Cité radieuse de Marseille

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Cité radieuse
Terrasse de la cité radieuse
Terrasse de la cité radieuse
Présentation
Période ou style Moderne
Architecte Charles-Édouard Jeanneret-Gris dit Le Corbusier
Date de construction octobre 1947-octobre 1952[1]
Destination initiale Immeuble d'habitation
Protection Logo monument historique Classé MH (1986, 1995)[2]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône (13)
commune Marseille (8e)
Localisation
Coordonnées 43° 15′ 41″ N 5° 23′ 47″ E / 43.26139, 5.39639 ()43° 15′ 41″ Nord 5° 23′ 47″ Est / 43.26139, 5.39639 ()  

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Cité radieuse

L'unité d'habitation de Marseille, connue sous le nom de « Cité radieuse » mais que certains Marseillais nomment familièrement « La Maison du fada »[3], est une résidence édifiée entre 1947 et 1952 par Le Corbusier[1] dans le quartier de Sainte-Anne, dans le 8e arrondissement. Bâtie sous forme de barre sur pilotis (en forme de piètements évasés à l'aspect brutaliste) elle tente de concrétiser une nouvelle forme de cité, un « village vertical » appelé « Unité d'habitation ».

La résidence compte 337 appartements de 23 types différents séparés par des « rues intérieures » (l'appartement « type » est en duplex)[1] et d'un hôtel de 21 chambres. En juin 2013 le gymnase sur le toit est reconverti en lieu d'exposition par Ora-ïto[4].

Réalisation[modifier | modifier le code]

Pour la réalisation de cet immeuble de grande hauteur (IGH), Le Corbusier crée l'Atelier des Bâtisseurs (AtBat), qui regroupe des architectes et des ingénieurs, dirigé par l'ingénieur d'origine russe Vladimir Bodiansky. Les architectes André Wogenscky, Georges Candilis et Jacques Masson collaborent au chantier au sein de cette structure.

Le bâtiment fait 137 mètres de long, 56 mètres de haut et 24 mètres de large[5],[6],[7]. L'ensemble est situé au no 280 du boulevard Michelet de Marseille, cette barre est l'une des cinq unités d'habitation construites par Le Corbusier au cours de sa carrière. À la différence des quatre autres, essentiellement composée de logements, elle comprend également au niveau de sa rue centrale des bureaux et divers services commerciaux (pâtisserie, hôtel, restaurant gastronomique, créche, librairie spécialisée, etc.). Le toit-terrasse de l'unité, libre d'accès au public, est occupé par des équipements publics : la cour de récréation de l'école maternelle, un gymnase, une piste d'athlétisme, une petite piscine pour enfants et un auditorium en plein air.

L'innovation que représentait cette construction a notamment eu pour conséquence de la voir affublée du surnom « la maison du fada » par certains habitants de Marseille car ils trouvaient que ce bâtiment n'était pas normal. Aujourd'hui classée Monument historique par arrêté du [2], la Cité radieuse, immeuble expérimental dès son origine, est de plus en plus visitée par des touristes et ses logements exercent un nouvel attrait auprès d'une population de cadres et de professions intellectuelles.

Un grave incendie a eu lieu à la Cité Radieuse le 9 février 2012[8][9],[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sortie de la Seconde Guerre mondiale, la France a besoin de se reconstruire. À cette époque le manque de logements sociaux est alors un problème auquel il faut apporter rapidement une solution. C’est dans ce contexte que l’État français passe commande à Le Corbusier : la construction d’une unité d'habitation à Marseille. Il lui demande alors de « montrer un nouvel art de bâtir qui transforme le mode d’habitat ». Ainsi, Claudius Petit, du Ministère de la reconstruction, affirme que Le Corbusier « apporte une solution nouvelle à ce problème du logement et transforme l’habitat en un véritable service public » à Marseille.

