Algérie

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le pays nord-africain aujourd’hui appelé « République algérienne ». Pour la période historique du pays sous domination française, voir Algérie française. Pour pour les autres significations de l'expression « Algérie française », voir Algérie française (homonymie).
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36° 42′ 00″ N 3° 13′ 00″ E / 36.7, 3.21667 ()

République algérienne démocratique et populaire

الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية (ar)

ⵜⴰⵎⵓⵔⵜ ⵍⵣⵣⴰⵢⴻⵔ - Tamurt Lezzayer - تامورت لدزاير (ber)

Drapeau
Drapeau de l'Algérie.
Blason
Armoiries de l'Algérie.
Description de l'image  Algeria (orthographic projection).svg
Localisation de l'Algérie.
Devise nationale بالشّعب وللشّعب
(Par le peuple et pour le peuple)[1]
Hymne national Kassaman
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Abdelaziz Bouteflika
Premier ministre Youcef Yousfi (intérim)[2]
Langues Arabe (langue officielle)[3]
Tamazight (langue nationale)[4],[5]
Arabe algérien (langue véhiculaire)[6],[7]
Capitale Alger

36°46' N, 03°03' E

Géographie
Plus grande ville Alger
Superficie totale 2 381 741 km2
(classé 10e)
Superficie en eau NC
Fuseau horaire UTC +1
Histoire
Indépendance De la France
Date 5 juillet 1962
Démographie
Gentilé Algérien, Algérienne
Population totale (janvier 2014) 38 700 000[8] hab.
(classé 33e)
Densité 16 hab./km2
Économie
PIB nominal (2011) 263,661 milliards de $ (38e)
IDH (2012) en augmentation 0,713[9] (élevé) (93e)
Monnaie Dinar algérien (DZD​)
Divers
Code ISO 3166-1 DZA, DZ​
Domaine Internet .dz
Indicatif téléphonique +213
Organisations internationales ONU (8 octobre 1962[10])

L'Algérie en arabe : الجزائر, (al-Jazā'ir)[11],[12] ; en tamazight et arabe algérien : الدزاير, (Dzayer), الجازاير, (Djazaïr) ou لدزاير , (Ldzayer) ; en tifinagh ⵍⵣⵣⴰⵢⴻⵔ, (Lezzayer) ; en forme longue la République algérienne démocratique et populaire, abrégée en RADP en arabe الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية, en tamazight Tagduda tamegdayt taɣerfant tazzayrit, est un État d’Afrique du Nord qui fait partie du Maghreb. Sa capitale, Alger, est située dans le Nord, sur la côte méditerranéenne. Doté d'une superficie de 2 381 741 km2, c'est à la fois le plus vaste pays d'Afrique[13], du monde arabe et du bassin méditerranéen[14]. Il partage au total plus de 6 385 km de frontières terrestres[15], avec notamment la Tunisie au nord-est, la Libye à l'est, le Niger et le Mali au sud, la Mauritanie et le Sahara occidental au sud-ouest, et enfin le Maroc à l’ouest. Après cent trente-deux ans de colonisation française, l'Algérie obtient son indépendance le à l'issue d'une guerre longue et coûteuse, et par le référendum d'autodétermination du .

L’Algérie est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA), du Mouvement des non-alignés et de la Ligue des États arabes pratiquement depuis son indépendance, en 1962. Elle a en outre intégré l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1969. En février 1989, l'Algérie a pris part, avec les autres États maghrébins, à la création de l'organisation de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Le pays a également rejoint l'Union pour la Méditerranée en 2008.

La Constitution algérienne définit « l'islam, l’arabité et l’amazighité » comme « composantes fondamentales » de l'identité du peuple algérien et le pays comme « terre d’Islam, partie intégrante du Grand Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain »[16].

Sommaire

Toponymie et étymologie

Article détaillé : Alger.
Vue de la capitale Alger (Icosium, puis Al Jazair qui donnera le nom Algérie).

L'appellation Algérie provient du nom de la ville d'Alger. Le nom d'« Alger » dérive du catalan Aldjère[17], lui-même tiré de Al-Djaza'ir, nom donné par Bologhine ibn Ziri[17], fils du fondateur de la dynastie Ziride, lorsqu'il bâtit la ville en 960 sur les ruines de l'ancienne ville au nom romain Icosium, Djaza'ir Beni Mezghenna[18]. Le nom en français, Algérie, utilisé pour la première fois en 1686 par Fontenelle dans Entretiens sur la pluralité des mondes pour qualifier la Régence d'Alger, est officiellement adopté le 14 octobre 1839 par Antoine Virgile Schneider[19] afin de désigner ce territoire faisant partie de la Côte des Barbaresques.

L'étymologie du nom en arabe, « Al-Djaza'ir » (الجزائر), rattache le nom aux îles qui faisaient face au port d’Alger à l'époque et qui furent rattachées à sa jetée actuelle ; en arabe Al-Djaza’ir (الجزائر), « Les Îles »[17], en français « Les Îles des Beni Mezghenna » (جازاير بني مزغانا Djezaïr Beni Mezghanna). Le terme d'île pourrait selon des géographes musulmans du Moyen Âge désigner la côte fertile de l’actuelle Algérie, coincée entre le vaste Sahara et la Méditerranée, apparaissant alors comme une île de vie, Al-Jaza’ir (الجزائر). En ce qui concerne Mezghenna, Tassadit Yacine rapporte l'hypothèse d'une forme arabisée d'Imazighen, ou « Berbères », donnant au pays le nom originel Tiziri n At Imezghan, « Ziri des Berbères »[20].

Une autre étymologie situe son origine dans le nom de Ziri ibn Menad : Djezaïr alors de Dziri, du berbère Tiziri qui signifie « clair de lune »[20]. Les Algérois se désignent eux-mêmes sous le vocable de Dziri, et le langage populaire a conservé par ailleurs la formule Dzayer pour désigner Alger et l'Algérie.

Le terme arabe al Jaza'ir est utilisé depuis l'établissement des trois régences ottomanes au Maghreb (Alger, Tunis et Tripoli), pour désigner le pays qu'Alger commandait. Cependant le terme Dzayer a continué d'être employé dans la langue courante pour désigner la ville du Dey (Alger)[21]. Par une lettre célèbre aux oulemas de Fès, l'émir Abdel Kader parlait de watan al Jaza'ir (la patrie d'Algérie/Alger)[21]. En outre un célèbre poète tlemcénien du XIXe siècle chante : « Mon dieu, veille sur al Jaza'ir », pour désigner le territoire dont Alger est la ville capitale[21].

Géographie

Article détaillé : Géographie de l'Algérie.

L’Algérie est de par sa superficie, le plus vaste pays du continent africain, du monde arabe, et du pourtour méditerranéen. Dans sa partie sud, il comprend une part notable du Sahara. Au nord, l'Atlas tellien forme avec l’Atlas saharien, plus au sud, deux ensembles de reliefs parallèles se rapprochant en allant vers l’est, et entre lesquels s'intercalent de vastes plaines et hauts plateaux. Les deux Atlas tendent à se confondre dans l'Est de l'Algérie. les vastes chaines montagneuses des Aurès (Batna, Khenchela, Oum-El-Bouaghi, Aïn M'lila, Souk Ahras, Guelma, Biskra) et de la Nememcha (Tebessa) occupent la totalité de l'Est algérien et sont délimitées par la frontière tunisienne. Le point culminant est le mont Chélia (2 328 mètres). La terre la plus fertile au monde se trouverait dans les Aurès, si l'on pouvait l'arroser régulièrement[22].

La bande du Tell, large de 80 km à 190 km, s'étend sur près de 1 622 km de côte méditerranéenne. Elle est formée de chaînes de montagnes (l'Ouarsenis, le Chenoua, le Djurdjura, les Babors et les Bibans) longeant le littoral et souvent séparées par des vallées, riches par leur flore et leur faune, abritant des cours d'eau comme la vallée du Chelif ou la vallée de la Soummam. Le mont Lalla-Khadîdja, en Kabylie où les montagnes sont recouvertes de neige en hiver, en est le point culminant et s'élève à 2 308 mètres d'altitude. Les plaines du Tell abritent avec les vallées adjacentes la grande majorité des terres fertiles du pays.

Carte topographique de l’Algérie

Entre les massifs de Tell et l'Atlas saharien, un grand ensemble de plaines et de hauts plateaux semi-arides sont creusés par de nombreuses étendues d'eau salée, les chotts, asséchés en fonction des saisons. Le point le plus bas d'Algérie, atteint au Chott Melrhir, descend à -40 m. L'ensemble court depuis les frontières marocaines à l'Ouest jusque dans la vallée du Hodna dont les monts relient parfois les Atlas tellien et saharien. L’Atlas saharien, relie le Haut Atlas marocain jusqu'à la frontière tunisienne en passant, d'ouest en est, par les massifs du Ksour, Djebel Amour, des Ouled-Naïl, des Zibans et les monts Hodna, qui rejoint la bande du Tell, et continue dans la partie sud des Aurès. Il est limité au sud par plusieurs oasis constituant ce qui est souvent appelé « la porte du désert ».

La partie saharienne qui couvre plus de 80 % de la superficie de l’Algérie soit environ deux millions de kilomètres carrés, est constituée principalement de regs, d'ergs, d'oasis et de massif montagneux. Au nord du Sahara algérien, les grands ergs, Occidental à l'ouest, et Oriental à l'est, séparés par des plateaux rocheux tels que la région du Mzab et bordés au sud par le plateau de Tademaït, constituent d'immenses mers de sable ponctuées d'oasis donnant parfois vie à d'importantes palmeraies. Au sud-ouest, s’étendent les ergs Iguidi et Chech, immensité de dunes sableuses linéaires largement espacées les unes des autres. Plus au sud, au cœur du Sahara, le massif du Hoggar, dont le point culminant est le plus haut sommet de l'Algérie avec 3 003 mètres au mont Tahat[23], est constitué de roches volcaniques formant des pics, des « aiguilles volcaniques » et de hauts plateaux désertiques. À l'est du Hoggar, dans le Tassili n'Ajjer, haut plateau aride perché à plus de mille mètres d'altitude, se dressent des formations rocheuses fortement érodées émergeant des dunes, donnant parfois au relief un aspect de paysage lunaire.

Climat

Article détaillé : Climat en Algérie.
(température et précipitations de l'année)
Relevé météorologique de la côte approximatif pendant les années de sécheresse
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0,1 3 5 9 12 15 17 19 14 11 6 -1,3 11,5
Température maximale moyenne (°C) 12 13 16 18 23 26 27 29 26 23 16 10 17,2
Record de froid (°C) -11 -8 -5 3,8 3,8 9,4 13,4 13,8 11,6 7,2 -4 -10 -9
Record de chaleur (°C) 24,4 30 28,8 37,2 38,8 41,6 41,1 47,2 44,4 37,7 31,1 24,4 47,2
Précipitations (mm) 112 84 74 41 46 15 1 5 41 79 130 137 764
Source : ADH.org, Météo France et Climate zone


Le centre de climatologie de l'Algérie est sous la responsabilité de l'Office national de météorologie[24]. Un climat méditerranéen couvre le Nord, tandis qu’un climat désertique règne sur le Sud. Durant l’été, le mois le plus chaud, à Alger, est août[25]. Le Sahara est une région très ventée et aride. Les amplitudes thermiques sont généralement considérables à cause de la sécheresse de l'air. En Algérie, le temps est généralement ensoleillé, il avoisine 3 650 heures de soleil par année[26].

Les vents sont très variables, autant dans le Nord que dans le Sud. Les forces éoliennes ne dépassent pas les 120 km/h. Dans le Sud, ils déplacent chaque année entre soixante et deux cents millions de tonnes de poussières dans l'air. Ils soulèvent de dix à vingt millions de tonnes de sable[27]. En été, le Sirocco, un vent très sec et très chaud (dit le Chehili ou chili), se dirige du sud vers le nord.

Températures

diagramme des températures au nord

Les températures sont variables entre le jour et la nuit dans le Sahara, dans le Sud. Le thermomètre indique des variations entre 40 °C le jour et °C la nuit. Par contre, le Nord a un climat méditerranéen. En été, les températures sont élevées[25]. Les températures moyennes estivales et hivernales se situent entre 25 °C et 11 °C[28].

Dans le Nord, dans les villes côtières, les températures hivernales varient entre °C et 15 °C. Elles grimpent à 25 °C au mois de mai pour atteindre une moyenne de 28 °C à 30 °C en juillet et août (28 °C à Skikda, 29,5 °C à Alger). Toujours dans le Nord, dans les montagnes de Kabylie, la température avoisine les °C voire -7 °C en hiver. La neige y est fréquente en hiver. La région de la Kabylie comporte plusieurs zones climatiques. Le littoral et la Kabylie maritime sont de climat méditerranéen. L'hiver y est plutôt doux comparé au reste de la région, avec une température de 15 °C en moyenne. La période estivale, rafraîchie par les vents marins, présente une température moyenne de 35 °C environ[29]. Sur les hauteurs le climat est beaucoup plus rude, avec parfois des températures au-dessous de zéro et une neige abondante l'hiver ; et des étés très chauds, très secs, notamment vers le sud où la pluviométrie est moindre. Cependant dans les parties les plus hautes la température estivale est modérée par l'altitude.

Sur les plateaux et dans les vallées intérieures, l'hiver est sensiblement identique à celui des hauteurs. Mais en été, du fait de l'enclavement et de l'exposition aux vents du sud, les températures sont particulièrement élevées : c'est le cas à Medjana, sur les hauts plateaux, comme à Akbou, dans la vallée de la Soummam, couloir idéal pour le passage du sirocco. Dans la ville de Tizi Ouzou la température peut atteindre les 46 °C quand elle est de 35 °C à Dellys.

Dans le centre et dans l'Ouest, dans les hauts plateaux de la région de Djelfa, la température estivale varie de 30 °C à 38 °C.

Dans l'est, la zone des Aurès, les hivers sont très froids, la température atteint parfois les -18 °C sans facteur humidex. Les étés sont très chauds. Le baromètre affiche parfois 50 °C à l'ombre. Les variations de température sont très importantes dans cette région. La température estivale varie de 30 °C à 38 °C.

Le Nord-Ouest, comme Oran, Tlemcen, Mostaganem, etc., bénéficie d'un climat méditerranéen classique marqué par une sécheresse estivale, des hivers doux, un ciel lumineux et dégagé.

Quant au Sud, dans le Sahara, la température y est de 15 à 28 °C en hiver, pour atteindre 40 à 45 °C, voire plus en été.

Précipitations

Le Tell, dans le Nord du pays, possède un climat méditerranéen, les étés sont chauds et secs et les hivers sont doux et pluvieux et parfois enneigés. Cette zone est la plus humide d'Algérie, elle est caractérisée par des précipitations annuelles qui varient entre 400 et 1 000 mm d'eau[30].

La Kabylie bénéficie d'une pluviométrie relativement abondante qui a facilité le développement d'une agriculture typique. En Grande Kabylie, les régions intérieures sont plus arrosées en raison de l'ascension et de la décompression des vents humides : ainsi à Larbaâ Nath Irathen, la pluviométrie est de 1 059 mm contre 833 mm à Tizi Ouzou[29]. Une ligne de crête qui traverse la région en joignant l'Atlas blidéen, le Djurdjura, les Babors, le massif de Collo et l'Edough, sépare une zone nord très pluvieuse (plus de 800 mm de précipitations par an) et une zone sud moins arrosée. Cette différence de pluviosité aurait eu pour conséquence une végétation naturelle plus ou moins dense : aux versants nord, initialement couverts d'une forêt peu hospitalière, devenus plus tard terres de vergers, s'opposeraient ainsi des versants sud plus facilement et sans doute plus précocement peuplés, car plus immédiatement propices à la culture et à l'élevage. Ce facteur introduit un élément supplémentaire de distinction entre Grande Kabylie et Petite Kabylie. En effet la première, si l'on en exclut le versant sud du Djurdjura (comme le fait d'ailleurs le tracé de l'actuelle wilaya de Tizi-Ouzou), se trouve entièrement en zone de forte pluviosité. Au contraire, en Petite Kabylie les orientations combinées du littoral et du relief ne laissent que peu de profondeur aux versants nord. Elles font plus de place aux zones moins humides, comme le Guergour et le Ferdjioua qui s'étendent entre Babors et Hauts-Plateaux[31].

Dans les Aurès, la quantité de pluie indique 100 mm de moyenne annuelle. Cependant, des pluies diluviennes sont constatées dans les Aurès. Les dégâts causés par des crues peuvent être considérables surtout dans la wilaya de Batna.

Au Nord-Ouest de l'Algérie, pendant les mois d'été, les précipitations deviennent rares voire inexistantes, et le ciel est lumineux et dégagé. L'anticyclone subtropical recouvre la région oranaise pendant près de quatre mois. En revanche la région est bien arrosée pendant l'hiver. Les faibles précipitations (294 mm de pluie) et leur fréquence (72,9 jours par an) sont aussi caractéristiques de ce climat.

Les régions du Sahara sont caractérisées par un climat aride et sec. Dans le Nord, la quantité de pluie indique 100 mm de moyenne annuelle et dans le Sud, elle est de 20 mm. Dans les régions côtières, la moyenne annuelle est 200 mm. Cependant, des pluies diluviennes sont constatées en Algérie dans plusieurs villes. Les dégâts sont considérables. En 2008, la ville de Ghardaïa, qui fait partie du patrimoine mondial, a été inondée par une grande quantité de pluie. Alger a subi aussi une grande inondation en 2001[32]. Les précipitations annuelles enregistrées dans les Hauts-Plateaux et dans l'Atlas saharien ne dépassent pas la quantité 200 à 400 mm de pluie. Mais, la hauteur des pluies annuelles est souvent inférieure à 130 mm dans l'ensemble du Sahara algérien.

Faune et flore

Article détaillé : Faune et flore de l'Algérie.
Dromadaire dans le Sud algérien.
Le Jardin d'essai d'Alger regroupe plus de 3 000 espèces végétales dont certaines sont considérées comme très rares[33].

L'Algérie dispose d’énormes variétés animales et végétales qui se répartissent au niveau des différents parcs protégés que compte le pays et dont les plus notable sont : le parc national de Belzma, le parc national de l’Ahaggar, le parc national de Chréa, le parc culturel du Tassili, le Jardin d'essai d'Alger, le parc national de Gouraya ainsi que le parc national du Djurdjura et enfin la réserve naturelle du lac des oiseaux d'El Taref.

L'espèce végétale est formée de plusieurs catégories dont 314 genres assez rares, 30 rares, 330 très rares et 600 endémiques, dont 64 se trouvent au Sahara. En tout, 226 espèces sont menacées d’extinction[34].

L’Algérie compte 107 espèces de mammifères dont 47 sont protégées et 30 menacées de disparition. Elle dénombre aussi 336 oiseaux dont 107 sont protégés[34].

Le Sud algérien abrite une faune composée pour l'essentiel de fennecs, gazelles, gerboises, Cherchmana (poisson de sable), chats des sables, guépards[35], porcs-épics et lézards. Sur les hauteurs, dans les escarpements du Hoggar, on peut retrouver le mouflon à manchette. Au Nord du pays, les campagnes sont peuplées de hyènes rayées, de renards, de belettes, de chats sauvages, de lièvres, de chacals et de sangliers. Le singe macaque préfère quant à lui les zones forestières. En hiver, l'Algérie devient la terre d'accueil de certains oiseaux migrateurs européens, dont les cigognes. Enfin, les animaux que l'on croise le plus souvent en Algérie sont le dromadaire, localement appelé baâir ou maheri, le mouton, la chèvre et le cheval.

Ressources hydriques artificielles

Vue sur le barrage El Kenitra à Oum Toub, près de Biskra

Selon le ministère des Ressources en eau : « l’Algérie compte 50 barrages en exploitation, 11 sont en cours de réalisation et 50 autres barrages à l’étude ». Ces derniers devraient être réalisés avant 2020[36].

L'Algérie entend rattraper le retard constaté en raison des pertes d'eau estimées à 50 %. Le dessalement est favorisé par l'État, le gouvernement a à cet effet installé quelques stations de dessalement à Alger et Tipasa. Plusieurs centres importants, comme à Arzew qui fournit 90 000 m3 ou le centre de Beni Saf, ont amélioré la situation du manque d'eau dans certaines villes.

Les principaux barrages en Algérie sont ceux d'El Hamiz, Béni Haroun, Timgad, Taqsebt, Tichy-haf, Tilesdit, Koudiat Acerdoun, Ourkis et Kherrata dans la Wilaya de Béjaïa.

Dans l'Ouest, de nombreux barrages alimentent les villes comme Beni Bahdel, Sikkak Bekkhedda, Dahmouni, Bentaïba, Ghrib, Bougara, barrage de Sidi M’Hamed Bénaouda[37]. Il existe aussi des stations d'épuration d'eau, telle celle d'El Kerma.

Géographie humaine et administrative

Article détaillé : Wilayas d'Algérie.
Carte des peuplades d'Algérie
Carte des wilayas d'Algérie

La wilaya d'Alger compte 2 947 446 habitants en 2008[38], ce qui fait d'elle la wilaya la plus peuplée en Algérie. En 1997, le gouvernorat du Grand-Alger est créé en remplacement de la wilaya d'Alger et en absorbant dix-neuf communes des wilayas de Tipaza, Blida et Boumerdès.

L'augmentation de la population urbaine est due à l'exode rural, causé principalement par le terrorisme et la situation économique du pays dans les dernières années.[réf. nécessaire]

Les wilayas du Sud attirent de plus en plus les habitants du Nord, surtout dans les villes d'industrie pétrolière et gazière, comme Hassi Messaoud et Hassi R'mel. Il existe aussi une population nomade, généralement installée au Sud : les Sahari dans le Nord du Sahara, les Touaregs dans le Sud. Leur recensement est difficile à réaliser en raison de leur déplacement saisonnier et de la complexité de leur situation géographique.

Sur le plan administratif, l'Algérie est divisée en 48 wilayas. La wilaya constitue une circonscription administrative, sorte de préfecture, dotée d'une assemblée élue, l'Assemblée populaire de wilaya (APW), et placée sous l'autorité d'un wali (préfet)[39] nommé par le président de la République. Elles sont divisées en daïras, lesquelles sont divisées à leur tour en communes (1541). Chaque commune possède sa propre instance délibérante, l'Assemblée populaire communale (APC), qui élit elle-même son président, faisant office de maire. Chaque wilaya et daïra porte le nom de son chef-lieu et a un budget indépendant, collecté au niveau local.

Villes principales

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Le taux d'urbanisation de l'Algérie avoisine les 60 %[40], et continue d'augmenter (avec une croissance plus soutenue dans le Sud algérien) en dépit des efforts du gouvernement pour freiner la migration vers les villes. L'Algérie compte plus d'une trentaine d'agglomérations urbaines de plus de cent mille habitants, presque toutes concentrées dans le Nord du pays. La plus grande ville est Alger, mégapole de plus de six millions d'habitants[41], soit plus du dixième de la population globale, ce qui en fait la première agglomération du Maghreb.

Les autres grandes villes algériennes, en termes de population, d'influence culturelle ou d'importance économique sont : Oran, Constantine, Annaba, Tizi Ouzou, capitale de la Haute Kabylie, Tamanghasset, capitale du Hoggar, Ghardaïa, capitale du Mzab, Batna, capitale des Aurès, Béjaïa, Sétif, capitale des Hauts plateaux, Biskra, capitale du Ziban, Ouargla, capitale des Oasis.

Géologie, topographie, séismologie et hydrographie

Article détaillé : Géologie de l'Algérie.

L'Algérie fait partie de l'ensemble Nord-Ouest africain. Si l'on examine un schéma structural de cette zone, deux domaines principaux sont mis en évidence :

Dans le Nord, l'Atlas tellien, domaine varié et très complexe ayant aussi des équivalents au Maroc (le Rif et le Pré-Rif) et en Tunisie (Kroumirie et Nefza). Cet Atlas tellien comporte une zone interne et une zone externe formés de terrains allochtones (nappes de charriage). Entre les deux Atlas affleurent les Hautes plaines qui se terminent à l'est par la chaîne du Hodna et se continuent à l'ouest par la Meseta
oranaise et au-delà des Atlas (Haut et moyen Atlas) par la Meseta marocaine, qui se noie dans l'Atlantique.
Entre les ensembles sud (plate-forme saharienne) et nord (l'ensemble atlasique), un énorme accident de valeur continentale est connue : l'Accident Sud Atlasique (ASA), qui va d'Agadir (Maroc), jusqu'à Gabes (Tunisie). Il passe en Algérie aux environs de Biskra, Laghouat

Séismes et risques sismiques

La faille entre les plaques tectoniques africaine et eurasienne passe par tout le littoral algérien

Une importante activité sismique se trouve localisée dans les zones côtières algériennes et la mer Méditerranée. La compression tectonique entre les plaques africaine et eurasienne génère de nombreuses failles actives provoquant des séismes plus ou moins importants sur toute la côte nord de l'Algérie. « cette côte est traversée par une limite de plaques lithosphériques continentales convergentes : la plaque eurasienne, au nord, chevauche la plaque africaine au sud. C'est dans cette faille de chevauchement que se déclenchent les séismes de la région »[42].

