Génocide arménien

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Le génocide arménien (Հայոց Ցեղասպանություն : Hayots Tseghaspanoutyoun en arménien, Ermeni Soykırımı en turc) a eu lieu d'avril 1915 à juillet 1916[1]. Les deux tiers[2] des Arméniens qui vivaient sur le territoire actuel de la Turquie ont été exterminés au cours des déportations et massacres de grande ampleur[3]. Il fut planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l’époque, le comité Union et Progrès, plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs », dirigeant l'Empire ottoman et engagé dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux. Considéré comme l'un des tout premiers génocides du XXe siècle, il a coûté la vie à un million deux cent mille Arméniens d'Anatolie et du haut-plateau arménien[4].

Préparés et organisés depuis Constantinople, alors capitale de l'empire, les déportations et les massacres ont été mis en œuvre à l'échelle locale par les responsables des divers districts et provinces chargés de rassembler leurs administrés arméniens, ainsi que par les soldats et gendarmes ottomans qui escortaient les convois jusqu'au désert et procédaient eux-mêmes à des exécutions ou laissaient libre cours à la violence de groupes de bandits armés (surtout des Kurdes, qui étaient en concurrence séculaire avec les Arméniens dans le sud-est anatolien) ou de criminels libérés en nombre par les autorités afin de renforcer les rangs des forces combattantes ottomanes et regroupés dans ce qui sera connu comme l'« Organisation spéciale »[5].

Sa reconnaissance politique à travers le monde fait encore l'objet de débats et de controverses, à cause de la négation de ce génocide, notamment en Turquie. En décembre 2011, le génocide est reconnu par 21 pays[6].

Contexte

De nombreuses zones d'ombre entourent encore le génocide arménien, que cela soit par absence de sources, à cause de l'inaccessibilité des sources existantes, ou encore le refus d'ouvrir les archives turques. Les travaux à partir des archives bulgares, allemandes (est), russes, toutes contenant des documents intéressants car issus des chancelleries alliées ou ennemies de l'Empire ottoman, n'ont commencé que récemment. Les archives ottomanes restent encore d'un accès aléatoire. À ces difficultés « physiques » s'ajoutent bien sûr les contradictions criantes entre les travaux de divers historiens, entretenues par la politique systématique de négation pour laquelle Ankara a opté. Cet article reprend les explications ayant reçu l'aval de la grande majorité des spécialistes, tout en signalant le cas échéant les analyses minoritaires.

Population arménienne dans l'Empire ottoman avant 1915

Article détaillé : Population arménienne ottomane.

La situation précédant le génocide permet en théorie de comprendre ce qui s'est passé et quelles en ont été les conséquences. Or, même là, les données démographiques sur la population arménienne vivant dans l'Empire ottoman avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale ne concordent pas, que l'on prenne celles du patriarcat arménien de Constantinople (plus élevées) ou celles, officielles, des autorités ottomanes (plus modestes).

On considère cependant, dans la plupart des estimations qu'entre un million et demi et deux millions et demi d'Arméniens vivaient dans l'Empire ottoman avant le génocide.

Le patriarcat arménien a procédé à plusieurs recensements durant les dernières décennies du XIXe siècle : trois millions d'Arméniens selon les statistiques apportées par la délégation arménienne au congrès de Berlin (1878), deux millions six cents soixante mille selon une nouvelle statistique datant de 1882. Finalement, les sources du patriarcat arménien donnent une population arménienne d'environ deux millions cent mille personnes à la veille de la Première Guerre mondiale[7]. Entre-temps avaient eu lieu les massacres hamidiens, les massacres de Cilicie et plusieurs vagues d'émigration, ce qui explique la démographie décroissante.

Si l'on prend les statistiques officielles ottomanes, on constate que le recensement de 1844 porte à près de deux millions le nombre d'Arméniens pour la seule Turquie d'Asie. Vingt ans plus tard, soit en 1867, le gouvernement ottoman fait publier le nombre de deux millions d’Arméniens en Turquie d'Asie et quatre cent mille en Turquie d'Europe, soit un total de deux millions quatre cent mille. Puis, on constate que les Arméniens et leur poids démographique deviennent un sérieux problème lors des négociations en 1878 du traité de San Stefano et du congrès de Berlin : en effet, la possible autonomie de l'Arménie est évoquée pour la première fois. Le gouvernement ottoman présente alors des nombres réduits de près de la moitié, soit entre un million cent soixante mille et un million trois cent mille Arméniens vivant sur le territoire ottoman. Il s'agit désormais pour le gouvernement de minimiser l'importance de cette minorité qui attire par intermittence l'attention de la communauté internationale et qui revendique de plus en plus énergiquement le respect de ses droits tels que définis par les traités puis par la constitution ; désormais, les chiffres divergeront toujours grandement entre les sources arméniennes et ottomanes. Auparavant, la logique était différente : plus il y avait d'Arméniens, plus les autorités pouvaient exiger d'impôts selon le système du millet.

Citons encore un dernier chiffre, celui de l'historien américain Justin McCarthy qui s'est penché sur la démographie des Arméniens ottomans et qui en a dénombré un million six cent quatre-vingt-dix-huit mille trois cent un[8] en utilisant la théorie des populations stables pour évaluer les populations respectives des différentes communautés peuplant la Turquie avant la Première Guerre mondiale.

Contexte politique

Articles détaillés : Empire ottoman et Jeunes-Turcs.

La « prise de conscience » arménienne

En cette fin du XIXe siècle, les Arméniens de l'Empire ottoman prennent conscience[9] que leurs droits[Lesquels ?] sont bafoués par le sultan, et des groupes arméniens, la plupart du temps révolutionnaires, se forment. Ils dénoncent les méthodes du sultan et veulent la liberté pour tous ainsi que l'égalité entre Arméniens et musulmans. Le parti armenakan est créé en 1885, le parti hentchak (« la cloche ») en 1886 (ou 1887), de tendance socialiste, et la Fédération révolutionnaire arménienne dashnak en 1890 (de tendance relativement indépendantiste). Les adhérents de ces partis ramènent l'espoir chez les Arméniens de l'Empire ottoman (principalement paysans). À l'inverse, l'émancipation voulue par ces partis va être l'un des principaux motifs pour l'empire de massacrer les Arméniens. Des soulèvements de faible ampleur se produisent dans des vilayets dans lesquels beaucoup d'Arméniens vivent — Zeïtoun par exemple — mais la répression ottomane sera sanglante et se terminera par des massacres, préludes du génocide[10].

Arméniens de Constantinople célébrant la formation du gouvernement CUP, 1908.

