Canal de Provence
Le Canal de Provence est un ouvrage hydraulique régional qui participe à la desserte, principalement en eau brute, captée dans le Verdon, de 116 communes des Bouches-du-Rhône et du Var dont Aix-en-Provence, Marseille, Toulon, soit une population totale de 3 000 000 d'habitants. Il irrigue par aspersion 80 000 hectares de terres agricoles et alimente plus de 8000 sites industriels de la région. D'une longueur de près de 270 km[réf. nécessaire] dont 140 en souterrain[1], le canal conçu et réalisé progressivement, sur la base d'un schéma initial qui a très peu varié, à partir des années soixante, a depuis trente ans évité les effets de la sécheresse dans les départements desservis, contribuant ainsi à leur développement économique.
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[modifier] La création de la Société du Canal de Provence
Conscientes que la maîtrise des eaux conditionne le développement socio-économique de la Provence, trois collectivités territoriales solidaires (les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, et la Ville de Marseille) signent, en 1955, un pacte de solidarité.
Ce pacte concerne :
la répartition des eaux du Verdon entre les trois collectivités : mise en commun de leurs droits d’eau sur la rivière du Verdon (660 millions de m3/an), la constitution de réserves, le choix du maître d'ouvrage pour la conception, la réalisation et l’exploitation des ouvrages, et plus largement, pour l’aménagement de la région provençale.
Ce protocole d'accord est en réalité le véritable acte de naissance de la Société du Canal de Provence (SCP), constituée officiellement en 1957 sous forme de société anonyme d'aménagement régional.
En 1963, la société est chargée par concession d’Etat de réaliser et gérer le Canal de Provence et les autres ouvrages nécessaires à l'alimentation en eau de la Provence orientale et côtière. Ces mêmes missions lui ont été confiées par le département du Vaucluse en 1988 pour l'aménagement du Calavon-Sud Luberon. La Région, devenue collectivité locale de plein exercice, entre, quant à elle, au capital de la SCP en 1983.
Le transfert à la Région des biens de l’Etat concédés à la Société du Canal de Provence, rendu possible par la loi de décentralisation du 13 août 2004, est effectif depuis le 30 décembre 2008. La convention qui encadre ce transfert a été élaborée afin d’offrir les meilleures garanties pour les intérêts régionaux et de préserver les intérêts de chacune des grandes collectivités actionnaires associées au sein de la Société du Canal de Provence.
Ce transfert effectué dans le consensus avec les collectivités publiques actionnaires de la société, réaffirme le caractère public du patrimoine hydraulique régional, et sa vocation à assumer durablement leur accès équitable à l’eau, pour tous les usages.
[modifier] Les travaux de construction
Les travaux de réalisation du canal ont commencé en 1964.
Le réseau d’irrigation du canal de Provence comprend 70 km de canal principal, 140 km de galeries souterraines, 600 km de canalisations principales et 4400 km de canalisations secondaires enterrées[2].
[modifier] Le canal au XXIesiècle
[modifier] Caractéristiques techniques
Le canal de Provence peut dériver chaque année 660 millions de m3 d'eau du Verdon. Son débit maximum de pointe atteint 40 m3 par seconde.
Les ouvrages principaux ont une longueur de 270 km dont 140 en souterrains. Ils alimentent 3 600 km de réseau secondaire de distribution sous pression.
Le canal se compose d'ouvrages de transport (canaux, galeries, aqueducs, adductions …), de réserves, de stations de pompage et d'ouvrages annexes nécessaires à son fonctionnement. Les réserves constituées sur le Verdon permettent de garantir les débits sur une période de sécheresse de deux ans, le canal de Provence étant à sa capacité maximale.
[modifier] L'irrigation agricole
Dès l’origine de la société, compte tenu de la novation constituée par l’irrigation sous pression apparue dans la région dans les années 1950, la société a accompagné les agriculteurs dans l’utilisation de ce nouvel outil de production.
Dans un premier temps, elle a développé des expérimentations pour appréhender les besoins en eau des différentes cultures régionales. Après avoir établi ces besoins quantitatifs, elle a privilégié une approche permettant une utilisation optimale des réserves en eau du sol tout au long du cycle de la culture. Dans les années 80, elle s’est beaucoup investie dans la mise au point de méthodes et de matériels de pilotage de l’irrigation pour aider les agriculteurs à apporter à leurs cultures les bonnes doses d’irrigation au bon moment en tenant compte des réserves mobilisables du sol. Plusieurs matériels, souvent très innovants pour l’époque, ont été développés et expérimentés. Ils sont tous basés sur l’exploitation de la tensiométrie qui permet d’apprécier la réserve en eau du sol utilisable par les plantes. Des logiciels de bilan hydrique ont également été créés. Cette activité s’est ensuite poursuivie sur des cultures moins traditionnellement irriguées tel que le cerisier ou le raisin de table dans le Vaucluse, l’olivier dans les Bouches-du-Rhône. Elle se poursuit encore aujourd’hui sur l’irrigation du blé dur en partenariat avec ARVALIS Institut du végétal, le CIRAME, l’ARDEPI et le lycée agricole de Valabre. Un important programme d’expérimentation coordonné par l’AREDVI a également démarré en 2003 sur l’irrigation de la vigne de cuve, en particulier des vignes enherbées. En préparation de l’évolution de la réglementation, il est en effet important de disposer de références régionales pour accompagner les viticulteurs qui sont, en fait, de nouveaux irrigants.
La SCP a également aidé les exploitants à choisir les matériels d’irrigation à la parcelle les mieux adaptés à leurs conditions. http://www.canal-de-provence.com/Accueil/ProfessionAgricole/Equipementenmat%C3%A9riel/tabid/156/Default.aspx permet, en parallèle, aux agriculteurs de s’équiper en matériel adapté et performant par rapport à leurs besoins. Le choix du bon matériel et les conseils sur son entretien contribuent ainsi à un bon usage de l’eau d’irrigation.
La SCP a apporté ses conseils aux clients agriculteurs par le biais d’une diffusion gratuite de périodiques (l’irrigant, Eau et Aménagement de la Région Provençale puis SCP Irrigation) ou par la publication d’articles d’information et d’avertissement à l’irrigation dans des journaux agricoles tels que l’Agriculteur Provençal. Elle a également favorisé et accompagné la création de l’ARDEPI (Association Régionale de Développement des Productions Irriguées) qui emploie des techniciens spécialisés répartis dans les départements.
Expérimentations, démonstrations, journées techniques, publications, échanges avec les organisations professionnelles agricoles et en particulier les instituts techniques, conseils individuels, tel est le champ des activités de la cellule agronomique qui contribue à favoriser un « bon » usage de l’eau d’irrigation.
[modifier] La gestion du canal
[modifier] Notes et références de l'article
- Nicolas Bonci, « L'eau transportée », in Jacques Sapiega, La Durance, parcours & regards, Conseil régional PACA, 2004 (DVD)
- Nicolas Bonci, op. cit.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens et documents externes
- Voir le site officiel de la Société du Canal de Provence