Parler marseillais
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Le parler marseillais désigne en règle générale la forme locale de français employée par les habitants de Marseille et ses alentours. Loin d'être anecdotique[précision nécessaire], ce français fortement influencé par l'occitan provençal dans sa syntaxe et son vocabulaire est un véritable marqueur socio-culturel dans une ville qui a toujours essayé de conserver un relatif particularisme vis-à-vis de la France[1]. On peut parler davantage de francitan[2] forme de français régional mais présentant une continuité avec l'ensemble de l'Occitanie (continuité évolutive et plus ou moins marquée mais substrat occitan toujours présent de Guéret à Nice). En ce sens, on peut donc parler d'une forme limitée de dialecte du français commun à tout le pays d'oc. Le même phénomène se retrouve en Arpitanie.[réf. nécessaire]
Sommaire |
[modifier] Bref historique
Basé principalement sur le mélange de l'occitan et du français, le parler marseillais s'est nourri des apports successifs de différentes langues amenées par les personnes venant constituer l'actuelle population marseillaise[3]. En ce sens, son évolution est permanente et le vieux fond occitan a souffert de la lente désaffection de l'usage social de la langue d'oc, notamment au XXe siècle. Ainsi, peu de Marseillais contemporains pourraient saisir le français de Marseille décrit par Victor Gelu dans ses chansons provençales. Le fond français y est très largement minoritaire et les tournures de phrase tellement alambiquées que l'on pourrait presque parler de véritable créole. Par exemple, le son ʒ qui n'existe pas en provençal était rendu par z (« Ze vais Zardiner »), et la syntaxe française est remplacée par un calque de celle de l'occitan (« Nous se parlerons » pour « Nous nous parlerons »). Le parler marseillais qui a fait la célébrité de l'oeuvre de Marcel Pagnol est rempli d'expressions parfois aujourd'hui vieillies que l'on ne retrouve dans les abondantes anthologies d'expressions marseillaises fleurissant chaque année sur les étals des libraires. Ainsi les expressions « embouligue » (nombril), « entention » (attention), « sas » (tu sais) parmi d'autres ne sont plus guère employées par les nouvelles générations. En revanche d'autres subsistent "je le suis fait pointer à la discothèque, "il tube l'espinèu", "je me suis estanqué", "quedalle", "je suis fadé" et se renouvellent à travers les chansons des groupes occitans très écoutés par les nouvelles générations apportant un surcroît de vitalité avec des usages que certains avaient trop vite enterrés.
[modifier] Situation actuelle
Bien qu'étant en perpétuelle transformation, le parler marseillais est un véritable symbole local du particularisme de la cité phocéenne et son usage est revendiqué dans toutes les couches de sa société. Le verlan parisien est d'ailleurs peu implanté à Marseille, et les habitants des quartiers populaires ou ceux issus de l'immigration restent extrêmement fidèles au parler local, y compris aux expressions occitanes les plus vivantes, comme le montre le style caractéristique de groupes marseillais comme d'abord Quartiers Nord, puis, entre autres, IAM, Massilia Sound System, Mr Brun et Psy4 De La Rime. Le parler marseillais est également volontiers employé par les institutions locales (Jean-Claude Gaudin)[réf. nécessaire] ainsi que par l'Olympique de Marseille[4] dans leur communication.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Références
- ↑ Alessi Dell'Umbria Histoire Universelle de Marseille, Marseille, Éditions Agone, 2006
- ↑ Henri Boyer, Clés sociolinguistiques pour le « francitan », Montpellier, CRDP, 1990, p136
- ↑ Robert Bouvier, Le Parler marseillais, Marseille, Éditions Jeanne Laffitte, 1985
- ↑ Publicité Olympique de Marseille[1]

