Évêque

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Un évêque au Moyen Âge, dalle représentant l'évêque de Laon

Un évêque est celui qui a autorité apostolique sur une Église chrétienne particulière. Les évêques assument à ce titre la succession des apôtres qui les ont établis à la tête d'une communauté chrétienne d'un territoire défini. Dans le langage juridique du droit canonique il est appelé ordinaire local [1] Chaque évêque d'aujourd'hui a été ordonné par un ou plusieurs évêques issus d'une chaîne d'ordonnateurs qui, théoriquement, remonte dans le temps jusqu'à un des apôtres du Christ. C'est ce qu'on appelle la succession apostolique.

La fonction épiscopale existe dans l'Église orthodoxe, l'Église catholique, les Églises orthodoxes orientales, dans l'Église anglicane, elle est également connue dans certaines dénominations protestantes (luthériennes notamment).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « évêque » provient du mot gallo-roman *EPISCU[2], forme raccourcie du mot latin episcopus, lui-même adapté du grec Eπίσκοπος / episkopos qui veut dire « surveillant », c'est-à-dire modérateur, tuteur, responsable d'une organisation ou d'une communauté. Le mot est plusieurs fois utilisé dans les lettres de Saint Paul.

Aux premiers siècles[modifier | modifier le code]

Article connexe : Irénée de Lyon.

Avant le christianisme, le terme était utilisé pour désigner toutes sortes d'administrateurs (ce mot est la meilleure traduction) dans les domaines civil, financier, militaire, judiciaire. Dans l'Église luthérienne, on garde le souvenir de cette étymologie en nommant les évêques des « inspecteurs ecclésiastiques ».

La première attestation de la structure hiérarchique de la communauté chrétienne est la Première lettre aux Corinthiens de Clément Ier écrite aux alentours de 95[3].

La plus ancienne organisation de l'Église de Jérusalem ressemble à celle des synagogues juives, mais elle a un conseil ou un collège de prêtres ordonnés, le presbytérium. Le terme de prêtre ne se dinstingue pas encore à cette époque de celui de « surveillant » (en grec Eπίσκοπος / episkopos)[4], le pouvoir au sein de ces premières communautés chrétiennes étant dévolu aux apôtres ou à leurs délégués. Le ministère épiscopal naît dans le courant du IIe siècle qui voit progressivement la figure de l'évêque présider ce presbytérium : les premiers episkopoi sont élus par les membres de l'Eκκλησία / ekklêsia, l'assemblée des fidèles (clergé et peuple de la ville, avec en plus les évêques suburbicaires pour l'élection de l'évêque de Rome), à la manière dont une association élit aujourd'hui ses dirigeants. Le dimanche qui suit, le nouvel évêque élu à vie est consacré comme évêque par l'ensemble des évêques de la province, au moyen de l'imposition des mains, au sein de la synaxe eucharistique. L’évêque n’est alors que le premier entre ses égaux, le primus inter pares, ce n'est qu'à partir de Victor Ier à la fin du IIe siècle que s'affirme la volonté des évêques de Rome d'imposer un magister moral sur les autres évêques. À partir du Ve siècle, le corps électoral se restreint aux grands laïcs et au clergé local. Dans les premiers temps, l'évêque est l'administrateur d'une paroisse, plutôt que d'un 'diocèse'. Le Nouveau Testament n'est alors pas encore complété, les évêques sont les héritiers d'une tradition orale : l'autorité d'un évêque ne découle pas de la Bible, mais de sa connexion aussi ténue soit-elle aux apôtres. Les évêques des métropoles se posent comme plus importants que ceux de villes plus petites, se réclamant aussi de liens plus directs avec les apôtres. L'évêque est alors comme aujourd'hui le premier des ministres d'une église locale et, au sein d'un collège d'un ensemble épiscopal, le successeur des apôtres[5].

Ce qu'on appelle la succession apostolique consiste en la consécration d'un nouvel évêque par un, ou plusieurs évêques, eux-mêmes validement consacrés. Le concile de Nicée a précisé qu'il fallait la présence d'au moins trois évêques. Mais en cas de nécessité, la présence d'un seul suffit. Cette règle est appliquée par les catholiques, les orthodoxes et d'une façon générale, par l'Église anglicane quoique les deux précédents dénient à cette dernière la validité de ladite succession, tout comme aux nestoriens.

