Élection présidentielle française de 1995

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Élection présidentielle française de 1995
1988  link= 1988 1988 2002 2002  link= 2002
Élection présidentielle française de 1995
Jacques Chirac
Élection présidentielle française de 1995
Lionel Jospin
RPR PS
Résultats du 2nd tour
15 763 027 voix 14 180 644 voix
52,64 % 47,36 %
Président sortantFrançois Mitterrand  link= Président sortantFrançois Mitterrand Président sortant
François Mitterrand
Président élu
Jacques Chirac
Président éluJacques Chirac  link= Président éluJacques Chirac

La septième élection présidentielle de la Cinquième République s'est tenue en France les 23 avril et 7 mai 1995. Neuf candidats se sont présentés et Jacques Chirac, candidat du RPR, a obtenu au second tour 52,64 % des voix face au candidat socialiste, Lionel Jospin. Succédant aux deux mandats du socialiste François Mitterrand, Jacques Chirac a été investi dans ses fonctions de président de la République le 17 mai 1995.

Cette élection a notamment été marquée par un fort taux d'abstention (21,6 % au premier tour et 20,3 % au second tour) et par l'élimination du Premier ministre sortant, Édouard Balladur, longtemps favori des sondages mais arrivé en troisième position au premier tour avec seulement 18,58 % des voix.

Au lendemain du second tour, la France célébrait le cinquantième anniversaire du 8 mai 1945 et fut représentée par deux présidents puisque Jacques Chirac était élu mais pas encore investi et François Mitterrand n'avait pas encore quitté le pouvoir.

Sommaire

[modifier] Déroulement de la campagne

[modifier] Primaire au Parti socialiste

La primaire en interne au Parti socialiste a vu la victoire de Lionel Jospin sur Henri Emmanuelli (par 65,85 % contre 34,15 %), ce dernier représentant l’aile gauche du parti.

[modifier] À droite : la rivalité entre Édouard Balladur et Jacques Chirac

  • Évolution des sondages : très défavorables à Jacques Chirac (Arlette Chabot, journaliste de France 2, ira même jusqu’à demander s’il renonce[1]) dans un premier temps, ils finissent par montrer une inversion de tendance. Plusieurs facteurs renversent la tendance initialement favorable à Édouard Balladur.
  • Jacques Chirac apparaît comme plus proche et plus « sympathique », peut-être en partie grâce à l'influence (débattue) des Guignols de l'info qui lui prêtent un slogan de campagne décalé : « Mangez des pommes ». Plus fondamentalement, le thème de la fracture sociale, inspiré par Henri Guaino (ultérieurement devenu la « plume » de Nicolas Sarkozy), lui donne un angle d'attaque contre le bilan du Premier ministre.
  • Édouard Balladur aurait un problème d’image qui, entre autres, concourt à son effondrement dans l’opinion.

[modifier] Sondages

[modifier] Premier tour

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Jacques Chirac Lionel Jospin Édouard Balladur
3-5 mars 1994 14 % 24 % 33 %
6-8 septembre 1994 16 % 27 % 30 %
26-28 décembre 1994 14 % 22 % 25 %
10-12 janvier 1995 17 % 20 % 29 %
24-26 janvier 1995 18 % 17 % 32 %
7-9 février 1995 17,5 % 22,5 % 28 %
21-23 février 1995 19 % 24 % 23 %
8-9 mars 1995 24 % 21 % 20 %
21-22 mars 1995 26 % 22 % 17 %
4-5 avril 1995 24 % 22 % 20 %
13-14 avril 1995 24 % 20,5 % 16,5 %
Résultats du premier tour 20,84 % 23,30 % 18,58 %

[modifier] Second tour

Date de publication photographie de Jacques Chirac photographie de Lionel Jospin
Jacques Chirac
Lionel Jospin
10 au 12 janvier 1995
51 %
49 %
24 au 26 janvier 1995
54 %
46 %
7 au 9 février 1995
52 %
48 %
21 au 23 février 1995
53 %
47 %
8 au 9 mars 1995
57 %
43 %
11 au 13 mars 1995
60 %
40 %
21 au 22 mars 1995
58 %
42 %
25 au 27 mars 1995
57 %
43 %
4 au 5 avril 1995
57 %
43 %
8 au 10 avril 1995
58 %
42 %
13 au 14 avril 1995
58 %
42 %
20 au 21 avril 1995
57 %
43 %
24 avril 1995
55 %
45 %
28 au 29 avril 1995
54 %
46 %
4 au 5 mai 1995
53 %
47 %
Résultats du second tour
52,64 %
47,36 %
Source : TNS Sofres[2]

