Gaston Crémieux

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Gaston Crémieux

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Gaston Crémieux
Image extraite du recueil de la Commune[1]

Activités avocat, journaliste, écrivain
Naissance 22 juin 1836
Nîmes
Décès 30 novembre 1871 (à 35 ans)
Marseille
Langue d'écriture français
Genres théâtre et poésie

Gaston Crémieux, né Louis, Gaston, Isaac Crémieux, le 22 juin 1836[Note 1] à Nîmes et mort le 30 novembre 1871 à Marseille, est un avocat, journaliste et écrivain français. Il est fusillé en raison de sa participation à la Commune de Marseille lors de la répression versaillaise.

Jeune militant radical, il s'illustre dans la défense des pauvres gens et fonde plusieurs associations d'entraide et d'éducation dans le cadre de la loge maçonnique Des amis choisis. En 1869, il soutient Gambetta à la députation. Parallèlement, il commence à publier quelques poèmes. Son évolution politique le conduit à se rapprocher des républicains les plus ardents. Il dirige avec Alphonse Esquiros et André Bastelica la ligue du Midi, jouant un rôle d'intermédiaire avec le gouvernement provisoire de Tours, où siège notamment le député homonyme Adolphe Crémieux[Note 2].

En 1871, il soutient Garibaldi, élu mais ne pouvant siéger, lors des premières journées parlementaires de 1871. Au mois de mars de la même année, il prend la tête de la seconde Commune de Marseille avec le journaliste Clovis Hugues et les futurs députés Émile Bouchet et Maurice Rouvier. Il s'y comporte de façon modérée, tentant de faire régner la clémence et le respect de la légalité. Cette insurrection, où se rassemblent tous les courants républicains et radicaux[réf. nécessaire], se veut à la fois un soutien à la Commune de Paris et l'affirmation d'une volonté politique régionale indépendante de la capitale. Réprimée dans le sang par le général Henri Espivent de la Villesboisnet, l'insurrection dure quinze jours. Enfermé au fort Saint-Nicolas, puis à la prison Saint-Pierre, Gaston Crémieux est jugé en juin et condamné à mort par un tribunal militaire. La grâce lui est refusée par la commission des grâces. Pendant ces trois mois de prison, il écrit une pièce de théâtre consacrée à la mémoire de Maximilien de Robespierre, quelques poèmes et des récits de prison, qu'il fait remettre à son épouse par le rabbin de Marseille. Gaston Crémieux est fusillé dans les jardins du Pharo le 30 novembre suivant.

Il meurt à trente-cinq ans en ordonnant lui-même son exécution, et en criant « Vive la République ! ». Célébré par Victor Hugo, Louise Michel[2] et Jean Jaurès, son souvenir demeure vivace jusqu'à aujourd'hui[réf. nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

Avocat pour les déshérités[modifier | modifier le code]

Fils d'Abraham Crémieux (1808-1872), marchand d'indiennes, et d'Alexandrine Rachel Vidal (née en 1810)[3], Louis Gaston Isaac est issu d'une famille de Juifs du Pape passant pour être apparentée au garde des Sceaux Adolphe Crémieux (1796-1880). C'est le cinquième enfant du couple après Gentille Clara (née en 1828), Théolinde Hana (1829), Paméla Elise (1831) et Alfred Barachiel (1833) ; lui succéderont Noémie Céleste (1845-1904) et Miette (1847). Il partage le même arrière-grand père, Josué Jacassuya, né en 1757 à Carpentras[Note 3], avec le sénateur Fernand Crémieux.

Jeune homme, Gaston Crémieux fait ses études au collège de sa ville natale sous la protection d'un de ses oncles (probablement le frère de sa mère, Hyppolyte Vidal)[4], à qui il a confié son désir d'accéder au barreau[5]. Il s'inscrit le 19 octobre 1854 à la faculté de droit de Paris mais l'abandonne au bout d'un an par manque d'argent, alors qu'il occupe ses loisirs à copier des rôles d'huissier pour se payer des livres, n'ayant qu'une modeste pension de cinquante francs par mois[6]. Après avoir trouvé deux emplois de clerc, dont l'un à Paris, il s’inscrit à la faculté d’Aix-en-Provence le 14 janvier 1856. Exempté du service militaire comme soutien de famille[Note 4], il obtient sa licence en droit le 25 novembre 1856 et devient avocat à Nîmes le 24 mars 1857.

Les difficultés sociales de la classe ouvrière l'émeuvent au point qu'il devient rapidement l'un de ses plus farouches défenseurs. Ses débuts sont modestes, il plaide deux affaires en 1857, trois en 1858 ; affaires sans importance de viol ou d'escroqueries[7]. Il est inscrit comme « substitut avocat des pauvres », c'est-à-dire avocat suppléant, commis d'office pour personne à faible revenu[8]. S'essayant au journalisme littéraire, il y gagne de beaux succès[Lesquels ?]. Fin novembre 1857, il fonde avec quatre de ses amis un « journal littéraire » paraissant tous les dimanches au prix de 25 centimes et nommé L'Avenir. Surveillé par la police pour qui il est politiquement dangereux, ce journal, dont Crémieux est le secrétaire de direction, est interdit le 14 février 1858[9]. Deux articles publiés par Gaston Crémieux dessinent ses opinions politiques de l'époque : une notice sur Béranger et un compte-rendu d’un poème de Joseph Autran sur le siège de Milianah[10] le montre essentiellement sous le jour d'un patriote[11].

Éducateur et franc-maçon[modifier | modifier le code]

Léon Gambetta

En 1862, il quitte le barreau de Nîmes pour celui de Marseille (nommé le 10 septembre 1862[Note 5]) et ouvre son cabinet, rue Venture. La même année, il entre au Grand Orient de France, dans la loge La Réunion des Amis choisis[Note 6]. En 1864, le 25 septembre, il épouse Judith Noémi(e)[12] Molina[13],[14], dont il aura cinq enfants : Albert (1865-1890), André (1867-1945), Caroline, Valentine (morte en 1871) et Maximilien Armand Samuel (1869-1870)[15], ce dernier prénommé comme Robespierre en hommage au dirigeant du comité de salut public. Ils ont pour témoin l'homme de lettres Adolphe Carcassonne[14] En 1865, lors de la quatrième pandémie de choléra, il participe aux soins donnés aux malades, parcourt les quartiers et tombe d'épuisement[16].

La même année, Crémieux décide de mettre ses connaissances au service des associations ouvrières[17], Conseiller juridique de la chambre syndicale des peintres en bâtiment, il rédige en 1867 un cahier de doléances des ouvriers de Marseille[18] où il propose qu'aux prudhommes l'ouvrier soit assisté d'un avocat financé par une association d'ouvriers. Il encourage la création d'associations d'ouvriers permettant de distribuer quelques subsides en cas de chômage et d'engranger un capital servant à l'aide juridique, et en rédige les statuts[19].

Ardent franc-maçon et partisan de la liberté absolue de conscience, le jeune avocat marseillais s'implique alors, dès 1865, dans la création d'écoles publiques réservées aux adultes le soir. C'est l'époque où des francs-maçons blanquistes et républicains (alors jugés d’extrême-gauche) tentent d’entraîner leurs Frères dans la voie de la lutte révolutionnaire, au service des valeurs de la République, démocratique et sociale. Ceux des Amis choisis fondent le 11 février 1868 un comité central d'initiative des loges comprenant dix commissaires : Barne, Brochier, Carriol, Chappuis, Crémieux, Pleuc, Dhionnet, Massip, Rouvier et Adolphe Royannez[Note 7] ainsi qu'une caisse centrale de secours[20]. La même année, naît l’association phocéenne de l’enseignement, de l’instruction et de l’éducation des deux sexes[21]. La même année 1868, l'avocat publie ses premiers poèmes dans le journal le Peuple, dirigé par Gustave Naquet, et un tiré à part, imprimé par Canquoin, rue Vacon[22].

À la fin de cette année-là, il plaide avec Félix Baret dans l’affaire des empoisonneuses. Trois Marseillaises Marie-Rose Alavena, Marie Autrand et Antoinette Joséphine Duguet sont accusées d’avoir empoisonné leur mari avec de l’arsenic et de la belladone fournis par l’herboriste Joye[23]. Les avocats sauvent la tête des accusées ainsi que celle de l’herboriste accusé de complicité[Note 8].

En 1869, il soutient Léon Gambetta, alors marqué comme un radical[Note 9]. Ce dernier est élu député de la cité phocéenne. En dépit de quelques discours et de quelques articles violents, Crémieux n'est pas réellement un homme d'action. Néanmoins, il se veut de tous les combats et devient rapidement un personnage incontournable de la vie politique locale[Note 10]. En mai, il fonde avec Delpech et Rouvier le journal l'Égalité[24]. Le 11 juin 1870, il se présente au nom du parti démocratique aux élections cantonales de La Ciotat ; il est battu par Armand Béhic, candidat officiel de Napoléon III[25],[26].