L'Algérie est divisée en deux plaques tectoniques séparées par la faille sud-atlasique. Dans le Nord se trouve la tectonique alpine et dans le Sud, la plate-forme saharienne, qui est assez stable[43]. Historiquement, elle est connue pour être une zone sismique très active. Les investigations effectuées après le séisme d’El Asnam (Chlef actuellement) en 1980 ont permis de révéler l’existence de traces d’anciens séismes qui auraient affecté cette région. D'après le CRAAG (Centre de recherche astronomie astrophysique et géophysique), l'activité sismique au nord d'Algérie connue remonte au , date à laquelle s'est produit le séisme d'Alger. Depuis de nombreux séismes se sont produits.

Parmi les séismes violents qu'on peut citer, Al Asnam (Chlef actuellement) en septembre 1954 et en octobre 1980, Constantine en octobre 1985, Tipasa en octobre 1989, Mascara en août 1994, Alger en septembre 1996, Aïn Témouchent en décembre 1999, Beni Ourtilane en novembre 2000 et Boumerdes-Alger en mai 2003. Le dernier séisme meurtrier qu'a connu l'Algérie est celui de M'sila en mai 2010.

Les séismes les plus meurtriers qui ont marqué l'Algérie ces dernières années sont : le tremblement de terre d'Al Asnam en octobre 1980[44], il fait 3 000 morts, détruit 80 % de la ville de Chlef[44] et cause des dégâts estimés à 10 milliards de dinars algériens[44] ; ensuite, le séisme de à Boumerdès-Alger fait plus de 2 000 morts et plusieurs milliers de blessés et de sans-abri[45], ce séisme fait 1 400 victimes dans la wilaya de Boumerdès et provoque des dégâts estimés à 5 milliards de dollars américains[46].

Hydrographie

Il existe des cours d'eau côtiers dans le centre et dans l'Est comme à Aïn El Hammam, Soummam, Medjerda, Rhummel, Sebaou, Hamiz, Macta, Mazafran. Cependant le Chelif reste le plus long fleuve d'Algérie, avec une longueur estimée à 725 kilomètres[47]. Ce fleuve est situé dans le Nord-Ouest de l’Algérie et prend sa source dans l’Atlas tellien et se jette dans la Méditerranée. Son débit, dans les périodes de crues, atteint 1 500 m3 par seconde.

L'estuaire de la Soummam

Au sud de la région du Tell, les cours d'eau ne sont pas permanents. Il existe de nombreux lacs dans les régions désertiques, mais ce sont des lacs temporaires et salés pour la majorité comme Chott ech Chergui et Chott el Hodna. Les cours d'eau du Tell se déversent dans la Méditerranée. Mais, ceux qui descendent vers l'Atlas saharien font partie de la plus grande réserve d'eau au monde. Ils forment une nappe phréatique dite la nappe de l'Albien, qui constitue selon certaines estimations la plus grande réserve d'eau douce au monde[48], elle est enfouie sous le sable du désert algérien sur une superficie totale estimée à 900 000 km²[49]. La région d'Adrar a par ailleurs de grandes réserves hydriques constituées de la nappe du continental intercalaire.

Parmi les oasis, qui font partie du réseau hydrique du pays, on peut citer Djanet, Ghardaïa, Ouargla, Oued Righ, Tabelbala, Tamanghasset, Timimoun, Touggourt, Tolga, Filiach, Zaatcha. L'oasis de Tolga et le Ziban sont alimentées par les réseaux souterrains des Aurès. Enfin, Igharghar contient aussi une grande quantité d'eau sous terre, elle alimente une grande partie des palmeraies du Sud et oued R'hir. Des forages importants de la nappe phréatique seront réalisés pour apporter plus d'eau dans les régions arides du Sud algérien.

Dans les Aurès et l'Est, les rivières importantes d'eau sont Oued Abiod, Oued Abdi, Oued el ahmer, Oued Taga, marais de Medghassen, marais de Draâ Boultif, Chott Djendli, Chott Tincilt, Oued El Madher, Rhummel à Constantine. Les oasis dans les Aurès sont El Kantara et Ghoufi La région possède aussi des sources thermales comme la Fontaine chaude Hammam Essalihine de Khenchela, Hammam el Knif, source de Batna (Kasrou), source de Biskra, source de Guelma (hamam Maskhoutine), Oued Charef dans la wilaya de Souk Ahras.

Dans le Nord-Est, Seybouse est une rivière formée près de Guelma par Les oueds de Cheref et Zenati, son bassin est par ailleurs le plus entendu d’Algérie, et ses terres sont considérées comme fertiles, il rejoint la Méditerranée près d'Annaba.

En Kabylie et dans le centre, les cours d'eau de Chabet el akhra, Gorges de Palestro, la Chiffa et la Soummam, sont alimentés par le Chelif.

Ressources naturelles et gisements

Article détaillé : Énergie en Algérie.
Carte des bassins producteurs en Algérie
Raffinerie de pétrole à l'est d'Alger

Les principaux gisements en Algérie sont parmi les plus importants dans le monde. Généralement ils sont localisés dans le Sud. Selon Sonatrach, les 67 % de réserves en hydrocarbures sont situés dans les régions de Oued Mya et de Hassi Messaoud. Gaz à Hassi R'mel et le pétrole à Hassi Messaoud (huile). Illizi contient 14 % des réserves. Enfin, Rhourde Nouss renferme 9 % et Ahnet Timimoun 4 % et Berkine[50]. Les sites exploités pour pomper l'huile ou pour rechercher les hydrocarbures, actuellement, en Algérie, sont : Hassi Messaoud, Ain Amenas, Hassi R’mel, Stah, Rourde Nouss, Tin Fouyé Tabankort, Gassi Touil, Ohanet, Haoud Berkaoui, Hassi Berkine, Ourhoud, Mensel Lejmet Nord et satellites, Rhourde Ouled Djemaa, Touat, El Gassi, Ain Salah, Rhourde El Baguel[51].

Une quantité de gaz a été localisée dans les régions de Tabankort, de Béchar, de Timimoun et de Reggane en 2009[52].

L'activité minière en Algérie est très diversifiée, on observe plus d'une trentaine de minerais qui sont exploités parmi elles : fer, sel, zinc, plomb, baryte, marbre, or, tungstène, diamant, terres rares, métaux rares et pierres précieuses et semi-précieuses. Le fer se trouve à Ghare Djébilet et à Mecheri Abdlaziz, à l'est de Tindouf (35 milliards de tonnes à 57 % de Fe), Ouenza et Boukhadra, Djsbel Hanini à Sétif. Au Hoggar, il y a 730 000 tonnes de minerai d'or au gisement Tirek, Amessmessa en contient 3,34 millions de tonnes, les deux à teneur moyenne de 18 g/t, soit environ 2,4 millions d'onces d'or. Enfin, deux autres gisements sont à Tiririne et à In Abgui. La baryte représente 40 000 tonnes ; le plomb-zinc est exploité dans le Nord du pays ; le potentiel est de 150 millions de tonnes. La bentonite se situe dans les régions de l'Ouest, à Maghnia et Mostaganem. L'Algérie a une grande quantité de sel soit en gemme (un milliard de tonnes) ou lagunaire dans les chotts et dans l'Est. Le gisement de phosphate se trouve à Tebessa (Djabel Onk), il renferme deux millions de tonnes. l'uranium est localisé au Hoggar[53].

Le pays recèle plusieurs gisements aussi notamment de gypse, de calcaire, de sable, d’argile, de dolomie, des carrières d’agrégats, des gîtes pour la fabrication de ciments.

Histoire

Mausolée de Massinissa
Le Medracen, à Batna, l'un des plus anciens monuments d'Algérie (300 av. J.-C.) ; il porte le nom de l'ancêtre de tous les Berbères

L’Algérie, en raison de sa tradition de terre d’accueil et les multiples civilisations qui l’ont traversée, a hérité d’une histoire très riche qui s’exprime par des vestiges d'époques variées. C’est ainsi que l'Afrique, la Méditerranée, l’Europe et l’Orient marquèrent de leurs influences spécifiques le cheminement historique de l’Algérie.

Les Berbères ont laissé les premiers vestiges archéologiques notables, comme le parc national du Tassili, que l'on considère comme le musée à ciel ouvert le plus étendu au monde. Plus tard, ils ont construit plusieurs sites berbères comme Medracen, Mausolée royal de Maurétanie, Mausolée de Béni Rehnane à Siga dans la Wilaya d'Aïn Témouchent, ou encore le site de Sauma (El Khroub) près de Cirta qui se trouve dans la ville de Constantine. De plus, plusieurs tumuli, dolmens, grottes, tombeaux (les Djedars à Frenda), etc., attestent les pratiques funéraires berbères[54].

L’époque romaine a laissé un nombre impressionnant de vestiges, dont les plus importants se trouvent à Tipaza, Timgad, Lambèse, N'Gaous, Zana, Calama, M'daourouch, Thagaste, Cherchell, Tamentfoust, Djemila, Tiddis, Tigzirt, Dellys, Hippone, theveste. De plus, Apulée ou Saint Augustin ont été des penseurs de renom[55].

Représentation du penseur et écrivain Apulée de Madaure
La Numidie historique, à côté de Rome, Carthage et l'Égypte en 200 BCE

L'influence de la religion en Algérie a bouleversé la région maghrebine pendant l'Antiquité et au Moyen Âge. Plusieurs villes importantes en Algérie comme Hippone, Baghaï, Tobna, M'sila, Tlemcen, Béjaïa, Alger, etc., se sont développées. Plusieurs dynasties également se sont succédé, à travers le temps, pour prendre le pouvoir dans les diverses régions de l'Algérie.

Enfin, l'Algérie fut prise par les Ottomans en 1515, ensuite par les Français en 1830. L'Algérie recouvre son indépendance en 1962.

« Les monuments historiques ont été bien préservés malgré tout le long de l'histoire algérienne, mais dès l'arrivée des Français, la dégradation fut désastreuse. Plusieurs décrets ont fait que des prisons ou des villes aient été construites sur d'anciennes villes romaines, à l'exemple de Lambèse »[56]. « Lors de l'indépendance, la même politique est menée, ce qui fait que plusieurs sites sont pillés, délaissés, abandonnés et même détruits à l'exemple des villes de Zianides, Tlemcen[57]. »

Préhistoire

Article détaillé : Préhistoire de l'Algérie.
Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne

Des sites archéologiques ont livré des ossements d’hominidés datés par archéomagnétisme de deux millions d’années. Les chercheurs y ont vu la présence d’Homo habilis et d’Homo erectus (appelé auparavant Atlanthrope) et d'Acheuléen au début du Paléolithique à Mostaganem (site Errayah)[58], à Tighennif[59],[60], à Tabelbala-Tachenghit[61], à N'Gaous[62]. Le site de Aïn El Ahnech (« la source du serpent ») à El Eulma dans la Wilaya de Sétif a livré des industries très anciennes[63].

Au Paléolithique moyen, les industries lithiques atériennes sont caractérisées par la présence de pièces à pédoncule. L'évolution des formes humaines depuis l’Homo erectus a abouti à l'apparition de l'Homo sapiens de type archaïque, ancêtre de la forme humaine actuelle.

Le Paléolithique se termine avec l'Ibéromaurusien, connu en particulier à la suite des fouilles menées dans la grotte d'Afalou, en Kabylie, qui ont révélé l'existence à cette période (il y a 20 000 ans à 10 000 ans environ) d'un art mobilier (petites statuettes zoomorphes) et d'enterrement.

Les derniers chasseurs-cueilleurs sont représentés dans le Nord-Est de l'Algérie par les Capsiens, attestés jusqu'à il y a 8 000 ans. Les modalités de passage à l'économie de production (et donc au Néolithique) sont très mal connues dans le Nord.

Dans le Sud, au Sahara, le Néolithique est une période florissante en raison d'un climat globalement plus humide que l'actuel et donc d'une flore et d'une faune beaucoup plus riches. Les êtres humains de cette période ont gravé et peint les parois de leurs abris. La chronologie exacte de cet art est très discutée et notamment la date de son apparition (il n'existe pas de moyen de le dater directement). Certains chercheurs pensent qu'il est apparu dès la fin du Pléniglaciaire, au Paléolithique, tandis que d'autres ne le pensent pas antérieur au Néolithique.

Les Aurès comprennent plusieurs sites datant de l'ère préhistorique à la période protohistorique[64]. Plusieurs recherches anthropologiques ont été entreprises dans les régions des Aurès[65], puisque de nombreuses grottes troglodytes étaient habitées par des Hommes à Maafa, Takarbourst dans les Aurès[66] et Ghoufi[67].

Antiquité

L'arc de Trajan à l'extrémité du decumanus de la ville antique de Timgad
Extension du territoire carthaginois avant la Première Guerre punique vers 264 av. J.-C.
Ruines romaines à Tipaza
Palais Ksar El Koua, datant de la période romaine à 10 km au nord d'Ammi Moussa dans la wilaya de Relizane

Les Berbères, formés de plusieurs confédérations dont les Gétules, les Garamantes, les Libyens, etc., dispersées dans le vaste territoire de l'actuelle Algérie avec les Haratins depuis les temps anciens, vont nouer des relations culturelles avec les Phéniciens (ce qui donnera la civilisation carthaginoise), l'Afrique noire, l'Égypte ancienne, la Grèce antique, l'empire romain.

Théâtre romain de la cité antique Djémila

Le monument Madracen datant de 300 av. J-C en témoigne[68]. Il appartiendrait donc à la riche archéologie méditerranéenne de l'époque hellénistique, se manifestant par un goût archaïsant mais aussi une très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne[69]. Sous les Phéniciens, plusieurs ports sont construits dont Icosium, Iol, Ténès.

Durant l'ère préromaine, plusieurs États indépendants se succédèrent Massaesyles, Massyles et Gétules. La rivalité entre Rome et la ville phénicienne de Carthage se traduit par trois guerres puniques. C'est alors que Massinissa forme la Numidie. Après sa mort, il y aura plusieurs royaumes Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), Gétulie au Sud et Africa (à l'est). Par la suite, les Romains pénètrent dans l'actuelle Algérie. Lambèse fut la première capitale romaine, avant Timgad construite au temps de Trajan. L'agriculture se développe grâce à la plantation de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en Algérie. La civilisation berbère est à son apogée ; plusieurs grandes villes sont construites au Nord et au Sud dans le désert. La nationalité romaine est offerte aux Berbères, ce qui facilite leur intégration dans le monde romain[70]. Des mariages mixtes entre Romains et Berbères naturalisés sont célébrés dans les grandes villes. La pratique des cultes berbères est représentée dans les fresques romaines. De même, les jeux romains sont source de distraction pour la plupart des berbères et les bains publics sont un luxe accessible à tous. À Timgad, on dénombrait vingt-sept bains[70]. Il n'y avait pas de remparts autour des villes. Les arts sont développés par les artisans berbères comme la céramique et la poterie. Plusieurs amphithéâtres sont construits. Le théâtre de Timgad pouvait contenir quatre mille personnes de l'Aurès[70]. La population globale de l'Aurès relevant de Rome était estimée entre huit et dix-mille habitants, pendant les premières années de l'Empire romain en Afrique du Nord[70]. Après la crise de Rome, les chrétiens sont au pouvoir. Les Vandales puis les Byzantins prendront le pouvoir d'une partie de l'Algérie à la fin.

Numidie

Article détaillé : Numidie.
La Numidie des Massyles et des Massaesyles avant leur unification par le roi Massinissa

Les États indépendants de la Numidie commencent avec l’émergence des deux confédérations massyles et massaessyles. La première est à l’origine de la Numidie Orientale, la seconde de l’Occidentale. Ces deux tribus s'affrontèrent durant la seconde Guerre punique, où Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon décisive à la victoire de l'Empire romain sur Carthage.

Le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C)

Durant le règne de Massinissa, il parvint à unifier la Numidie, qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'Ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'Est[71]. Après avoir capturé et vaincu Syphax, Massinissa réussit à préserver l'indépendance de son royaume en jouant habilement de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grâce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage.

Ensuite, Hannibal s'allia à Vermina, le fils et successeur de Syphax pour envahir le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les rejoignirent à Zama, où ils les vainquirent dans une grande bataille (202 av. J.-C.).

Sur le plan de l'organisation politique, Massinissa plaça à la tête de chaque province un gouverneur et à la tête de chaque tribu un « Amokrane » (le chef). Son conseil, formé de dix personnes, le seconda efficacement dans sa politique et son administration générale. Au nombre de ces dix conseillers il avait trois de ses fils : Micipsa qui le suppléait en plusieurs affaires, Gulussa, chargé de la conduite des armées et Mastanabal chargé du trésor royal. Il mit en circulation une monnaie frappée à son effigie, « avec des traits réguliers, un œil largement ouvert sous un sourcil assez épais, des cheveux abondants et bouclés, une barbe allongée et bien taillée ». Massinissa régna jusqu'à sa mort en 148 av. J.-C.

Syphax reçoit Scipion l'Africain. Fresque d'Alessandro Allori
L'effigie de Jugurtha

Après la mort de Massinissa

Une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome, provoqua des troubles en Numidie. Micipsa, fils de Massinissa, succéda finalement à son père sur le trône 148 av. J.-C.. Pour l'éloigner du pouvoir, Micipsa fit envoyer le très populaire Jugurtha, petit-fils de Massinissa[72], comme représentant en Ibérie, où il se distingua aux côtés des Romains au siège de Numance. Après le règne de Micipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal anéantirent le travail d'unification de leur grand-père en divisant à nouveau la Numidie en Numidie orientale et occidentale. La crise politique larvée entre Rome et la Numidie finit par éclater lorsque Jugurtha revint en Numidie et se saisit du pouvoir en 117 av. J.-C. en tuant Hiempsal et en expulsant Adherbal, qui s'enfuit à Rome. La Numidie était à nouveau unifiée.

Rome, qui ne voit pas d'un bon œil la reconstitution d'un état puissant, lui offre la reconnaissance diplomatique sur la Numidie occidentale, à condition de remettre Adherbal sur le trône de Numidie orientale. Jugurtha accepte cet arrangement, mais envahit à nouveau la Numidie orientale en 112 av. J.-C., faisant exécuter plusieurs commerçants romains qui y opéraient. Après l'exécution d'Adherbal, Rome engage finalement les hostilités en envoyant le consul Quintus Caecilius Metellus Numidicus en Numidie à la tête de plusieurs légions. Jugurtha parvint à résister plusieurs années, en combinant des manœuvres et politiques avec son beau-père, le roi BocchusIer de Maurétanie, jusqu'au remplacement de Metellus par son adjoint, Caius Marius, élu consul à sa place. Le questeur de celui-ci, Lucius Cornelius Sulla, réussit à convaincre Bocchus Ier de trahir Jugurtha[73] : il aide les Romains à le capturer dans un guet-apens. Envoyé à Rome, Jugurtha est enfermé dans le Tullianum, où il est exécuté tout de suite après la cérémonie du triomphe en 104 av. J.-C..Dès lors, la Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste étant laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

Portrait en marbre du roi Juba II découvert à Cherchell
Musée archéologique de Cherchell

La situation dure jusqu'à la guerre civile entre Jules César et Pompée. Juba Ier, partisan de Pompée[74], perd son royaume en -46 après la défaite de Thapsus contre César. César accorde à Sittius un territoire vaste autour de Cirta (Constantine). La Numidie devient alors la province d’Africa nova, jusqu'à ce qu'Auguste réunisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique proconsulaire. Cette dernière est dirigée par un proconsul, qui conduisit un moment l'armée d'Afrique. Auguste rend son royaume à Juba II, fils du précédent, après la bataille d'Actium (-31). En -25, Juba II reçoit le trône de Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Maurétanie et la province d'Afrique. La partie intégrée à la province d'Afrique en constitue une région. Mais en théorie elle n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dépend du proconsul assisté de légats.

Les populations se rebellent de nombreuses fois, surtout les Zénètes, vers le début du premier siècle. Les Maghraoua auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger) et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir. Il fait transférer une partie d'eux vers le chlef[75], ce qui provoque une succession d'actions militaires de Rome, soldées parfois par de graves défaites romaines. Sept ans durant, Tacfarinas résiste aux Romains, malgré Tibère qui transfère une seconde légion pour appuyer la troisième légion Auguste (seule ensuite). Dès 39 apr. J.-C., Caligula confie la conduite de la région de Numidie à un représentant personnel — « légat de l'empereur » — chargé de commander la troisième légion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin à une exception politique : celle d'une armée importante placée sous les ordres d'un proconsul et non d'un légat. Le Sénat perd la dernière légion qui était sous ses ordres.

Provinces romaines de Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est) et Africa (à l'est) au premier siècle de notre ère

Bien que toujours officiellement intégrée à la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une région à part, placée sous l'autorité de son légat qui dirige la troisième légion Auguste et ne rend de comptes qu'à l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire. Après 193, sous Septime Sévère, la Numidie est officiellement détachée de la province d'Afrique et constitue une province à part entière, gouvernée par un légat impérial. Sous Dioclétien, elle constitue une simple province dans la réorganisation tétrarchique, puis est brièvement divisée en deux : Numidie militaire et Numidie cirtéenne.

Christianisme et les Vandales

Articles détaillés : Augustin d'Hippone, Vandales et Baghaï.
« Saint Augustin d'Hippone et sainte Monique » (1846), par Ary Scheffer.
Invasion vandales
La cité antique d'Hippone à Annaba.

Le christianisme fait son entrée en l'an 256. Durant le siècle suivant, dans une atmosphère de déclin grandissant, les populations des villes côtières algériennes et tunisiennes, ainsi qu'une minorité de la population des campagnes se convertissent à la nouvelle religion. En 313, avec les crises politiques et économiques romaines qui s'éternisent, la nouvelle religion devient l'alibi d'une nouvelle révolte qui sera encore une fois amazigh. En effet, le culte donatiste se développa en Algérie à Baghaï[76] dans les Aurès et en Tunisie comme un défi politique à Rome. Les donatistes, refusant d'accepter l'autorité religieuse de l'Empereur, exigent la séparation de l'État et de la religion. Ainsi ils finiront par déclarer que l'empereur représente le diable, et non pas la religion de Jésus. Ils rejetèrent aussi le rite catholique. L'empereur envoie ses troupes pour les réduire, dans ce qui est communément appelé la première persécution des chrétiens par d’autres chrétiens. La répression ne fit qu'accroître le soutien populaire aux donatistes. En 321, les légions romaines venues réprimer les donatistes se retirèrent.

Toutefois, vers l'an 340, l'idéologie donatiste donne naissance à une secte populaire, celle des circoncellions, littéralement ceux qui encerclent les fermes. Comme le culte donatiste célébrait les vertus du martyre, les circoncellions devinrent des extrémistes qui considéraient le martyre comme étant la véritable vertu chrétienne et laissèrent de côté toutes les autres valeurs de leur religion telles que l'humilité et la charité. Ils se munirent de matraques de bois, refusant de porter des armes en fer, car dans les Évangiles Jésus avait demandé à Pierre de poser son épée. Ainsi, munis de leurs matraques, ils se mirent à attaquer les voyageurs sur les routes de toutes les régions, puis les fermes des propriétaires terriens. Le but des circoncellions était de mourir au combat en martyrs. Ces extrémistes tuèrent, violèrent, volèrent les voyageurs et les propriétaires terriens. Lorsqu'ils n'arrivaient pas à se faire tuer, ils finissaient par se suicider en sautant du haut des falaises. La secte des circoncellions, violemment réprimée, finit par disparaître vers le IVe siècle. Ce dérapage du culte donatiste eut pour conséquence de noircir encore plus leur réputation à Rome.

Alors qu'en l'an 395 l'Empire romain fait face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu’exerçait Rome sur l'Afrique du Nord, les donatistes saisissent cette conjoncture favorable pour tenter à nouveau de dominer la scène politique et religieuse. Finalement, excédé, l'empereur les déclare hérétiques en 409 et leur enjoint de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs légions qui sont d'une férocité terrible envers les responsables religieux du culte, parfois même envers la population locale. Saint Augustin, qui était alors l'évêque catholique d'Hippone (actuelle Annaba), essaya de calmer la colère de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des donatistes. Malgré les appels pressants de plusieurs parties, les donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse, une minuscule communauté survit dans la clandestinité jusqu'au VIe siècle. Quelques années plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Algérie sous la pression des Vandales qui envahissent le pays. Le 28 août 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intégration de la population au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le siège d'Hippone par les Vandales. Une partie de l'Algérie suivit le mouvement arien, l'arianisme était bien implanté par les Vandales[77].

