Parc national des Calanques

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Parc national des Calanques
Image illustrative de l'article Parc national des Calanques
Catégorie UICN II (parc national)
Identifiant 555526853
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Ville proche Marseille, Cassis
Coordonnées 43° 12′ 34″ N 5° 26′ 57″ E / 43.209471, 5.44921243° 12′ 34″ Nord 5° 26′ 57″ Est / 43.209471, 5.449212  
Superficie 85 km2 (cœur terrestre)
435 km2(cœur marin)
Création 18 avril 2012
Visiteurs/an 1,5 à 2 millions/an
Administration Parcs nationaux de France
Site web Site du parc national des Calanques

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Parc national des Calanques

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(Voir situation sur carte : France)
Parc national des Calanques

Le parc national des Calanques est situé en France, aux portes de la ville de Marseille. Espace naturel terrestre et marin, le parc s'étend sur un massif littoral constitué de falaises calcaires, de criques et d'îlots qui constituent des écosystèmes relativement préservés pour de nombreuses espèces vivantes. Ce vaste espace méditerranéen comprend le massif des Calanques, les îles de l'archipel du Riou, le massif de Saint-Cyr et une partie du massif Canaille, qui inclut les falaises Soubeyranes, plus hautes falaises maritimes d’Europe[1].

Depuis plus d'un siècle, le site est fréquenté par les promeneurs, randonneurs et grimpeurs. Il reçoit entre 1,5 et 2 millions de visiteurs chaque année[2]. Il bénéficie du statut de parc national depuis 2012.

Site et situation[modifier | modifier le code]

Au total, les espaces retenus par l’État s'étendent sur environ 8 500 hectares terrestres et 43 500 hectares marins. Le massif montagneux principal s'étend sur plus de vingt kilomètres de côtes sur la mer Méditerranée entre le village des Goudes, quartier du sud-ouest de la ville de Marseille, les commune de Cassis et La Ciotat.

Relief[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Panorama entre Morgiou et Sugiton : roche blanche (calcaire urgonien) et côte fortement découpée (calanques).
Article connexe : Provence calcaire.

Le massif des Calanques est constitué de roches calcaires datant essentiellement du Mésozoïque (250 à 65 millions d'années). Cette roche sédimentaire a été formée sous les mers du Jurassique et surtout du Crétacé, pendant des millions d'années, par l'accumulation de particules minérales et organiques compactées et cimentées entre elles. Les fossiles d'organismes marins (algues, oursins...) témoignent de cette origine marine. Les roches ont ultérieurement émergé, ont subi des mouvements tectoniques de déformation horizontale, puis une longue période d'érosion qui a complètement aplani le relief. Vers 1,5 Ma, un dernier mouvement tectonique surélève toute la région, suivi d'une nouvelle période d'érosion[3],[4].

Le nord de Marseilleveyre et le massif de Carpiagne sont constitués des roches les plus anciennes (Jurassique). Dans la majorité du massif et des îles, on trouve le calcaire urgonien (blanc, constitué en mer tropicale peu profonde), mais aussi quelques zones de calcaire valanginien, datant du Crétacé. À l'est de Cassis, le massif de Canaille est constitué de roche récifale et deltaïque datant de la fin du Crétacé[5].

À plus petite échelle, le découpage du littoral sous forme de dizaines de calanques a été causé par l'érosion des cours d'eau, creusant des vallons jusqu'au débouché à la mer, et aux variations ultérieures du niveau de la mer[3].

La roche calcaire très fissurée et des phénomènes karstiques ont formé un nombre important de grottes et cavités souterraines (Saint-Michel d'Eau douce), rivières souterraines (Port-Miou, Sugiton)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Si les traces archéologiques sont rares, la présence de l'homme est certaine sur l'actuel littoral marseillais, du Paléolithique inférieur (1,5 million à 100 000 ans BP) jusqu'au Néolithique[6].

La grotte des Trémies a révélé les plus anciennes traces humaines dans les Calanques, rattachées à la culture de l'homme de Néandertal : un foyer « pré-moustérien » (probablement avant 300 000 ans BP), avec des traces d'habitat, des silex et outils taillés par petits éclats[6],[7].