La situation politique turque

Dès la fin du XIXe siècle, un groupe d'opposants au sultan Abdülhamid II se forme et donne naissance au Comité Union et Progrès (CUP), composé essentiellement de nationalistes ou de progressistes turcs, les « Jeunes-Turcs ». Le CUP reçoit le soutien de nombreux mouvements représentant les minorités de l'empire, y compris des mouvements indépendantistes ou autonomistes arméniens comme le Dashnak[11]. Cependant, cette alliance de circonstance trouve sa limite dans une question cruciale, celle de la création d'un État arménien autonome ou indépendant. Les Jeunes-Turcs parviennent à renverser le sultan en 1908 avec l'aide des mouvements minoritaires, et dirigent alors l'Empire ottoman. Les minorités font leur entrée au parlement, les communautés fraternisent. Mais ce n'est pas pour longtemps. Le CUP n'acceptant pas la création de l'État arménien, les mouvements indépendantistes cessent de lui apporter leur soutien et cherchent alors à nouer d'autres alliances dans la région, notamment auprès des Russes. En 1909, les massacres de Cilicie, dans lesquels sont impliqués des Jeunes-Turcs, vont semer encore plus le doute au sujet des intentions des Jeunes-Turcs envers les Arméniens.

Violences antérieures au génocide

Caricature du Sultan Abdülhamid II.

Massacres hamidiens, 1894-1896

Article détaillé : Massacres hamidiens.

Les massacres hamidiens, de 1894 à 1896, constituent le prélude, la première série d'actes criminels de grande ampleur perpétrés contre les Arméniens de l'Empire ottoman. Ils eurent lieu sous le règne du sultan Abdülhamid II, connu en Europe sous le nom du « Sultan rouge » ou encore du « Grand Saigneur », qui ordonna des massacres à la suite de révoltes des Arméniens[12]. Le nombre des victimes arméniennes serait d'environ deux cent mille[13].

En France, Jean Jaurès dénonça le massacre des populations arméniennes dans un discours à la Chambre des députés le 3 novembre 1896[14].

Corps d'Arméniens massacrés dans la ville d'Adana.

Massacres de Cilicie (d'Adana), 1909

Article détaillé : Massacres d'Adana.

Autre prélude au génocide arménien, les massacres de Cilicie (ou d'Adana) eurent lieu entre les 14 et 27 avril 1909. Ils s'étendirent aux zones rurales ciliciennes et à différentes villes : Adana, Hadjin, Sis, Zeïtoun, Alep, Dörtyol. Environ trente mille Arméniens y laissèrent leur vie[15], dont vingt mille dans le seul vilayet d'Adana.

Des troupes constitutionnelles ottomanes participèrent aux massacres. Stéphen Pichon, ministre des Affaires étrangères, portera l'accusation à la Chambre française, séance du 17 mai 1909 :

« Il est arrivé malheureusement que des troupes qui avaient été envoyées pour prévenir et réprimer les attentats y ont, au contraire, participé. Le fait est exact[16]. »

Contexte et déroulement

Entrée en guerre de l'Empire ottoman

Le 1er novembre 1914, après avoir été depuis août sollicité par l'Allemagne, l'Empire ottoman entre dans la Guerre mondiale aux côtés des puissances centrales. De nouveaux fronts s'ouvrent alors, dont un sur la frontière caucasienne avec la Russie. La troisième armée ottomane, qui s'est engouffrée sans préparation logistique en Transcaucasie, est écrasée en janvier 1915, à Sarikamish.

À Istanbul, Enver Pacha accuse les Arméniens de la région de pactiser avec les Russes[17]. Les dirigeants du CUP décident de profiter de l'occasion de la guerre pour résoudre définitivement par l'extermination des Arméniens la « Question arménienne » (Ermeni sorunu) qui, depuis le congrès de Berlin de 1878, est l'un des points les plus épineux de la « Question d'Orient »[18]. En outre, animés par une idéologie nationaliste turquiste et panturquiste, ils voient dans les Arméniens un obstacle majeur à leur unification ethnique en Anatolie et à leur expansion dans les pays de langue turque d'Asie centrale[19].

La justification avancée est qu’il s’agit d’une réaction face aux désertions d’Arméniens qui eurent lieu dans certaines régions (en partie à cause des conditions infligées aux chrétiens dans l’armée ottomane), mais surtout face aux quelques actes localisés de résistance : le cas le plus important, Van, sera présenté par le gouvernement comme une révolution, un soulèvement, version démentie par tous les rapports des témoins italiens, allemands ou américains (consuls, missionnaires, enseignants…) qui expliquent que les Arméniens ont organisé une défense de la ville pour éviter de subir un massacre[20],[21].

Les massacres

Cadavres d'Arméniens : photo prise par H. Morgenthau.

En février 1915, le comité central du parti et des ministres du cabinet de guerre, Talaat Pacha et Enver en particulier, met secrètement au point un plan de destruction qui sera exécuté dans les mois suivants[22]. Il est présenté officiellement comme un transfert de la population arménienne — que le gouvernement accuse de collaborer avec l'ennemi russe — loin du front. En fait, la déportation n'est que le masque qui couvre une opération d'anéantissement de tous les Arméniens de l'empire[23].

La première mesure est le désarmement des soldats arméniens enrôlés dans l'armée ottomane. Ils sont employés à des travaux de voirie ou de transport et, au cours de l'année 1915, éliminés par petits groupes[22]. Puis les Jeunes-Turcs, à la recherche des preuves d'un complot arménien, procèdent à des perquisitions et à des arrestations, lesquelles frappent particulièrement en premier lieu les notables et intellectuels arméniens de Constantinople, arrêtés les 24 et 25 avril[24], déportés puis tués[25]. Cet événement marque le véritable point de départ du génocide. Le nombre de morts est évalué entre deux cents et six cents personnes. Dès que l'« intelligentsia » (l'élite) d'un peuple est annihilée, il est plus facile d'exterminer le reste de la population[26]. La destruction des populations arméniennes est opérée en deux phases successives : de mai à juillet 1915 dans les sept provinces — vilayets — orientales d'Anatolie — quatre proches du front russe[27] : Trébizonde, Erzurum, Van, Bitlis, trois en retrait : Sivas, Kharpout, Diyarbakır — où vivent près d'un million d'Arméniens ; puis, à la fin de 1915, dans d'autres provinces de l'empire.

