Parc national des Calanques

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Parc national des Calanques
Catégorie UICN II (parc national)
Identifiant 555526853
Emplacement Bouches-du-Rhône (France)
Ville proche Marseille, Cassis
Coordonnées 43° 12′ 34″ N 5° 26′ 57″ E / 43.209471, 5.44921243° 12′ 34″ Nord 5° 26′ 57″ Est / 43.209471, 5.449212  
Superficie 85 km2 (cœur terrestre)
435 km2(cœur marin)[1]
Création Décret n°2012-507 du 18 avril 2012
Administration Parcs nationaux de France
Site web Site du parc national des Calanques

Géolocalisation sur la carte : Bouches-du-Rhône

(Voir situation sur carte : Bouches-du-Rhône)
Parc national des Calanques

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Parc national des Calanques

Le parc national des calanques a été créé le 18 avril 2012 par décret du premier ministre. Il est le dixième parc national de France. Il est situé aux portes de Marseille. Terrestre et marin, le périmètre du cœur de Parc s'étend sur trois communes : Marseille, Cassis, La Ciotat.

Au total, les espaces retenus par l’État s'étendent sur environ 8 500 hectares terrestres et 43 500 hectares marins[1]. Ce vaste espace inclut les falaises Soubeyranes, qui figurent parmi les plus hautes falaises maritimes d’Europe. A proximité se situe le célèbre cap Canaille, lui aussi à l'intérieur du périmètre défini.[2]

Après une douzaine d'années de travaux préparatoires, le projet a été développé pendant trois ans en concertation avec les acteurs locaux par le Groupement d'intérêt public des calanques[3].

Un projet longtemps attendu[modifier | modifier le code]

Situé au sein de la Provence méridionale calcaire, le Parc national comprend des massifs littoraux découpés de calanques, langues de mer pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines de mètres de longueur, des collines infralittorales, ainsi qu’un vaste espace marin incluant des canyons sous-marins reliant le plateau continental aux zones de grands fonds. La dernière version du projet ne comprend plus la rade sud de Marseille ni l'archipel du Frioul ainsi que la calanque de Port Miou, cette décision ayant été prise afin de satisfaire les professionnels du nautisme et les plaisanciers, alors que les représentants des pêcheurs, des cabanoniers, des chasseurs, des plongeurs, des plaisanciers, des grimpeurs craignent de perdre leur liberté. Situés dans une des zones karstiques les plus arides et ventées de métropole, les paysages spectaculaires formés par les falaises monumentales tombant dans la Méditerranée se décomposent en une mosaïque d’habitats abritant de nombreuses espèces patrimoniales, littorales et continentales[4].

Le Parc national sur ce territoire est le fruit d’actions de protection centenaires et d’une forte volonté locale et nationale de pérenniser sa préservation.

Le principal défi sera de garantir l’équilibre, sur ce territoire habité depuis la préhistoire, entre les fragiles patrimoines paysagers, culturels et naturels, et les usages liés à la proximité de l’agglomération marseillaise, deuxième plus grande ville de France.

Son importante partie marine permettra d’assurer au mieux la gestion intégrée d’un littoral au patrimoine très riche et aux multiples usages.

Si la volonté de créer un parc national n'est pas récente, sa nécessité se fait depuis quelques années sentir de manière plus pressante. L'impressionnante biodiversité qui habite ces territoires est en effet aujourd'hui plus que jamais en danger, de même que les vestiges historiques qui s'y trouvent. Parmi les menaces qui contribuent à la détérioration de cet important patrimoine, on compte en premier lieu la surfréquentation terrestre et marine. Les nombreux randonneurs, pêcheurs, plaisanciers et vacanciers qui sillonnent les calanques y laissent des traces de leur passage, qui peuvent se révéler irréversibles (diminution de la diversité florale, régression dans les fonds marins de l'herbier de posidonies…). L'urbanisation des territoires alentours et l'activité humaine accrue ont eu des conséquences à d'autres égards, notamment en termes de pollution marine, mais également dans l'accroissement du nombre d'incendies. La création du parc national des calanques vise à endiguer ces problèmes afin de préserver au mieux le site et son patrimoine.