Défaite napoléonienne[modifier | modifier le code]

Signature de Gaston Crémieux en 1864

Dès avant l'effondrement du second Empire devant la Prusse de Bismarck, les républicains marseillais prennent d'assaut les lieux de pouvoir.

Le 7 août 1870, une foule imposante de 40 000 personnes[27] menées entre autres, par Crémieux et Naquet[28], se présente à la préfecture pour réclamer des armes. Le drapeau tricolore les accompagne, sur lequel est écrit : « la patrie est en danger ; le peuple réclame des armes. » Mais le préfet refuse et Alfred Naquet est arrêté dans la soirée[29]. Le soir même, les radicaux se réunissent rue Vacon avec les socialistes, formant un comité central d'action, et, le lendemain, Crémieux se retrouve à la tête de cette première insurrection populaire avec Émile Bouchet, Maurice Rouvier, Delpech, Sorbier et Albertini. Ils retournent à la préfecture réclamer la libération de Naquet. Après un nouveau refus, la manifestation se tourne vers la mairie qu'ils prennent d'assaut[30], installant un comité révolutionnaire, formé par Crémieux, Paul Giraud, Clovis Hugues, Félix Granet, Cabasse, un employé de mairie Joseph Tardif, les journalistes Auguste Sorbier et Armand Elbert, les internationalistes Charles Alerini, Étienne-Louis Combes, Victor Bosc (des Catalans), Philibert Gilbert, Frédéric Bordes, Auguste Conteville et Célestin Matheron. Se joignent à eux un entrepreneur Félix Debray, un cordonnier Joseph Maviel, un maçon Esprit Tourniaire et un employé Eugène Barthélémy. Arrêté, Crémieux est emprisonné dans un cachot du fort Saint-Jean. Le 27 août, un conseil de guerre statue sur le sort des meneurs et condamne l'avocat à passer six mois de prison à Saint-Pierre. Pierre Bernard, Tardif, Barthélémy et Giraud écopent d'un mois, Tourniaire de trois, Combe, Bosc et Sorbier de six, Bordes de huit, Conteville, Gilbert et Maviel d'un an et Debray de deux ans[31],[32].

Le 4 septembre 1870, la proclamation de la République les tire de leurs geôles ; Gambetta confirme l'ordre de mettre Crémieux en liberté tandis qu'une foule imposante va à la rencontre des prisonniers dans la nuit du 4 au 5 septembre[33]. Le même jour, le nouveau chef du gouvernement nomme Alphonse Esquiros administrateur supérieur des Bouches-du-Rhône ; Adolphe Joseph Carcassonne est nommé président de cette première commune alors que Labadié est nommé préfet[34] ; le drapeau tricolore est hissé sur la mairie. Le 7 septembre, Crémieux accueille Esquiros à la gare Saint-Charles et l'accompagne à la préfecture[35].

Dans le cadre de l'épuration (destitution des magistrats compromis sous l'Empire), Crémieux est pressenti au poste de procureur de la République[36] mais il doit aussitôt faire front à la cabale de ses détracteurs ; pour l'un d'eux, l'avocat général Desclozeaux : « monsieur Crémieux fait, depuis longtemps, tache dans le barreau. On ne peut faire un choix plus honteux, plus déshonorant pour la magistrature. Méprisé de ses confrères les plus libéraux, [c'est un] orateur communiste, attaquant la propriété et la famille dans les réunions publiques, d’ailleurs pourvu de talent, avocat par excellence des causes refusées par les autres, tripoteur d’affaires (...) ». La nomination de son confrère Thourel met fin à cet épisode au bout de quelques semaines. À la fin de l'automne, Crémieux rencontre brièvement Émile Zola[Note 11]. Après la création de la Ligue du Midi par Esquiros le 18 septembre, (13 départements), Crémieux est délégué de cette ligue dont la direction locale revient au préfet et à Bastélica[Note 12] ; il parcourt la province comme envoyé en mission. Son verbe est ardent, et digne d'un blanquiste :

« Nous sommes résolus à tous les sacrifices, et, si nous restons seuls, nous ferons appel à la révolution, à la révolution implacable et inexorable, à la révolution avec toutes ses haines, ses colères et ses fureurs patriotiques. Nous partirons de Marseille en armes, nous prêcherons sur nos pas la guerre sainte[37]...  »

Mais un mois jours après sa nomination, Esquiros est peu à peu désavoué par Gambetta. Plusieurs de ses arrêtés sont jugés illégaux par le ministre de l'intérieur du gouvernement provisoire (suspension de la Gazette du Midi, journal légitimiste le 10 octobre 1870, dissolution de la congrégation des jésuites de Marseille) ; mi octobre, Crémieux se rend à Tours auprès d'Adolphe Crémieux et de Gambetta pour tenter une conciliation[38], mais échoue. Esquiros démissionne, il est remplacé par Marc Dufraisse[39] que les partisans d'Esquiros arrêtent 19 octobre 1870. Esquiros, démissionnaire, continue à gérer le département.

À Marseille, la garde nationale soutient la mairie (modérée) alors que la garde civique soutient la Ligue et Esquiros. L'agitation se poursuivant, Gambetta nomme alors au poste de préfet Alphonse Gent (en remplacement de Delpech) et, au nom du gouvernement provisoire, coupe les ponts avec la ligue du midi[40]. Le premier novembre, la foule s'empare de la Mairie et les membres de la Commission départementale proclament une première « Commune révolutionnaire ». Le lendemain, Gustave Cluseret est nommé Commandant de la Garde Nationale, Clovis Hugues prend la tête de la Légion urbaine et Esquiros prend la tête de la Commission municipale. Ce 2 novembre, Gent est accueilli par une foule bienveillante gare Saint-Charles, mais reçoit, à son arrivée à la préfecture, un coup de revolver au ventre. Cet incident douche les esprits et sonne la fin de cette première commune. La mansuétude de Gent ramène le calme[41]. Crémieux, absent, est en meeting dans l'Isère.

Fin novembre, Gaston Crémieux prend de nouveau contact avec Adolphe Crémieux, alors ministre de la Justice[39]. Le député conseille à Noëmi(e) de calmer son mari[42] ; il songe à lui pour occuper le poste de secrétaire général de la préfecture[43], ce que lui refuse à deux reprises le préfet Gent.

Le temps des Communes[modifier | modifier le code]

Un armistice est signé avec l'Allemagne le 28 janvier 1871. Des élections législatives ont lieu le 8 février 1871. À Marseille, Esquiros est réélu. Gent démissionne outré par les conditions de l'armistice. L'Assemblée nationale élue se réunit à Bordeaux. Une majorité de notables légitimistes et orléanistes est sortie des urnes. Certains républicains considèrent que cette chambre est une émanation des communes rurales et qu'elle est particulièrement réactionnaire. Crémieux est présent à Bordeaux, délégué du journal marseillais L'égalité[Note 13]. Il intervient des tribunes pour saluer Garibaldi, élu, invité à la chambre et qu'empêchent de parler les députés royalistes, qui estiment, à juste titre, qu'étant étranger, son élection est illégale. Le lundi 13 février 1871, le jeune homme conspue ces notables "ruraux" en des termes qui sont restés mémorables[Note 14].

«  Majorité rurale, honte de la France !.  »

La foule des tribunes l'applaudit fortement, jusqu'à couvrir le chahut des députés monarchistes ; plus tard elle se presse vers Giuseppe Garibaldi pour lui rendre hommage, au grand dam du chef de la majorité, Adolphe Thiers, ulcéré par ces débordements. Lors de son ultime procès, cet élément sera déterminant et entraînera la cour martiale à juger Gaston Crémieux avec la plus extrême sévérité[44].

Lors d'une réunion, organisée par Charles Hugo à Bordeaux, il rencontre Victor Hugo, élu à la Chambre, qui démissionne pour protester contre l'éviction de Garibaldi. Le poète note[45]: « Gaston Crémieux était un beau et intelligent jeune homme de trente ans. Il était de la réunion des journalistes qui a eu lieu chez Charles à Bordeaux. Charles l'avait en amitié. »

Le 18 mars, commence l'insurrection de la la Commune parisienne ; le 22 mars 1871, la nouvelle arrive à Marseille des menaces d'Adolphe Thiers, nouveau chef du gouvernement, de désarmer Paris. Gaston Crémieux enflamme le club de l’Eldorado, et court au club de la garde nationale, dénonce Versailles, et réclame qu'on soutienne Paris et la République. Devant la tiédeur du club de la Garde Nationale, Crémieux revient faire patienter l'Eldorado. Le nouveau préfet, l'amiral Paul Cosnier et le général Espivent[Note 15] ordonnent à la Garde Nationale de se rassembler en faveur de Versailles, le maire Jacques-Thomas Bory tente de les en dissuader ; leur appel tombe à plat. Le lendemain 23 mars, le défilé des gardes nationaux, sur le cours Belsunce, dégénère en manifestation où se mêlent garibaldiens, population marseillaise et des restes de la garde civique d'Esquiros. La foule prend sans effusion de sang la préfecture d'assaut. Crémieux marche avec, à ses côtés le jeune Clovis Hugues, qui brandit le drapeau rouge de la république sociale (et sera un temps boulangiste !).