Le 15 septembre 1915, le ministre de l'intérieur Talaat Pacha envoie un télégramme à la direction du parti Jeunes-Turcs à Alep : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici » ; puis, dans un second télégramme : « Il a été pré­cé­dem­ment com­mu­ni­qué que le gou­ver­ne­ment a décidé d’exter­mi­ner entiè­re­ment les Arméniens habi­tant en Turquie. Ceux qui s’oppo­se­ront à cet ordre ne pour­ront plus faire partie de l’admi­nis­tra­tion. Sans égard pour les femmes, les enfants et les infir­mes, si tra­gi­ques que puis­sent être les moyens d’exter­mi­na­tion, sans écouter les sen­ti­ments de la cons­cience, il faut mettre fin à leur exis­tence »[28] L'éloignement de nombre des victimes du front, lors des différentes phases des massacres, enlève toute vraisemblance à l'accusation de collaboration avec l'ennemi.

Carte représentant les déportations
Réfugiés arméniens sauvés par la Marine française en 1915 à Musa Dagh et transférés à Port-Saïd.

Dans les provinces orientales, l'opération se déroule en tous lieux de la même manière. Les séquences suivantes se produisent systématiquement dans les villes et les bourgs[29] :

  • perquisitions dans les maisons des notables civils et religieux ;
  • arrestation de ces notables ;
  • tortures pour leur faire avouer un prétendu complot et des caches d'armes ;
  • déportation et exécution des prisonniers à proximité de la ville ;
  • publication d'un avis de déportation ;
  • séparation des hommes qui, liés par petits groupes, sont exécutés dans les environs de la ville ;
  • évacuation de la totalité de la population arménienne répartie en convois de femmes, d'enfants et de personnes âgées qui quittent la ville à intervalles réguliers, à pied, avec un maigre bagage ;
  • enlèvement dans le convoi de femmes et d'enfants conduits dans des foyers musulmans ;
  • décimation régulière des convois par les gendarmes chargés de les escorter, des bandes kurdes ou des miliciens recrutés à cette fin.

Seules quelques milliers de personnes survivent à cette déportation[30]. Dans les villages, à l'abri des témoins, tous les Arméniens sont tués, à l'exception de quelques femmes ou enfants enlevés[31]. Dans les vilayets de Bitlis et de Diarbékir, presque tous les Arméniens sont assassinés sur place[32].

Dans le reste de l'empire, le programme prend les formes d'une déportation, conduite par chemin de fer sur une partie du parcours, les familles restant parfois réunies. Les convois de déportés — environ 870 000 personnes[30] — convergent vers Alep, en Syrie, où une Direction générale de l'installation des tribus et des déportés les répartit selon deux axes : au sud, vers la Syrie, le Liban et la Palestine — une partie survivra ; à l'est, le long de l'Euphrate, où des camps de concentration, véritables mouroirs[33], sont improvisés. Les déportés sont peu à peu poussés vers Deir ez-Zor. Là, en juillet 1916, ils sont envoyés dans les déserts de Mésopotamie où ils sont tués par petits groupes ou meurent de soif[34]. Les derniers regroupements de déportés le long du chemin de fer de Bagdad, à Ras-ul-Aïn, à Intilli sont, eux aussi, exterminés en juillet 1916. Seul survit un tiers des Arméniens : ceux qui habitaient Constantinople et Smyrne, les personnes enlevées, les Arméniens du vilayet de Van, sauvés par l'avancée de l'armée russe, soit deux cent quatre-vingt-dix mille survivants[30]. Quelque cent mille déportés des camps du sud survécurent également.[réf. nécessaire]

Les massacres des populations pontiques, assyro-chaldéo-syriaques et yézidies

Les populations araméennes (assyrienne chaldéenne syriaque) et pontique furent aussi durement touchées durant cette période, ayant été en grande partie éliminées par les autorités ottomanes[35], ainsi que certains Syriaques et Yézidis[36].

Bilan des massacres

« Ils ne périront pas » : comité américain de soutien des Arméniens dans le Proche-Orient, Douglas Volk, 1918.

Les faits sont connus dès mai 1915 via les rapports de diplomates neutres et les témoins appartenant aux nombreuses missions, écoles et hôpitaux présents dans l'Empire ottoman. La presse de l'époque, en particulier aux États-Unis et au Canada, se fait l'écho de l'indignation soulevée par ces révélations. Après la guerre, le régime Jeune-Turc ayant disparu depuis octobre 1918, des procès montrent la réalité des massacres et révèlent l'existence d'une organisation criminelle, l'Organisation spéciale, qui a orchestré les destructions de la population arménienne[37].

Lorsque, à la fin de 1916, les observateurs font le bilan de l'anéantissement des Arméniens de Turquie, ils peuvent constater que, à l'exception de trois cent mille Arméniens sauvés par l'avancée russe et de quelque deux cent mille habitants de Constantinople et de Smyrne qu'il était difficile de supprimer devant des témoins, il ne persiste plus que des îlots de survie[38] : des femmes et des jeunes filles enlevées, disparues dans le secret des maisons turques ou rééduquées dans les écoles islamiques comme celle que dirige l'apôtre du turquisme Halide Edip ; des enfants regroupés dans des orphelinats pilotes ; quelques miraculés cachés par des voisins ou amis musulmans ; ou, dans des villes du centre, quelques familles épargnées grâce à la fermeté d'un vali ou d'un kaïmakan. Ces massacres auront coûté la vie à un nombre d'individus variant, selon les auteurs, de six cent mille à un million et demi de personnes[39],[40].

Événements postérieurs

Procès des Unionistes, Constantinople, 1919

En 1919 se tient à Constantinople le procès des Unionistes. Les principaux responsables du génocide y sont condamnés à mort par contumace, ayant pris la fuite en 1918, juste après avoir détruit la plupart des documents compromettants. La cour martiale établit la volonté des unionistes d'éliminer physiquement les Arméniens, via son organisation spéciale. Voici sa conclusion :

« Immédiatement après la mobilisation du 21 juillet 1914, le Comité central du parti Union et Progrès avait constitué un Techkilat-i Mahsoussé (nom turc de l'organisation spéciale) qui était entièrement différent dans ses buts et sa composition du Techkilat-i Mahsoussé déjà existant. Par ordre des ministères de l'Intérieur et de la Justice, ce même Techkilat-i Mahsoussé accepta les condamnés relâchés que le Techkilat-i Mahsoussé dépendant du ministère de la Guerre refusait d'incorporer. Lorsque des détenus étaient libérés, le Parti, pour tromper l'opinion publique, répandait la nouvelle selon laquelle les criminels libérés seraient employés sur le front alors qu'ils étaient envoyés dans des centres d'entraînement et qu'ils étaient ensuite utilisés pour piller et détruire les convois de déportés arméniens. »

Traité de Sèvres

Les signataires ottomans du Traité de Sèvres : Riza Tevfik, Damat Ferid Paşa (grand vizir), Hadi Paşa (ambassadeur) et Reşid Halis (ministre de l'Éducation).
Article détaillé : Traité de Sèvres.