Dans l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Évêque catholique : Gerhard Müller, évêque de Ratisbonne
Crosseron d'évêque, Italie du XIIIe siècle, musée du Louvre

Rôle de l'évêque[modifier | modifier le code]

Dans la hiérarchie catholique, un évêque est un ecclésiastique qui dirige un diocèse.

Au sein de l'Église locale[modifier | modifier le code]

L'évêque est considéré par l'Église catholique comme successeur des apôtres, et à ce titre, il est Docteur de la foi, chargé de l'enseigner et de la transmettre avec fidélité.

L'Église catholique reconnaît en l'évêque le ministre de Dieu, vicaire de Jésus-Christ. Il exerce ses fonctions spirituelles au sein d'une circonscription appelée diocèse ; dans l'Église orientale on parle d'éparchie. Il réside normalement dans la ville où se trouve sa cathédrale ; cette ville et sa demeure épiscopale sont appelées évêché.

L'évêque est avant tout celui qui préside l'assemblée des fidèles et plus précisément l'eucharistie (mais il peut déléguer à cet effet un prêtre). Dans son Église locale (ou patriarcale, ou même universelle) il est le principe de l'unité visible des fidèles. C'est ainsi que le présente la constitution dogmatique Lumen Gentium

«  Les évêques sont, chacun pour sa part, le principe et le fondement de l’unité dans leurs Églises particulières ; celles-ci sont formées à l’image de l’Église universelle, c’est en elles et par elles qu’existe l’Église catholique une et unique[6]. »

Il est chargé de veiller sur son Église locale, d'assurer la liturgie, l'enseignement de la foi catholique et le service aux plus démunis. Il peut convoquer un synode diocésain pour l'aider à discerner les orientations pastorales pour son diocèse. Il est assisté dans sa tâche par des diacres et des prêtres, ou même des laïcs, dument mandatés. Ses plus proches collaborateurs étaient autrefois les archidiacres ; on les appelle aujourd'hui vicaires épiscopaux et vicaires généraux. L'évêque est également assisté de conseils presbytéraux parmi lesquels se trouve le chapitre cathédral.

Les sacrements que seuls les évêques peuvent administrer sont :

  • la confirmation (déléguée aux prêtres diocésains, mais l'onction est effectuée avec l'huile chrismale bénie par l'évêque)
  • le sacrement de l'ordre : ordination diaconale et presbytérale, consécration épiscopale

Rôle de l'évêque comme membre du collège épiscopal[modifier | modifier le code]

Théologie de l'épiscopat dans le catholicisme[modifier | modifier le code]

Dans la théologie de l'épiscopat on peut distinguer trois éléments constitutifs, de droit divin, de la fonction épiscopale, et tous les trois également d'origine apostolique  :

  • la titulature attribuée par l'élection, ou la désignation canonique, qui investit du droit au siège ;
  • le pouvoir d'ordre, conféré par l'imposition des mains, ou ordination épiscopale, qui alloue les pouvoirs sacramentels ;
  • la juridiction[7], assumée au moment de la prise de possession du siège, ou investiture, qui confère l'autorité spirituelle et administrative immédiate sur une portion donnée du peuple de Dieu, l'Église particulière : diocèse, ou éparchie, ou patriarcat, ou même l'ensemble de l'Église universelle (dans le cas précis du pontife romain).

Ces trois éléments, normalement unis et coordonnés l'un à l'autre, peuvent être accidentellement disjoints. La titulature et la juridiction peuvent varier, en cas de démission, ou de mutation de siège, par exemple. Le pouvoir d'ordre est donné pour toujours : sacerdos in aeternum.

La titulature et la juridiction sont distinctes pour chaque évêque ; ce sont elles qui constituent la hiérarchie ecclésiastique. Le pouvoir d'ordre, quant à lui, est unique et identique pour tous les évêques. Il fonde ce qu'on appelle la collégialité épiscopale. Tous trois, titulature, pouvoir d'ordre et juridiction, sont une participation au sacerdoce du Christ, unique vrai prêtre et pasteur.