Byzantins

L'apogée de l'Empire Romain
Fort byzantin sur les contreforts du massif montagneux de Belezma

Solomon fut nommé en 534 par Justinien comme gouverneur de l'Afrique, tout juste reconquise par le général Bélisaire sur les Vandales de Gélimer. Il est remplacé deux ans plus tard (en 536), avant de retrouver son poste en 539. Il doit faire face aux rebelles berbères, notamment ceux du chef Antalas. Il est toutefois battu par ces derniers dans une bataille près de la cité de Theveste en 544, trouvant la mort au combat. Yabdas se révolte à son tour contre l'autorité des Byzantins et se proclame roi des Aurès[78], mais Il fut vaincu par Solomon en 542.

Mais deux chefs berbères des Aurès, Ifisdias et Cutzinas, sont également remarquables dans leur lutte contre les Byzantins, pendant le commandement de Jean Troglita, lorsque ce dernier veut attaquer les Berbères du Sud après que les Aurès et le Zab sont dominés par les Byzantins grâce à Solomon. En revanche Mastigas, roi berbère de la Maurétanie Césarienne, après les Vandales, prend en main une partie de cette province, bien que les Byzantins soient arrivés jusqu'à Frenda, car des inscriptions byzantines ont été retrouvées sur place en Algérie.

En 544, les Byzantins exerceront un pouvoir jusque dans la province de Constantine. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants dont les Djerawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les Zénètes[79].

À la veille de la conquête musulmane du Maghreb, quelques tribus berbères pratiquaient le judaïsme, selon Ibn Khaldoun, ainsi que le christianisme. Le reste de la population demeure païen comme le cas des Banou Ifren[80].

Moyen Âge

Islamisation de l’Algérie

Article détaillé : Conquête musulmane du Maghreb.
La ville de Tlemcen ex-Agadir fut fondée par les Banou Ifren au VIIIe siècle
Statue de la reine Dihya à Khenchela
Bologhine ibn Ziri, fondateur des trois villes : Alger, Miliana et Médéa

La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité durant la période byzantine entraine la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l’arrivée des musulmans entre 665 et 708.

De 644 à 656, la première tribu berbère algérienne à se convertir à l'islam fut les Maghraoua. Leur chef, Ouezmar Ibn Saclab, fut sollicité par le calife Uthman ben Affan à embrasser la religion musulmane, selon l'historien du Moyen Âge, Ibn Khaldoun. Les Maghraouas se convertissent en masse à la nouvelle religion lors du retour de leur chef. En 665, les Omeyades lancent leur première attaque sur le Maghreb. C’est en 683 que Oqba Ibn Nafaa entreprend la conquête. Si la résistance des Byzantins les arrête peu, il en va différemment de celle des Berbères. Par contre, les Maghraoua s'allient au tour des Omeyades dès le début.

L'unité politique et administrative de la Berbérie orientale et centrale, les Aurès, était en grande partie réalisée par Kusayla, allié des Omeyades. Le conflit entre Kusayla et Oqba Ibn Nafaa amène une autre guerre. Et au décès de Kusayla en 688, Dihya, dite la Kahina, prend la tête de la résistance.

De 688 à 708, Dihya procéda ainsi à la réunification de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud. Dihya défait par deux fois la grande armée des Omeyades grâce à l'apport des cavaliers Banou Ifren et des autres confédérations. Elle règnera sur tout l'Ifriqiya pendant cinq années. Dihia sera vaincue dans la dernière bataille contre les Omeyyades. Hassan Ibn en Nu'man des Omeyyades demande, en contrepartie, aux différentes tribus alliées à Dihia de faire partie de l'armée Omeyades. Et ensuite, Musa ben Nusayr nomme son affranchi Tariq ibn Ziyad gouverneur de Tanger et le plaça à la tête de l'armée berbère du Maghreb.

En 708, les Omeyyades restent les maîtres de l’Algérie. La période préislamique se termine. L'Algérie s’islamise, tandis que les langues latine et punique disparaissent. Après la conquête musulmane, les citadins adoptèrent progressivement la langue arabe. Berbère, phénicien, latin, arabe, espagnol, turc, français : le brassage des langues, le « métissage linguistique », est intense, donnant lieu à un arabe algérien très hétérogène, variant sensiblement d'une région à une autre, et qui s’est perpétué jusqu’à nos jours. En 711, la première partie de la conquête musulmane de l’Espagne fut menée par un contingent arabo-berbère sous le commandement de Tariq ibn Ziyad, d'où le nom de la colline de Gibraltar (arabe : جبل طارق, « Djebel Tariq »).

Dynasties islamiques

Article détaillé : Histoire de l'Algérie.
Minaret de la Kalâa des Béni Hammad près de M'Sila
Mosquée Zianide à Tlemcen

Vers le VIIIe siècle, les Omeyyades étendront leur empire jusqu'au Maghreb. Il s'ensuit une importante révolte des sufrites berbères sous le commandement d'Abou Qurra. Cette révolte durera presque un siècle, plusieurs groupes ou dynasties kharidjites comme Nekkarites, Ibadites, Rostémides, se rassemblent pour se rebeller contre le pouvoir Abbassides et Omeyades.

Ibn Rustom fonde en 761[81] un royaume ibadite dans le nord du Maghreb avec Tahert pour capitale[82]. Celui-ci, comme l'émirat de Cordoue depuis sa création en 756[83], conserve son indépendance du califat des Abbassides, malgré les pressions diplomatiques et militaires ainsi que les pertes de territoires[81]. Par la suite, les Idrissides ainsi que les Soulimanides prennent le pouvoir sur une partie de l'Algérie de l'Ouest. Au IXe siècle, les Aghlabides alliés des Abbassides, prendront le pouvoir sur une partie de l'Algérie.
Au Xe siècle, le dai ismaélien Ubayd Allah al-Mahdi fonda la dynastie Fatimide, en Basse Kabylie où il trouva un écho favorable à ses prêches millénaristes. Les Fatimides établirent leur autorité en Afrique du Nord entre 909 et 1171 et fondèrent un califat dissident des Abbassides de Bagdad. Leur règne est marqué par de nombreuses révoltes kharijites, notamment celle d’Abu Yezid, en 944, à la tête de tribus berbères Zénètes, qui infligèrent la plus sévère défaite à l’armée Fatimide, affaiblie et rendue vulnérable, en prenant Kairouan. Les Fatimides transfèreront alors leur capitale de Kairouan à Mahdia puis vers l’Égypte. Les Zirides s'allient avec les Fatimides et lancent une attaque contre les Zénètes. Mais, les Omeyades les repoussent, ainsi les Zénètes regagnent leurs territoires. Les Hammadides fondent une dynastie après une divergence entre les souverains Zirides. Ainsi, la révolte kharidjite fut vaincue par Ziri ibn Manad, à la tête de tribus Sanhadjas, qui en sauvant l’empire reçut le poste de gouverneur du Maghreb central. Ainsi en 972, lorsque les Fatimides, après l’annexion égyptienne, eurent moins d’intérêt pour le Maghreb, c’est son fils, Bologhine ibn Ziri, qui hérita du contrôle de l’Ifriqiya. Les Zirides y règneront pendant environ deux siècles.
Hammad Ibn Bologhine, le fils de Bologhine, gouvernera indépendamment des Zirides. Son État comprend la ville d'Achir, le Nord-Est de l’actuelle Algérie. À partir de 1014, les Hammadides reconnaissent comme califes légitimes les Abbassides sunnites de Bagdad, ils fondent ainsi la dynastie des Hammadides. Les Zirides reconnaîtront, à leur tour, en 1046, les califes Abbassides, montrant ouvertement aux Fatimides leur abandon du chiisme. Alors que les Ifrenides et les Maghraouides gouverneront dans l'Ouest algérien et sur une partie du sud d'Algérie et au Maroc actuel. Ces derniers rejettent l'autorité des Fatimides et des Omeyyades à la fois, selon l'historien Ibn Khaldoun.

Minaret de Mansourah à Tlemcen, mosquée bâtie sous le sultan mérinide Abu Yaqub Yusuf an-Nasr
Khayr ad-Din Barberousse, gouverneur général de la régence d'Alger
L'Affaire de l'éventail entre le pacha Turc Hussein Dey et le consul Français Pierre Deval est le casus belli qui provoque le blocus maritime d'Alger par la marine royale française en 1827.

C’est à partir de 1048, dans certaines régions du Sud, que des tribus arabes, principalement les Banû Hilâl et les Banu Sulaym, immigrent en Afrique du Nord. Ces « terribles bédouins » hilaliens furent envoyés par le pouvoir fatimide afin de réprimer les Zirides et les Hammadides. Par vagues successives, Les Hilaliens menaient des incursions et des batailles dans les grandes villes, pillant puis détruisant tout sur leur passage. À la fin, ils s'imposeront.

Pour l’Algérie, leur nombre ne dépassant pas quelques dizaines de milliers de personnes, l’immigration arabe en Afrique du Nord fut peu importante, sauf dans deux régions extérieures à l’Algérie, celles de Kairouan et de Tanger. Si bien qu’au total, le peuplement de l’Algérie n’a reçu qu’une contribution démographique arabe limitée, et qu’une grande partie des populations arabophones est berbère. L’Algérie est alors, sur une petite partie à l’ouest, sous le contrôle des Almoravides, après avoir évincé les Banou Ifren et les Maghraouas. Les Hammadides sont au centre et seront chassés partiellement du sud par les Hilaliens. Les Zirides restent en Ifriqiya et sont cernés par les Hilaliens au sud.

En 1152, toutes les forces locales sont définitivement vaincues par une nouvelle dynastie berbère, les Almohades, dirigés par Abdelmoumen Ibn Ali et dont le chef spirituel est Muhammad ibn Tumart. Les Almohades formeront un des plus puissants empires méditerranéens, unifiant le Maghreb et le pays d’Al-Andalus jusqu’en 1269. Avec les grandes villes du littoral, à l'exemple de Béjaïa, d'Annaba et d'Alger, le Maghreb central s'ouvre à l'Occident chrétien en entretenant un commerce actif, apportant notamment les fameux chevaux barbes, de la cire[84] ou encore du cuir de qualité.

La chute des Almohades marque un tournant dans les relations avec les puissances chrétiennes du nord, qui s'organisent pour la Reconquista alors que le mythe de l'invincibilité musulmane prend fin. Au Maghreb, des dynasties Zénètes s'imposent, comme les Mérinides de Fès dans le Maghreb occidental, les Abdelwadides de Tlemcen du Maghreb central. Les Hafsides s'imposent en Tunisie et à l'est de l'Algérie. Ces dynasties, qui rayonnent sur l'Afrique du Nord d'abord entre le XIIIe et le XIVe siècle{{{5}}} siècle, subissent de plus en plus, vers la fin du XVe siècle, la pression de l'essor des puissances espagnole et portugaise, ce qui, conjugué aux luttes intestines pour l'accès au trône, conduit alors à des reculs successifs de leur pouvoir et à l'émiettement de leur empire.

Les Mérinides prennent la Tunisie et font tomber les Hafsides. En effet, Abou el Hassen souverain Mérinide de Constantine et de Béjaïa s'empare de la Tunisie. Ibrahim abou Fadhel sera le souverain de la Tunisie, mais l'histoire ne révèlera pas tous les noms des souverains mérinides en Tunisie[85].

Plusieurs juifs de l'Andalousie sont envoyés vers l'Algérie en 1492. Dans cet état de fait, la dynastie Zianides résiste fortement jusqu'à l'attaque décisive des Ottomans. Ces derniers prennent la ville de Tlemcen en 1554[86]. Ainsi s'achèvent les dynasties autochtones en Algérie.

Effet de la Reconquista

Débarquement des Morisques au port d'Oran (1613, Vicente Mestre), Fundación Bancaja de Valencia


Les Rois Catholiques vont achever la Reconquista en 1492, à la suite de quoi, les Juifs seront refoulés vers l'Afrique du Nord. L'arrivée des Andalous et des Mudéjars coïncidera. Après 1502, tous les musulmans qui arriveront en Algérie seront appelés Morisques (des Andalous et des Mudéjars). Ces derniers seront définitivement expulsés de la péninsule Ibérique entre 1609 et 1614 sous Philippe III d'Espagne, à la suite du décret d'expulsion des Morisques[87].

Ainsi, des milliers de familles d'Espagne s'exilent en Algérie, ils viennent en masse dans les villes du nord du pays, dont Oran, Tlemcen, Nedroma, Blida, Alger, Mostaganem, Cherchell, Annaba, Béjaia[88]. Ces grandes familles, qui ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour rester dans leur pays d'origine, sont forcées à vivre dans une terre qui leur est tout à fait inconnue. Leur apport sera très important dans la société, la culture sera en premier plan, ainsi que la construction des villes et l'économie. Ces familles vont changer pour beaucoup le décor de la scène sociale de l'époque[89].

Époque moderne

Présides espagnols au XVIe siècle

Articles détaillés : Histoire de l'Espagne et préside.
Remparts du Fort de Santa Cruz à Oran


À l'ouest, au mois de juillet 1501, les Portugais lancent une expédition pour tenter d'accoster sur la plage des Andalouses. Il faudra attendre le débarquement de Mers-el-Kébir, en 1505, pour voir l'Espagne s'engager dans la première expédition organisée contre Oran. La prise de la ville par l'armée du cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, commandée par Pedro Navarro, eut lieu le 17 mai 1509. Après l’occupation du port de Mers-el-Kébir (1505), et celui de la ville d’Oran (1509), la ville fut désertée, puis totalement occupée par les troupes espagnoles. Dès 1509, le Cardinal Ximenes entreprit la construction, sur les ruines de la mosquée Ibn El Beitar, de l'église Saint-Louis, qui domine la vieille ville des deux côtés. En 1554, le gouverneur comte d'Alcaudete fit alliance avec le sultan marocain Mohammed ech-Cheikh contre les Ottomans alors installés à Alger, et parvint à maintenir encore la présence espagnole. Les Espagnols font ainsi d’Oran une place forte. Les juifs furent expulsés hors d’Oran par les Espagnols en 1669[90]. Sous le roi d’Espagne, Carlos III, ce dernier et les partisans de la conservation de la ville s’affrontent. Entre 1780 et 1783, le ministre Floridablanca proposa a l’Angleterre d’échanger Oran contre Gibraltar.

Fort espagnol de Yemma Gouraya

Au centre, en 1510, Ferdinand le Catholique attaque la ville d'Alger. Les Espagnols l'assiégèrent et bâtissent sur un îlot de la baie d'Alger une forteresse, le Peñón d'Alger, destinée à bombarder la ville et à empêcher son approvisionnement. Salem ben Toumi chef des Beni Mezghenna demande l'aide des Turcs[91].

Au nord est, Pedro Navarro prend Béjaia en 1510[92] et jusqu'en 1555. Il y arrive le 5 janvier 1510 avec 5 000 hommes et attaque la ville. Abderrahmane oppose 10 000 soldats, qu'il lance immédiatement contre les Espagnols en cours de débarquement. L'assaut est repoussé grâce notamment à l'artillerie de marine. Mais la riposte espagnole commence immédiatement, avec des bombardements maritimes et terrestres. L'essentiel de la bataille se déroule dans la ville. À la fin, Abderrahmane réussit à prendre la fuite et il y aura plusieurs morts. La renommée de Navarro et le récit de ses exploits militaires incitent les rois d'Alger, de Tunis et de Tlemcen à prêter l'hommage au roi d'Espagne et à libérer tous leurs prisonniers chrétiens. Cependant en 1514, grâce à une attaque combinée des Kabyles menée par Sidi Ahmed ou el Kadhi, à la tête de 20 000 hommes et des Turcs par la mer, la ville de Bejaia sera temporairement libérée de la présence espagnole. Les Espagnols en seront ensuite définitivement expulsés en 1555 par les Ottomans, dirigés par Salah Raïs pacha.

Régence d'Alger

Articles détaillés : Empire ottoman, Régence d'Alger, Espagne, Koukou et Zianides.
Mosquée Ketchaoua, reconstruite en 1794 sous le gouvernement de Hasan Pacha. Ici après sa conversion en cathédrale par la France. 1899.
Palais des raïs, Alger

Cherchant à contrôler leur espace maritime après la Reconquista, les Portugais partent en expédition en Afrique du Nord occidentale au début du XVe (prise de Ceuta en 1415), suivis des Espagnols qui occupent au début du XVIe siècle des ports méditerranéens (Mers el Kebir, Oran, Béjaïa). L'Espagne décide d'assiéger le port d'Alger, et s'empare de l'îlot du Peñon à l'entrée du port, qu'elle fortifie. Les Algérois font alors appel aux corsaires turcs. Les frères Barberousse, forts de plusieurs succès dans la navigation, parviennent en 1518, après plusieurs échecs, à chasser les Espagnols d'Alger (en partie avec l'appui des tribus kabyles) et à étendre progressivement leur état sur le reste du pays (Cherchell, Ténès, Tlemcen).

En 1556, les Ottomans attaquent les Zianides et prennent Tlemcen[93]. Le frère aîné de Khayr ad-Din Barberousse tue les derniers rois Zianides en les noyant dans l'eau au XVIe siècle[94]. Ensuite, les Espagnols lancèrent depuis leur possession d’Oran une offensive victorieuse contre les troupes de Barberousse à Tlemcen dans laquelle Aroudj perdit la vie.

C’est dans ce contexte que Khayr ad-Din Barberousse, qui se trouvait à Alger lorsqu’il apprit la mort de son frère, sollicita le soutien du Sultan Soliman le Magnifique et plaça son nouvel État sous la protection de l'empire ottoman, recevant le titre de beylerbey (gouverneur de province) ainsi qu'un contingent de 2 000 janissaires.

Cet état nouvellement fondé prendra le nom de Régence d'Alger. Cette dernière fut successivement gouvernée par des beylerbeys de 1518 à 1587, des pachas de 1587 à 1659, des aghas de 1659 à 1671 et des deys de 1671 à 1830. En 1609, les musulmans d'Andalousie sont envoyés vers les côtes algériennes. La Régence d’Alger a une large indépendance vis-à-vis du Sultan Ottoman. La région de l’Algérois, appelée Dar el Sultan, était placée sous autorité directe du chef de la Régence. Le reste du pays était divisé en 3 provinces nommées « beylics » administrées chacune de manière autonome par un bey nommé par le Dey d'Alger. On distinguait : le Beylic de l’Ouest (capitale basée à Mazouna, Mascara puis déplacée à Oran après le départ des Espagnols) ; le Beylic du Titeri au centre (capitale basée à Médéa) et le Beylic de l‘Est (capitale basée à Constantine), le plus puissant des trois. Chaque Beylic était divisé en « outan » (cantons) avec à sa tête un caïd, relevant directement du bey. Pour administrer l’intérieur du pays, les Turcs s’appuyaient sur les tribus Makhzen. Ces tribus étaient chargées d’assurer l’ordre et de lever l’impôt sur les régions tributaires du pays[95]. C’est par ce système que durant trois siècles l’État ottoman d’Alger étendit son autorité sur le Nord de l’Algérie actuelle. Mais dans les faits, plusieurs régions du pays bravaient de manière régulière l’autorité des Beys.

La fortune de l'État et de la ville d'Alger était essentiellement fondée sur les profits de la course, et les relations extérieures de la Régence d'Alger en étaient tendues et complexes, notamment avec la Grande-Bretagne, les États-Unis, la France, l'Espagne[96]. En 1815, Rais Hamidou rencontre une puissante escadre américaine qui venait demander raison au dey Omar. Au début du combat, un boulet tua le Raïs Hamidou. Il s'ensuit alors plusieurs défaites de la Régence d'Alger face aux autres nations dans les batailles navales.

Révoltes et sultanats

Ksour lors des cérémonies religieuses Adrar, pratique courante qui remonte au XVe siècle

En Kabylie, le contrôle territorial direct des gouverneurs d’Alger était limité aux grands centres urbains de la région (Tizi Ouzou, Bouira, Boghni) dans lesquels ils y édifièrent des bordjs (forts) et y stationnaient en permanence un nombre limité de troupes. L’administration de l'arrière-pays se faisait donc indirectement par le biais d’alliés, personnages ou tribus[97]. Cependant, deux royaumes tribaux s'opposeront régulièrement aux ottomans : ceux de Koukou allié aux Espagnols[98] et des Ait Abbas. Dans la Haute Kabylie, le royaume de Koukou est fondé au XVIe siècle par Sidi Ahmed ou el Kadhi. Ce dernier, d'abord allié aux ottomans notamment lors de la résistance face aux Espagnols, deviendra ensuite un rival pour le contrôle du nord de l'Algérie. En 1520, Khayr ad-Din Barberousse décide de mener une expédition contre Sidi Ahmed ou el Kadhi. La bataille aura lieu dans la plaine des Issers. La victoire des Kabyles sera sans équivoque et c’est avec beaucoup de chance que Khayr ad-Din Barberousse aura la vie sauve en ayant pris la fuite au bon moment. Victorieux, Sidi Ahmed ou el Kadhi s’empare d’Alger et règnera sans difficulté jusqu’en 1527, date à laquelle Khayr ad-Din Barberousse le défait et rétablit son autorité à Alger avec l'aide Abd-el-Aziz, chef kabyle des Aït Abbas et rival de Sidi Ahmed ou el Kadhi. Le royaume de Koukou perdurera plus de deux siècles, jusqu'à son extinction vers 1750[99].

En Basse Kabylie, les Aït Abbas, eux aussi se soulevèrent fréquemment contre l'autorité ottomane. En 1823, ils entrèrent en révolte contre l'autorité de la Régence et coupèrent les voies de communication entre Alger et Constantine. Ce n'est qu'après plusieurs mois de combats que l'agha Yahia put négocier la soumission des tribus révoltées[100]. Le royaume de Aït Abbas survivra à l'époque ottomane et ne tombera qu'en 1871 lors de la conquête française. Les beys connurent d'énormes difficultés à gouverner et à faire rentrer les impôts, certains d'entre eux qui osèrent pénétrer dans les massifs montagneux ou à travers le désert y laissèrent leur vie[101].

Dans les Aurès, plusieurs tribus s'unissent et déclenchent des luttes contre les Ottomans. Cependant, plusieurs luttes internes entre fractions Chaouis s'enflamment dans les zones montagneuses des Aurès. Les Ouled Daoud ainsi que plusieurs tribus empêcheront les Ottomans à pénétrer dans leurs territoires[102].Saleh Bey tenta sans y parvenir de les soumettre en dirigeant contre eux une expédition[102]. En somme, la grande union des Chabias se divise, cela provoque l'indépendance de plusieurs tribus à l'égard des Ottomans entre le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle[103].

Ghardaia, ville des Mozabites

Dans la partie méridionale de l'Algérie entre 1515 à 1830, les Ottomans n'étaient pas en mesure d'étendre leur autorité aux régions sahariennes du pays. Le Sahara était l'axe principal aux échanges commerciaux entre l'Afrique noire et le Nord. La relation entre les Saadiens et les Ottomans se dégradait. Cela a amené Ahmad al Mansour Addahbi, le sultan saadien de Marrakech, à contrôler le Gourara et le Touat (région)[104]. Ensuite, Mulay M'hammed, sultan alaouite de Fés, prend le pays du Gourara avec l'aide des tribus locales. À l'arrivée du pouvoir des Alaouites, ces derniers délaissent les régions du Gourara, et du Touat. Alors, les émirs locaux prennent en charge la gouvernance de leurs territoires. L'impôt était prélevé par les Caïds envoyés par les Alaouites, et celui qui ne payait pas était emmené comme esclave vers Fés[104]. À Ouargla, les habitants étaient gouvernés par l'autorité des Zaouïas[104]. Les mouvements des Marabouts étaient fort implantés dans toutes les régions du Sud et dans une partie des Aurès. Par contre, le Mzab a gardé la pratique du dogme Ibadites.

Au sud le Sultanat de Touggourt pris son indépendance en 1414. À la constitution du Beylic de Constantine, Touggourt devient rapidement tributaire de celui-ci. Les refus récurrents des Sultans de Touggourt de s'acquitter du tribut imposé par les turcs provoquèrent de nombreuses expéditions des autorités de la Régence à leur encontre. Enfin dans l'extrême sud, une confédération targuie, les Kel Ahaggar, fut formée dans le Sahara algérien vers l'année 1750.

Époque contemporaine

Colonisation française

Raison de la conquête

La conquête de l’Algérie fut longue et particulièrement violente puisqu’elle s’est traduite par la disparition de près du tiers de la population algérienne en utilisant des méthodes telles que les enfumades, les massacres de prisonniers et de civils, les razzias, les destructions de cultures et de villages[105]. L’armée française conquiert l'Algérie village après village, mais il faut préciser que la colonisation de l’Algérie est une colonie de peuplement[106].

Tout d'abord, les relations entre la France et la Régence d'Alger étaient bonnes, puisqu'on peut lire en juin 1793[107] que « tandis que l'Europe se coalise contre la France libre, une puissance africaine (Alger) plus loyale et fidèle reconnaît la république et lui jure amitié ». De plus il y avait aussi le Bastion de France qui exploitait le corail à El Kala.

