Durance

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Durance
La Durance à hauteur de Manosque.
La Durance à hauteur de Manosque.
Caractéristiques
Longueur 323,8 km [1]
Bassin 14 225 km2
Bassin collecteur Rhône
Débit moyen 180 m3/s (Mirabeau) [2]
Organisme gestionnaire SMAVD[3]
Régime pluvio-nival
Cours
Source Pré de Gondran, versant est du sommet des Anges (2459 m)
· Localisation Montgenèvre
· Altitude ≈ 2 300 m
· Coordonnées 44° 53′ 37″ N 6° 43′ 06″ E / 44.89361, 6.71833 (Source - Durance)  
Embouchure Rhône
· Localisation Avignon
· Altitude 24 m
· Coordonnées 43° 55′ 23″ N 4° 44′ 36″ E / 43.92306, 4.74333 (Embouchure - Durance)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Ubaye, Sasse, Bléone, Verdon, ...
· Rive droite Buëch, Largue, Calavon
Pays traversés Drapeau de la France France
Principales villes Briançon, Embrun, Sisteron, Manosque, Pertuis, Cavaillon, Avignon

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

La Durance (en occitan : Durença selon la norme classique, ou en provençal : Durènço selon la norme mistralienne) est une rivière du Sud-Est de la France se jettant dans le Rhône, dont elle est le deuxième affluent après la Saône pour la longueur et le troisième après la Saône et l’Isère pour le débit. Longue de 323,8 km, la Durance est la plus importante rivière de Provence.

Rivière dite « capricieuse », autrefois redoutée pour ses crues, elle a été soumise à un effort continu d'aménagement, en particulier depuis le XIXe siècle, à des fins hydrauliques (approvisionnement en eau potable de Marseille et des villes alentour), agricole (irrigation de 75 000 ha de cultures irriguées, responsable du prélèvement de jusqu'à 114 m3/s d'eau dans la rivière[4], souvent au moment de l'étiage) et hydroélectriques (avec le Verdon, 6 à 7 milliards de kWh produits par an). Elle conserve cependant sa forme de cours d'eau en tresses sur la plus grande partie de son cours.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le cours de la Durance sur une carte anglaise de la Provence médiévale.

La Durance est documentée sous les formes anciennes Druentia (Ier siècle), Drouentios potamos (en grec), Durantia (854, 1271) ou Durentia (1127). Les formes classiques sont probablement des altérations de *Dūrantia, basé sur l'hydronyme dur- que l'on retrouve dans le nom de nombreuses rivières des Alpes occidentales (Dora en Italie, Dranse en Haute-Savoie, Drôme), Durensola, associé au suffixe locatif -antia. Toutes ces rivières prennent leur source en haute montagne, et ont un cours torrentiel.

La Durance est un torrent bien plus faible que ses affluents la Clarée et la Guisane, qui s’effacent pourtant devant elle. Si le nom de Durance est prépondérant sur ceux de ces deux torrents, c’est probablement que la vallée de la Durance est une voie de communication importante et ancienne, alors que celles de la Clarée et de la Guisane sont des culs-de-sac[5],[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Sources de la Durance.

La Durance prend ses sources vers 2 390 mètres d'altitude, au pré de Gondran, sur les pentes du sommet des Anges[7]. Les sources se trouvent en contrebas de l’ancien fort du Gondran, sur la commune de Montgenèvre[8],[9], dans le département français des Hautes-Alpes, près de la frontière italienne. Elle se jette dans le Rhône à quelques kilomètres au sud-ouest d'Avignon, entre le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône dont elle fait office de frontière.

Son affluent qui constitue le système le plus long, la Clarée, prend sa source sur les pentes du mont Thabor (3 178 m), au Seuil des Rochilles, à 2 450 m d’altitude, également dans les Hautes-Alpes. Elle emprunte la vallée de Névache et, après un cours de 28 km, rejoint la Durance (qui est longue de 8 km à ce moment-là)[7].

Géologie[modifier | modifier le code]

12 millions d’années avant notre ère, la Durance bifurquait vers le sud entre la chaîne des Côtes et les Alpilles, passait le seuil de Lamanon, et allait se jeter directement dans la Méditerranée[10], faisant un large delta dont l'étang de Berre et la Crau sont des restes. Cet itinéraire est d'ailleurs grosso modo celui emprunté aujourd'hui par le grand canal EDF, qui s'éloigne de la Durance à Mallemort et se jette dans l'étang de Berre.

Pendant la glaciation de Riss, la Durance prenait sa source aux environs de Sisteron, où se terminait la calotte glaciaire recouvrant les Alpes[10]. C’est également pendant cette période que la Durance modifie son cours aval[11].

Au plus fort de la glaciation du Würm (-18 000 ans), l'érosion, facilitée par des mouvements tectoniques qui soulèvent les roches[12], ouvre le pertuis d'Orgon qui capte alors la Durance. Elle ne se déverse plus dans la plaine de la Crau mais dans le Rhône, au sud d'Avignon. Cette « capture » de la Durance est également facilitée par les dépôts de ses propres alluvions qui se sont déposées à l'entrée du seuil de Lamanon et qui entravent son écoulement.

Les différents épisodes glaciaires ont entraîné la formation de terrasses : le glacier qui descendait jusqu’à Sisteron pendant la glaciation de Riss a créé une terrasse qui domine le cours de la Durance de 60 m environ. Pendant la glaciation de Würm, deux terrasses se sont formées, environ 15 et 10 m au-dessus du lit actuel. Par endroits, on trouve encore une ou deux terrasses postglaciaires (de l'Holocène, donc formées il y a moins de 10 000 ans)[13].

À cette période, la Durance se jetait dans le Rhône, non pas en aval mais en amont d'Avignon. Son cours partait de Cheval-Blanc pour se diriger vers Vedène, coupant le lit de la Sorgue et rejoignait le fleuve au nord du rocher des Doms. Cela a été mis en évidence par des forages à Saint-Saturnin-lès-Avignon, Jonquerettes et Entraigues-sur-la-Sorgue qui ont révélé un épandage alluvial typiquement durancien sur plusieurs mètres d'épaisseur dans toute la plaine de la Sorgue[14].

Entre Sisteron et Volonne, la Durance s’écoule dans une vallée de roches calcaires, de grès et de marnes datant du Crétacé. Au confluent de la Bléone, on trouve de larges nappes alluviales du quaternaire, dont les alluvions les plus anciennes sont cimentées par du carbonate de calcium[13].

Dans la vallée moyenne de la Durance, quatre couches de sédiments se superposent[15]:

  • une nappe alluviale grossière et liée, d’environ 40 mètres d’épaisseur, datant de la glaciation de Riss ;
  • une couche de limons de 20 mètres d’épaisseur environ, datant de la même époque ;
  • un paléosol, parfois recouvert de graviers apportés par des ruissellements torrentiels ;
  • une couche de colluvions superficielle.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Confluence avec le Rhône.

Le module à Saint-Paul-les-Durance est de 176,0 m3⋅/s[16] pour un bassin versant de 11 700 km2 et à 247 m d'altitude, soit 82% du bassin total de 14 225 km2.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : X3000010 - La Durance à Saint-Paul-les-Durance (Jouques-Cadarache) pour un bassin versant de 11 700 km2 et à 247 m d'altitude[16]
(08/01/2014 - période 1918-2009)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable
Profil de la Durance.

De sa source au pied du Sommet des Anges, à 2 390 m[6], au sud du Montgenèvre, jusqu’au confluent avec le Rhône, la Durance parcourt 305 km. Toutefois, le plus long cours est tracé par le système Clarée-Durance et a une longueur de 323,8 km[1]. L'originalité du cours est sa pente, de 81 m/km sur ses 12 premiers km, puis de 15 m/km jusqu’au confluent avec la Gyronde[17], et encore près de 8 m/km jusqu’au confluent de l’Ubaye. Cette pente reste relativement élevée dans la partie inférieure : environ 0,33 % dans son cours moyen (jusqu’au pont de Mirabeau), puis encore 0,237 % dans son cours inférieur[18]. Pour comparaison, à environ 100 km de la source, l'Isère coule à 330 m d'altitude et la Durance à 700 m. Ce fait contribue partiellement au caractère torrentiel de la rivière, y compris dans le cours inférieur. Le dénivelé de la Durance de sa source à Mirabeau est de 1 847 m[18], et de 2 090 m environ au confluent avec le Rhône.