La préfecture est investie et les autorités destituées. Le préfet Paul Cosnier est fait prisonnier[Note 16], le maire démissionné, Espivent en fuite est remplacé par un de ses seconds. Présidée par Crémieux, la commission départementale prend la place du préfet ; elle comprend 12 membres : des Radicaux (Job et Étienne), des membres de l'Internationale (Alérini), de la Garde nationale (Bouchet, Cartoux), et trois délégués du Conseil municipal[Note 17]. L'insurrection victorieuse, Crémieux déclare du haut du balcon de l'Hôtel départemental la solidarité de Marseille avec Paris, appelle la population à maintenir l'ordre et prône la réconciliation. La Commune marseillaise durera quinze jours. Il propose de mettre en liberté l'amiral Cosnier ; la foule et les délégués, dont Edmond Megy[Note 18],[46],[47], s'y refusent.

Les dissensions entre la commune et la commission départementale occupent les trois jours suivants. Le 27 mars, arrivent quatre délégués parisiens : Landeck[Note 19], Amouroux et Albert May dit Séligman. Landeck[Note 20] se met à la tête de la commission, et traite tous les modérés, dont Crémieux, en suspects. L'avocat de pauvres songe un instant à abandonner la lutte, quitte la préfecture pour une villa de la Blancarde. Dans la nuit, il revient assumer son destin[48]. Il parvient à faire libérer un otage, le général Ollivier[49]. Mais le lendemain, le général Espivent de la Villeboisnet, chef des troupes militaires du département, qui a fait refluer ses hommes hors les murs, à Aubagne, proclame - sans raison légale[48] - les Bouches-du-Rhône en état de guerre et se déclare partisan du gouvernement versaillais d'Adolphe Thiers.

Le 28 mars, l’ordre est rétabli dans les autres villes qui se sont érigées en Communes : Lyon, Toulouse, Saint-Étienne, Limoges, Narbonne...

Clovis Hugues

À Marseille, où les luttes internes atteignent leur comble, la commission du département dissout le conseil municipal. Depuis le 25 mars, Crémieux s'oppose en vain à la présence du drapeau rouge sur la préfecture et cherche à lui substituer le drapeau tricolore[50]. Landeck le remplace par un drapeau noir[51]. Crémieux demeure avant tout un républicain, comme le rappelle[52] le député Léonce Rousset[53].

«  dans celle-ci, la discorde régnait déjà. Ses membres, divisés contre eux-mêmes, ne s'entendaient même pas avec leur chef, Crémieux, lequel blâmait l'érection du drapeau rouge et le maintien des autorités comme otages. Ils ne s'entendaient pas davantage avec le conseil municipal, qui essayait de reprendre le dessus et avait fait appel à la Garde nationale pour soutenir son autorité. Et, tandis qu'ils se débattaient dans l'impuissance, les villes voisines demeuraient sourdes à leur appel. Arles avait refusé d'arborer le drapeau rouge et, dans la région, personne ne semblait s'émouvoir. »

Plus grave encore, les chefs d'administrations ont déserté. Ceux du télégraphe, mais aussi les magistrats du parquet, les agents de la force publique... et Crémieux ne peut leur opposer que des proclamations[54]. Enfin, au lieu d'embrigader les troupes garibaldiennes démembrées et désargentées qui sillonnent la ville, il les encourage à la patience et à la modération[55].

Des élections municipales devant être organisées le 5 avril[56] afin de donner une légitimité à la commune, le général Espivent fait marcher ses troupes (de 6000 à 7000 hommes) contre Marseille dès le 3. La lutte s'engage le lendemain ; elle dure toute la journée. Prises en étau entre les marins et les troupes de chasseurs, pilonnées par les canons postés sur la colline de la Garde, le port sous la domination de deux navires de guerre, la ville et la préfecture ne peuvent pas résister longtemps. Les troupes d'Espivent subissent en tout 30 morts et 50 blessés, les insurgés comptent 150 morts environ (et plus de 500 prisonniers)[Note 21].

Crémieux tente de parlementer aux avant-postes de Castellane ; deux bataillons du VIe chasseur fraternisent avec la foule. Les garibaldiens qui défendent la Gare opposent une sérieuse résistance aux troupes du général Espivent. Crémieux croit encore au triomphe de la commune[Note 22]. Après une brève rencontre avec Crémieux, Espivent fait mine de battre en retraite. D'autres soldats fraternisent (nombre d'entre eux seront fusillés[57],[48]), des tirs partent contre les insurgés d'un club légitimiste, situé dans la maison des frères de la doctrine chrétienne, faisant de nombreuses victimes parmi les insurgés. Vers midi, Espivent fait bombarder la cité depuis Notre-Dame de la Garde (ce qui lui vaut le surnom de « Notre-Dame de la Bombarde ») ; après avoir reçu près de 300 obus, la préfecture tombe le 5 avril à 7 heures du matin, après dix heures de combats acharnés. Le lendemain, les troupes d'Espivent défilent au cri de « Vive Jésus ! Vive le Sacré-Cœur ! ». Le couvre feu est imposé à la ville. Principal acteur de la Commune de Marseille, Crémieux refuse de s'enfuir. Il est arrêté dans la nuit du 7 au 8 avril dans le cimetière juif ; selon Prosper-Olivier Lissagaray, il s'était déguisé en femme ; des soldats ne l'auraient pas reconnu et il se serait volontairement découvert devant eux[58]. Son procès commence le 12 juin devant le premier conseil de guerre.

Condamnation et derniers mois[modifier | modifier le code]

Gaston Crémieux est conduit au Fort Saint-Nicolas, puis au château d'If (dans la cellule de Mirabeau[59]),[Note 23], puis de nouveau au fort Saint Nicolas lors du procès[60]. Il retrouve dans cette prison les autres dirigeants de la commune marseillaise, Bouchet, Ducoin, Breton, Pélissier, Duclos, Novi, Nastorg, Hermet, Genetiaux, Chachuat, Éberard et Matheron. Enfermé avec seize de ses camarades dans un cachot en "Demi-lune", il trouve encore le moyen d'en plaisanter dans un de ses poèmes, précisant qu'il ne s'agissait pas d'une lune de miel[61].

Nombre d'entre eux seront acquittés. Mais l'accusation veut un exemple : sept cent neuf questions sont posées au conseil de guerre sur la culpabilité de chacun des prévenus, dont cent soixante-deux concernent Gaston Crémieux[62]. Sept juges d’instruction les harcèlent de questions. Le 28 juin les débats sont clos dans un procès militaire joué d'avance. Pour défense, Crémieux rappelle qu'il n'a prononcé que des paroles de paix.

« Montrez moi ceux que Crémieux a fait fusiller, s'insurge son avocat[52]. »

Le jour même, Crémieux - à qui l'on reconnaît le statut de prisonnier politique - est condamné à mort comme « factieux incorrigible » et « embauchage »[Note 24] ; il est reconduit au fort Saint Nicolas où il reçoit une première visite de son épouse et de ses parents.

Adolphe Crémieux

Peu après sa femme, Noémie, monte à Paris obtenir le soutien d'Adolphe Crémieux. Le député l'attend à la gare de Lyon ; il veut bien la guider dans ses démarches et l'aider à sauver son mari mais il ne veut pas lui pardonner sa conduite dans les événements de Marseille avant d'en connaître le détail ; à trois heures du matin, le vendredi 7 juillet, Crémieux est transféré à sa demande, vers la prison Saint-Pierre dans la cellule autrefois occupée par le brigand Quaranta[Note 25]. Il gagne avec ses camarades, le droit de recevoir de la nourriture de leurs parents et de les voir dans le parloir libre, de rester en promenade dans la cour, de prendre leurs repas en commun, de recevoir des journaux politiques et leur correspondance directement hors de la voie du greffe. La principale souffrance de l'avocat est d'imposer à sa famille un tel déshonneur. Pour autant, il méprise les lâches et ne voudrait pas avoir été prudent. Dans ses impressions de prison, il cite pour en souligner l'indignité l'adage latin :

« felix quem faciunt aliena pericula cautum[63]. »

Trois mois s'écoulent. En août, Noémie perd une de ses filles. Le cinq septembre Clovis Hugues est arrêté à son tour. Dans sa prison, Crémieux écrit une pièce de théâtre en cinq actes en vers intitulée Le Neuf Thermidor ou la mort de Robespierre (Victor Hugo dira de lui[64] à sa veuve « le public aimera ce talent fier et fin », ajoutant que le public saura mesurer la grandeur du succès de ses œuvres à la grandeur du malheur (dont il fut victime)[65]) ; le contempteur de Napoléon III demande sa grâce[66],[67]... en vain. Alors que sa femme retourne à Paris sur demande d'Adolphe Crémieux, la cour de cassation confirme le jugement en appel le 15 septembre. Seul le recours en grâce pourrait le sauver et Noémie retourne à Paris une troisième fois. Crémieux, lui, entame la rédaction de ses mémoires de Prison, écrit quelques poèmes et termine ses Impressions par un émouvant plaidoyer de protestation :

« Qu'ai je fait, qu'ai je voulu faire ? Suis-je coupable envers mon Pays ? Mon être tout entier crie : Non, je suis innocent. »

De Londres, Landeck tente de l'innocenter en revendiquant la responsabilité de la direction politique de la commune[68].

