Turin

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Turin
Blason de Turin
Héraldique
Drapeau de Turin
Drapeau
Image illustrative de l'article Turin
Noms
Nom italien Torino
Nom piémontais Türìn
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Flag of Piedmont.svg Piémont 
Province Provincia di Torino-Stemma.svg Turin 
Maire Piero Fassino
2011-2016
Code postal 10100
Code ISTAT 001272
Code cadastral L219
Préfixe tel. 011
Démographie
Gentilé torinesi, en italien
turinois, en français
Population 907 108 hab. (30-09-2011[1])
Densité 6 978 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 04′ 00″ N 7° 42′ 00″ E / 45.066667, 7.745° 04′ 00″ Nord 7° 42′ 00″ Est / 45.066667, 7.7  
Altitude Min. 240 m – Max. 715 m
Superficie 13 000 ha = 130 km2
Divers
Saint patron Jean le Baptiste
Fête patronale 24 juin
Localisation

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Turin
Liens
Site web http://www.comune.torino.it/fr/

Turin (Torino en italien - Türìn en piémontais) est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom et de la région du Piémont. Turin fut la capitale des États de Savoie de 1563 à 1720, du royaume de Piémont-Sardaigne de 1720 à 1861 et du royaume d'Italie de 1861 à 1865.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Turin est traversée selon un axe nord-sud par le fleuve , et selon un axe est-ouest par le 45e parallèle. La ville est bordée à l'est par la colline turinoise qui surplombe la ville, et à l'ouest par les Alpes avec le val de Suse.

L'agglomération de Turin compte près de 1 700 000 habitants, tandis que son aire urbaine compte 2 200 000 habitants, ce qui en fait la quatrième plus grande ville d'Italie.

Les activités économiques sont très nombreuses : automobiles et sous-traitance (Fiat), micro-informatique (Olivetti), construction ferroviaire, assurances (Toro, Reale Mutua), banques (San Paolo, CRT), transports routiers, mode et textile (Borbonese, Carlo Pignatelli, Kristina Ti, Fisico, Brooksfield, Jaggy, Kappa, Superga) industrie agroalimentaire et dérivées (Lavazza, Martini) ; ce qui en fait un des poumons économiques de l'Italie. Turin a longtemps constitué avec Milan et Gênes le triangle industriel du pays, maintenant beaucoup plus diffus. Le boom économique (« il miracolo ») des années de l'après-guerre y a été particulièrement puissant (migration intérieure des gens du Sud et de la Vénétie vers le Nord-Ouest).

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Turin est de type subtropical humide (Cfa selon la classification de Köppen), avec comme particularité de forts écarts de température entre l'hiver et l'été qui lui donnent une tendance continentale. La pluviométrie est abondante et atteint un maximum au printemps (et un maximum secondaire au mois d'octobre). En outre, la ville est soumise à la proximité climatique des Alpes et à des vents de foehn.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) −3 −1 2 6 10 14 16 16 13 7 2 −2
Température maximale moyenne (°C) 6 8 13 17 21 25 28 27 23 17 11 7
Ensoleillement (h) 4 4 5 6 6 7 8 7 6 5 4 4
Précipitations (mm) 41 53 77 104 120 98 67 80 70 89 76 42
Humidité relative (%) 75 75 67 72 75 74 72 73 75 79 80 80
Source : http://www.ilmeteo.it/portale/medie-climatiche/Torino


Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

L'histoire de Turin débute au IIIe siècle av. J.-C. quand, le long de la rive du Pô, s'installent les premières tribus celtiques à la recherche des plaines cultivables. Elles sont appelées taurines, d’où le nom de leur première implantation : Taurasia. En 218 av. JC, le petit village, allié de Rome, résiste en vain à l'armée carthaginoise d'Hannibal avec ses fameux éléphants. À l'époque de Jules César, on fait construire la Porta Palatina présente aujourd'hui à côté de la place de la république.

Toute la Gaule cisalpine, dont la cité des Turins, est soumise peu à peu par Rome au cours des IIIe et IIe siècle avant J.-C.