Ce traité est signé le 10 août 1920 par les puissances parties prenantes (Empire britannique, France, Japon, Italie), et les États alliés représentés par l'Arménie, la Belgique, la Grèce, le Hedjaz, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Tchécoslovaquie et l'État yougoslave réunissant Slovènes, Croates et Serbes. La cérémonie s'est déroulée dans la grande salle qui abrite actuellement le musée de la Porcelaine à Sèvres. Parmi les principales dispositions de ce traité, on notera deux articles (88 et 89) concernant la République arménienne :

« La Turquie déclare reconnaître, comme l'ont déjà fait les puissances alliées, l'Arménie comme un État libre et indépendant. »

« La Turquie et l'Arménie, ainsi que les hautes parties contractantes, conviennent de soumettre à l'arbitrage du président des États-Unis d'Amérique, la détermination de la frontière entre la Turquie et l'Arménie, dans les vilayets d'Erzeroum, Trébizonde, Van et Bitlis, et d'accepter sa décision, ainsi que toutes les dispositions qu'il pourra prescrire relativement à l'accès de tout territoire ottoman adjacent.  »

Le mandat d'exécution des dispositions relatives à la République arménienne est confié aux États-Unis. À son retour, le président Woodrow Wilson se heurte à l'opposition d'une majorité de sénateurs américains qui, sous l'impulsion du sénateur Cabot Lodge, refusent la ratification du Traité de Sèvres et partant, le mandat américain sur l'Arménie.

Procès Téhlirian, 1921

Le 15 mars 1921, Talaat Pacha, le grand ordonnateur de l'extermination des Arméniens, est abattu d'une balle de revolver dans une rue berlinoise.

Le tireur est arrêté sur les lieux du crime. Il s'agit d'un jeune Arménien de 23 ans, Soghomon Tehlirian, survivant du génocide au cours duquel il perdit sa mère et toute sa famille. Il faisait partie de l'« Opération Némésis », montée pour exécuter la sentence de mort par contumace du procès des unionistes.

Soghomon Tehlirian est jugé peu de temps après, le 2 et 3 juin 1921, par le tribunal de première instance de Berlin.

Les témoignages de Soghomon Tehlirian, de Christine Terzibashian, Johannes Lespius ou même du général Liman von Sanders, ainsi que les documents retenus, parmi lesquels cinq télégrammes chiffrés adressés par Talaat à Naïm Bey, documents qu'a fait parvenir Andonian au tribunal, donnent une nouvelle dimension au procès, où le crime génocidaire de Talaat et des Jeunes-Turcs est à son tour mis en accusation. L'authenticité des documents Andonian a été depuis mise en cause par les historiens turcs Orel et Yuca, authenticité pourtant réaffirmée ensuite par l'historien arménien Dadrian. Le tribunal acquitte Soghomon Tehlirian. Le procès est retentissant et son issue est interprétée comme une condamnation des responsables du génocide.

Traité de Lausanne

Article détaillé : Traité de Lausanne (1923).

Ce traité, signé à Lausanne le 24 juillet 1923 revient sur le traité de Sèvres. L'Arménie n'y est plus mentionnée. L'historien H.-L. Kieser commente :

« Pour les perdants aussi bien que pour les humanitaires internationaux, l’ombre de la conférence était écrasante. Le traité acceptait tacitement les faits de guerre : le génocide des Arméniens ottomans, le massacre d’Assyriens ottomans, la déportation de Kurdes ottomans (1915-1916) et l’expulsion des Ottomans gréco-orthodoxes (1914 et 1919-1922), commise au profit de la turquification de l’Anatolie. Le nouveau gouvernement d’Ankara cachait à peine sa naissance au sein du parti Jeune-Turc, directement responsable des crimes perpétrés entre 1914-1918. Le traité complétait les faits de guerre par un transfert de populations jusqu’alors inouï, celui de Grecs musulmans (356 000) et d’Ottomans anatoliens de confession orthodoxe (290 000, avec ceux déjà expulsés comptant environ un million et demi de personnes). Avec quatre générations de retard, on a tout récemment commencé à déplorer publiquement ce transfert, même en Turquie. Pour ce qui est des crimes antérieurs, le négationnisme et l’apologie parfois grotesques, mais tacitement autorisés par le traité, prévalent toujours largement. »

La reconnaissance et la négation du génocide

Article détaillé : Négation du génocide arménien.

La question de la reconnaissance du génocide arménien, peu évoquée durant une grande partie du XXe siècle, a été ravivée d'abord par l'apparition du terrorisme arménien durant les années 1970 (notamment par le CJGA et l'ASALA), puis à l'occasion de l'ouverture de négociations entre l'Union européenne et la Turquie en vue d'une adhésion éventuelle de celle-ci. Le Parlement européen a reconnu le génocide arménien le 18 juin 1987[41]. Cette question est fréquemment abordée lors des débats concernant la conformité de la politique de l'État turc avec les valeurs morales de l'Union et, en particulier, son attachement au respect des droits de l'homme.

La position des historiens

La communauté des historiens qualifie ces événements de génocide[42]. Plusieurs historiens et spécialistes de la Shoah, dont Elie Wiesel et Yehuda Bauer, ont fait connaître publiquement leur position le 9 juin 2000 dans le New York Times, pour déclarer « incontestable la réalité du génocide arménien et inciter les démocraties occidentales à le reconnaître officiellement »[43]. L'Institut de l'Holocauste et des génocides (situé à Jérusalem)[44], et l'Institut pour l'étude des génocides (situé à New York)[45] ont établi comme un fait historique le génocide arménien. Pierre Vidal-Naquet, grande figure de la lutte contre le négationnisme, affirme « qu'il est évident que dans le cas du massacre des Arméniens, l’État turc est négationniste »[46] dénonçant dans le même temps, avec d'autres historiens de renom, « les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens […] », rappelant que « dans un État libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique »[47].

Cette analyse historique du génocide arménien s'est construite sur la base des témoignages des survivants, ainsi que des observateurs étrangers, et s'est enrichie grâce à l'ouverture progressive des archives officielles ottomanes. L'examen de ces archives a permis aux historiens d'affiner la connaissance sur les responsabilités. Ainsi, la responsabilité du génocide (conception, préméditation, organisation et exécution) est essentiellement attribuée aux officiels issus du parti des Jeunes-Turcs Ittihadistes, le rôle de ce parti des Jeunes-Turcs étant assimilable à celui des nazis en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale[48].