Adolphe Thiers, lui-même d'origine marseillaise, plaide pour la grâce d'Étienne et de Pelissier. Il écrit à la femme de Crémieux : « J’aime beaucoup votre diable de mari. Il est un peu trop poète, mais il a du bon sens et nous ferons quelque chose de lui, aussitôt que ses cheveux auront blanchi » Noémie annonce à Gaston qu'il est sauvé.

Mais Thiers, comme Scarpia, refuse-t-il la grâce[69] ou plus vraisemblablement la demande-t-il [70] ? Il retient quatre jours son dossier à la Présidence[48]. Le 24 novembre, les deux premiers sont sauvés, Crémieux est condamné ; la commission des grâces[Note 26] cède devant l'insistance répétée du général Espivent[Note 27],[48].

« La Commission des grâces s'était montrée impitoyable envers cet homme dont les erreurs avaient été partagées par beaucoup d'autres moins durement châtiés, et qui n'était coupable, au demeurant, d'aucun crime de droit commun, dira Léonce Rousset[52]. »

Le 29 novembre, Crémieux est transféré au fort Saint Nicolas. Il remet son manuscrit au rabbin Israël Vidal[71],[Note 28] et le lendemain, à cinq heures du matin, il écrit une dernière lettre à sa femme et à son fils aîné, Albert, lui recommandant de veiller sur son frère (André) et sa sœur (Caroline). Le 30 novembre 1871, il est fusillé à 7 heures du matin, au champ de tir du Pharo. Il refuse qu'on lui bande les yeux. Au dernier moment, il commande aux soldats sa propre fusillade et les prie (par respect pour ses parents) de ne pas le viser au visage. Ses derniers mots sont[72] :

«  Visez à la poitrine. Ne frappez pas la tête. Feu ! Vive la Répu(blique)... [67] »

La nouvelle connue de son exécution, des milliers de Marseillais, se pressent devant sa maison, au 4, rue de Rome[Note 29]. Le 13 décembre les loges des amis choisis et de la parfaite union font part de leur douleur devant l'exécution de leur ancien vénérable. Le 17 décembre, un défilé organisé par les frères May et Levraut réfugiés aux États Unis, rend un premier hommage à New-York aux fusillés de Paris et de Marseille, dont Ferré et Crémieux.

Après Crémieux[modifier | modifier le code]

Alfred Naquet

La mort de Gaston Crémieux provoque une profonde émotion dans toute la ville mais également à la chambre. Elle est à rapprocher de l'exécution d'un autre communard nîmois, Louis-Nathaniel Rossel, qui eut lieu à Satory. Le 9 décembre suivant leurs morts, le député Francisque Ordinaire (1844 - 1896)[73] est suspendu pour avoir vilipendé la commission des grâces comme étant « une commission d'assassins ». Maurice Rouvier, pour des faits similaires, est condamné à « l'amnistie du dédain ».

Avocat et proche du peuple, animé d'un grand idéal d'éducation, Crémieux a cru jusqu'au péril de sa vie à l'instauration d'une République sociale et universelle. Martyr de la Commune marseillaise, il reste durant de longues années la figure emblématique du mouvement ouvrier de la cité phocéenne car, jamais, il n'a cessé de se battre en faveur de tous les opprimés. Son nom même demeure dangereux ; Gilly la Palud, rédacteur du journal l'Égalité, est condamné en décembre 1871 pour avoir publié sa biographie[74]. L'année suivante, cependant, le bruit court dans les milieux de droite que la mairie de Marseille vote une bourse pour les études d'un de ses fils ; ce qui défrise les légitimistes[75]. Certains réactionnaires n'hésitent pas à se moquer des larmes de la veuve Crémieux comme le fait le polémiste Léonce Dupont par la publication de lettres prétendument « anonymes »[76].

En 1872, Noémie envoie une copie des œuvres de son mari à Victor Hugo, qui lui répond[77] : « Madame, je reçois votre précieux et douloureux envoi. J'avais vu chez mon fils Charles votre vaillant mari. Tous deux sont morts (...) Je mets à vos pieds mon émotion profonde. ». Afin de subsister elle a ouvert, rue Saint-Ferréol, un magasin de vêtements à l'enseigne Aux 3 orphelins[78].

En 1873, Prosper-Olivier Lissagaray met en scène le fantôme de Crémieux dans une pièce de théâtre, La Vision de Versailles[79].

En 1876, le magasin de Noémie fait faillite.

En 1877, le polémiste Léonce Dupont réitère ses attaques. Dans ses mémoires, il dépeint Crémieux comme « un beau brun, au teint mat, à la voix éclatante et vibrante » puis affirme : « C'était un démagogue sans retenue, d'une irrésistible vanité ». Pour la droite française de l'époque, comme pour le journaliste, la mort de Crémieux, juif et franc-maçon, demeure la conséquence logique de son engagement, qu'elle juge naïf voire crapuleux[80].

Le 30 novembre 1878, une manifestation silencieuse réunissant 500 personnes se porte au cimetière Saint-Pierre, vers sa tombe[Note 30]. La cérémonie est autorisée à condition qu'aucun discours ne soit prononcé, et seuls les porteurs de gerbes peuvent pénétrer dans le cimetière[81].

En 1879, Mac-Mahon démissionne et la république devient vraiment républicaine[82]. Noémie fait publier les œuvres posthumes de son époux chez Dentu avec l'aide de Clovis Hugues et d'Alfred Naquet, un autre boulangiste. Leur succès est mitigé, Noémie est déçue. En 1881, elle s'installe rue Marcadet, puis rue Fontaine, à Paris ; elle ouvre un bureau de tabac. Albert devient avocat ; André, publiciste[83].

En 1881, l'ancien préfet de Ledru Rollin, l'avocat aixois, conseiller général et membre du « cercle des proscrit de 1851 », Ernest Brémond[84], publie dans Socialisme et Liberté[85] sa sympathie pour le « vénéré » Crémieux[Note 31].

Le 10 mars 1882, Clovis Hugues présente au théâtre du Gymnase à Marseille sa pièce Le 9 Thermidor ou la Vengeance de Robespierre[86].

En 1886, l'antisémite Édouard Drumont fait courir le bruit que Crémieux a été gracié par Thiers et fusillé sur les seuls ordres d'Espivent[87].

En 1888, l'historien Paul Blondois reconnaît dans son histoire de la Commune, que « la clémence eût pu s'exercer à son égard »[88]. Albert meurt en 1890, il laisse deux enfants, Gaston et Maurice.

En 1900, Clovis Hugues dévoile à Camille Flammarion, une étrange affaire parapsychique renforçant l'idée d'un destin messianique[89].

Le journal L'Humanité, fondé par Jaurès, lui rend régulièrement hommage, notamment en 1907[90]. Un premier hommage « officiel », et tardif, lui est rendu en 1923 par le Parti communiste français et d'autres éphémérides le célèbrent en 1926 et 1928... Un boulevard de Marseille porte son nom, que la municipalité vichyste débaptise le 13 janvier 1941[91]. Le boulevard retrouve son nom le 31 octobre 1944[92]. Gaston, son petit-fils, meurt en déportation à 51 ans, le 15 août 1942.

En 1967, Pierre Vidal-Naquet fonde le Cercle Gaston Crémieux[93].

En 1970, Jean-Claude Izzo écrit dans les colonnes du journal La Marseillaise[94] :

« Son exécution qui fut sans mesure avec son activité politique est une des hontes ineffaçables de la répression anti-populaire après le printemps 1871. »

Adolphe Thiers caricaturé par André Gill

On réévalue aujourd'hui le rôle historique joué par la franc-maçonnerie dans cet épisode ainsi que la responsabilité personnelle de Thiers dans l'exécution de ce jeune avocat. Gaston Crémieux est franc-maçon, affirme Adel Joshua[95], il « pense que Marseille, avec sa forte population ouvrière, peut être un laboratoire social. Il a été vénérable de sa loge, mais il n'a aucune responsabilité maçonnique pendant les événements. Là aussi, la récupération s'effectue a posteriori. Au moment des Communes de Marseille et de Paris, le président du conseil de l'ordre du Grand Orient juge qu'il s'agit d'une « criminelle sédition qui ensanglante la France et déshonore la franc-maçonnerie » ». Crémieux n'est pas soutenu par ses frères au niveau national. « Les dignitaires considèrent que les communards maçons sont des éléments isolés dont la franc-maçonnerie ne peut se réclamer. Certaines loges s'impliquent, mais les plus révolutionnaires feront l'objet de sanctions. La franc-maçonnerie revendique, en revanche, la Commune à partir de 1880, quand les communards sont amnistiés. » Et de conclure : « Quant à Crémieux, il est la seule victime de l'insurrection marseillaise, fusillé sur l'ordre d'Adolphe Thiers[96]. »

Rien n'est moins sûr, la commission des grâces ayant condamné Crémieux en suivant Espivent contre l'avis de Thiers[97]. On trouve cependant le même propos sous la plume de maître Lombard[98] qui, selon les mots de Jean Contrucci, « se mue en procureur, pour chasser la houppette sanglante d'Adolphe Thiers de son dictionnaire et mieux célébrer celui qu'il fit assassiner : le chef de la Commune marseillaise et « avocat des pauvres », Gaston Crémieux »[99].