Piazza San Carlo

Turin a été fondée à l'époque romaine par Auguste, sous le nom d'Augusta Taurinorum. Le blason municipal illustre cette origine avec son taureau doré. Après la chute de l'Empire romain, la ville fut conquise par les Lombards, puis par les Francs de Charlemagne (773). Elle est ensuite contrôlée par la dynastie d'Arduin d’Ivrée du milieu du Xe siècle jusqu'à 1050. Après le mariage d'Adélaïde de Suse avec le fils d'Humbert Ier de Savoie, la famille des comtes de Savoie en a pris le contrôle. En 1419, la Savoie annexe l’ensemble du Piémont.

Développement[modifier | modifier le code]

La ville prend son essor en 1563, lorsqu'elle devient la capitale de la Savoie à la place de Chambéry. En 1706, pendant la bataille de Turin, les Français assiègent la ville pendant 117 jours sans la conquérir. Elle devient la capitale du royaume de Sardaigne quand cette île est attribuée au prince du duché de Savoie par le traité de Londres en 1718. Devenue la capitale d'un royaume européen, Turin compte environ 90 000 habitants à l'époque.

De 1802 à 1814, Turin devient le chef-lieu du département du Pô. Au XIXe siècle, après une brève occupation par Napoléon Ier, elle devient en peu de temps une imposante capitale.

Turin va lancer le processus d'unification de l'Italie, grâce à Victor-Emmanuel, roi de la dynastie de Savoie, et Camillo Cavour, personnalité politique qui donne le nom de Risorgimento à ce processus d'unification. Grâce à Giuseppe Garibaldi, les trois hommes vont réussir à unifier l'Italie.

Ainsi, en 1861, Turin est la première capitale du royaume d'Italie, avant de perdre ce rôle en 1865 au profit de Florence, puis de Rome en 1870. En 1871, le tunnel du Fréjus est ouvert, ce qui transforme Turin en un nœud de communication important entre l'Italie et la France. La ville compte alors 250 000 habitants. Quelques-uns des monuments les plus emblématiques de la ville, comme le musée égyptien ou le Mole Antonelliana, sont construits durant cette période.

La ville industrielle[modifier | modifier le code]

Depuis 1899, Turin est le siège historique du constructeur automobile Fiat. L'Exposition universelle tenue à Turin en 1902 est souvent considérée comme le summum de l'Art nouveau et la ville accueille l'Exposition universelle en 1911. À l'époque, Turin passe à 430 000 habitants.

Après la Première Guerre mondiale, les conflits entre les travailleurs et les industriels s'aggravent. Les premières grèves ont lieu ; en 1920, l'usine du Lingotto est occupée. Turin devient un centre industriel important au cours de la première partie du XXe siècle, grâce principalement à l'industrie automobile, de sorte que la ville gagne le surnom de la capitale de l'automobile.

Turin est la cible de bombardements stratégiques des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale et est lourdement endommagé par les raids aériens. La ville est une cible en raison de sa production industrielle, dont Fiat, qui produit des avions, des chars et des automobiles pour l'effort de guerre de l'Axe. Turin n'est conquise par les Alliés qu'au cours de l'offensive du printemps de 1945, et, après une insurrection générale, elle est libérée par les partisans italiens le 25 avril 1945.

Turin moderne[modifier | modifier le code]

Turin vue de Superga

Après la Seconde Guerre mondiale, Turin est rapidement reconstruite et sa base industrielle connaît un développement considérable durant les années 1950 et 1960, ce qui attire des centaines de milliers de migrants venus des régions du sud de l'Italie. En 1957, la ville partage avec Bordeaux le Prix de l'Europe[2]. La population atteint 1 million d'habitants en 1960 et culmine à près de 1,2 million en 1971. Dans les années 1970 et 1980, la crise de l'industrie automobile frappe durement la ville, et sa population commence à décroître fortement, perdant plus d'un quart de son total en 30 ans.

En 2006, Turin accueille les XXe Jeux olympiques d'hiver. Les investissements effectués à cette occasion dans la ville et les infrastructures – tel que le métro – contribuent à la modernisation de Turin.

En 2012, Turin accueille la dix-huitième édition du festival international de chant choral, Europa Cantat.

Monuments et curiosités[modifier | modifier le code]

Le complexe des Résidences de la Maison royale de Savoie à Turin et dans les villes voisines de Rivoli, Moncalieri, Venaria Reale, Agliè, Racconigi, Stupinigi, Pollenzo et Govone a été déclaré patrimoine mondial par l'UNESCO en 1997.

