Rhodes

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Rhodes
Ρόδος (el)
Vue satellite de Rhodes
Vue satellite de Rhodes
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Dodécanèse
Localisation Mer Égée (mer Méditerranée)
Coordonnées 36° 10′ 00″ N 28° 00′ 00″ E / 36.166667, 28 ()36° 10′ 00″ N 28° 00′ 00″ E / 36.166667, 28 ()  
Superficie 1 398 km2
Point culminant Mont Attavyros (1 216 m)
Géologie Île continentale
Administration
Périphérie Égée-Méridionale
District régional Rhodes
Démographie
Population 117 007 hab. (2001)
Densité 83,7 hab./km2
Plus grande ville Rhodes
Autres informations
Fuseau horaire UTC+02:00
Site officiel www.rhodes.gr

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Rhodes
Rhodes
Îles de Grèce
Porte d'entrée du palais des Grands-Maîtres, à Rhodes.

Rhodes (en grec ancien Ῥόδος / Rhódos, moderne Ρόδος / Ródos) est une île grecque, la plus grande île du Dodécanèse. Elle est située au sud-est de la mer Égée, à 17,7 km de la Turquie, entre la Grèce et l'île de Chypre. La population en 2004 est estimée à 100 000 habitants.

Rhodes est aussi le nom de la ville principale de l'île. Jumelée avec la ville de Perth, en Australie, elle est peuplée de 50 000 à 60 000 habitants. Elle est le siège d'un évêché orthodoxe, la Métropole de Rhodes.

Le colosse de Rhodes, l'une des sept merveilles du monde, était une statue gigantesque, traditionnellement située à l'entrée du port de la ville de Rhodes.

Mythologie[modifier | modifier le code]

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Hélios est le premier à voir l'île sortir des eaux et la trouve si belle qu'il décide de la prendre sous sa protection. Quelque temps après, une nymphe locale appelée Rhodé donne sept fils et une fille à Hélios. Kerkafos, le second fils, devient père de trois enfants, trois garçons dont les noms sont Kamiros, Ialissos et Lindos, qui créent les trois premières cités de l'île.[réf. souhaitée]

Selon le Catalogue des Vaisseaux, la cité de Lindos fournit neuf navires aux Achéens pendant la guerre de Troie. Ils sont menés par Tlépolème, fils d'Héraclès.

Géographie[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

L'île de Rhodes a la forme d'un fer de lance de 79,7 kilomètres de long pour 38 kilomètres de large. D'une superficie d'environ 1 400 km2, l'île compte approximativement 220 kilomètres de côtes. Rhodes culmine à 1 216 mètres au mont Attavyros. Tandis que les rivages sont rocheux, l'intérieur est constitué de bandes de terres arables où sont cultivés agrumes, vignes, légumes et olives, entre autres.

La ville de Rhodes est située à l'extrémité nord de l'île, c'est-à-dire à l'emplacement des ports commerciaux antiques et modernes. L'aéroport principal[1] est situé 14 kilomètres au sud-ouest de la ville, à Diagoras. Le réseau routier de l'île rayonne depuis la ville.

En dehors de la ville de Rhodes, l'île est parsemée de petits villages et stations balnéaires, dont Faliraki, Lindos, Kremasti, Haraki, Pefkos, Archangelos, Afantou, Koskinou, Embona (Attavyros), Paradisi et Trianta (Ialysos). Le tourisme est la première source de revenus de l'île[réf. souhaitée].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

En termes de flore et de faune, Rhodes est plus proche de l'Asie Mineure que du reste de la Grèce. L'intérieur de l'île est montagneux, peu habité et couvert de forêts de pins et de cyprès. L'île abrite des cerfs communs de Rhodes. La vallée de Petaludes (« vallée des papillons » en grec) accueille en été un grand nombre de papillons de la famille des Arctiidaes, telle l'Écaille chinée. De plus, l'hespérie de Lederer (Thymelicus hyrax) est signalé dans cette île.

