Eugène-Louis Lequesne

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Eugène-Louis Lequesne (ou le Quesne), né à Paris le 15 février 1815, et mort dans la même ville le 3 juin 1887 est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des débuts brillants[modifier | modifier le code]

On sait, grâce à l'ouvrage de Charles Lefeuve de 1875 sur l'Histoire de Paris rue par rue et maison par maison, que Lequesne était le fils du propriétaire dans 3e arrondissement d'un immeuble d'angle, rue Villehardouin, qu'il tenait de son aïeul M. Garand, directeur général des subsistances militaires, et où aurait habité dans le passé Crébillon père.

Après une formation juridique couronnée par un diplôme d’avocat, il entre en 1841 à l’école nationale des beaux-arts, dans l’atelier de James Pradier, et expose au salon dès l’année suivante. Ses études sont qualifiées de « brillantes » dans la notice qui lui est consacrée dans le dictionnaire Bénézit (tome VIII). En 1843, il obtient en effet le deuxième prix de Rome, et en 1844 le premier prix, avec un bas-relief intitulé Pyrrhus tuant Priam, dont le plâtre est conservé à l’ENSBA.

Il figure sur la liste des pensionnaires de l’académie de France à Rome de 1844 à 1849 et y côtoie cette dernière année Jean-Louis Charles Garnier, grand prix d’architecture de 1848. Durant son séjour à Rome, il sculpte une copie du faune Barberini, qui, expédiée en France en 1846, est actuellement exposée à l’ENSBA. Signalons que le faune original est exposé à la glyptothèque de Munich, et que le musée d'Orsay expose de son côté la copie de marbre réalisée par Jean-Antoine Houdon en 1778.

En 1851, il obtient une médaille de 1re classe au salon, avec son faune dansant dont la version en bronze de 2 m de haut destinée au jardin du Luxembourg est exposée l’année suivante. En 1855 il se voit décerner le grand prix de sculpture à l’exposition universelle, ainsi que la Légion d'honneur.

Il est devenu alors un artiste quasi-officiel du second Empire, tout comme son maître, Pradier, brusquement disparu en 1852, l’avait été pour la monarchie de Juillet. Il faut signaler les liens très étroits entre les deux sculpteurs.

Des liens privilégiés avec Pradier[modifier | modifier le code]

Un site consacré à Pradier annonce un article en préparation à ce sujet. D’ores et déjà son auteur précise que « parmi tous ses anciens élèves, ce fut sans doute Eugène Lequesne que Pradier affectionnait le plus. Nommé par testament de Pradier tuteur de ses enfants, il s’est donné pour tâche de compléter plusieurs œuvres du sculpteur demeurées à l’état d’ébauche. Il retoucha aussi, à la demande de l’architecte Visconti, certains détails des douze victoires du tombeau de Napoléon et fut appelé plus tard à refaire la statue de Lille, endommagée pendant la Commune. À sa mort en 1887 il possédait plusieurs grands modèles de son maître, que son fils donna aux musées nationaux [...] Le 12 mai 1854, le conseil de famille de Pradier alloue 12 000 F à Lequesne pour l’achèvement en marbre de trois statues, la Pandore, un Guerrier mourant et une Baigneuse ; Lequesne est investi du pouvoir de vendre aux personnes et aux prix qu’il jugera convenables les statues et statuettes laissées en commun. »

Lorsqu’il est question d’ériger, dans la 24e division du cimetière du Père-Lachaise, le tombeau du maître, des conflits surgissent entre ses anciens élèves. « Antoine Étex, qui se flattait d’être son plus ancien élève soumit un projet, mais Eugène Louis Lequesne, en meilleurs termes avec la famille, l’évinça et réalisa le buste en bronze... »[1]

Le lien privilégié entre Lequesne et Pradier est également souligné par Maxime du Camp, dans son salon de 1857 : « animé par une pieuse pensée, M. Lequesne, un des plus sérieux élèves de Pradier, a exécuté en marbre un soldat mourant dont le maître avait laissé l’esquisse. Cette bonne intention trouve sa récompense dans le mérite de l’œuvre qui est belle à tous égards [...] M. Lequesne s’inspirant de la maquette inachevée de Pradier, est arrivé à faire une académie originale et d’une anatomie bien observée...La main de l’élève a fait son office; elle a su [...] donner à cette figure un aspect grandiose que le maître ne désavouerait pas [...] Pradier [...] avait composé en demi-nature un magnifique groupe représentant Ulysse portant le corps d’Achille ; nous l’avons vu souvent dans son atelier : c’est un chef-d’œuvre. Est ce que M. Lequesne, qui a gardé religieusement le souvenir de son maître, ne pourrait point exécuter ce groupe en lui donnant les proportions que Pradier avait rêvées pour lui ? »

On sait en outre, grâce aux fiches accessibles sur les sites du ministère de la Culture, qu’un certain nombre de dessins de Pradier ont été donnés par Lequesne au musée du Louvre, au titre de la liquidation de la succession du maître.