Attributs de l'évêque[modifier | modifier le code]

Exemple d'Anneau pastoral portant le chrisme
Éléments communs des armoiries des évêques

L'évêque dans l'église catholique se reconnait à différents attributs :

  • Il porte une croix pectorale et un "anneau pastoral" (anneau épiscopal) ;
  • Son costume ecclésiastique (ou livrée) est violet ;
  • Il porte une mitre lors des cérémonies liturgiques ;
  • Il dispose d'une crosse symbole de sa fonction de pasteur ;
  • Il se choisit une devise épiscopale ;
  • Il a des armoiries composées d'un écu propre à chaque évêque entouré d'ornements extérieurs communs à tous les évêques: un « chapeau » dont la couleur dépend du grade du clerc rouge pour les cardinaux, violet pour les évêques et archevêques, vert pour les évêques assistants au trône pontifical et noir pour les chanoines sous l'Ancien Régime « accompagné d'une cordelière dont le nombre de houppes et la couleur varient de même en fonction du grade du clerc six , dix ou quinze. L'écu est posé sur une croix de procession à une traverse. »[8].

Nomination et consécration[modifier | modifier le code]

Dans l'Église catholique, les évêques sont nommés par le pape, à partir de listes transmises à Rome par le nonce apostolique, établies par les évêques d'une même province ou même région ecclésiastique. Chaque évêque a le droit de faire des propositions.

Dans le passé, la désignation des évêques a souvent donné lieu à des luttes entre les pouvoirs politiques et l'Église romaine, par exemple la fameuse querelle des Investitures, au XIe siècle, entre les papes et les empereurs romains germaniques.

De nos jours, les évêques sont nommés par le Saint-Siège, cette règle connaissant des exceptions, comme en France pour l'évêque aux armées qui est fonctionnaire, et pour l'archevêque de Strasbourg et l'évêque de Metz, qui sont nommés formellement par le Président de la République française, (cf. Concordat en Alsace-Moselle pour plus de détails) et quelques diocèses de Suisse. D'autre part, dans les Églises orientales catholiques, les évêques des Églises patriarcales et archiépiscopales majeures sont désignés par le synode ou par le patriarche.

En France, même en dehors de l'Alsace-Moselle, en vertu d'un accord diplomatique avec le Saint-Siège, le gouvernement peut intervenir dans la nomination des évêques, en ce qui touche leur profil politique et non spirituel.

La consécration est un sacrement (ordination épiscopale) conféré par au moins trois évêques ; c'est même le degré supérieur du sacrement de l'ordre (on parle de "plénitude du sacerdoce"). Il doit être conféré dans la communion avec l'évêque de Rome (le pape), c'est-à-dire avec au moins son approbation. Si ce n'était pas le cas, l'ordination est considérée comme illicite et les consacrants comme le consacré encourent l'excommunication. De telles consécrations illicites peuvent déboucher sur des schismes. La cérémonie d'installation a lieu à chaque début dans un nouveau lieu[9]'[10].

Révocation et renonciation[modifier | modifier le code]

Un évêque peut être démis de ses fonctions par le Pape : c'est très exceptionnel. Cela a été le cas pour Jacques Gaillot en 1995, Jean-Claude Makaya Loemba, évêque Pointe-Noire (Congo Brazzaville) le 31 mars 2011 [11], de William Morris, évêque de Toowoomba (Australie) le 2 mai 2011[12], ce dernier ayant pris des positions « opposées à la doctrine de l'Église » sur des sujets tranchés de façon définitive, comme l'ordination des femmes (canon 750 § 2 ; cf Ad Tuendam Fidem et sa Note doctrinale)[13]. Cela s'était produit aussi en France sous la pression de Napoléon.

Dans certaines circonstances, un évêque peut ou doit renoncer à son titre. Le canon 401 du code de droit canonique de 1983 prévoit que les évêques doivent présenter leur démission au pape lorsqu'ils atteignent la limite d'âge de 75 ans, pour raison de santé ou « pour toute autre cause grave », sachant que le pape peut refuser ou patienter pour répondre, et prolonger leur office au-delà de cet âge ou de cette demande de renonciation. Lorsque la démission est acceptée, le pape peut les nommer évêque émérite.