En 1794, la France révolutionnaire est attaquée par les puissances européennes coalisées, et éprouve des difficultés à nourrir sa population et ses soldats. Le dey d’Alger Hussein offre alors à la Convention toutes facilités pour faire ses achats de blé, consentant aussi par la suite sous le Directoire un prêt d’argent sans intérêts. Une fois la guerre terminée, les régimes qui se succèdent n’honorent pas la dette et, quand la France redevient royaliste, la dette est revue à la baisse. Elle est pourtant payée, mais seulement à Paris, à la Caisse des Dépôts et Consignations. Cependant, un nombre important de créanciers vrais ou supposés, des commerçants livournais qui avaient servi d’intermédiaires se manifestent alors. Ainsi, sous couvert de satisfaire leurs réclamations, on avait « rendu légale sa spoliation »[108]. Le dey est donc en froid avec le consul de France, car il comprend qu’il ne récupèrera pas son argent et que les livraisons de blé ne lui seront jamais payées.

En 1827, le dey d’Alger découvre que la France avait fortifié, à l’extrémité de la Régence à la Calle, un entrepôt dont elle avait la concession pour faire du commerce, et qu’elle s'était engagée à ne pas fortifier[108]. N’obtenant pas d’explications de la part du gouvernement français, le 30 avril 1827, le dey décide d'en référer verbalement au consul de France. Le consul ignorant ouvertement sa demande, le dey s’emporta alors, l'injuria, et finalement donna au « représentant de la France » un coup de son éventail. Si l’on s’en réfère à Robert Louzon, militant anticolonialiste engagé, c’est donc bien l’affaire des fortifications de La Calle et non simplement la dette restée impayée qui était à l’origine de la colère du dey d’Alger[109],[110]. Le gouvernement de la Restauration et Charles X, soucieux de redorer l’image de la France à l’étranger et de renforcer l’autorité royale en France, trouvèrent alors dans cet incident — un outrage à la France par le biais de son « représentant », le consul — un prétexte pour intervenir militairement[111].

Conquête
Abd-El-Kader Ben Muhieddine à Damas, portant le grand cordon de la Légion d'honneur, 1860.
Lalla Fatma N’Soumer, figure de la résistance à l’armée coloniale française

Entre le 11 et le 18 mai 1830, quelque 37 000 hommes répartis à bord de 675 navires affrétés par l’entreprise Seillière, c’est-à-dire pratiquement toute la marine marchande française de l’époque, embarquèrent pour conquérir la bande côtière de l’ancienne régence, par la suite unifiée sous le nom d’Algérie. Le débarquement eut lieu le 14 juin 1830 à Sidi-Ferruch et, le 5 juillet, les troupes françaises commandées par Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont, général en chef de l'expédition, firent leur entrée dans la forteresse d’Alger, le dey capitula le jour même.

Mais la France se heurte à l’ouest à l’émir Abd el-Kader et à l’est aux tribus berbères dont celles de Kabylie menées par Lalla Fatma N’Soumer. La France entame des négociations avec l’émir Abd el-Kader en 1834 et en 1837, date à laquelle est signé le traité de Tafna. Mais en 1839, Abd el-Kader déclare la guerre à la France, considérant l’expédition aux « Portes de fer » (dans la chaîne des Bibans en Kabylie) par l’armée française comme une violation de traité. En mai 1843, la smala et le fameux trésor d’Abd el-Kader sont aux mains des Français. Le 10 septembre 1844, le sultan marocain Abd Ar-Rahman, battu lors de la bataille d'Isly par le général Bugeaud, signe avec la France le traité de Tanger, qualifiant l'émir de « hors-la-loi »[112]. Un an plus tard, en 1845, le Sultan marocain signera un autre traité avec la France, le traité de Lalla Maghnia qui marquera les frontières entre le Maroc et l'Algérie.

En 1847, Abd el-Kader, attaqué au Nord et à l'Est par les troupes françaises et à l'Ouest par les troupes marocaines, dépose les armes et se rend. L’armée française d’Afrique contrôle alors tout le nord-ouest de l’Algérie. À l’issue de la bataille de Zaatcha, dans les Aurès, en 1848, le Constantinois est conquis. Entre 1849 et 1852, la domination s’étend à la Petite Kabylie. En juillet 1857, les tribus de Grande Kabylie se rendent, et la capture de Lalla Fatma N’Soumer met un terme à la résistance ; mais les Kabyles se soulèveront encore jusqu’au début des années 1870. La conquête du nord de l’Algérie est alors achevée. Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la capitulation des Beni-M’zab du Mzab (1852) et celle du Souf reculent les limites de l’Algérie jusqu’au grand désert.

Ce n’est qu’après un ultime soulèvement, en 1871, des tribus de Kabylie, lors de la Révolte des Mokrani, que la mission de « pacification » s’achève. Elle a fait près d’un million de morts, civils pour la plupart, la perte démographique se concentrant en particulier sur les six dernières années de la conquête comme le fait remarquer le démographe R. Ricoux[113].

Il s'ensuit une grande guerre entre l'Armée française les troupes du Cheikh Bouamama et la tribu des Ouled Sidi Cheikh.

Implantation et statuts
Carte de l'Algérie française
Port d'Alger à la fin du XIXe siècle.

Au début de la conquête en 1830, l'Algérie connut un afflux important de colons européens (essentiellement français et espagnols) que l'on appellera bientôt pieds noirs. En 1834, l'Algérie est annexée à la France, les autochtones deviennent des « sujets français » par l'ordonnance royale du 24 février 1834 qui leur confère la « qualité de Français »[114]. En 1848, à la suite de la « soumission d'Abd-el-Kader à la France » le , les trois provinces d'Algérie (le Sahara, indépendant de l'ex-régence d'Alger, n'est conquis qu'en 1902) deviennent les départements français d'Algérie (il y aura plus tard les départements français du Sahara), disposant d'une organisation administrative et judiciaire calquée sur celle de la métropole par exemple les arrondissements, les communes et les tribunaux.

L'article premier du Sénatus-consulte du 14 juillet 1865 proclame que : L'indigène musulman est français, néanmoins il continuera à être régi par la Charia. Il peut être admis à servir dans les armées de terre et de mer. Il peut être appelé à des fonctions et emplois civils en Algérie. Il peut, sur sa demande, être admis à jouir des droits de citoyen français ; dans ce cas, il est régi par les lois civiles et politiques de la France. Cette possibilité restait néanmoins purement théorique, puisqu'en en pratique il leur était plus difficile d'accéder à la citoyenneté française qu'à un étranger et que même lorsqu'elle leur était accordée les droits y afférents étaient de toute façon remis en cause. Les indigènes israélites bénéficièrent de dispositions spéciales du décret Crémieux no 136 du (caractère automatique de la citoyenneté française), à la différence des indigènes musulmans, mais aussi des colons européens étrangers auxquelles s'appliquèrent le décret Crémieux no 137 dont l'article 2 titre III ordonne que : L'indigène musulman qui veut être admis à jouir des droits de citoyen français doit se présenter en personne devant le chef du bureau arabe de la circonscription dans laquelle il réside, à l'effet de former sa demande et de déclarer qu'il entend être régi par les lois civiles et politiques de la France. Sous le régime de Vichy les juifs d'Algérie furent à nouveau discriminés par la loi comme l'étaient les Algériens issus d'une culture musulmane en Algérie de 1940 à 1942 (Chantiers de la jeunesse française)[115]. Descendant direct de l'émir Abd el Kader, l'émir Khaled mit sa prestance personnelle et son formidable prestige, au service d'un programme essentiellement moderniste, qui lui a valu l'exil : représentation au Parlement à proportion égale avec les Européens algériens ; suppression des lois et mesures d'exception des tribunaux répressifs, des cours criminelles, de la surveillance administrative, mêmes charges et droits que les Français en ce qui concerne le service militaire, accession pour les indigènes algériens à tous les grades civils et militaires, sans d'autres distinctions que le mérite et les capacités personnelles, application de la loi sur l'instruction publique obligatoire, liberté de presse et d'association, application au culte musulman de la loi de séparation des Églises et de l'État, amnistie générale, application aux indigènes des lois sociales et ouvrières ; liberté absolue pour eux de se rendre en France. L'Algérie connaît alors une croissance économique rapide, en particulier dans le minerai de fer, avec l'émergence de la Société de l'Ouenza, dixième entreprise française[116], qui prend le relais de l'importante et plus ancienne Société Mokta El Hadid.

Dès l'issue de la Seconde Guerre mondiale, en 1945 et à la suite de la naissance d'un mouvement nationaliste, les partis (FLN, MNA) et (PCA, Mouvement libéral algérien, etc.), revendiquent l'indépendance de l'Algérie par rapport à la France, tandis que la (FAF, l'OAS) et les (harkis, les moghaznis)[Quoi ?] demandent le maintien de l'Algérie dans le territoire français ; s'ensuivit une guerre de 1954 à 1962.

Nationalisme et droit
Messali Hadj, père du nationalisme algérien et président fondateur du Parti du peuple algérien
Attaque aérienne d'Alger par la Luftwaffe durant la Seconde Guerre mondiale en 1943

Au début du XXe siècle, plusieurs dirigeants algériens revendiquent à la France le droit à l'égalité ou à l’indépendance. Plusieurs partis vont être créés et plusieurs pamphlets seront écrits pour défendre le droit pour les Algériens. Plusieurs penseurs algériens vont vilipender les plus importantes personnalités du régime colonial français. La plupart des figures du mouvement algérien vont être surveillées de près par les services policiers français, d'autres seront exilées vers d'autres pays comme l'a été l'émir Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi en Égypte, puis en Syrie. L'émir Khaled préside le premier parti algérien l'association de l'Étoile nord-africaine de 1926 jusqu'à sa mort en 1936. Son rôle fut symbolique puisqu'il fut exilé.

Messali Hadj[117], Malek Bennabi[118], Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Ben Badis[119], Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi Tébessi, Ferhat Abbas, Chérif Saâdane[120], Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre eux sur la question algérienne, cela provoquera l'émergence de plusieurs associations et partis algériens : Parti de la réforme ou mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans algériens, le Parti du peuple algérien, Amis du manifeste et de la liberté fondé par Ferhat Abbas et dont Chérif Saâdane est membre du comité directeur[121], Parti communiste algérien.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Charte de l'Atlantique, la première charte de l'ONU, le plan Marshall, la Ligue arabe, la conférence de San Francisco, etc., tout cela a contribué à l'indépendance de l'Algérie. Lors du congrès de mars de 1945 que les AML ont tenu, les délégués ont proclamé la nation algérienne constituée[122], Messali Hadj fut élu comme chef du peuple algérien.

Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d’Algériens dans plusieurs villes de l’Est du pays (Sétif, et le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de manière concomitante avec la liesse de la victoire. À Sétif, après des heurts entre policiers et nationalistes, la manifestation tourne à l’émeute et la colère des manifestants se retourne contre les « Français » : une centaine trouveront la mort dans les jours suivants[123]. La répression de l’armée française est brutale. Officiellement, elle fait 1 500 morts parmi les Algériens, chiffre potentiellement sous-estimé et probablement plus proche des 20 000 à 30 000 selon l’historien Benjamin Stora. Le Parti du peuple algérien (PPA) estime qu'il y a eu 45 000 morts[124]. De par la radicalisation qu'ils ont engendrée dans les milieux nationalistes algériens, certains historiens considèrent ces massacres comme le véritable début de la guerre d'Algérie[125].

À la suite de ces massacres de Sétif et Guelma, le jour même et alors qu'ils venaient présenter leurs vœux à Yves Chataigneau à l'occasion de la défaite de l'Allemagne nazie ; Mohamed Bachir El Ibrahimi, Ferhat Abbas et Hadj Ahmed Chérif Saâdane seront arrêtés à 10h30, car accusés d'avoir « porté atteinte à la souveraineté française » par fomentation des sanglants événements de Sétif. Ils seront incarcérés à la maison d'arrêt d'Alger puis transférés à celle de Constantine.

À la suite de l'emprisonnement de Messali Hadj et l'interdiction du Parti du peuple algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques revendique après le statut de l'égalité ou de l'indépendance des Algériens en 1948. Aussi, l'Association des oulémas musulmans algériens fut interdite. Alors, l'Organisation spéciale apparaît et elle a pour but de rassembler les armes pour le combat. Mohamed Belouizdad fut le premier chef de l'organisation clandestine. Ensuite, Hocine Aït Ahmed prend la tête de l'Organisation et continua à œuvrer pour l'achat des armes. La Poste d'Oran fut attaquée par les membres de l'OS.

Ferhat Abbas et Chérif Saâdane, à leur sortie de prison en avril 1946 de Constantine, créent l'UDMA (Union démocratique du manifeste algérien)[120]. Ahmed Ben Bella[126] prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dévoilé et une chaine d'arrestations est entamée par les autorités françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques niait toute relation avec l'Organisation spéciale.

Le CRUA est fondé en mars 1954, il organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien est fondé en juillet 1954 par les messalistes[127]. Par la suite, le Front de libération nationale est fondé en octobre 1954 par la branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).

Le Front de libération nationale (Algérie) et le Mouvement national algérien seront rivaux pour le contrôle du pouvoir. Messali Hadj sera libéré de la prison en 1958 et il sera assigné à une résidence surveillée en France.

Conflit armé et politique
Articles détaillés : Guerre d'Algérie et Histoire de l'Algérie.
Carte du découpage du territoire de l'Algérie combattante en six wilayas, élaboré par les chefs du FLN lors du congrès de la Soummam en 1956, deuxième année de la guerre d'Algérie.
« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.
Les djounoud de l'ALN dans leurs tenue de combat, et leurs différentes armes
Remarque historiographique

Les archives officielles de la guerre d'Algérie ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles[128] aux chercheurs en France ; elles sont inaccessibles en Algérie[129]. La loi française du 15 juillet 2008 relative aux archives[130] a raccourci les délais de communication des archives publiques, y compris pour certaines archives classifiées « secret défense » communicables après un délai de 50 ans[131]. En 2008, au cours de la discussion de ce texte au Parlement, un amendement adopté par le Sénat français visait à prescrire un délai de 75 ans concernant les pièces « susceptibles de porter atteinte à la vie privée »[132]. Cette disposition, vivement critiquée par des historiens car elle aurait accru les délais de communicabilité des archives relatives à la guerre d'Algérie[133], a finalement été retirée du texte au cours de son examen à l'Assemblée nationale.

Le conflit

En 1954, l’Algérie compte huit millions d'autochtones et un million de « Français d'Algérie » (Pieds-Noirs et Juifs d'Algérie naturalisés).

Après la crise au sein des mouvements nationalistes algériens et les autorités française, un groupe de jeunes se démarque et envisage de faire une guerre armée en vue de l'indépendance.

La guerre se déclenche ainsi le 1er novembre 1954, après la réunion à Alger des six chefs du Front de libération nationale (Algérie) et anciens membres de l'Organisation spéciale, bras armé du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques et aussi responsables du Comité révolutionnaire d'unité et d'action, et après la déclaration du 1er novembre 1954.

L'action armée a été proclamée pendant la nuit dite de la Toussaint Rouge. Le déclenchement des attentats a été signalé à travers le pays et les premiers attentats furent dans les Aurès[134]. Les six partagent l'Algérie en 6 Wilayas et le ministre de l'Intérieur François Mitterrand est dépêché dans la région des Aurès pour dénoncer les attentats dans le même mois.

Il s'ensuit une guérilla, des maquis et des affrontements. l’Armée française, qui comprend des unités de supplétifs « musulmans » appelés « Harkis », la Direction de la surveillance du territoire et la police française s'attaquent au FLN et à ses proches. Le FLN organise alors son combat sur deux fronts. Sur le plan interne, il met en place une résistance à travers sa branche armée, l’Armée de libération nationale qui au début fait face au Mouvement national algérien et à de multiples crises internes. Le Congrès de la Soummam organise le mouvement insurrectionnel et dégage les propriétés de la Révolution. L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) sont créées pour organiser des révoltes en 1956. Tandis que sur le front diplomatique, il engage ses activités sous la supervision du gouvernement provisoire de la République algérienne, qui plaide la cause algérienne et aussi vécut plusieurs crises ; il réussit néanmoins en 1958 à introduire pour la première fois dans l’agenda des Nations unies la question algérienne, ce qui représenta un franc succès pour la diplomatie algérienne.

Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation à la suite du détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire.

Le conflit fut inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l’Indochine française, Madagascar, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Afrique-Équatoriale française et l’Afrique-Occidentale française. Le cas de l’Algérie se différencie des autres en ce sens qu’elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens dits « du Premier Collège » (les « Pieds-Noirs »), dont certains, les Juifs d'Algérie et de huit millions de citoyens du Deuxième Collège (dit les musulmans), avant l'arrivée du général de Gaulle. Ce dernier négociera directement avec les chefs du FLN lors des accords d'Évian. De Gaule réussit à sauver la république après le putsch des généraux à Alger 1961.

Le 19 mars 1962, prend officiellement la fin de la guerre, après la signature du cessez-le-feu, cela met fin à huit ans de guerre en Algérie. Un double référendum est organisé, 8 janvier 1961 et le 8 avril 1962, le référendum sur l'autodétermination en Algérie, les Français de métropole se prononcent pour le choix du général de Gaulle pour les deux.

Le 1er juillet 1962, les Algériens votent massivement pour l'indépendance, le taux est de 99,72 % en faveur du « oui »[135]. L'indépendance de l'Algérie est officiellement proclamée le 3 juillet 1962.

Larbi Ben M'Hidi, chef algérien du FLN exécuté en 1957 par Paul Aussaresses[136]. Considéré en Algérie comme figure et héros de la guerre de libération nationale[137],[138].

Les évènements de la guerre d'Algérie, la déclaration d'indépendance - qui consomme la décolonisation -, le climat de violence générale qui régnait dans les derniers mois de la guerre[139] ou encore des évènements traumatisants comme le massacre d'Oran[140] amèneront la plupart des pieds-noirs à quitter le pays : sur près d'un million[141], cent cinquante mille partent avant 1962, six cent cinquante et un mille au cours de cette année. L'histoire des deux-cent mille pieds noirs encore présent après 1962 reste à écrire, selon l'historien Benjamin Stora[142]. L'Organisation armée secrète se prononce contre l'indépendance de l'Algérie et commet, à la fin de la guerre, plusieurs attentats meurtriers en Algérie[143] dont 7 000 au plastic contre les biens et 2 000 contre les individus[144].

Bilan des pertes

Si le bilan de la guerre reste controversé au début du XXIe siècle, il est clair que la guerre d'Algérie a été « extraordinairement meurtrière et cruelle »[145].

Suivant l'historien français Benjamin Stora[146], le total des pertes militaires françaises avoisine les 25 000 morts[147], dont près de 8 000 morts dans des accidents et un millier de maladies. Les pertes des soldats algériens enrôlés au sein des troupes françaises s'élèvent à environ 4 500 morts et 600 disparus. Les historiens évaluent par ailleurs entre 15 000 et 30 000[148] le nombre de harkis exécutés au lendemain de la proclamation de l'indépendance[149]. Du côté algérien, on avance le nombre d'un million et demi de morts ; en se fiant aux pensions versées aux familles des moujahidines civils ou militaires décédés durant le conflit, Benjamin Stora avance le chiffre d'environ 150 000 morts, soit un combattant sur deux. Il faut y ajouter environ 12 000 victimes des purges internes et des combats fratricides entre le Mouvement national algérien et le Front de libération nationale[149].

Suivant le procédé comparatif de pyramides des âges, les historiens estiment entre 350 000 et 400 000 - soit 3 % de la population - le nombre d'Algériens morts durant le conflit[149],. Depuis 1962, le FLN estime de son côté qu'il y a eu 1 million et demi de morts - chiffre qu'aucun historien ne cautionne[Contradiction][150] - et 3 millions d'Algériens déplacés dans des camps de regroupement[151]. En outre, la torture pendant la guerre d'Algérie a été pratiquée par l'armée française et par la police française dans des proportions qui concerneraient des centaines de milliers d'Algériens[152]. Du côté des civils « européens », le nombre de morts s'élève à environ 4 500 personnes[149].

Au bilan humain, on peut ajouter les 8 000 villages incendiés, quatre millions de têtes de bétail anéantis entre 1954 et 1962 - sur un cheptel de six millions en 1954 - et des dizaines de milliers d’hectares de forêts incendiés avec le napalm[151].

Algérie indépendante

Article détaillé : Histoire de l'Algérie depuis 1962.
Crise du GPRA et Ben Bella
Articles détaillés : Clan d'Oujda et Crise de l'été 1962.
Population en liesse après la proclamation officielle de l’indépendance (5 juillet 1962)

L’Algérie est donc devenue indépendante à l’issue d’une guerre longue et coûteuse contre la présence coloniale, une présence qui dura 132 ans, et qui prit fin officiellement le 3 juillet 1962[153],[154]. Cette indépendance a été acquise politiquement à la faveur du référendum d'autodétermination prévu par les accords d’Évian, et par le biais duquel les Algériens se prononcèrent massivement pour l’indépendance de l’Algérie[155]. Les revendications culturelles ont donné naissance à un slogan politique : Tahya el Djazaïr, « vive l’Algérie ». Ferhat Abbas préside l'Algérie du 25 septembre 1962 au 15 septembre 1963. Il est contre l'OAS, car il voit que c'est une formation militaire de l'armée française. Il sera pour le maintien des Pieds-Noirs (Européens et Juifs) en Algérie et il les considère comme Algériens. Selon lui, l'Organisation armée secrète est responsable du départ massif des Français d'Algérie[156].

Une discorde éclate entre les chefs du FLN. Ahmed Ben Bella et Houari Boumedienne aidé par la Wilaya I (Aurès), la Wilaya II (Constantinois), la Wilaya V (Oran), la Wilaya VI (Sud), font la guerre contre Mohamed Boudiaf et Krim Belkacem de la Wilaya (III) et (IV)[157]. Mais, des pourparlers par la suite sont entamés pour régler la crise interne. Ahmed Ben Bella et Houari Boumedienne prennent Alger le 4 septembre 1962[157], après avoir fait des compromis avec les colonels de l'Armée de libération nationale. Plusieurs partis d'opposition ont été interdits comme le FFS (Front des forces socialistes), le PRS (Parti de la révolution socialiste), le CNDR (Comité National de la défense de la révolution), le MDRA (Mouvement démocratique pour la révolution algérienne), le GCR (Groupe communiste révolutionnaire), le CNRA (Conseil national de la révolution algérienne) (devenu en opposition), l'OCRA (Oraganisation clandestine de la révolution algérienne), RNDR (Rassemblement national pour la démocratie et la révolution), le PAPS (Parti de l'Armée Prétendu Saines) et enfin le RUR (Rassemblement unitaire des révolutionnaire)[158].

Socialisme
Ahmed Ben Bella, président du Conseil de la Révolution de 1962 à 1965

Ahmed Ben Bella est désigné comme le premier président de l'Algérie indépendante en 1962, il constitue alors le premier gouvernement de l'Algérie indépendante, il fait adopter un an plus tard une Constitution, la première du pays, qui consacre la primauté du parti FLN dont le secrétaire général est désigné ipso facto comme le candidat unique à la présidence de la République, Ferhat Abbas qui était alors président de l'Assemblée constituante décide de remettre sa démission, protestant contre les dérives autocratiques du nouveau président. Plusieurs conflits surgissent comme le déclenchement de la guerre des sables avec le Maroc et la révolte des Kabyles et d'une partie des Touareg soutenue par le parti de Hocine Ait Ahmed. De 1963 à 1966, la France fait quatre essais atmosphériques et treize essais nucléaire souterrains au Sahara algérien à Reggane dans la base B2-Namous[159] et la compagnie française Total a 90 % des ressources pétrolières algériennes, selon l'entente algéro-française.

Le président Houari Boumédiène (1965-1978)

Au niveau international, Ben Bella consacre sa première visite à l'étranger aux États-Unis, où il est reçu avec les honneurs par le président Kennedy, il opère cependant très rapidement un rapprochement avec les tenants du non-alignement et développe avec l'Union soviétique des relations économiques et militaires très denses. Le 19 juin 1965 est marqué par la destitution d'Ahmed Ben Bella de ses fonctions à la suite d'un putsch conduit par le ministre de la Défense Houari Boumédiène[160]. qui prend le pouvoir et devient ainsi le nouveau président du Conseil de la Révolution, il conserve dès lors le système du parti unique et engage le pouvoir à œuvrer pour une rupture avec la politique entreprise par Ahmed Ben Bella. Il dirige le pays en s'inspirant de deux fondements de la révolution, le renforcement de l'indépendance nationale et le développement de l'économie sous une option socialiste. Il entreprend de ce fait des réalisations dans le secteur de l'éducation, de la formation, de la planification, de l'industrialisation, du développement. La politique de nationalisation menée par le Conseil de la Révolution algérienne provoque la remise en cause des accords d'Évian[161]. Il lance la nationalisation du gaz et du pétrole[162] et développe Sonatrach. Cette nationalisation suscite une onde de choc dont les effets se font sentir au niveau international, notamment sur le prix du pétrole. L'Algérie de Boumediène influence le jeune colonel libyen Mouammar Kadhafi et le vice-président irakien Saddam Hussein, qui nationalisent à leur tour le secteur des hydrocarbures, provoquant à l'occasion le premier choc pétrolier survenu en 1973[163]. Le secteur de l'agriculture est modifié par plusieurs réformes dont la construction des villages socialistes et la réalisation du barrage vert, 1 500 km de long, 20 km de large et constitué de 3 millions d'héctares[164]. Cependant Krim Belkacem s'oppose ouvertement à la politique de Boumédienne, le pouvoir l'accuse d'avoir organisé un coup d'État et le comdamne à mort par contumace[165]. Krim Belgacem sera assassiné à Francfort en 1970. Ferhat Abbas aussi dénoncera le système unique en 1976, il sera assigné à résidence surveillée jusqu'à 1978[166].

