Diptyque

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Diptyque de Stilicon, vers 395.

Un diptyque (du grec ancien δίπτυχος / díptykhos, deux-pans) est une œuvre de peinture ou de sculpture composée de deux panneaux, fixes ou mobiles, se regardant et dont les sujets se regardent et se complètent l'un l'autre.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine les diptyques codicillaires étaient des tablettes où étaient gravés les décrets impériaux. Durant tout l'Empire, les diptyques impériaux, consulaires ou ceux des hauts fonctionnaires impériaux étaient offerts, pour des événements que l'on voulait célébrer tel que le nouvel an.

Usage religieux[modifier | modifier le code]

L'usage liturgique des diptyques dans l'Église chrétienne est signalé très tôt[1]. Le concile de Chalcédoine (451) consacra cet usage. À l'origine le diacre (chargé du temporel de l'évêché) lisait à haute voix pendant l'office les noms des bienfaiteurs de l'Église inscrits sur un diptyque pour qu'on priât pour eux. Il y eut aussi très tôt des diptyques où étaient consignées la liste des évêques qui s'étaient succédé sur le siège, et celle des baptisés du lieu (saint Cyrille de Jérusalem en parle vers 350). On inscrivit bientôt sur les diptyques de chaque Église locale les noms des papes, patriarches, évêques, ainsi que ceux des empereurs ou rois (bienfaiteurs de l'Église), liste qui était lue à haute voix pendant la messe pour inciter les fidèles à prier pour ces personnages. En 491, l'empereur Zénon, mort ivre, fut « rayé des diptyques » dans les Églises d'Orient ; en 518, ce fut aussi le cas de son successeur Anastase, qui serait mort foudroyé à cause de son hérésie. Venance Fortunat atteste que cette coutume des diptyques s'était introduite dans les Églises de Gaule dans la deuxième moitié du VIe siècle : on y inscrivait même les noms des patriarches et prophètes de la Bible à côté de ceux des souverains régnants[2]. Par la suite, l'expression « rayer des diptyques » fut souvent employée dans les cas de schismes entre Églises : par exemple, les papes furent à plusieurs reprises « rayés des diptyques » de l'Église de Constantinople.

Des diptyques anciens ont été conservés dans les trésors de nombreuses cathédrales (Bourges, Limoges, Dijon, Liège…). Il s'agit parfois de diptyques reçus par des évêques comme cadeaux d'étrennes, selon la coutume romaine, avec une phrase élogieuse inscrite à l'intérieur, laquelle aura été effacée et remplacée par des listes liturgiques. Plus tard, ces listes furent consignées sur des parchemins auxquels les diptyques servaient seulement de support.

Dans les arts plastiques[modifier | modifier le code]

Le diptyque est un ensemble composé de deux unités distinctes qui entretiennent une correspondance.

Parmi les diptyques antiques célèbres en sculpture, on peut citer celui de Monza représentant Stilicon, sa femme et un de ses enfants.

Parmi les diptyques de la Renaissance italienne, les deux volets recto et verso du tableau de Piero della Francesca appelé Le Triomphe de la Chasteté.

Dans les arts contemporains : Rouge géranium par Duco et Ripolin (1974) premier diptyque de la série de Bertrand Lavier, qui met en scène deux monochromes en « rouge géranium » de deux marques, distincts « malgré » leurs noms.

Dans le cinéma[modifier | modifier le code]

De plus en plus employée dans le domaine cinématographique, l'expression désigne un ensemble de deux films complémentaires qui ne se font pas toutefois pas suite (ex. : Mémoires de nos pères / Lettres d'Iwo Jima) ou une œuvre complète originellement scindée en deux parties (ex. : Kill Bill volumes 1 et 2). Par abus de langage, le terme diptyque est souvent utilisé pour désigner toutes les séries de deux films, sans distinction.

Dans la musique[modifier | modifier le code]

On parle de diptyque pour une œuvre en deux parties. Ces deux parties, quoique séparées, sont indissociables du fait de leur lien musical. On peut citer, par exemple, le prélude et fugue ou la toccata et fugue.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Liturgie de saint Marc, liturgie de saint Jean Chrysostome, lettre de saint Augustin contre les donatistes datée d'août 412.
  2. Nomina vestra legat patriarchis atque prophetis/ Cui hodie in templo diptychus edit ebur. (Carm., 10, 7, 35-36).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Diptyque, Lexique d'Histoire et de civilisations romaines, Jean Luc Lamboley, (ISBN 279855475[à vérifier : ISBN invalide])