À titre d'exemple, on peut citer le cardinal Jean-Marie Lustiger devenu à 78 ans archevêque émérite de Paris dès la nomination d'André Vingt-Trois comme nouvel archevêque de Paris[14].

À la suite d'un désaccord sur la question des abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique, l'archevêque Adam Joseph Maida, lui-même soumis à une demande en ce sens du préfet de la Congrégation pour les évêques du Vatican, Giovanni Battista Re, demanda et obtint en 2006 la démission de Thomas Gumbleton, évêque auxiliaire de Détroit déjà atteint par la limite d'âge[15]. Dans le cadre de l'épuration à la Libération en France, le gouvernement français négocia avec le Saint-Siège qui devaient être les prélats qui devaient démissionner[réf. nécessaire].

Article détaillé : Jean_XXIII#Nonce_en_France.

Dignités particulières[modifier | modifier le code]

Certains évêques sont créés cardinaux, et deviennent alors électeurs du pape dans le cas d'un conclave (s'ils ont moins de 80 ans). Les évêques portent le titre d'archevêque quand ils sont à la tête d'un archidiocèse. Ils sont appelés archevêques métropolitains si le siège est le chef-lieu d'une province ecclésiastique; ils arborent alors le pallium. D'autres évêques sont patriarches : le pape, évêque de Rome, est patriarche d'Occident (en mars 2006, le pape Benoît XVI a décidé de ne plus faire usage de ce titre, mais en demeure titulaire). Certains évêques catholiques disposaient avant le XIXe siècle de pouvoirs temporels importants, tels les Princes-Évêques dans les pays germaniques, ou le pape dans les États pontificaux. Les deux seuls endroits où subsiste un tel fait sont l'État de la Cité du Vatican, dont le pape est souverain, et la Principauté d'Andorre, qui a deux coprinces, dont l'un est un évêque espagnol, l'évêque d'Urgel (l'autre étant le Président de la République française).

Rôles spécifiques[modifier | modifier le code]

Évêque auxiliaire[modifier | modifier le code]

Un évêque auxiliaire est un évêque à part entière. Il aide l'évêque en charge d'un diocèse important. Il n'a pas de juridiction directe sur le diocèse, mais il reçoit l'ordination épiscopale, et il est nommé à un siège titulaire d'évêque.

Un évêque auxiliaire est également vicaire général[16]. Mais il existe un certain nombre de tâches où l'intervention d'un évêque est obligatoire, que ne peut pas faire un vicaire général[17].

Évêque coadjuteur[modifier | modifier le code]

Un évêque coadjuteur est destiné à succéder à un évêque appelé à prendre bientôt sa retraite. Il dispose d'un pouvoir presque équivalent. La nomination d'un coadjuteur permet une transition sans interruption entre deux épiscopats.

Évêque titulaire[modifier | modifier le code]

Cet évêque n'a en fait pas de diocèse propre à gouverner[18], mais il lui est attribué le titre d'un ancien évêché, désormais disparu, pour justifier son élévation au rang d'évêque. Ainsi, bien que sans fidèle, il peut être ordonné. C'est le cas des évêques appelés à des fonctions administratives au sein de la curie romaine ou de la diplomatie vaticane, ou des évêques auxiliaires.

Une dénomination ancienne, obsolète depuis 1882, du siège titulaire, était diocèse in partibus infidelium (« dans les contrées des infidèles » : tels un ancien évêché d'Afrique du Nord comme Hippone, ou des États latins d'Orient, comme Édesse, Tripoli, Amorium, Ilium, etc), c'est-à-dire autrefois chrétiennes. Cependant, des sièges titulaires portent le nom de diocèses disparus dont le territoire était situé dans des diocèses contemporains (Abercorn en Écosse, par exemple).

Un cas particulier est celui de Jacques Gaillot, qui, suite à son refus de démissionner de sa charge d'évêque d'Évreux, a été nommé évêque de Parténia, en Algérie, chaque évêque devant être titulaire d'un siège. Le fait d'être évêque (théorique) d'un lieu mal situé est considéré par certains comme une sanction, d'autant plus qu'il n'a même pas la possibilité d'y résider. Jacques Gaillot a été transféré au siège d'un diocèse effectivement disparu (siège titulaire). Il n'est pas déposé, encore moins excommunié. C'est une sanction, mais adoucie.