Départements et principales villes arrosés[modifier | modifier le code]

La Durance ne traverse à proprement parler que deux départements : les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, puis elle fait la frontière entre deux autres : le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Elle traverse de façon très courte le Var :

  • de sa source jusqu'au lac de Serre-Ponçon (environ 75 kilomètres), la Durance coule dans le département des Hautes-Alpes ;
  • de son confluent avec l'Ubaye jusqu'à son confluent avec le Sasse en amont de Sisteron (environ 50 kilomètres), elle fait frontière entre les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence ;
  • de son confluent avec le Sasse jusqu'à un kilomètre avant son confluent avec le Verdon (environ 65 kilomètres), elle traverse le département des Alpes-de-Haute-Provence ;
  • sur ce dernier kilomètre elle sépare le département de Vaucluse et celui du Var ;
  • de son confluent avec le Verdon jusqu'à son confluent avec le Rhône (environ 105 kilomètres), elle sert de limite entre les départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône.

La Durance est ainsi sur la moitié de son parcours une frontière entre départements, ce qui illustre son caractère de rivière difficilement franchissable.

Son bassin versant inclut :

Ce dernier point mérite d'être souligné. Aucun cours d'eau important ne draine le nord du département des Bouches-du-Rhône. De Jouques à la Roque-d'Anthéron, ainsi qu'autour d'Orgon, des collines proches bordent la Durance ; ailleurs, il s'agit de plaines alluviales, anciennement à l'état de marais, où la circulation des eaux est assurée essentiellement par les canaux.

La Durance arrose (ou longe) 106 communes dans 5 départements[1]. Les villes qui la bordent sont installées de manière à se protéger des inondations : sur le cours supérieur, plutôt encaissé, elles sont installées sur des avancées rocheuses dominant la rivière (Briançon, Embrun, Sisteron) ; sur le cours inférieur, plus large, elles sont en retrait au pied des collines (Manosque, Pertuis, Cavaillon, Châteaurenard). Seul Avignon est en plaine, et doit d'ailleurs aujourd'hui encore se protéger des grandes crues de la Durance.

De la source à Serre-Ponçon : la Haute-Durance[modifier | modifier le code]

La Durance est encore un torrent à l'approche de la retenue de Serre-Ponçon.
La Durance entre le lac de Serre-Ponçon et la Roche-de-Rame.

Jusqu'au lac de Serre-Ponçon, la Durance circule dans une vallée plus ou moins large entourée des hautes montagnes du massif cristallin du Pelvoux. C'est une rivière alpine au régime nival, avec des hautes-eaux en juin et un débit soutenu même en été. Le torrent du Montgenèvre se jette dans la Clarée, traverse Briançon puis reçoit la Guisane. Il se dirige alors vers le sud et reçoit les eaux de la Gyronde (torrent glaciaire des Écrins) à L'Argentière-la-Bessée. Son cours s'infléchit vers le sud-sud-est jusqu'au confluent avec le Guil en dessous de Guillestre et Mont-Dauphin, puis repart vers le sud-sud-ouest et se jette dans le lac de Serre-Ponçon un peu en aval d'Embrun. Le confluent avec l'Ubaye a été noyé lors du remplissage du lac.

De Serre-Ponçon à la clue de Mirabeau : la Moyenne-Durance[modifier | modifier le code]

La Durance à la sortie du lac de Serre-Ponçon.
Vallée de la Durance au niveau de la commune des Mées, avec au second plan la partie nord du Plateau de Valensole et en arrière-plan le Mourre de Chanier. On voit le canal EDF, mince ligne blanche à la limite entre les plus hautes terrasses cultivées et la base des collines.

La moyenne Durance coule dans un paysage qui change radicalement, car les montagnes s’écartent et des plateaux de plus en plus vastes les remplacent. Le lit lui-même redevient encaissé, creusant dans les terrasses alentour un sillon de quelques mètres à quelques dizaines de mètres de profondeur. Ici, le régime de la Durance devient méditerranéen : crues provoquées par les pluies automnales, étiages sévères en été. Juste avant la clue de Sisteron, la Durance conflue avec le Buëch, qui a récupéré les eaux du canal EDF. De nombreux affluents mineurs au régime pluvial se déversent également près de Sisteron (Sasse, Jabron, Vançon).

Comme plus en amont, la Durance reste entourée de collines ou de plateaux, mais la vallée s’élargit en une plaine alluviale de plusieurs kilomètres de largeur (5 km à Manosque), récemment aménagée avec le développement d’une agriculture moderne et la construction de l'autoroute A51.

La rivière reçoit les eaux de la Bléone près des Mées, l’Asse quelques kilomètres au sud d’Oraison. Le Verdon se jette dans la Durance à proximité de Cadarache : le lieu de confluence est difficile à voir à moins de se placer en hauteur.

Plusieurs barrages ont été construits le long du cours moyen de la Durance, en plus de Serre-Ponçon : Espinasses, Sisteron, L’Escale et Cadarache. Ce sont plutôt des prises d’eau dont le but principal est de dévier la plus grande partie du débit de la rivière dans le canal EDF qui alimente des usines hydroélectriques ; les lacs qu’ils créent ne peuvent pas servir à réguler le cours de la rivière. Une partie de l’eau est utilisée pour l’irrigation.

Basse-Durance : de Jouques à Avignon[modifier | modifier le code]

La Durance, près d'Avignon.

La vallée se resserre sur quelques kilomètres avec le franchissement de la clue de Mirabeau (200 m de profondeur[19]), qui coupe un anticlinal de calcaires jurassiques[20]. Elle s'élargit ensuite de nouveau en une plaine encore plus large jusqu'au confluent avec le Rhône. Son orientation passe de nord-sud à est-ouest, comme les petits chaînons provençaux entre lesquels elle coule (Alpilles et Luberon). La Durance ne reçoit qu'un affluent significatif pendant cette dernière partie du cours : le Coulon, qui contourne le massif du Luberon par le nord.

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

Cours d’eau d’une longueur supérieure à 20 kilomètres qui se jettent dans la Durance (d'amont en aval) :

(G) Affluent rive gauche ; (D) Affluent rive droite ; (CP) Cours principal, signale le nom donné à une partie du cours d'eau prise en compte dans le calcul de sa longueur.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Rivière dite « capricieuse » et autrefois redoutée pour ses crues (elle était appelée le 3e fléau de la Provence, la tradition provençale disant que les deux premiers étaient le mistral et le Parlement d'Aix) aussi bien que pour ses étiages, la Durance est une rivière à la fois alpine et méditerranéenne à la morphologie bien particulière.

La Haute-Durance était une rivière alpestre (débit variant de 18 à 197 m3/s). Son bassin versant total est de 14 225 km2[21]. Au confluent avec l’Ubaye, le saumon prospérait, et l’on trouvait des truites jusqu’à Sisteron avant les aménagements de la rivière.

Débits moyens[modifier | modifier le code]

La Durance, près de Cavaillon.

Au confluent avec le Rhône, le débit naturel moyen de la Durance est d'environ 190 m3/s, avec une forte variabilité annuelle. Il peut varier entre 40 m3/s (étiages les plus sévères) et 6 000 m3/s[22] (crues millénales), les crues de 1843, 1882 et 1886 ayant avoisiné 5 000 m3/s[23].

Au débouché dans le lac de Serre-Ponçon, le débit moyen est de 81 m3/s[24] ; au niveau d'Oraison il est de 123 m3/s[25] et après réception du Verdon il atteint 174 m3/s[25] (250 à 330 m3/s au printemps, 100 m3/s en été[26]). L'apport d'eau des affluents plus en aval est très faible. Le maximum annuel se produit généralement en mai ou en juin, mais les crues les plus violentes surviennent en automne. L'étiage a lieu en hiver dans la haute vallée et en été dans la partie moyenne et inférieure du cours.

Un régime mixte[modifier | modifier le code]

Durance gelée à Sisteron au cours de l'hiver 1907

Le bassin versant de la Durance regroupe des territoires allant des neiges éternelles aux collines et plateaux au climat méditerranéen. Ainsi, la rivière est soumise à un régime nival dans son cours supérieur (jusqu'à Serre-Ponçon), avec des étiages hivernaux et des crues chaque année de mai à juillet. À Serre-Ponçon, pour un bassin versant de 3 600 km2, un module de 83,3 m3/s, avec un étiage de 18 m3/s, et une crue maximale de 1 700 m3/s (valeur relevée en 1957)[27].