L'État turc et une « poignée d'historiens aux ordres » ont développé des études niant le génocide arménien[42]. Ces historiens turcs ou s'intéressant à l'histoire ottomane et/ou turque refusent la qualité de génocide à ces événements ; ils se contentent de parler de massacres plus ou moins spontanés et de déportations rendues nécessaires par les circonstances, et minimisent également le nombre de victimes. Même si de nombreux pays et instances gouvernementales ou religieuses dans le monde les ont officiellement définis comme génocide, la Turquie continue à contester l'ampleur de ce qu'elle appelle des « tueries » ou « le prétendu génocide arménien », ajoutant qu'il y a aussi eu beaucoup de Turcs massacrés durant cette période. Cette position est dénoncée tant par les survivants que par la communauté des historiens en général.

Par ailleurs, l'Association internationale des historiens spécialisés dans l'étude des génocides (International Association of Genocide Scholars), représentant la majorité des historiens européens et d'Amérique du Nord, a publié une lettre ouverte adressée au Premier ministre turc le 13 juin 2005 afin de lui rappeler que ce n'était pas seulement la communauté arménienne, mais des centaines d'historiens, de nationalités différentes, indépendants de tout gouvernement, qui avaient étudié et établi la réalité du génocide arménien :

« Nier la réalité factuelle et morale du génocide arménien relève non pas de l'étude historique mais d'une propagande destinée à affranchir les coupables de leurs responsabilités, en accusant les victimes, et en effaçant la signification morale de leurs crimes[49]. »

Autres positions

La position turque

Le gouvernement turc actuel maintient une position ferme de refus de la reconnaissance du génocide et condamne vivement toute reconnaissance du génocide par des gouvernements ou parlements étrangers. Le gouvernement turc ne niait pas le génocide directement après la Première Guerre mondiale[50],[51]. Il est présenté comme une cruelle conséquence de la guerre, appelée tragédie de 1915, et non comme un acte volontaire et formalisé.

Les enjeux pour la Turquie

Au-delà des implications morales et psychologiques, aussi bien pour les États que pour les descendants des populations impliquées, la reconnaissance officielle d'un génocide en 1915-1916 implique des enjeux financiers et territoriaux importants pour la Turquie. En effet, reconnaître le génocide arménien ouvrirait la voie à des demandes de dommages et intérêts auxquelles la Turquie ne veut pas céder[52],[53]. La Turquie pourrait être contrainte à payer une indemnisation pour les préjudices humain, moral et matériel (comme l'Allemagne a dû le faire après la Shoah), voire de restituer des territoires à l'Arménie (le traité de Sèvres, mis à mal par le génocide puis par le traité de Brest-Litovsk, donnait à l'Arménie des territoires situés sur l'actuelle Turquie, mais aussi en Azerbaïdjan et en Géorgie[54],[55]).

Sachant que ce sont les Jeunes-Turcs et les kémalistes qui ont fondé la République en 1923, la majorité des dirigeants de la Turquie moderne sont issus des rangs jeunes-turcs. Ainsi, nombre d’entre eux ne veulent pas remettre en cause leur parti politique.

Position officielle

Aujourd'hui, la République turque refuse de reconnaître l'existence du génocide arménien et qualifie les événements de 1915-1916 de « Sözde Ermeni Soykırımı » (« prétendu génocide arménien »).

En pointe dans la lutte contre toute référence au génocide se trouve le corps diplomatique turc : les diplomates de Turquie figurent parmi ceux qui diffusent activement les argumentaires de propagande sur la scène internationale. Cela en fit une des cibles prioritaires des attentats de l'Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie (Asala), qui firent une trentaine de victimes dans les rangs diplomatiques turcs durant les années 1970-1980.

Sur le sol national, l'appareil judiciaire et juridique prévoit également des sanctions pour ceux qui contreviendraient à la version officielle turque : le nouveau Code pénal, censé rapprocher la Turquie des standards européens en termes de droits de l’homme, a été dénoncé par plusieurs organisations internationales dont Reporters sans frontières[56] et Amnesty International[57], notamment à cause de son article 305 qui punit de trois ans à dix ans de prison et d'une amende tous « actes contraires à l’intérêt fondamental de la nation » ; la peine peut être étendue à quinze ans de prison si cette opinion est exprimée dans la presse. Des notes explicatives du projet indiquent que cela pourrait, entre autres, s'appliquer aux revendications concernant le génocide arménien[58]. Le parlement britannique a, pour sa part, considéré qu’aucune mention du « génocide arménien » n’était faite dans cet article du Code pénal[59]. Mais des procès récents faits à des personnes s'exprimant au sujet du génocide des Arméniens (notamment Orhan Pamuk, cf. infra), montrent que le Code pénal turc (article 301) permet de poursuivre des défenseurs des droits humains, des journalistes et d’autres membres de la société civile exprimant pacifiquement une opinion dissidente[60].

L'argumentation en faveur d'une non-reconnaissance de la qualification de génocide repose essentiellement sur trois axes[61] :

  • une contestation de l'ampleur du nombre de victimes (évalué entre trois cent mille et cinq cent mille alors que les estimations arméniennes sont d'un million et demi de morts[62]) ;
  • la remise en cause de l'existence d'une préméditation de la part du gouvernement Jeune-Turc ;
  • le retournement de la culpabilité (les Arméniens sont responsables de ce qui leur est arrivé) et indignation face à l'occultation des représailles des milices arméniennes sur les populations civiles turques.

En avril 2005, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan a proposé au président arménien Robert Kotcharian de mettre en place une commission d'historiens. Malgré cette proposition, Cemil Çiçek, porte-parole du gouvernement turc et ministre de la Justice, a parlé de « trahison » et de « coups de couteau dans le dos de la nation turque », à propos d' historiens universitaires turcs (non acquis à la thèse officielle turque) qui voulaient participer à un colloque traitant des « Arméniens ottomans au moment du déclin de l'empire » organisé en mai 2005 qui aurait dû avoir lieu dans des universités turques[63],[64]. Le ministre arménien des Affaires étrangères Vardan Oskanian avait répondu en voyant dans la proposition de création de commission de la Turquie une volonté de « réécrire son histoire de manière éhontée et de vouloir la propager dans les autres pays »[65]. Par ailleurs, à l'époque, il s'agit encore de l'Empire ottoman et non de la République turque, mais celle-ci empêche toujours les historiens de faire leur travail, car elle n'a toujours pas ouvert les archives ottomanes de cette époque. Même si le gouvernement turc affirme dans le même temps avoir ouvert toutes ses archives, cette affirmation n'a jamais pu être accréditée par des historiens indépendants[65],[66].