Article détaillé : Siège titulaire.

Évêque émérite[modifier | modifier le code]

Le titre d'évêque émérite ou archevêque émérite ou pape émérite peut - et c'est le plus souvent le cas - être attribué par le pape à un évêque qui a démissionné de son office pour raison d'âge ou autre. Voir ci-dessus le paragraphe « Révocation et renonciation ».

Administrateur apostolique[modifier | modifier le code]

Un administrateur apostolique est un évêque chargé de diriger temporairement un diocèse vacant en l'attente de la nomination d'un titulaire. C'est parfois l'évêque émérite qui assure ce rôle, ou bien l'évêque d'un diocèse voisin. Un diocèse sans évêque titulaire peut également être géré provisoirement par un prêtre, on parle dans ce cas-là d'administrateur diocésain.

Bibliographie: Anne Bamberg, "L’administrateur apostolique. Réalités complexes et vocabulaire flottant. Questions autour du droit canonique", in Ius Ecclesiae, 19, 2007, p. 409-429.

Évêque laïc[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, certains membres de la noblesse peuvent acquérir le titre d'évêque sans être ordonnés ni consacrés, par exemple : Guillaume II de Diest, Léopold Guillaume d'Autriche, Léopold V d'Autriche-Tyrol ou Sigismond-François d'Autriche. Ils disposent ainsi des bénéfices des sièges épiscopaux tout en restant laïcs. Des évêchés pouvaient ainsi être tenus en fief, et revenir par héritage à des enfants en bas-âge[19].

Dans l'Église orthodoxe[modifier | modifier le code]

Théologie de l'épiscopat dans l'orthodoxie[modifier | modifier le code]

L'évêque occupe le degré suprême de la hiérarchie ecclésiastique. Il est le successeur des apôtres qui préside à l'eucharistie. Il est l'icône du Christ et le pasteur d'une église particulière dont il porte le nom dans sa titulature. Il est le surveillant et le responsable de la doctrine et de l'enseignement de ses ouailles. Il veille à la communion à l'intérieur de son église et à la communion de son église avec les autres églises orthodoxes. Seuls les hiéromoines (moines prêtres) accèdent à l'épiscopat. Il en découle que les évêques orthodoxes sont astreints non seulement au célibat mais aussi au monachisme, contrairement aux prêtres orthodoxes qui peuvent être mariés s'ils l'étaient déjà avant leur ordination diaconale. L'évêque orthodoxe n'est pas "responsable d'une portion du peuple de Dieu" selon la formule du catholicisme. Il est, par la grâce de son épiscopat et par la sainte eucharistie qu'il préside ou qui est célébrée en son nom, celui qui a le pouvoir sacramentel de transformer en Église le troupeau de fidèles qui se rassemble autour de lui.

Un évêque peut porter différents titres[modifier | modifier le code]

  • Primat, s'il préside une église autocéphale ou autonome.
  • Pape, Patriarche, Catholicos ou Maphrien les plus hauts titres honorifiques de primat.
  • Archevêque, s'il est primat, ou s'il préside une province.
  • Métropolite, s'il occupe un siège à la tête d'une province importante (usage russe) ou s'il occupe n'importe quel siège comme titulaire (usage grec).
  • Cathigoumène, s'il est supérieur d'un monastère.
  • Auxiliaire, s'il assiste un titulaire.
  • Chorévêque, s'il est auxiliaire tout en portant comme titre le nom d'une localité du diocèse (usage chypriote).