La grotte Cosquer a révélé des mains négatives vieilles de 27 000 ans. Des peintures et sculptures ultérieures, et quelques outils (lampe), sont datées de 18 000 ans (époque du Solutréen)[8]. Ces hommes vivant de chasse, pêche et cueillette, étaient installés aux pieds des falaises, alors que le niveau de la mer étaient plus bas et le littoral éloigné d'une quinzaine de kilomètres. Les figures préhistoriques représentent des chevaux, bouquetins, chamois, bisons, aurochs, cerfs, antilopes, félin mais aussi quelques espèces marines dont le pingouin et le phoque, qui témoignent du climat extrêmement froid lors la dernière période glaciaire.

Les traces sont plus nombreuses pour les époque plus récentes. L'abri du Puits de Sormiou a révélé des outils magdaléniens[6]. Sur l'île de Riou, des traces d'habitation humaine (poterie, outils, coquillages) datées d'environ 8 000 ans (Néolithique) attestent de l'occupation du site, qui à cette époque formait encore une presqu'île reliée au massif de Marseilleveyre. Les hommes y vivaient principalement de la pêche. Avec la montée du niveau de la mer, le massif du Riou cesse d'être accessible à pied à l'âge du bronze (vers 2000 av. J.-C.).

Antiquité[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de Marseille.

Avant l'arrivée des Phocéens, la région était occupée précédemment par la tribu des Segobriges du peuple des Ligures. Aucune trace de leur présence n'a été découverte dans les Calanques, mais des ruines attestent de leur présence en bordure du massif au Ier millénaire av. J.-C. : oppidum Baou Redoun et Baou de Saint-Marcel. Des éléments archéologiques témoignent aussi de la fréquentation de l'île de Riou par des marins ligures et étrusques.

Avec les activités de pêche et de commerce du port antique de Marseille (fondé vers 600 av. J.-C.), de nombreux bateaux naviguaient le long des côtes des Calanques, comme l'attestent les épaves antiques retrouvées sur le littoral. Des carrières étaient exploitées pour la construction des routes romaines et bâtiments, à l'exemple de Port-Miou pour l'extraction de la « pierre de Cassis ». Certains vallons étaient aménagés en exploitations agricoles, fournissant principalement des céréales, mais aussi des fruits, de l'huile (olive) et du vin.

Moyen Âge et époque moderne[modifier | modifier le code]

De l'Antiquité à l'époque moderne, les Calanques sont principalement exploitées pour des activités agricoles et pastorales. Des domaines agricoles importants (comme Luminy) datent peut-être de l'Antiquité. On y cultive des céréales, des légumes supportant la sécheresse (pois), des arbres fruitiers (amandier, olivier) et la vigne.

De nombreux éleveurs faisaient paître des troupeaux, sur les terres et l'île de Riou (dite « l'île aux Chèvres ») et ont certainement contribué à la déforestation du massif et des îles, en incendiant les espaces forestiers pour favoriser les étendues herbeuses (brûlage pastoral). Des vestiges de bergeries attestent de ces anciennes activités.

La pêche et le façonnage du corail, attestés dès l'Antiquité, continuent au Moyen Âge. Les faucons pèlerin de l'île du Riou étaient capturés pour être revendus pour la chasse au vol.

Vers 1300 des tours de vigie sont construites dans les Calanques, afin de signaler dans la cité la présence de pirates (Sarrasins, Aragonais) : sommet de Marseilleveyre, Maïre, Riou, etc.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Calanque habitée de Morgiou

Aux XVIIIe et XIXe siècles, des batteries militaires sont construites sur le littoral et les îles, pour lutter contre la piraterie et principalement les attaques et incursions de la marine anglaise : fortin du cap Morgiou, batterie de Marseilleveyre, du cap Croisette, du Four de Caux, île de Riou[9].

