Moyen-Orient

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Moyen-Orient
carte : Moyen-Orient
Continent En majeure partie en Asie, extensions en Europe et en Afrique.
Région Asie de l'Ouest
Coordonnées 50°00′N 143°24′E
Superficie
Frontières 6 581 km
Altitude maximale Mont Damavand (5 604 m)
Altitude minimale Mer Morte (-417 m)
Plus long cours d’eau Euphrate
Plus importante étendue d’eau Lac d'Ourmia

Le Moyen-Orient (en anglais Middle East, en arabe الشرق الأوسط Ash-Shark al-awssat, en persan خاور ميانه, en turc Orta Doğu, en kurde Rojhilata Navîn, en hébreu המזרח התיכון) est une expression d'origine anglo-saxonne qui désigne pour les Européens, les Américains et les Africains, une région comprise entre la rive orientale de la mer Méditerranée et la ligne tracée par la frontière entre l'Iran d'une part, le Pakistan et l'Afghanistan d'autre part. Cette région se trouve essentiellement en Asie mais est parfois étendue à l'Afrique du Nord. Contrairement à une idée répandue, Proche- et Moyen-Orient ne désignent pas deux espaces géographiques clairement séparés comme si en allant vers l’Est, au Proche-Orient succédait le Moyen-Orient… avant l’Extrême-Orient. Ces termes désignent un même espace défini au tournant des XIXe et XXe siècles par le Foreign Office britannique comme le Middle East et par le Quai d’Orsay français, comme le Proche-Orient. Mais l’espace concerné comprend à minima le Croissant fertile (Iran, Israël, Territoires palestiniens, Jordanie, Irak, Syrie, Liban), la péninsule arabique (Arabie saoudite, Yémen, Oman, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït) et la vallée du Nil (Égypte). On y ajoute souvent l’Iran et la Turquie, parfois même le Pakistan et l’Afghanistan (héritage de la définition impérialiste britannique). Les États-Unis n’hésitent pas à y inclure les États du Maghreb (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), comme le montre le projet de « Grand Moyen-Orient »[1].

Cet espace abrite plusieurs groupes culturels et ethniques, incluant la culture perse, turque, arabe, kurde et juive. Les trois principaux groupes linguistiques sont les langues iraniennes, les langues turques et les langues sémitiques (dont l'arabe et l'hébreu). La définition du Moyen-Orient, à la fois établie dans les livres de référence et communément utilisée, définit la région comme « les nations de l'Asie du Sud-Ouest, de l'Iran à l'Égypte ». En conséquence, l'Égypte, avec sa péninsule du Sinaï en Asie, est habituellement considérée comme faisant partie du Moyen-Orient.

Cette expression a été employée pour la première fois par le théoricien militaire américain Alfred Mahan en 1902[Note 1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Noms[modifier | modifier le code]

Le qualificatif de « Moyen » a entraîné certaines confusions au-delà du problème actuel de définition de l'espace situé entre le monde indien et l'Europe. Avant la Première Guerre mondiale, Near East (traduit approximativement par « Proche-Orient », mais avec un sens différent de celui actuel) était utilisé en anglais pour parler des Balkans et de l'Empire ottoman, tandis que le terme Middle East (« Moyen-Orient ») faisait référence à l'Iran, l'Afghanistan, le Turkménistan et le Caucase. En revanche, Far East (traduit à peu près par « Extrême-Orient ») faisait référence aux pays de l'Asie de l'Est, à la Chine, au Japon, à la Corée, à Taïwan, etc.

Avec la disparition de l'Empire ottoman en 1918 et l'irruption des États-Unis sur la scène européenne en 1917, le terme de Near East avait largement été écarté de l'usage courant (vu de Washington, Istanbul ou Beyrouth n'ont rien de « proche »), tandis que Middle East était appliqué aux nouveaux États du monde islamique. Cependant, l'usage de Near East était maintenu par une variété de disciplines académiques, incluant l'archéologie et l'histoire ancienne, là où il décrivait un espace identique au terme Middle East ; tandis qu'il n'était pas utilisé par ces disciplines, auparavant. Ce terme est venu quand la France et le Royaume-Uni l'ont adopté lors de l'obtention du mandat de la Société des Nations d'administrer les terres allemandes et ottomanes après la Première Guerre mondiale.

Les Français, en particulier les universitaires et certains journaux comme Le Monde, ont gardé l'habitude de distinguer un Proche-Orient méditerranéen et un Moyen-Orient général (à l'anglaise) ou plus restreint autour du golfe Persique.