Les vêtements de l'évêque orthodoxe[modifier | modifier le code]

Les vêtements de l'évêque célébrant à l'autel :

  • Le sakkos, l'ample tunique impériale garnie de grelots.
  • Sur les icônes cependant, les évêques ne portent pas le sakkos mais la chasuble traditionnelle. Si cette chasuble est ornée de croix foncées sur fond clair, on l'appelle le polystavrio.
  • L'omophore, grande écharpe de laine qui est pliée autour de la tête et retombe devant et derrière. Elle symbolise la brebis perdue que le Christ porte sur ses épaules. Elle est le symbole même de l'épiscopat.
  • La Panaghia, un médaillon pectoral représentant la Mère de Dieu, du Signe.
  • Les évêques honorés d'un titre honorifique portent en plus une croix pectorale et une aigle bicéphale.
  • La crosse épiscopale est un bâton surmonté d'une croisette entourée de deux figures de serpents affrontés qui symbolisent la prudence et la sagesse.
  • La mitre épiscopale est une couronne en dôme.
  • Il est accompagné de deux sous-diacres portant chacun un chandelier, l'un à trois branches, l'autre à deux. Ce sont les symboles de la foi orthodoxe, en la Trinité et dans les deux natures du Christ.

La tenue solennelle de l'évêque présidant au chœur :

  • Il est revêtu de la mandia, traîne violette ornée de bandes rouges et blanches.

Les vêtements de l'évêque en tenue de ville :

  • Il est habillé en moine avec son kalimaphion surmonté d'un voile.
  • Il porte son médaillon pectoral avec éventuellement la croix et l'aigle.
  • Il a un bâton pastoral.

Dans les Églises anglicanes[modifier | modifier le code]

Les Églises anglicanes (certaines sont appelées "épiscopaliennes") ont conservé l'épiscopat, qui fait partie de leur héritage d'avant la décision d'Henri VIII. L'ordination sacramentale à vie par trois évêques, la conservation de la succession apostolique (souvent dite "historique") et les devoirs et responsabilités de l'évêque suivent les grandes lignes de l'épiscopat catholique et orthodoxe. Les évêques sont, soit nommés, soit élus, suivant les us et coutumes de chacune des trente-huit "provinces" (églises nationales) de la Communion anglicane. Les femmes sont considérées comme idoines à l'épiscopat dans trois provinces (Nouvelle-Zélande, Canada, États-Unis), mais seulement 11 des quelque 850 évêques anglicans dans le monde sont des femmes.

À part ce développement récent, considéré comme une pierre d'achoppement, l'Anglican-Roman Catholic International Consultation ou Commission internationale anglicane-catholique romaine a conclu que la théologie et la pratique de l'épiscopat des deux Églises sont identiques.[réf. nécessaire]

Cependant, comme le pape Léon XIII l'a explicitement déclaré dans sa Bulle Apostolicae Curae de 1896, l'Église catholique considère que ces ordinations sont invalides. Cette position théologique est confirmée par le Cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, dans sa note doctrinale qui accompagne le Motu proprio Ad tuendam fidem du 18 mai 1998, et qui confirme (§ 11, vers la fin) que cette vérité fait partie des vérités "du second alinéa" (cf. canon 750 §2), tranchées de façon définitive et devant être tenues par tous. À la suite de la Bulle de 1896, des évêques anglicans se sont fait réordonner par des évêques ordonnés de façon certainement valide mais qui n'étaient pas en communion avec Rome (orthodoxes, etc.).
Enfin, la Constitution apostolique Anglicanorum Coetibus de 2009 prévoit des dispositions pour les anglicans qui voudraient revenir à l'Église catholique. Les prêtres et évêques anglicans pourront être ordonnés ; si un ancien évêque anglican est marié, il pourra être ordonné prêtre catholique, mais il pourra bénéficier de certains privilèges : port des insignes épiscopaux, participation à la Conférence épiscopale avec le rang d'"évêque émérite".

Les vêtements à l'autel sont semblables à ceux des évêques catholiques. Au chœur, pourtant, les évêques anglicans portent des vêtements très particuliers:

  • La soutane violette,
  • Le "rochet", comme une aube mais avec des manches très larges resserrées aux poignets,
  • Le "chimère", une espèce de chape légère, noir ou rouge,
  • "L'écharpe" ou "tippet", comme une étole noire très longue,
  • Croix pectorale, anneau, crosse.

Dans les Églises protestantes[modifier | modifier le code]

Dans le protestantisme (au sens strict, Irvingiens exceptés), seules certaines Églises luthériennes, méthodistes et quelques rares Églises réformées) connaissent un ministère épiscopal personnel, qui est une fonction de l'Église et non un ordre sacramentel.