Une autre particularité[modifier | modifier le code]

S’il n’est pas fréquent de voir un jeune avocat renoncer à une carrière juridique pour se lancer dans la statuaire avec des débuts aussi brillants, il faut aussi mentionner une autre facette assez curieuse de ses talents: Lequesne est un bon joueur d’échecs. Ainsi lorsqu’en 1858-59 le champion américain Paul Morphy entreprend une tournée européenne, il est opposé simultanément à 8 champions français dans une partie “à l’aveugle” qui dure dix heures au café de la Régence à Paris. Au nombre de ces huit français figure Eugène -Louis Lequesne, qui devient son ami et lui rend hommage en lui sculptant en marbre son buste, qui est ensuite placé, couronné de lauriers, à côté de ceux d’autres champions fameux, Labourdonnais et Philidor, au club d’échecs à l’étage du café de la régence.

Ce buste est exposé au salon de 1859, et Lequesne offre au champion un second exemplaire de marbre de plus petit format ; en outre des répliques de bronze aux 3/5 en sont tirées et commercialisées.

Charles Lefeuve, cité plus haut, indique à propos de l'immeuble Lequesne: " M. Lequesne, sculpteur distingué et joueur d'échecs dont les parties se notent, est le fils du propriétaire[2].

D'après un article intitulé Les cafés artistiques et littéraires de Paris, paru en 1882[3].Les joueurs dont on suit les parties avec le plus d'attention sont : M. de Rosenthal, un Polonais ; M. Festhamel qui, au Monde Illustré, à feu l'Opinion Nationale, au Siècle, pose les problèmes les plus difficiles ; M. le vicomte de Bornier ; d'après les on-dit des connaisseurs, l'auteur de la Fille de Roland est, en peu de temps, devenu d'une force remarquable ; M. Chaseray, commissaire-priseur, qui se délasse des fatigues de l'Hôtel des Ventes devant un échiquier ; le sculpteur Lequesne ; M. Baucher, fils du professeur d'équitation ; M. Charles Jolliet, dont la voix emplit la salle ; M. Auguste Jolliet, des Français, M. Prudhon du même théâtre ; M. Séguin ; M. Charles Royer, un lettré qui a écrit, pour plusieurs volumes de Lemerre, des préfaces très remarquables. M. Royer est le neveu de M. Garnier-Pagès, dont on apercevait quelquefois à la Régence les longs cheveux blancs retombant sur son immense faux-col ; M. Maubant, de la Comédie-Française ; M. de la Noue, gendre de l'ancien ministre de l'Empire, M. Billaut ; un officier en retraite, M. Coulon, qui pousse ses pièces avec un sang-froid tout militaire".

Œuvres majeures[modifier | modifier le code]

La bonne mère
La Renommée retenant Pégase

Parmi les œuvres de Lequesne les plus connues du grand public, il faut placer au premier rang la statue géante de la vierge et de l’enfant Jésus — la Bonne Mère — qui surplombe à Marseille le campanile de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde, dont la première pierre fut posée en septembre 1853 et dont la consécration eut lieu le 5 juin 1864 (mais le chantier se poursuivit jusqu’en 1870). Le projet de Lequesne l’emporta sur ceux de ses confrères Millet et Gumery.

Selon la plupart des sources disponibles, la statue monumentale de cuivre, haute de plus de 9 m, fut dorée à la feuille par les ateliers Christofle de Paris. Elle pèse 4 500 kg et est datée de 1867. Le visage de la vierge à lui seul mesurerait 1,25 m et celui de l’enfant Jésus 0,80 m, dont le tour de poignet serait de 1,10 m. Un escalier à vis est aménagé dans la statue d’où on découvre la Méditerranée par l’ouverture des yeux. La statue fut installée en 1870. Sous le second empire l’érection de statues religieuses de ce format n’est pas exceptionnelle et on peut en trouver divers exemples dans La sculpture française au XIXe siècle, ouvrage de référence édité par les affaires culturelles à l’occasion de l’exposition de 1986 au Grand Palais, dont un chapitre est consacré aux « vierges colossales du Second Empire », qu’on retrouve par exemple à Clermont-Ferrand, à Biarritz, à Châteaurenard, à Lourdes, à Bordeaux, au Puy, etc.[4]