À partir du XIXe siècle, les activités de pêche et de pâturage décroissent progressivement, au profit d'activités industrielles et artisanales : exploitation de pierre, extraction de chaux et ciment, fabrication de charbon de bois. Le cœur du massif est finalement délaissé par les activités humaines. Sur le littoral et le long des routes, des usines chimiques sont construites au début du XIXe siècle (Callelongue, Saména, Goudes) pour la production de soude, plomb, soufre, etc. En 1898 est construit le grand émissaire, déversant les eaux usées de Marseille dans la calanque de Cortiou. Les industries ont progressivement disparu à la fin du XXe siècle, laissant subsister des vestiges (cheminées, ruines) et des friches polluées, parfois transformés en décharges.

À partir du début du XXe siècle, le cœur du massif des Calanques commence peu à peu à être fréquenté par les promeneurs, à l'instigation notamment des Excursionnistes marseillais (1897) et du Club alpin qui font la promotion de ce loisir et aménagent des refuges et sentiers de randonnée. Sur le littoral et dans les calanques habitées, de Cassis aux Goudes, l'activité de pêche artisanale périclite à partir des années 1950, transformant progressivement les hameaux de pêcheur en ports de plaisance et destinations touristiques (cabanons).

Milieu terrestre[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Faune[modifier | modifier le code]

Milieu marin[modifier | modifier le code]

Prairie de posidonie.
Le mérou brun, une espèce protégée

Le relief sous-marin est constitué principalement par deux types d'écosystèmes : le coralligène sur les tombants et l'herbiers à posidonie sur les replats d'érosion.

Près d'une soixantaine d'espèces végétales et animales bénéficient de l'attention des chercheurs ou d'un statut de protection : l'algue verte Caulerpa prolifera, l'algue rouge lithophyllum lichenoïdes, posidonie, corail rouge, dentelle de Vénus, spondyle pied d'âne, datte de mer, grande nacre, triton (charonia lampas). Parmi les crustacés comestibles, la petite cigale de mer et la grande cigale, la grande araignée de mer, la langouste rouge et le homard européen. L'oursin diadème et la figue de mer[3]. La grande patelle semble avoir disparu, en raison de sa récolte excessive.

Certaines espèces de poisson sont menacées : le mérou brun, le corb, le denti, l'hippocampe moucheté[3].

Parmi les espèces parfois rencontrées dans les eaux côtières : des tortues, des dauphins. Le dernier phoque moine des Calanques a été tué vers 1945[3].

Activités humaines[modifier | modifier le code]

Promenade et randonnée[modifier | modifier le code]

Le massif attire toute l'année de nombreux visiteurs et randonneurs grâce au vaste choix de sentiers accrochés entre la mer et les reliefs tortueux. Le GR 51 traverse le massif des Calanques d'ouest en est. Cet espace préservé à proximité de villes importantes concrétise les problèmes de surfréquentation en milieu naturel fragile.

Comme le précise la carte IGN de loisirs « les calanques de Marseille à Cassis », bien qu'en bord de mer, le massif des Calanques présente des risques similaires à ceux d'un terrain de montagne : les chemins sont escarpés, certains passages sont risqués pour un marcheur inexpérimenté, d'autres sont vertigineux et dangereux en cas de mistral (risque de déstabilisation par le vent sur les crêtes). Aucun point d'eau et peu d'ombre existent sur tout le massif.

De la calanque de Callelongue, jusqu'à Cassis, il faut compter 20 km et 11 heures de marche pour un marcheur confirmé sur des sentiers, pour faire toutes les calanques. Les panneaux d'indication sont rares et seules des marques de peinture indiquent les sentiers de randonnée. Seules les calanques de Callellongue, Sormiou, Morgiou sont habitées et accessibles par route. Il est également possible à partir des calanques de Callellongue, Sormiou, Morgiou, Sugiton, de rejoindre les transports publics, exploités par la Régie des transports de Marseille. Cassis étant un point de départ important pour visiter les calanques en partant de Port-Miou.

En raison des risques d'incendie, l'accès aux massifs sensibles de l'ensemble du département des Bouches-du-Rhône est restreint durant l'été (accès limité en période de forte chaleur, interdiction totale en cas de vent, etc.) Chaque année, un arrêté préfectoral définit la durée et la nature des interdictions, qui sont ensuite modulées jour après jour en fonction des conditions météorologiques[10].