Plus en aval, ses nombreux affluents de moyenne montagne ou des plateaux au régime essentiellement pluvial méditerranéen n'apportent de l'eau qu'en hiver, au printemps et à l'occasion des crues d'automne, avec un débit faible et très irrégulier en été. Il s'ensuit un décalage du maximum naturel de printemps de juin à mai en descendant le cours[réf. nécessaire].

Les crues[modifier | modifier le code]

Crue de la Durance.
Évacuateur de crue du barrage de Serre-Ponçon, vu du pont d'Espinasse (à gauche) et depuis le Belvédère (à droite).

La rivière est réputée de tout temps pour son cours instable, impétueux et changeant. Tite-Live signale ainsi la difficulté de sa traversée[28], Silius Italicus, en poète moins soucieux d’exactitude, exalte son caractère torrentueux[29]. Ces crues, violentes et fréquentes, sont dues à une combinaison de facteurs :

  • un bassin montagneux aux pentes fortes ;
  • des roches sensibles à l’érosion, qui augmentent le volume des torrents et leur pouvoir destructeur ;
  • un couvert végétal peu protecteur, voire absent, à la fois pour des raisons naturelles (pauvreté du sol) et anthropiques (voir paragraphe suivant) ;
  • et enfin, le régime de précipitations méditerranéen, caractérisé par des précipitations assez peu fréquentes et violentes[30].

Il en résulte un ruissellement de 63 %, ce qui est très élevé : la hauteur de la lame d’eau écoulée à Cadarache est de 472 mm, pour une moyenne de 750 mm de précipitations[24].

À Mirabeau, l’étiage est de 45 m3/s, soit une variation de 1 à 133 ; lors de la sécheresse de 1921, qui dura jusqu’en décembre, le débit descendit jusqu’à 27 m3/s[31].

Crues historiques antérieures à la Révolution[modifier | modifier le code]

Les crues s’accroissent en nombre et en force à partir de la deuxième moitié du XIVe siècle, pour s’atténuer et s’espacer au XXe siècle. Comme dans toute l’aire alpine méditerranéenne, cette période de fort accroissement de la force et de la fréquence des crues est due à la combinaison d’un refroidissement à partir du XIVe et jusqu'au XIXe siècle (le petit âge glaciaire) qui provoque des pluies et des chutes de neige plus abondantes et plus fréquentes, et à un défrichement important des pentes des montagnes du bassin de la Durance, à partir du XVIe siècle[32]. Cet accroissement des crues et de leurs dégâts a notamment pour conséquence l’avancée de la Camargue pendant cette période[33], et le colmatage du port d’Aigues-Mortes.

La Durance emporte la ville de Rama (entre Briançon et Embrun, au confluent de la Biaysse) au XIIe siècle[18]. C'est la plus ancienne crue dont on possède une trace écrite, la suivante étant celle du 17 septembre 1226, concomitante avec une crue du Rhône. Celles de l'automne 1345 est provoquée par de fortes pluies qui détruisent les récoltes et provoquent une famine. La crue des 8-12 septembre 1651 est également remarquable par les dégâts qu'elle provoque dans la vallée[34], mais nous ne disposons d'aucune estimation de débit pour ces crues antérieures à 1800. Seule l'importance des dégâts causés par la Durance les a laissées dans la mémoire.

La crue de 1907 est évoquée par Jean Giono dans son roman La Provence perdue.

Les crues du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Même si on ne dispose pas de bonnes séries de relevés des précipitations et des crues avant le XIXe siècle, il est avéré que le nombre de crues torrentielles augmente fortement dans le bassin de la Durance au XIXe siècle. Ces crues se situent majoritairement de juin à août, donc liées à des pluies orageuses[35].

Entre 1832 et 1890, la Durance a connu 188 crues de plus de 3 mètres (mesurées au pont de Mirabeau)[22]. Les principales crues sont celles de 1843, 1856 (qui inonde Avignon) et 1886[36]. Les crues millénales (trois au XIXe siècle : 1843, 1856, 1886) atteignent 5000 à 6 000 m3/s selon les auteurs[37] ; pour comparaison, la crue de la Seine de 1910 atteint environ 2 400 m3/s à son plus fort.

La crue automnale de 1843 atteint les débits suivants[38]:

  • 1 675 m3/s à Serre-Ponçon ;
  • le Buëch apporte 1 200 m3/s, ce qui porte le débit de la Durance à 3 000 m3/s à Sisteron ;
  • la Bléone a un débit de 960 m3/s à Digne, et de 1 150 m3/s au confluent ;
  • l’Asse apporte encore 900 m3/s (avec un débit de 700 m3/s à Mézel) ;
  • le Verdon avait un débit maximum de 1 400 m3/s à Sainte-Croix ;
  • grossie de ces affluents, la Durance atteint des débits de 4 000 m3/s aux Mées, 4 800 m3/s à Manosque, et 5 500 m3/s à Mirabeau.

Elle cause pour 5,1 millions de francs de dégâts[38], en emportant plusieurs ponts suspendus juste construits (ceux de Remollon, datant de 1829, des Mées, datant de 1838, de Manosque, inachevé, de Mirabeau, construit en 1835).

En 1860, deux crues atteignent 4,89 m le 26 novembre, puis 4,30 m le 8 décembre[39]. Quatre crues se produisent en 1863, atteignant 5 m le 7 janvier, 3,30 m le 24 mai, 4,15 m le 26 septembre et 4,86 m les 12 et 16 octobre[40]. La crue de 1872 emporte encore le pont de Mallemort (1847)[41].

La crue de 1882 se produit avec des pluies automnales importantes. Les 27 et 28 octobre, il tombe 81 mm à Apt, 90 mm à Taillades, 113 mm à Ribiers et 165 à Noyers[42]. Le débit dépasse les 5 000 m3/s à Mirabeau, la hauteur du fleuve passant de 3 m à 6,60 m en moins de 8 heures, baissant ensuite presque aussi rapidement[40]. Le même mécanisme se reproduit en 1886 : il tombe 541 mm de pluie sur le département des Basses-Alpes en un mois (avec des précipitations sur une seule journée allant de 60 à 130 mm), provoquant deux crues importantes, les 20 et 21 octobre et les 25 et 26 octobre. L’Ubaye a une crue deux fois plus importante que celle de 1882 ; le Buëch a une crue supérieure à celle de 1882, avec 1 400 m3/s, la Durance dépassant les 6 m à Sisteron et atteignant les 5,75 m à Mirabeau. Début novembre, de fortes précipitations ont encore lieu (150 mm à Noyers), la crue causant des dégâts sur la ligne de chemin de fer du PLM et coupant des rampes d’accès aux ponts routiers[43]. Au total, les crues de 1886 couvrent la plaine de Mirabeau jusqu’au Rhône pendant plus d’un mois[44].

Et même des crues moins importantes peuvent être ravageuses : celle des 31 mai et 1er juin 1877 emporte le pont de Tallard[45].

Les crues du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les aménagements hydroélectriques ont sensiblement modifié le régime des crues ordinaires et moyennes. En revanche, les études montrent qu'ils n'ont pas d'influence sur les crues majeures[46] :

  • d'une part parce que les crues les plus violentes pour la basse vallée se forment sur la moyenne Durance (axe Buëch - Bléone - Verdon), comme le montrent les grandes crues du XIXe siècle, donc à l'aval des grands réservoirs (Serre-Ponçon notamment) ;
  • d'autre part parce que ces grands réservoirs ne sont pas gérés pour écrêter les grandes crues, et que leur volume peut être insuffisant (exemple de la crue de novembre 1994 sur le Verdon, peu modifiée par la retenue de Ste-Croix).

Des crues importantes ont été observées en 1957 et 1994 (2 800 m3/s à Mirabeau, en janvier 1994 et en novembre 1994)[23].

Morphologie et dynamique fluviale[modifier | modifier le code]

Formations d’îles dans le lit de la Durance[modifier | modifier le code]

Trois types d’îles se forment dans le lit de la Durance :

  • les bancs de graviers, apportés par les crues, et généralement sans ou avec peu de végétation ;
  • les iscles ou isclons, bancs de limons fertiles sur lesquels peuvent pousser des plantes à croissance rapide (osier), et qui ne sont balayées que par les fortes crues ;
  • les bourras, des amoncellements de troncs et de bois flottés[47].