Sur le plan extérieur, l'Algérie négocie avec le Vietnam pour libérer les derniers otages américains et ensuite, elle déclare la guerre à Israël, elle envoie des troupes en Égypte lors de la guerre du Kippour en 1973. L'Algérie fut la première puissance militaire[167] sur le front égyptien et sa force était composée d’escadrons et de blindés. Yasser Arafat réussit à ouvrir un bureau à Alger en 1965[168]. L’année 1974 constitue, aussi pour Yasser Arafat, une année importante d’avancées en faveur d’un règlement politique. Les autorités algérienness décident de l'emmener pour la première fois aux Nations unies sous escorte algérienne[169].

Par la suite, l'Algérie organisera le traité de paix entre l'Iran et l'Irak, elle intervient aussi pour régler la crise du Liban. Mais, le conflit entre le Maroc et l'Algérie s'intensifie à cause du Sahara occidental. l'Algérie investira au sein de l'Union africaine, de la Ligue arabe et avec le Mouvement des non-alignés. Elle sera contre l'Apartheid en Afrique du Sud.

Sur le plan interne, le pouvoir continue la nationalisation et démarre les trois révolutions : industrielle, agraire et culturelle. Une charte et une constitution sont adoptées[162]. L'arabisation des institutions est décrétée. Le président Français Valéry Giscard d'Estaing est reçu à Alger. En 1978, la base secrète française B2-Namous sera fermée. Houari Boumedienne meurt en 1978 et Rabah Bitat est chargé de l'intérim de l'État. Chadli Bendjedid est désigné pour être élu par le peuple.

Démocratisation
Chadli Bendjedid, ancien président de la République de 1979 à 1992

Chadli Bendjedid prend la tête de l'État algérien, le 9 février 1979. Il fait sortir tous les prisonniers politiques. Le secteur économique devient libéral. La politique de l'arabisation continue[170] malgré le Printemps berbère en 1980 et les revendications des élites francophones.

Sur le plan diplomatique, l'Algérie a contribué avec succès au règlement d’un certain nombre de crises comme la libération des otages américains en 1981 de Téhéran à Alger[171]. La diplomatie algérienne a pu ouvrir les portes au dialogue avec les autres chefs d'État du Maghreb et le président français. Chadli est le premier président algérien qui fera une visite officielle en France, lors du mandant de François Mitterrand. Le roi Hassan II a été reçu à Alger en vue de signer des accords bilatéraux. De plus, l'Algérie a permis au Conseil national palestinien de proclamer l'indépendance d'un État de Palestine le 15 novembre 1988 à Alger. Avant la guerre du Golfe, la diplomatie algérienne a été très active pour essayer de convaincre le président Saddam Hussein de libérer les otages et le Koweït. La visite du président Nelson Mandela, juste après sa libération, marquera les relations entre l'Algérie et les pays d'Afrique.

Sur le plan interne, après plusieurs années de gestion autocratique des affaires de l’État, l’Algérie se lance à partir de l’année 1988, dans une expérience inédite de démocratisation, à la suite notamment des Événements du 5 octobre 1988 en Algérie. Cette ouverture s’accompagne en juin 1990 de l’entrée des islamistes du FIS dans le champ politique, qui remportent des élections locales. Le FIS arrive également en tête du premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, avec 47 % des voix exprimées (le taux d'abstention étant de 41 %), ce qui provoque l’intervention de l’armée, qui interrompt le processus électoral au début de l’année 1992, selon les opposants de la démission de Chadli. Mais, officiellement, le président Chadli Bendjedid annonce sa démission le 11 janvier et un Haut Comité d'État est mis en place le 14 janvier à cause du vide constitutionnel, selon la constitution algérienne. Cette évolution entraîne l’Algérie dans une vague de violence et de terrorisme qui durera une décennie de guerre civile algérienne.

Transition
Article détaillé : Plate-forme de Sant'Egidio.

Mohamed Boudiaf prend la tête du Haut Comité d'État, après 28 ans d'exil. Un des chefs historiques de la guerre d'Algérie et fondateur du parti du FLN souhaitait une Algérie démocratique tournée vers la modernité, il disait vouloir mettre fin à la corruption qui gangrenait l'État. Il sera assassiné après six mois à Annaba en plein discours, le 29 juin 1992.

Ali Kafi est désigné alors à la présidence de l'État. En 1994, Liamine Zeroual remplace Ali Kafi. Le 15 janvier 1995, il doit faire face à des nouvelles pressions diplomatiques internationales engendrées notamment par la Plate-forme de Sant'Egidio à Rome, signé par les chefs politiques de l'opposition dénonçant la mainmise militaire de l'État. Ainsi, dans le but de restaurer la légitimité perdue des institutions de l'État, il organise une élection présidentielle en 1995, la première à scrutin pluraliste en Algérie[172]. Liamine Zeroual remporte l'élection, il est élu Président de la République le 16 novembre 1995. En 1999, Liamine Zeroual décide de mettre fin à son mandat présidentiel qui devait s'achever en 2000. Une élection présidentielle anticipées est alors organisée au mois d'avril 1999. Huit candidats se présentent au premier tour parmi lesquels figure Abdelaziz Bouteflika. Au début du scrutin, sept candidats décident d'un commun accord de se retirer à la suite de cas de fraudes qu'ils déclarent avoir observées. Abdelaziz Bouteflika décide de maintenir sa candidature en remportant l'élection présidentielle avec un score de 74 %. Il s'engage dès lors à appliquer son programme qui s'articule autour de trois axes principaux : le retour de la paix à travers l'application de la concorde nationale, la réactivation de l'économie et le retour de l'Algérie sur la scène internationale. Son premier mandat s'achève en 2004. De nouvelles élections sont organisées au mois d'avril, le principal concurrent du président sortant étant son ancien Premier ministre Ali Benflis. Abdelaziz Bouteflika est réélu avec un taux de 85 %. Son programme pour le deuxième mandat prévoit un plan quinquennal pour la relance de l'économie, au profit duquel il consacre une enveloppe financière de 150 milliards de dollars. Pendant les mois de mars et d'avril de l'année 2009, la campagne électorale pour la présidentielle se déclenche à la suite d'un nouvel amendement constitutionnel. Abdelaziz Bouteflika est réélu pour un troisième mandat le 9 avril 2009.

Politique

Articles détaillés : Politique en Algérie et Histoire de l'Algérie.

Système politique

Abdelaziz Bouteflika, président de la République algérienne depuis 1999.

Sur le plan politique, l’Algérie a adopté un régime républicain depuis l’avènement de son indépendance en 1962[173]. La Constitution actuelle confère au chef de l’État un rôle central dans la gestion des affaires du pays, c’est ainsi qu’en vertu de ses articles, le président de la République est le chef de l’exécutif, chef suprême des forces armées et ministre de la Défense. Le chef de l’État détient également le pouvoir de nommer son premier ministre et les membres du gouvernement sur proposition de ce dernier[173]. L’élection du président de la République se fait au suffrage universel direct, tous les cinq ans. L'actuel président en exercice est Abdelaziz Bouteflika. Élu pour un premier mandat de 1999 à 2004, il est réélu la même année pour un second mandat qui s'achèvera en 2009. En 2008 les parlementaires algériens ont voté massivement pour la révision de la loi ils ont dit oui à 5 modifications de la loi fondamentale, la principale étant la levée de la limitation du nombre de mandats présidentiels[173].

Abdelmalek Sellal, nommé Premier ministre le 3 septembre 2012.

Par ailleurs, le pouvoir législatif est de type bicaméral depuis la réforme constitutionnelle de 1996[173]. Il est à noter cependant que les pouvoirs qui lui sont attribués sont fortement diminués par la prééminence du pouvoir exécutif. La répartition des différents élus au niveau des deux chambres du Parlement révèle la composition suivante: le Conseil de la Nation (Chambre haute) : composé de 144 membres dont le tiers est désigné par le président de la République[173]; l’Assemblée populaire nationale (Chambre basse) : Composée de 389 membres élus au suffrage universel direct pour une mandature de cinq ans[173].

La Constitution algérienne a été adoptée le 10 septembre 1963[173]. Elle a par la suite été révisée à trois reprises. D'abord en 1976, cette première révision constitutionnelle fut initiée sous l'impulsion de Houari Boumediène, elle visait en premier lieu le parachèvement des institutions de l'État algérien en le dotant d'une Assemblée législative, et en créant également le poste de Président de la République, soumis au suffrage universel direct et ce, en remplacement de la fonction de Président du Conseil de la Révolution. La deuxième révision de la Constitution fut menée le 28 février 1989[173], date à laquelle le multipartisme et la liberté d’expression furent instaurés, c’est donc dans le sillage de cette réforme que le régime du parti unique fut dissous et que beaucoup de partis politiques furent créés par la même occasion. La troisième et dernière révision constitutionnelle fut menée en 1996 avec comme principal objectif l'instauration d'un Parlement bicaméral. Ces institutions furent élues le 5 juin 1997, et constituent le premier Parlement pluraliste de l’Algérie indépendante. Le Conseil constitutionnel (Algérie) est la magistrature suprême de la république, il est composé d'un président et de membres[173].

Actuellement l'Algérie compte plus de 40 partis politiques en activité[173]. Cependant, ces mêmes partis ne peuvent en vertu de l'article 42 de la Constitution « être fondés sur une base religieuse, linguistique, raciale, de sexe, corporatiste ou régionale »[173], ils doivent aussi recevoir l'agrément du ministère de l'Intérieur et des collectivités locales pour être en mesure de se présenter aux différentes échéances électorales. Les plus importants d'entre eux demeurent ceux de l’alliance présidentielle qui est composée de trois partis majoritaires à l’Assemblée et au Sénat, il s’agit du Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND) et le Mouvement de la société pour la paix (MSP)[174],[175]. Les principaux partis d'opposition sont le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Mouvement pour la réforme nationale (MRN), le Parti des travailleurs (PT) et le Front des forces socialistes (FFS).

La bureaucratie algérienne demeure problématique et cause d'énormes soucis aux citoyens[176]. La lutte antiterroriste reste en vigueur contre Al-Qaida au Maghreb islamique.

Politique extérieure

Le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra.

Sur le plan extérieur, l’Algérie inscrit son positionnement actuel par rapport aux différentes questions internationales sur la base de la doctrine qu’elle a puisée du combat libérateur qui a permis à son peuple de recouvrer sa pleine souveraineté. C’est aussi au nom de cette morale que ce pays soutient durant les années soixante et soixante-dix un nombre important de mouvements révolutionnaires de par le monde, ce qui lui valut d’être considéré comme « le phare du tiers monde » et au même « le phare de tiers monde arabe »[177]. Par extension et grâce à ses richesses sur le plan énergétique ainsi qu’à sa position particulièrement privilégiée dans le flanc sud de la Méditerranée, l’Algérie jouit d’une influence certaine au niveau des ensembles régionaux auxquels elle appartient (Union africaine, Ligue arabe, dialogue euro-méditerranéen). Aussi, l'Algérie a su montrer son importante puissance d'influence parfois supérieure à son « potentiel propre » (économique, militaire, population)[178]. En 2000, la diplomatie algérienne a joué un rôle important dans la signature de l’accord de paix entre l’Érythrée et l’Éthiopie. L'Algérie adhère à l'Union pour la Méditerranée en 2008. En 2009, la France accepte d'indemniser les victimes estimées entre 20 000 et 30 000 personnes[179] lors des essais nucléaires français en Algérie pendant les années 1960[159].

Les organisations internationales auxquelles participe l’Algérie sont recensées dans le tableau ci-dessous :

Puissance militaire

Article détaillé : Armée nationale populaire.
Sous-marin algérien de classe Kilo 636M, doté de la capacité de lancement de missiles de croisière[180].
Ravitaillement en vol de l'avion de combat Su-30MKA de l'armée de l'air algérienne

Héritière de l'Armée de libération nationale (ALN), l’armée algérienne est appelée "Armée nationale populaire" (ANP), elle se compose des commandements des forces terrestres, navales, aériennes et de la Défense aérienne du territoire. Le sommet de la hiérarchie militaire aboutit au chef de l'État, constitutionnellement chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale. La composition de l'armée algérienne révèle un effectif d'environ 400 000 hommes[181].(appelés au service militaire et d'actifs). Elle est également assistée par le corps de la gendarmerie nationale qui est composé de 100 000 membres, ainsi que d'un corps d'élite de 5 000 éléments de la Garde républicaine, dépendant du ministère de la Défense[182].

Le budget militaire algérien est le plus important du continent africain[183], il est estimé en 2014 à près de 12,45 milliards USD[184]. En termes d'acquisitions le principal fournisseur depuis l'indépendance a été l’Union soviétique, cependant, depuis la chute de cette dernière à l'issue de la guerre froide, l’Algérie a procédé à une diversification de ses approvisionnements en armes, en se tournant notamment vers des pays comme l'Allemagne, l'Italie, les États-Unis d’Amérique, la Chine ou encore l’Afrique du Sud. Toutefois, le matériel russe continue d'occuper une part prépondérante du parc militaire algérien, cette position a été davantage renforcée par la signature en 2006 d’un contrat très important de livraisons militaires[185].

Par ailleurs, l’armée algérienne construit certains types d’armements, cela va des patrouilleurs et corvettes pour la Marine de guerre, jusqu’aux véhicules blindés de transport de troupes pour l’armée de Terre. Elle s’est en outre lancée depuis l'année 2000 dans un processus de professionnalisation, qui vise à terme à adapter l’organisation de cette institution aux standards internationaux (notamment ceux de l’OTAN), le corollaire de cette transformation étant l’intégration de l’Algérie au sein du dispositif de l’OTAN en Méditerranée.

Économie

Article détaillé : Économie de l'Algérie.

À partir de 1962, le gouvernement algérien a opté pour une économie planifiée fortement centralisée, les premiers objectifs consistaient à donner à l’Algérie une indépendance sur le plan économique par la récupération notamment des richesses nationales. Une série de nationalisations est menée à ce titre, touchant notamment des entreprises étrangères. Par la suite un effort considérable d’industrialisation est déployé. Mais cette politique est aussitôt contredite par la nouvelle donne qu'introduit le contre-choc pétrolier de 1986, l’État ne pouvant plus supporter durant cette période l’investissement financier qu’il consentait au profit des entreprises nationales, et n’était pas non plus en mesure de répondre favorablement à la nouvelle vague des demandes d'emploi qui ont largement crû avec l’augmentation démographique, que le pays a connue depuis l’indépendance. L’Algérie recourt à partir de 1988 au FMI afin de réaliser un ajustement structurel, un vaste programme de réformes est engagé afin d’assurer une transition de l’économie socialiste vers une économie de marché.

Aujourd’hui l’Algérie présente une situation économique extrêmement favorable tant sur le plan interne qu’au niveau externe, à la suite notamment de l’augmentation très soutenue des prix du pétrole, la croissance économique du pays a suivi une progression constante et stable, passant de 2,1 % en 2001 à 5,3 % en 2005, avec un pic de 6,8 % en 2003, les projections pluriannuelles associées à la loi de finances 2005 tablent sur un taux moyen de croissance de 5,3 % par an pour la période 2005-2009. Malgré la présence de surliquidités liée à l’abondance des ressources pétrolières, l’inflation est restée maîtrisée grâce au strict contrôle qu’exerce la Banque d’Algérie, le taux d’inflation à la fin 2005 était de 1,5 % contre 3,6 % pour 2004. Cependant, depuis 2011, l'inflation a repris un rythme plus soutenu avec des taux variant entre 4,5% en 2011 à 8,9% en 2012.

Sur le plan externe, l'Algérie est la quatrième puissance économique du continent africain avec un PIB de 207,8 milliards USD et 277,4 milliards USD en PIB à Parité de Pouvoir d'achat (PPA).

D’après The World Factbook, le classement de 2012 par produit intérieur brut nominal (PIB) des principales puissances économiques du continent africain révèle l'ordre suivant :

Ministère des Finances à Alger
Classement du CIA World Factbook des pays par PIB
État PIB
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 384,3 milliards de dollars US
Nigeria Nigeria 268,7 milliards de dollars US
Drapeau de l'Égypte Égypte 256,7 milliards de dollars US
Drapeau de l'Algérie Algérie 208,7 milliards de dollars US
Drapeau de l’Angola Angola 118,7 milliards de dollars US
Maroc Maroc 97,53 milliards de dollars US
Source: Classement CIA World Factbook des pays par PIB (2012).

Ramené à la parité de pouvoir d'achat, le PIB (PPA) par habitant est, lui, estimé à 7600 USD en 2012[186].

Production et investissement

Anciens et actuels pays membres de l'OPEP
Légende :
Vert : Pays membres
Orange : Ancien pays membres

L’Algérie est un important producteur et exportateur de gaz naturel (5e producteur et 4e exportateur[187]) et de pétrole (13e producteur et 9e exportateur[188]), et dispose aussi de réserves importantes de fer au Sud-Ouest, ainsi que d’or, d’uranium et de zinc à l’extrême Sud. Le pétrole et le gaz naturel, exploités par la société nationale Sonatrach, sont les principales sources de revenus. L’Algérie a su diversifier son économie en réformant son système agraire et en modernisant son industrie lourde, mais les hydrocarbures constituent encore la quasi-totalité des exportations. En outre, même si parmi les productions agricoles de l'Algérie, le pays est dans le monde le 1er producteur de fève verte, 5e de figue, 6e de datte, 8e d'abricot, 9e d'artichaut ou encore 10e d'amande[189], il est le 5e pays qui exporte le moins sa production agricole[190]. La dette extérieure de l’Algérie s’élevait en décembre 2007 à 880 millions USD contre 4,7 milliards USD en 2006 – le pays est en train de rembourser par anticipation de vastes parts de ses dettes, utilisant ainsi l’afflux de devises inattendues liées à la hausse du prix du pétrole avant la chute de fin 2008 (voir : Pic pétrolier).

Parts des différents secteurs dans le PIB (2006)

Avec la libéralisation progressive de son économie[191], l’Algérie commence à séduire de plus en plus d’investisseurs étrangers, notamment après la promulgation de la loi 02-01 du 5 février 2002 qui pose les principes de base de la libéralisation des marchés de l’électricité et de la distribution du gaz par canalisations et la création de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG).

L’Algérie vient en tête de la région MEDA en termes de « flux d’investissements », souligne une étude sur l’investissement direct étranger en 2004 dans la région MEDA, du réseau euro-méditerranéen des agences de promotion des investissements (Anima)[192]. Le document précise que la reprise « très nette » observée en 2004 est largement due au secteur de l’énergie. Les IDE commencent cependant à s’élargir à d’autres domaines que les hydrocarbures tels que les télécommunications, le tourisme, l’industrie. Autant de projets qui font qu’aujourd’hui, note le document d’Anima, l’Algérie devient une destination pour les IDE, malgré un climat d’investissement qui reste à améliorer. Le montant des investissements annoncé par le Mediterranean Investiment Project Observatory (MIPO) pour l’Algérie est de 5,857 milliards d’euros pour 59 projets contre 2,519 milliards d’euros en 2003 pour 31 projets.

La croissance économique a été obtenue en premier lieu par le secteur du bâtiment et des travaux publics (+7,1 %), suivi de celui des hydrocarbures (+5,8 %) et des services (+5,6 %), alors que l’agriculture n’a progressé que de 1,9 %.

L'Algérie possède les plus importantes réserves de lithium au monde. Cette matière étant le combustible indispensable à la composition des moteurs de voitures électriques futures. Les réserves sont situées dans le Bassin sédimentaire Méditerranéen et risquent de poser des problèmes de concurrences et de conflits entre les différents pays avoisinants pendant l'après-pétrole[193],[194],[195]. De plus, l'Algérie possède également de nombreux grands lacs salés. Majoritairement des Chotts et des Sebkhas (de superficie plus petite).

Principaux indicateurs économiques
Indicateur Valeur
PIB 207,8 milliards USD (2012)
PIB/habitant nominal 5,073 USD (2008)
PIB/habitant PPA 7,600 USD (2012)
Croissance hors hydrocarbure 6,5 % (2007)
Inflation 8,9 % (2012)
Chômage 10,2 %[196]
Réserves de change 157 milliards USD (fin novembre 2010)[197]
Dette extérieure 3,92 milliards USD (2009)[198]
Dette publique 483,8 millions USD (fin septembre 2009)[199]
Solde budgétaire +3,9 % du PIB (2003)
Exportations 63,3 milliards USD (2007)[200]
Importations 26,13 milliards USD (2007)
Production pétrolière 1,450 million de barils par jour (2004)
Réserves pétrolières 43 milliards bep (2006)
Réserves de gaz 4 500 milliards de mètres cubes
Investissements directs étrangers 5,25 milliard USD (2008)
Source : présidence de la République algérienne[201]

Commerce extérieur

Évolution du commerce extérieur de l'Algérie de 1999 à 2006

La balance commerciale de l’Algérie demeure fortement tributaire des revenus que génère la vente du pétrole et du gaz qui constituent à eux seuls plus de 97 % du volume global des exportations en 2007[202]. Ainsi, à la faveur de l’envolée des prix des matières premières depuis le début du XXIe siècle, l’Algérie, à l’instar des autres pays producteurs de pétrole et de gaz, a dû enregistrer un renflouement exceptionnel de ses recettes en devises, permettant ainsi une très nette amélioration des indicateurs macro-économiques. En 2007, le volume des exportations s’élève à 63,3 milliards de dollars contre 26,13 milliards pour les importations, permettant ainsi de totaliser un excédent commercial record de 37,17 milliards de dollars. Le principal partenaire commercial de l’Algérie est l’Union européenne, avec qui elle réalise plus de la moitié de son commerce extérieur ; parmi les clients, les États-Unis viennent en tête avec un volume d'échanges de 19 milliards de dollars, suivis par l'Italie et l'Espagne.

Les échanges entre la Chine et l'Algérie s'élèvent à plus de 3,8 milliards de dollars[203].

L’Alliance d’Affaires Canada-Algérie (AACA) s'occupe des investissements. Le taux d'échange dépasse les 3 milliards de dollars[204].

Finances

Évolution des réserves de change de 1999 à 2007

À partir de 1966, toutes les banques ont été nationalisées. Les fonctions monétaires et bancaires du gouvernement algérien sont centralisées dans le cadre de la Banque d’Algérie, qui procède à partir de 1986, à la libéralisation du secteur bancaire ainsi qu’à la constitution de banques privées. Soutenu dans cette entreprise par le FMI et la Banque mondiale, l’État algérien a entrepris des efforts d’assainissement de ses finances et a vu sa dette extérieure diminuer à partir de la fin des années 1990. L’Algérie a achevé à ce titre le remboursement anticipé de la totalité de sa dette rééchelonnée. En effet, des accords ont été signés sur le remboursement par anticipation de dettes notamment avec la Pologne, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Inde, la Slovénie et le Portugal, selon la presse locale. Avec ses créanciers publics du Club de Paris, l’Algérie a clos à la mi-novembre tout le processus de remboursement anticipé pour un montant global de 7,75 milliards de dollars. Elle avait également remboursé par anticipation sa dette rééchelonnée avec le Club de Londres en septembre dernier pour un montant de 800 millions de dollars. L’encours de la dette extérieure est passé de plus de 33 milliards de dollars en 1996 à moins de 4,5 milliards de dollars en 2007. Le service de la dette en pourcentage des exportations de biens et de services est en outre passé de 73,9 % en 1991 contre seulement 500 millions de dollars sur un volume global de 63,3 milliards de dollars. Les réserves en devises sont passées quant à elles de moins de 5 milliards de dollars en 1999 à plus de 200 milliards de dollars à la fin du mois de décembre 2011, ce qui place l'Algérie en première position en Afrique pour ce qui est de ses réserves en devises[197],[205].

