le condamne à verser les sommes demandées.

Au lieu d’Ankober, Ménélik va revenir en vainqueur à Entoto. Rimbaud se rend là bas avec Borelli. Sur place, en attendant l’arrivée du roi, Rimbaud entre en contact avec son conseiller, un ingénieur suisse nommé Alfred Ilg avec qui il entretient de bons rapports.

Suivi de sa colonne armée, Ménélik arrive triomphalement le 5 mars. Il n’a plus vraiment besoin d’armes ni de munitions, car il en ramène en grande quantité. Il accepte néanmoins de négocier le stock à un prix très inférieur à celui escompté. De surcroît, il ne se prive pas d’exploiter la disparition de Labatut à qui il avait passé commande, pour retrancher du prix la somme de quelques dettes supposées. Suivant cet exemple, « toute une horde de créanciers » (réels ou opportunistes) de Labatut, viennent le harceler pour être remboursés à leur tour[62]. Menelik n’ayant pas d’argent pour le payer, Rimbaud est contraint d’accepter un bon de paiement devant lui être réglé à Harar par le ras Makonnen, cousin du roi.

Pour qu’il aille au plus court pour toucher son argent, Menelik lui donne l’autorisation de prendre la route qu’il a ouverte à travers le pays des Itous. Cette route étant inexplorée, Borelli demande au roi la permission de l’emprunter. Rimbaud quitte donc Entoto le 1er mai, en compagnie de Borelli. L’itinéraire traverse des régions inexplorées. Leurs observations et descriptions sont scrupuleusement relevées et consignées à chaque étape. Jules Borelli les retranscrira dans son journal de voyage[63]. Rimbaud, pour sa part, transmettra ses notes à Alfred Bardey qui les communiquera à la Société de Géographie[64].

Au bout de trois semaines, la caravane arrive à Harar. Borelli retourne à Entoto quinze jours après. Rimbaud lui, doit attendre pour se faire payer, mais le ras n’a pas d’argent et transforme son bon de paiement par deux traites payables à Massaouah. Après avoir repris la route en direction de Zeilah, Rimbaud regagne Aden le 25 juillet. Il fait un compte-rendu détaillé de la liquidation de sa caravane au vice-consul de France, Émile de Gaspary. Résultat de « cette misérable affaire » : une perte de 60 % sur son capital, « sans compter vingt et un mois de fatigues atroces »[65].

Avec l’intention de prendre un peu de repos en Égypte, Rimbaud embarque avec son domestique au début du mois d’août pour encaisser ses traites à Massaouah. Arrêté à son arrivée pour défaut de passeport, l’intervention de Gaspary est nécessaire pour lui permettre de poursuivre sa route. Nanti d’un passeport, de l’argent de ses traites et d’une recommandation du consul de France de Massaouah à l'attention d'un avocat du Caire[66]. Il débarque à Suez pour se rendre en train jusqu’à la capitale où il arrive le 20 août. Dans une lettre aux siens du 23 août il se plaint de rhumatismes dans l’épaule droite, les reins, la cuisse et le genou gauche.

Est-ce l’avocat pour qui il avait une lettre de recommandation qui le met en relation avec son confrère, Borelli Bey (Octave Borelli), ou est-ce Jules Borelli qui lui a donné les coordonnées de son frère aîné, Octave, directeur du journal, Le Bosphore égyptien ? Toujours est-il que Rimbaud lui adresse les notes de son expédition du Choa et qu’elles sont publiées les 25 et 27 août[67].

Après avoir placé sa fortune dans une succursale du Crédit lyonnais, il ne sait où aller pour travailler à nouveau : Zanzibar ? Madagascar ? Il sollicite une mission en Afrique à la Société de Géographie à Paris ; sans succès. Il retourne à Aden en début d’octobre.

no 318 de la série Les Hommes d’aujourd’hui, publié en janvier 1888 (caricature de Luque).

Aden, où les déconvenues de sa livraison d’armes le poursuivent. Il doit encore justifier le paiement d’une dette de Pierre Labatut à un certain A. Deschamps (l’affaire sera soldée le 19 février 1891, après d’interminables échanges de courriers).

En décembre 1887, malgré divers contacts entrepris, Rimbaud est toujours sans travail. Il revoit Alfred Ilg, de passage à Aden avant de se rendre à Zurich (à la suite de quoi ils correspondront fréquemment). Par ailleurs, le stock d’armes de Paul Soleillet, resté à Tadjourah après sa mort, a été racheté par Armand Savouré. Malgré l’embargo sur ce commerce, celui-ci compte les livrer au roi Ménélik. Pour former sa caravane, il propose à Rimbaud de tenter de se procurer des chameaux auprès du ras de Harar. Pour cela, Arthur retourne sur les terres africaines en février 1888, mais, n’ayant pu convaincre Makonnen, il en revient bredouille un mois plus tard[68].

Dans le milieu littéraire parisien, le silence et disparition inexpliqués du poète Jean-Arthur Rimbaud entourent son nom de mystère et les interrogations qu'il suscite donnent libre cours à toutes sortes de fables — en 1887 on l'a dit mort, ce qui inspira Paul Verlaine pour écrire Laeti et errabundi[69]. En janvier 1888, le même publie à nouveau une étude biographique dans un numéro de la revue Les Hommes d’aujourd’hui, consacré au poète disparu.

Dernier séjour au Harar

La route d’Entoto à Harar étant maintenant ouverte, la cité harari devient une étape obligée pour commercer avec le royaume du Choa. Rimbaud est déterminé à s’y installer pour se consacrer à un commerce plus orthodoxe (café, gomme, peaux de bêtes, musc (de Civette), cotonnade, ivoire, or, ustensiles manufacturés et fournisseur de chameaux pour caravanes). Il contacte César Tian, un important exportateur de café d’Aden, pour le représenter à Harar, offre sa collaboration à Alfred Bardey à Aden, à Alfred Ilg au Choa et à Constantin Sotiro qui s’est établi à Zeilah. Ces accords conclus, il part édifier son comptoir (départ le 13 avril, arrivée le 3 mai 1888).

Après la satisfaction des débuts, l’humeur devient maussade. Rimbaud s'ennuie. Il l’écrit à sa famille dans une lettre datée du 4 août 1888 : « Je m'ennuie beaucoup, toujours ; […] n’est-ce pas misérable, cette existence sans famille, sans occupation intellectuelle […] ? »

Fin septembre il offre l’hospitalité à l’explorateur Jules Borelli qui, venant du Choa, fait une halte d’une semaine avant de regagner le port de Zeilah. Quelques semaines après, c’est au tour d’Armand Savouré qui a enfin réussi à livrer son stock d’armes au roi Ménélik. Dans leurs témoignages tous deux le décriront comme un être intelligent, sarcastique, peu causant, ne livrant rien sur sa vie antérieure, vivant très simplement, s’occupant de ses affaires avec précision, honnêteté et fermeté[70].