Le 2 décembre 2011, à l’occasion des 140 ans de la Commune de Marseille, une séance exceptionnelle de reconstitution du procès Crémieux a lieu à l'initiative de l'avocat Roger Vignaud[100] dans la petite salle du tribunal de Marseille (la salle-même du procès historique, la Chancellerie ayant donné son autorisation). Elle réunit pendant deux heures d’audience et de plaidoiries Sylvie Canovas, vice-procureur à Marseille, incarnant l’avocat général, Jean-Pierre Deschamps, ancien président de la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, interprétant le rôle du président du Tribunal militaire, le rôle de l’avocat de Crémieux étant tenu par Sixte Ugolini, ancien bâtonnier de Marseille[101].

L’anniversaire de sa mort est célébré à Marseille par les partis de gauche et d’extrême-gauche. Outre un boulevard marseillais, son nom a été donné à une place et une rue d'Évry, à des rues de Montceau-les-Mines et de Saint-Mitre-les-Remparts, à une rue — et une impasse — à Martigues. Le nom du boulevard Gaston Crémieux de Marseille a été donné par arrêté du 13 janvier 1941, puis après un changement de nom a repris sa dénomination par arrêté du 31 octobre 1944[102].

Gaston Crémieux, écrivain[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Gaston Crémieux tient en trois plaquettes, un monologue[11] en vers publié en 1869, intitulé Robespierre, le 21 janvier 1793[103], et un livre publié à titre posthume par sa veuve. Préfacé d'une lettre de Victor Hugo, ce dernier ouvrage compte les récits de prison (Impressions d'un condamné à mort), treize poèmes (Rimes de prison et Avant les mauvais jours) et une pièce de théâtre, le Neuf Thermidor, quasiment achevée, à laquelle sont ajoutées deux scènes écrites par Clovis Hugues en respectant les indications laissées par Crémieux[104]. Ce travail littéraire, qui a fait l'objet d'études de Roger Klotz, de Pierre-Yves Seraf et de Raymond Huard[11], s'inscrit dans un mouvement d'écrivains communards, dont le rayonnement a su dépasser le cadre politique de la Commune, tels Jules Vallès, Louise Michel, Lissagaray ou Clovis Hugues[105] et fit quelques émules[106].

Mon cadeau de noces (1857)[modifier | modifier le code]

Dédié à sa cousine Léonie Vidal, à son cousin Esdras Crémieux, et à son oncle Hippolyte Vidal, ce texte de 8 pages est un poème de consolation pour la jeune mariée. Imprimé par Baldy et Roger, à Nîmes, il date du 27 juillet 1857 et demeure disponible sur Gallica [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)]. On y trouve ces vers, remarqués par Roger Vignaud :

« Tu t'endors jeune fille et te réveilles femme.
Et lui ne sais-tu pas ce que contient son âme
Et de reconnaissance, et d'amour et de foi.
S'il ne te l'a pas dit : Eh bien ! écoute-moi... »


À l'Italie. Cent vers (1859)[modifier | modifier le code]

Publiée au bénéfice des inondés de la ville de Nîmes, cette plaquette de 11 pages est éditée chez Manlius Salles à Nîmes en 1859 alors que la France vient de conquérir la Lombardie[Note 32]. Conforme - a priori - aux visées impériales, cette diatribe interventionniste se termine sur quelques vers hugoliens :

« Et la France à regret s’empare de ses armes,
Se lève, marche et dit : l’Italie est ma sœur ;
Et sa voix jette au loin le signal des alarmes.
Déjà les opprimés ont essuyé leurs larmes,
Et déjà tremble l’oppresseur. »


En réalité, d'après Pierre-Yves Serraf, les références aux victoires d'Arcole, de Marengo et de Lodi, qui justifient l'intervention, jouent davantage sur le sentiment républicain. Il met en parallèle ces vers avec ceux du premier Robespierre, édités la même année, et souligne que ce dernier texte résonne déjà comme une condamnation de Napoléon III au travers de l'exécution de Louis XVI[107].

Marseillaises. Némésis (1868)[modifier | modifier le code]

Ce tiré à part de trois poèmes, « La cavalcade », « Gandins et cocottes », « Les voix du peuple », édités dans le journal Le Peuple en 1868[Note 33].

Seuls les deux derniers sont réédités dans les œuvres posthumes[Note 34].

Rimes de prison[modifier | modifier le code]

Arthur Rimbaud en 1871

Il s'agit d'un recueil de quatre poèmes[108]. Ces rimes s'ouvrent sur un sonnet intitulé « À ma Noémi[e] ». L'auteur reproche à sa femme de lui avoir promis une visite et de ne pas être venue. L'influence d'Hugo (« Tu t'en vas, c'est la nuit, tu reviens, c'est le jour ! ») et celle de Baudelaire (« une angoisse inconnue prête trop d'amertume à mon repas du soir ») y sont manifestes. Quelques mots un peu grandiloquents et des balancements appuyés (« Les verrous sont plus lourds, la muraille plus nue, la grille plus étroite et l'horizon plus noir. ») en dénoncent les faiblesses. Il s'en dégage cependant une impression de modernité et d'originalité.

Suivent un poème dédié à Clovis Hughes (« Laisse dormir dans leur suaire nos martyrs de la liberté ») auquel il recommande de suivre l'exemple glorieux de leurs prédécesseurs, et un poème daté du 19 octobre 1871, intitulé « À Théodore de Banville », faisant écho à Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs d'Arthur Rimbaud (daté du 15 août 1871). Alors que le jeune poète invite la gloire du moment à substituer la connaissance au faux exotisme et à bâtir une poésie scientifique, Crémieux reproche à Banville ses pitreries et son manque de dignité.

Enfin, un dernier poème, intitulé « Le fort Saint-Nicolas » et daté du 16 août 1871, marque toute la tristesse de sa captivité. Chaque strophe en est scandée alternativement d'un court refrain. Celui-ci s'inverse tout au long du poème. Pour le bien-être des prisonniers, on remplace leurs matelas : « on nous apporte les châlits et l'on nous ôte nos paillasses ! » Mais bientôt ce choix s'avère désastreux car les chevalets hébergent des nids de punaises. « Que l'on emporte les châlits et qu'on nous rende nos paillasses ! », crient les prisonniers avant que l'arrêt de jugement ne les cueille. Alors, la porte s'ouvre… sur l'arrêt dicté par les masses. « Passé le règne du châlit ! Passé le règne des paillasses ! », phrases finales qui résonnent de façon sinistre, mais qui témoignent qu'au cœur de l'été le prisonnier espérait encore en sa libération.

Le Neuf Thermidor[modifier | modifier le code]

Cour de la maison Duplay. Gravure de G. Lenotre (1895)

La pièce en cinq actes et un épilogue est une pièce en vers[109].

Elle s'ouvre sur la maison de Thérésa Cabarrus, à Bordeaux. On y voit Jean-Lambert Tallien, déchiré entre les séductions de la marquise de Fontenay et ses devoirs républicains. L'acte se termine sur l'arrestation de la marquise.

Au deuxième acte, l'action transporte le spectateur dans l'hôtel de Maurice Duplay. On y découvre un Saint-Just plus politique que Robespierre ; Joseph Fouché et Tallien rejetés et méprisés ; ainsi qu'un Maximilien amoureux...

Au troisième acte, le spectateur se retrouve invité à un repas chez Jean-Marie Collot d'Herbois. Il y assiste aux intrigues de Tallien et de Fouché pour dresser Barrère, Collot et Jacques Nicolas Billaud-Varenne contre l'incorruptible. La scène III décide de son sort avec le retournement du Tigre abandonnant Maximilien aux comploteurs et confessant :

« Tout le monde l'estime et personne ne l'aime
Il n'a pas d'ennemi plus cruel que lui-même. »

Le quatrième acte se place à la Convention. Les tractations de couloir se succèdent jusqu'à l'arrestation de Robespierre par le gendarme Merda.