Ces églises connaissent un épiscopat féminin, comme elles connaissent les ministères féminins. Ces fonctions sont électives, c'est-à-dire démocratiques ; le suffrage des fidèles s'exerçant soit directement au premier degré, soit au second degré. Dans la plupart des confessions protestantes acceptant le ministère épiscopal, la continuité apostolique est généralement entendue comme signifiant la fidélité à l'enseignement apostolique - une succession spirituelle donc, et non historique.

Dans les autres Églises protestantes, au niveau de l'Église locale, le ministère épiscopal est celui des pasteurs (traditionnellement élus), et collégialement des anciens. Le consistoire, ou conseil presbytéral est élu par l'assemblée générale qui élit aussi, dans le système presbytéro-synodal, un certain nombre de délégués au synode. Au niveau d'une union nationale, le ministère d'unité est assuré par les synodes et conseils élus par eux, avec parfois une forte concentration sur la personne de leur président. À défaut, il l'est par la collégialité des pasteurs.

Dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormons)[modifier | modifier le code]

Dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l'Évêque est un homme devant détenir la prêtrise de Melchisédek et avoir été ordonné et mis à part en tant que Grand Prêtre. Il est choisi parmi les membres de la paroisse (instance locale). Il est appelé à cet office par la Présidence de Pieu. (instance régionale). La durée de cet appel est d'environ 5 ans, jusqu'au moment de sa relève par la Présidence de Pieu.

Un évêque 'saint des derniers jours' est marié et mari d'une seule femme (Bible 1 Timothée 3:1-7 [20] ). Il administre à titre bénévole, en parallèle de ses activités professionnelles et familiales, les affaires temporelles et spirituelles de la paroisse. Il ne porte aucune tenue spécifique à sa charge.

Article détaillé : Prêtrise (mormonisme).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Droit canonique, N°134§1-2
  2. site du cnrtl : étymologie du mot évêque
  3. Philippe Levillain, « La grande histoire de la chrétienté », L'Express, no 3103,‎ 22 décembre 2010, p. 99
  4. Actes des Apôtres 20:17
  5. Étienne Nodet, Qui sont les premiers chrétiens de Jérusalem ?, in Aux origines du Christianisme, éd. Gallimard/Le monde de la Bible, 2000, pp. 238-245
  6. Constitution dogmatique sur l'Église Lumen Gentium, numéro 22
  7. Quelques abbés et chapitres ont joui, pendant l'Ancien Régime, d'une juridiction quasi épiscopale. Même aujourd'hui, l'abbé du Mont-Cassin, en Italie, jouit, sans être évêque, d'une juridiction ordinaire sur un petit diocèse.
  8. Fournot Frédéric , docteur en histoire moderne, Université de Bourgogne
  9. Installation, définition par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).
  10. Comprendre le sens des célébrations d'installation de curés. Site du diocèse de Versailles.
  11. Jean-Claude Makaya Loemba, Consulté le 13 février 2013.
  12. Les évêques australiens réagissent après la révocation de Mgr William Morris, Consulté le 13 février 2013.
  13. Un évêque australien démis de sa charge, La Croix
  14. Liste des évêques émérites français, sur le site de la Conférence des évêques de France
  15. Zoe Ryan, « Vatican moved quickly to punish Gumbleton », National Catholic Reporter, 5 novembre 2011 http://ncronline.org/node/27453
  16. Droit canonique de 1983, livre II, deuxième partie, section II, titre I, chapitre II, Can. 406 - § 1, lire en ligne.
  17. Cf. définition site de la conférence des évêques de France
  18. Code de droit canonique; canon 376: « Sont appelés diocésains les Évêques auxquels est confiée la charge d'un diocèse; titulaires, les autres Évêques. »
  19. Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères, Société royale des antiquaires de France, tome deuxième, Paris 1836, p. lxxxii
  20. 1 Timothée 3,Évêques et Diacres, Bible Louis Segond

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • André Lemaire, Les Ministères aux origines de l'Église : Naissance de la triple hiérarchie, évêques, presbytes, diacres, Cerf, 1971
  • André Lemaire, Les Ministères dans l'Église, Le Centurion, 1974

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]