Le ras Makonnen quitte la ville en novembre pour rejoindre son cousin le roi qui se prépare à entrer en guerre contre l’empereur Johannès IV. Cette guerre n’aura pas lieu, car au mois de mars, l’empereur « eut l’idée d’aller d’abord flanquer une raclée aux mahdistes du côté de Metemma. Il y est resté, que le Diable l’emporte ! » (lettre à ses mère et sœur du 18 mai 1889). Le 3 novembre, Ménélik devient Negusä nägäst d’Éthiopie sous le nom de Ménélik II.

De retour de Zurich, Alfred Ilg, est hébergé du 23 décembre 1888 au 5 février 1889 ; le temps d’attendre la fin des affrontements entre Issas et Gallas pour transporter en toute sécurité ses marchandises et celles de son hôte jusqu’à Entoto.

Les affaires avec le conseiller du roi marcheront en bonne entente jusqu’au bout. Il faut souligner ici que le mythe faisant de Rimbaud un négrier est infondé : « N’allez pas croire que je sois devenu marchand d’esclave » avait-il déjà écrit à sa famille le 3 décembre 1885. Il est seulement vrai qu'il demande à Ilg, dans une lettre datée du 20 décembre 1889, « deux garçons esclaves pour [son] service personnel ».
Si la traite est interdite par Ménélik, elle se fait clandestinement et beaucoup d’Européens possèdent des esclaves comme domestiques sans que cela soit blâmable. Le 23 août 1890, l’ingénieur lui répondra : « pardonnez-moi, je ne puis m’en occuper, je n’en ai jamais acheté et je ne veux pas commencer. Je reconnais absolument vos bon[ne]s intentions, mais même pour moi je ne le ferai jamais. »

À la veille de Noël, une caravane est attaquée par une tribu sur la route de Zeilah à Harar. Deux missionnaires et une grande partie des chameliers sont assassinés. À la suite des représailles qui se soldent par des pertes importantes dans les rangs anglais, les routes commerciales sont coupées jusqu'à la mi-mars 1890. Le manque à gagner que cela occasionne est sujet de conflit avec César Tian. Rimbaud songe alors à se rendre à Aden pour liquider ses affaires avec lui. Ensuite, il se rendrait en France dans l'espoir de se marier.

À Paris, Anatole Baju, rédacteur en chef de la revue Le Décadent et de la série Les Hommes d’Aujourd’hui, divulgue des renseignements reçus sur Arthur Rimbaud : il est vivant et vit à Aden. Le 17 juillet 1890, Laurent de Gavoty, directeur de la revue littéraire marseillaise, La France moderne, lui écrit par le biais du consul de France à Aden pour dire qu’il a lu ses « beaux vers » et qu’il serait « heureux et fier de voir le chef de l’école décadente et symboliste » collaborer pour sa publication[71].

En 1891, dans une lettre écrite le 20 février, Arthur demande à sa mère de lui faire parvenir un bas à varices, car il en souffre à la jambe droite depuis plusieurs semaines. Il lui signale aussi une « douleur rhumatismale » au genou droit. Il en attribue les causes aux « trop grands efforts à cheval, et aussi par des marches fatigantes. » Un médecin, consulté un mois plus tard, lui conseille d’aller se faire soigner en Europe le plus rapidement possible. Bientôt, ne pouvant plus se déplacer, il dirige ses affaires en position allongée. Au vu de l’aggravation rapide de son genou et de l’état de raideur de sa jambe, il liquide à la hâte toutes ses marchandises pour quitter le pays.

Transporté par des porteurs sur une civière – construite selon ses plans –, la caravane prend le départ au matin du 7 avril. Djami, son domestique, est du voyage. Malgré les souffrances, accentuées par l’inconfort, les intempéries et la longueur du déplacement, il note les faits marquants de chaque étape jusqu’à son arrivée au port de Zeïlah, le 18 avril. Débarqué à Steamer Point trois jours après, Rimbaud est hébergé chez César Tian le temps de régler leurs comptes. Hospitalisé aussitôt après, les médecins lui diagnostiquent une synovite rendue à un point si inquiétant qu’une amputation semble inévitable. Cependant, quelques jours de repos lui sont accordés pour en mesurer les éventuels bienfaits. Devant le peu d’amélioration, il lui est conseillé de rentrer en France.

Le 9 mai, on l’embarque sur l’Amazone, un trois-mâts goélette à vapeur des Messageries maritimes, à destination de Marseille[72].

Marseille, dernier voyage

Arthur Rimbaud est débarqué à Marseille le 20 mai 1891. « Me trouvant par trop faible à l'arrivée ici, et saisi par le froid, j'ai dû entrer ici à l'hôpital de la Conception […]. Je suis très mal, très mal, je suis réduit à l'état de squelette par cette maladie de ma jambe droite, qui est devenue à présent énorme[73]… ». Les médecins diagnostiquent un néoplasme de la cuisse. Le 22, on lui annonce qu’il va falloir l’amputer. Il envoie immédiatement un télégramme à sa famille pour que l’une ou l’autre vienne à Marseille régler ses affaires. Sa mère lui répond aussitôt en lui annonçant son arrivée pour le lendemain, 23 mai au soir.

Arthur Rimbaud mourant, dessiné par sa sœur Isabelle.

Après l’opération, Rimbaud reçoit des lettres de sympathie de Constantino Sotiro et César Tian[74]. Le 8 juin, madame Rimbaud écrit à sa fille pour lui annoncer son nécessaire retour à la ferme de Roche malgré les supplications de son fils pour qu’elle reste auprès de lui.

La cicatrisation faite, il ne subsiste qu’une douleur localisée. Le 24 juin, il s’exerce à se déplacer avec des béquilles. Le 2 juillet il écrit qu’il a commandé une jambe de bois. D’autre part, maintenant qu’il se trouve en France, il s’inquiète inconsidérément sur sa période d’instruction militaire à laquelle il a réussi à se soustraire jusqu’à présent. Craignant de se faire piéger en retournant auprès des siens, il les charge de faire le nécessaire pour éclaircir sa situation. Le 8 juillet, sa sœur l’informe qu’il peut obtenir son congé définitif comme réformé en se présentant devant les autorités militaires de Marseille ou de Mézières.

En juillet, Rimbaud ne peut se servir de sa jambe artificielle, car elle enflamme le moignon. En attendant qu’il se renforce, il continue à « béquiller », mais, à la longue, cela lui occasionne de fortes névralgies dans le bras et l’épaule droite ainsi que dans sa jambe valide. Le 23 juillet, suivant le conseil de son médecin, il quitte l’hôpital. Arrivé en gare de Voncq le lendemain, il se fait conduire à la ferme de Roche.

