Walter Benjamin

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Walter Benjamin

Philosophe occidental

Époque contemporaine

Description de cette image, également commentée ci-après

Walter Benjamin, 1928

Naissance 15 juillet 1892
Berlin (Allemagne)
Décès 26 septembre 1940 (à 48 ans)
Portbou (Espagne)
École/tradition marxisme
Principaux intérêts art, littérature, cinéma, poésie, psychotropes, histoire, philosophie politique
Idées remarquables aura
Œuvres principales Thèses sur le concept d'histoire, L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, L'origine du drame baroque allemand
Influencé par Hegel, Marx, Baudelaire, Valéry, Scholem, kabbale
A influencé Arendt, Adorno, Žižek
Adjectifs dérivés benjaminien

Walter Bendix Schönflies Benjamin (15 juillet 1892 à Berlin- 26 septembre 1940 à Portbou) est un philosophe, historien de l'art, critique littéraire, critique d'art et traducteur (notamment de Balzac, Baudelaire et Proust) allemand de la première moitié du XXe siècle, rattaché à l'école de Francfort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Walter Benjamin naît à Berlin-Charlottenburg de parents juifs, Émile Benjamin (1856-1929) et Pauline (née Schoenflies). Son père était banquier, puis antiquaire et marchand d'art. Il passe son enfance dans cette ville et la relate plus tard dans Enfance berlinoise au XIXe siècle. Pour des raisons de santé, il effectue de 1904 à 1907 un séjour à la campagne. De 1905 à 1907, il fréquente la Hermnan-Lietz-Schule à Haubinda, en Thuringe, où il subit l'influence de Gustav Wyneken, inspirateur du mouvement républicain « Freie Studentenschaft ». Celui-ci l'incite à s'engager dans les Jugendbewegungen. (= mouvements de jeunesse) Après le baccalauréat, en 1912, Walter Benjamin commença des études de philosophie, de germanistique ainsi que d'histoire de l'art à L'Université « Albert-Ludwigs » à Fribourg-en-Brisgau.

« Penseur privé », il n'a pas exercé dans le cadre de l'université, même s'il a toutefois essayé sans succès d'intégrer celle-ci pour des raisons financières. Il n'a quasiment rien publié de son vivant, ses revenus consistant essentiellement en une rente paternelle. Il a été proche de Theodor Adorno ainsi que de Gershom Scholem avec qui il entretient une longue correspondance.

En 1910, il écrit des essais dans Der Anfang, la publication de ce mouvement, sous le pseudonyme « Ardor ». En 1912, il voyage en Italie. En 1914, il devient président des « Freien Studentenschaften » puis, en raison de désaccords, se retire des activités du groupe, y compris de la revue Der Anfang. Le suicide d'un couple d'amis le marque profondément. Il se fiance et commence la traduction des Tableaux parisiens de Charles Baudelaire. En 1915, Gustav Wyneken publie un texte encourageant la jeunesse allemande à servir sa patrie. Walter Benjamin lui écrit pour lui signifier son désaccord et rompt définitivement avec lui. Il rencontre Werner Kraft. En 1916 il rompt ses fiançailles pour vivre avec Dora Pollack (née Kellner), épouse de Max Pollack, qu'elle quitte.

En 1917, il reçoit un ordre de mobilisation, mais parvient à se procurer un certificat médical qui retarde son incorporation. Il se marie avec Dora Pollack, et passe quelque temps avec elle en sanatorium à Dachau[1], puis en Suisse. Il est inscrit à l'université de Berne. Il commence une thèse sur la critique d'art à l'époque romantique. En 1918, il a un fils, Stephan. Il achève la rédaction de sa thèse, soutenue à l'université de Berne. Il poursuit alors ses traductions de Baudelaire.

En 1919, il rencontre Ernst Bloch. En 1920 il déménage pour des raisons financières à Berlin avec sa femme et son fils. En 1921, il se sépare de son épouse, et vit à Heidelberg et Berlin. En 1922, à Heidelberg, il s'efforce d'obtenir une habilitation lui permettant d'enseigner à l'université. En 1923, il échoue de nouveau dans sa tentative d'être habilité à l'université, et rencontre Adorno. Son père a de gros problèmes financiers qui compromettent l'aide qu'il lui fournit.