Pour la première fois le 23 avril 2014, le Premier ministre du pays, Recep Tayyip Erdogan, adresse, dans un communiqué, les condoléances d'Ankara aux « petits-fils des Arméniens tués en 1915 »[67]. Cela est considéré par certains[Qui ?] comme « un premier pas historique vers la reconnaissance du génocide arménien [par] la Turquie »[67]. Le texte indique que « C'est un devoir humain de comprendre et de partager la volonté des Arméniens de commémorer leurs souffrances pendant cette époque » puis que « Nous [la Turquie] souhaitons que les Arméniens qui ont perdu la vie dans les circonstances du début du XXe siècle reposent en paix et nous exprimons nos condoléances à leurs petits-enfants. »[67].

Opinion publique turque

Une information libre et objective sur le sujet est impossible en Turquie. Ainsi, lorsque l’écrivain Orhan Pamuk a déclaré, en 2005, à un quotidien suisse, qu'« un million d'Arméniens et trente mille Kurdes ont été tués en Turquie », un sous-préfet de Sütçüler (région d'Isparta, au sud-ouest) a ordonné la destruction de tous ses livres[68]. Le 16 décembre 2005, le procès d'Orhan Pamuk s'ouvre à Istanbul pour ces propos considérés comme une « insulte à l'identité nationale turque » et passibles à ce titre de six mois à trois ans de prison[69] ; la justice turque abandonne néanmoins les poursuites le 23 janvier 2006[70]. L’opinion publique n’a accès qu’à la version officielle concernant ces massacres du début du siècle et rejette généralement la qualification de génocide, du moins ouvertement. En privé, certains Turcs reconnaissent la réalité des massacres. Le cas échéant, la population n'hésite d'ailleurs pas à manifester son rejet de certaines méthodes. Le 19 janvier 2007, Hrant Dink, rédacteur en chef de la revue arménienne d'Istanbul Agos et principal promoteur de la reconnaissance du génocide en Turquie, est assassiné par un jeune nationaliste. Près de cent mille manifestants descendent dans les rues d'Istanbul à l'occasion de ses funérailles, brandissant des pancartes proclamant « nous sommes tous des Arméniens »[71], une première en Turquie où le discours restait jusqu'alors fortement imprégné par la position officielle du gouvernement.

La majorité des intellectuels et historiens turcs soutiennent la thèse niant le génocide. Néanmoins, certains intellectuels, personnalités, militants des droits de l'Homme ou professeurs turcs s'inscrivent en faux contre la version historique établie par Ankara.

Parmi les universitaires, on peut citer :

  • Taner Akçam qui considère que les coupables du génocide font partie des fondateurs de la République de Turquie née sept ans plus tard et que le gouvernement turc ne peut donc pas « accepter que parmi “les grands héros qui ont sauvé la patrie” certains ont été des assassins »[72]. Il a été le premier Turc à avoir ouvert les archives ottomanes et assumer le génocide[73] ;
  • Halil Berktay[74] (professeur à l'université d'İstanbul) qui n'hésite pas à qualifier de « berceuses » les thèses d'Ankara, ajoutant qu'« il y a des tonnes de documents prouvant la triste réalité » ;
  • Ahmet İnsel[74] (universités de Paris I et Galatasaray) qui dénonce notamment, selon ses propres mots, le « délire négationniste » qui règne en Turquie, et qui se traduit, selon lui, par la négation de la souffrance arménienne, le refus de reconnaître les intentions génocidaires d'une partie des Unionistes au pouvoir, et, enfin, par les accusations contre les Arméniens ;
  • Fikret Adanır (voir sa contribution au colloque organisé par le CDCA, « L'actualité du génocide des Arméniens ») ;
  • Altan Gökalp, Engin Akarlı ou encore Fatma Müge Göçek[74].

Les défenseurs des droits de l'Homme sont nombreux, mais mentionnons particulièrement Ali Ertem (et toute son association SKD contre le crime de génocide, « Soykırım Karşıtları Derneği »), Bülent Peker (Fondation turque des droits de l'Homme) ou Ragip Zarakolu[74] (surnommée « Mère Courage » par les Arméniens). Des livres et des expositions sur la communauté arménienne voient le jour et rencontrent un certain succès, ce qui semble indiquer une évolution des mentalités.

L'avocate et femme de lettres turque Fethiye Çetin, qui a appris à l'âge de 24 ans que sa grand-mère était d'origine arménienne, rescapée du génocide, révèle son histoire dans un roman autobiographique paru en 2004, Le Livre de ma grand-mère. Son livre a un grand retentissement en Turquie et les langues se délient : son histoire n'est pas unique. En 2009, avec le sociologue Ayse Gül Altinay, elle publie un livre tiré des récits de vingt-quatre petits-enfants d'Arméniens cachés dans la société turque : Les Petits-Enfants[75].

Le 15 décembre 2008, quatre intellectuels, Cengiz Aktar, Ali Bayramoglu, Ahmet İnsel et Baskın Oran, lancent la pétition özür diliyorum (« Nous leur demandons pardon »)[76]. Les auteurs, défenseurs de la cause depuis longtemps, travaillent depuis deux ans sur cette pétition qui vise à une reconnaissance par l'État turc du génocide arménien. Le texte dit : « Ma conscience ne peut accepter que l’on reste indifférent à la Grande Catastrophe que les Arméniens ottomans ont subi en 1915, et qu’on le nie. Je rejette cette injustice et, pour ma part, je partage les sentiments et les peines de mes sœurs et frères arméniens et je leur demande pardon[77]. » Événement sans précédent en Turquie, le texte a recueilli plus de mille signatures d'intellectuels, d'artistes et universitaires turcs le jour même de son lancement[78]. Les dix mille signatures sont atteintes deux jours plus tard[76]. Mais des sites « concurrents » refusant de présenter des excuses, niant le génocide ou dénonçant au contraire l'attitude supposée arménienne durant la Première Guerre mondiale ont rapidement vu le jour et récolté également de nombreuses signatures[79].

Selon des sondages récents, huit Turcs sur dix pensent que leur pays devrait rompre les négociations d'adhésion avec l'Union européenne si celle-ci exigeait la reconnaissance du génocide.

Depuis 1993, un chapitre des manuels scolaires d'histoire est consacré aux arguments réfutant les allégations de génocide. En 2003, une circulaire du ministère de l'Éducation invite les enseignants à « dénoncer les prétentions des Arméniens ». Des concours de dissertation sont organisés dans les écoles, y compris dans les quelques écoles arméniennes qui subsistent à Istanbul. La presse turque finit par s'en émouvoir.

Le ministère turc de la Culture défend sur son site internet la version officielle de l'Histoire[80] et, selon un rapport du parlement français, subventionne de nombreux sites internet défendant cette thèse.