Le cinquième acte est partagé en plusieurs tableaux : à la prison du Luxembourg d'abord, où Joséphine de Beauharnais et Thérésa Cabarrus dévoilent les plans de Tallien ; Robespierre s'y rend et affirme sa volonté de mourir en martyr de la légalité ; à l'Hôtel de Ville ensuite où Robespierre est défiguré, Henriot défenestré. Ce second tableau est entièrement de la plume de Clovis Hughes ainsi que le début de l'épilogue, rue Saint-Honoré.

Avant les mauvais jours[modifier | modifier le code]

Histoire de Monsieur Cryptogame de Rodolphe Töpffer

Le recueil réunit neuf poèmes non datés pour la plupart : « Sous les toits », « Les serments », « À M. M. M. », « Mon amour », « Mes étrennes à L… », « Gandins et cocottes », « Les voix du peuple », « Découragement » et « Le rêve d'une courtisane ». Les cinq premiers ont pour thème un amour souvent malheureux, parfois pour raison pécuniaire, les quatre derniers sont d'inspirations politiques. Le rythme, les images, les scansions semblent profondément influencés par Victor Hugo, décrit dans l'un d'entre eux comme « le plus grand de tous, celui qui plane encore au plus haut de l'exil »

  • « Sous les toits » narre le sort d'un harpiste mourant de faim sous les fleurs.
  • « Les serments » évoquent sous forme de stances une femme infidèle au souvenir de ses lointaines amours.
  • Dans « À M. M. M. », le poète dévoile les raisons de son silence : « Il suffit d'un rayon pour trahir une étoile. »
  • Dans « Mon amour », formé de sept quatrains d'octosyllabes, il décrit son amour dans un jeu de miroir avec sa dédicataire.
  • « Mes étrennes à L… » est daté de janvier 1856. Le poète s'y décrit si pauvre qu'il ne peut offrir de cadeau (un livre de Rodolphe Töpffer) à la destinataire. La seule richesse qu'il peut se permettre de lui offrir est ce poème.
  • « Gandins et cocottes » est un hommage à Victor Hugo et un plaidoyer pour la liberté. Commençant par la dénonciation de la dissolution des mœurs (non par vertu mais par patriotisme), le poème en fait remonter la cause aux écrivailleurs puis dénonce la nation, qui sans murmurer supporte... que la liberté se meurt. On y débusque quelques trouvailles :

« Et tout ce monde beau, d'une beauté factice,
Court la joue empourprée et les cheveux au vent,
Rit, danse, aime, s'enivre au bord du précipice
Si beau que la pudeur, vers ces attraits du vice
Lève ses yeux de vierge et s'éloigne en rêvant. »

  • « Les voix du peuple » (le plus beau et le plus important poème de Crémieux selon Pierre-Yves Serraf[11]) se présente quant à lui sous la forme d'un témoignage. Le poète s'y décrit sous les traits d'un Enfant du peuple, issu d'une obscure famille. Il porte également un message de révolte (Ô peuple, ô majesté, que je souffre à te voir te vautrer dans la boue) et d'espoir par le biais de l'instruction (Pour vaincre, il faut l'idée), dénonçant l'ignorance comme le premier de ses maux.
  • « Découragement » est un cri lancé à Dieu pour qu'il descende de son piédestal et rejoigne le combat des prolétaires. C'est également un appel à la mort dont Crémieux affirme[110] :

« Je ne la fuirais point, j'irais au-devant d'elle ;
Je serai le premier moi-même à la chercher
Comme un amant poursuit son amante et l'appelle ;
Mais, hélas ! je n'ai plus la force de marcher »