Walter Benjamin suit de près la politique allemande ; il note à cet égard que « l’orientation de l’Action française lui semble finalement la seule qui permette sans s’abêtir, de scruter les détails de la politique allemande[2]. »

En 1924, il effectue en même temps qu'Ernst Bloch un séjour à Capri. Il fait la connaissance de Asja Lascis, communiste lettone qui l'initie au marxisme. En 1925, il renonce à son habilitation.

En 1926, il séjourne en France, à Paris et dans le Var, ainsi qu'à Monaco. Il traduit Proust. À la mort de son père, il fait un passage à Berlin, revient en France, puis part pour Moscou. En 1927, il revient à Paris et termine la traduction d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs.

Plaque commémorative au 10 rue Dombasle, Paris 15e, où Walter Benjamin vécut de 1938 à 1940.

En 1933, il émigre à Paris[3], et essaie de quitter l'Europe pour les États-Unis en 1940.

Mort tragique[modifier | modifier le code]

La tombe de Walter Benjamin à Portbou.

En juin 1940, il est enfermé au camp de Vernuche près de Nevers, puis libéré grâce à ses amis intellectuels[4]. Un jour avant l'entrée de l'armée allemande dans Paris, Benjamin quitte la capitale et se rend à Lourdes. De là, il part à Marseille et finalement arrive à Port-Vendres le 25 septembre 1940 avec l'intention de fuir en Espagne[5].

Arrivé dans la petite commune des Pyrénées-Orientales, il se fait connaître auprès de Hans et Lisa Fittko, deux antinazis allemands qui peuvent lui faire franchir la frontière clandestinement. Malgré son âge (Walter Benjamin a quarante-huit ans) et ses problèmes de santé, le philosophe et deux autres candidats à l'exil, Henny Gurland et son fils José, conduits par Lisa, parviennent au bout d'une dizaine d'heures à Portbou. Il y écrit sa toute dernière lettre en français le 25 septembre 1940 : « Dans une situation sans issue, je n'ai d'autre choix que d'en finir. C'est dans un petit village dans les Pyrénées où personne ne me connaît que ma vie va s'achever »[6]. Le 26 septembre 1940, Walter Benjamin se suicide en absorbant une dose mortelle de morphine.

D'après Lisa Fittko, les autorités espagnoles ont avisé les trois fuyards qu'une nouvelle directive du gouvernement espagnol préconisait la reconduite des réfugiés en France. Benjamin n'aurait pas supporté la nouvelle — en fait la nouvelle réglementation ne sera jamais appliquée… et était sans doute déjà annulée quand il se donna la mort[7].

Les papiers contenus dans la serviette en cuir de Benjamin qui contenait, disait-il, un manuscrit « plus important que sa vie », n'ont pas été retrouvés même s'ils ont été répertoriés comme liasse de manuscrit dans la main courante de la police de Portbou[8]. Le philosophe a aussi écrit une lettre d'adieu à Theodor W. Adorno, dictée à sa compagne de fuite Henny Gurland.

Bien que sa dépouille n'ait jamais été retrouvée, un monument funéraire lui est dédié au cimetière de Portbou[9]. Une œuvre commémorative du sculpteur israélien Dani Karavan intitulée Passages a été érigée en hommage au philosophe dans le petit port catalan. Sa mort est évoquée dans l'opéra Shadowtime (musique de Brian Ferneyhough, livret de Charles Bernstein).

D'autres hypothèses ont été émises au sujet de sa mort :

  • « Qui a tué Walter Benjamin... », film documentaire de David Mauas sur les circonstances de l'évènement à Port Bou, présente une réflexion sur l’histoire et son discours[10]. Ainsi, le film propose une construction « benjaminienne » autour de la propre mort de l’écrivain tout en énonçant dans sa narration les problèmes dérivés du discours historique et de sa construction. Si le film met en cause la théorie du suicide et la documentation existante, il reflète également une situation de frontière en donnant la parole aux « anonymes » de l’histoire, s’inspirant de la maxime connue de Benjamin[11].
  • Selon Stephen Schwartz, il aurait été assassiné par des agents du NKVD, le service secret de l'URSS[12].