Ni ses anciens amis ni son frère ne sont avertis de son retour. Au lieu de s’améliorer, son état paraît empirer. Les insomnies et le manque d’appétit le reprennent. Les douleurs occasionnées par les béquilles, la jambe de bois ou les promenades en carriole le contraignent bientôt à l’inactivité. Le médecin constate une augmentation de volume du moignon et une rigidité du bras droit[75].

Ne renonçant pas à retourner au Harar, il prend la résolution de retourner se faire soigner à Marseille, ainsi il serait « à portée de se faire embarquer pour Aden, au premier mieux senti[76] ». Le 23 août, il reprend le train pour Marseille accompagné d’Isabelle. Après le calvaire subi tout au long du voyage, il est admis à l’hospice de la Conception le lendemain soir.

Isabelle, qui loge en ville, se rend tous les jours à son chevet. Un mois plus tard, elle rapporte à sa mère les réponses faites à ses questions par les médecins : « Sa vie est une question de jours, de quelques mois peut-être[77] ».

Le 20 octobre, il a trente-sept ans. Selon la lettre exaltée qu’Isabelle écrit huit jours après à sa mère, son frère aurait retrouvé la foi catholique durant cette épreuve[78]. Elle lui décrit aussi la progression du cancer : son bras droit enflé, le gauche à moitié paralysé, son corps en proie à de vives douleurs, sa maigreur. Elle raconte ses délires, lors desquels il l’appelle parfois Djami[79].

Le 9 novembre, il lui dicte un message sibyllin, débutant par un inventaire obscur évoquant des « lots » de « dents » (dont on peut supposer qu'il s'agit en fait de défenses en ivoire) : « M. le Directeur, […] envoyez-moi donc le prix des services d'Aphinar à Suez. Je suis complètement paralysé donc je désire me trouver de bonne heure à bord dites-moi à quelle heure, je dois être transporté à bord. »

Il meurt le lendemain, mardi 10 novembre — à dix heures du matin selon le registre des décès de l’hôpital, à deux heures de l’après-midi selon sa sœur[80].

Son corps est ramené à Charleville. Les obsèques se déroulent dans l’intimité la plus restreinte, le 14 novembre[81]. Arthur Rimbaud est inhumé dans le caveau familial auprès de son grand-père, Jean Nicolas Cuif et de sa sœur Vitalie. Sa mère, morte à Roche le 1er août 1907, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, les rejoindra. Son frère Frédéric mourra à cinquante-huit ans (des suites d’une fracture d’une jambe), le 2 juillet 1911, à Vouziers ; sa sœur Isabelle se mariera en 1897 avec Paterne Berrichon – tous deux se voudront les gardiens de la mémoire du poète. Elle mourra à cinquante-sept ans (d’un cancer), le 20 juin 1917, à Neuilly-sur-Seine.

Chronologie des poèmes en vers et en prose

Regards sur l'œuvre

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Le Bateau ivre

Article détaillé : Le Bateau ivre.
Le Bateau ivre en Paris

Probablement composé avant le mois de novembre 1871, étant donné une caricature d'André Gill qui y fait allusion dans l’Album zutique dont les contributions rimbaldiennes datent d'octobre - novembre 1871 également. Des poèmes tels que Voyelles, Oraison du soir, Les Chercheuses de poux, L'Étoile a pleuré rose…, Tête de faune ou Les Mains de Jeanne-Marie, semblent dater eux aussi de cette période parisienne. Le manuscrit connu du poème Les Mains de Jeanne-Marie est daté de février 1872 par Paul Verlaine. Certains documents laissent à penser que nous avons perdu quelques poèmes en vers de Rimbaud pour l'année 1872, à commencer par la liste de nombres de vers par poème qui figure au dos d'un manuscrit de Fêtes de la faim. Nous aurions perdu également le texte de La Chasse spirituelle, texte que Verlaine prétend avoir oublié chez sa femme au moment de l'escapade en Belgique. Toutefois, Jacques Bienvenu a clairement montré que Verlaine a voulu faire croire que le texte de La Chasse spirituelle se confondait avec le texte infamant des lettres échangées par Rimbaud et Verlaine en mars-avril 1872. Ces lettres furent retrouvées par la femme de Verlaine, Mathilde, qui s'en servit ultérieurement pour gagner son procès en demande de séparation en 1874. Une copie de ces lettres a dû être établie par un greffe, mais, si tel est bien le cas, ces précieuses archives nationales ont été détruites à une date indéterminée au cours du vingtième siècle ! Mathilde a-t-elle détruit des poèmes de Rimbaud ? Ces poèmes réapparaîtront-ils un jour ? En 2004, une version inédite du poème Mémoire, sous le titre Famille maudite, a redonné espoir. Mais il n'est pas absolument certain que ce manuscrit provienne des héritiers de Verlaine et de son ex-épouse. Quant au texte de La Chasse spirituelle, s'il a existé, on peut se demander à quel point il serait proche des Déserts de l'amour, voire s'il ne s'agirait pas du même texte.

Une saison en enfer

Article détaillé : Une saison en enfer.

Une saison en Enfer est peut-être, comme l'a prétendu Verlaine, une « prodigieuse autobiographie spirituelle » de Rimbaud. L'écriture chaotique est sans cesse traversée par une multiplicité de voix intérieures. Le locuteur y crie sa souffrance, son expérience intime : il a compris qu'il ne pouvait « voler le feu » pour lui seul. Une « ardente patience » est indispensable pour que la défaite ne soit pas définitive. Mais vouloir oublier « l'Enfer », c'est trahir l'humanité. Pourtant, dans la solitude atroce de la ville, la fatigue étreint le jeune poète.

Régulièrement aphasique ou traversé par des cris de révolte contre l'Église, contre la société du XIXe siècle qui enferme l'individu, Rimbaud fait part au lecteur de ses échecs : échec amoureux, et l'on peut penser à sa relation avec Verlaine, mais aussi au fait que pour lui, « l'amour est à réinventer ». Échec aussi de sa démarche de Voyant : c'est un être qui, seul, a voulu se damner pour retrouver le vrai sens de la poésie.

Les Illuminations

Article détaillé : Illuminations (Rimbaud).

Les poèmes écrits en vers peu académiques, connus aujourd'hui sous le titre apocryphe de Derniers vers, ne sont pas tous identifiés. Il reste des zones d'ombre sur ce que Verlaine a appelé de superbes fragments[88], et qui seront édités sous le titre Illuminations (textes composés vers 1872-1875).