Les iscles peuvent faire plusieurs kilomètres de long, et jusqu’à 400 à 500 m de large[48]. Selon Jean-Marie Gibelin, qui se fonde sur l’étude des différents plans et cadastres du lit, on peut reconstituer leur cycle de vie ainsi[49]:

  • une crue importante dépose un banc de gravier qui émerge du cours moyen ;
  • sur ce banc, des herbes et roseaux poussent. La crue suivante est ralentie à cet endroit, et dépose des limons, ce qui permet la pousse de ce qui est indiqué comme des bruyères sur le cadastre ;
  • progressivement, des arbres peuvent croître ;
  • ces arbres devenus grands sont abattus, ce qui, même en petite quantité, permet au courant de la crue de détruire ces îles, d’abord en les divisant. Les destructions sont plus importantes au moment de la décrue, qui affouille les rives, notamment sur ces coupures, et la destruction s’amplifie à chaque crue.

Écologie de la Durance[modifier | modifier le code]

Intérêt écologique[modifier | modifier le code]

La vallée présente l'intérêt de regrouper de nombreux habitats naturels d'intérêt communautaire, régulièrement remaniés par les crues, et subissant à la fois les influences méditerranéenne et montagnarde. Elle joue aussi un rôle important de corridor biologique, dans le cadre de la trame verte nationale et du réseau écologique paneuropéen, ce qui explique son classement en zone Natura 2000.

Écologie du cours d’eau[modifier | modifier le code]

Dans les eaux courantes, on compte aujourd'hui de 150 à 200 espèces de macro-invertébrés[50], mais avec peu d’espèces végétales (en raison du régime des crues).

La qualité de l’eau est réputée bonne dans la vallée supérieure, malgré le colmatage inévitable avec les nombreuses retenues, qui privent la Durance de la puissance nécessaire à l’emport des sédiments. Cette qualité a été obtenue grâce à des actions d’assainissement (y compris sur les affluents de la Luye et du Coulon). Il reste quelques points noirs dans la moyenne vallée (en aval de l’usine Arkema à Château-Arnoux, après la confluence avec le Coulon)[51].

La profondeur de 32 cm en moyenne entraîne de fortes variations de températures selon la saison (de 0 à 28 °C) et selon l’heure de la journée (7,5 °C d’amplitude l’été, 10 °C l’hiver), ce qui sélectionne les organismes aquatiques adaptés à ces changements.

L’aménagement de la vallée ainsi que l'espacement et la diminution de l'importance des crues ont permis la colonisation de l’espace alluvial par une ripisylve d’aulnes et de peupliers qui constitue localement une forêt-galerie. Le lit, bien que moins humide, accueille encore 110 espèces d’oiseaux à l’année, plus 82 espèces d’oiseaux migrateurs qui y trouvent des zones de repos et de nourrissage et parfois de reproduction. 110 espèces y hivernent. La diversité aviaire a augmenté après les aménagements, mais il est probable qu'il y ait eu autrefois une diversité supérieure à celle-ci, de même qu'un nombre d'individus plus élevé pour certaines familles d'oiseaux.

On trouve aussi dans la Durance ou à ses abords environ 75 espèces de mammifères dont le castor d'Europe, le campagnol amphibie, la crossope (ou musaraigne aquatique), de nombreuses espèces de chauves-souris : barbastelle (Barbastella barbastellus), grand murin (Myotis myotis), grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), minioptère[52] de Schreibers (Miniopterus schreibersi), petit murin (Myotis blythii), petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), vespertilion de Capaccini (Myotis capaccinii). On y trouve aussi des espèces introduites et devenues invasives (dont le ragondin)[53] et le rat musqué arrivé plus récemment. La loutre pourrait avoir récemment disparu ou sa présence serait très relictuelle[54],[55].

Les populations d’algues et plantes aquatiques (100 espèces en moyenne et basse Durance) et d’invertébrés aquatiques (77 espèces) sont moins variées qu’avant les aménagements (comparaison avec celles de l’Asse et du Buëch). Les jussies, espèces de plantes invasives, apparaissent progressivement (depuis 1986) dans les eaux stagnantes (gravières, mares, bras morts)[56].

De même, il y a peu d’espèces de poissons (14), mais quelques espèces patrimoniales ; outre le blageon et le toxostome, on y trouve aussi l’apron du Rhône (poisson très menacé de disparition) et la loche de rivière (Cobitis taenia taenia) encore très significativement présente. Mais l’envasement et le manque d'oxygène compromettent la reproduction des truites[53]. La lamproie de Planer y était encore récemment signalée. Elle a peut-être disparu[54].

Espèces présentes dans la vallée[modifier | modifier le code]

Outre la faune et la flore spécifiquement liées à la rivière, on peut noter :

Pollution[modifier | modifier le code]

Les premières pollutions importantes de la Durance remontent à l’installation de l’usine de fabrication d’armes chimiques et d’aluminium à Saint-Auban, durant la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920 et 1930, tous les résidus de production sont rejetés à la rivière, la bauxite rougissant la Durance[58].

Les relevés effectués dans les années 1970 montrent que la pollution de la Durance restait majoritairement d’origine industrielle en aval de Saint-Auban, sauf dans les traversées d’agglomération[59]. Les rejets de l’usine Péchiney de Saint-Auban polluent alors la rivière sur plus de vingt kilomètres[60], malgré l’épuration qui ne concerne à cette époque que moins de la moitié des eaux polluées[61]. Puis la pollution réapparaît à partir de Manosque, composée principalement de produits chimiques agricoles et d’eaux de lessivage de cuves à mazout[60].

Au milieu des années 1970, la situation ne s’est globalement pas améliorée : la pollution de l’eau gêne fortement la reproduction des poissons en aval du confluent de la Luye (qui lui apportait des hydrocarbures et la pollution de Gap), en aval de Sisteron, et sur tout le cours moyen de la Durance, entre le confluent de la Bléone et le confluent du Verdon[62]. La survie des poissons est menacée en aval du confluent de la Bléone par les rejets chimiques et toxiques de l’usine de Saint-Auban[62]. Si la rivière restait polluée en aval de Cadarache, la situation apparaissait globalement maîtrisée jusqu’au confluent avec le Rhône[63]. Les objectifs d’assainissement étaient d’une qualité 1A (tous les usages possibles) en amont de Sisteron, et 1B de Sisteron à Avignon[64].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Durance a joué un rôle très important dans l'histoire de la Provence, et a grandement contribué à la croissance économique et démographique de la région marseillaise, après avoir été un obstacle à la circulation pendant des siècles.

Le bac à traille entre Noves et la Chartreuse de Bonpas

Les fouilles de sauvetage qui ont eu lieu sur le chantier de l’autoroute A51 ont permis de découvrir quelques sites préhistoriques et antiques[65].

De l'Antiquité au XIXe siècle, la Durance était réputée pour sa traversée difficile, ses crues brutales et un débit inconstant. La largeur de son lit, la force et la faible profondeur de son courant, et les changements de cours après les crues rendaient son franchissement par gué ou bac, ainsi que la navigation fluviale, très délicats (malgré une hauteur d'eau relativement importante en période de hautes-eaux). Il fallait parfois plusieurs bacs pour traverser les différents bras ou canaux et reconstruire fréquemment le câble (« traille ») support. Les rives instables et parfois abruptes rendaient l’établissement du bac et son accès difficiles. Les gués étaient difficiles à établir, souvent emportés : les seuls durables sont ceux de Mirabeau et de Pertuis, inutilisables en périodes de crues[66].

Antiquité[modifier | modifier le code]

La voie Domitienne franchissait la Durance à Cavaillon.

À l'époque préromaine, la Durance formait la frontière entre différents peuples celtes établis le long de son lit, comme les Cavares (Cavaillon) et les Salyens.

La vallée de la Durance est une voie de pénétration des Alpes, empruntée par la voie Domitienne ; une statue de Janus est d’ailleurs élevée au Montgenèvre, point de passage entre la Gaule cisalpine et la Gaule narbonnaise[67]. Strabon (Ier siècle) signale qu’un bac était établi à Cavaillon[68], la grande voie romaine d’Espagne en Italie ne traversant la Durance qu’à Cavaillon et à Sisteron[69]. Il devait y avoir plusieurs bacs à Cavaillon, du fait de l’importance du point de passage (on a d’ailleurs retrouvé un quai d’embarquement taillé dans le roc). Un pont existait à Sisteron. On suppose que d’autres bacs devaient permettre de la franchir[69] comme cela est attesté à partir du XIe siècle, notamment à la hauteur de Pertuis, ville dont le nom conserve le souvenir de cette fonction.