Sciences

L’Algérie compte actuellement 20 000 enseignants chercheurs qui sont répartis entre les différentes universités du pays, et plus de 780 laboratoires de recherche qui emploient 1 500 chercheurs, l'État s'étant en outre fixé l'objectif d'atteindre à terme 1 000 laboratoires avec 4 500 chercheurs. L'enveloppe financière qui est allouée à ce secteur est estimée à plus de 100 milliards de dinars pour un programme de développement qui doit s'étaler jusqu'en 2014[réf. nécessaire]. L'Algérie a par ailleurs enregistré des avancées dans le domaine de la recherche énergétique et spatiale. L'énergie solaire et éolienne constituent des créneaux qui sont privilégiés par les programmes de développement initiés par l'État algérien. L'Algérie dispose à cet effet du potentiel solaire le plus important de tout le pourtour méditerranéen, il est ainsi estimé à 169, 440 térawatts heure/an (TWH/an) pour le solaire thermique, et de 13,9 TWH/an pour le solaire photovoltaïque. D'autres projets ont permis aussi la création d’un technopôle solaire à Hassi R'Mel, doté d’une capacité de 150 MW/an, et opérationnel à la fin de l’année 2008. Ce projet aura une capacité de production 6 000 MW d'électricité d’ici 2015, soit 5 % de la production globale d’électricité d’ici 2010. L’Algérie se classe en outre comme le futur premier fournisseur de l’Europe en énergie solaire[206]. Dans le domaine spatial et satellitaire, l'Agence spatiale algérienne s'occupe de tous les programmes pour satisfaire la demande de la population notamment dans les télécommunications. Le plus important projet est le Programme Alsat. Le nucléaire algérien est utilisé à des fins pacifiques. Depuis les années quatre-vingts, le réacteur de Aïn Oussara et de Draria permettent aux chercheurs algériens de mener des expériences scientifiques notamment dans le domaine de la recherche médicale. Le réacteur nucléaire NUR (lumière) situé à Draria près d'Alger, est d'une puissance de 1 mégawatt, fonctionnant à l'eau légère. Il s'agit d'un réacteur de recherche dont la construction s'est faite en collaboration avec l'Argentine, son inauguration intervient officiellement en 1989[207]. Mais la première centrale nucléaire verra le jour en 2020, un accord a été signé avec la France et les États-Unis[208],[209]. Actuellement, l'Algérie s'investit dans le développement des énergies renouvelables à l'exemple de la Centrale électrique mixte de Hassi R'mel.

Télécommunication

Le réseau des télécommunications en Algérie était peu développé, et l'inégalité des services en fonction des régions était très importante. En dehors des zones urbanisées du nord de l'Algérie, le réseau était encore largement sous-développé, et les téléphones fixes et les ordinateurs y étaient très limités. Mais, depuis 2000 avec la privatisation du marché des télécommunications, le secteur est cependant en nette amélioration[210]. Dans le cadre de cette libéralisation des marchés, une Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT), assurant la régulation du secteur, a été créée. Le gouvernement a engagé en outre de nombreuses mesures dans le but de développer et d'améliorer les technologies et le réseau des télécommunications. Mais, les problèmes de surfacturation demeurent en Algérie[211].

Ainsi, le secteur de la téléphonie mobile est passé pour la période 2001-2006 de 100 000 à plus de 20 millions d'abonnées, et connaît de 2005 à 2006 un taux de pénétration de 67,8 %[212]. L'évolution du marché de téléphone fixe est toutefois relativement stagnante et l'accès à Internet est encore peu répandu malgré l'important déploiement de nouvelles technologies (dont le réseau de fibre optique de 23 457 km). Selon la Banque mondiale, en 2005, l'Algérie avait en moyenne 494 lignes téléphoniques pour 1 000 personnes et environ 58 pour les utilisateurs Internet. En Algérie, l'opérateur privé Djezzy, en partenariat avec RIM, a lancé en avant-première au Maghreb, le 15 novembre 2006, la première offre BlackBerry. L'opérateur Djezzy (Orascom Télécom Algérie) a lancé le BlackBerry en 2007 suivi par l'opérateur historique Mobilis (Algérie Télécom).

Indicateur Valeur
Téléphonie mobile 32,78 millions d’abonnés (2010)
Lignes de téléphone 2 922 731 abonnés (fin 2010)
Connexions Internet 6,80 millions d’utilisateurs (2006)
Source : Autorité de régulation (ARPT) (Algérie)[210].

Transport

Article détaillé : Transport en Algérie.
Passage du tramway dans la commune de Bordj El Kiffan
Station de métro Les Fusillés à Alger

Le réseau routier algérien est le plus dense du continent africain[213], sa longueur est estimée à 180 000 km de routes, avec un taux de revêtement de 85 % et plus de 3 756 ouvrages d'art. Ce réseau devrait être complété par une infrastructure autoroutière majeure en cours d'achèvement, l'autoroute Est-Ouest. C'est une autoroute 2x3 voies qui relie, sur 1 216 km, la ville d'Annaba à l'extrême Est à la ville de Tlemcen à l'extrême Ouest[214]. L'Algérie est également traversée du Nord au Sud par la route transsaharienne, qui est maintenant goudronnée sur sa quasi-totalité et est même une autoroute sur le début de sa partie Nord. Cette route est poussée en avant par le gouvernement algérien afin d'accroître le commerce entre les six pays traversés (Algérie, Mali, Niger, Nigeria, Tchad et Tunisie).

Nouvelle autoroute Est-Ouest reliant l'Est et l'Ouest de l'Algérie sur une distance de 1216 km
Gare ferroviaire d'Agha à Alger

Le réseau ferroviaire est quant à lui estimé à 4 200 km, il connaît depuis peu une électrification au niveau de certains tronçons, ce qui doit conduire incessamment à l'installation de trains à grande vitesse qui devraient relier les villes les plus importantes du pays[215]. L'ouverture attendue pour fin 2011 du métro d'Alger, d'une longueur de 14 km et desservant 16 stations, fera d'Alger la première ville du Maghreb à être équipée d'un métro souterrain (Tunis disposant depuis 1985 d'un métro léger).

Pour l'activité portuaire, elle est principalement dominée par les exportations d'hydrocarbures. Le premier port d'Algérie est de loin celui d'Arzew, par lequel transite la plus grande part des exportations de pétrole brut d'Algérie, et avec un trafic annuel de 40 millions de tonnes de cargaisons. La Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN) et l'Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs sont des acteurs du transport maritime en Algérie. Plusieurs transbordeurs (navire traversier) font la liaison des passagers vers les côtes européennes ainsi que le transport de marchandises à travers le monde[216]. En Algérie, les ports les plus importants sont au nombre de 17 : port d'Alger, port de Annaba, port d'Arzew, port d'Arzew El-Djedid, port de Béjaïa, port de Beni Saf, port de Cherchell, port de Collo, port de Dellys, port de Djen Djen, port de Ghazaouet, port de Jijel, port de Mostaganem, port d'Oran, port Methanier, port de Skikda et port de Ténès[217].

L'Algérie compte 35 aéroports, dont 13 internationaux. Le plus important est l'Aéroport d'Alger avec une capacité, depuis 2006, de 12 millions de passagers par an. Air Algérie, la compagnie aérienne nationale, domine quant à elle le marché du transport aérien qui compte depuis son ouverture à la concurrence 8 autres compagnies privées, dont notamment la compagnie Tassili Airlines.

Air Algérie gère des lignes régulières vers l'Europe, l'Afrique, le Canada, la Chine et le Moyen-Orient. Plusieurs compagnies aériennes internationales opèrent des vols réguliers vers l'Algérie (Tunisair, Royal Air Maroc, Egyptair, Qatar Airways, Saudi Arabian Airlines, Iberia, Air France, Alitalia, Aigle Azur, Lufthansa, Turkish Airlines, British Airways, TAP Portugal).

Plusieurs grandes villes (Alger, Batna, Constantine, Oran, etc.) se doteront du tramway[218].

Dans la majorité des villes, les bus privés et de l'État possèdent des lignes qui desservent la plupart des quartiers. Ainsi à Alger la compagnie nationale Entreprise de transport urbain et suburbain d'Alger éprouve des difficultés face à la demande des citoyens[219]. Les mégabus ont été ajoutés au transport pour améliorer les services[220]. Mais, la modernisation des trains de banlieue et l'ouverture de nouveaux téléfériques faciliteront le déplacement des gens dans la capitale et aussi dans certaines villes. Avec 4314 morts sur 16 282 accidents de la route recensés par la Direction générale de la Sûreté nationale en 2003, l’Algérie serait le quatrième pays le plus dangereux au niveau mondial en ce qui concerne la circulation automobile[221]. La raison principale est « l’extraordinaire banalisation d’une conduite suicidaire sur les routes du pays »[221].

Indicateur Valeur
Routes 180 000 km (dont 42 000 km routes secondaires) (2010)
Nombre d’aéroports 35 (dont 13 internationaux) (2005)
Voies ferrées 4 500 km (dont 299 km électrifiées) (2010)
Nombre de ports 40 ports, 11 mixtes, 2 destinés aux hydrocarbures
Nombre de voitures 5,5 millions de véhicules (2009)
Source : Présidence de la République algérienne[222] et CIA World Factbook.

Agriculture et pêche

Zone agricole de Sidi Amer dans le département de Tipaza.

Selon, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural[223], la part de la valeur ajoutée agricole dans le PIB est de 10,1 %. Les surfaces irriguées représentent 835 197 ha en 2006. De nombreux arbres furent plantés afin de ralentir l’avancée du désert comme le barrage vert. La superficie totale de forêts ravagées par le feu pendant l’année 2006 a été estimée à 16 916 ha. Près de 900 millions de mètres cubes d’eaux de crues sont destinés à l’irrigation par épandage de 498 000 ha pour la production fourragère. Le potentiel de production arboricole et viticole compte près d’un million d’hectares en 2006. Les superficies récoltées en toutes espèces confondues est de 2 671 140 ha, le blé dur représente 1 162 882 ha, le blé tendre 620 945 ha, l'orge 812 280 ha et l'avoine 75 035 ha. La culture fourragère totalise 788 542 ha. Les légumes secs sont étalés sur 66 866 ha et la culture de pommes de terre est de 58 632 ha.

L'Algérie détient les plus grandes réserves mondiales de corail rouge, dont la pêche est réglementée par l'État[224].

Les superficies des cultures maraîchères représente 372 096 ha. Les cultures industrielles dont les tomates, le tabac et les arachides forment 10 569 ha. L'arboriculture fruitière à noyaux et pépins est de 280 387 ha et les agrumes utilisent 57 064 ha. Les deux entreprises Ifri ou N'Gaous produisent du jus à partir de la récolte. La viticulture renferme 97 063 ha et l'ONCV s'occupe de la fabrication du vin à partir des vignobles. L’oléiculture englobe 263 352 ha, la région la plus connue est la Kabylie pour l'olivier et l'huile d'olive. La phoeniciculture est basée essentiellement au Sud. Le nombre de palmiers dattiers est estimé à 17,1 millions. Chaque palmier produit annuellement entre 45 et 51 kg de dattes. L’élevage ovin a un effectif de 19,6 millions de têtes, ensuite le caprin avec 3,7 millions de têtes. Quant aux bovins, ils comptent 1.6 million de têtes et en dernier la camelin est estimé à 0,3 millions de têtes. Enfin, l’effectif apicole détient 964 026 ruches. Pour le sous-secteur des forêts, une superficie de 34 593 ha de plantation forestière a été réalisée en 2006.

Plaine de la Mitidja vue depuis le Mausolée royal de Maurétanie

Plusieurs projets de lutte contre la désertification et de développement du pastoralisme ont été engagés. L'État prévoit la régénération de 2 817 194 ha ; la réhabilitation de 25 891 ha par la plantation pastorale dans les zones très arides ; la réalisation de 526 532 m³ de correction torrentielle ; l'irrigation de 22 053 ha par épandage des eaux de crues grâce à la construction de 282 ceds de dérivation ; la réalisation de 631 points d’eau d’abreuvement (djoubs, puits, sources, forages et mares) et la réalisation de 206 253 millions de litres de seguias et enfin d’abreuvement (djoubs, puits, sources, forages et mares)[225].

La côte algérienne longe 1 200 km, partagée en quatorze wilayas maritimes. Chaque wilaya possède un certain nombre de ports, d’abris de pêche et de plages d’échouage. 64 sites de débarquements longent la côte algérienne: 32 ports ; 23 plages d’échouage ; 4 sites d’abris aménagés ; 5 sites d’abris naturels[226]. Les espèces halieutiques les plus consommées sont : poissons démersaux, petits pélagiques, grands pélagiques, requins et squales, crustacés et mollusques. L'Algérie pêche presque 230 000 tonnes par an, selon le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques. Le corail est réglementé en Algérie, il se trouve dans la côte est, El Kala dans la wilaya d'El-Tarf.

Société

Panorama du front de mer d'Annaba, quatrième ville d'Algérie de par sa population.

La société algérienne est en majorité composée de jeunes, 50 % de la population est célibataire[227]. Plusieurs associations caritatives et organismes sont présidés par des femmes, elles travaillent pour donner des soins et pour aider les gens surtout dans les régions rurales et dans les hôpitaux[228].

l’Algérie a enregistré des progrès ces dernières années en matière des droits des femmes, le pourcentage des Algériennes travailleuses est de 38 %[229]. la Constitution garantit tous les droits politiques, économiques, sociaux et culturels de la femme algérienne .L’écart masculin/féminin dans le taux de scolarisation se soit relativement rétréci, passant de 20 % en 1966 à 3,6 % en 2002. À ce sujet, 55,4 % des inscrits à l’université en 2003 sont des filles contre 39,5 % en 1991 (quadruplement du nombre des étudiantes). Concernant la main-d’œuvre féminine, il est indiqué dans le rapport du CNES que « une augmentation de près de 5 fois comparée à la période 1977/2003 et de près de 2,5 fois sur la période 1987/2003 »[230].

Cependant, tout comme ailleurs dans le Maghreb. la femme demeure considérée comme inférieure par certaines catégories de la population, en particulier dans les milieux non-instruits. Ainsi, Souad Belhaddad[231], écrivain, journaliste et interprète franco-algérienne écrit: « En Algérie, quand une femme est agressée, lynchée, on dit qu'elle est prostituée. Quand elle dépose plainte, on dit qu'elle est manipulée. Quand elle suscite la solidarité internationale, on la trouve carrément suspecte »[232]

Au cours d'une enquête entre 2006 et 2007, la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM) a découvert que 38,3 % des mariages du pays sont consanguins[233]. Bir el-Ater près de Tébessa vient en tête du classement avec un taux de 88 % de cas de consanguinité, alors que le taux le plus faible est enregistré à Oran avec 18,5 %[234].

Femmes algériennes en tenues traditionnelles du pays.

Une enquête algérienne à indicateurs multiples (MICS3) de l’Office national des statistiques en collaboration avec le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière et financée par l’Unicef, a, entre autres, dévoilé que 67,9 % de femmes algériennes acceptent que leurs maris les battent[235].

Une étude récente dévoile qu’entre 2007 et 2008, 36 % de garçons et 15 % de filles ont subi une violence physique à l’école, 35 % de garçons et 12 % de filles ont été agressés dans la rue. 26 % d’adolescents ont été battus au sein de leur famille[236].

Depuis 2006, l'IDH algérienne est croissante. Ainsi, en 2010, l'indice atteint 0,787. Passant de 0,754 en 2007 à 0,787 donc en 2010[237].

Le gouvernement accorde 1,5 milliard d'euros pour la rénovation de 320 hôpitaux et il prévoit 20 milliards d'euros pour améliorer les infrastructures sanitaires jusqu'à 2025[238].

Le nombre de la diaspora algérienne est inconnu, des millions d'Algériens vivent à l'extérieur du pays. Toutefois, la commission des affaires étrangères de l’APN a été chargée du recensement général de la population (RGPH 2008) pour connaitre le poids des migrants[239].

En 2008, les garde-côtes algériens ont repêché près d'une cinquantaine de corps à l'ouest de l'Algérie. La majorité des morts avaient entre 20 à 30 ans. Les Algériens les appellent les Harragas. Le mythe du harrag se répand vite à travers le pays et il est devenu à la mode. Surtout à l'Ouest, les jeunes fredonnent « C'est la dernière année où je suis là »[240].

Chaque année, il y a plus de 15 000 fumeurs qui meurent des effets du tabagisme, presque la moitié des hommes sont des fumeurs, selon les statistiques officielles. 80 % des habitants de la capitale développeront des maladies causées par le tabac dans les prochaines années, selon les spécialistes[241].

Au cours du premier trimestre 2009, 9 005 accidents corporels ont été enregistrés. Le bilan est lourd, on rapporte 13 814 blessés et 951 morts. Les conducteurs sont en grande partie responsables de ces accidents[242].

Chaque année, il y a presque 10 000 personnes qui tentent de se suicider, d'après une estimation de 2005[243]. La gendarmerie déclare 203 cas de suicides en 2009. Le taux des hommes est supérieur aux femmes et plusieurs facteurs sont en cause[244].

L'Algérie le 42e pays le plus « écologiquement propre » de la planète, et le premier parmi les pays arabes notamment en raison des progrès réalisés récemment au niveau des énergies renouvelables et au vu de son potentiel énergétique[245].

Démographie

Article détaillé : Démographie de l'Algérie.
Jeunes algérois dans les rues de la Casbah
Plage du Club des pins à Alger

L'Algérie comptait 38,7 millions d'habitants au 1er janvier 2014 avec un taux de croissance annuel d'environ 2 %[8]. Environ 90 % des Algériens vivent sur un peu plus de 10 % du territoire, concentrés le long des côtes méditerranéennes. La densité de la population moyenne du pays est de 14 habitants/km². Cependant, ce chiffre reflète mal une répartition inégale, elle dépasse en effet les 100 habitants/km2 pour les régions du nord, principales régions peuplées de l'Algérie.

Près de la moitié des Algériens a moins de 19 ans. Le pays connaît aussi un taux important d’émigration. En 2000, l’Algérie est le 15e pays du monde ayant fourni le plus de migrants, estimés à plus de 2 millions d’individus, soit une proportion de 6,8 % par rapport à la population du pays[246]. La France abrite la plus importante communauté algérienne à l'étranger, estimée à un million de personnes, dont près de 450 000 binationaux[247]. Le taux de migration est négatif (-0,33‰), car le taux d'émigration n'est qu'en partie compensé par l'immigration de populations venues des pays du sud. L'Algérie abrite notamment dans la région de Tindouf près de 165 000 réfugiés sahraouis[248] ayant fui le Sahara occidental en 1975.

Les Algériens sont principalement berbères (amazigh). Il est probable que les Haratins aient disputés des territoires aux Berbères avant d'être totalement refoulés vers les oasis du Sahara algérien[249]. Les différentes vagues de peuplement composées de Phéniciens, de Juifs, de Romains, de Vandales, de Byzantins, d'Arabes, d'Espagnoles et des Andalous[250], de Turcs(Kouloughlis), de Français, etc., se sont succédé au cours de l'histoire.

Les musulmans orientaux ont converti l’ensemble du Maghreb à l’islam au VIIe siècle et y ont établi leur religion et la langue arabe, langue liturgique. L’apport démographique arabe n’a été significatif en Algérie qu’à partir du XIe siècle, notamment par l’arrivée de tribus d’Hilaliens, estimées cependant à quelques dizaines de milliers[251] et environ 250 000 sur l’ensemble de l’Ifriqiya[252]. Aussi d'après ces estimations, la principale souche très majoritaire des Algériens est berbère[253],[254]. L'arrivée des hilaliens fut donc un facteur principalement important dans l’arabisation linguistique de la Berbérie[255]. Selon l'historien Charles-Robert Ageron[256], en 1886, l'Algérie comptait environ 1,2 million de berbérophones (Chaouis, Kabyles, Chenouis Touaregs, Mozabites, etc.) contre environ 1,1 million d'« Arabes ». L'arabisation plus massive de l'Algérie est donc relativement récente et s'est surtout accélérée, paradoxalement, durant la colonisation française entre 1850 et 1950. Parmi les régions restées berbérophones, notamment en raison de leur enclavement géographique (montagnes, oasis) ou religieux[257], les Kabyles et les Chaouis sont les plus nombreux.

À travers le temps, plusieurs populations furent décimées à la suite des épidémies et aux guerres fratricides et aux causes naturelles (sécheresse, tremblement de terre). Après l'indépendance, l'Algérie était parmi les pays à plus forts taux de fécondité au monde. Il y avait un faible taux de femmes au travail pendant les années 1970. La transition démographique fut en 2000. Le pays se situe dans les pays à fécondité modérée avec un taux de 20 pour mille. L’introduction de la contraception, l'émancipation des femmes dans le monde du travail et la situation socioéconomique (crise de logement, avancée de l'âge du mariage, l'inflation, le chômage, etc.) des familles sont les causes principales de la baisse[258]. Selon des chiffres officiels, environ 4 000 enfants, dont 3 000 illégitimes, sont abandonnés chaque année dans le pays[259],[260].

L'Algérie connut aussi entre les années 1950 et les années 2000 des brassages intenses de sa population, dus à diverses raisons : guerre de libération nationale, migrations internes des populations, exode rural massif, décennie noire ou urbanisation rapide[261].

En 2012, résident notamment en Algérie 30 344 français[262] et environ 30 000 à 40 000 chinois.

Fêtes

Fêtes légales
Date Nom Indication
1er janvier Jour de l'an Premier jour de l'année du calendrier grégorien
1er mai Fête du Travail Jour férié à l’occasion duquel plusieurs manifestations syndicales sont organisées, notamment par l’UGTA.
5 juillet Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse Proclamée le jeudi 5 juillet 1962
1er novembre Anniversaire de la Révolution algérienne Déclenchement de la Révolution le lundi 1er novembre 1954
Fêtes religieuses pour l'année 2007[263]
Date Nom Indication
20 janvier Awal muharram Premier jour de l’année musulmane (Hégire)
29 janvier Achoura Fête
31 mars al-Mawlid an-nabaoui Jour de la naissance du prophète de l'islam Mahomet (cette fête est considérée comme d'essence non-religieuse par la majorité des théologiens)
13 octobre Aïd el-Fitr (ou Aïd es-Seghir) Fin du ramadan, mois de jeûne et de prières pour les musulmans (2 jours)
20 décembre Aïd El Adha (ou Aïd el-Kebir) « la fête du sacrifice », commémoration de la soumission d’Abraham à Dieu, marque la fin du pèlerinage à La Mecque (2 jours)

L'Algérie a adopté le weekend semi-universel (vendredi/samedi) en août 2009 pour s'adapter à l'économie des pays occidentaux. Le repos hebdomadaire était fixé depuis 1976 au jeudi et vendredi, à la différence de la plupart des pays de tradition islamique qui avaient déjà choisi le weekend universel (samedi/dimanche) ou semi-universel. Les jours fériés algériens sont inscrits dans la loi no 63/278 du 26 juillet 1963, modifiée et complétée des ordonnances no 66/153 et no 68/149[264]. Cependant, d'autres fêtes non-officielles, islamiques, berbères ou nationalistes, sont également célébrées. Les quatre principales fêtes berbères sont : Yennayer (Nouvel an du calendrier berbère, 12-13 janvier), Tafsut Imazighen (« Printemps berbère », 20 avril), Amenzu n tfsut (27 juillet), et Amenzu n tyerza (29 octobre). Parmi les fêtes nationalistes sont commémorés les massacres de Sétif du 8 mai 1945 ou encore la date anniversaire du congrès de la Soummam, tenu en 1956 et qui organisa la lutte des Algériens pour leur indépendance.

Religions

Article détaillé : Religion en Algérie.
Mosquée El Rahman à Cherchell, également surnommée "mosquée aux cent colonnes". Elle a été bâtie en 1574 apr. J.-C.
L'abside. Saint Augustin et les Cardinaux d'Alger

Il n'existe pas de recensement officiel en matière de religion[265]. Toutefois, il est généralement estimé que l'islam est la religion de 98 à 99 % des Algériens[266],[267]. L'État algérien a fait de sa branche sunnite la religion d'État[268]. Les musulmans sont majoritairement de rite malékite, mais on trouve également des communautés ibadites comme dans le Mzab.

Grande mosquée d'Alger, construite en 1660[269]

Il existe aussi plusieurs confréries soufies ou autres, les zaouïas. Ces derniers ont un grand rôle dans la société algérienne.

Le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs gère tout ce qui est relié à la religion (calendrier musulman, les horaires de prières, les jours de fête religieuse, l'annonce du ramadan, le pèlerinage à La Mecque, l'entretien des mosquées)[270]. Le Haut conseil islamique s'occupe des affaires religieuses dans le pays et il est formé d'un président et de membres[271]. Son rôle est dicté par la constitution algérienne.

Plusieurs cérémonies religieuses célèbrent la naissance du prophète de l'islam Mahomet depuis des siècles. À ces occasions, l'usage de pétards provoque des hospitalisations chaque année.

Les récitants du Coran et les enfants circoncis reçoivent des cadeaux de la part des différents ministères et associations comme Ihssan lors des fêtes religieuses.

La constitution garantit à tous les citoyens une liberté du culte, et l'État en assure la protection. Les imams, les prêtres et les rabbins dépendent du ministère des Cultes et sont rémunérés par l’État. Le gouvernement contribue au financement des mosquées, des imams et de l'étude de l'islam dans les établissements scolaires. L’enseignement de la charia (les lois de la religion islamique) est devenu depuis septembre 2005 obligatoire dans toutes les filières du secondaire. En outre, le gouvernement a intensifié le contrôle de l'enseignement religieux scolaire, des prêches dans les établissements religieux et l'interdiction de la distribution d'ouvrages religieux faisant la promotion de la violence.