Panorama des calanques de Morgiou et Sugiton. À l'horizon, le cap Canaille et à son extrémité, le Bec de l'Aigle.

Missions[modifier | modifier le code]

Le parc national a la responsabilité de mettre en place un programme d'aménagement reposant sur des mesures juridiques, techniques et pédagogiques permettant d'assurer la préservation de l'habitat et de la biodiversité[5].

  • prévention et protection contre les incendies, le site des calanques restant très sensible au feu et ayant subi de nombreux incendies ces trente dernières années ;
  • protection de la faune (notamment l'aigle de Bonelli, l'oursin diadème, le mérou ou le molosse de Cestoni) et de la flore (notamment les herbiers de posidonie ou les genêts de Lobel) s'appuyant sur des partenariats avec les professionnels de la pêche et les associations d'usagers ;
  • amélioration de l’accueil des visiteurs tout en prévenant les dégradations, par un balisage et l’aménagement de l’espace ;
  • mise en œuvre d'actions pédagogiques à destination des différents publics visant à améliorer la qualité des eaux marines et des espaces terrestres, à encourager les « éco-gestes », par exemple en matière d’ancrage et de rejets divers.

Comme le prévoit la loi nº 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux [6], le parc inclut deux zones distinctes :

  • une zone de cœur de parc (51 800 hectares), qui s'étend sur les communes de Marseille, Cassis et La Ciotat, et qui concerne la zone protégée où s'applique la réglementation du Parc et bénéficie des moyens d’action, de prévention et de surveillance les plus élevés en France. Il reste ouvert au public. Entrer en cœur de parc permet à un site déjà protégé de bénéficier d’une équipe permanente, chargée d'étudier, d'informer, de surveiller, de réfléchir et d'apporter des solutions en temps réel à chaque nouveau problème rencontré sur le terrain ;
  • une zone d’adhésion (2 630 hectares) qui s'étend sur les communes de Marseille, Cassis et La Penne-sur-Huveaune, correspondant à une zone de solidarité écologique sur laquelle les communes se sont engagées pour promouvoir et développer une politique de développement durable.

Histoire[modifier | modifier le code]

La prise de conscience de la fragilité du site par les habitants remonterait au tout début du XXe siècle avec des manifestations cherchant à empêcher une puissante compagnie de défigurer la calanque de Port-Miou en rasant une partie de sa rive nord.[réf. nécessaire] L'année 1923 voit la création d’un Comité de défense des calanques en vue d'empêcher cette compagnie de dégrader la calanque d'En-Vau en y extrayant du calcaire pour les besoins de l'industrie chimique.[réf. nécessaire] En 1975-1976, l’État a classé la zone terrestre (5 585 ha) et maritime (2 209 ha) des calanques sous l’impulsion des associations[réf. nécessaire], et le site a été considéré éligible pour le programme Natura 2000 sur 7 812 ha en 1996. En 1992 des habitants qui s'opposaient à une tentative d'urbaniser les calanques réclament la création d'un Parc national afin de protéger ce massif.[réf. nécessaire]

Le GIP des calanques a été créé en 1999, avec pour missions d’animer et coordonner les actions de protection en vue de préserver le site classé des calanques, et de préparer la création du Parc national.

Ce sont, au total, 250 réunions d’information et 700 heures de discussion qui ont été organisées par le GIP pour faire comprendre aux usagers des calanques l’intérêt de son classement comme parc national.[réf. nécessaire] En effet, les inquiétudes sont alors vives. Pêcheurs, chasseurs, propriétaires de cabanons, plaisanciers, randonneurs, tous ont des attentes spécifiques concernant les Calanques, et craignent d’être entravés par le nouveau statut juridique du site. La protection de cette partie du littoral est donc le fruit d’un patient travail de dialogue et de compromis[7].