Autres appellations[modifier | modifier le code]

Par certains côtés, l'ambiguïté du terme « Moyen-Orient » est un avantage, puisqu'il peut être utilisé dans des cultures et des circonstances politiques différentes. Cette ambiguïté gêne certains géographes, qui, cependant, ont essayé de populariser « Asie du Sud-Ouest » comme alternative (Southwest Asia), bien que cela n'ait eu que peu de succès. D'autres ont fait leur apparition comme « Asie de l'Ouest » (West Asia), lequel est devenu le terme d'usage en Inde, à la fois par le gouvernement et les médias.

Le « monde arabe » est utilisé dans certains contextes, mais exclut les populations telles que les Turcs, les Israéliens, les Iraniens et les Kurdes qui ne sont pas arabes.

Le « Moyen Orient-Afrique du Nord » (Middle East-North Africa [MENA]), qui est parfois utilisé comprend la zone allant du Maroc à l'Iran. Le terme similaire le plus répandu est le « Grand Moyen-Orient » (Greater Middle East). Il est parfois utilisé, bien qu'il soit si vague qu'il n'est pas toujours utile. Il correspond à une histoire commune des empires et des civilisations incluant la civilisation gréco-romaine méditerranéenne et les Perses aussi bien que la vaste civilisation arabe et les premières régions dans lesquelles les Turcs musulmans se sont installés. Cela peut comprendre l'Afrique du Nord et la Turquie jusqu'à l'Ouest du Pakistan et l'Est de l'Afghanistan.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Moyen-Orient.

Délimitations[modifier | modifier le code]

Le Moyen-Orient correspond à la zone géographique comprise entre la rive orientale de la mer Méditerranée : le bassin Levantin, à l'ouest ; la ligne tracée par la frontière entre l'Iran d'une part, le Pakistan et l'Afghanistan d'autre part, à l'est ; la frontière turco-iranienne avec les pays du Caucase, et celles turques avec la Bulgarie et la Grèce au nord et les frontières respectivement terrestre de l'Égypte et maritimes du Yémen et d'Oman au sud. Le Moyen-Orient s'étend donc à la fois en Asie, sur les plateaux iranien et anatolien et sur l'ensemble de la péninsule Arabique ; en Europe, avec la partie européenne de la Turquie : la Thrace orientale et en Afrique avec la partie africaine de l'Égypte.

Cet espace de presque 7 millions de km2 regroupe différentes civilisations qui se sont développées au cours des siècles ; parmi elles, les Arabes, Perses et Turcs forment les groupes ethniques les plus importants présents dans la région[2]. Ce critère ne permet cependant pas de tracer de délimitations puisque l'on retrouve ces civilisations bien au delà des frontières des nations moyen-orientales : les Arabes sont également présents dans toute la partie nord de l'Afrique, les Perses, jusqu'au sous-continent indien et les Turcs, en Asie centrale.

Le Moyen-Orient n'est pas non plus uni politiquement ou culturellement, les structures supra-étatiques, regroupés autour de centres d'intérêts divers (pétrole, commerce, religion, etc.) n'ont qu'une influence limitée et s'étendent souvent au delà de la région[3].

Nations du Proche-Orient et du Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Les divers États peuvent être répartis selon leur position géographique :

La population totale de cet ensemble est d'environ 385 millions d'habitants en 2012.


Agglomérations[modifier | modifier le code]

Trois villes du Moyen-Orient regroupent plus de dix millions d'habitants; il s'agit d'Istanbul, du Caire, et de Téhéran[4].
Trois autres villes ont recensé des populations entre quatre et sept millions d'habitants : Bagdad, Ankara et Alexandrie[4] et onze villes moins importantes comptent une population de plus d'un million d'habitants. La majorité de ces agglomérations enregistrent une croissance annuelle de leur population supérieure à 2 %.

Assimilation culturelle[modifier | modifier le code]

Le terme de Moyen-Orient définit une aire culturelle, donc il ne délimite pas de frontières précises. Généralement, on inclut les civilisations arabe, turque, perse et des minorités régionales telles que les juifs ou les chypriotes.