Les 24 et 25 septembre 2005 s'est tenue pour la première fois en Turquie, dans un climat de fortes tensions[74], une conférence intitulée Les Arméniens ottomans au temps du déclin de l'empire. Annulée la veille sur ordre du tribunal administratif d'Istanbul, ce qui avait été commenté par la Commission européenne comme une provocation, cette conférence, qui était soutenue par le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, a pu finalement avoir lieu à l'Université du Savoir d'Istanbul (İstanbul Bilgi Üniversitesi). Le seul homme politique à y avoir participé est le membre du CHP (gauche) Erdal İnönü, fils d’İsmet İnönü, le plus proche compagnon de Mustafa Kemal.

La communauté internationale

La reconnaissance du génocide arménien dans le monde.

Les pays ou chambres nationales ayant reconnu le génocide arménien sont : l'Uruguay[81], la chambre des représentants de Chypre[82], la Chambre des représentants des États-Unis[83], la Douma russe, le parlement grec, le sénat de Belgique[84], le parlement de Suède[82], le parlement libanais, le Vatican[82], le parlement français[85], le Conseil national suisse (contre l’avis du Conseil fédéral)[86],[87], l'Argentine, l'Italie[88], les Pays-Bas, la Slovaquie, le Canada (le Québec[89]), la Pologne, la Lituanie[90], le Venezuela[91] et le Chili[92].

Certaines institutions internationales et régionales ont également reconnu le génocide : c'est le cas du Tribunal permanent des peuples, d'une sous-commission de l'ONU pour la prévention des droits de l'homme et la protection des minorités[93], du parlement européen, du Conseil de l'Europe et du Mercosur.

En Allemagne, le Bundestag a émis une résolution condamnant les massacres sans utiliser le mot « génocide ». D'autres pays ont refusé de considérer les massacres arméniens comme un génocide : c'est le cas du Royaume-Uni (le Pays de Galles, l'Écosse et l'Irlande du Nord ont reconnu le génocide arménien) et de l'État d'Israël, mais la plus haute autorité religieuse d’Israël, en la personne du grand rabbin, a reconnu le génocide arménien[94].

Notes et références

  1. Il y eut des massacres en 1917 et même en 1918, mais ils constituent plus un parachèvement du génocide, par rapport à un processus génocidaire (1915-1916) proprement dit. Yves Ternon, Les Arméniens, histoire d'un génocide, Le Seuil, Paris, 1977 (2e éd. 1996) (ISBN 978-2-02-025685-8).
  2. Claire Mouradian, L'Arménie, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » (no 851),‎ mai 1996, 2e éd. (1re éd. 1995), 127 p. (ISBN 978-2130473275), chap. 4 (« Les bouleversements de la Première Guerre mondiale : génocide en Anatolie, indépendance au Caucase »), p. 62 :

    « Dans les deux cas, la proportion — les deux tiers de la population — est identique. »