  • Enfin, « Le rêve d'une courtisane » se partage en cinq tableaux : La rue, Les deux madeleines, L'orage, La chaumière et Réalité. Ils forment le songe et le réveil d'une demi-mondaine repentante pendant qu'endormie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Albert Naquet donne 1838 dans sa préface aux œuvres posthumes, sans doute pour renforcer le destin messianique de Gaston Crémieux (Œuvres posthumes, p. 1) [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  2. Même si Gaston Crémieux le qualifie d'auguste parent, Adolphe Crémieux et Gaston, tous deux issus de juifs du Pape, ne semble pas entretenir de liens de parenté selon Roger Vignaud (Vignaud 2003, p. 16).
  3. Fernand et Gaston Crémieux n'ont pas la même arrière grand-mère selon l'arbre généalogique de Josué Jacassuya sur Geneanet. [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)]/
  4. Plus précisément, un registre militaire du Gard, cité par Roger Vignaud (Vignaud 2003, p. 20) porte la mention "frère au service".
  5. La date du 10 septembre est donné par Vignaud. D'après le journal de la commune de février 2009, son transfert est officialisé le 10 décembre 1862 [lire en ligne (page consultée le 01/02/2012)].
  6. Il intègre la loge des Amis choisis en septembre 1862 (Vignaud 2003, p. 40) et y devient maître le 21 janvier 1863 (Vignaud 2003, p. 41) et vénérable en 1867 (Vignaud 2003, p. 41). Le journal de la commune donne 1864 [lire en ligne (page consultée le 01/02/2012)].
  7. Adolphe Royannez (1829-1880) dirigea L’Athée (mai-août 1870) imprimé par Gaillet, puis La Voix du Peuple et L'Ami du peuple. On lui doit L'École des jeunes filles, ou lettres d'un athée (1870), La Revendication (brochure politique imprimé à Toulouse chez Savy) et les Loisirs d'un prisonnier. Il est le père de la turbulente Jeanne Royannez, sculptrice, épouse de Clovis Hugues. Le Rationaliste, Volume 5, septième année [lire en ligne (page consultée le 05/01/2012)].
  8. Vignaud affirme que Crémieux défend une dame Bonefoy (Vignaud 2003, p. 31) dont Le journal le Mémorial d'Aix semble infirmer ces dires [lire en ligne (page consultée le 30 janvier 2012)]..
  9. Crémieux initie Gambetta dans la loge de La réforme, où se retrouvent Rouvier, Naquet et Esquiros (d'après André Combes, Maçonnerie et Radicalisme [lire en ligne (page consultée le 05/01/2012)].
  10. Selon Roger Vignaud, (Vignaud 2003, p. 64) Gaston Crémieux est devenu l'un des leaders de la gauche marseillaise après les législatives de 1869.
  11. Dans une autobiographie éditée par Fernand Xau,Émile Zola précise qu'il était à Marseille en 1870. Il y a rencontré Esquiros et Gaston Crémieux. « Et sa mort me révolte ! », ajoute l'auteur de J'accuse. [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)] ou [lire en ligne (page consultée le 02/01/2012)]. Zola est arrivé à Marseille en septembre et repart pour Bordeaux en décembre d'après l'article "Émile ZOLA vers 1870" du site terresdecrivains.com [lire en ligne (page consultée le 01/02/2012)].
  12. Lors de l'élection du commissaire général de la ligue le 3 oct 1870, Crémieux n'a qu'une voix consultative (Vignaud 2003, p. 101)..
  13. Vignaud doute que Gaston Crémieux ait réellement prononcé ces paroles mais les pointe dans ses articles Vignaud 2003, p. 137-139.
  14. Plusieurs variantes courent de ce discours, notamment : Vous n'êtes qu'une majorité de ruraux ! Majorité rurale, honte à la France ! Mais elle est le plus souvent citée comme nous le faisons de Louise Michel à Georges Duby Voir Jean Marie Chevalier, ""Le Donzeil: un village à travers l'histoire"", p. 163, Editions L'Harmattan, 2000 [lire en ligne (page consultée le 19/12/2011)].
  15. Lissagaray écrit de lui : « une de ces sanglantes caricatures qu’engendrent les guerres civiles sous l’Équateur. Légitimiste obtus, dévot hébété, syllabus articulé, général d’antichambre, ancien membre des commissions mixtes, pendant la guerre chassé de Lille par le peuple indigné de son ineptie et de ses antécédents » (Lissagaray 1929, p. 154, chap.10) [lire en ligne (page consultée le 05/01/2012)]. Le général aurait eu ce mot d'humour : « Gaston Crémieux est de ceux à qui on serre la main avant de les fusiller. » Jean-Bernard, Paroles républicaines , H. Messager (Paris), 1885, p. 88 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  16. Cosnier démissionne sous la pression de la foule. Cette « compromission » lui est reprochée après les événements ; polémique qui le conduit au suicide selon Pierre Henry, Histoire de préfets : cent cinquante ans d'administration provinciale : 1800-1950. Paris : Editions latines, 1950, p.  206 [lire en ligne (page consultée le 05/01/2012)].
  17. Le premier comité de salut public qui devient par la suite la commission départementale provisoire aurait été fondé dans les locaux du journal le Peuple de Gustave Naquet d'après Vincent Wright,Éric Anceau, in Les préfets de Gambetta, p. 331 et allii [lire en ligne (page consultée le 05/01/2012)].
  18. Maxime du Camp brosse ce portait de Megy : « Mégy, que la révolution du 4 septembre avait tiré du bagne de Roulon, où il subissait une peine de quinze ans de travaux forcés, méritée par un assassinat. Ces états de service lui valurent d’être nommé porte-drapeau dans un bataillon de garde nationale ; mais il était rétif à la discipline, souffleta son capitaine et fut, de ce fait, condamné à deux ans de prison. Le 18 mars le délivra. La commune ne pouvait négliger cet homme qui tuait les inspecteurs de police à coups de revolver ; elle en fit une sorte d’émissaire diplomatique et l’envoya prêcher la république universelle à Marseille en compagnie de Gaston Crémieux. » dans Les prisons sous la commune, [lire en ligne (page consultée le 05/01/2012)].
  19. Bernard Landeck, né en Pologne en 1832, venu en France avant l'âge de huit ans. Joallier, il adhère à l'AIT en 1866. Après la Commune, il se réfugie à Londres auprès de Karl Marx. La rumeur lui prêta de vouloir épouser Jenny.
  20. Lissagaray a dit de Bernard Landeck : « Ce n'était en réalité qu'un cabotin de foire, ne doutant de rien, parce qu il ignorait tout. »
  21. Une description très complète de cette journée et un portrait singulier de Crémieux sont donnés par le journaliste satirique Adolphe Perreau Confidences d'un journaliste (sous le pseudonyme de Maxime Rude), A. Sagnier, 1876 p.  274 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  22. Landeck l'affirme dans une lettre au Times après la mort de Crémieux, celui-ci n'était pas un révolutionnaire implacable. Achille Ricker, Jean-André Faucher, Histoire de la franc-maçonnerie en France, Nouvelles Editions Latines 1967, page 353 [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)]/
  23. D'après les récits d'un codétenu, Eberard (Vignaud 2003, p. 177).
  24. L'embauchage consiste à provoquer des militaires à mettre leur crosse en l'air. Ce crime est prévu par l’article 208 du Code de Justice Militaire in L'écho des carrière numéro 42 [lire en ligne].
  25. Quaranta fut décapité en 1868, avec ses compatriotes Nardi et Coda in L'Echo de Fourvière: revue religieuse et politique , 1868 [lire en ligne (page consultée le 02/01/2012)]. Crémieux le cite dans ses œuvres posthumes, page 38.
  26. Louise Michel donne les noms de ses membres  : Louis Martel, président ; Jacques Piou, vice-président ; le comte de Bastard, secrétaire ; Félix Voisin, id. ; Anselme Batbie, Armand-Urbain de Maillé de La Tour-Landry(le comte de Maillé), le comte Duchâtel, Peltereau-Villeneuve, Sacaze, Adrien Tailhand, le marquis de Quinsonnas, Bigot, Merveilleux du Vignau, Paris, Corne. On les retrouve dans le Journal des économistes [lire en ligne (page consultée le 31/12/2011)].
  27. L'insistance du général Espivent de la Villeboisnet qui, à Marseille, commandait l'état de siège, l'emporta auprès de la commission des grâces, dont la décision souleva, au sein même de l'Assemblée nationale, de violentes protestations in Bibliothèque universelle et revue suisse, Volume 4 1903 p. 297 [lire en ligne (page consultée le 31/12/2011)].
  28. Le rabin Vidal était oncle par alliance de Gaston Crémieux [lire en ligne (page consultée le 02/01/2012)].
  29. Il semble que le prefet ait voulu s'emparer des treize registres marquant les témoignages d'amitiés ; d'après Gaston da Costa, La Commune vécue : 18 mars-28 mai 1871. T. 3, Librairies-imprimeries réunies, 1903-1905 p.  260 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  30. On trouve à cette adresse la photographie de sa tombe.
  31. Brémond peut ainsi afficher sa vénération sous l'allusion au titre maçonnique du Vénérable.
  32. Plaidoyer pour la liberté et l'unité italienne, elle est disponible sur Gallica [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)]
  33. Disponible via Gallica [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)]
  34. Disponibles sur edilivre [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Portrait de Gaston Crémieux dans le recueil de la commune
  2. Louise Michel, La Commune , pages 413-415 5[lire en ligne (page consultée le 31/12/2011)].
  3. La fiche de Louis Gaston Isaac Crémieux sur le site geneanet [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  4. L'histoire à travers champs, mélanges offerts à Jean Sagnes, chez Michel Cadé p. 251 (ISBN 2914518234) [lire en ligne].
  5. Alfred Naquet, Notice (Œuvres posthumes, p. 1) [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  6. Vignaud 2003, p. 19.
  7. Vignaud 2003, p. 21.
  8. Vignaud 2003, p. 21, note 31.
  9. Raymond Huard, La préhistoire des partis. Le mouvement républicain en Bas-Languedoc, 1848-1881, Presses Fondation Sciences Politiques, 1982 (ISBN 9782724604597).
  10. Joseph Autran, Milianah Coll. Michel Lévy, 1857 [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  11. a, b, c et d Roger Klotz Gaston Crémieux, écrivain, L’écho des carrières no 47 Directeur de publication Gilbert Montel [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  12. Noémi selon Roger Vignaud, Gaston Crémieux: la Commune de Marseille, un rêve inachevé, Edisud, 2003, 286 p. (ISBN 978-2744904103), Noémie selon Gilbert Larguier, Jérôme Quaretti, La Commune de 1871: utopie ou modernité, Presses universitaires de Perpignan, 2000, 447 p. (ISBN 9782908912876).
  13. Née le 27 janvier 1848 de Jacob Molina (1812-1879) et d'Hortense Baïz [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  14. a et b Acte de mariage sur Claudia.fr, site consacré aux juifs du pape [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  15. Acte de décès d'Armand Crémieux sur le site Claudia.fr consacré aux Juifs du Pape [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  16. Extrait de la notice de Naquet sur Gaston Crémieux reproduite par René Merle [lire en ligne (page consultée le 01/02/2012)].
  17. Vignaud 2003, p. 34.
  18. Vignaud 2003, p. 35.
  19. Vignaud 2003, p. 38.
  20. Jean-Baptiste Nicolaï, Philippe Subrini, La Franc-Maçonnerie marseillaise au XIXe siècle [lire en ligne (page consultée le 05/01/2012)].
  21. L'association phocéenne naît le 13 juillet 1868 (Vignaud 2003, p. 45).
  22. Gaston Crémieux, Marseillaises. Némésis. La Cavalcade. Gandins et Cocottes. Les Voix du peuple [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  23. Renée Dray-Bensousan, Hélène Echinard, Régine Goutalier, Catherine Maran-Fouquet, Eliane Richard et Huguette Vidalou-Latreille, Marseillaises, vingt-six siècles d’histoire, Edisud, Aix-en-Provence, 1999, (ISBN 2-7449-0079-6).