Les pays africains comme ceux du Maghreb — l'Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie — ou d'autres comme le Soudan, la Mauritanie et ceux de la Corne africaine - la Somalie, l'Éthiopie, l'Érythrée et Djibouti - sont liés au Moyen-Orient du fait de leurs fortes associations culturelles, historiques et commerciales avec cette région. Chypre, bien que géographiquement périphériques ou proches du Moyen-Orient, se considèrent elles-mêmes comme faisant culturellement partie de l'Europe. L'Iran est la frontière est. L'Afghanistan, quant à lui, fait a partie des persiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les croisades participèrent au développement des échanges culturels et scientifiques entre le Moyen-Orient et l'Europe.
Article détaillé : Histoire du Moyen-Orient.

C'est le lieu de naissance et le centre spirituel des religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme, l'islam, la babisme et le bahaïsme. De nombreuses civilisations et nations (seldjoukides, arabes, ottomans…) ont vu le jour autour du croissant fertile, qui constitue la première zone peuplée au Moyen-Orient et probablement la région originelle de l'agriculture de l'Eurafrasie[5].

De très nombreuses cultures se sont croisées au fil des siècles; indigènes, tels que les Perses ou les Arabes; mais également étrangères, tels que les grecs d'Alexandre de Macédoine, les croisés ou les colons européens à partir du XIXe siècle.

Au début du XXe siècle, la découverte de quantités considérables de pétrole (plus de la moitié des réserves mondiales de pétrole se trouvent dans le sous-sol du Moyen-Orient) a placé le Moyen-Orient au cœur de la géopolitique mondiale du pétrole et permit le développement des Émirats pétroliers (Émirats arabes unis, Qatar…). Cet espace est aussi témoin de guerres d'ordre territorial (conflit israélo-arabe, guerre Iran-Irak) et de nombreuses tensions liées directement et indirectement à l'extraction du pétrole et des matières premières dans la région (guerre du Golfe).

Le Moyen-Orient demeure toujours un espace de tensions (parfois appelé poudrière du Moyen-Orient[6]) mais qui a réussi à développer les relations entre ses nations constituantes au cours des 50 dernières années (OPAEP, Ligue arabe, Greater Arab Free Trade Area…).

Économie[modifier | modifier le code]

Si la production et l'exportation de pétrole constitue toujours largement, la première source de richesse du Moyen-Orient, elle ne doit pas occulter le fait que d'autres sources de richesses ont permis le développement de certains pays sans engendrer de dépendance vis-à-vis de l'or noir. Des pays comme Israël, le Liban ou Chypre ont ainsi appuyé leur développement sur d'autres activités telles que le commerce, l'agriculture, les matières premières. D'autre part, phénomène plus récent, les pétrodollars sont réinvestis via des fonds privés et publics arabes dans la finance et l'économie internationale.

Pour la majorité des pays de l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole du Moyen-Orient, le pétrole, et plus largement les hydrocarbures, génèrent à la fois de la richesse, du travail, des investissements de l'étranger, une force géopolitique et un gage de puissance sur la scène internationale. À titre d'exemple, 45 % des recettes publiques de l'Arabie saoudite, 55 % de son PIB et 90 % de ses exportations sont directement ou indirectement liés à l'exploitation de ses gisements pétroliers.

Ces dernières années, la plupart des pays de la région ont entrepris des efforts pour diversifier leur économie[7], Abu Dhabi Investment Authority est aujourd'hui le plus gros fonds souverain mondial; il gère 875 milliards de dollars et est chargée d'investir les revenus pétroliers de l'émirat d'Abu Dhabi à travers le monde pour les faire fructifier.

D'autres pays arabes ont également choisis de réinvestir leurs revenus pétroliers directement sur leur propre territoire, ainsi des projets architecturaux, parfois gigantesques, tels que les « Palm Islands », le Burj Khalifa ou la Dubaï Marina à Dubaï. Ces investissements nationaux et internationaux visent à développer des activités non-dépendante du pétrole et à préparer les pays du golfe à l'après pétrole[8]; les placements et les investissements réalisés représentent une rente et une opportunité de développer les activités tertiaires au sein des pays développés et ouverts aux étrangers de la péninsule arabique (Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar).

Tourisme en Turquie à Ölüdeniz.

La Turquie, l'Égypte, Israël et Chypre bénéficient de facteurs favorables au développement du tourisme en provenance d'Europe et d'Amérique du Nord, les sites touristiques, culturels et historiques, l'héliotropisme et les investissement réalisés pour développer les activités touristiques ont permis de rendre cette région parmi les plus attractive de la planète.

