Norme mistralienne
|
|
Cet article est une ébauche concernant la linguistique.
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
Consultez la liste des tâches à accomplir en page de discussion. |
La norme mistralienne (appelée également « graphie moderne », « graphie mistralienne », « norme félibréenne ») est une norme linguistique (une codification), antérieure à la codification de la norme classique, qui fixe la langue occitane. Elle est apparue en 1853 dans les œuvres de Joseph Roumanille, puis dans celles de Frédéric Mistral après 1854. C'est sous l'influence de Roumanille que Mistral a utilisé cette norme alors qu'il défendait fermement la norme classique, comme en témoigne la correspondance entre les deux hommes[1],[2],[3].
Sommaire |
Voyelles et consonnes [modifier]
Les voyelle se prononcent plus ou moins comme en français (abstraction faite de l'accent régional) à l'exception de :
- e, é se prononcent comme le français "é".
- è se prononce comme le français.
Les consonnes se prononcent comme en français à l'exception de :
- g devant e ou i se prononce comme le français "dz" ou "dj".
- j se prononce toujours "dz" ou "dj".
- ch se prononce "tch" ou "ts".
- y, x et w ne sont pas employées.
Il faut en outre souligner que l'équivalent du français gn est identique ; par contre, le son ill du français s'écrit "i" (comme dan Mirèio) et est donc traité comme une voyelle s'il ne porte pas l'accent tonique ; par contre on l'écrit "ih" si le son vocalique "i' porte l'accent tonique (comme dans Marsiho, abiho et auriho).
Néanmoins, le gascon emploie la convention historique de la scripta béarnais issue elle-même de l'ancien occitan des Fors de Béarn et note "nh" et "lh" pour les son "gn" et "ill" du français ; cette variante locale de la graphie mistralienne s'appelle graphie fébusienne en référence à l'Escòla Gaston Fèbus, branche béarno- gasconne du Félibrige. Il est à noter néanmoins que cette dernière, en tant qu'association, emploie depuis les années 1980 la graphie classique.
Quelques notations de diphtongues [modifier]
Le son « ou » [u] n'est pas toujours noté « ou » comme il peut l'être en français. Les diphtongues mistraliennes, font porter ce son à la lettre u (comme en latin) :
- au : se prononce "a-ou"
- éu : se prononce "é-ou"
- èu : se prononce "è-ou"
Il faut souligner un doublet óu et òu :
- òu : se prononce "o-ou"
- óu : se prononce "ou-ou"
Accent tonique [modifier]
Son expression est régie par 3 conventions graphiques :
- Il tombe sur la pénultième syllabe des mots terminés par o (généralement marque du féminin) et e : taulo, fenèstro, escolo, aubre.
- Il tombe généralement sur toute syllabe portant un accent graphique hormis présence d'une diphtongue (èu, éu, óu, òu) en position non tonique : óulivo, dóumaci, bèuta
- Il porte sur la dernière syllabe des mots terminés par a, i, u ou par une consonne (à l’exception des verbes conjugués s'achevant par la désinence -es, ou -on : cantes, canton) pour qui l'accent porte sur la pénultième syllabe) : segur, dourmi.
Exemple comparatif : Lou mège de Cucugnan de Joseph Roumanille [modifier]
| Provençal (graphie mistralienne) | Provençal (Norme classique) | Français |
|---|---|---|
|
Lou mège de Cucugnan Èro un medecin que n’en sabié long, car n’avié forço aprés; e pamens, dins Cucugnan, ounte despièi dous an s’èro establi, i’avien pas fe. Que voulès? toujour lou rescountravon em’ un libre à la man, e se disien, li Cucugnanen: - Saup rèn de rèn, noste mège; fèbre countùnio legis. S’estùdio, es pèr aprendre. S’a besoun d’aprendre, es que saup pas. Se saup pas, es un ignourènt. Poudien pas li leva d’aqui, e... i’avien pas fe. Un mège sènso malaut es un calèu sènso òli. La fau pamens gagna, la vidasso, e noste paure mesquin gagnavo pas l’aigo que bevié. |
Lo mètge de Cucunhan Èra un medecin que ne'n sabiá lòng, car n’aviá fòrça aprés; e pasmens, dins Cucunhan, Onte despuei dos an s’èra establit, li avián pas fe. Que volètz? totjorn lo rescontravan em' un libre a la man, e se disián, lei Cucunhanencs: - Saup ren de ren, nòstre mètge; fèbre contúnia legís. S’estúdia, es per aprendre. S’a besonh d’aprendre, es que saup pas. Se saup pas, es un inhorent. Podián pas li levar d’aquí, e... li avián pas fe. Un mètge sensa malaut es un calèu sensa òli. La fau pasmens ganhar, la vidassa, e nòstre paure mesquin ganhava pas l’aiga que beviá. |
Le médecin de Cucugnan C'était un médecin qui savait beaucoup de choses, il y avait beaucoup étudié ; et pourtant, à Cucugnan, où depuis deux ans il s'était établi, on n'avait pas confiance en lui. Que voulez-vous ? on le rencontrait toujours avec un livre à la main et les Cucugnanais se disaient alors : - Il ne sait absolument rien, notre médecin ; il lit continuellement. S'il étudie, c'est pour apprendre. S'il a besoin d'apprendre, c'est qu'il ne sait pas. S'il ne sait, c'est un ignorant. On ne pouvait pas les faire changer d'avis, et ... ils ne lui faisaient pas confiance. Un médecin sans malade c'est comme une lampe sans huile. Il faut pourtant bien la gagner, cette misérable vie, et notre pauvre ami ne gagnait même pas l'eau qu'il buvait. |
Bibliographie [modifier]
- Dourgin, C. - Maurion, Ch. Lou prouvençau à l'escolo. Cavaillon : Lou Prouvençau à l'Escolo, 1973.
Notes et références [modifier]
- [PDF] Correspondance Frédéric Mistral Joseph Roumanille à propos de la réforme de l'orthographe
- L'Occitan Sans Peine, Assimil, Introduction
- Gallica