LGV Sud-Est

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LGV Sud-Est (LN1)
Ligne de (Paris) Combs-la-Ville à Sathonay (Lyon)
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Carte de la ligne
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Un TGV Sud-Est dans sa livrée orange originale, en 1987, aux alentours de Tonnerre, dans l'Yonne
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Le Creusot TGV,
Mâcon-Loché TGV
Historique
Mise en service 1981 - 1983
Électrification 1981 - 1983
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 752 000
Longueur 409 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

25 kV - 50 Hz

Pente ou rampe maximale 35 ‰
Nombre de voies Double voie
Signalisation TVM 300 (TVM 270 à l'origine)
Trafic
Propriétaire RFF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TGV, Lyria ; Thalys, Eurostar (saisonniers)
Schéma de la ligne

La LGV Sud-Est, ou ligne nouvelle 1 (LN1), est une ligne à grande vitesse française longue de 409 km, reliant les environs de Paris (Combs-la-Ville) aux environs de Lyon (Sathonay). À partir de la gare de Lyon, ou des secteurs ouest/sud-ouest, nord et est, elle dessert principalement et de manière accélérée tout le grand sud-est du pays, mais aussi la Suisse, l'Italie et l'Espagne à l'international. Sa mise en service partielle en 1981, avec l'inauguration du premier tronçon entre Saint-Florentin (Yonne) et Sathonay (Rhône) le 22 septembre, a durablement marqué le renouveau du transport ferroviaire de voyageurs et ouvert le chapitre de la grande vitesse ferroviaire en France.

La LN1 est la première section d'une LGV beaucoup plus longue qui constitue la ligne no 752 000 du réseau ferré national sous la dénomination de « Ligne de Combs-la-Ville à Saint-Louis (LGV) ».

Le tracé[modifier | modifier le code]

La LGV traverse 175 communes situées dans six départements, soit du nord au sud : la Seine-et-Marne, l'Yonne, la Côte-d'Or, la Saône-et-Loire, l'Ain et le Rhône. La compatibilité du TGV avec le réseau classique a permis d'éviter de construire de nouvelles infrastructures en zone urbaine dense, à la sortie de Paris et de Lyon[1]. Le tracé de la ligne nouvelle représente une longueur de 389 km, pour une distance totale de Paris-Gare de Lyon à la gare de Lyon-Part-Dieu égale à 427 km.

Le parcours de la LGV Sud-Est et ses raccordements avec la ligne classique sur le territoire de la région de Bourgogne et le maillage des lignes des régions Bourgogne et Franche-Comté.

Ce tracé direct, qui évite toutes les agglomérations entre Paris et Lyon, notamment Dijon, permet un gain de 84 km par rapport à la ligne historique (511 km). Il ne comporte aucun tunnel, mais admet des rampes allant jusqu'à 35 pour mille (3,5 mètres tous les 100 mètres)[2].

La LGV comporte quatre raccordements avec le réseau classique :

Elle comporte en outre deux raccordements de service au réseau classique, non électrifiés, destinés à l'accès des trains de travaux. Ils se situent à Montereau, et en gare du Creusot TGV.

Elle est jumelée avec l'autoroute A5 sur 60 km et avec la voie express RN 79 Digoin - Mâcon sur 15 km. Sur toute sa longueur, une emprise de 5 m de large a été réservée à la pose d'une artère de télécommunication[2].

Le court tronçon de Combs-la-Ville à la bifurcation de Moisenay (17 km) est devenu une simple section de délestage à partir de 1996 : la plupart des rames empruntent depuis la ligne de Villeneuve-Saint-Georges à la bifurcation de Moisenay, branche ouest de la LGV Interconnexion Est.

Caractéristiques de la ligne[modifier | modifier le code]

La LGV occupe une surface de 1 600 hectares (à titre de comparaison l'aéroport de Roissy occupe 3 200 hectares), soit une largeur moyenne de 40 m. La plate-forme a 13 m de large, avec un entraxe des voies de 4,2 m. Elle a été conçue pour une vitesse nominale de 300 km/h, avec sur le tracé en plan des courbes d'un rayon minimal de 4 000 m[3] (toutefois 7 courbes ont un rayon inférieur, mais de 3 200 m minimum[3]).

Eléments composant la LGV[modifier | modifier le code]

La LGV comporte 17 grands ouvrages d'art, et 780 ouvrages d'art courants. Elle est entourée sur 850 km de clôtures et de caniveaux de signalisation. Ses voies principales mesurent 778 km de long (pour 847 km de voie au total).

La LGV est composée de 116 appareils de voie, de 1,4 million de traverses (soit 1 666 au km), de 3,3 millions de tonnes de ballast et, enfin, de 102 000 tonnes de rails.

La voie est formée de rails type UIC 60 (60,3 kg/m) posés en barres longues de 288 m soudées sur chantier en longs rails soudés (LRS) (sauf sur certains ouvrages d'art). Les traverses en béton d'une longueur de 2,41 m sont du type bi-blocs, formées de deux blochets de béton reliés par une entretoise métallique.

Parmi les 116 appareils de voie, quatre sont franchissables à 220 km/h (aiguillages vers les raccordements d'Aisy et de Mâcon) et soixante-dix-huit à 160 km/h (jonctions entre les deux voies, à raison d'une tous les 20 km). Tous ces appareils sont télécommandés par le PAR (poste d'aiguillage et de régulation) situé près de la gare de Lyon, le PAR étant relayé sur le terrain par dix-huit postes d'aiguillage tout relais à transit souple (PRS) dans lesquels se trouvent notamment les salles de relais.