Apport poétique

Sensation
(poème mural à Leyde)

Sur le plan de la forme, Arthur Rimbaud a pratiqué une versification de plus en plus ambitieuse en fait d'enjambements à l'entre-vers et à la césure, avant de « déglinguer » littéralement la mécanique ancienne du vers, autour de 1872, dans les trois quatrains de Tête de faune puis dans un ensemble de compositions souvent réunies sous le titre apocryphe de Derniers vers. Il a introduit le vers libre en France, avec deux poèmes des Illuminations : Marine et Mouvement. Certains symbolistes, comme Gustave Kahn, s'attribueront « l'invention » du vers libre, mais ce dernier avait justement contribué à la première publication des Illuminations en 1886 et aucune version significative de poème en vers libre non rimbaldien n'a été attestée à une date antérieure. Rimbaud a donné ses lettres de noblesse à un type de poème en prose distinct d'expériences plus prosaïques du type du Spleen de Paris de Baudelaire. Les ressources poétiques de la langue sont encore exploitées sous un jour différent dans le célèbre poème en prose, pseudo-autobiographique, Une saison en enfer. Avec un fort penchant à l'hermétisme qu’il partage avec d'autres de ses quasi contemporains (Gérard de Nerval, Stéphane Mallarmé, sinon Paul Verlaine parfois), Rimbaud a le génie des visions saisissantes qui semblent défier tout ordre de description du réel. Deux compositions sont emblématiques à cet égard : Le Bateau ivre et Voyelles. Les propos radicaux des deux lettres dites « du voyant » et l'étrangeté des univers poétiques suggérés dans le sonnet Voyelles, les proses des Illuminations et l'ensemble dit des Derniers vers ont contribué à forger un mythique pouvoir démiurgique de la parole poétique. Si le sens énigmatique des Illuminations est mieux cerné de nos jours, il demeure étrangement polysémique, pour les poèmes en vers de 1872 et le sonnet Voyelles[89].

Appréhendée intuitivement par l'intégralité des poètes successeurs, la poésie de Rimbaud a ouvert la voie à la poésie contemporaine du XXe siècle et nombreux sont les auteurs qui s'en réclamèrent tels Alfred Jarry, Antonin Artaud, Roger Vitrac, René Char, Jean Venturini et tous les surréalistes, sans oublier les poètes de la revue Le Grand Jeu comme René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte, ou encore Henri Michaux, ainsi que des artistes-interprètes, tels que Jim Morrison, Bob Dylan et Patti Smith.

Néologismes

Illustrations de l'œuvre

Discographie

Poèmes mis en musique contemporaine

Poèmes mis en chansons

Hommages en chansons

Audiovisuel

Cinéma

Télévision

Vidéographie

  • Arthur Rimbaud : Habiter la terre en poète, production/distribution CNDP Chasseneuil-du-PoitouSCEREN, coll. « Présence de la littérature », 1er novembre 2006, 1 DVD toutes zones, 140 minutes, livret 76 pages inclus (EAN 9782240025500) [présentation en ligne] :
    Documentaires et interview inclus :
    Quoi ? L'éternité, réalisation d'Étienne Faure (58 min, Eivissa Production)
    Charlestown (Ardennes) : l'éternel retour, réalisation de Micheline Paintault et scénario de Claudine Cerf (46 min)
    Prélude au grand départ, réalisation de Micheline Paintault, conception d'Hélène Waysbord et coordination de Claudine Cerf (21 min)
    Rimbaud, l'aventure, la poésie, réalisation de Micheline Paintault, conception d'Hélène Waysbord et coordination de Claudine Cerf (12 min)
    Postérité de Rimbaud à Charleville, réalisation de Micheline Paintault et conception de Claudine Cerf (3 min)

Radio

  • 1980 : Les Vivants et les Dieux. Rimbaud : Les Illuminations, émission de Philippe Nemo et de J.-P. Giusto, diffusé les 1er et 15 décembre sur France Culture.

Iconographie

Portraits de Rimbaud par ses contemporains

Source : Jean-Jacques Lefrère, Face à Rimbaud, éd. Phébus, 2006.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
  • Anonyme : photographie de classe, institution Rossat de Charleville (5,6 x 9 cm), 1864[92] (?).
  • Émile Jacoby[93] ? : photographie de Frédéric et Arthur Rimbaud en communiants (21,5 x 14,5 cm), 1866[94].
  • Ernest Delahaye : caricatures et dessins, 1870 à 1880.
  • Émile Jacoby ? ou Étienne Carjat ? : photographie sur verre, où Arthur paraît avoir 15 ou 16 ans, 1871[95] ?
  • Étienne Carjat : photographie d’Arthur à 17 ans, octobre 1871[96].
  • André Gill : « Arthur Rimbaud sur son bateau ivre », dessin pour l’Album zutique (25,3 x 34,5 cm), 1871.
  • Paul Verlaine : caricatures et dessins, 1872 à 1895.
  • Henri Fantin-Latour : esquisse, croquis pour le tableau, Coin de table (2,25 m x 1,56 m), 1872, exposé au Musée d'Orsay à Paris.
  • Jean-Louis Forain : dessin au lavis de brun (11,4 × 14,8 cm), non daté[97] et deux caricatures, 1872.
  • Félix Régamey : dessins exécutés à Londres, 1872-1873.
  • Alfred Garnier : huile sur carton (21 x 17 cm), 1872[98].
  • Jef Rosman : peinture à l'huile sur panneau d'acajou (25 x 32 cm), 1873, exposé au musée Arthur-Rimbaud de Charleville-Mézières[99].
  • Germain Nouveau : faute de précision, il est présumé que Rimbaud soit représenté sur un ou deux dessins exécutés en 1876[100].
  • Isabelle Rimbaud : croquis et dessins 1879 à 1891.
  • Anonyme : photographie légendée « Environs d’Aden. Avant le déjeuner à Scheick Otman [sic][101]. », où Rimbaud pose en compagnie de cinq hommes sur les marches de la maison d’Hassan Ali, en 1880[102] ?
  • Anonyme : photographie faite à Aden (9,6 x 13,6 cm), avec « Hôtel de l'Univers » inscrit au dos. Selon les premières investigations, rapportées par les découvreurs Alban Caussé et Jacques Desse (libraires de livres anciens), aidés en cela par Jean-Jacques Lefrère (biographe de Rimbaud), le jeune homme assis en compagnie de six autres personnes sur le perron de l’hôtel, est bien Arthur Rimbaud, présent dans ce port, depuis la première quinzaine d’août 1880[103].
  • Thomas Blanchet : eau-forte inspirée de la photographie prise par Étienne Carjat, 1884[104].
  • Manuel Luque de Soria, dit Luque : caricature[105] et médaillon[106], 1888.
  • Frédéric-Auguste Cazals : « croquis d’après documents » du profil de Rimbaud avec l’ombre portée de Verlaine (10 x 12,5 cm), 1889[107].