Les Églises protestantes d'Algérie avançant le chiffre de 50 000 fidèles en 2008[272], le ministère des Affaires religieuses reconnaît 11 000 chrétiens dans le pays, essentiellement catholiques[273]. Roger Saïd est un algérien de confession juive représentant depuis 2009 les intérêts de la communauté juive en Algérie[274].

La liberté de culte, pleinement applicable à l'islam, s'accompagne de restrictions pour les autres religions, comme la prohibition du prosélytisme ou encore l'obligation pour tout prêche d'être effectuée par une personne agréée par les autorités[275]. L'ordonnance no 06.03 du 28 février 2006 fixant les conditions et règles d'exercice des cultes autres que musulman, approuvée par la loi no 06.09 du 17 avril 2006[276], prévoit la condamnation à une peine de 2 à 5 ans de prison et d’une amende de 500 000 à 1 000 000 DA quiconque utilise des « moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion » ou « qui visent à ébranler la foi d’un musulman »[275]. Cette même ordonnance exige aussi des religions autres que l'islam qu'elles ne soient pratiquées que dans des lieux agréés par l'État algérien[277]. Depuis sa promulgation, de nombreux chrétiens et musulmans convertis au christianisme ont été poursuivis, accusés d'avoir enfreint ses dispositions[277]. Pour endiguer leur progression, 10 Églises évangéliques ont été fermées alors même que les autorités refusent constamment d'enregistrer les Églises protestantes, forçant donc leurs membres à pratiquer leur culte dans des lieux non agréés par l'État, au risque de poursuites[277]. Cette législation est en contradiction manifeste avec la constitution algérienne qui proclame la liberté d'expression, la liberté de conscience et la liberté de culte.

Selon une instruction du ministère de l'Intérieur, sur les photos du passeport, les oreilles doivent être apparentes pour les femmes et la tête découverte ainsi que la barbe rasée pour les hommes[278]. Depuis que les autorités saoudiennes exigent le passeport pour le pèlerinage musulman à La Mecque (le hajj), ces exigences embêtent voire font renoncer des personnes désireuses de le faire[278].

Média

Article détaillé : Média en Algérie.

Dans l'audio visuel, l'État garde le monopole depuis 1962. La télévision algérienne s'est démocratisée pendant la nouvelle constitution de 1989. Entreprise nationale de télévision (ENTV) est l'entreprise nationale algérienne qui assure le service public de télévision. Elle gère la chaîne de télévision du même nom, le Canal Algérie, l'Algérie 3, l'Amazigh tv 4 en tamazight et le Coran tv 5 qui diffuse le Coran[279]. Elle achète plusieurs émissions du privé pour les diffuser. Le Canal Algérie est diffusé sur le Web en direct sans interruption[280].

La Radio Algérienne est l'organisme public algérien de radiodiffusion. Il dispose de trois stations nationales, de deux stations thématiques et de 32 stations régionales. Cet organisme, qui revendique 20 millions d'auditeurs en Algérie, diffuse en arabe, berbère et français.

La presse écrite algérienne comprend deux langues : l'arabe et le français. La majorité de la presse écrite est privée. Cette presse est publiée sur le Net quotidiennement sauf pour le vendredi (jour férié).

Algérie Presse Service est l'agence de presse nationale algérienne. Elle est née le 1er décembre 1961, dans le sillage de la Guerre de libération nationale, pour en être le porte-drapeau sur la scène médiatique mondiale. Ses évolutions successives dès ses origines en font une agence de presse moderne proposant des services en ligne et par satellite.

La population en majorité préfère regarder les chaînes satellitaires (françaises ou arabes). Le nombre de paraboles serait de 20 millions[281]. Un projet de loi est en train d'être à l'étude pour interdire les paraboles sur les façades de maison qui donnent sur les rues et les boulevards[281]. Plusieurs opérateurs sont sur place, Camagraph, Stream System, Magenta, Condor. Canal+ vient de signer un accord spécial avec l'Algérie[282].

Les journalistes algériens sont représentés par le Syndicat national des journalistes algériens (SNJ) et travaillent dans plusieurs quotidiens algériens. Aussi, plusieurs journalistes travaillent dans les chaînes arabes et ailleurs. Lors de la décennie noire, plus de 70 journalistes ont été assassinés et plusieurs arrestations dans le milieu journalistique[283].

Ali Dilem est un dessinateur de la presse algérienne. Il publie ses caricatures dans le quotidien privée algérien Liberté (Algérie) et dans l'émission de télévision Kiosque de TV5Monde sur la chaîne francophone TV5.

Langue

Article détaillé : Langues d'Algérie.
Pancarte de bienvenue multilingue de la commune d'Isser (Boumerdès) transcrit en arabe, en berbère (tifinagh), et en français.
carte approximative des berbérophones

L’arabe classique est la langue officielle du pays, et depuis avril 2002 le berbère est reconnu langue nationale[284].

Dans la vie courante, les Algériens arabophones parlent en général un arabe dialectal, le dardja, qui diffère de l'arabe littéral par sa morphologie, sa syntaxe, sa prononciation et son vocabulaire. Le dardja a conservé certains mots et structures syntaxiques berbères[285] et a emprunté des termes au français et dans une moindre mesure au turc et à l'espagnol[286].

Le berbère ou tamazight se décline en plusieurs variantes régionales : chaoui dans les Aurès, chenoui dans le Dahra, kabyle en Kabylie, mozabite dans le Mzab, le touareg au Sahara, le et le chleuh à la frontière marocaine. L'Algérie grâce aux populations touarègues a conservé aussi le système d'écriture du berbère : le tifinagh qui fut ensuite réintroduit chez les autres communautés berbérophones.

Il est difficile de connaître le nombre exact d’arabophones et de berbérophones. Cependant, d’après certaines estimations, le chiffre varie de 70 à 85 % pour les Algériens arabophones, et de 15 à 30 % pour les berbérophones[287],[285]. Le français est également très répandu : l'Algérie est régulièrement citée comme le deuxième pays francophone dans le monde, avec près de 16 millions de locuteurs[288] ; elle a recensé en 2008 11,2 millions de personnes âgées de cinq ans et plus déclarant savoir lire et écrire le français[289], qui y est pourtant considéré comme une langue étrangère. L'État algérien n'adhère pas à la Francophonie, mais assiste à ses réunions.

Les colonisations ont eu une certaine influence linguistique. En effet, certains mots employés par les Algériens sont d’origine française, alors que ces mêmes mots ont leur équivalent berbère ou arabe, en usage avant la colonisation de l’Algérie par la France. Aussi depuis l’indépendance de l’Algérie, le gouvernement algérien a entamé une politique d’arabisation systématique du pays, consistant à imposer à la population, et dans tous les domaines, l'arabe classique au détriment du dardja et du berbère[290]. Les langues étrangères comme l'anglais, l'espagnol, le russe et l'allemand sont enseignées dans les écoles et aux universités depuis les arrêtés du 4/08/75 et 13/02/76. Plusieurs réformes des différents gouvernements ont apporté des rectifications dans le volume horaire à enseigner[291].

L'espagnol est en 1992 parlé par près de 60 000 personnes à Oran[292].

Système éducatif

La future faculté de médecine d'Alger à Châteauneuf

Depuis les années 1970, s'inscrivant dans un système centralisé qui avait pour objectif de réduire sensiblement le taux d'analphabétisme, le gouvernement algérien a instauré un décret par lequel l'enseignement à l’école est devenu obligatoire pour tous les enfants âgés entre 6 et 15 ans, qui ont la possibilité de suivre leur apprentissage scolaire à travers les 20 262 établissements construits depuis l'indépendance, à présent le taux d'alphabétisation avoisine les 78,7 %[293]. L’arabe est utilisé comme langue d’enseignement durant les neuf premières années d’école, et ce depuis 1972. À partir de la 3e année, le français est enseigné et c’est aussi la langue d’enseignement pour les cours de sciences. Les élèves peuvent par ailleurs apprendre à partir du moyen, l’anglais, l’italien, l’espagnol et l'allemand. En 2008, des nouveaux programmes au primaire font apparition, par conséquent la scolarité obligatoire démarre non plus à 6 ans, mais à 5 ans.

En dehors des 122 établissements privés[294], l’apprentissage à l’école et à l’université de l’État se fait gratuitement. Après les neuf années de l'école primaire, les élèves peuvent aller au lycée (secondaire) ou dans une institution d’enseignement professionnel. Le lycée propose deux programmes : général ou technique. À la fin de la troisième année du secondaire, les élèves passent l’examen du baccalauréat, qui permet une fois qu’il est réussi de poursuivre les études supérieures au sein des universités et instituts.

L’Algérie dispose par ailleurs de 26 universités et de 67 établissements d'enseignement supérieur, qui doivent accueillir en 2008 un million d'étudiants Algériens et 80 000 étudiants étrangers. L’université d’Alger, fondée en 1879 est la plus ancienne, elle offre un enseignement dans plusieurs disciplines (droit, médecine, sciences et lettres). 25 de ces universités et la quasi-totalité des établissements spécialisés de l’enseignement supérieur ont été fondés après l’indépendance du pays.

Même si un certain nombre d'entre elles proposent un enseignement en langue arabe à l'instar des filières du droit et de l'économie, la plupart des autres filières comme les sciences et la médecine continuent à être dispensées en langue française. Parmi les universités les plus importantes, il y a l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene, l’université de Mentouri Constantine, l’université d'Oran Es-Senia. Les meilleures universités de qualités demeurent l'université de Tlemcen et de Batna Hadj Lakhder, elles occupent respectivement le 26e et le 45e rang en Afrique[295].

Culture

Article détaillé : Culture algérienne.

Patrimoine et tourisme

L'Algérie compte 7 sites classés au patrimoine de l'Unesco. Toutefois, l'Algérie ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de l'Unesco[réf. nécessaire]. En effet, les sites en question ne sont pas entretenus. En plus de cette indifférence, certains sites classés même au patrimoine mondial de l'Unesco sont dégradés, voire dans certains cas détruits. C'est le cas de Timgad notamment. Si les sites classés au patrimoine mondial sont déjà pour la plupart en danger, les sites classés au patrimoine national sont quant à eux complètement ignorés. Ainsi de nombreux sites sont dégradés, pour certains détruits ou tout simplement laissés à l'abandon tels que Madaure, Tebessa, Lambèse, Medracen, la Mansourah… pour n'en citer que quelques-uns. C'est ainsi que l'Unesco prévoit de déclasser tout bonnement les sites algériens classés au patrimoine mondial[296]. Certains monuments algériens figurant sur la liste indicative de l'Unesco au classement ont dans ce contexte peu de chance d'être classés.

La politique touristique en Algérie est quant à elle presque inexistante, le pays comptant davantage sur ses ressources pétrolières et gazières. Ainsi, le célèbre guide touristique et de voyage le Petit Futé dresse un tableau édifiant sur les infrastructures touristiques du pays et sur les conditions d'accueil en Algérie[297]. C'est pourquoi de nombreux Algériens préfèrent passer leurs vacances en Tunisie au détriment de l'Algérie malgré la manne financière que ce tourisme représente[298]. Les monuments en Algérie étant saccagés et les conditions d'hébergement loin des normes internationales, cette situation semble durable[299].

Nation algérienne

Riche des différents apports qui la composent, la culture algérienne aura été façonnée par les diverses influences inhérentes à l'espace géographique auquel l’Algérie appartient, et qui fait d'elle un véritable carrefour de rencontres entre les cultures berbère, arabo-islamique, méditerranéenne, africaine et occidentale. Cependant, bien qu'elle revendique l'ensemble de ces influences, la culture algérienne se démarque par une forte spécificité, qui trouve son ancrage dans le cheminement particulier qui caractérise l'histoire de l'Algérie par rapport à sa sous-région. Dans le rayonnement qu'elle a pu avoir sur le monde, sans doute il est possible de citer de grands noms tels que saint Augustin, Juba II, l'Émir Abdelkader, Ibn Badis, Malek Bennabi ou encore Kateb Yacine et Mohammed Dib.

Littérature

Article détaillé : Littérature algérienne.
Ahlem Mosteghanemi, la romancière la plus lue dans le monde arabe[300], ici en 2000.
L'écrivain, poète et dramaturge Kateb Yacine


L'Algérie recèle, au sein de son paysage littéraire, de grands noms ayant non seulement marqué la littérature algérienne, mais également le patrimoine littéraire universel dans trois langues : l’arabe, le berbère et le français.

Dans un premier temps, la littérature algérienne est marquée par des ouvrages dont la préoccupation était l'affirmation de l'entité nationale algérienne par la description d'une réalité socioculturelle qui allait à l'encontre des clichés habituels de l'exotisme, c'est à ce titre qu'on assiste à la publication de romans tels que la trilogie de Mohammed Dib, avec ses trois volets que sont la Grande Maison, l'Incendie et le Métier à tisser, ou encore le roman Nedjma de Kateb Yacine[301] qui est souvent considéré comme une œuvre monumentale et majeure. D'autres écrivains connus contribueront à l'émergence de la littérature algérienne parmi lesquels on peut citer Mouloud Feraoun[302] ,[303], Moufdi Zakaria, Mouloud Mammeri, Frantz Fanon, Jean Amrouche et Assia Djebar. Au lendemain de l'indépendance plusieurs nouveaux auteurs émergent sur la scène littéraire algérienne, ils s'imposeront notamment sur plusieurs registres comme la poésie, les essais ainsi que les nouvelles, ils tenteront par le biais de leurs œuvres de dénoncer un certain nombre de tabous sociaux et religieux, parmi eux il y a Rachid Boudjedra[304], Rachid Mimouni, Tahar Djaout, Leila Sebbar, Abdelhamid Benhadouga, Yamina Mecharka et Tahar Ouettar. Actuellement, une partie des auteurs algériens a tendance à se définir dans une littérature d’expression bouleversante, en raison notamment du terrorisme qui a sévi durant les années 1990, l'autre partie se définit dans un autre style de littérature qui met en scène une conception individualiste de l'aventure humaine. Parmi les œuvres récentes les plus remarquées, il y a L’Écrivain, Les Hirondelles de Kaboul et L’Attentat de Yasmina Khadra, Le Serment des Barbares de Boualem Sansal, Mémoire de la chair de l'écrivain d'expression arabe Ahlam Mosteghanemi et enfin le dernier roman d'Assia Djebar Nulle part dans la maison de mon père.


Théâtre

Article détaillé : Théâtre algérien.
Mahieddine Bachtarzi figure de proue du théâtre algérien.
Théâtre de la ville de Batna

Les origines du théâtre algérien remontent au début du XXe siècle. Selon Mahboub Stambouli, la première pièce fut jouée en 1910[305]. Les premières pièces algériennes, à cette époque étaient sans rayonnement important en raison de la censure qu’exerçait la tutelle coloniale, qui craignait notamment que les pièces ne dérivent vers des sujets d’ordre subversif, par conséquent les éternelles questions domestiques constituaient les thèmes principaux, mais qui étaient cependant loin de refléter la réalité socioculturelle des Algériens. À partir des années quarante, de grands noms du théâtre émergent tels que Mahieddine Bachtarzi, Rachid Ksentini[306], Bach Djarah, Mme Keltoum, ces figures allaient constituer le premier noyau de dramaturges algériens qui allaient accompagner de façon soutenue, le mouvement d’affranchissement qui s’est saisi du peuple algérien, puisque durant la Révolution algérienne, des troupes théâtrales faisaient des tournées à travers plusieurs pays du monde, dans le but de faire connaître le combat que menaient les Algériens contre la domination coloniale. Après l’indépendance, le théâtre va suivre la même trajectoire que le cinéma. Cependant, l’avantage du théâtre a été d’être plus critique à l’égard de certaines transformations sociales, politiques et culturelles que connaissait la société algérienne ; animées par des dramaturges de talent à l’image de Abdelmalek Bouguermouh ou de Kateb Yacine, ces pièces avaient pour thèmes dominants les principales préoccupations des Algériens face au changement de statuts et de mœurs. Par la suite, une nouvelle vague de jeunes comédiens et de dramaturges font leur apparition sur la scène théâtrale, cette épopée fut menée par des figures telles que Abdelkader Alloula[307], Azeddine Madjoubi, Benguettaf et Slimane Benaïssa. Leurs créations ont été nombreuses et souvent de bonne qualité, parmi les pièces connues, il y a Bab El-Foutouh brillamment interprétée par Madjoubi et Lejouad, écrite et interprétée par Alloula. De nos jours, l’activité théâtrale est marquée par des programmes de création locale et d’adaptation de pièces de grande renommée, l’Algérie dispose à ce titre d’un théâtre national, de sept théâtres régionaux et de nombreuses troupes dites de « théâtre amateur ».

Cinéma

Article détaillé : Cinéma algérien.
Acteurs algériens. Hassan El-Hassani, à droite, a joué dans le film Le vent des Aurès
Chronique des années de braise, film du réalisateur Lakhdar Hamina, lauréat de la palme d’or au festival de Cannes en 1975

La naissance du cinéma algérien remonte essentiellement à l’indépendance de l’Algérie en 1962, se voulant en rupture avec le cinéma colonial qui présentait souvent « l’indigène » comme un être muet et évoluant dans des décors exotiques, c’est tout naturellement que le cinéma algérien de l’après-indépendance devait s’inscrire dans un registre où l’affirmation de l’existence de l’État nation, constituait le sujet principal des différentes productions cinématographiques de l’époque, de là on assiste à la réalisation de films tels que Le Vent des Aurès[308](1965) de Lakhdar Hamina, Patrouilles à l’Est (1972) d’Amar Laskri, Zone interdite d'Ahmed Lallem, (1972), L'Opium et le bâton, d'Ahmed Rachedi, ou encore La Bataille d'Alger (1966) qui est une production algéro-italienne qui fut à trois reprises sélectionnée aux oscars à Hollywood et qui remporta le Lion d'or à la Mostra de Venise 1966, mais le film qui allait créer la plus grande consécration du cinéma algérien est sans doute celui du réalisateur Lakhdar Hamina dans Chronique des années de braise, qui obtient la palme d’or au festival de Cannes au courant de l’année 1975, l'Algérie demeure d'ailleurs à ce jour, la seule nation d'Afrique et du monde arabe à avoir obtenu une telle distinction. Par la suite d’autres thèmes seront explorés à l’occasion de films tels que Omar Guetlato du réalisateur Merzak Allouache, cette production qui a eu un succès appréciable, se veut comme une chronique des difficultés que peut rencontrer la jeunesse citadine. Sur le registre de la comédie, plusieurs acteurs émergent à l’image du très populaire Rouiched qui s’illustre dans plusieurs films comme Hassan terro ou Hassan Taxi, ou encore l’acteur Hadj Abderrahmane plus connu sous le pseudonyme de l'inspecteur Tahar qui s'impose grandement en 1973 dans une comédie délirante Les Vacances de l'inspecteur Tahar du réalisateur Moussa Haddad. À partir du milieu des années 1980, le cinéma algérien s’apprête à traverser une longue période de léthargie où les grandes productions se font rares, cette situation s’explique grandement par le désengagement progressif de l’État, qui trouve beaucoup de mal à subventionner les réalisations cinématographiques. Quelques productions enregistrent cependant un grand succès comme Carnaval fi Dachra produit par Mohamed Oukassi et Athmane Ariouat[309] l'acteur principal en 1994 ou comme Salut cousin (1996) du producteur Marzak Allouache ou plus récemment avec Rachida de la réalisatrice Yamina Bachir-Chouikh. Actuellement le cinéma algérien se trouve dans une phase de restructuration, à ce titre plusieurs films ont été tournés durant les années 2000, parmi lesquels il y a Viva Laldjérie du réalisateur Nadir Moknèche, En hammam de rêve du réalisateur Mohamed Chichi, Ayrouwen du réalisateur Brahim Tsaki ou encore Indigènes du réalisateur Rachid Bouchareb, le dernier succès du cinéma algérien revient au film Mascarades du réalisateur Lyes Salem.

Biyouna, elle, joue dans le dernier film de Nadir Moknèche, Délice Paloma, où elle tient le rôle principal (une mafieuse qui répond au nom de madame Aldjeria) en 2006 et elle s'apprête à répéter le rôle du Coryphée dans Électre de Sophocle aux côtés de Jane Birkin dans une mise en scène de Philippe Calvario. Son tout récent film est la Célestine en 2009[310]. Le dernier film, Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, décrit les massacres de Sétif et Guelma.

Art plastique

Article détaillé : Peinture algérienne contemporaine.
Larbi Bensari animant une soirée musicale à Tlemcen selon une miniature de Bachir Yellès

L’Algérie aura toujours été une source d’inspiration intarissable pour les différents peintres qui ont tenté d’immortaliser la prodigieuse diversité des sites qu’elle offre et la profusion des facettes que transmet sa population, ce qui offre par exemple aux Orientalistes entre les XIXe et le XXe siècles, une saisissante inspiration pour une très riche création artistique à l’image d’Eugène Delacroix avec son fameux tableau Femmes d'Alger dans leur appartement ou Étienne Dinet[311] ou encore d’autres peintres de renommée mondiale à l’image de Pablo Picasso avec son tableau femmes d’Alger, ou des peintres dits de l'École d'Alger tels ceux de la Villa Abd-el-Tif. De leur côté les peintres algériens à l’image de Mohamed Racim ou encore Baya ont tenté de faire revivre le prestigieux passé antérieur à la colonisation française, en même temps qu’ils ont contribué à la sauvegarde des valeurs authentiques de l’Algérie. Dans cette lignée, Mohamed Temam, Abdelkhader Houamel, etc., ont également restitué à travers cet art, des scènes de l’histoire du pays, les us et coutumes d’autrefois et la vie du terroir. De nouveaux courants artistiques emmenés notamment par M'hamed Issiakhem, Mohammed Khadda et Bachir Yellès[312] sont apparus également sur le paysage de la peinture algérienne, délaissant la peinture figurative classique pour aller à la recherche de nouvelles voies picturales, avec le souci d’adapter la peinture algérienne aux nouvelles réalités du pays à travers son combat et ses aspirations.

Artisanat

Article détaillé : Artisanat algérien.
Bijou de Kabylie (v.1950)
Bijoux chaouis, Musée de l'Homme, lors d'une exposition consacrée à Germaine Tillion

Le ministère du Tourisme et de l'Artisanat s'occupe de gérer le budget lié à la promotion du secteur artisanal[313].

L’artisanat algérien, à l’instar des artisanats des autres pays, est d’une incontestable richesse et d’une étonnante variété[313], tant dans les formes, que dans les techniques et les décors. Cette richesse est rehaussée par la modestie des matériaux dont sont constituées les œuvres artisanales. Nécessaires à la vie quotidienne, elles sont conçues dans un but utilitaire et souvent comportent des motifs dont la signification, suivant les croyances locales, leur confère des vertus protectrices. La diversité des conditions climatiques, des ressources naturelles et les différentes civilisations de l’Algérie expliquent la présence d’une vaste gamme de spécialités artisanales.

Les tapis : points noués de Tébessa, Guelma, Annaba, Skikda, des Nemencha et du Hodna, du Guergour, de Laghouat, de Biskra, de El-Oued, du Mzab, de Cherchell, de Sour El-Ghozlane, de Mascara, de Tlemcen, du Djebel Amour des Aurès[314], tissés en poil de chèvre et laine, décorés de simples bandes transversales ou somptueusement, parés de motifs losangiques en points multicolores.

Dragga ou tapis tissés faits autour des Babors servent de séparation à l'intérieur des Khaimas(tente), étonnantes compositions issues de la conjonction des décors traditionnels berbères et des apports d'Orient.

Tapis amazigh de Kabylie

Vanneries : du Touat Ouest Saharien, du Hoggar, de Kabylie, délicates dans leurs gammes de verts et jaunes, blanche de Dellys, colorée d'Oued Rhiou. La Vannerie fine de raphia dont la décoration est souvent empruntée aux motifs relevés sur les poteries.

La poterie : modelées, dont la décoration surgie du fond des âges, la technique, la forme, le décor sont identiques à ceux extraits des dolmens, reliques vivantes des premières civilisations, poteries dont les plus modestes sont susceptibles d'être exposées dans les vitrines de collectionneurs.

Les bijoux : Kabylie, Aurès, Sud algérois, Ghardaïa, Tamanrasset, des techniques multiples sont à la disposition des artisans. En grande Kabylie, notamment, par dizaines et jusque dans les moindres villages, les bijoutiers produisent les bijoux faits de plans d'argent, cloisonnés de fils ou filigranes, sertis de corail ou émaillés dans les nuances bleu foncé, vert et jaune, dont les principaux sont les bracelets de bras ou de chevilles, les boîtes d'allumettes, bagues, colliers, broches, fibules, croix du Sud.

La Broderie : à fil compté sur tissu, où les arabesques se déroulent dans un mouvement sans fin, des volutes entrelacées de fleurs en constituent la décoration. Les dentelles : délicates, finement travaillées, à l'aiguille, qu'on rencontre principalement à Alger, Miliana, Cherchell, Skikda et ailleurs.