  24. Article de Raymond Huard publié par l'humanité le 20 juillet 2011 [lire en ligne (page consultée le 01/02/2012)]. Un an plus tôt, Gambetta, Ledru-Rollin, Esquiros, Delpech, Amat, Julos Maurel, Rouvier, Sorbier, Sidorc, Pelletan et Tardieu s'étaient présentés sur la Liste de l'égalité et du peuple.
  25. Vignaud 2003, p. 64.
  26. Le procès en réhabilitation de Gaston Crémieux [lire en ligne (page consultée le 29/12/2011)].
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  29. Vignaud 2003, p. 73.
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  31. (Vignaud 2003, p. 80).
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  33. J.-A. Volcy-Boze, Les deux dernières Journées de l'Empire à la préfecture des Bouches-du-Rhône , Imp. phocéenne (Marseille), 1900, p. 31 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  34. Vignaud 2003, p. 90-91.
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  36. Antoine Olivesi, La Commune de 1871 à Marseille et ses origines, M. Rivière, 1950, affirme qu'il est nommé à ce poste.
  37. Proclamation signée par Crémieux et Esquiros le 3 octobre 1870 (Vignaud 2003, p. 101).
  38. Pamphlet anonyme, Une page d'histoire régionale dans les Bouches-du-Rhône, le Var, les Basses-Alpes, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes et l'Hérault : six mois de dictature, Olive, 1875, p. 228 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
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  40. Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon Gambetta du 4 septembre 1870 au 6 février 1871 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  41. Vignaud 2003, p. 118-123.
  42. Pamphlet anonyme, Une page d'histoire régionale dans les Bouches-du-Rhône, le Var, les Basses-Alpes, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes et l'Hérault : six mois de dictature, Olive, 1875, p. 228 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  43. Albert Rogat, Leurs infamies, Albert Rogat 1876, p. 51 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  44. (en) Eleeanor Marx Aveling, History of the Commune of 1871, (traduction de Lissagaray) [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)] et Edgard Zévort, Histoire de la Troisième République", F. Alcan, 1896, p.  276 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
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  46. Roger Vignaud, Gaston Crémieux, Elisud 2003, p. 152.
  47. Lissagaray 1929, p. 154 [lire en ligne (page consultée le 30 janvier 2012)].
  48. a, b, c, d et e Louis Fiaux, Histoire de la guerre civile de 1871 : le gouvernement et l'assemblée de Versailles, la Commune de Paris, Charpentier, 1879 p.  231 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  49. Louis Fiaux, Histoire de la guerre civile de 1871 : le gouvernement et l'assemblée de Versailles, la Commune de Paris, Charpentier, 1879 p.  233 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  50. Vignaud 2003, p. 153.
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  54. Rabatou, Ludovic Legré, La ville de Marseille, l'insurrection du 23 mars 1871 et la loi du 10 vendémiaire an IV, G. Chamereau Paris, 1876, p. 53 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
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  63. Heureux celui que les épreuves d' autrui ont rendu sage, cité par Auguste Geffroy dans La Nemesis divina, manuscrit inédit de Linée, in Revue des Deux Mondes, 1861, T.32 [lire en ligne (page consultée le 10/01/2012)].
  64. Catherine Mayaux, La réception de Victor Hugo au XXe siècle: actes du colloque international [lire en ligne (page consultée le 09/01/2102)].
  65. Roger Vignaud, Gaston Crémieux et la commune de Marseille [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
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  67. a et b Achille Ricker, Jean-André Faucher : Histoire de la franc-maçonnerie en France[lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  68. Le 21 sept 1871, Landeck innocente Crémieux dans une lettre publiée dans le petit Marseillais et dans le courrier de la Gironde Vignaud 2003, p. 228.
  69. Notes de lecture sur le livre de Roger Vignaud, sur le site des amis de la Commune [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  70. Page Thiers sur Rue des Consuls [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)] et Léon Gambetta, Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta. II. 2e partie (19 septembre 1871-24 juillet 1872) Joseph Reinach, G. Charpentier, 1880-1885, p.  191 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  71. Monsieur Vidal était premier ministre officiant du culte israélite à Marseille. Ancien grand rabbin intérimaire ; secrétaire du consistoire, aumônier au lycée et vice président de la Société israélite d'encouragement aux arts et métiers in L'Univers israélite : journal des principes conservateurs du judaisme 1882, p. 341 [lire en ligne (page consultée le 02/01/2012)].
  72. Le petit journal, 2 décembre 1871 [lire en ligne (page consultée le 31 décembre 2011)] et 4 décembre 1871 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  73. Francisque Ordinaire sur le site de l'Assemblée nationale [lire en ligne (page consultée le 02/01/2012)].
  74. Journal des commissaires de police : recueil mensuel de législation, de jurisprudence et de doctrine, 1855-1914, [s. n.], p.  294 [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  75. Edmond Chamaillard, Petite campagne politique , Dufresne, Blois, 1872, p. 15 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  76. Léonce Dupont, La Comédie républicaine, lettres anonymes, E. Dentu, 1872, p. 13-20 [lire en ligne (page consultée le 02/01/2012)].
  77. Victor Hugo, Correspondance, tome III 1872 [lire en ligne].
  78. La Revue de Paris, volume 44, numéro 6, 1937, p. 137.
  79. Lissagaray, La Vision de Versailles, Librairie socialiste, Bruxelles, 1873, p. 13 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  80. Léonce Dupont (1828-1884), Tours et Bordeaux. Souvenirs de la République à outrance, E. Dentu, 1877, p.  278 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  81. Baron de Larcy, Le Sénat et les évènements de Marseille, Olive, 1878, p. 23 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  82. Gambetta s'écrie : « Depuis hier, nous sommes en République », cité par George et Janine Hémeret, L'Histoire des présidents, Éditions Morena, 1998, p. 44 .
  83. Vignaud 2003, p. 238.
  84. Pierre Chabert, Le Cercle des proscrit, article du site 1851.fr [lire en ligne].
  85. Ernest Brémond, Socialisme et Liberté [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  86. Compte-rendu assassin dans La Vedette du 19 mars 1882, p. 112 [lire en ligne (page consultée le 02/01/2012)].
  87. Édouard Drumont, La France juive, C. Marpon et E. Flammarion, Paris, 1886, p.  409 [lire en ligne (page consultée le 07/01/2012)].
  88. Paul Blondois, Histoire de la révolution de 1870-71 et des origines de la Troisième République (1869-1871), A. Picard et Kaan, p.  391 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  89. Camille Flammarion, L'inconnu et les problèmes psychiques : manifestations de mourants, apparitions, télépathie, communications psychiques, suggestion mentale, vue à distance, le monde des rêves, la divination de l'avenir, E. Flammarion, Paris, 1900, p. 76 [lire en ligne (page consultée le 08/01/2012)].
  90. L'Humanité, mars 1907 [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  91. « le nom du boulevard Gaston-Crémieux fut supprimé et remplacé par celui de Sidi-Brahim.» (Vignaud 2003, p. 249).
  92. Vignaud 2003, p. 249.
  93. Richard Marienstras, Une Conscience juive diasporique [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  94. Jean Claude Izzo, articles de la Marseillaise dédicacés à Jean-Pierre Assante [lire en ligne (page consultée le 29/12/2011)].
  95. Joshua Adel, « Sociabilité politique et apprentissage de la démocratie représentative en Franc-maçonnerie à Marseille et en Provence dans les années 1860-1870 », Cahiers de la Méditerranée, 72, 2006 [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  96. Joshua Adel, entretien avec Nicolas Barriquand, « La cité phocéenne abrite une maçonnerie très cosmopolite », L'Express, 24 mars 2009 [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  97. Le 9 décembre, Thiers désavoue publiquement la commission d'avoir ordonné l'exécution de Crémieux (Vignaud 2003, p. 244).
  98. Paul Lombard, Dictionnaire amoureux de Marseille, Plon, 580 p.
  99. Jean Contrucci, « Plaidoyer pour Marseille », sur le site du Nouvel Observateur [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  100. Interview de Roger Vignaud sur LCM conservé sur le site Myreplay [lire en ligne (page consultée le 29/12/2011)].
  101. Compte-rendu du procès de réhabilitation de Gaston Crémieux par Léo Purguette, journal la Marseillaise du 3/12/2011 [lire en ligne (page consultée le 29/12/2011)].
  102. Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille, Marseille, Jeanne Laffitte,‎ 1989, 441 p. (ISBN 2-86276-195-8), p. 116
  103. Gaston Crémieux, Robespierre, le 21 janvier 1793, monologue en vers dédié à Léon Gambetta et Alphonse Esquiros, imprimerie de Jean Doucet, 1869 (16 pages).
  104. Alfred Naquet, « Notice » des Œuvres posthumes de Gaston Crémieux, Paris, E. Dentu, 1879 [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  105. Chansons de la Commune, exposition de la ville de Sceaux, conférence de Laure Godineau [lire en ligne].
  106. Gabriel Ricome, auteur de « J'allais comme je fais souvent par habitude Songeant, à quoi ? à tout à rien, au bien, au mal... » Joies et Douleurs, Rimailles [lire en ligne (page consultée le 09/01/2012)].
  107. Article de l'Écho des Carrières, 47 [lire en ligne (page consultée le 01/02/2012)].
  108. Gaston Crémieux, Les Rimes de prison, dans les Œuvres posthumes de Gaston Crémieux, Paris, E. Dentu, 1879, p. 45-55 [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  109. Gaston Crémieux, Le Neuf Thermidor dans les Œuvres posthumes de Gaston Crémieux, Paris E.Dentu. 1879. p. 56-231 [lire en ligne (page consultée le 01/01/2012)].
  110. Gaston Crémieux, « Découragement », Œuvres posthumes, Dentu, 1879, sur Gallica [lire en ligne (page consultée le 13/01/2012)].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maxime Aubray; Sylla Michelesi, Histoire des évènements de Marseille du 4 septembre 1870 au 4 avril 1871 Marseille, T. Samat, 1872.
  • Gaston Crémieux, Œuvres posthumes, précédées d’une lettre de Victor Hugo et d’une notice par Alfred Naquet, député de Paris, E. Dentu,‎ 1882 (1re éd. 1879) (lire en ligne)
  • Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la commune de 1871. Nouvelle édition précédée d'une notice sur Lissagaray par Amédée Dunois, Libr. du travail, (17, rue de Sambre-et-Meuse) (Paris),‎ 1929 (lire en ligne).
  • Edmond Lepelletier, Histoire de la commune de 1971, t. 3, Mercure de France,‎ 1913 (lire en ligne)
  • Jean Jaurès, Histoire socialiste, p. 374 et suivantes Sur Wikisource.
  • Achille Ricker et Jean André Faucher, Histoire de la franc-maçonnerie en France, Nouvelles Editions Latines,‎ 1967 (ISBN 9782723300636, résumé).
  • L'écho des carrières, journal des juifs du Pape, numéro 42 et 47.
  • Roger Vignaud, Gaston Crémieux – la Commune de Marseille – un rêve inachevé, Edisud,‎ 2003 (ISBN 978-2744904103).

Articles connexes[modifier | modifier le code]