Les chiffres donnés par le site officiel sont divergents :

  • Hauteur de la statue de la Vierge : 11,20 m.
  • Hauteur totale de la statue et de son piédestal : 23,70 m.
  • Masse de la statue : 9 796 kg (16 t en incluant la structure intérieure).
  • Diamètre de la partie la plus large : 3,60 m.
  • Altitude du sommet de la statue : 225,70 m.

Les deux Pégase de l’Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

En second viennent les deux groupes monumentaux de bronze de la renommée retenant Pégase qui ornent, en arrière de terrasse de la façade sud, la toiture en pignon de la scène de l’Opéra de Paris, de part et d’autre du groupe central d’Aimé Millet. Le musée d’Orsay possède les maquettes en plâtre de Lequesne. On sait que l’architecte Charles Garnier, que Lequesne avait côtoyé en 1849 à l’académie française de Rome, fit appel, pour la décoration de son chef-d’œuvre, aux meilleurs sculpteurs de l’époque, et notamment aux lauréats du prix de Rome. Selon une notice des Monuments de France, les groupes en galvanoplastie, haut de 5 mètres, exécutés en 1867-68, ont été restaurés en 1985 par l’ifroa.

Le Faune dansant du jardin du Luxembourg[modifier | modifier le code]

Le Faune au Jardin du Luxembourg

La version en bronze fondue par Fonderie Eck et Durand, et exposée au salon de 1852, mesure 2 m de haut. Comme on l’a vu, Lequesne, durant son séjour à Rome, avait eu l’occasion de copier diverses œuvres antiques, dont le faune Barberini. Le faune dansant du Luxembourg s’inspire à l’origine du faune dansant de Pompéi, conservé au musée de Naples, mais n’en est pas moins dépourvu d’originalité, ce qui explique le bon accueil au salon de 1851 de sa version destinée à la fonte[5] et la médaille de 1re classe obtenue par son créateur.

Les statues de La Foi, La Charité et L'Espérance[modifier | modifier le code]

Dominant la balustrade située entre les 3 fontaines en contrebas et le porche principal de l’Église de la Sainte-Trinité, édifiée à Paris entre 1861 et 1867. En l’occurrence il s’agit d’œuvres commencées par Francisque Duret, et terminées par Lequesne après le décès du premier.

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

Lequesne a été appelé à collaborer à la décoration de divers projets architecturaux à Paris et ailleurs.

À Paris, il a apporté sa part à la statuaire des façades de nombreux édifices publics :

  • il a sculpté les cariatides et statues des pavillons Moellien et Denon au Louvre
  • toujours au Louvre, on lui doit, dans la cour Napoléon, la statue de Philippe de Commynes[6]
  • sur la façade nord du palais de justice correspondant aux locaux de la cour de Cassation, il est l’auteur des statues cariatides de la force, de la justice, de l’innocence et du crime ;
  • à la gare du Nord, il est l’auteur des statues représentant les villes d’Amiens et de Rouen ;
  • au cirque d’hiver : si l’on crédite Pradier de la grande frise circulaire sous les croisées, il apparait qu’y ont collaboré en fait plusieurs de ses élèves, Duret, Bosio, Guillaume, Lequesne, Husson et Dantan, qui y travaillèrent en s’inspirant des moules utilisés pour le cirque des Champs-Élysées[7] ;
  • hors projets architecturaux, le dictionnaire de Bénézit cite de lui un saint Louis pour l’église parisienne Saint Paul-saint Louis, et un saint Cloud, pour celle, également parisienne de Sainte Clotilde.

Toujours à Paris, à la Comédie Française, on lui doit la frise ornant la monumentale cheminée de marbre sur laquelle repose, dans le foyer Pierre Dux, le fameux buste de Molière par Houdon. Lequesne a représenté 16 personnages des œuvres de Molière assistant au couronnement de son buste, au nombre desquels sont bien reconnaissables M. Jourdain, Scapin, Alceste, Mercure, Diafoirus, etc.