La dinanderie : d'Alger, de Constantine, de Tlemcen, de Ghardaïa, avec, en particulier, ces plateaux artistement ouvragés, aux ciselures délicates, ou rehaussés de filigrane d'argent incrusté. La ferronnerie, la céramique et l'ébénisterie occupant une place non négligeable dans cette diversité d'objets tous exécutés à la main.

Musique

Article détaillé : Musique algérienne.
Cheb Khaled, aussi surnommé The King of Raï
Idir, icône du style kabyle

La musique algérienne est un parfait reflet de la grande diversité culturelle qui caractérise ce vaste pays, les répertoires musicaux se distinguent par une profusion de plusieurs styles.

La musique chaâbi est un genre musical typiquement algérois qu'on a dérivé de la musique andalouse durant les années 1920. Le style se caractérise par des rythmes spécifiques et des Kacidate en arabe dialectal qui sont de longs poèmes tirés du terroir algérien. Le maître incontesté de cette musique demeure El Hadj M'Hamed El Anka. Le style Malouf constantinois est sauvegardé, Mohamed Tahar Fergani est un des meilleurs chanteurs dans ce style. Le Malouf de Annaba est un autre style joué par Hamdi Benani.

La musique classique algérienne dite andalouse est un style musical qui a été rapporté en Algérie par les réfugiés andalous ayant fui l'inquisition des rois chrétiens à partir du XIe siècle, elle se développera considérablement dans les villes du nord de l'Algérie. Cette musique se caractérise par une grande recherche technique et s'articule principalement sur douze longues Noubate « suite », ses principaux instruments sont la mandoline, le violon, le luth, la guitare, la cithare, la flûte de roseau et le piano. Parmi les interprètes les plus remarqués, il y a Bahdja Rahal, Cheikh El Hadj Mohamed El Ghafour, Nasserdine Chaouli, Cheikh Larbi Bensari, Nouri El Koufi ainsi que des troupes musicales comme El Mouahidia, El Mossilia, El Fakhardjia, Es Sendoussia et El-Andalous.

La musique folklorique se distingue principalement par plusieurs styles. La musique bédouine est caractérisée par les chants poétiques qu'interprètent les pasteurs nomades dans la région des hauts plateaux. Elle repose sur de longues kacida (poèmes) à rime unique et au son monocorde de la flûte. En général cette musique s'articule sur des thèmes amoureux, religieux et épiques. Parmi les grands interprètes, il y a Khelifi Ahmed, Abdelhamid Ababsa et Rahab Tahar. La musique kabyle repose sur un riche répertoire qui est fait de poésie et de très vieux contes transmis à travers des générations, grâce notamment à une tradition orale ancestrale. Certaines chansons abordent le thème de l'exil, de l'amour et de la politique, entre autres. Les grands interprètes sont : Cheikh El Hasnaoui, Slimane Azem, Kamel Hamadi, Cherif Kheddam, Aït Menguellet, Idir, Kamel Messaoudi, Lounès Matoub, Massa Bouchafa ou encore Takfarinas. La musique chaouie est un folklore diversifié dans les régions des Aurès. La musique traditionnelle est bien représentée par nombreux chanteurs Aurassiens. Les premiers chanteurs qui ont connu un succès international sont Aissa Jermouni (il chantera à l'Olympia en 1937)[315] et Ali Khencheli[316]. Le style de musique Rahaba est propre à toute la région des Aurès. De plus, plusieurs styles de musique existent comme le style arabo-andalous, l'un des chanteurs chaouis connu est Salim Hallali. Plusieurs chanteurs des Aurès se sont inspirés de ce style comme Youcef Boukhantech. La musique terguie présente généralement dans les régions de l'extrême sud-est de l'Algérie, elle est représentée par des artistes tels que Othmane Bali, Biyat Edaber joueuse d’Imzad, Alamine Khawlen, Badi Lalla, Shtima Bouzad. Enfin, la musique sétifienne dans le nord du pays demeure un style très particulier qui est largement inspiré par le Diwan.

Orchestre algérien de musique andalouse
Othmane Bali, icône du style targui

La musique moderne se décline sous plusieurs facettes : la musique raï est un style typiquement de l'Ouest algérien avec ses deux fiefs que sont Oran et Sidi-bel-Abbès. Son évolution moderne fut amorcée durant les années 1970 lorsqu'il s'enrichit d'une instrumentation moderne à l'image de la guitare électrique, du synthétiseur et de la batterie. Ce style fut aussi influencé par des musiques occidentales telles que le rock, le reggae et la funk. Mais ce qui allait lui donner un essor particulier, c'était l'arrivée sur la scène musicale d'interprètes de talent tels que Hadj Brahim, dit Khaled, Cheb Mami, Cheb Hasni, Faudel, Rachid Taha, Raïna Raï, ou encore Cheba Zahouania. La musique rap, style relativement récent en Algérie, connaît un essor appréciable avec l'émergence de groupes tels que MBS, Double canon, Intik ou encore Hamma Boys. Les thèmes de cette musique s'articulent généralement autour des fléaux sociaux et de l'amour. Par ailleurs, plusieurs chanteurs préfèrent jouer le style classique arabe comme la vedette Warda Al Jazairia, Fella Ababsa et Amel Wahbi.

Gastronomie

Article détaillé : Cuisine algérienne.
Plat de Rechta typique de Blida

La gastronomie algérienne est riche et diversifiée. Elle est intimement liée aux productions de la terre et de la mer. Le pays est déjà considéré depuis, la plus haute antiquité « grenier de Rome », offre une composante de plats et de mets variés, selon les régions et selon les saisons. Cette gastronomie qui fait appel à de nombreux produits, reste tout de même celle des céréales, depuis toujours produits avec abondance dans le pays. Il n’existe pas un plat où ces céréales ne sont pas présents. La cuisine algérienne varie d’une région à une autre, selon les légumes de saison. Elle peut être préparée en utilisant la viande, le poisson. Elle peut être aussi végétarienne. Parmi les plats les plus connus, le couscous, la chorba, la rechta, la chakhchoukha[317], le berkoukes, la Tchoutchouka, le mthewem, la chtitha, le mderbel, la dolma, le brik ou bourek, la Karantika, Lham hlou(tajine hlou), etc. La saucisse merguez est très consommée en Algérie, mais elle diffère, selon les régions et les épices rajoutées. La recette reste un secret bien gardé chez les bouchers.

La pâtisserie algérienne est diversifiée, selon les régions. Les trois régions connues pour leurs bonnes recettes sont Constantine, Alger, Tlemcen, Médéa, Miliana, Béjaïa. Les gâteaux sont commercialisés et on peut les rétrouver dans les grandes villes soit en Algérie ou en Europe ou au Canada. Par contre, les gâteaux traditionnels faits à la maison présentent un vaste répertoire de recettes, selon les us et coutumes de chaque famille. Parmi ces gâteaux, il y a Tamina, Chrik, Cornes de gazelles, Dziriette, Griouech, Kalb el louz, Makroud, Mbardja, Mchewek, Samsa, Tcharak, Baghrir, Khfaf, Zlabia, Aarayech, Ghroubiya, Mghergchette. La patisserie algérienne contient aussi des gâteaux tunisiens ou français et elle est commercialisée.

Le pain est aussi varié, selon les Wilayas, il peut être sous forme de galettes comme Kessra ou Khmira ou Harchaya, de baguettes et de rondelles dites Khoubz dar ou Matlou.

Sport

Article détaillé : Sport en Algérie.

Le jeu existait déjà pendant l'Antiquité. Dans les Aurès, les gens jouent à plusieurs jeux dont El kherdba ou El khergueba. Les jeux de cartes, ainsi que le jeu de dames et les jeux d'échecs font partie de la culture algérienne[318],[319]. Les courses de chevaux (fantasia) et le tir au fusil font partie des loisirs culturels de certains Algériens.

Le champion olympique en titre du 1 500 mètres Taoufik Makhloufi, médaillé d'or des Jeux olympiques de Londres 2012

.

Le sport en Algérie le plus pratiqué et le plus populaire reste le football. Plusieurs clubs de football ont vu le jour durant les premières décennies du XXe siècle. l'Association des oulémas musulmans algériens encourageait fortement l'initiative de créer les Scouts musulmans algériens. Plusieurs activités sportives se sont déroulées au cours de la vie de cette association, puis le parti populaire algérien s'engage à gérer les scouts et les clubs sportifs. Plusieurs Algériens ont participé à diverses manifestations sportives au XXe siècle (Jeux olympiques, Jeux panafricains, Jeux panarabes, Jeux méditerranéens).


L'équipe de football du FLN à son jubilé au stade du 5 juillet 1962 en 1974. De gauche à droite :
Debout : A. Sellami - Doudou - Zouba - Rouai - Amara - Zitouni - M. Soukane - Bouricha - Oudjani - Boubekeur
Assis : Mazouz - Kerroum - Benfadah - Bouchouk - A. Soukane - Kermali - Mekhloufi - Oualiken

Pendant la Guerre d'Algérie, l'équipe de football du FLN a participé à plusieurs tournois et événements sportifs. Plusieurs complexes sportifs algériens ont été construits également.

À l'indépendance, les stades de football en Algérie sont tenus par les clubs de football algériens ou les municipalités. Le Ministère de la Jeunesse et des Sports en Algérie gère toutes les activités liées au sport. Plusieurs activités sportives nationales ou internationales sont organisées autour des diverses disciplines sportives en Algérie. Il existe plusieurs fédérations de sport qui contribuent au développement des disciplines sportives. La plus importante est la Fédération algérienne de football (FAF). Cette dernière est une association regroupant les clubs de football d'Algérie et organisant les compétitions nationales et les matchs internationaux de la sélection d'Algérie (Équipe d'Algérie de football).

En 1977, face aux résultats en dent de scie des sélections algériennes dans tous les sports[320], et alors que les clubs algériens échouaient aux premiers tours des compétitions à cause d'un manque de structures[320], tout ceci est notamment est dû au fait que la pratique du sport en Algérie se faisait en masse, ce qui est un des principes du socialisme, et résulte de cela l'amateurisme du sport algérien[321]. En rajoutant à cela que l'hymne national algérien est sifflé pour la première fois depuis l'indépendance devant un président de la république lors de la finale de la Coupe d'Algérie 1977 opposant la JS Kabylie au NA Hussein Dey par des supporters kabyles[321], le président de l'époque Houari Boumedienne décide alors d'appliquer une réforme sportive visant à introduire les principaux clubs algériens dans les sociétés nationales[321], avec l'exemple du MC Alger qui devient Mouloudia Pétroliers d'Alger puisque aspiré dans Sonatrach, et la JS Kabylie (JS Kawakibi entre 1974 et 1977) qui devient Jeunesse Électronique de Tizi-Ouzou parce qu'aspiré chez l'ENIEM[322]. Cette réforme permettra à la sélection algérienne de football d'atteindre d'abord les demi-finales des Jeux méditerranéens 1979 de Yougoslavie, et ensuite de se qualifier pour sa première Coupe du monde de football en 1982.

Le premier Algérien et Africain médaillé d'or est El Ouafi Boughera en 1928 lors des Jeux olympiques d'Amsterdam au Marathon. Plusieurs hommes et femmes ont été des champions en athlétisme dans les années 1990 dont Hassiba Boulmerka, Noureddine Morceli, Nouria Mérah-Benida.

Dans la discipline du football, la fédération de football algérienne organise les rencontres du Championnat d'Algérie de football et la Coupe d'Algérie de football. Plusieurs noms sont gravés dans l'histoire du sport en Algérie comme Lakhdar Belloumi, Rachid Mekhloufi, Hassen Lalmas, Rabah Madjer, Salah Assad. L'équipe d'Algérie de football accède aux éliminatoires de la Coupe du monde de football de 1982 et à la Coupe du monde de football de 1986. Ensuite, en 2010, elle est qualifiée à la Coupe du monde de football de 2010, après sa victoire au Soudan. De plus, plusieurs clubs de football ont remporté des trophées comme le club Jeunesse sportive de Kabylie. Ce dernier a la particularité d'être le seul club algérien, à n'avoir jamais connu la relégation en division inférieure, car depuis 1969, il évolue en nationale une. Il a gagné aussi de nombreuses fois la Coupe des champions, la coupe des coupes et la coupe de la CAF. Comme grands clubs on note aussi l'Entente de Sétif, Mouloudia d'Alger, Mouloudia d'Oran, Chabab Belouizdad et l'USM Alger.

En boxe anglaise, il y a plusieurs noms comme Mohamed Benguesmia champion du Monde, catégorie mi-lourds ; Loucif Hamani fut champion d'Afrique ; Hocine Soltani champion olympique 2002 ; Mustapha Moussa médaillé de Bronze olympique en 1984 (le premier médaillé Olympique Algérien toutes disciplines confondues).

En Viêt Vo Dao, l'Algérie dispose de dizaines de milliers de pratiquants qui se sont distingués au championnat du monde 2011 à Ho Chi Minh Ville.

L'Algérie est l'une des meilleures équipes africaines masculines de handball. Si au niveau national, les équipes rencontres quelques difficultés en finale des compétitions majeures, en compétitions internationales des clubs en revanche, la domination de l'Algérie est nettement supérieure. L'équipe nationale masculine de handball a remporté plusieurs titres notamment au Championnat d'Afrique des nations de handball masculin en 1981, 1983, 1985, 1987, 1989 et 1996. L'équipe nationale féminine de handball a également triomphé lors des tournois des Championnats d'Afrique des nations et des Jeux panarabes.

En judo, Amar Benikhlef et Ali Idir ont gagné plusieurs fois le Championnat d'Afrique des nations de judo masculin. Également plusieurs femmes comme Soraya Haddad, Salima Souakri, ont eu des trophées lors du Championnat d'Afrique des nations de judo féminin.

En Natation, on note Salim Iles le grand champion d'Afrique et Arabe et qui a eu de grandes performances au niveau Mondial.

Au volley-ball, l'Équipe d'Algérie de volley-ball féminin est qualifiée au Championnat du monde de volley-ball féminin de 2010. Elle obtenu plusieurs titres lors de plusieurs compétitions internationales par le passé.

Le cyclisme a connu plusieurs grands noms dont Hamza Madjid qui a remporté plusieurs fois le maillot jaune dans les années 1970 et début 80, lors de compétitions nationales. Aussi, il y a plusieurs noms dans les années 1980 jusqu'à aujourd'hui, à l'exemple de Hichem Chaabane, Redouane Chabaane, Abdelbasset Hannachi, Azedine Lagab, Eddy Lembo. Ce dernier évolue en France.

En sport automobile, l'Algérie a été représentée par Nassim Sidi Said (Formule 1 en 2005).

Codes

L'Algérie a pour codes :

Notes et références

  1. Constitution Algérienne en français.
  2. [1]
  3. Présentation de l’Algérie - ministère des Affaires étrangères
  4. Le Tamazight est reconnu comme langue nationale depuis 2002
  5. Le français, bien que non reconnu officiellement, reste une langue de locution courante, comprise par la majorité de la population L’Algérie crée une académie de la langue amazigh
  6. L'anglais et les cultures : carrefour ou frontière ?, Editions L'Harmattan, 1 févr. 2008 - 276 pages, P.145.
  7. La situation sociolinguistique de l'Algérie: Pratiques plurilingues et variétés à l’œuvre, Ibtissem CHACHOU, Editions L'Harmattan, 1 nov. 2013 - 316 pages, p.93.
  8. a et b http://www.ons.dz/-Demographie-.html
  9. Algérie — Profil de pays: Indicateurs de développement humain sur le site hdrstats.undp.org.
  10. Site de l'ONU
  11. Transcription ALA-LC 1997
  12. Note : l'orthographe du terme arabe en français diffère selon les sources entre al-Jazā’ir et al-Djazāïr
  13. Depuis la partition du Soudan en 2011.
  14. Liste des pays par superficie
  15. Liste des frontières terrestres par pays
  16. « La Constitution du 28 novembre 1996 ». Les précédentes constitutions : 1963, 1976 et 1989
  17. a, b et c Origines d'Alger par Louis Leschi, conférence faite le 16 juin 1941 publié dans Feuillets d'El-Djezair, juillet 1941 [(fr) lire en ligne]
  18. Beni, pluriel de Ben qui signifie « fils », et suivi du nom de la tribus, est la forme pour désigner les gens d'une même tribu. Les Mezghenna étaient, selon certains, un ensemble de tribus berbères qui habitaient la région d'Alger.
  19. Virgile Scheiner, Ministre de la Guerre : « Le pays occupé par les Français dans le nord de l'Afrique sera, à l'avenir, désigné sous le nom d'Algérie » décrète-t-il le 14 octobre 1839.
  20. a et b « Aux origines des cultures du peuple », par Tassadit Yacine, revue Awal, no 9.
  21. a, b et c L'émir Khaled Par Ahmed Koulakssis, Gilbert Meynier, p. 17 (books.google.fr)
  22. Alger roi
  23. (en) - Tahat Peakware - World mountain encyclopedia
  24. Office nationale de météorologie Algérie
  25. a et b Routard
  26. Météo ENTV, Algérie
  27. bourlingueurs
  28. El Mouradia, présidence algérienne, partie géographie
  29. a et b R. Lespès, « Le Climat de la Kabylie du Djurdjura », Annales de géographie, 1909, vol. 18, no 97, p. 24-33, en ligne sur Persée.
  30. El Mouradia partie Géographie
  31. Jean Morizot, op. cit., p. 26-35.
  32. RFI Myriam Berber, 2001
  33. (fr) - «Le Jardin d'Essai d'Alger -présentation-».
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  35. (en) -The Telegraph. Rare cheetah caught on camera trap in Sahara
  36. La Tribune (AllAfrica), 12 mars 2003
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  38. Recensement 2008 de la population algérienne, populations des wilayas, sur le site de l'ONS
  39. (fr) - « Loi no 90-08 du 7 avril 1990 portant code de la Wilaya » sur Lexalgeria, site mettant en ligne des textes juridiques relatifs à l'Algérie.
  40. (fr) - « Rapport national sur les objectifs du Millénaire pour le développement », établie par le gouvernement algérien (juillet 2005).
  41. (en) - http://www.citypopulation.de/ Thomas Brinkhoff : The Principal Agglomerations of the World.
  42. Université de Laval
  43. L'Agence nationale du patrimoine minier, partie géologie de l'Algérie
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  47. El Mouradia, partie Principaux lacs et cours d'eau
  48. Africom, article de La Tribune du 28/04/2010, par S.A
  49. Allafrica, Ziad Abdelhadi, 14 février 2010
  50. Sonatarch
  51. Sonatarch, selon la carte
  52. Le Figaro, AFP, 26/01/2009
  53. L'Agence nationale du patrimoine minier
  54. L'Algérie antique, Serge Lance, p. 33
  55. De la question berbère au dilemme kabyle à l'aube du XXIe siècle, Maxime Ait Kaki, p. 15, 2004
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  58. science direct, Abdelkader Derradji
  59. Balout, L., Biberson, P. et Tixier, J. (1967) - « L'Acheuléen de Ternifine (Algérie), gisement de l'Atlanthrope », L'Anthropologie, t. 71, no 3-4, p. 217-237.
  60. Geraads, D., Hublin, J-J., Jaeger, J-J., Tong, H., Sen, S. et Toubeau, P. (1986) - « The Pleistocene Hominid site of Ternifine, Algeria: new results on the environment, age, and human industries », Quaternary Research, 25, p. 380-386.
  61. Champault, B. (1966) - L'Acheuléen évolué au Sahara occidental - Notes sur l'homme au Paléolithique ancien, Faculté de Lettres, Paris, thèse de doctorat soutenue le 17 novembre 1966, 2 vol., 1068 p.
  62. Culture Djazair
  63. l'Algérie antique, Serge Lancel, éd Mengès, p. 18
  64. Émile Durkheim, L'Année sociologique
  65. Les Chaouis de l'Aurès, Barret, 1938
  66. Revue anthropologique de Institut international d'anthropologie, École d'anthropologie, Paris
  67. Georges Rozet, Roger J. Irriéra, L'Aurès, escalier du désert, Baconnier Frères,‎ 1935 (lire en ligne)
  68. L'Algérie antique, Serge Lancel, éd. Menges, p. 53l
  69. Thébert et Coarelli, p. 776
  70. a, b, c et d Documentaire : Timgad, la Rome africaine, réalisé par Serge Tignères
  71. Histoire générale de la Tunisie: Tome 1, L'Antiquité. Hédi Slim, Ammar Mahjoubi, Khaled Belkhodja, Abdelmajid Ennabli. Publié par Maisonneuve & Larose, 2003 (ISBN 2-7068-1695-3), p. 434
  72. Histoire romaine de Florus. Par Lucius Annaeus Florus, Charles Du Rozoir, publié par A. Belin, 1829, p. 508
  73. Histoire de la Mauritanie : des origines à l'indépendance. Par Geneviève Désiré-Vuillemin. Publié par Karthala, 1997 (ISBN 2-86537-788-1), p. 82
  74. L'Univers : histoire et description de tous les peuples. Publié par F. Didot frères, 1844, p. 47. livre en ligne
  75. Journal asiatique De Société asiatique (Paris, France), Centre national de la recherche scientifique (France)
  76. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province de Constantine. Par Société archéologique de la province de Constantine. Publié par Alessi et Arnolet, 1874 Notes sur l'article : 1873-1874, p. 213
  77. L'Algérie dans la littérature française, Charles Tailliart, page 173
  78. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province…
  79. Algérie, le passé revisité. Par Chems-Eddine Chitour. Publié par Casbah Éditions, 1998 (ISBN 9961-64-100-0), p. 212
  80. Le Christianisme en Afrique : déclin et extinction. Par J. Mesnage. Publié par Adolpe Jourdan, 1915. Notes sur l'article : v. 2, p. 150
  81. a et b V-Y Mudimbé, Jean Jolly, Brigitte Senut, L'Afrique et son environnement européen et asiatique, L'Harmattan,‎ 2008, 167 p. (ISBN 229605773X, lire en ligne), p. 48
  82. Paul Pandolfi, Les Touaregs de l'Ahaggar, Sahara algérien: parenté et résidence chez les Dag-Ghâli, KARTHALA,‎ 1998, 473 p. (ISBN 2865378217, lire en ligne), p. 69
  83. Aline Laradji, La légende de Roland : De la genèse française à l'épuisement de la figure du héros en Italie, L'Harmattan,‎ 2008 (ISBN 2296070272, lire en ligne), p. 22
  84. La cire, utilisée pour la fabrication de chandelles, provenait en grande partie de l'actuelle ville de Béjaïa (Bugaya), ville qui a ainsi donné le mot français Bougie. (Voir « Bougie », sur TLFi (Trésor de la langue française sur Internet).
  85. L'Univers: histoire et description de tous les peuples. Publié par F. Didot frères, 1885. Note sur l'article : ser.2 v.7, p. 174
  86. Le Fait colonial au Maghreb : ruptures et continuités, Nadir Marouf, de formation et de recherches en sciences sociales Centre d'études. Publié par L'Harmattan, 2008 (ISBN 2-296-04911-7), p. 102
  87. Œuvres complètes. De François-Marie Arouet dit Voltaire, 1878, page 33 version du livre de Voltaire en ligne
  88. Le commerce et la navigation de l'Algérie avant la conquête français Par F. Elie de La Primaudaie books.google.fr,p. 242
  89. La Voix, la Plume et le Plectre de Beihdja Rahal et Saâdane Benbabaali (éditions Barzak, 2009)
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Voir aussi

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Bibliographie

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  • Histoire de l’Algérie coloniale : 1830-1954, Benjamin Stora, Découverte, réédition 2004 (ISBN 2707144665).
  • Histoire de l’Algérie contemporaine, Charles-Robert Ageron, Presses universitaires de France - PUF, 1990 (ISBN 2130421598).
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  • Sites et monuments antiques de l’Algérie, Jean-Marie Blas de Roblès, Edisud, 2003 (ISBN 2744903833).
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  • Algérie : l’arabisation lieu de conflits multiples, Khamla Taleb Ibrahimi, Revue Maghreb-Machrek no 150, octobre-décembre 1995.
  • Historical Dictionary Of Algeria, Phillip Chiviges Naylor, Scarecrow Press, Inc., 2006 (ISBN 081085340X).
  • Sociologie de l’Algérie, Pierre Bourdieu, PUF 1958, réédition de 2001 (ISBN 2-13-052175-4).
  • Les Kabyles : éléments pour la compréhension de l’identité berbère en Algérie, Tassadit Yacine-Ttitouh, Groupement pour les droits des minorités (GDM), 1992 (ISBN 2-906589-13-6).
  • Berbères aujourd’hui, Salem Chaker, L’Harmattan, 1999 (ISBN 2738473512).
  • Demain l’Algérie, Gerard Ignasse, Syros 1995 (ISBN 2841462013).
  • Société et pouvoir en Algérie, écrit par le chercheur américain William Quandt, spécialiste de l’Algérie et du tiers monde, 1999, édité par Casbah.

Liens externes

  • L’orgue en Algérie. Site réalisé par Dominique Colin lors d'un séjour de trois ans en Algérie (2006-2009).