Arthur Rimbaud, photographe

Comptant partir pour le continent africain, Arthur Rimbaud écrit à sa famille le 28 septembre 1882, pour leur annoncer qu’il a commandé au colonel P. Dubar[108], à Lyon, tout le matériel photographique nécessaire afin d’en tirer « une petite fortune, en peu de temps ». « …les reproductions de ces contrées ignorées et des types singuliers qu’elles renferment devant se vendre en France[109] ». Il reçoit enfin son appareil en mars 1883.
Installé dans la succursale de Harar, en avril, Rimbaud fait parvenir trois photographies à sa famille : « …de moi-même par moi-même. […] Ceci est seulement pour rappeler ma figure, et vous donner une idée des paysages d’ici[110]… » Le 20 mai, il leur écrit : « La photographie marche bien. C’est une bonne idée que j’ai eue. Je vous enverrai bientôt des choses réussies. »
De retour à Aden, en janvier : « Je ne vous envoie pas ma photographie ; j’évite avec soin tous les frais inutiles[111]. » et le 14 avril 1885 : « L’appareil photographique, à mon grand regret, je l’ai vendu, mais sans perte. »
Nous ignorons le nombre de photographies faites par Rimbaud. Voici les seules qui nous sont parvenues identifiées.

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  • Autoportrait, « …debout sur une terrasse de la maison[110] [Mazeran, Viannay et Bardey de Harar]… » (18 x 13 cm), 1883[112].
  • Autoportrait, « …debout dans un jardin de café[110] [au Harar]… » (18 x 13 cm), 1883[113].
  • Autoportrait, « …les bras croisés dans un jardin de bananes[110] [au Harar] » (18 x 13 cm), 1883[114].
  • Sotiro, l’adjoint de Rimbaud, en tenue de chasseur parmi des bananiers[115].
  • Cour intérieure de la maison Bardey (sur la gauche, on aperçoit la rampe de l’escalier qui mène à la terrasse où Rimbaud s’est photographié). Au verso de cette photographie, est inscrit : « Vue du magasin de manutention. Fabricant de daboulas (sac en cuir) à l’heure du Kât (Khat) »[116], (12, 2 x 16 cm), 1883.
  • La place du marché de Harar[117].
  • La coupole du mausolée de Cheikh-Ubader, père protecteur de la ville de Harar ; lieu vénéré des Hararis (12 x 17 cm)[117].

Portraits posthumes

Lieux de mémoires

Musées

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  • 1994 : inauguration du Musée Rimbaud, quai Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières, dans l’ancien moulin ducal de Charles de Gonzague.
  • 20 octobre 2004, jour anniversaire des 150 ans de sa naissance : inauguration de la Maison des Ailleurs, 7 quai Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. La famille Rimbaud l’habita de 1869 à 1875.
  • 4 février 2000 : inauguration de la « maison Rimbaud », à Harar. Malgré le nom qui lui a été attribuée, cette vaste et luxueuse bâtisse en bois à étages d’inspiration indienne, ne fut pas habitée par Arthur Rimbaud, car construite après sa mort.

Monuments

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Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes,


Et les ressacs et les courants, je sais le soir,
L’aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir.

  • 10 novembre 1991, jour du centenaire de sa mort : sculpture en bronze de Michel Gillet, île du Vieux Moulin, à Charleville-Mézières
  • 1997 : « Il faut être absolument moderne », statue d’Hervé Tonglet, place Jacques-Félix, aux abords du collège Arthur Rimbaud, à Charleville-Mézières.
  • 2004 : « L'homme aux semelles de vent », sculpture d’Éric Sléziak, quai Rimbaud, à la gare de Voncq. Point de départ des fugues et voyages de Rimbaud pour fuir « Charlestown ».
  • 2004 : « Je m’entête affreusement à adorer la liberté libre », sculpture d’Éric Sléziak, près du site où se trouvait la ferme familiale, à Roche.
  • 14 juin 2012 : inauguration d'une décoration murale (Street art) rue Férou, à Paris, reproduisant intégralement le poème Le Bateau ivre[126]. Cette œuvre, financée par l'Ambassade des Pays-Bas et réalisée par le calligraphe Jan Willem Bruins est située face à l'emplacement d'un restaurant aujourd'hui disparu où Rimbaud a récité ce texte le 30 septembre 1871.

Plaques commémoratives

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  • Novembre 1891 : plaque tombale, cimetière (sur la gauche de l’allée centrale), 124, avenue Charles-Boutet, à Charleville-Mézières.
  • 21 juillet 1901 : au 1er étage de la maison natale du poète, 12, rue Pierre-Bérégovoy, à Charleville-Mézières.
  • 20 octobre 1946, jour anniversaire de sa naissance : cour intérieure de l’hôpital de la Conception à Marseille, à l’initiative d’une association de poètes marseillais, « Les Amis d’Arion ».
    • 2000 : lors de la rénovation totale de l’établissement, une plaque refaite à l’identique a été apposée dans le hall d'accueil du bâtiment central, 147, boulevard Baille, 5e arrondissement. Elle est agrémentée d'un des six poèmes de Phrases, issu du recueil, Illuminations :

J’ai tendu des cordes de clocher à clocher.


Des guirlandes de fenêtre à fenêtre.
Des chaînes d’or d’étoile à étoile
Et je danse.

  • 20 octobre 1954, jour du centenaire de sa naissance : 7, quai Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. La famille Rimbaud l’habita de 1869 à 1875 (devenu la Maison des Ailleurs, en 2004 – voir Musées ci-dessus).
  • 10 novembre 1991, jour du centenaire de sa mort : « Il faut être absolument moderne », plaque apposée par la communauté française de Belgique, au 1, rue des Brasseurs, à Bruxelles, à l’endroit où s’élevait l’hôtel « À la ville de Courtrai », où Verlaine blessa Rimbaud le 10 juillet 1873.
  • 19?? : 8, Great College Street, quartier de Camden, à Londres : Rimbaud et Verlaine habitèrent cette maison lors de leur deuxième séjour londonien, de mai à juillet 1873.
  • 19?? : sur les lieux qui inspirèrent le poète, à Roche.
  • 2 juin 2004 : 8, rue Victor-Cousin, Paris 5e, à l’initiative de l'Association internationale des amis de Rimbaud. En juin 1872, Arthur Rimbaud occupa dans l’hôtel Cluny, « une chambre jolie » qu’il a quelque peu décrite dans une lettre adressée à son ami Ernest Delahaye[127].
  • 16 juin 2010 : au coin des rues du Vieux-Colombier et Bonaparte (coin Nord-Ouest de la place Saint-Sulpice), à Paris 6e, à l’initiative de l'Association internationale des Amis de Rimbaud, à l'endroit où, le 30 septembre 1871, eut lieu, au restaurant du premier étage du marchand de vin Ferdinand Denogeant, le dîner mensuel des « Vilains-Bonshommes » où Arthur Rimbaud fut présenté par Paul Verlaine aux poètes parnassiens[128].