L'électrification en 25 kV 50 Hz fait appel à huit sous-stations alimentées par Réseau de transport d'électricité (RTE) en 225 kV alternatif. La caténaire est alimentée par un câble feeder en opposition de phase, ce qui équivaut à une alimentation en 50 kV et renforce la puissance disponible, une rame pouvant appeler jusqu'à 14 000 kW. La caténaire, composée de 1 000 km de fil de contact en cuivre, est soutenue par 15 900 supports caténaire.

La signalisation fait appel à des circuits de voie à haute fréquence, les indications étant transmises en cabine, sur le pupitre de conduite. On ne trouve donc sur le bord de la voie que des panneaux indiquant les limites de cantons, mais aucun signal.

Vitesses limites[modifier | modifier le code]

Vitesses limites sur la branche ouest de la LGV Interconnexion Est et sur la LGV Sud-Est[4]
De A Vitesse maxi
Bifurcation de Créteil (PK 0)[précision nécessaire] PK 1,1 140 km/h
PK 1,1 PK 11,6 160 km/h
PK 11,6 PK 18,7 (Bifurcation de Moisenay) 270 km/h
PK 18,7 (Bifurcation de Moisenay) PK 205,5 300 km/h
PK 205,5 PK 226,9 270 km/h
PK 226,9 PK 254,6 300 km/h
PK 254,6 PK 336,7 270 km/h
PK 336,7 Bifurcation de Montanay 300 km/h
Bifurcation de Montanay Bifurcation de Sathonay 270 km/h
Bifurcation de Lieusaint Bifurcation de Moisenay 270 km/h

Gares[modifier | modifier le code]

La LGV comporte deux nouvelles gares de passage :

Ces gares, d'architecture très simple, sont situées à l'écart des agglomérations. Elles comportent deux quais latéraux et quatre voies, les deux voies centrales sont réservées aux trains sans arrêt, les voies latérales étant utilisées au stationnement des trains desservant ces gares.

Historique[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 10 juillet 1967 : lancement par la direction de la Recherche de la SNCF du projet C 03 sur la grande vitesse, intitulé « Possibilités ferroviaires sur infrastructures nouvelles ».
  • 26 mars 1971 : approbation du projet de ligne nouvelle par un comité interministériel.
  • 23 mars 1976 : déclaration d'utilité publique ; le décret est signé par Jacques Chirac, Premier ministre.
  • 7 décembre 1976 : commencement de travaux à Écuisses.
  • 14 juin 1979 : début de la pose des rails près de Montchanin.
  • 20 novembre 1980 : fin de la pose de la voie (jonction des deux chantiers de pose à Cluny).
  • 26 février 1981 : le TGV Sud-Est no 16 établit le record du monde de vitesse sur rail à 380 km/h entre Courcelles-Frémoy et Dyé dans une portion de la LGV en légère descente.
  • 22 septembre 1981 : inauguration du premier tronçon (Saint-Florentin - Sathonay) à Montchanin par le président de la République, François Mitterrand.
  • 27 septembre 1981 : première mise en service commerciale.
  • 25 septembre 1983 : mise en service du tronçon nord (Combs-la-Ville - Saint-Florentin).
  • 13 décembre 1992 : mise en service du tronçon nord de la LGV Rhône-Alpes (de Montanay à Saint-Quentin-Fallavier).
  • 14 décembre 1992 : déraillement sans gravité à 270 km/h d'un TGV Annecy - Paris en amont de la gare de Mâcon-Loché-TGV. Plusieurs personnes qui attendaient sur le quai un TGV Genève - Paris sont légèrement blessées par des projections de ballast[5].
  • 26 mai 1994 : mise en service de la LGV Interconnexion Est (liaison avec la LGV Nord).
  • 18 mars 1996 : début des travaux de rénovation de la LGV Sud-Est (remplacement du ballast et des appareils de voie, travaux prévus pour durer pendant dix ans).
  • 2 juin 1996 : mise en service de la jonction avec Villeneuve Saint-Georges par le triangle de Coubert.
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Travaux de construction de la ligne[modifier | modifier le code]

Lors de la construction 48,1 millions de m3 de matériaux (déblais, remblais, etc.) ont été déplacés.

Projets[modifier | modifier le code]

Une jonction de Troyes à la LGV Sud-Est est étudiée afin de mettre fin à l'enclavement ferroviaire de la ville[6].

La croissance constante du trafic, et l'ouverture de la LGV Rhin-Rhône en décembre 2011 posent le problème de la saturation de la ligne durant les années 2010. Une modernisation de la signalisation est à l'étude afin d'en améliorer la capacité[7]. Toutefois, c'est la réalisation, à long terme, d'une nouvelle ligne à grande vitesse entre Paris et Lyon qui est envisagée en 2010, dénommée officiellement ligne à grande vitesse Paris – Orléans – Clermont-Ferrand – Lyon (LGV POCL), mais souvent mentionnée sous les noms de LN1 bis ou LGV Centre France[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Soulié, Jean Tricoire, Le grand livre du TGV, p. 29
  2. a et b Claude Soulié, Jean Tricoire, Le grand livre du TGV, p. 30
  3. a et b Livre Prodigieux TGV par Mario-Rémi Gonnard, Presses et éditions ferroviaires, p. 40
  4. Renseignements techniques (RT) SNCF/RFF
  5. La Vie du Rail magazine n° 2375 du 24 décembre 1992 page 6.
  6. [PDF] Conseil général de l'environnement et du développement durable - Les liaisons possibles entre Troyes et le réseau ferroviaire à grande vitesse
  7. [PDF] Conseil général de l'environnement et du développement durable - Augmentation de capacité de la ligne à grande vitesse Paris-Lyon, janvier 2005
  8. Site officiel de la LGV POCL

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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