Bas-relief d'époque gallo-romaine : commerce du vin sur la Durance (Cabrières-d'Aigues, Vaucluse)

Difficile à franchir (sauf à Sisteron, où son cours se resserre entre deux rives rocheuses), la Durance était néanmoins navigable. Les bas-reliefs de Cabrières-d’Aigues le démontrent, le cours d’eau est utilisé pour le transport de différentes denrées liquides (vin, huile d’olive)[70], les Gallo-Romains utilisant les haleurs (en latin : helciarii) et le vent pour remonter le courant. Plusieurs corporations spécialisées assuraient ce transport : les nautes avaient le monopole du transport sur grandes rivières et utilisaient des barques, les utriculaires (en latin : utricularii) qui l’avaient sur les petites rivières et dans les marais utilisaient des radeaux flottant sur des outres gonflées. Deux corporations d’utriculaires se trouvaient à Sisteron et à Riez[71].

Ce commerce alimentait l’activité d’un port important, proche du carrefour routier de Sisteron, au lieu-dit le Bourguet, à l’Escale : le port existait avant la conquête romaine, mais fut aménagé au Ier siècle av. J.-C., connut la prospérité jusqu’à la crise du IIIe siècle, avant de retrouver une activité économique jusqu’au début du Ve siècle[71].

Moyen Âge et temps modernes[modifier | modifier le code]

Le pont sur la Durance entre Sisteron et la Baume.

À la fin de l’Antiquité, la Durance, difficilement franchissable, sert à dessiner les frontières. En 470, elle marque la limite de l’avancée vers le sud des Burgondes[72]. Quand Romulus Augustule est déposé en 476, le territoire au Sud et à l’Est de la Durance échoit aux Wisigoths. Les Burgondes, déjà installés au Nord et à l’Ouest de ce fleuve frontière, occupent le sud de la Provence à la mort du Wisigoth Euric en 483[73]. En 526, Amalasonte, la reine des Ostrogoths cède au roi des Burgondes Godomar la portion de terres comprise entre Isère et Durance, qui devient la nouvelle frontière entre les deux royaumes[74].

Au Moyen Âge central, le comté de Forcalquier s’étire tout en longueur le long de la Durance, de Cavaillon jusqu’à Roche-de-Rame près d’Embrun. Du XIIe au XIXe siècles, la rivière fut employée au flottage du bois, coupé dans les Alpes (notamment par les moines de Boscodon, qui par privilège de 1191 utilisaient gratuitement le fleuve[75]) et utilisé dans les villes de plaine et les chantiers navals.

D’autres marchandises sont transportées sur le fleuve, dont principalement le sel, marchandises qui voient leur prix augmenté par les dix péages établis sur les 300 km du cours d’eau à Savines, La Bréole, Monêtier-Allemont, Le Poët, Sisteron, Les Mées, La Brillanne, Saint-Paul, Mallemort et Orgon[76] ; J. Billioud estime qu’en 1587, le prix du bois est multiplié par quinze entre son lieu d’abattage, à Boscodon, et Marseille[77].

Le pont de Sisteron, érigé au Moyen Âge, est resté jusqu'au milieu du XIXe siècle le seul passage en dur d'une rive à l'autre de la Durance. Après l’an Mil, le nombre de bacs (déjà présents auparavant) augmente cependant : il s’agit de bacs à traille (équipés d’un mât qui s’appuie sur un câble, la traille, tendu entre les deux rives du cours principal). Le plus ancien connu est celui allant de la Roque-d'Anthéron à Cadenet (à Gontard), attesté en 1037[78]. Au XIe siècle existe encore celui de Pertuis. Par la suite, les preuves d’existence de bacs se multiplient, notamment à Rognonas, La Brillanne (XIIIe siècle), Noves, Orgon, Le Puy-Sainte-Réparade, Meyrargues, Pertuis, Peyrolles, celui de Cante-Perdrix à Mirabeau, Manosque, Giropey, Château-Arnoux, le Bourguet, Volonne, Bonpas[78]. Les principaux sont ceux de Cadenet et de Mirabeau, qui étaient empruntés par les troupeaux de moutons en transhumance[79]. D’autres bacs sont mis en place pour alimenter les moulins construits à la fin du XVIIIe siècle au Poët, à Upaix et Claret[80]. Néanmoins, la desserte par bac reste toujours plus faible que celle du Rhône (un bac tous les 9 à 11 km en moyenne, contre un tous les 5,2 km sur le Rhône)[81]. À partir du XIIe siècle, on construit également des ponts de bois, qui durent plus ou moins longtemps :

  • à Maupas (actuel Bonpas, à Caumont), de la fin du XIIe siècle à sa destruction par le comte de Toulouse en 1241 ;
  • à Mirabeau, au début du XIIIe siècle, près de Sainte-Madeleine-du-Pont ;
  • à Savines, le plus fréquenté des ponts de Haute-Durance (XVe siècle).

Le pont antique de Sisteron est reconstruit en 1365[78]. Vauban confirme la difficulté d’établissement d’un pont en refusant d’en construire un à Cadenet[82].

Un important réseau de canaux d'irrigation se développe, dont certains dévient une petite partie du débit vers Arles (canal de Craponne) et la Crau.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

C'est pendant ce siècle que se produisent les crues les plus violentes (1843, 1856, 1882, 1886), et que la science et la technique modernes sont utilisées pour mieux connaître la rivière et faciliter son franchissement.

Des relevés sont effectués en 1850, et permettent de mesurer précisément la largeur du lit du cours d’eau : 1 200 m aux Mées, 1 600 m à Manosque, 2 000 m au confluent avec le Verdon[83].

En 1856, la crue millénale inonde tout le bassin de la Durance, de Sisteron jusqu'à son confluent à Avignon. Elle emporte les terrasses alluviales cultivées, rompt les digues, détruit les canaux. Les syndicats d’arrosants (qui ont remplacé les pareries) et les services locaux des Ponts et Chaussées demandent une intervention exceptionnelle à l’État. Le premier service d’observation d’une rivière est créé, le Service spécial de la Durance, afin d’étudier l’hydrologie de la rivière, suivi de son bornage kilométrique à partir de 1868, du confluent avec le Verdon à celui avec le Rhône. Ce bornage permet un nivellement et de cartographier les terres inondables[84].

La construction au milieu du XIXe siècle du canal de Marseille, qui capte l'eau de la Durance, a permis à l'agglomération marseillaise de se développer très rapidement. De nombreux ponts ont été édifiés ou reconstruits, notamment à Volonne, Manosque, Mirabeau, Pertuis et Cadenet, certains sont des ponts suspendus.

XXe siècle : les aménagements hydroélectriques[modifier | modifier le code]

L’utilisation de la Durance comme voie de transport décroît avec la concurrence de la route, et cesse définitivement avec celle du chemin de fer. Il ne reste que 10 radeliers en 1896, un seul en 1908[78] (voir aussi la partie Culture).

Les aménagements hydroélectriques, avec la construction de la chaîne de barrages sur la Durance, le Verdon ainsi que sur le Buëch et la Bléone, ont eu les impacts économiques les plus importants et les plus visibles dans le paysage. La majeure partie du débit a été détournée dans des canaux en aval de Serre-Ponçon, et seul circule dans le lit naturel un débit réservé de 2 à 5 m3/s, correspondant à 1/40e du débit naturel. Le lit s'est progressivement fixé et de la végétation commence à y pousser, là où l'eau ne coule plus. Grâce aux réservoirs de Serre-Ponçon et de Sainte-Croix, qui peuvent retenir un total de plus de 2 milliards de tonnes d'eau, l'irrigation reste possible en été pendant les années les plus sèches. Les plans d’eau ont permis un développement de l'économie locale grâce au tourisme estival.

L'aménagement du cours de la Durance[modifier | modifier le code]

Les principaux ponts[modifier | modifier le code]

Hautes-Alpes :

Alpes-de-Haute-Provence :

Le pont-barrage de l'Escale.

Entre le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône :

Le grand viaduc LGV de Cavaillon.

Le pont de Bonpas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pont de Bonpas.

Le Pont de Mirabeau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pont de Mirabeau.
Les deux anciens ponts de Mirabeau.