Visite en bateau[modifier | modifier le code]

Escalade[modifier | modifier le code]

Falaises de la calanque d'En-Vau.

Les falaises calcaires des Calanques sont un site d'escalade dès la fin du XIXe siècle, marqué par l'ascension en 1879 du sommet de la Grande Candelle par le consul britannique Francis W. Mark. Dès cette époque, elles deviennent un terrain d'entrainement à l'alpinisme pour les Excursionnistes marseillais et la section locale du Club alpin. À partir des années 1900, les lieux reculés sont explorés (Val Vierge, Devenson, Castelvieil) et les principaux sommets et aiguilles sont gravis : rocher des Goudes (1900), aiguille de Sugiton (1903), aiguille de Sormiou (1904). Dans les années 1920 de grandes voies sont ouvertes le long des grandes fissures et des arêtes, telles l’arête de Marseille (1927) ou l’arête de la Cordée (1928)[11].

À partir des années 1930, des voies difficiles sont ouvertes et des alpinistes marseillais comme Édouard Frendo (1910-1968), Gaston Rébuffat (1921-1985), Georges Livanos (1923-2004) s'illustreront dans de célèbres ascensions alpines. Ultérieurement, des voies extrêmement techniques sont ouvertes en escalade artificielle sur des parois sans fissure, notamment à la grotte de l'Ermite, aux toits de Sugiton et à la Concave[12],[11].

À partir des années 1960, c'est l'essor de l'escalade libre avec l'influence de grimpeurs américains (Hemming, Robbins, Harlin) signalée à En-Vau par l'éperon des Américains. À partir des années 1970-1980, de très nombreuses voies sont équipées pour l'escalade sportive et les sites des Calanques deviennent réputés en France et en Europe[11]. Des grimpeurs français s'illustrent dans des voies libres de plus en plus difficiles : à l'exemple de Patrick Edlinger dans Nymphodalle (7c, 1979), jusqu'au neuvième degré avec François Legrand dans Robi in The Sky (9a, 2000). L'équipement de nouvelles voies continue les décennies suivantes, financés par les clubs et collectivités locales. La création du parc national instaure une interdiction d'équiper de nouvelles voies et des mesures de protection de la faune et flore (sentiers d'accès, falaises de nidification)[12],[11].

Avec environ 3 400 voies répertoriées (2 400 sportives et 1 000 d'aventure), des accès faciles et un climat favorable en toutes saisons[13], les Calanques sont aujourd'hui l'un des plus célèbres sites d'escalade en France et en Europe.

Plongée sous-marine[modifier | modifier le code]

Île Maïre, lieu réputé de plongée

Le littoral des Calanques est un lieu réputé pour la plongée sous-marine.

La grotte Cosquer est située au-dessus du niveau de la mer, sous la pointe de Morgiou, mais son entrée est à -37 m de fond, un long boyau remontant vers la grotte. À la suite d'un accident mortel de plongée, cette entrée est interdite. Ses parois sont ornées de peintures et gravures datant de 27 000 à 19 000 ans av. J.-C. et représentent des animaux terrestres (bisons, bouquetins, chevaux…) aussi bien que marins (phoques, pingouins, etc.) L'entrée aujourd'hui immergée était située à près de cent mètres au-dessus du niveau de la mer à l'époque où les dessins et empreintes furent exécutés, pendant la régression marine provoquée par la dernière glaciation.

Devant le massif des Calanques de Marseille, deux épaves romaines ont été fouillées lors d'une des premières grandes campagnes de la Calypso du Commandant Cousteau, au pied de l'îlot du Grand-Congloué. Récemment a été retrouvée au pied de l'île Jarre l'épave du navire qui apporta à Marseille la peste de 1720.

À un demi-mille à l'est de l'île de Riou, devant le massif, l'association Aéro-Relic et la société marseillaise Comex ont en 2003 remonté à la surface l'épave de l'avion militaire de type Lockheed P-38 Lightning du célèbre écrivain-aviateur Antoine de Saint-Exupéry, disparu le 31 juillet 1944 lors d'une mission de reconnaissance préparant le débarquement des Alliés (15 août) sur les côtes de Provence.