Le concept de l'aura[modifier | modifier le code]

Walter Benjamin introduit le terme d’aura en 1931 dans son essai Petite histoire de la photographie (suivi en 1936 de L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique), pour caractériser la spécificité de l’œuvre d'art qui est unique, liée à un endroit précis et qui s’inscrit dans l’histoire. Il définit l’aura comme « l'unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité » (einmalige Erscheinung einer Ferne, so nah sie auch sein mag). Pour illustrer son propos, il donne l’exemple d’un observateur admirant une chaîne de montagnes un jour d’été. Le sentiment qu’il ressent à un moment précis ne pourra pas être reproduit parce qu’il est impossible de reproduire cet instant. L'inaccessibilité de l’œuvre d’art s’explique pour lui de ses origines dans des rites magiques et plus tard religieux. Les dernières traces de ses origines rituelles sont visibles dans le mouvement de l’art pour l’art.

La reproductibilité technique a pour conséquence la perte de l’aura, parce que la copie acquiert une autonomie vis-à-vis de l’original par le fait que l’œuvre est placée dans de nouveaux contextes, qu’il devient possible de changer de point de vue, d'opérer des grossissements. En plus la copie va vers l’observateur, devient accessible dans des situations nouvelles et est sortie de tout contexte historique et spatial. Ainsi l’œuvre devient un objet commercial.

Ses écrits sont utilisés aujourd'hui par ceux qui étudient la culture populaire. En effet, contrairement à Adorno, Benjamin attribue un rôle positif à des aspects de la culture de masse, et ne la réduit pas comme Adorno à un pur produit de fausse conscience.

Le concept du temps[modifier | modifier le code]

Le point le plus radical des notes « Sur le concept d’histoire » de Walter Benjamin est sans doute la critique du concept de temps comme continu et linéaire, concept aujourd’hui dominant. Car la théologie connaît la possibilité et la nécessité d'interrompre le continuum temporel. La différence entre la théologie et ce que Benjamin saisit en elle consiste en ce qu’il voit la possibilité d'une fracture à l'intérieur de notre monde en immanence. L’ « à-présent » [Jetztzeit] n'est pas le Jugement dernier et il ne faut pas attendre la mort pour s'approcher de la nouvelle conception du temps. L'expérience et la pratique de nombreuses générations dans leurs actes de remémoration vivante et dans les traditions attestent, en quelque façon, ce concept d’à-présent[13].

Postérité[modifier | modifier le code]

Hannah Arendt en a rédigé une biographie critique, parue dans The Newyorker en 1968[14], puis en préface des Illuminations la même année. Gershom Scholem a également beaucoup contribué au leg benjaminien. Jacques Derrida a commenté une partie de son œuvre, par exemple dans Force de loi.

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

  • L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique
  • Sens unique, précédé d’une enfance berlinoise
  • Paris, capitale du XIXe siècle
  • Le Livre des passages (fragments)
  • Charles Baudelaire ; réédition La Fabrique, 2013, édition établie par Giorgio Agamben, Barbara Chitussi et Clemens-Carl Härle
  • Origine du drame baroque allemand
  • Le Conteur. Réflexion sur l’œuvre de Nicolas Leskov (parfois traduit par Le Narrateur)
  • Journal de Moscou
  • Allemands
  • Illuminations
  • Réflections
  • Enfance berlinoise
  • Petite histoire de la photographie (1931)[15]
  • Le Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand
  • Eduard Fuchs, le collectionneur et historien
  • Essais sur Brecht
  • Thèses sur le concept d’histoire

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes et Essais[modifier | modifier le code]