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article.

Premières éditions des poèmes et correspondance

Dernières éditions des poèmes et correspondance

Témoignages

Biographies

Dictionnaire

  • Jean-Baptiste Baronian, Dictionnaire Rimbaud, Paris : Robert Laffont (collection Bouquins), 2014.

Essais

Ouvrages iconographiques

Revues

L'œuvre latine

  • M. Ascione, « Le poète latin », dans: Le Magazine littéraire, n° 289 (consacré à Arthur Rimbaud), 1991, pp. 46-49.
  • L. Forestier, « Rimbaud et le latin », dans: La Réception du latin du XIXe siècle à nos jours, Actes du colloque d’Angers des 23 et 24 septembre 1994, éd. G. Cesbron, L. Richer, Angers : Presses de l’Université d’Angers, 1996, pp. 27-33.
  • Dirk Sacré, E. Van Peer, « Pour une édition critique des vers latins de Rimbaud », dans: Humanistica Lovaniensia, Leuven, n° 43, 1994, p. 426-433.

Documents audio-visuels

Romans

Bandes dessinées

Voir aussi

Les poètes chantés par Léo Ferré

Notes et références

  1. Voir Rimbaud, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, éd. établie par Antoine Adam, Gallimard, 1972, décompte à partir de la lettre « Rimbaud aux siens » du 17 août 1880 postée à Aden (p. 313)
  2. Aujourd’hui : rue Pierre Bérégovoy
  3. Il mourra à soixante-quatre ans, le 16 novembre 1878, à Dijon.
  4. Aujourd’hui : cours Briand.
  5. Le poème est daté du « 26 mai 1871 », mais il ne s'agirait que d'une date symbolique. Le poète qui n'aime pas « Dieu ; mais les hommes […] Noirs, en blouse » commémorerait la Semaine sanglante. Dans le même ordre d'idées, le poème Les Pauvres à l'Église est daté évasivement de 1871 dans une lettre du mois de juin. Certains poèmes peuvent parfois être plus anciens qu'on ne le croit de quelques mois.
  6. C'est sous ce nom qu'existait alors en province le Concours général. J.J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 24
  7. In, Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, éd. Fayard, 2001, p. 54 + note.
  8. Lettres d'Arthur Rimbaud à Ernest Delahaye sur mag4.net
  9. Le poème, Mémoire en décrit la scène.
  10. Lettre écrite le 5 septembre 1970, au lendemain de la proclamation de la République.
  11. Georges Izambard, Rimbaud tel que je l’ai connu, Mercure de France, 1963, chapitre XIII, p. 111.
  12. Lettre datée du 24 septembre 1870.
  13. Georges Izambard, Rimbaud tel que je l’ai connu, Mercure de France, 1963, chapitre IV, p. 33-34.
  14. Oubliés par Demeny, ces manuscrits furent retrouvés 17 ans plus tard. Après avoir été en possession de divers collectionneurs, ils sont conservés au département des Manuscrits de la British Library de Londres, depuis 1985.
  15. Découvert en avril 2008 par Jean-Jacques Lefrère, spécialiste de Rimbaud et auteur de plusieurs ouvrages sur le poète, atteste son authenticité dans Le Figaro du 22 mai 2008. Ainsi, Le Rêve de Bismarck figure dans la nouvelle édition de la Pléiade des Œuvres complètes de Rimbaud, réalisée sous la direction d'André Guyaux, parue en février 2009.
  16. Pseudonyme emprunté à Jean Baudry, comédie d'Auguste Vacquerie, créé au Théâtre-Français en octobre 1863.
  17. C'est le cas d'Ernest Delahaye qui, dans Souvenirs familiers à propos de Rimbaud, Verlaine et Germain Nouveau, éditions Albert Messein 1925, raconte une anecdote, tenue de Rimbaud et située à Villers-Cotterêt sur le trajet de son retour à pieds de Paris à Charleville après ce séjour durant la Commune.
  18. Ce poème n'a pas été retrouvé ; il comptait 52 vers et était probablement en alexandrins.
  19. Claude Jeancolas, Rimbaud, Flammarion, 1999, p. 335
  20. In Journal tenu par sa sœur Vitalie
  21. Lettre adressée à Ernest Delahaye, vraisemblablement datée du 5 février par erreur, car le cachet de la poste affiche la date du 6 mars 1875 (Pierre Petitfils, Rimbaud, éd. Julliard, coll. « Les Vivants », 1982, p. 247).
  22. Lettre de Verlaine à Delahaye du 1er mai 1875.
  23. In, Arthur Rimbaud – Œuvre-vie, établie par Alain Borer, éd. Arléa, 1991, p. 461.
  24. Au 31 rue Saint-Barthélemy, aujourd’hui, rue Baron-Quinart (Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, Arthème Fayard, 2001, p. 410).
  25. Lettre de Delahaye à Verlaine – conservée à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet – publiée par Frédéric Eigeldinger et André Gendre, Delahaye témoin de Rimbaud, éd. La Baconnière, Neuchâtel, 1974, p. 241.
  26. Article sur le site L'Union presse.fr Née le 15 juin 1858, elle meurt à 17 ans et demi.
  27. Claude Jeancolas, Les Voyages de Rimbaud, éd. Balland, 1991, p. 152.
  28. Les escales et étapes mentionnées sont une retranscription de la lettre du 28 janvier 1877, envoyée à Ernest Millot par Ernest Delahaye.
  29. Retranscription de la lettre du 28 janvier 1877, envoyée par Ernest Delahaye à Ernest Millot, pour lui annoncer la « grande nouvelle » du retour de Rimbaud.
  30. In, Rimbaud - Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, éd. établie par Antoine Adam, Gallimard, 1972, version originale : p. 303 - traduction française : p. 1096.
  31. Ernest Delahaye, Rimbaud - l’Artiste et l’être moral, éd. Messein, 1923.
  32. Manuscrit conservé à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, feuillet 29 (Frédéric Eigeldinger et André Gendre, Delahaye témoin de Rimbaud, la Baconnière, 1974, p. 257).
  33. In, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1972, p. 773.
  34. Lettre écrite à Roche, le 15 décembre 1891, au rédacteur en chef du Petit ardennais qui venait de consacrer un article sur le poète le 15 décembre. In, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1972, p. 716.
  35. Paterne Berrichon, La Vie de Jean-Arthur Rimbaud, société du Mercure de France, 1897.
  36. Lettre d’Ernest Delahaye à Verlaine, Bibliothèque littéraire Jacques Doucet
  37. Manuscrit conservé à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, éd. Fayard, 2001, p. 762.
  38. Lettre à sa famille du 15 février 1879.
  39. In, Œuvres complètes de la Pléiade, 1972, p. 310.
  40. Le mont Olympe est le point culminant des monts Troodos.
  41. Lettre aux siens, du 23 mai 1880.
  42. a et b Lettre aux siens du 17 août 1880.
  43. Lettre à sa famille du 25 août 1880.
  44. Lettre à sa famille du 22 septembre 1880.