Les amateurs de plongée peuvent descendre visiter l'épave du paquebot Liban, échoué contre le tombant de l'île Maïre, à l'extrémité ouest du massif.

Sports nautiques[modifier | modifier le code]

Pêche[modifier | modifier le code]

Résidents[modifier | modifier le code]

Chasse[modifier | modifier le code]

Nuisances et pollutions[modifier | modifier le code]

Gestion et administration du parc[modifier | modifier le code]

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Un projet longtemps attendu[modifier | modifier le code]

Situé au sein de la Provence méridionale calcaire, le Parc national comprend des massifs littoraux découpés de calanques, langues de mer pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines de mètres de longueur, des collines infralittorales, ainsi qu’un vaste espace marin incluant des canyons sous-marins reliant le plateau continental aux zones de grands fonds. La dernière version du projet ne comprend plus la rade sud de Marseille ni l'archipel du Frioul ainsi que la calanque de Port Miou, cette décision ayant été prise afin de satisfaire les professionnels du nautisme et les plaisanciers, alors que les représentants des pêcheurs, des cabanoniers, des chasseurs, des plongeurs, des plaisanciers, des grimpeurs craignent de perdre leur liberté. Situés dans une des zones karstiques les plus arides et ventées de métropole, les paysages spectaculaires formés par les falaises monumentales tombant dans la Méditerranée se décomposent en une mosaïque d’habitats abritant de nombreuses espèces patrimoniales, littorales et continentales[14].

Le Parc national sur ce territoire est le fruit d’actions de protection centenaires et d’une forte volonté locale et nationale de pérenniser sa préservation.

Le principal défi sera de garantir l’équilibre, sur ce territoire habité depuis la préhistoire, entre les fragiles patrimoines paysagers, culturels et naturels, et les usages liés à la proximité de l’agglomération marseillaise, deuxième plus grande ville de France.

Son importante partie marine permettra d’assurer au mieux la gestion intégrée d’un littoral au patrimoine très riche et aux multiples usages.

Si la volonté de créer un parc national n'est pas récente, sa nécessité se fait depuis quelques années sentir de manière plus pressante. L'impressionnante biodiversité qui habite ces territoires est en effet aujourd'hui plus que jamais en danger, de même que les vestiges historiques qui s'y trouvent. Parmi les menaces qui contribuent à la détérioration de cet important patrimoine, on compte en premier lieu la surfréquentation terrestre et marine. Les nombreux randonneurs, pêcheurs, plaisanciers et vacanciers qui sillonnent les Calanques y laissent des traces de leur passage, qui peuvent se révéler irréversibles (diminution de la diversité florale, régression dans les fonds marins de l'herbier de posidonies…). L'urbanisation des territoires alentours et l'activité humaine accrue ont eu des conséquences à d'autres égards, notamment en termes de pollution marine, mais également dans l'accroissement du nombre d'incendies. La création du parc national des Calanques vise à endiguer ces problèmes afin de préserver au mieux le site et son patrimoine.

Panorama des calanques de Morgiou et Sugiton. À l'horizon, le cap Canaille et à son extrémité, le Bec de l'Aigle.

Missions[modifier | modifier le code]

Le parc national a la responsabilité de mettre en place un programme d'aménagement reposant sur des mesures juridiques, techniques et pédagogiques permettant d'assurer la préservation de l'habitat et de la biodiversité[15].

  • prévention et protection contre les incendies, le site des Calanques restant très sensible au feu et ayant subi de nombreux incendies ces trente dernières années ;
  • protection de la faune (notamment l'aigle de Bonelli, l'oursin diadème, le mérou ou le molosse de Cestoni) et de la flore (notamment les herbiers de posidonie ou les genêts de Lobel) s'appuyant sur des partenariats avec les professionnels de la pêche et les associations d'usagers ;
  • amélioration de l’accueil des visiteurs tout en prévenant les dégradations, par un balisage et l’aménagement de l’espace ;
  • mise en œuvre d'actions pédagogiques à destination des différents publics visant à améliorer la qualité des eaux marines et des espaces terrestres, à encourager les « éco-gestes », par exemple en matière d’ancrage et de rejets divers.