Le rétrécissement de la Durance sur la commune de Mirabeau où la rivière se fraye un chemin entre deux falaises de calcaire abruptes, le défilé de Canteperdrix, est un lieu de franchissement ancien et a donné lieu à la construction de pas moins de trois ouvrages successifs, qui ont succédé aux bacs à traille. La première tentative de construction d’un pont date du XVe siècle. Les différents « Pont Mirabeau » qui furent édifiés ont été détruits totalement ou en partie à quatre reprises en 1440, 1635, 1843 et 1881 par la Durance déchainée. Les piles généralement reproduites sont celles du pont construit en 1835 par Jean-François Théophile Sauzet, monuments historiques inscrits[85].

Le pont moderne, une pile de l'ancien pont et la falaise de Canteperdrix.

En 1935, il est remplacé par un nouveau pont suspendu, qui est saboté en 1944 et reconstruit en 1947. Le pont actuel date de 1987.

Digues[modifier | modifier le code]

Pour se prémunir des inondations ravageuses (qui emportaient parfois tout un pan de rive, et une ville avec), des digues ont commencé à être construites au XVe siècle à Avignon[86]. D’autres tentatives ont lieu jusqu’au XIXe siècle : leur principal point commun est le manque de coordination, et leur manque de réussite, même après l’instauration d’une Commission mixte chargée d’établir des plans annuels d’endiguement par l’ordonnance royale de 1825[87].

Sous l’Ancien régime, on utilise souvent des caissons de rondins emplis de pierres, puis des gabions, plus efficaces et plus faciles à mettre en œuvre : il s’agit de paniers d’osier ou de saule, de forme conique, la partie pointue étant dirigée vers le lit de la rivière, le remplissage (toujours de pierres) se faisant depuis la rive. Mais ni les uns, ni les autres, ne résistent longtemps aux crues[88].

La première proposition d’endiguement général de la Durance est faite par Bérenguier, habitant de Manosque, et date de 1778[86]. De nombreuses études sont faites au siècle suivant, dont une à partir de 1839, qui est définitivement rejetée par Paris en 1851 devant les oppositions, paradoxales, des habitants des deux rives, trouvant que la proposition et ses variantes avantagent le voisin (d’en face, aval, amont)[89]. Les projets d’endiguement partiel échouent également (dont celui en amont du pont des Mées dans les années 1860[90], qui marque encore la campagne municipale de 1888[91]).

Les projets qui eux, sont réalisés, ne sont que rarement durables dans la vallée de la moyenne Durance :

  • les épis en T mis en place par la commune de Valensole sont emportés entre 1860 et 1863[39];
  • les épis mis en place en collaboration par les communes de Volx et Manosque sont emportés par les crues de 1860.

À l’inverse, les endiguements à épis et digue mis en place en basse Durance, là où le courant est moins fort (Vaucluse et Bouches-du-Rhône), ont de bons résultats, et ont même inspiré les projets précédents[92].

Canaux[modifier | modifier le code]

Dans un autre sens, depuis la même époque, on utilise l’eau de la Durance pour irriguer les terres voisines, puis alimenter en eau toute la Provence. Le premier canal connu est le canal Saint-Julien, creusé en 1171[93]. Suivent ceux d’Adam de Craponne (50 km creusés en neuf mois en 1554 de Silvacane à Arles), des Alpilles (ou Alpines), de Marseille, de Carpentras, de Manosque, de Ventavon, et des centaines d’autres plus petits[94] pour un total de 540 km creusés de la fin du XVIe siècle à la fin du XIXe siècle[93].

Le canal Saint-Julien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Canal Saint-Julien.

Le canal de Craponne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Canal de Craponne.

Le Canal de Marseille[modifier | modifier le code]

L'aqueduc de Roquefavour, sur l'Arc, principal ouvrage d'art du canal de Marseille.
Article détaillé : Canal de Marseille.

De 1839 à 1854, l'ingénieur Franz Mayor de Montricher construit un canal destiné à approvisionner la ville de Marseille en eau potable.

La prise d'eau initiale était située sur la Durance au niveau du pont de Pertuis, à une altitude de 185 mètres, et à 50 kilomètres à vol d'oiseau de Marseille. De là, le canal partait vers l'ouest sous Le Puy-Sainte-Réparade. Lors de la construction du grand canal EDF, qui double la Durance depuis Serre-Ponçon jusqu'à Salon-de-Provence et l'étang de Berre, la prise d'eau du canal de Marseille a été reportée sur le canal EDF lui-même, après Saint-Estève-Janson. De là, le canal suit un tracé tourmenté de 80 km de long, dont 17 km en souterrains, jusqu'à Marseille. Le canal est en béton, les ouvrages aériens en pierres ou pierres et briques. Le débit de l'ouvrage est de 10 m3/s, la pente de 0,36 m/km.

La Durance fournit encore aujourd'hui les deux-tiers de la ressource en eau de la ville de Marseille.

Aménagement hydroélectrique[modifier | modifier le code]

L’utilisation de la force motrice de la Durance pour produire de l’électricité commence en 1908, avec la construction d’une centrale à La Brillanne par l’Énergie électrique du littoral méditerranéen (pour une commercialisation sur la côte), suivie dès 1909 par Pechiney qui construit à L’Argentière une centrale pour les besoins de son usine d’aluminium[95] ; en 1909 également, l'usine de Ventavon est construite[96]. Des moulins, établis sur des canaux de dérivation, utilisaient déjà cette force pour d’autres usages. La technique du canal de dérivation est souvent utilisée pour mouvoir les turbines des centrales : celles de Ventavon et du Poët sont implantées sur un canal commun, et le canal de La Brillanne alimente celles de La Brillanne, Le Largue et Sainte-Tulle. D’autres centrales sont construites dans la première moitié du XXe siècle : Les Claux et Champcella-Le Fournel[97].

Cependant, le potentiel hydroélectrique apparaît largement sous-exploité, en partie à cause du régime de la rivière : les hautes-eaux se produisent au printemps, alors que la demande est maximale en hiver (et que les besoins d’irrigation sont importants en été). L'aménagement permettant d’accroître la production hydroélectrique durancienne et d’approvisionner directement la Provence, pauvre en unités de production[97].

En 1955, une loi est votée pour l’aménagement de l’ensemble Durance-Verdon. Dans ce cadre, trois missions sont confiées à EDF :

  • la production d’électricité ;
  • l’alimentation en eau des cultures (irrigation) et des villes ;
  • la régulation des crues[98].
Vue d'avion du lac de Serre-Ponçon en août 1997.

Ce programme a entraîné, sur une période de 40 ans, la construction de 23 barrages et prises d’eau (des prises d’eau en amont des Claux sur l’Argentière à celle de Mallemort en passant par le barrage de Serre-Ponçon), du canal EDF de la Durance, alimentant 33 centrales hydroélectriques, et de plusieurs stations de commande[99].

Ce programme est une réussite presque complète :

  • l’ensemble Durance-Verdon produit 6 à 7 milliards de kWh par an (10 % de la production hydroélectrique française) ;
  • les barrages réservoirs fournissent de l’eau potable à toute la région, et irriguent toute la Provence (un tiers de l’irrigation française) ;
  • les lacs sont une attraction touristique (Serre-Ponçon attire 10 % des touristes fréquentant les Hautes-Alpes) ;
  • si le débit est régularisé, et les crues faibles et moyennes parfaitement contrôlées, l’aménagement n’a aucun effet sur les crues majeures, comme l’a montré la crue de 1994 (3 000 m3/s à Cadarache[27]). En effet le barrage réservoir de Serre-Ponçon ne régule que le cours supérieur de la Durance, et ne joue aucun rôle sur les affluents, dont le rôle est important dans la formation des crues majeures. Tous les autres barrages ne sont que des prises d’eau. Seul le Verdon voit son débit contrôlé par le barrage de Sainte-Croix (si des capacités de stockage existent au moment de la crue)[100].

Impact des aménagements[modifier | modifier le code]

La Durance avait un débit naturel moyen de 188 m3/s et un régime fluvial de type méditerranéen, mais les aménagements hydrauliques ont modifié son cours. À part un très faible débit réservé, la masse des eaux circule désormais dans le canal EDF qui longe le lit naturel de la grande rivière afin de les faire passer par une série d'usines hydroélectriques[101]. Ce canal usinier peut contenir jusque 250 m3/s. De ce fait, lors des grandes crues, les eaux excédentaires empruntent à nouveau le lit naturel, les réservoirs étant largement insuffisants pour emmagasiner de pareilles masses d'eau (il s'agit surtout de Serre-Ponçon, mais aussi des grands réservoirs du Verdon, son affluent principal).

