Siège de Marseille

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Le siège de Marseille, organisé par Jules César, et conduit par Gaius Trebonius et par Decimus Junius Brutus, dura du printemps au 25 octobre de 49 av. J.-C., et se conclut avec la défaite des Marseillais contre les forces de César.

Le siège s’insère dans la Guerre civile romaine qui opposa les factions des populares, commandées par César, à celle des optimates, dirigées par Pompée.

Le siège césarien est connu essentiellement par le récit partial de César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules alors que les traces archéologiques de cet épisode sont minces et non attestées (tombe dans le quartier de Sainte Barbe, boulets en pierre découverts dans des niveaux légèrement postérieurs au siège)[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Au cours de la guerre civile, les factions cherchaient l’appui de Marseille, une des plus importantes cités de la Méditerranée occidentale, qui jouissait encore de larges formes d’autonomie.

César, désirant à couvrir ses arrières, décida de porter bataille à ses adversaires en Hispanie citérieure (Espagne) ; ne disposant pas de flotte, il décide de les rejoindre par la terre et d’obtenir au passage l’appui de l’importante cité maritime.

Arrivé dans le voisinage de la cité, César engagea des négociations avec les notables de la cité pour obtenir une alliance. Il ne réussit pas, parce qu’entretemps était arrivé dans la cité, via la mer, Lucius Domitius Ahenobarbus, notable de la faction adverse, qui réussit à lier la cité de Marseille à sa cause. Selon Velleius Paterculus, Marseille voulut se poser en arbitre[2].

En conséquence, César décida de mettre le siège de Marseille, et organisa le blocus terrestre et naval :

« César, se sentant profondément outragé, conduisit sous Marseille trois légions ; il ordonne la construction de tours et abris pour l’assaut de la cité et de 12 navires de guerre à Arles. Après trente jours quand ces navires furent terminés, armés et amenés à Marseille, il en donna le commandement à Decimus Junius Brutus et confia le siège de la cité au légat Gaius Trebonius[3]. »

César reprit la route pour l’Espagne le 3 juin.

Le siège[modifier | modifier le code]

Le siège est conduit par les « césariens », sur le front terrestre, avec grande utilisation de machines de guerre, auxquelles les Marseillais répondent en tentant de diminuer la pression sur la cité par des sorties en camp ouvert. Mais le siège se serait résolu seulement sur mer, où les assiégés, produisent leurs meilleures forces.

Par deux fois les Marseillais tentent de forcer le siège naval et, malgré leur supériorité technique et numérique, par deux fois leurs tentatives échouent. La première tentative, le 27 juin, donna origine à la bataille de Marseille (49 av.J-C) alors que la seconde, le 31 juillet, donna origine à la bataille de Tauroento, où les Marseillais sont rejoints par les navires pompéiens, conduits par Lucio Nasidio.

Le siège de César se prolonge.

« Les Marseillais, épuisés par toutes sortes de maux, réduits à l’extrême famine, battus deux fois sur mer, déroutés dans plusieurs sorties, ... décidèrent de se rendre, cette fois loyalement. Mais quelques jours avant Lucius Domitius Ahenobarbus, connaissant les intentions des Marseillais, se procura trois navires, parmi lesquels deux appartenant à des amis intimes, s’était embarqué lui-même sur le troisième et, profitant d’une violente tempête était parti. Les poursuivirent les navires qui, par ordre de Brutus, montaient quotidiennement la garde au port : levèrent l’ancre et les prirent en chasse. Mais des bateaux poursuivis, un, justement celui de Domitius, accéléra, persista dans la fuite et, à la faveur de la tempête, disparu à l’horizon ; les deux autres, terrifiés par les attaques convergentes de nos navires, retournèrent au port. Les Marseillais, exécutant les ordres, portent hors de la place-forte armes et machines de guerre, font sortir du port et des chantiers les navires, consignant l’argent du trésor public[4]. »

Lucius Domitius en fuite et avec lui l’espérance de renfort des pompéiens, ayant rejoint les limites de sa propre résistance, après presque 6 mois de siège, la cité se rend aux soldats de César.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. François Salviat, Maurice Euzennat, « Les fouilles de Marseille », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 112, no 2,‎ 1968, p. 144-159
  2. Velleius Paterculus, Histoire romaine, Livre 2, 50
  3. Jules César - Guerres Civiles I, 34-36
  4. Jules César, Guerres Civiles, II, 22

Liens internes[modifier | modifier le code]