L'agriculture occupe toujours une place prépondérante dans l'emploi de la population active de certains pays moyen-orientaux; le croissant fertile (Irak, Syrie, Liban), le Nil en Égypte, ou encore le développement des kibboutzim et moshavim en Israël ont permis d'assurer la sécurité alimentaire nécessaire au développement économique des pays méditerranéens; avant de développer les activités de services[Note 2].

Les activités commerciales et financières ont également pris un essor important, grâce aux voies de navigations aisément contrôlables (mer de Marmara en Turquie et canal de Suez[Note 3] en Égypte) et à l'importance des activités d'import-export de marchandises, notamment de matières premières, de pièces détachées et de produits manufacturés, en provenance d'Asie orientale, d'Asie du Sud-Est, d'Inde et du Moyen-Orient et à destination de l'Union européenne et de l'Amérique du Nord.

Culture[modifier | modifier le code]

Le Moyen-Orient est au carrefour de cultures parmi les plus anciennes et les plus développées au monde. Que ce soit la culture des populations, arabes, turques, perses ou encore, celle des religions juives, chrétiennes et musulmanes, leur sécularité a conduit à leur formidable développement qui représente aujourd'hui un attrait pour les touristes du monde entier[9],[10]. De nombreux sites archéologiques, constructions, ou sites naturels sont ainsi classés au Patrimoine mondial moyen-oriental, répartis autour des nombreuses aires urbaines qui se sont progressivement développées.

Politique régionale[modifier | modifier le code]

Flag of the Arab League.svg Ligue arabe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligue arabe.

La Ligue arabe, officiellement la Ligue des États arabes (arabe : جامعة الدول العربية), est une organisation régionale à statut d'observateur auprès de l'Organisation des Nations unies. Elle fut fondée le au Caire, par sept pays et compte aujourd'hui vingt-deux États membres. L'organisation de la Ligue arabe repose sur quatre organismes principaux : le sommet des chefs d'État, le Conseil des ministres, les comités permanents et le Secrétariat général dirigé par Nabil Al-Arabi depuis 2011[11]. De plus, divers organismes ont été créés en application de traités qui complètent le pacte de 1945 et plusieurs agences spécialisées travaillent en étroite collaboration avec elle.

GCC Flag.svg Conseil de coopération du golfe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conseil de coopération du golfe.

Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (arabe : مجلس التعاون لدول الخليج) ou Conseil de coopération du Golfe (CCG) (arabe : مجلس التعاون الخليجي) est une organisation régionale regroupant au départ six pétromonarchies arabes et musulmanes du golfe Persique : l'Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar.

Dans le contexte des révolutions arabes du début 2011, les royaumes du Maroc et de Jordanie sont en cours d'adhésion[12],[13].

Flag of OIC.svg Organisation de la coopération islamique[modifier | modifier le code]

L'Organisation de la coopération islamique (arabe : منظمة التعاون الإسلامي, turc : İslam İşbirliği Teşkilatı) est une organisation intergouvernementale créée le sous le nom d'Organisation de la conférence islamique qui regroupe 57 États membres. Cette organisation dont le siège est situé à Djeddah, en Arabie saoudite, possède une délégation permanente aux Nations unies. L'Organisation de la coopération islamique, qui a changé de nom et d'emblème le , est la seule organisation au niveau supra-étatique et international qui soit à caractère religieux. Elle regroupe entre autres, la totalité des pays du Moyen-Orient (à l'exception d'Israël), ainsi que la majorité des États d'Afrique du Nord et d'Asie centrale.

Diagramme des différents partenariats entre les pays de la Ligue arabe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Alfred Mahan l'employa dans un article de la National Review, publiée à Londres.
  2. L'autosuffisance alimentaire constituait la base de la politique israélienne de développement dans les années 50 et 60.
  3. La 3e source de devises de l'Égypte, avec 3,4 milliards de dollars en 2005, soit une augmentation de 12,6 % par rapport à 2004 ; bond expliqué par le développement du commerce avec l'Inde et la Chine.
Références

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Gueynard, « Near East ou Midlle East : histoire d'une terminologie », Outre-Terre, no 3, 2005/4
  • Revue Maghreb-Machrek no 193, numéro spécial « Les nouvelles guerres du monde arabe », éditions Choiseul, automne 2007.
  • Collection Monde arabe / Monde musulman, dirigée par Mathieu Guidère, De Boeck, 2013
  • Les Clés du Moyen-Orient

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Catégorie Moyen-Orient de l’annuaire dmoz

Géopolitique
Médias et accès à l'information
Économie