Gestion[modifier | modifier le code]

Le Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Durance[3], dont le périmètre d'intervention s'étend de Serre-Ponçon au Rhône, est la structure gestionnaire de la rivière. Il est concessionnaire du Domaine public fluvial (DPF) sur la Basse Durance mais intervient également sur le DPF de l'État sur la Moyenne Durance. Il œuvre essentiellement dans les domaines suivants : la gestion des crues, l’amélioration de la sécurité, le transport solide, la préservation et de la gestion du patrimoine naturel, la gestion des différents usages.

Économie[modifier | modifier le code]

Le lit de la Durance fournit depuis les années 1950 des granulats très durs, utilisés pour la couche de roulement des routes et les bétons résistants. La plupart des sites de prélèvement sont en cours de fermeture. De même, les quelques usines utilisant l’énergie de la rivière ont fermé (usine d’aluminium de l’Argentière-la-Bessée) ou sont en cours de fermeture (Arkema à Saint-Auban).

Enfin, c’est dans la vallée de la Durance, à Cadarache, que le réacteur expérimental de fusion nucléaire, ITER, est en cours de construction.

La Durance dans les arts et la culture[modifier | modifier le code]

Le Palais Longchamp à Marseille.

La Durance est représentée sous la forme d’un groupe sculpté majestueux au palais Longchamp, à Marseille, construit entre 1862 et 1869 par l'architecte Espérandieu afin de célébrer l'arrivée des eaux de la Durance dans la ville, via le Canal de Marseille.

Elle est également sculptée sous les traits d’une femme au ventre fécond, à Charleval (Bouches-du-Rhône).

Elle est présente dans la littérature :

Parmi les peintres à l’avoir représentée, Guigou et Monticelli, amis proches, s’installent à Saint-Paul-lès-Durance et exécutent de nombreux tableaux où elle figure, soit comme décor, soit comme sujet (86 des 421 tableaux de Guigou). Le peintre surréaliste d’origine roumaine Victor Brauner, réfugié en 1942 à Remollon, en fait plusieurs tableaux sur des matériaux de fortune[104].

Depuis quelques années, une association fait revivre les radeliers, en construisant chaque année des radeaux de troncs d’arbre et en leur faisant descendre une portion de la Durance.

L’escadron d'hélicoptères 4/67 Durance, créé en 1976, était chargé de la protection de la base aérienne 200 Apt-Saint-Christol et du site lancement de missiles du plateau d'Albion. Une radio locale de la bande FM a choisi Durance comme nom.

La classe Durance est une classe de cinq pétroliers ravitailleurs et de commandement de la Marine nationale française mis en service de 1977 à 1990

Dans le cinéma français, la Durance est le cadre de L'Eau vive, film de François Villiers, dans l'ambiance de la construction du barrage de Serre-Ponçon.

La Durance est le nom du bulletin académique des professeurs d'histoire -géographie d'Aix-Marseille.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, 106 p
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Syndicat Mixte d'Aménagement de la Vallée de la Durance, Contrat de rivière du Val de Durance, rapport de présentation, SOGREAH, 2008, 93 p
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Claude Gouron, photographe, Hélène Vesian, auteur des textes, Pierre Magnan, préfacier, Durance : voyage photographique des Alpes à la Provence, Avignon : Alain Barthélemy, 2002
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Henri Julien, et Jean-Marie Gibelin, Toi, Durance, Barras, Ed. Terradou, 1991, (ISBN 978-2-907389-36-5)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Cécile Miramont, Denis Furestier, Guy Barruol, Catherine Lonchambon, La Durance de long en large : bacs, barques et radeaux dans l'histoire d'une rivière capricieuse, Forcalquier : les Alpes de lumière, 2005, Collection : Les Alpes de lumière, num. 149, 120 p, ISSN 0182-4643, (ISBN 978-2-906162-71-6)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Jean-Paul Clébert et Jean-Pierre Rouyer, La Durance, Privat, Toulouse, 1991, dans la collection Rivières et vallées de France, (ISBN 2-70899503-0)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Catherine Lonchambon, Les bacs de la Durance : du Moyen Âge au XIXe siècle, Publications de l'Université ́de Provence, 2001, (ISBN 2-85399480-5), (ISBN 978-2-853994-80-4)
  • Georges Truc, L'eau en Vaucluse. Origine, fonctionnement, potentiel et qualité des réservoirs aquifères, Éd. Conseil Général de Vaucluse, Avignon, 1991
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Paul Veyret, Les pays de la moyenne Durance alpestre : bas Embrunais, pays de Seyne, Gapençais, bas Bochaine ; étude géographique, Publié par Arthaud, 1945
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Laurence Fumey, Félix Laffé, Arlette Playoust, Des plaines de la Durance au pays d'Aix : agriculture, négoce, société (XVIIIe ‑ XXe siècles) : répertoires numériques des sous-séries 61 J, 64 J, 81 J, 94 J, 95 J, 96 J, 108 J, 119 J, Publié par Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1997 (ISBN 2-86013034-9), (ISBN 978-2-860130-34-9)

Vidéos[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Jacques Sapiega, La Durance, parcours & regards, Conseil régional PACA, 2004