Les palais[modifier | modifier le code]

Les rues[modifier | modifier le code]

  • Le corso Francia, l'avenue la plus longue de Turin,
  • Les rues avec arcades qui totalisent 24 kilomètres de promenades abritées et en font une caractéristique de cette ville au climat alpin,

Les places[modifier | modifier le code]

  • La place Vittorio Veneto, l'une des plus grandes d'Europe (31 000 m2), qui débouche sur l'église de la Gran Madre di Dio,
  • La piazza San Carlo avec la statue équestre d'Emmanuel Philibert, duc de Savoie, sculptée par Carlo Marochetti.
  • Porta Palazzo (la porte palatine). De jour, cette gigantesque place, parmi les plus grandes d'Europe, se transforme pour devenir le plus grand marché à ciel ouvert d'Europe. Porta Palazzo est l'âme ethnique de la ville, où se mélangent aux produits piémontais des senteurs et des goûts venus de toute l'Afrique et de l'Asie,

Architecture civile[modifier | modifier le code]

  • La Mole Antonelliana, haute de 167 mètres, domine la ville de sa silhouette caractéristique. Construite à l'origine pour servir de synagogue, c'est aujourd'hui un musée du cinéma,
  • Turin est une des villes italiennes des cafés historiques : cafés prestigieux, centenaires, bicentenaires, ceux-ci sont un foyer culturel et culinaire, tels que le Mulassano, qui en 1925 fit importer le tramezzino de l'Amérique en Italie, où ce petit sandwich de mie de pain est devenu extrêmement apprécié par les Italiens. Des cafés tels que le Fiorio, ont été fréquentés par d'importantes personnalités culturelles et politiques telles que Friedrich Nietzsche, Mark Twain et Cavour,
  • Le baroque piémontais, c'est-à-dire l'unique exemple (à part l'église Saint-Bruno-les-Chartreux, à Lyon) de baroque au monde où les constructions ne sont pas peintes[style à revoir] : on peut donc voir les briques des constructions, donnant un aspect original aux constructions,
  • Le bourg médiéval dans le parc du . Une reconstitution de village médiéval avec la vision du romantisme du XIXe siècle,
  • Le théâtre Regio, une des plus prestigieuses scènes d'opéra d'Italie,
  • Le Lingotto est une ancienne usine Fiat, transformée en centre commercial et centre de congrès par Renzo Piano. Le Lingotto est célèbre pour sa piste d'essai automobile sur son toit.
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Édifices religieux[modifier | modifier le code]

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Musées[modifier | modifier le code]

Parcs et jardins[modifier | modifier le code]

La fontaine lumineuse du parc du Valentino, en 1961.

Le parc le plus populaire de la ville est le Parc du Valentino. En 1961 pour les célébrations d'Italia 61 (cent ans de l'unité italienne), une exposition internationale bien renommée Flor 61 (Fleurs du monde entier à Turin) se tient dans le parc: 800 exposants de 19 nations participent à cette exposition. Pour l'occasion le projet d'éclairage du parc, de ses fontaines et de ses chemins, est accompli par Guido Chiarelli, ingénieur en chef à la Mairie.

Les autres parcs importants sont : le Parco della Pellerina, le Parco del Colletto et le parc Rignon récent Colonnetti. Autour de la ville, il existe plusieurs autres parcs, comme le parc de la Mandria et le Parco della Palazzina di Caccia di Stupinigi, et ceux situés sur les collines de Turin.

De nombreux parcs sont plus petits, ils se trouvent dans les différents quartiers: il y a aussi 240 terrains de jeux installés dans ces parcs. Le maire Amedeo Peyron a réalisé dans le début des années 1960 le premier jardin en Italie avec des jeux pour les enfants.

Les jardins de Turin comprennent l'Orto Botanico dell'Università di Torino, un jardin botanique historique.

Culture[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Depuis de nombreux siècles, Turin a commencé à attirer les écrivains notamment après la création de la cour du duché de Savoie.

L'un des écrivains les plus célèbres du XVIIe siècle est Giambattista Marino, qui, en 1608, s'installe à la cour de Charles-Emmanuel Ier de Savoie, il y a pourtant subi une tentative d'assassinat par un rival, Gaspar Murtola, et a ensuite été emprisonné pendant un an pour ce qu'il avait dit et écrit contre le duc, et peut-être pour cela, en 1615, il quitta Turin et s'installa en France.