La Cité radieuse est finalement inaugurée en 1952, après cinq ans de travaux, malgré de nombreuses critiques politiques (le maire de Marseille, alors communiste[réf. nécessaire], s'oppose au gouvernement de Charles de Gaulle) et architecturales (ce « cube de béton » reste encore aujourd'hui critiqué).

Principe architectural[modifier | modifier le code]

Module de deux appartements « type » sur trois étages

Le Corbusier définit le logis comme le contenant « d'une famille ». Ce contenant peut être inséré non pas dans un immeuble traditionnel mais dans une « ossature portante », conçue comme une structure d'accueil. Le Corbusier va définir une cellule de base. Elle va donner naissance à un ensemble de deux cellules orientées Est/Ouest et imbriquées autour d'une rue intérieure. Il aboutit ainsi à un système d'étage courant qui s'organise sur trois niveaux. Entre les cellules de chaque côté du bâtiment se trouvent de larges couloirs. Ils sont conçus comme un espace de circulation et de rencontre entre les habitants. Au dernier étage, un couloir plus grand encore, le déambulatoire, fait face à la mer.

Comme les autres unités d'habitation de Le Corbusier, la Cité radieuse de Marseille est conçue sur le principe du Modulor, système de mesures lié à la morphologie humaine basé sur le nombre d'or et la suite de Fibonacci[11], calculé par le quotient de sa taille (1m83) par la hauteur de son nombril (1m13) qui de 1,619, soit le nombre d'or au millième près. Celui-ci est d'ailleurs illustré par empreinte sur le béton à la base de l'immeuble ainsi que sur un petit vitrail.

Une reconstitution à l'échelle 1 de l'unité d'habitation est visitable à la Cité de l'architecture et du patrimoine. Cet appartement a été réalisé dans le cadre d'un partenariat avec 16 lycées d'enseignement technique et professionnel d'Île de France.

Les autres Cités radieuses[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Unité d'habitation.

Cinq unités d'habitation ont été réalisées sur les mêmes plans, quatre en France et une en Allemagne : Marseille en 1952, Rezé en 1955, Briey en 1961, Firminy en 1967[12] et une cinquième, construite à Berlin en 1957.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Unité d'habitation, Marseille, France, 1945 - Fondation Le Corbusier
  2. a et b « Notice no PA00081373 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Olivier Bertrand, « La saga de la Cité radieuse de Marseille », Libération,‎ 11 février 2012 (lire en ligne)
  4. Marseille : le MaMo, un centre d'art entre ciel et mer - La Provence, 6 mai 2013
  5. La cité radieuse de Marseille - Pierre-Yves Jordan, 2003 [PDF]
  6. Notice Drac/label patrimoine du XXe siècle
  7. marseille-citeradieuse.org
  8. http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/09/france-grave-incendie-a-la-cite-radieuse-du-corbusier-a-marseille_1641498_3224.html
  9. « Grave incendie à la Cité radieuse du Corbusier à Marseille », Le Monde,‎ 9 février 2012 (lire en ligne)
  10. Olivier Bertrand, « La Cité radieuse de Marseille meurtrie par l'incendie », Libération,‎ 10 février 2012 (lire en ligne)
  11. Le Corbusier, le Modulor et la Cité radieuse de Briey - Site du collège Lagneau (voir archive)
  12. Frédérique Rousselle, « La Cité radieuse reprend des couleurs », Libération,‎ 14 octobre 2011 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Sbriglio, Le Corbusier L'Unite d'habitation de Marseille, éd. Birkhaüser, Collection « Corbusier Guides », 2004, 228 p. (ISBN 978-3764367183)
  • Alban Janson, Carsten Krohn, Anja Grunwald, Le Corbusier : Unité d'habitation, Marseille, édition Axel Menges, 2007, 60 p. (ISBN 978-3932565656)
  • Gérard Monnier, Le Corbusier. Les unités d'habitation en France, Belin, coll. « les destinée du patrimoine »,‎ 2002, 240 p. (ISBN 2-7011-2577-4)

Lien externe[modifier | modifier le code]