Tremblements de terre[modifier | modifier le code]

Rhodes a subi de nombreux séismes au cours de son histoire. Parmi les plus importants, on peut noter celui de -226 qui a détruit le célèbre colosse de Rhodes, ou celui du 3 mai 1481 qui a détruit une grande partie de la ville de Rhodes. Dans l'histoire contemporaine, on retient le séisme très important qui a frappé l'île le 26 juin 1926.

Plus récemment, Rhodes a été frappée par un tremblement de terre d'une magnitude de 6,3 le 15 juillet 2008, causant des dommages mineurs à quelques vieux bâtiments.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Ruines de Camiros

Les Doriens envahirent l'île dès les temps les plus anciens, assimilant les Lélèges et les Pélasges qui y sont mentionnés antérieurement. L'île connut une période de prospérité et de puissance dès la période archaïque. Les antiques appelaient l'île Atabyria, à une époque où Zeus est surnommé Atabyrios sur l'île, dont il est la plus ancienne divinité. Les trois principales cités de Rhodes à cette époque étaient : Lindos sur la côte méditerranéenne de l'île, Camiros ou Kamiros et Ialissos sur la mer Égée. Kamiros fut la première à frapper sa monnaie.

En 408 av. J.-C., ces trois cités s'unirent pour former la cité-État de Rhodes.

À la mort d'Alexandre le Grand en 322 av. J.-C., l'île retrouva son autonomie en expulsant sa garnison macédonienne, puis entretint des relations commerciales étroites avec le royaume égyptien des Ptolémées. Sa prospérité économique était très importante : ses vins était exportés jusque dans les cités grecques du Pont Euxin, comme le montrent de nombreux timbres amphoriques.

Pendant les guerres des diadoques, l'île résista à un siège fameux par Démétrios Poliorcète en -305, qu'elle commémora par l'édification du Colosse, détruit par un tremblement de terre en 226 av. J.-C.. La fin du IIIe siècle av. J.-C. et le début du IIe siècle av. J.-C. furent une période d'apogée, la flotte rhodienne exerçant une forte influence dans l'Égée et combattant la piraterie, surtout après l'effacement des Lagides. En 220 av. J.-C., l'île fit la guerre à Byzance, qui voulait établir un péage sur le passage des navires vers la mer Noire[2]. Après la paix d'Apamée, Rhodes devint la principale puissance maritime hellénistique, dominant une partie de l'Asie mineure et des îles de l'Égée ; cette situation provoqua une tension dans ses relations avec Rome, dont elle avait été l'alliée au cours des guerres contre les royaumes hellénistiques.

Rhodes déclina après la fin de la Troisième Guerre macédonienne, au cours de laquelle son attitude lui avait valu l'hostilité de Rome : elle dut renoncer à une partie de ses possessions et fut touchée économiquement par le création du port franc de Délos en -167. En 165 av. J.-C., le traité qu'elle signa avec Rome marque la fin de sa toute-puissance, mais c'est surtout le second tremblement de terre de 142 av. J.-C. qui mit à mal l'état rhodien. La cité de Camiros notamment fut détruite puis abandonnée. Elle sera redécouverte au XIXe siècle et étudiée par des archéologues danois.

Rhodes est dévastée en 42 av. J.-C. par les troupes de Cassius, car la ville avait soutenu César. Rattachée à la province romaine d'Asie (Asie Mineure), l'île passe à l'Empire romain d'Orient lors du partage de l'Empire.

C'est dans cette île que Cicéron viendra rencontrer Molon, pour devenir sénateur romain.

Au Ier siècle, Paul de Tarse évangélisa l'île, qui devint le siège d'un évêché.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Période byzantine[modifier | modifier le code]

Attaquée par les Arabes sous Muʿāwiya en 654, elle fut occupée par eux en 673 et utilisée comme une base pendant le premier siège de Constantinople en 674-678. Sa population s'expatria alors sur le continent, en Anatolie. Après la paix de 678/9 entre l'empire grec et le califat omeyyade, l'île fut rendue à Byzance, ses habitants y revinrent, et elle fut rattachée au thème des Cibyrrhéotes.