Comme le prévoit la loi no 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux [16], le parc inclut deux zones distinctes :

  • une zone de cœur de parc (51 800 hectares), qui s'étend sur les communes de Marseille, Cassis et La Ciotat, et qui concerne la zone protégée où s'applique la réglementation du Parc et bénéficie des moyens d’action, de prévention et de surveillance les plus élevés en France. Il reste ouvert au public. Entrer en cœur de parc permet à un site déjà protégé de bénéficier d’une équipe permanente, chargée d'étudier, d'informer, de surveiller, de réfléchir et d'apporter des solutions en temps réel à chaque nouveau problème rencontré sur le terrain ;
  • une zone d’adhésion (2 630 hectares) qui s'étend sur les communes de Marseille, Cassis et La Penne-sur-Huveaune, correspondant à une zone de solidarité écologique sur laquelle les communes se sont engagées pour promouvoir et développer une politique de développement durable.

Histoire de la création du parc[modifier | modifier le code]

La prise de conscience de la fragilité du site par les habitants remonterait au tout début du XXe siècle avec des manifestations cherchant à empêcher une puissante compagnie de défigurer la calanque de Port-Miou en rasant une partie de sa rive nord.[réf. nécessaire] L'année 1923 voit la création d’un Comité de défense des Calanques en vue d'empêcher cette compagnie de dégrader la calanque d'En-Vau en y extrayant du calcaire pour les besoins de l'industrie chimique.[réf. nécessaire] En 1975-1976, l’État a classé la zone terrestre (5 585 ha) et maritime (2 209 ha) des Calanques sous l’impulsion des associations[réf. nécessaire], et le site a été considéré éligible pour le programme Natura 2000 sur 7 812 ha en 1996. En 1992 des habitants qui s'opposaient à une tentative d'urbaniser les Calanques réclament la création d'un Parc national afin de protéger ce massif.[réf. nécessaire]

Le GIP des Calanques a été créé en 1999, avec pour missions d’animer et coordonner les actions de protection en vue de préserver le site classé des Calanques, et de préparer la création du Parc national.

Ce sont, au total, 250 réunions d’information et 700 heures de discussion qui ont été organisées par le GIP pour faire comprendre aux usagers des calanques l’intérêt de son classement comme parc national.[réf. nécessaire] En effet, les inquiétudes sont alors vives. Pêcheurs, chasseurs, propriétaires de cabanons, plaisanciers, randonneurs, tous ont des attentes spécifiques concernant les Calanques, et craignent d’être entravés par le nouveau statut juridique du site. La protection de cette partie du littoral est donc le fruit d’un patient travail de dialogue et de compromis[17].

Étapes du projet de Parc national des Calanques[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ?
20 juin 2010 Présentation de la « version 1 »
11 février 2011 Validation de la « version 2 » puis Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) et Comité Interministériel des Parcs Nationaux (CIPN)
27 juin 2011 Validation de la « version 3 », avec quelques modifications (« version 3.1 »)
Mi-août à mi-octobre 2011 Consultation institutionnelle des « personnes morales associées » sur la « version 3.1 »
17 octobre au 17 novembre 2011 Lancement de l'enquête publique
Décembre 2011 Rédaction du rapport et des conclusions de la commission d’enquête
Janvier 2012 Discussions locales sur l’intégration des observations de la consultation institutionnelle et de la commission d’enquête pour propositions de modifications à la version 3.1
Février-mars 2012 Assemblée générale du GIP pour approbation de la « version 4 » et Passage en CNPN et CIPN pour avis définitifs, et examen du projet de décret et de charte par le Conseil d’État
18 avril 2012 Signature par le premier ministre, François Fillon, du décret no 2012-507 créant le Parc national
4 décembre 2012 Arrêté portant sur la nomination des membres du conseil d'administration du Parc national des Calanques, NOR:DEVL1234459A

Budget[modifier | modifier le code]

Le Parc national a été autorisé en octobre 2014 [18], « conformément aux demandes des communes concernées », à percevoir la taxe sur les passagers maritimes (7% du prix du billet, dans la limite d'un plafond de 1,63 €) prévue par la loi Barnier de 1995 et jusqu'alors perçue par les seules communes de Marseille (pour 91%) et de Cassis (à hauteur de 9%). Chaque passagers contribue ainsi un peu à la protection de la nature dans le Parc, notamment dans les zones vulnérables et soumis à la pression touristique[19].