[modifier] Résultats

Premier tour
le 23 avril 1995
Second tour
le 7 mai 1995
Nombre % des
inscrits
% des
votants
Nombre % des
inscrits
% des
votants
Inscrits 39 992 912 39 976 944
Votants 31 345 794 78,38 % 31 845 819 79,66 %
   suffrages exprimés 30 462 633 97,18 % 29 943 671 94,03 %
   bulletins blancs ou nuls 883 161 2,82 % 1 902 148 5,97 %
Abstentions 8 647 118 21,62 % 8 131 125 20,34 %
Candidat
Parti politique
Voix % des
exprimés
Voix % des
exprimés
  Lionel Jospin
Parti socialiste, soutenu par Radical
7 098 191 23,30 % 14 180 644 47,36 %
  Jacques Chirac
Rassemblement pour la République
6 348 696 20,84 % 15 763 027 52,64 %
  Édouard Balladur
Union pour la démocratie française (dissident du Rassemblement pour la République)
5 658 996 18,58 %
  Jean-Marie Le Pen
Front national
4 571 138 15,00 %
  Robert Hue
Parti communiste
2 632 936 8,64 %
  Arlette Laguiller
Lutte ouvrière
1 615 653 5,30 %
  Philippe de Villiers
Mouvement pour la France
1 443 235 4,74 %
  Dominique Voynet
Les Verts
1 010 738 3,32 %
  Jacques Cheminade
Parti ouvrier européen
84 969 0,28 %
Sources : Site officiel du Conseil constitutionnel : premier tour, second tour


[modifier] Analyse

Les résultats du second tour en France métropolitaine

À l’issue du premier tour :

  • Lionel Jospin, candidat du PS, arrive en tête malgré la faiblesse de la gauche après quatorze années de présidence miterrandienne ;
  • Édouard Balladur termine en troisième place alors qu'il était favori en février ou il obtenait pourtant 30 % des intentions de vote mais en avril il s'effondrait à 19,5 %, face à Jacques Chirac en deuxième position, dont les observateurs de la campagne s’accordent à dire qu'il a bénéficié de sa posture « sociale » face à Édouard Balladur, le « libéral » ;
  • Jean-Marie Le Pen, président et candidat du Front national, se classe quatrième et confirme ainsi son ascension électorale : de 0,75 % en 1974, il passe à 14,38 % en 1988 pour atteindre 15,10 % en cette élection de 1995 ; cette progression se confirmera en 2002 avec son accession au second tour grâce à un score de 16,86 % ;
  • le score de Robert Hue, cinquième, traduit l’inexorable chute électorale du PCF depuis son « phagocytage » amorcé par François Mitterrand dans le passé, il améliore toutefois le score d’André Lajoinie en 1988 (6,76 % des voix) ;
  • Arlette Laguiller, candidate de LO, se place en sixième position et dépasse pour la première fois les 5 % en obtenant un score de 5,30 %, ce qu’elle rééditera en 2002 avec 5,72 % des suffrages ;
  • Philippe de Villiers, candidat du MPF et septième, ne récolte que 4,74 % des suffrages, ce qui le prive d’un remboursement intégral de ses frais de campagne et le ruine ;

Le second tour voit la victoire assez nette de Jacques Chirac, candidat du RPR, avec 52,64 % des voix, face à Lionel Jospin, en situation de faiblesse du fait de l’épuisement de la gauche dans l’exercice du pouvoir. Ce dernier dira d’ailleurs : « On ne pouvait pas gagner, car nous étions à la fin d’un cycle politique[3]. »

[modifier] Après l'élection

Après quatorze ans de présidence socialiste, Jacques Chirac est investi dans ses fonctions le 17 mai 1995. Il nomme Alain Juppé, son adjoint à la mairie de Paris et ministre des affaires étrangères du Gouvernement Édouard Balladur, au poste de Premier ministre.

Devenu rapidement impopulaire, Jacques Chirac dissout l'Assemblée nationale le 21 avril 1997, pensant prendre de vitesse la gauche avant les législatives prévues pour 1998 et conserver ainsi la majorité. Après le second tour du scrutin, l'union RPR-UDF, qui comptait alors 472 députés sur 577, n'en garde plus que 253, tandis que la gauche plurielle de Lionel Jospin (socialistes, radicaux, communistes, Verts) en remporte 319. Jacques Chirac nomme Lionel Jospin Premier ministre le 2 juin 1997, pour former la troisième cohabitation, qui durera cinq ans.

Les comptes de campagne d'Édouard Balladur ont été mis en doute en 2010 pour avoir intégré d'importantes sommes en liquide qui pourraient émaner de possibles rétro-commissions d'un contrat militaire avec le Pakistan. Selon le président d'alors du Conseil constitutionnel Roland Dumas, les comptes n'auraient été validés qu'après de houleux débats en passant outre des anomalies dans les comptes de campagne d'Édouard Balladur mais aussi de Jacques Chirac[4]. Selon Jacques Robert, qui siégeait à l'époque au Conseil constitutionnel et a été le premier à évoquer ces irrégularités dès 2002, les comptes de campagne des deux candidats ont été ajustés à la demande de Roland Dumas[5].

[modifier] Notes et références

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes


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