Étapes du projet de Parc national des Calanques[modifier | modifier le code]

20 juin 2010 Présentation de la « version 1 »
11 février 2011 Validation de la « version 2 » puis Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) et Comité Interministériel des Parcs Nationaux (CIPN)
27 juin 2011 Validation de la « version 3 », avec quelques modifications (« version 3.1 »)
Mi-août à mi-octobre 2011 Consultation institutionnelle des « personnes morales associées » sur la « version 3.1 »
17 octobre au 17 novembre 2011 Lancement de l'enquête publique
Décembre 2011 Rédaction du rapport et des conclusions de la commission d’enquête
Janvier 2012 Discussions locales sur l’intégration des observations de la consultation institutionnelle et de la commission d’enquête pour propositions de modifications à la version 3.1
Février-mars 2012 Assemblée générale du GIP pour approbation de la « version 4 » et Passage en CNPN et CIPN pour avis définitifs, et examen du projet de décret et de charte par le Conseil d’État
18 avril 2012 Signature par le premier ministre, François Fillon, du décret no 2012-507 créant le Parc national
4 décembre 2012 Arrêté portant sur la nomination des membres du conseil d'administration du Parc national des Calanques, NOR:DEVL1234459A

Patrimoine naturel et historique[modifier | modifier le code]

La richesse des Calanques réside dans son extraordinaire héritage environnemental et culturel. Ce patrimoine est d’abord visible dans les paysages spectaculaires sculptés dans les falaises calcaires, les criques et les îlots. Le site jouit d’un grand succès auprès des randonneurs et des grimpeurs, et ne compte pas moins de 2500 voies d’escalade. Celles-ci ont notamment servi de terrain d’entraînement au célèbre alpiniste Gaston Rébuffat[8].

Le Parc National des Calanques constitue également un lieu remarquable de protection de la faune et de la flore endémique du littoral provençal ou en voie de disparition. L’on peut citer entre autres, le corb, le mérou, la posidonie, l’aigle de Bonelli, etc[9]. Le statut des Calanques permet également une protection plus efficace du corail rouge contre le pillage en fond marin[10]. En interdisant l’accès à certains endroits, une grande diversité de faune et de flore peut être maintenue.

À travers son patrimoine historique[11], on sait que les Calanques ont été habitées depuis la Préhistoire. En témoigne la célèbre grotte Cosquer, à l'accès immergé, où ont été retrouvées de nombreuses et exceptionnelles peintures rupestres de -37000 à -19000 ans[12]. Toutefois, le patrimoine culturel laissé par les habitants des Calanques prend surtout la forme des cabanons qui bordent le rivage. Ces maisonnettes typiques servent de lieux de villégiature à de nombreux habitants de la région et venir s’y reposer constitue une véritable tradition.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Plaquette de présentation du parc.
  2. Géoportail Site Internet: http://geoportail.fr/url/7FFhM3
  3. Le projet du groupement d'intérêt public (GIP) des calanques..
  4. Rémi Barroux, « Les Calanques, parc national "à la marseillaise" », sur lemonde.fr,‎ 19 avril 2012.
  5. Le projet de Parc national des Calanques..
  6. Loi nº 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux..
  7. Santiago Mendieta, Fernando Ferreira et Sylvain Tesson, Calanques Marseille-Cassis-Cap Canaille, Toulouse, Privat,‎ 2012, p. 102.
  8. Santiago Mendieta, Fernando Ferreira et Sylvain Tesson, Calanques Marseille-Cassis-Cap Canaille, Toulouse, Privat,‎ 2012, p. 54.
  9. Ibid, p. 88-96.
  10. Ibid, p. 130.
  11. L'Histoire des Calanques..
  12. Ibid, p. 28.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]