  • Sens unique, traduit et préfacé par Frédéric Joly, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2013 (ISBN 9782228908382).
  • Allemands, traduit par Georges-Arthur Goldschmidt, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2012.
  • L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, nouvelle trad. Lionel Duvoy de la 4° version de l'essai (1936) + trad. inédite des passages non conservés par Benjamin figurant dans la 2° version de l'essai (fin 1935-février 1936), Paris, Allia, 2003 (ISBN 9782844854438).
  • Petite histoire de la photographie, trad. Lionel Duvoy, Paris, Allia, 2012 (ISBN 9782844854445)
  • Critique de la violence, suivi de : Destin et caractère et de : Brèves ombres, trad. Nicole Casanova, préface Antonia Birnbaum, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2012 (ISBN 9782228907415).
  • Expérience et pauvreté, suivi de : Le conteur et de : La tâche du traducteur, trad. Cédric Cohen Skalli, préface Elise Pestre, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2011 (ISBN 9782228906760).
  • Théologie et utopie. correspondance 1933-1940, Walter Benjamin et Gershom Scholem, édition établie par Gershom Scholem, traduit de l'allemand par Pierre Rusch et Didier Renault, suivi de "Histoire d'une correspondance" par Stéphane Mosès, Paris, Editions de l'éclat, 2011.
  • Au microphone : Dr. Walter Benjamin, Walter Benjamin et la création radiophonique, 1929-1933, Philippe Baudouin, Paris, Eds. de la Maison des Sciences de l'Homme, coll. « Philia », 2009. Livre + CD audio - (ISBN 978-2-7351-1265-4)
  • Correspondance (1930-1940) Walter Benjamin et Gretel Adorno, édition établie par Christoph Gödde et Henri Lonitz, traduit de l'allemand par Christoph David, Paris, Le promeneur, 2007.
  • Oeuvres, 3 vol., Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2000. Traduction par Maurice de Gandillac, Rainer Rochlitz et Pierre Rusch.
  • Paris, capitale du XIXe siècle. Le livre des passages, Paris, Ed. du Cerf, 1997. Traduction de l'allemand par Jean Lacoste. (ISSN 0298-9972)
  • Correspondance Gershom Scholem, Theodor W. Adorno, Paris, Aubier Montaigne, 1992, (ISBN 2-7007-0158-5)
  • Lettres françaises, intégralité des lettres écrites en français, préface de Christophe David, éd. NOUS, 2013 (ISBN 978-2-913549-69-2)
  • Sur Proust, traduit par Robert Kahn, éd. NOUS, 2010 (ISBN 978-2-913549-52-4)
  • Récits d'Ibiza et autres écrits, textes de la période d'Ibiza 1932-33, traduction et préface de Pierre Bayart, éd. Riveneuve, 2011 {ISBN 978-2-36013-067-2}
  • Baudelaire, édition établie par Giorgio Agamben, Barbara Chitussi et Clemnes-Carl Härle, traduit par Patrick Charbonneau, Paris, La fabrique, 2013.

Littérature secondaire[modifier | modifier le code]

  • Theodor W. Adorno, Sur Walter Benjamin, Gallimard (Folio Essais), 2001.
  • Hannah Arendt, Walter Benjamin : 1892-1940, Allia, 2007.
  • Daniel Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique : A la gauche du possible, Paris, Les Prairies Ordinaires, 2010. Postface par Enzo Traverso.
  • Antoine Berman, L'âge de la traduction. "La tâche du traducteur" de Walter Benjamin, un commentaire, Presses universitaires de Vincennes, 2008.
  • Stefan Gandler « Pourquoi l’ange de l’histoire regarde-t-il vers l’arrière? ». En: Les Temps Modernes, Paris, année 58, num. 624, mai-julliet 2003, p. 54-74. Traduction par Marc Sagnol. ISSN 0040-3075.
  • Marc Goldschmit, "L’écriture du messianique. La philosophie secrète de Walter Benjamin", éd. Hermann, coll. Le bel aujourd’hui, 26 novembre 2010.
  • Eric Jacobson, Metaphysics of the Profane: The Political Theology of Walter Benjamin and Gershom Scholem, New-York, Columbia University Press, 2003.
  • Arno Münster, Progrès et catastrophe. Walter Benjamin et l'histoire. Réflexions sur l'itinéraire philosophique d'un marxisme "mélancolique", Paris, Kimé, 1996.
  • Jean-Michel Palmier, Walter Benjamin. Le chiffonnier, l'ange et le petit bossu. Esthétique et politique chez Walter Benjamin, Paris, Klincksieck, 2006.
  • Gérard Raulet, Le caractère destructeur. Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin, Paris, Aubier, 1997.
  • Tilla Rudel, Walter Benjamin. L’Ange assassiné, Paris, Menges, 2006
  • Bruno Tackels, Walter Benjamin : une vie dans les textes, Arles, Actes Sud, 2009. - 840 p. - (ISBN 978-2-7427-8224-6)
  • Patricia Lavelle (Dir.), Cahier de L'Herne Walter Benjamin, Paris, L'Herne, à paraître en 2013.


Filmographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Sur la mort de Walter Benjamin, voir « Portbou, Terminus », Libération, mardi 8 août 2006
  • Gershom Scholem, Walter Benjamin, Histoire d'une amitié, Calmann-Lévy, 1981

Sources audio[modifier | modifier le code]

  • Série de 4 émissions de radio sur W. Benjamin (Les nouveaux chemin de la connaissance) réalisées par Philippe Baudoin et diffusées du 10 au 13 octobre 2011 sur France Culture

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Willem van Reijen et Herman van Doorn, Aufenthalte und Passagen: Leben und Werk Walter Benjamins: Eine Chronik, Suhrkamp, 2001
  2. Walter Benjamin, Correspondance avec Theodor W. Adorno, t. I, 1910-1928, Aubier Montaigne, 1979, p. 320.
  3. Walter Benjamin, un génie de la littérature exilé dans le XVème arrondissement. Résumé d'un article de Jacques Couvreur in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – N° 24".
  4. Christian Manso, Pyrénées 1940, ultime frontière : pour Carl Einstein, Walter Benjamin, Wilhelm Friedmann, Éditions L'Harmattan, 2006, p. 140.
  5. En Espagne, malgré le régime ultra-conservateur et répressif, personne ne rejette ceux qui fuient la Gestapo et le régime de Vichy. De nombreux intellectuels se réfugient ainsi aux États-Unis en passant par l'Espagne : Hannah Arendt, Heinrich Mann, Franz Werfel, Alma Mahler, Marc Chagall, André Breton, Max Ernst, Jacques Lispchitz, Wilfredo Lam, Victor Brauner, André Masson, Victor Serge et bien d'autres.
  6. La Quinzaine littéraire, La hotte bien remplie de Walter Benjamin, numéro 1048, page 20
  7. Par la suite, aucun réfugié n'a de nouveau à craindre d'être remis à la police française ou à la Gestapo. La route empruntée par Walter Benjamin, dite « route Lister », sera empruntée par des centaines d'autres réfugiés guidés par le couple Fittko — un legs posthume en quelque sorte du philosophe à ses camarades en fuite.
  8. Il semble pourtant que ces manuscrits n'étaient que des copies, dont l'original, les Thèses sur la philosophie de l'histoire, auraient été confiées à l'écrivain Georges Bataille à Paris, qui les aurait déposées pour sa part à la Bibliothèque nationale
  9. On peut lire sur sa tombe l'épitaphe suivante, extrait de son ouvrage Thèses sur la philosophie de l'histoire : « Il n'y a aucun témoignage de la culture qui ne soit également un témoignage de la barbarie ».
  10. Who Killed Walter Benjamin?
  11. Cahiers du Cinéma, Espagne, Avril 2011
  12. Henning Ritter, « The Missing Briefcase », article paru dans le Frankfurt Allegemeine Zeitung le 25 juin 2001.
  13. Voire: Stefan Gandler, “Pourquoi l’ange de l’histoire regarde-t-il vers l’arrière?” Trad. Marc Sagnol. En: Les Temps Modernes, Paris, année 58, num. 624, may-julliet 2003, pp. 54-74. ISSN 0040-3075.
  14. The Newyorker
  15. http://etudesphotographiques.revues.org/index99.html
  16. « Le Passant : Walter Benjamin », sur film-documentaire.fr (consulté en 10 février 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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