  45. Lettre à sa famille du 13 décembre 1880.
  46. Lettre du 4 mai 1881
  47. Lettre à Monsieur de Gaspary, vice-consul de France à Aden, du 28 janvier 1883.
  48. Lettre à sa famille du 20 mars 1883.
  49. Rimbaud, Œuvres complètes, établies par Pierre Brunel, La Pochothèque 1999, préface de Pierre Brunel, p. 7
  50. J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 868-869.
  51. Alban Caussé et Jacques Desse, Rimbaud, Aden, 1880, Revue des deux mondes, septembre 2010 .
  52. J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 873.
  53. Lettre aux siens du 5 mai 1884).
  54. La photographie de cette jeune femme, seule liaison féminine reconnue de Rimbaud, est conservée au musée Arthur-Rimbaud de Charleville-Mézières ; elle est issue de l’album d’Alfred Bardey.
  55. Lettre du 19 juin 1884
  56. Lettre aux siens du 10 septembre 1884.
  57. Contrat de Rimbaud avec la maison Bardey, d’Aden, in, Œuvres complètes, établies par Antoine Adam, Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 395.
  58. Engagement de Pierre Labatut, conclu le 5 octobre 1885 & certificat délivré par Alfred Bardet le 14 octobre, in, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 403 & 404.
  59. Labatut et Rimbaud au ministre des Affaires étrangères, in, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 415.
  60. L’explorateur Ugo Ferrandi (it) rencontre Arthur Rimbaud à ce moment et le décrit ainsi : « Grand, décharné, les cheveux grisonnants sur les tempes, vêtu à l’européenne […] avec des pantalons plutôt larges, un tricot, une veste ample couleur kaki, il ne portait sur la tête qu’une petite calotte également grise et bravait le soleil torride comme un indigène. » (lettre à Ottone Schanzer, les Nouvelles Littéraires, 20 octobre 1923).
  61. Lettre du 22 octobre 1885
  62. Lettre au Vice-consul de France, Émile de Gaspary, du 9 novembre 1887, in, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 461.
  63. L’Éthiopie méridionale – Journal de mon voyage aux pays Amhara, Oromo et Sidama - septembre 1885 à novembre 1888, Paris, Ancienne maison Quantin, librairies-imprimeries réunies, 1890.
  64. Lettre à Bardey du 26 août 1887.
  65. Lettre du 30 juillet 1887
  66. Lettre du consul de France à Massaouah au marquis de Grimaldi-Régusse, le 12 août 1887,in, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 429.
  67. J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 1009.
  68. J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 1035 à 1038.
  69. Le poème sera publié dans la revue La Cravache parisienne du 29 septembre 1888.
  70. Témoignages de Jules Borelli à la biographe anglaise Enid Starkie et à Paterne Berrichon et témoignage d’Armand Savouré à Georges Maurevert et à Isabelle Rimbaud (J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 1047-1048 et 1074).
  71. On ne sait si Rimbaud a répondu à cette lettre qui sera retrouvée dans ses affaires après sa mort (J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 1101).
  72. J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 1129, note 37.
  73. Extraits de la lettre adressée à sa mère et à sa sœur. Dans sa détresse, Rimbaud fait des erreurs en datant sa lettre au vendredi 23 mai alors que le cachet de la poste marseillaise porte la date du jeudi 21 mai (Œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade, 1979, p. 665 + note p. 1179.
  74. In, Œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade, 1979, lettres datées du 29 mai, p. 666 et du 11 juin, p. 669.
  75. Isabelle Rimbaud, Rimbaud mourant, éd. Manucius, 2009, p. 82.
  76. Isabelle Rimbaud, Rimbaud mourant, p. 86.
  77. Lettre d’Isabelle à sa mère du 22 septembre 1891, in, Œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade, 1979, p. 698.
  78. Cinq ans plus tard, dans une lettre à Paterne Berrichon, datée du 2 août 1896, elle révélera « une exclamation qui revenait sans cesse sur ses lèvres : Allah ! Allah Kerim ! (C’est la volonté de Dieu !) », in, Œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade, 1979, p. 754.
  79. Respectant les dernières volontés de son frère, Isabelle fit le nécessaire pour léguer sept cent cinquante thalers, à son domestique Djami Wadaï — Mort depuis peu, ce furent sa veuve et son jeune enfant, qui héritèrent de ce legs.
  80. Paterne Berrichon, La Vie de Jean-Arthur Rimbaud, société du Mercure de France, 1898, p. 98.
  81. Frédéric Rimbaud n’ayant pas été prévenu du décès de son frère cadet, Vitalie Rimbaud et sa fille furent les seules personnes qui assistèrent à l’enterrement (J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, éd. Fayard, 2001, p. 1166.
  82. Traduction du latin en français : conspecto = apercevoir.
  83. Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 166.
  84. Pamphlet contre les Versaillais, au moment où le gouvernement Thiers s'apprête à écraser la Commune.
  85. Source : Arthur Rimbaud - Œuvre-vie, édition établie par Alain Borer, Arléa/Le Seuil, 1991, p. 264 à 282.
  86. Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 475.
  87. Source : Arthur Rimbaud - Œuvre-vie, édition établie par Alain Borer, Arléa/Le Seuil, 1991, p. 169
  88. « Il courut tous les Continents, tous les Océans, pauvrement, fièrement (riche d'ailleurs, s'il l'eût voulu, de famille et de position, après avoir écrit, en prose encore, une série de superbes fragments, les Illuminations, à tout jamais perdus, nous le craignons bien. » Verlaine, Les Poètes maudits, Léon Vanier, 1884, p. 38.
  89. En 1991 le logiciel ARThur (conçu sur Amiga par Claude Douay & Michel Fages pour Rimage) permettait de mieux percevoir la pertinence du poème Voyelles, utilisé telle une "routine" (un algorithme) informatique : il suffisait d'y rentrer un texte ascii (quel qu'il soit), ou de simplement saisir un mot, (son nom, sa devise…) pour obtenir une palette, incrémentée par la présence des voyelles itérées, et mise en œuvres dans des infographies abstraites (sur le modèle fractal) immédiatement perceptibles à l'écran.
  90. http://www.tard-bourrichon.fr/musique%20Rimbaud.html
  91. Autour de la tombe d’Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières, défile une galerie de portraits : des admirateurs du poète, de toutes nationalités et de tous milieux, aux employés municipaux. Ce documentaire fut sélectionné pour le 29e festival international de film documentaire, Cinéma du réel, en mars 2007.