Les principales figures littéraires au cours de l'époque baroque à Turin ont été Emanuele Tesauro et Alessandro Tassoni, puis le poète Vittorio Alfieri qui y a séjourné pendant quelque temps. La situation était très différente dans le XIXe siècle, surtout après que la ville est devenue un point de référence pour l'unification italienne et, ultérieurement, la capitale du Royaume d'Italie. En effet, dans ces années de nombreux écrivains résidaient dans la ville : Tommaseo, Settembrini et John Meadows ou encore Olimpia Savio, une femme majeure de la littérature et de la culture de cette époque

À la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle, Turin accueillait des écrivains comme Guido Gozzano, Edmondo De Amicis et Emilio Salgari et Dino Segre, connu sous le pseudonyme de Pitigrilli.

Turin a un rôle très important dans la littérature italienne après la Seconde Guerre mondiale: il agit comme un catalyseur avec la maison d'édition fondée en 1933 par Giulio Einaudi auprès de laquelle ont travaillé des intellectuels renommés dont Felice Balbo, Norberto Bobbio, Italo Calvino, Cesare Cases, Gianfranco Contini, Oreste del Buono, Carlo Dionisotti, Franco Fortini, Carlo Fruttero, Leone Ginzburg, Natalia Ginzburg, Antonio Giolitti, Franco Lucentini, Massimo Mila, Carlo Muscetta, Cesare Pavese, Giaime Pintor, Vittorio Strada, Franco Venturi, Elio Vittorini[3].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Turin est la ville italienne où le cinéma a été introduit en Italie, en raison de la proximité historique, géographique et culturelle avec le cinéma français et les frères Lumière de Lyon. C'est à Turin, en mars 1896, que les inventeurs ont effectué le repérage du premier tournage d'un film jamais produit en Italie et, en novembre, dans la Via Po, la première représentation devant un public payant.

Certains des premiers films italiens ont d'abord été diffusés à Turin à partir de 1907. Ce fut le cas du film de Giovanni Pastrone, Cabiria, en 1914, l'un des premiers films à succès de l'histoire.

En 1956, le musée national du Cinéma a ouvert, d'abord hébergé dans le Palazzo Chiablese, puis, à partir de 2000, dans le bâtiment de la Mole Antonelliana. Dans les années 1980 un groupe d'universitaires et de critiques de Turin a donné naissance, avec le soutien des autorités locales, au festival du film, qui depuis 1997 a été rebaptisé le « Festival du film de Turin » pour obtenir un point de référence au niveau international, en particulier pour le cinéma expérimental et de la jeunesse, en second lieu après le Festival du film de Venise en Italie.

Se tiennent également dans la ville, le Festival du film gay et lesbien de Turin, le Festival international du cinéma féminin, le Festival du film Sottodiciotto lié aux thèmes de l'adolescence, CinemAmbiente et VIEW Conference, un événement consacré à la réalité virtuelle.

Aujourd'hui, Turin est une des centres principaux du cinéma et de la télévision en Italie.

Arts[modifier | modifier le code]

Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie a permis à Turin de devenir un important tribunal et les ducs avaient l'ambition de transformer la ville en une grande capitale artistique et culturelle. C'est pourquoi un grand nombre d'artistes de grande réputation, en particulier les architectes et les planificateurs, comme Carlo di Castellamonte et son fils Amedeo, Guarino Guarini et, au XVIIIe siècle, Filippo Juvarra et Vittorio Alfieri ont fait construire de beaux bâtiments.

Quant à la peinture et les arts visuels, Turin devient un point de référence, en particulier au XXe siècle. Dans les années 1920 grâce au peintre Felice Casorati, qui a inspiré un certain nombre d'étudiants, appelé le groupe des six de Turin, dont Carlo Levi, Henry Paolucci, Gigi Chessa, Francis Menzio, Nicola Galante et Jessie Boswell. Dans ce courant également, deux artistes importants: le sculpteur Umberto Mastroianni et de l'architecte Carlo Mollino.

Entre les années 1960 et 1970, Turin est devenue le centre international de l'Arte Povera, avec la présence dans la ville d'artistes tels que Alighiero Boetti, Mario Merz, Giuseppe Penone, Piero Gilardi et Michelangelo Pistoletto.