  • à Marseille il participe aux sculptures de la façade de la préfecture, inaugurée le 1er janvier 1867, conjointement avec plusieurs prix de Rome, comme Gumery et Guillaume.
  • à Amiens, il décore l’extérieur du Musée de Picardie, création du second empire (Musée Napoléon). Il est l’auteur des cariatides et des médaillons visibles sur la façade. À l’intérieur il a sculpté un griffon antique monumental destiné à la décoration du grand escalier, que mentionne Louis Auvray dans son salon de 1863 accessible sur Gallica.
  • à Quimper, il est l’auteur du monument de Laënnec élevé par souscription des médecins bretons, français et étrangers au célèbre médecin, inventeur de l’auscultation, né dans cette ville le 17 février 1781 et décédé non loin de là à Ploaré en 1826. La statue[8], datée de 1867, et portant la marque des fondeurs Boyer et Rolland, a été inaugurée en mai 1868 sur l’esplanade entre la mairie et la cathédrale. Signalons au passage une certaine impression de déjà vu, lorsqu’on la compare à la statue de Jean- Jacques Rousseau de Pradier, exposée à Genève. Il y a certes des différences de détails ( le style du siège, la main pointée vers le haut, qui est tantôt celle de droite tantôt celle de gauche, etc...). Mais ne faut-il pas y voir simplement l’hommage posthume de l’ancien élève au maître disparu ?
  • à La Flèche, il a sculpté en pierre l'allégorie de la ville, sur le mausolée dédié à l'ancien maire François-Théodore Latouche, élevé en 1862 par souscription publique au cimetière Saint Thomas.
  • à Angoulême, il est l'auteur du buste en marbre d'Eusèbe Castaigne, bibliothécaire et érudit charentais, élevé par souscription de la société charentaise archéologique et historique, et inauguré le 15 juin 1870.
  • à Cognac on cite le buste élevé à la mémoire de M. Emile Albert, avocat, par ailleurs bibliothécaire et érudit charentais lui aussi.

Le dictionnaire Bénézit cite comme œuvres de Lequesne dans divers musées :

  • au musée d’Amiens: Thuillier Constant, du Cange, L’Industrie, La Sculpture. Ces indications entraînent plus de questions que de réponses. Ces œuvres correspondent-elles aux médaillons et cariatides de la façade ou sont elles exposées à l’intérieur? Lequesne est-il en outre l’auteur de la statue de bronze de Du Cange, érigée en 1849 à Amiens sous l’égide de la société des antiquaires de Picardie ?
  • au musée de Beaufort : un masque d’Homère.
  • au musée de Bordeaux : un faune dansant.
  • au musée de Cambrai : une prêtresse de Bacchus.
  • au musée de Chartres : À quoi rêvent les jeunes filles et Vercingétorix vaincu défiant les soldats romains.
  • au musée de Palais des beaux-arts de Lille : Camulogène, statue en plâtre, 178 x 97 x 115 cm, 1872.
  • à la faculté de médecine de Paris, le buste de Laënnec.
  • au musée de Roanne : Thuillier.
  • au musée de Versailles : le maréchal de Saint Amand (ou Saint Arnaud ?).
  • il serait aussi l’auteur d’une statue de Napoléon III, sans précision de lieu.

En outre, selon les fiches du ministère de la Culture, le musée du Louvre détient des bronzes de dimension réduite de Lequesne, les deux Parque datés de 1860 environ, ainsi que Sapho et Phaon, fondu par Gonon et daté de 1850.

Œuvres à exemplaires multiples[modifier | modifier le code]

Comme pour de nombreux sculpteurs de l’époque, plusieurs œuvres ont fait l’objet de répliques en bronze de modèle réduit, telles celles du Louvre cités ci-dessus. On en retrouve plusieurs en vente sur des sites spécialisés.

La plus répandue est de loin celle du faune dansant du Luxembourg, qui représente une créature jeune et imberbe, dansant sur une outre de vin, sur laquelle s’appuie son pied gauche et soufflant dans une flûte à un seul tube, qu’il tient de sa main droite, alors que sa jambe droite et son bras gauche sont levés.

Faune dansant du Luxembourg

Il existe un second faune dansant, représentant un sujet nettement plus âgé et barbu levant également la jambe droite, mais soufflant dans une flute double qu’il tient à deux mains. L’outre de bronze fait défaut .Il correspond sans doute à l’esquisse exposée au salon de 1887, qui fut le dernier de Lequesne.

Sont mentionnées comme ayant été exposées au 5e salon de antiquaires à Paris en février 1999 deux statues, les mathématiques d’une part, et la fortune et le succès de l’autre. Il s’agit de modèles mesurant 1,60 m de haut et 50 cm de large, provenant de la fonderie Durenne à Paris.