  3. Anahide Ter Minassian écrit : « De 1915 à 1918, le génocide arménien a fait disparaître à peu près la moitié de la population arménienne de l'Empire ottoman » dans « Les arméniens au 20e siècle », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Année 2000, Volume 67, Numéro 1, p. 137. [lire en ligne]
  4. Ce chiffre est celui généralement admis par la communauté des historiens ; mais comme leur caractère génocidaire, le bilan des massacres et déportations des Arméniens ne fait cependant pas l'unanimité. Anahide Ter Minassian écrit : « si nul ne conteste aujourd'hui le caractère meurtrier des déplacements forcés ni les massacres qui les ont accompagnés, la controverse porte depuis 1919 sur le nombre de victimes (1 500 000 selon les Arméniens, 600 000 à 800 000 selon les Turcs), sur la cause des déportations […], sur le partage des responsabilités […] » dans « Les Arméniens au 20e siècle », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2000, volume 67, numéro 1, p. 140. [lire en ligne]
  5. imprescriptible.fr
  6. « Repères. Arménie. Génocide », sur Libération,‎ 22 décembre 2011 (consulté en 1er février 2012).
  7. Marcel Léart, La Question arménienne à la lumière des documents, 1913 ; Raymond Kévorkian, Les Arméniens dans l'Empire ottoman à la veille du génocide, Arhis, Paris, 1992.
  8. Justin McCarthy, Muslims and Minorities, « The population of the Ottoman Armenians ». Pour une approche critique du travail de J. McCarthy, voir Frédéric Paulin, « Négationnisme et théorie des populations stables : le cas du génocide arménien » (consulté le 31 mars 2008).
  9. Cet événement est parallèle à la « révolution littéraire arménienne », arrivée au même moment dans laquelle les écrivains changent le style et le modernisent (dont Raffi).
  10. Yves Ternon, Les Arméniens, histoire d'un génocide, Seuil, Paris, 1977 (2e éd. 1996) (ISBN 978-2-02-025685-8).
  11. Dédéyan 2007, p. 517.
  12. Dédéyan 2007, p. 503.
  13. François Surbezy, Les Affaires d'Arménie et l'intervention des puissances européennes (de 1894 à 1897), Université de Montpellier,‎ 1911 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2008)].
  14. « Discours de Jean Jaurès à la Chambre des Députés, Paris, 3 novembre 1896 » (consulté le 31 mars 2008).
  15. Dédéyan 2007, p. 518.
  16. Jean-Marie Carzou, Arménie 1915, un génocide exemplaire, Flammarion, Paris, 1975 [lire en ligne (page consultée le 29 décembre 2008)].
  17. Peter Balakian, Le Tigre en flammes. Le Génocide arménien et la réponse de l'Amérique et de l'Occident, Paris, Phébus, De facto, 2005, p. 200 (ISBN 978-2-7529-0065-4)
  18. Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916 et la fin de l'Empire ottoman (1914-1923) », dans Dédéyan 2007, p. 524-525.
  19. Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916… », op. cit., p. 525.
  20. Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916… », op. cit., p. 529.
  21. Henry Morgenthau, Mémoires de l'ambassadeur Morgenthau, Payot, 1919, « La « révolution » de Van ». Consulté le 29 décembre 2008.
  22. a et b Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916… », op. cit., p. 527.
  23. Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916… », op. cit., p. 531.
  24. Aram Antonian, Constantinople, 24 avril 1915 : l'arrestation et la déportation des intellectuels arméniens, Le Cercle d'écrits caucasiens, 1er avril 2013
  25. Jean-Marie Carzou, Arménie 1915, un génocide exemplaire, Paris, Flammarion,‎ 1975 (ISBN 2702137180)
  26. Dans ce cas-là, l'intelligentsia arménienne était surtout basée à Constantinople.
  27. L'armée de l'Empire ottoman est engagée principalement dans le Caucase, aux Dardanelles, et en Mésopotamie.
  28. Sociétés réconciliées? des peuples à la recherche d'un compromis entre passion et raison : actes du colloque du GRIC conciliation-réconciliation, tenu à l'université du Havre les 7 et 8 décembre 2008. Cité dans les Documents Andonian.
  29. Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916… », op. cit., p. 530-531.
  30. a, b et c « Imprescriptible.fr : le nombre des populations déplacées et les principaux axes de déportation » (consulté le 5 septembre 2008)
  31. Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916… », op. cit., p. 530.
  32. « Imprescriptible.fr : le génocide des Arméniens de Diarbékir » (consulté le 5 septembre 2008)
  33. Raymond H. Kévorkian, « L’extermination des déportés arméniens ottomans dans les camps de concentration de Syrie-Mésopotamie (1915-1916). La deuxième phase du génocide », dans Revue d’Histoire arménienne contemporaine, ii, 1998, p. 117-118.
  34. Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916… », op. cit., p. 533.
  35. « Communiqué de l'AACF à propos du Génocide », dans Bulletin d'information de la JAC, no 15 (avril 2004) [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2008)].
  36. Olivier Balabanian et Françoise Ardillier-Carras, Arménie, avant-poste chrétien dans le Caucase, Glénat, Grenoble, 2003 (réimpr. 2006) (ISBN 978-2-7234-4531-3).
  37. Yves Ternon, Enquête sur la négation d'un génocide, Parenthèses, Marseille, 1989 (ISBN 978-2-86364-052-4), 3e partie, chapitre IV, « L'Organisation Spéciale » [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2008)].
  38. Lire Kévorkian : [lire en ligne (page consultée le 5 septembre 2008)]
  39. Taner Akçam, Un acte honteux : le génocide des Arméniens et la question de la responsabilité turque, Denoël, 2008 (ISBN 978-2-207-25963-4), p. 200.
  40. Cette dernière estimation est avancée par les Arméniens eux-mêmes, lire « Ankara choqué par une loi française », dans Le Nouvel Observateur, 8 octobre 2006 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2008)].
  41. « Résolution du 18 juin 1987 sur une solution politique de la question arménienne », Journal officiel, C, 190, 20 juillet 1987, p. 0119. Consulté le 31 mars 2008.
  42. a et b Yves Ternon, « Le génocide de 1915-1916… », op. cit., p. 535.
  43. (en) « 126 Holocaust Scholars affirm the incontestable fact of the Armenian Genocide and urge Western Democracies to officially reconize it », sur Center for Holocaust & Genocide Studies, University of Minnesota,‎ 9 juin 2000 (consulté en 28 décembre 2008).
  44. (en) « Statement of the Institute on the Holocaust and Genocide », sur Genocide Watch,‎ 30 mai 2005 (consulté en 28 décembre 2008).
  45. (en) « Action Alert, July 15, 2005 », sur Institute for the Study of Genocide (consulté en 28 décembre 2008).
  46. « Forums avec Pierre Vidal-Naquet », sur Le Nouvel Observateur, 24 janvier 2005 [[ lire en ligne] (page consultée le 2 avril 2008)].
  47. « Pétition "Liberté pour l'histoire" », 12 décembre 2005, sur Histoire de médias [lire en ligne (page consultée le 2 avril 2008)].
  48. Vahakn Dadrian dit ainsi dans Le génocide à la lumière des démentis turcs : « Je pense que la seule caractéristique la plus importante du génocide arménien, spécialement en comparaison avec l'Holocauste — et j'espère que vous voyez un parallèle frappant manifeste — est ceci : ce ne furent pas les organes réguliers de l'État ottoman, mais un parti, une organisation secrète, le parti des Jeunes-Turcs ittihadistes qui fut responsable du génocide arménien, du commencement à la fin : conception, préméditation, décision, organisation, application — tout a été fait en premier, sinon exclusivement, par les officiels ayant des postes de confiance du parti Ittihad Jeune-Turc, exactement comme les nazis en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. » « Traduction de Louise Kiffer » (consulté le 2 avril 2008).
  49. (en) International Association of Genocide Scholars, « Letter to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan », 13 juin 2005 [lire en ligne (page consultée le 3 avril 2008)].
  50. Voir par exemple Raymond Haroutioun Kévorkian, Le Génocide des Arméniens, Odile Jacob, Paris, 2006 (ISBN 2-7381-1830-5), p. 898.
  51. (en) Dennis R. Papazian, « "Misplaced Credulity:" Contemporary Turkish Attempts to Refute the Armenian Genocide », dans Armenian Review, no 45 (1992), révisé en 2001, p. 185 [lire en ligne (page consultée le 17 juillet 2008)].
  52. Sherif Bassiouni (interview), « Génocide et réparations » [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2008)]
  53. ou encore ce document à propos des réparations en droit international (le document traite principalement du cas du Rwanda)
  54. (en) « Texte intégral du traité de Sèvres » (consulté le 31 mars 2008).
  55. Yves Ternon, La Cause arménienne, Seuil, Paris, 1983 (ISBN 978-2-02-006455-2), p. 195.
  56. Reporters sans frontières, « L'entrée en vigueur du nouveau code pénal ajournée », 31 mars 2005 [lire en ligne (page consultée le 2 avril 2008)].
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  58. (fr) Amnesty International, « Turkey: Freedom of expression/torture/prisoners of conscience », 22 mai 2005 [lire en ligne].
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  60. Amnesty International, « Turquie. L'article 301 menace la liberté d'expression : il doit être immédiatement abrogé ! », 1er décembre 2005 [lire en ligne (page consultée le 2 avril 2008)].
  61. Yves Ternon, op. cit., p. 177-179.
  62. Bien que les chiffres turcs soient faux, les chiffres arméniens sont apparemment un peu exagérés. Les estimations les plus neutres sont d'entre un million et un million et demi de morts.
  63. « Turquie : De la difficulté de débattre du génocide arménien », dans Courrier international, 2005 [lire en ligne (page consultée le 2 avril 2008)]
  64. Amnistia, « Le Gouvernement turc interdit un colloque universitaire sur l'histoire des Arméniens dans l'Empire ottoman », 27 mai 2005 [lire en ligne (page consultée le 2 avril 2008)].
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  67. a, b et c Pour la première fois, la Turquie présente ses condoléances aux "petits-fils des Arméniens tués en 1915", France TV info, 23 avril 2014.
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  75. La Croix, 14-15 mai 2011, p. 8-9.
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Voir aussi

Articles connexes

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Bibliographie

Livres historiques, témoignages

Livres d'histoire, monographies

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