Ces années sont marquées par l'influence artistique forte d'un designer, Armando Testa, le fondateur de l'agence de publicité. Opèrent actuellement dans la ville des artistes établis, comme Ugo Nespolo et Carol Rama.

Un foyer d'idées politiques[modifier | modifier le code]

Portrait d'Antonio Gramsci.

Lors du Risorgimento, la ville de Turin devient le foyer de la lutte pour l'unification italienne. Au début, ce plan a été poursuivi, par un groupe de modérés du Piémont catholique et fidèle à la monarchie: parmi eux se trouvaient Vincenzo Gioberti, Cesare Balbo et Massimo d'Azeglio, convaincus que l'unification de l'Italie serait une fédération dirigée par le pape et par l'armée de Charles-Albert de Sardaigne. Tel était le plan du néo-guelfisme, une pensée politique basée sur l'unification derrière le pape.

Camillo Cavour a repris certaines de leurs idées, mais clairement dans le sens de libéral et progressiste. Il rejetait l'insurrection et la vision démocratique de Giuseppe Mazzini, il était un partisan d'un programme de réformes économiques et sociales qui devait conduire d'abord le Piémont et puis l'Italie, grâce à l'alliance des élites de la péninsule, au niveau des nations avancées. Devenu Premier ministre, Cavour s'oriente vers un système d'alliances avec Napoléon III et l’Angleterre qui conduisent des gouvernements libéraux. Cavour a encouragé la liberté d'association, les sociétés d'aide mutuelle et l'éducation populaire.

Un renouvellement de la pensée libérale est venu avec le nouveau siècle, en raison de la participation massive et accrue à la vie politique et la croissance du mouvement ouvrier, incarnées par Piero Gobetti.

Gobetti condamnait la classe dirigeante libérale qui a conduit au fascisme, tout en se considérant comme l'héritier de la pensée de Cavour. Toutefois, Gobetti incluait le prolétariat et la bourgeoisie dans le moteur du renouveau moral et politique de la nation.

Dans la même ville, immédiatement après la Première Guerre mondiale, Antonio Gramsci, Palmiro Togliatti, Angelo Tasca et Umberto Terracini avait donné naissance au magazine « Le nouvel ordre », qui constituait le noyau du Parti communiste italien en 1921. Ce magazine condamnait les socialistes réformistes, en prenant exemple sur les conseils d'usine soviétique et l'expérience de la ligne de la lutte politique.

Turin a été au centre de la culture politique italienne grâce à l'apport de nombreux intellectuels après la Seconde Guerre mondiale, entre autres, le groupe d'étudiants et de professeurs qui ont servi dans les rangs de la Justice et la Liberté et Parti de l'action, les héritiers de la pensée Gobetti (entre autres, Cesare Pavese, Massimo Mila, Natalia Ginzburg, Alessandro Galante Garrone, Vittorio Foa et Norberto Bobbio).

Éducation[modifier | modifier le code]

Turin abrite l'une des plus anciennes universités d'Italie, l'université de Turin, qui se classe toujours parmi les meilleures universités d'Italie. Une autre université établie dans la ville est l'École polytechnique de Turin, qui se classe parmi les 50 premières universités dans le monde et numéro 1 en Italie[4]. L'école de commerce ESCP Europe, classée parmi les 10 meilleures écoles de commerce en Europe, a également un campus à Turin. Ces dernières années, deux petits établissements de langue anglaise de l'enseignement supérieur ont été ouverts (St. John International University, International University College de Turin).

Économie[modifier | modifier le code]

Fiat 500,(1957)-(2007)

Turin est un centre industriel important où se trouve le siège de l'entreprise automobile FIAT. La ville a un PIB de 58 milliards de dollars et est 78e ville la plus riche en pouvoir d'achat. Bien que la ville ait été incapable de devenir une «ville monde», elle a été classée comme « économiquement efficace ».