Après la prise de Constantinople par les croisés en 1204 et la dislocation de l'empire, l'aristocrate local Léon Gabalas transforme l'île en État indépendant. Sa diplomatie consiste à garder l'équilibre entre Venise et l'empire de Nicée. En 1243, son frère Jean Gabalas lui succède. Les Génois envahissent Rhodes en 1248 mais en sont chassés par les Byzantins deux ans plus tard qui lui rendent le statut de province.

Période hospitalière[modifier | modifier le code]

La cité médiévale de Rhodes avec le Château des Grands Maîtres au fond

Les Hospitaliers débarquèrent sur Rhodes en 1307 et en achevèrent la conquête en 1310. Rhodes devint le siège de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ils garderont l'île jusqu'en 1522. Ils fortifièrent la ville, laissant les impressionnantes murailles actuelles. Dans la partie basse de la cité de Rhodes, le collachion, les Hospitaliers édifièrent le palais du grand maître et les « auberges », résidences organisées par langues et servant aux Hospitaliers venus d'Occident.

Période ottomane[modifier | modifier le code]

Troupes ottomanes au siège de Rhodes

L'île résista à un premier siège en 1480 mené par Mehmet II, avant de tomber aux mains des Turcs de Soliman le Magnifique le 20 décembre 1522, après un siège de cinq mois. Les Hospitaliers s'installèrent à Malte, à l'invitation de Charles Quint. La population grecque rhodienne est placée sous la protection du Patriarche grec de Constantinople selon le système des milliyets en vigueur dans l'Empire ottoman.

Aux XVIe et XVIIe siècles, l'île, qui comptait déjà des juifs Romaniotes, accueillit tant de juifs séfarades rejetés d'Espagne, qu'elle prit le surnom de « petite Jérusalem ». Cette communauté est décrite par Albert Cohen dans ses romans.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la communauté juive rhodienne s'expatria pour raisons économiques, notamment vers l'Anatolie. Au début du XXe siècle, les États-Unis, le Brésil, l'Argentine, l'Afrique du Sud et le Congo belge attirèrent d'autres émigrants, en quête d'opportunités. Parmi les descendants connus de ces juifs séfarades ayant quitté l'île, le couturier belge Olivier Strelli et l'homme politique congolais Moïse Katumbi Chapwe.

En 1912, l'Italie s'empara de l'île et du reste du Dodécanèse qui appartenaient jusqu'alors à l'empire ottoman : le 4 mai 1912, le général italien Giovanni Ameglio (it) s'empare de l'île sans sérieuse résistance[3]. Les lois raciales promulguées par les maîtres italiens, en 1938, et la persécution nazie en 1943, eurent raison, ou presque, des derniers Juifs séfarades de Rhodes.

L'île passa finalement sous souveraineté grecque en 1948.

En 1961, Rhodes partage le Prix de l'Europe avec Schwarzenbeek.

Personnages importants originaires de Rhodes[modifier | modifier le code]

Avant l'ère commune :

Arts et littérature[modifier | modifier le code]

Rhodes est le théâtre d'une grande partie du roman Heather Mallender a disparu de l'écrivain anglais Robert Goddard.

Climat[modifier | modifier le code]

Relevé météorologique de Rhodes
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8,8 8,8 10,1 12,5 15,8 19,9 22,3 22,7 20,5 16,9 13,2 10,4 15,2
Température maximale moyenne (°C) 15,1 15,2 16,8 20 24,2 28,4 30,5 30,7 28,2 24,5 20,1 16,6 22,5
Précipitations (mm) 149 105 75 27 18 2 0 0 5 65 94 157 696
Nombre de jours avec précipitations 15 12 10 7 4 1 0 0 1 6 9 15
Source : Le climat à Rhodes (moyennes mensuelles)


Courbes du climat de Rhodes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'aéroport international de Diagoras, dont le code AITA est « RHO »
  2. Polybe, IV, 45-52
  3. http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/13/11/46/PDF/BocquetRhodes1912.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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