Les Calanques dans les arts et la culture[modifier | modifier le code]

La Calanque, 1906, Paul Signac.

Les paysages des calanques, des îles ou des petits ports (Cassis) ont été le motif pour de nombreux peintres depuis le 19e siècle, à l'exemple de Georges Braque, André Derain, Raoul Dufy. Ils ont aussi été source d'inspiration pour des poètes et écrivains, à l'exemple de Frédéric Mistral (Calendal) ou Jean-Claude Izzo.

Les Calanques ont servi de décor pour des films, tels que Le Salaire de la peur (1953) de Clouzot, L'Armée des ombres (1969) de Melville ou Borsalino (1970) de Deray.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carte interactive sur le site du parc
  2. http://www.parcsnationaux.fr/layout/set/fiche/content/view/full/7570
  3. a, b, c, d, e et f Augier 2013
  4. Voir « La Basse Provence calcaire »
  5. D'après carte géologique Collina-Girard, 1996
  6. a, b et c Collina-Girard Jacques, « La grotte Cosquer et les sites paléolithiques du littoral marseillais (entre Carry-le-Rouet et Cassis) », Méditerranée, Tome 82, 1995, p 7-19. lire en ligne
  7. Bonifay Eugène, « Circonscription des antiquités préhistoriques sous-marines », dans Gallia préhistoire, t16, fasc2, 1973, p.530 lire en ligne
  8. « La grotte Cosquer (Cap Morgiou, Marseille, France) : évolution du karst et occupation préhistorique », compte-rendu Académie des sciences..., 1995 lire en ligne
  9. Riou Et Les Calanques Avant 1813
  10. Carte d'accès aux massifs durant la période estivale
  11. a, b, c et d J.-P. Chabrol, « Une brève histoire de l'escalade dans les Bouches-du-Rh%C3%B4ne » lire en ligne
  12. a et b Bernard 2004, p. 22-23
  13. Bernard 2004, p. 4
  14. Rémi Barroux, « Les Calanques, parc national "à la marseillaise" », sur lemonde.fr,‎ .
  15. Le projet de Parc national des Calanques..
  16. Loi no 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux..
  17. Santiago Mendieta, Fernando Ferreira et Sylvain Tesson, Calanques Marseille-Cassis-Cap Canaille, Toulouse, Privat,‎ , p. 102.
  18. Décret du 19 octobre 2014, Journal officiel
  19. Laurent Radisson (2014) Le Parc des Calanques autorisé à percevoir la taxe sur les passagers maritimes, 2014-10-20

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Approche générale 
  • Henry Augier, Les Calanques,‎ (ISBN 978-2-86985-308-9)Document utilisé pour la rédaction de l’article
    description exhaustive (géologie, biologie, histoire humaine, …)
Histoire humaine 
  • Carole Romey, « Histoire des paysages et de l’occupation humaine du massif des Calanques depuis 300 000 ans », thèse de géosciences de l'environnement, 2013 lire en ligne
Activités contemporaines 
  • J.Collina-Girard, La Provence immergée, Plongées à Marseille et ses abords, éditions des Presses du Midi, Toulon, 2012
  • André Bernard & co, Escalade : Les Calanques, 2004 (ISBN 2-9516987-4-7)
  • [PDF] Histoire des Calanques, Bleu Évasion

Création et gestion du parc

  • Valérie Deldrève, Philippe Deboudt, Le Parc national des calanques : Construction territoriale, concertation et usages, Quae, 2012. [1]
  • Marie Goiffon et Jean-Noël CONSALES, « Le massif des Calanques (Marseille–Cassis) et la Pointe des Châteaux (Saint-François, Guadeloupe) », Méditerranée, no 105,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]