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c SANDRE, « Fiche rivière la durance (X---0000) » (consulté le 31 août 2008).
  2. Serge Gachelin, « Le Réseau hydrographique majeur de la région », dans Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p. 8.
  3. a et b « SMAVD - Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Durance », sur http://www.smavd.org (consulté le 28 avril 2013)
  4. Muller-Feuga R & ruby P (1965) Alimentation artificielle de la nappe des alluvions de la basse-durance ; La Houille Blanche, n°3 (Avril 1965), pp. 261-267 (résumé)
  5. Nicolas Mastras, « Durance, source et frontière », dans Jacques Sapiega, La Durance, parcours & regards, Conseil régional PACA, 2004 (DVD)
  6. a et b Jean-Paul Clébert et Jean-Pierre Rouyer, La Durance, Privat, Toulouse, 1991, collection « Rivières et vallées de France », (ISBN 2-7089-9503-0), p. 20
  7. a et b Clébert & Rouyer, La Durance, op. cit., p. 18.
  8. Gilbert Bessonnat, Durance et Verdon : la région alpine, Riez, Musée de Riez, 1980, p. 1.
  9. Altisud, consulté le 28 août 2008.
  10. a et b Clébert & Rouyer, op. cit., p. 11.
  11. Clébert & Rouyer, op. cit., p. 12.
  12. Pierre Thomas 2009
  13. a et b M. Jorda, « Sites archéologiques et histoire de l’environnement en Moyenne Durance », dans DRAC PACA, Recherches archéologiques en Val de Durance : travaux de sauvetage sur le chantier de l’autoroute A51, Éditions de la société des Autoroutes Estérel Côte d’Azur, 1990, 55 p., p. 7
  14. Georges Truc, op. cit., p. 70-71.
  15. M. Jorda, op. cit. p. 9.
  16. a et b Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - La Durance à Saint-Paul-les-Durance (Jouques-Cadarache) (X3000010) » (consulté le 3 février 2014)
  17. Clébert & Rouyer, op. cit., p. 35.
  18. a, b et c Guy Barruol, « La Durance dans l’Antiquité et au Moyen Âge », in Denis Furestier, Catherine Lonchambon, Cécile Miramont, La Durance de long en large : bacs, barques et radeaux dans l’histoire d’une rivière capricieuse, Les Alpes de lumière (no)149, Forcalquier 2005, (ISBN 2-906162-71-X), p. 24.
  19. Guy Valencia, « Hydraulique et morphologie du lit en zone de piémont et de plaine », Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p. 11.
  20. Bessonnat, Durance et Verdon..., p. 9.
  21. Serge Gachelin, « Le Réseau hydrographique majeur de la région », p. 7.
  22. a et b Cécile Miramont, « Histoire des paysages fluviaux », dans Barruol, Furestier, Lonchambon, op. cit., p. 15.
  23. a et b Étude générale de la moyenne et basse Durance, SMAVD, SOGREAH, CESAME, 1999.
  24. a et b Clébert & Rouyer, op. cit., p. 39.
  25. a et b Clébert & Rouyer, op. cit., p. 38.
  26. Géraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1997, p. 51.
  27. a et b Serge Gachelin, « Le Réseau hydrographique majeur de la région », p. 8.
  28. Tite-Live, Histoire romaine [détail des éditions] [lire en ligne], XXI, 31, 10-12.
  29. Silius Italicus, Punica, III, 468-476 [lire en ligne].
  30. Guy Barruol, La Durance de long..., p. 14 et 18.
  31. Jacques Sapiega, géorama « Durance & Verdon ».
  32. Cécile Miramont, La Durance de long en large, p. 18-19.
  33. Guy Barruol, La Durance de long..., p. 18.
  34. Syndicat mixte d'aménagement de la vallée de la Durance (SMAVD), Étude générale de la Durance entre Serre-Ponçon et L'Escale, volet hydraulique et sédimentologie. Bilan de l'état actuel, SMAVD, 2004. p. 30.
  35. Stéphane Ballandras, « Le « Remblaiement Historique » dans les bassins versants torrentiels des Alpes françaises », dans Géomorphologie : relief, processus, environnement. Mars 1998, vol. 4, no 1. p. 74.
  36. Bernard Amouretti, « L’Homme a longtemps été sous la dépendance de la Durance », Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p. 25.
  37. Dans La Durance : lien de vie du territoire régional, Serge Gachelin donne 5 000 m3 (p. 8) ainsi qu’Henri Pignoly (p. 99) ; dans le même ouvrage, Bernard Amouretti donne 6 000 m3 (p. 25). Cécile Miramont (voir plus haut) donne elle aussi une estimation de 6 000 m3/s. Jacques Sapiega, dans son géorama « Durance & Verdon » (DVD La Durance : parcours et regards), donne 5 500 m3/s le 26 décembre 1882 ; Clébert & Rouyer donnent 6 000 m3/s en novembre 1886, dans La Durance, p. 39.
  38. a et b Jean-Marie Gibelin, L’Histoire des endiguements de la Durance dans le département des Basses-Alpes, Digne-les-Bains, DDE des Alpes-de-Haute-Provence, 1990, p. 24-25.
  39. a et b Gibelin, op. cit., p. 93.
  40. a et b Ibid.
  41. Philippe Autran, « Le réseau routier aux XIXe et XXe siècles : de la Révolution à la mécanisation », dans Autran, Guy Barruol et Jacqueline Ursch, D’une rive à l’autre : les ponts de Haute-Provence de l’Antiquité à nos jours, Les Alpes de lumière no 153, Forcalquier, 2006. (ISBN 2-906162-81-7), p. 46-47.
  42. Gibelin, op. cit., p. 123.
  43. Gibelin, op. cit., p. 127.
  44. Gibelin, op. cit., p. 23.
  45. Clébert & Rouyer, op. cit., p. 91.
  46. Contrat de rivière du Val de Durance, rapport de présentation - SMAVD, SOGREAH, 2008.
  47. Clébert & Rouyer, op. cit., p. 32.
  48. Gibelin, op. cit., p. 57.
  49. Gibelin, op. cit., p. 57 et suivantes.
  50. Jean Giudicelli, « Caractéristiques originelles de la rivière », dans Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, op. cit., p. 57.
  51. Giudicelli et Viciana, op. cit., p. 59.
  52. Les minioptères sont des chauves-souris
  53. a et b Giudicelli et Viciana, op. cit., p. 60.
  54. a et b DIREN, Inventaires Natura 2000.
  55. Définition de « relictuelle » sur le guide des milieux forestiers, consultée le 30 août 2008
  56. Christophe Garrone, « Les zones humides artificielles de Basse Durance », Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p. 77.
  57. a et b Gilbert Bessonnat, op. cit., p. 3.
  58. Jean-Bernard Lacroix, « Saint-Auban : un grand centre industriel issu de la guerre chimique », in Chroniques de Haute-Provence (no)303, Bulletin de la Société scientifique et littéraire de Haute-Provence, 1987, p. 197-198.
  59. F. Muckensturm, « La pollution des eaux en Provence-Côte d'Azur », Méditerranée, Deuxième série, Tome 12, (no)1, 1973. p. 86.
  60. a et b Muckensturm, op. cit., p. 90.
  61. Muckensturm, op. cit., p. 93.
  62. a et b F. Pelissier, « La lutte contre la pollution de l'eau et sa prévention », dans Méditerranée, Troisième série, Tome 39, 2-3-1980. L'eau en Provence-Alpes-Côte d'Azur. p. 68.
  63. Pelissier, op. cit., p. 70.
  64. Pelissier, op. cit., p. 73.
  65. DRAC PACA, Recherches archéologiques en Val de Durance : travaux de sauvetage sur le chantier de l’autoroute A51, Éditions de la société des Autoroutes Estérel Côte d’Azur, 1990, 55 p.
  66. Bernard Amouretti, « Pourtant, la vallée de la Durance a toujours été un axe de passage », Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, : Conseil régional PACA, p. 27.
  67. Nicolas Masras, « Durance, source et frontière », in Jacques Sapiega, La Durance, parcours & regards, Conseil régional PACA, 2004 (DVD).
  68. Barruol, La Durance de long en large, p. 39.
  69. a et b Barruol, La Durance de long en large, p. 40.
  70. Barruol, La Durance de long en large, p. 31-32.
  71. a et b Barruol, La Durance de long en large, p. 32-36.
  72. Christiane Boekholt, « Les prieurés de Psalmody en Provence », Chroniques de Haute-Provence, Revue de la Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 2012, no 369, 132e année, p. 77. ISSN 0240-4672.
  73. Raymond Boyer, carte 35 « La Provence après la chute de l’Empire romain », in Baratier, Duby & Hildesheimer, Atlas historique de la Provence, et commentaire.
  74. Audrey Becker-Piriou, « De Galla Placidia à Amalasonthe, des femmes dans la diplomatie romano-barbare en Occident ? », Revue historique 2008/3, no 647, p. 531.
  75. Barruol, La Durance de long en large, p. 45.
  76. Barruol, La Durance de long en large, p. 46.
  77. cité par Gibelin, op. cit., p. 28
  78. a, b, c et d Barruol, La Durance de long en large, p. 48.
  79. Catherine Lonchambon, « D’une rive à l’autre : le « bac à traille », Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, [S.l.] : Conseil régional PACA, p 33
  80. Catherine Lonchambon, « D’une rive à l’autre : le « bac à traille» », p 33
  81. Catherine Lonchambon, « D’une rive à l’autre de la Durance : d’étranges bateaux », in Guy Barruol, Denis Furestier, Catherine Lonchambon, Cécile Miramont, La Durance de long en large : bacs, barques et radeaux dans l’histoire d’une rivière capricieuse, Les Alpes de lumière no 149, Forcalquier 2005, ISBN 2-906162-71-X, p 55
  82. Gibelin, op. cit., p. 47.
  83. Gibelin, op. cit., p. 56.
  84. Claude Gouron (photographe), Hélène Vésian (auteur), Serre-Ponçon : voyage photographique au confluent de l’Ubaye et de la Durance, Le Pontet : Éditions Barthélemy et Hangar, 2004. (ISBN 2-87923-165-5), p. 39.
  85. Arrêté du 6 juillet 1988, « notice de la Base Mérimée », consultée le 26 août 2008.
  86. a et b Gibelin, op. cit., p. 28.
  87. Gibelin, op. cit., p. 32.
  88. Gibelin, op. cit., p. 38.
  89. Gibelin, op. cit., p 41 et précédentes et p 84
  90. Gibelin, op. cit., p. 90.
  91. Gibelin, op. cit., p. 94.
  92. Gibelin, op. cit., p. 92.
  93. a et b Nicolas Bonci, « L’eau transportée », in Jacques Sapiega, op. cit..
  94. Guy Barruol, « La Durance dans l’Antiquité et au Moyen Âge », p. 25.
  95. Christiane Spill, « L'équipement hydro-électrique de la Provence », Méditerranée, Troisième série, Tome 39, 2-3-1980. « L'eau en Provence-Alpes-Côte d'Azur ». p. 81.
  96. SMAVD (2004), op. cit., p. 113.
  97. a et b Spill, op. cit., p. 82.
  98. Alain Daubas, L’origine du projet d’aménagement hydroélectrique Durance-Verdon, Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p. 39.
  99. Alain Daubas, Le réseau durancien : une source d’énergie renouvelable, Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p. 41-42.
  100. Henri Pignoly, « La problématique des crues et la culture du risque » Direction de l'environnement, du développement durable et de l'agriculture, La Durance : lien de vie du territoire régional, Conseil régional PACA, p. 99.
  101. Ministère de l'Écologie et du développement durable
  102. d’après P. Citron, Giono, Seuil, 1990
  103. Clébert & Rouyer, La Durance, op. cit., p. 180.
  104. Clébert & Rouyer, La Durance, op. cit., p. 180-183.
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