Turin est le foyer du complexe industriel du Lingotto, qui fut à une époque la plus grande usine automobile du monde, et abrite aujourd'hui un centre des congrès, une salle de concert, un multiplexe, une galerie d'art, un centre commercial et un hôtel. Les autres grandes entreprises fondées à Turin sont Lancia, Pininfarina, Bertone, Sparco, Italdesign, Ghia, Fioravanti, Stola, Intesa Sanpaolo le grand groupe bancaire, Borbonese et Mialuis dans le cuir, Kristina Ti et Fisico dans le prêt-à-porter, Carlo Pignatelli dans le vêtements de mariage, Kappa dans le sport, Superga, Invicta (1821), Laura Tonatto, Nicolao 1804 et Xerjoff dans le monde de parfums haut de gamme, Lavazza et Vergnano dans le café, Martini & Rossi et les fabriques de chocolat Caffarel, Streglio, Guido Gobino, Domori.

La ville est également connue pour son industrie de l'aéronautique (Alenia). La station spatiale internationale modules Harmony, Columbus, tranquillité, ainsi que la coupole et tous les MPLM ont été produites à Turin. Les projets des futurs lanceurs européens au-delà d'Ariane 5 seront aussi gérés depuis Turin, par la nouvelle société NGL, une filiale d'EADS (70 %) et Finmeccanica (30 %).

Turin est aussi le berceau de quelques-unes des principales entreprises du pays, telles Telecom Italia (télécommunications), la RAI (la télévision), et le cinéma. La plupart de ces industries ont déménagé depuis leur siège dans d'autres parties de l'Italie, Turin conserve encore le musée national du Cinéma (dans le bâtiment du môle d'Antonelli).

Turin s'est aussi imposée comme une destination touristique de plus en plus populaire, soit la 203e dans le monde en 2008, avec environ 240 000 arrivées internationales chaque année. Elle est la 10e destination de l'Italie après Rome, Milan, Venise, Florence, Naples, Palerme, Rimini, Vérone et Gênes.

Diversité nationale[modifier | modifier le code]

Voici un tableau des résidents étrangers à Turin en 2008[5].

Pays de naissance Population
Roumanie Roumanie 47 675
Drapeau du Maroc Maroc 17 532
Drapeau du Pérou Pérou 7 041
Drapeau de l'Albanie Albanie 5 371
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 4 441
Drapeau de l'Égypte Égypte 3 291
Drapeau de la Moldavie Moldavie 2 951
Drapeau des Philippines Philippines 2 713
Drapeau du Nigeria Nigeria 2 645
Drapeau du Brésil Brésil 1 804
Drapeau de la Tunisie Tunisie 1 604
Drapeau de l'Équateur Équateur 1 345
Sénégal Sénégal 1 312
Drapeau de la France France 1 171
Drapeau de l'Espagne Espagne 656
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 637
Drapeau du Bangladesh Bangladesh 592

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

XVIe et XVIIe siècles[modifier | modifier le code]

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Citoyens d'honneur

Résidents notables[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

La station de train Porta Susa.

Sur le plan ferroviaire, la ville de Turin est desservie par trois gares principales : Porta Susa, Torino Lingotto et Porta Nuova qui est la gare principale disposée en terminus. Elle se trouve au débouché de la ligne du Mont-Cenis, qui par le tunnel ferroviaire du Fréjus, relie les réseaux ferroviaires français et italiens Trenitalia, la ville est ensuite reliée au reste du pays par le réseau InterCity (horaire cadencé) et les ETR 500 (trains à grande vitesse).

Turin dispose d'un réseau de tramways. Une ligne de chemin de fer à crémaillère relie le quartier de Sassi à la basilique de Superga. Une ligne de métro automatique de type véhicule automatique léger (VAL) a été inaugurée à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver : elle a d'abord relié la place XVIII Dicembre, près de la gare de Porta Susa, à la périphérie ouest de la ville, avant d'être prolongée jusqu'à la gare de Porta Nuova en 2007 et à la zone du Lingotto en 2011.

Une ligne de train à grande vitesse (TGV) reliant Lyon à Turin via Chambéry, comprenant plusieurs tunnels sous les Alpes, et couplée à une ligne nouvelle de transports de marchandises, est en projet. Elle pourrait être mise en service vers 2020. Par ailleurs, la ligne à grande vitesse Turin-Milan a été mise en service le 13 décembre 2009. Le tronçon entre Turin et Novare a déjà été mis en service en 2005. Cette ligne permet de raccorder Turin au réseau à grande vitesse Milan-Rome. Une ligne est en construction entre Milan et Trieste, à l'est. Pour plus de détails, consultez Treno ad Alta Velocità.

