Henri Tomasi

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Henri Tomasi

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Portrait d'Henri Tomasi

Naissance 17 août 1901
Marseille, Drapeau de la France France
Décès 13 janvier 1971
Paris 9e, Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur,
chef d'orchestre
Style Musique néoclassique
Lieux d'activité Drapeau de la France France
Années d'activité 1931-1969
Collaborations Milhaud, Honneger, Poulenc
(groupe « Triton »)
Formation Conservatoire de Paris
Récompenses Prix de Rome

Henri Frédien[1] Tomasi, compositeur et chef d'orchestre, est né le 17 août 1901 à Marseille, dans le quartier populaire de la Belle-de-Mai. Henri est le premier enfant de Xavier Tomasi et de Joséphine Vincensini, tous deux corses originaires de Penta-di-Casinca. Il est mort dans le 9e arrondissement de Paris, le 13 janvier 1971.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de 6 ans, il étudie le piano au conservatoire de sa ville natale (il fut dans cet établissement camarade avec le violoniste Zino Francescatti, dédicataire de futures œuvres du compositeur) avant d'intégrer celui de Paris (actuel Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris), dont il sort primé en 1927. La même année, il remporte le Premier Second Prix de Rome de composition avec la cantate Coriolan. Une de ses premières œuvres, Cyrnos, eut un bon accueil. En 1929 il épouse Odette Camp. De leur union naît un fils, Claude (né en 1944). 1931 voit ses premiers succès en tant que chef d'orchestre à Radio-Colonial, radio créée pour l'Empire colonial français. Acteur important de la vie musicale, il adhère au groupe « Triton » aux côtés de Darius Milhaud, Arthur Honegger, Francis Poulenc, etc.

La Seconde Guerre mondiale n'interrompt pas ses activités musicales. De 1940 à 1943 il est à la tête de l'Orchestre national (actuel Orchestre national de France) replié dans sa ville natale de Marseille. Mais la situation d'alors est en opposition avec ses convictions pacifistes et humanistes. Pris d'une crise mystique, il se retire à l'Abbaye Saint-Michel de Frigolet où il compose ses chef-d'œuvre de la maturité : Symphonie en ut, Requiem pour la Paix et l'opéra Don Juan de Mañara, trois œuvres qui auront du mal à être créées. Cette dernière, d'après le mystère en six tableaux d'Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz, a été créée à Munich le 29 mars 1956. Dès 1946, il reprend une intense activité de chef d'orchestre et le Conservatoire de Paris lui commande plusieurs œuvres pour ses concours d'entrée, dont le Concerto pour trompette, pièce mondialement connue et interprétée par les plus grands, Maurice André, Wynton Marsalis, David Guerrier. En 1954 un autre opéra, L'Atlantide, d'après le roman de Pierre Benoit, est créé avec succès à Mulhouse le 26 février 1954 avec la merveilleuse Ethéry Pagava dans le rôle d'Antinéa. L'œuvre connaît en peu de temps 80 représentations, dont 20 à l'Opéra de Paris avec Claude Bessy interprétant le même rôle. Ludmila Tchérina en fut une autre célèbre interprète.

En 1952, un grave accident de voiture le contraint à cesser toute activité de chef d'orchestre. Henri Tomasi ne se consacre donc plus qu'à la composition. 1956 : encore un opéra, avec Sampieru Corsu, créé à Bordeaux avec Régine Crespin dans le rôle de Vannina d'Ornano. Puis création du Triomphe de Jeanne, oratorio commandé pour les 500 ans du procès en réhabilitation de Jeanne d'Arc, sur un livret de Philippe Soupault. Il commence à ressentir les effets de la surdité qui lui fera perdre l'usage de son oreille droite. Son œuvre est de plus en plus en prise avec les événements de son temps, avec Le Silence de la mer (d'après Vercors), L'Éloge de la folie (d'après Érasme), Retour à Tipasa (d'après Albert Camus), Concerto pour guitare « à la mémoire d'un poète assassiné, F.G. Lorca », Symphonie du Tiers-Monde (en hommage à Hector Berlioz, d'après un texte d'Aimé Césaire), etc. Tomasi fut l'objet d'attaques virulentes de la part de l'avant-garde musicale des années 1950, qui ne goûtait guère son lyrisme et un style jugé néoclassique.

À la fin des années 1960, sa santé se dégrade rapidement. Il ne peut terminer son harmonisation des Chants corses a cappella (12 sur les 18 prévus), sa dernière œuvre, comme un ultime salut à son île d'origine. Un projet d'opéra sur Hamlet n'a pas vu le jour mais a inspiré Être ou ne pas être, une courte pièce pour cuivres. Bien que décédé à Paris, il fut enterré à Avignon. En 2001, année du centenaire de sa naissance, ses cendres ont été transférées au cimetière de Penta-di-Casinca, lieu de ses origines.