  92. Conservée au Musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières.
  93. Philippe Émile Jacobs, dit Jacoby, photographe établi à Charleville, créa le quotidien Progrès des Ardennes (Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, Arthème Fayard, 2001, p. 209-210.
  94. Conservée au Musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. 1re publication : Marguerite-Yerta Méléra, Rimbaud, Firmin-Didot et Cie, 1930. Une photographie retouchée, centrée sur Arthur fut publiée huit ans plus tôt en frontispice du tome 1 d’Arthur Rimbaud - Œuvres complètes, éd. La Banderole, 1922.
  95. Conservée au Musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. 1re publication : Ernest Delahaye, La Revue littéraire de Paris et de Champagne, mai-juin 1906.
  96. Un tirage (8 x 4,2 cm, médaillon 5 x 4,1 cm), non exécuté par Carjat est conservé dans le fonds Claudel du Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, « site Richelieu / Louvois », Paris. Première publication : en frontispice du tome 2 d’Arthur Rimbaud - Œuvres complètes, éd. La Banderole, 1922.
  97. Première publication dans un supplément offert aux abonnés d’Histoires littéraires, no 28, octobre-novembre-décembre 2006.
  98. Publié pour la première fois dans Le Figaro littéraire du 28 avril 1951.
  99. Première publication dans Le Figaro Littéraire du 5 avril 1947.
  100. Conservés à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, administrée par la Chancellerie des Universités de Paris.
  101. La bonne orthographe est : Cheikh Othman.
  102. Arnaud Delas, spécialiste de clichés anciens, rendit publique sa découverte en 1998. Ce cliché est conservé au Musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. Première publication : Claude Jeancolas, L’Afrique de Rimbaud, éd. Éditions Textuel, 1999.
  103. En référence aux lettres à sa famille écrite à Aden, les 17 et 28 août 1880. À la suite de l'identification de l'explorateur Édouard-Henri Lucereau sur la photo, puis de la lettre autographe de celui-ci, datée du 13 août 1880, provenant du Centre des archives diplomatiques de Nantes (L’Express du 10 septembre 2010), Caussé, Desse et Lefrère pensent pouvoir dater le cliché au mois d’août ? 1880, sachant que Lucereau sera assassiné en octobre 1880, au cours d’une expédition (Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 999). À suivre…
  104. Parue en avril, dans la 1re éd. des Poètes maudits, éd. Lutèce.
  105. En couverture du no 318 de janvier 1888 de la collection Les Hommes d’Aujourd’hui, consacré à Rimbaud. Publié par Paul Verlaine, édité par la Librairie Vanier.
  106. Paru en septembre dans la 2e éd. des Poètes maudits.
  107. Conservé au musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières.
  108. L’agent de la factorerie Mazeran, Viannay et Bardey, qui l’avait recruté après de son arrivée à Aden, en août 1880.
  109. Extrait de la lettre d’Aden, adressée à ses mère et sœur, le 6 janvier 1883.
  110. a, b, c et d Extrait de la lettre datée du 6 mai 1883, adressée à sa famille.
  111. Extrait de la lettre écrite à Aden, le 15 janvier 1885.
  112. Conservé au Musée Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières. Première publication : François Ruchon, Rimbaud - Documents iconographiques, coll. « Visages d'hommes célèbres », éd. Pierre Caillet, Vésenaz-Genève, 1946.
  113. Conservé au musée Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières. Première publication, en frontispice du tome 3 d’Arthur Rimbaud - Œuvres complètes, éd. La Banderole, 1922.
  114. Conservé au Département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, Paris. Première publication : Lidia Herling Croce, Rimbaud à Chypre, à Aden et au Harar (Documents inédits), « Études rimbaldiennes » no 3, éd. Les Amis de Rimbaud, 1972, p. 5.
  115. Le Grec, Constantin Sotiro Chryseus, dit Sotiro, avait été recruté chez Mazeran, Viannay et Bardey lors de la création du comptoir de Harar (Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, Arthème Fayard, 2001, p. 813).
  116. Cliché conservé au musée Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières.
  117. a et b Photographie conservée au musée Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières.
  118. Pierre Dufour épousa Isabelle Rimbaud en 1897. Après la mort de celle-ci (en 1917), il se remarie. Il meurt en 1922 et est enterré dans le caveau de Charleville.
  119. En frontispice du livre de Marcel Coulon, Problème de Rimbaud, poète maudit, Paris, 1923.
  120. Exposition L'Or Des Iles, villa de Noailles à Hyères, en juillet-août 1991.
  121. a et b Parue dans Rimbaud vu par des peintres contemporains, Henri Matarasso éditeur, Paris, 1962.
  122. Parue dans Les Poètes maudits, de Paul Verlaine, éd. Les Bibliophiles du Palais, 1938.
  123. Parue dans Le Regard bleu de Rimbaud, Claude Jeancolas, éd. F.V.W., Paris, 2007.
  124. L'une est parue pour un article de Stéphane Mallarmé dans la revue américaine, The Chap Book, du 15 mai 1896 ; l’autre pour Le Livre des masques, Remy de Gourmont, Paris, 1896.
  125. Claude Carton (texte), Claude Van Luyn (photos) : Rimbaud, retour sur images…, Éditions Anciaux, 2004.
  126. Inauguration d'un poème mural Le Bateau ivre d'Arthur Rimbaud.
  127. Voir la fin de la dernière lettre, datée : Parmerde, Juinphe 72.
  128. Même s'il est fort probable que Rimbaud aurait lu Le Bateau ivre, il est à préciser qu’aucun témoin n’a rapporté les poèmes qui furent lus ce soir-là.
  129. Voir détail des éditions.
  130. Dans la 2e édition de 1888, seront ajoutés : Marceline Desbordes-Valmore, Villiers de l’Isle-Adam et Pauvre Lelian (anagramme de Paul Verlaine), illustré de six portraits dessinés par Luque.
  131. Recueil réunissant la totalité des écrits d’Yves Bonnefoy sur Rimbaud, dont son étude sur Rimbaud éditée en 1961, un texte sur madame Rimbaud et un essai inédit.
  132. Numéro consacré à la photo découverte en 2008 par les libraires parisiens, Alban Caussé et Jacques Desse.
  133. Histoire d'une photographie.

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