Dans un format monumental, des modèle grandeur nature d’un cheval anglo-arabe, fondu en bronze ou en fer et datés de 1861 (fonte de bronze de JJ Ducel) et 1867 ( fonte en fer), sont présentés sur des sites commerciaux. Les dimensions précisées pour le premier sont 2,50 m, en longueur, 1,48 m au garrot 1,90 m en hauteur totale. pour le 2e elles sont de 200 × 198 × 83 cm, sans autre précision.

À cet égard on relève l’intérêt de Lequesne pour les chevaux ( Pégase, frise du cirque d’hiver, statue du cheval anglo-arabe…). Il a d’ailleurs exposé au salon de 1866 le buste du général Daumas, qui après avoir servi en Algérie comme consul de France à Mascara entre 1837 et 1839, commanda l’école de cavalerie de Saumur, et est l’auteur d’un savant ouvrage, faisant toujours autorité, sur les chevaux du Sahara, qui présente l’étrange particularité d’avoir été soumis avant impression aux commentaires techniques de l’émir Abd el-Kader en personne…, qui figurent, imprimé en regard de chaque page de l’édition de 1853. Quand l’on sait qu’Abd-El-Kader et ses proches ont été internés aux châteaux de Pau puis d’Amboise, de 1848 à 1852, il ne serait pas impossible que Lequesne ait croisé leur chemin.

Diverses communes de France possèdent soit en buste, soit en pied, des statues de la République qui ont été tirées en de nombreux exemplaires, et érigées dans les années 1900-1910, soit longtemps après le décès de Lequesne. On peut citer ainsi dans l’Aude, pour le buste, la commune d'Esperaza, et pour la statue, celles d’Alet-les-Bains, Bages, Marcorignan, Ouveillan, etc.

Lequesne, comme le souligne la notice du Bénézit, utilise aussi bien les matériaux classiques tels le marbre et le bronze que les techniques nouvelles de la fonte de fer (fonte d'art). C’est en effet dans cette matière que sont éditées les statues sur pied de la République fondues par Ducel et fils, et dont la fiche de l’inventaire général des affaires culturelles, précise, pour celle de Marcorignan, qu’elle fut acquise par la commune en 1882 auprès de M. Plancard, “marchand de fonderies de fer et de cuivre” à Carcassonne.

À propos de la statue de l’été, en fonte de fer, exposée au salon de 1864, le sculpteur et critique Louis Auvray[9] livre le commentaire suivant : « les critiques ont, selon nous, trop généralement le tort de juger toutes les sculptures au même point de vue, et de ne pas faire la part de la sculpture architectonique pour les ouvrages destinés à la décoration d’édifices avec le style desquels ils doivent s’harmoniser. C’est à ce genre de sculpture qu’appartient la statue de l’été, à laquelle M. Lequesne a su donner un style simple et monumental. »

Ainsi grâce à ces procédés techniques nouveaux, les modèles de Lequesne acquis par Ducel, puis repris par le Val d'Osne après 1878, sont légion, et leur diffusion atteint jusqu’à l’Amérique latine : « Le printemps, l’été, l’automne, l’hiver, la justice, la concorde, la liberté, la fidélité sont à Recife, l’amour à la lyre à Rio. Et encore : saint Jean, saint Vincent de Paul avec enfant, saint tenant la croix, enfants torchères, sphinx, cheval (Santiago). »[10]

Relevé chronologique des œuvres présentées au Salon des Beaux-Arts[modifier | modifier le code]

Les ouvrages cités en référence peuvent être consulté sur la base Gallica de la bibliothèque nationale de France. Il y a des lacunes pour les années 1853, 1854,1855, 1856, 1858, 1859, 1860, 1861 et 1862 et des doutes pour 1857.

1851 : réf Claude Vignon.

  • Faune dansant, modèle de plâtre destiné à être coulé en bronze.
  • bustes de plâtre de Portalis et de l’actrice Siona Lévy.

1852 :

  • Faune dansant, version en bronze pour le jardin du Luxembourg.

1857 : réf Maxime du Camp.

  • Soldat mourant en marbre, d’après l’esquisse de Pradier.

Selon une autre référence (site d'Alain Atlan, antiquaire à Paris), « au salon de 1857 il envoie une petite statue, Baigneuse et une statuette, Lesbie, toutes deux en bronze, une statue du docteur Laënnec pour la ville de Quimper, une statue de saint Cloud et une statue de saint Louis ». C’est sujet à caution, car il y a une erreur de 10 ans pour la statue de Laënnec.