L’aéroport Sandro-Pertini de Turin Caselle, est situé à 16 km au nord du centre ville. Il est relié à la ville par une autoroute (Raccordo Autostradale Torino-Caselle) et par un train.

Sports[modifier | modifier le code]

Turin a accueilli les Jeux olympiques d'hiver du 10 au 26 février 2006.

La ville est également renommée pour ses équipes de football, la Juventus et le Torino FC. La Juventus est l'équipe la plus soutenue en Italie, même si dans la ville et dans le Piémont c'est le « Torino » qui totalise le plus grand nombre de supporters. Les deux équipes sont divisées aussi bien socialement que politiquement : le « Toro » est considéré comme l'équipe rebelle et ouvrière, alors que la « Juve » représente la famille Agnelli et la droite turinoise plus traditionnelle en général.

Le Stadio delle Alpi a été l'un des stades d'accueil pour la Coupe du monde de football de 1990 et il a été démoli en 2006 pour faire place au nouveau stade de la Juventus, la Juventus Arena.

La FISA (Fédération internationale d'aviron) a été fondée à Turin en 1892.

En 1949, dans la catastrophe aérienne de Superga, un avion transportant près de l'ensemble du FC Torino équipe (à cette époque, l'équipe la plus importante en Italie et connue comme la Grande Torino) s'est écrasé dans la basilique de Superga dans les collines de Turin. 31 personnes périrent dans le crash.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Le Bicerin.

Les entreprises de production de chocolat à Turin produisent un chocolat typique, appelée Gianduiotto, du nom de Gianduja, un masque de la Commedia dell'arte locales, ainsi que de nombreux autres types de chocolat. Chaque année, la ville organise CioccolaTò, un festival de deux semaines consacré au chocolat avec les principaux producteurs de chocolat piémontais, comme Caffarel, Streglio, Venchi et autres, ainsi que certaines grandes sociétés internationales, telles Lindt & Sprüngli.

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Turin.

Le maire de Turin est directement élu tous les cinq ans. Piero Fassino, le maire actuel, appartient à la coalition centre-gauche. Turin est divisée en 10 arrondissements qui ne correspondent pas nécessairement aux quartiers historiques de la ville.

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1946 Giovanni Roveda PCI  
1946 1948 Celeste Negarville PCI  
1948 1951 Domenico Coggiola PCI  
1951 1962 Amedeo Peyron DC  
1962 1964 Giovanni Carlo Anselmetti DC  
1964 1965 Luciano Jona PLI  
1965 1968 Giuseppe Grosso DC  
1968 1970 Andrea Guglielminetti DC  
1970 1973 Giovanni Porcellana DC  
1973 1973 Guido Secreto PSI  
1973 1975 Giovanni Picco DC  
1975 1985 Diego Novelli PCI  
1985 1987 Giorgio Cardetti PSI  
1987 1990 Maria Magnani Noya PSI  
1990 1992 Valerio Zanone PLI  
1992 1993 Giovanna Cattaneo Incisa PRI  
1993 2001 Valentino Castellani DS  
2001 2011 Sergio Chiamparino PD  
2011 2016 Piero Fassino PD  
Les données manquantes sont à compléter.

Hameaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hameau italien.
  • Villaretto ;
  • Reaglie ;
  • Cavoretto.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Venaria Reale, Settimo Torinese, Borgaro Torinese, San Mauro Torinese, Collegno, Rivoli, Baldissero Torinese, Grugliasco, Pino Torinese, Orbassano, Pecetto Torinese, Beinasco, Moncalieri, Nichelino, None, Volvera, Piscina, Pinerolo, San Secondo di Pinerolo

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Habitants recensés (en milliers)


Galerie de photos[modifier | modifier le code]

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Jumelages et accords de collaboration[modifier | modifier le code]

La ville de Turin est jumelée avec[7] :

La ville entretient des accords de collaboration avec[8] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.
  2. Source
  3. Severino Cesari, Colloquio con Giulio Einaudi, Torino 2007.
  4. Classement académique des universités mondiales", publié par l'Institute of Higher Education de Shanghai Jiao Tong University, dans l'ingénierie, la technologie et des sciences informatiques
  5. Statistiche demographique fiche ISTAT
  6. ou bien 1765.
  7. Gemellaggi e Accordi
  8. http://www.comune.torino.it/relint/gemellaggieaccordi/index.shtml Gemellaggi e Accordi]

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