Toute sa vie Henri Tomasi aura refusé la Légion d'honneur, fidèle à sa déclaration : « Je ne l'accepterai pas tant qu'il n'y aura pas de Conservatoire en Corse ». En 2008, la Région Corse, exauçant sa volonté, a nommé « Henri Tomasi » le Conservatoire de Musique et de Danse de l'Ile de Beauté.

Son œuvre — plus de 100 opus — est puissant, indépendant, et considérable aussi bien dans le domaine symphonique que dans le domaine théâtral et lyrique. Du mysticisme à son engagement de citoyen du monde, son œuvre offre les aspects les plus contrastés. Ses origines méditerranéennes caractérisent son esthétique : « La Méditerranée et sa lumière, ses couleurs, c’est cela pour moi la joie parfaite. La musique qui ne vient pas du cœur n’est pas de la musique. Je suis resté un mélodiste ».

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

  • Ballets
    • Vocero (1951)
    • Noces de cendres (1954)
    • Dassine, Sultane du Hoggar (1959)
    • L'Eloge de la folie (1968)
  • Concertos
    • Cyrnos, poème symphonique pour piano et orchestre (1929)
    • Ballade pour saxophone alto et orchestre (1938)
    • Concerto pour trompette et orchestre (1948)
    • Concerto pour saxophone alto et orchestre (1949)
    • Concerto pour alto et orchestre (1950)
    • Concerto pour clarinette et cordes (1955)
    • Concerto pour trombone et orchestre (1957)
    • Concerto pour Basson et orchestre (1958)
    • Concerto pour violon et orchestre (1962)
    • Concerto de Printemps pour flûte et orchestre (1966)
    • Concerto pour guitare « à la mémoire d'un poète assassiné, F.G. Lorca » (1966)
    • Highlands'ballad, pour harpe et orchestre (1966)
    • Concerto pour violoncelle et orchestre (1969)
  • Musique de chambre
    • Variations sur un thème corse (1925)
    • Trio à cordes (1938)
    • Divertimento corsica (1951)
    • Cinq danses profanes et sacrées, pour quintette à vent (1959)
    • Être ou ne pas être, pour cuivres (1962)
    • Printemps, pour sextuor à vent (1964)
    • Invocations et danses rituelles (1969)
  • Voix solistes et piano ou orchestre
    • Chants corses (1932)
    • Cantu di Cirnu (1933)
    • Cinq chants laotiens (1933)
    • Chants de Geishas (1935)
    • Noa-Noa (1957)
    • La Chèvre de Monsieur Seguin (1963)
    • La mort du petit Dauphin (1964)
    • Le Sous-préfet aux champs (1964)
  • Musique vocale avec orchestre
    • Requiem pour la paix (1946)
    • Douze Noëls de Saboly (1961)
    • Retour à Tipasa (1985, création posthume)
  • Chœur a cappella
    • Douze chants de l'Ile de Corse (1961)

Postérité[modifier | modifier le code]

Outre le Conservatoire de musique et de danse de Corse, de nombreux sites ou institutions portent le nom d'Henri Tomasi : une rue de Bastia, une salle du conservatoire de Marseille, la Biennale et le Concours international de quintette à vent Henri Tomasi[2], etc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le Requiem perdu d'Henri Tomasi, de Jacques Sapiéga (2001), documentaire sur l'enregistrement du Requiem pour la Paix par Michel Piquemal, avec l'Orchestre Philharmonique de Marseille, le Chœur Régional PACA et le Chœur Départemental des Alpes Maritimes. Avec documents d'archives sur Henri Tomasi et Odette Camp.
  • Henri Tomasi, un idéal universel de Paul Rognoni (2005), documentaire retraçant la double carrière du compositeur et du chef d'orchestre. Avec les participations de Maurice André, Serge Baudo, Olivier Cangelosi, Michèle Canniccioni, Frédéric Ducros, Henri Dutilleux, Dévy Erlih, A. Leroy, Emmanuelle Mariini, S. Moubarak, C. Peilho, Éric Tanguy, Claude Tomasi et José Van Dam.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le deuxième prénom d'Henri Tomasi est bien Frédien, ainsi qu'en atteste son acte de naissance visible sur le site des Archives départementales des Bouches-du-Rhône. Il en donne lui-même l'origine dans ce courrier. On notera sur ce même document qu'il affirme être né le 15 août 1901.
  2. Le Concours international de quintette à vent sur le site de l'IFIV
  3. Michel Solis est le pseudonyme de Claude Tomasi, fils d'Henri