1863 : ref Louis Auvray.

  • Griffon antique destiné au grand escalier du musée Napoléon à Amiens.

1864 : réf catalogue officiel + Louis Auvray

  • L’été, statue fonte de fer.
  • Portrait de M. Reinaud, orientaliste, membre de l’Institut, Académie des inscriptions et belles lettres, buste marbre.

1865 : réf catalogue + Louis Auvray.

  • Portrait de M. T., président de section au Conseil d’État, buste marbre.

1866 : réf catalogue + Louis Auvray + Émile Zola.

  • Portrait de M. le général Daumas, buste plâtre.

1867 : réf catalogue.

  • Statue en bronze du Dr Laënnec (pour la ville de Quimper).

1868 : ref catalogue.

  • Prêtresse de Bacchus, statue plâtre.
  • Portrait de son excellence le vicomte de Païva, ministre plénipotentiaire du Portugal, buste plâtre.

1869 : réf catalogue + Louis Auvray.

  • Portrait de Mlle S., buste plâtre.

1870 : réf Catalogue.

  • Prêtresse de Bacchus, statue marbre.
  • Camulogène, statue plâtre.

1872 : réf catalogue.

  • Baigneuse, statue plâtre

1874 : réf catalogue.

  • À quoi rêvent les jeunes filles, statue plâtre.
  • Portrait de M. de Maupas, ancien ministre, buste marbre (c’est lui qui a supervisé, pour le compte du gouvernement impérial, l’élaboration du projet et les travaux de construction de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille).

1876 : réf catalogue.

  • Gaulois au poteau, statue plâtre.

1877 : réf catalogue;

  • Portrait de Mme ***, buste plâtre.

1879 : réf catalogue.

  • Laënnec, buste plâtre.

1880 réf catalogue.

  • Portrait de M.le docteur Jules Guérin, buste plâtre.

1883 : réf catalogue.

  • Portrait de M. Lassalle, buste plâtre.
  • Laënnec, buste bronze, offert à la faculté de médecine par M. le professeur Potain.

1884 : réf catalogue.

  • Portrait de Mlle Rosita Mauri, buste plâtre.
  • Portrait de M. Mérante, buste plâtre.

(Mlle Mauri est une célèbre danseuse de l’époque, dont il subsiste divers portraits peints ou sculptés, et M. Mérante est à l'époque son chorégraphe attitré).

1885 :

  • La France au Tonkin, buste plâtre.
  • Jeune romaine, tête d’étude, bronze.

1886 : réf catalogue + catalogue illustré.

  • Portrait de M. Léon Lechapelier, buste plâtre (il y a son dessin au catalogue illustré)

1887 : réf catalogue;

  • Faune dansant, esquisse, bronze

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Le Figaro du 7 juin 1887, accessible sur Gallica, informe ses lecteurs du décès de Lequesne dans les termes suivants: "On a célébré hier à saint Louis d'Antin, les obsèques de M. Le Quesne, le statuaire bien connu, membre de l'Institut.L'une de ses plus jolies œuvres, le faune dansant, se trouve dans le jardin du Luxembourg. Sa baigneuse et sa Lesbie, notamment, ont été l'objet de reproductions sans nombre."

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Charneau dans Les ailes et le sablier, éditions Le Cercle d’Art, 1997.
  2. Site Paris Pittoresque
  3. J. Porsoni Le café de La Régence
  4. Voir le site officiel notredamedelagarde.com, qui donne des chiffres supplémentaires et parfois divergents.
  5. Cf Claude Vignon, salon de 1851, p. 39-40, Gallica.
  6. Philippe de Commynes (ou Commines...), une des statues de la Cour Napoléon du Louvre, page principale
  7. cf. dictionnaire des monuments de Paris, sous la direction de Jean Colson et Marie-Christine Lauroa.
  8. Hôtel de ville de Quimper et la statue de Laënnec
  9. cf. Gallica
  10. réf. fontesdart.org.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Amiens - Eglise de la Sainte-Trinité (Paris) - Faune Barberini - Faune (mythologie) - Laennec - Marseille - Basilique Notre-Dame-de-la-Garde - Opéra de Paris - Pradier - Prix de Rome - Quimper - Sculpture française du XIXe siècle

Liens externes[modifier | modifier le code]

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