Paléolithique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Paléolithique est la première et la plus longue période de la Préhistoire, contemporaine du Pléistocène, durant laquelle la société humaine est composée exclusivement de chasseurs-cueilleurs.

Le Paléolithique commence avec l’apparition de la première espèce du genre Homo, Homo habilis, il y a environ trois millions d'années. Cette période inclut l'apparition de notre espèce, Homo sapiens, il y a environ 200 000 ans, son expansion et le déclin des autres espèces du genre Homo. Elle s'achève vers - 12 000 ans avec la fin de la période géologique du Pléistocène.

Le Paléolithique est lui-même subdivisé en trois grandes périodes, correspondant à une évolution culturelle et technologique : le Paléolithique inférieur, le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme « Paléolithique » vient du grec παλαιός / palaios (ancien) et Λίθος / lithos (pierre). Il peut donc se traduire littéralement par « ancien âge de la pierre ». Le terme a été inventé en 1865 par le préhistorien John Lubbock pour désigner l'âge de la pierre taillée, par opposition à l'âge de la pierre polie ou Néolithique, « nouvel âge de la pierre ».

Définition[modifier | modifier le code]

Le Paléolithique est caractérisé avant tout par une économie de prédation : les humains sont des chasseurs-cueilleurs tirant parti des ressources disponibles dans la nature. Les hommes du Paléolithique ne connaissent ni l'agriculture, ni l'élevage. Le chien est l'unique espèce domestiquée pour les usages de la chasse[1] mais il n'est qu'un outil de prélèvement des ressources dans la nature et non un animal de production alimentaire comme le seront les animaux issus des domestications néolithiques. Outre la chasse et la pêche, le charognage a été envisagé comme moyen d'acquisition de ressources carnées au Paléolithique inférieur et moyen. La cueillette a également dû jouer un rôle important, même s'il est difficile de la mettre en évidence à partir des vestiges archéologiques non périssables.

Les outils de cette époque parvenus jusqu'à nous sont en très grande majorité des outils de pierre taillée, mais des outils en os sont également connus, surtout au Paléolithique supérieur. Le bois est exceptionnellement conservé mais devait être utilisé fréquemment, par exemple pour réaliser des épieux ou pour confectionner des manches. L'industrie lithique taillée n'est pas spécifique au Paléolithique puisqu'elle perdure au Mésolithique, au Néolithique et même plus tard. L'usage de la pierre polie fait son apparition en contexte paléolithique en Australie et au Mésolithique en Europe du Nord. En revanche, le travail des métaux est inconnu au Paléolithique. Si la céramique est employée pour réaliser de rares statuettes au Paléolithique supérieur, son emploi notamment pour la poterie ne se généralisera qu'au Néolithique.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Paléolithique inférieur : galet aménagé - 1,7 Million d’années BP

Les principales subdivisions du Paléolithique sont présentées ici sommairement (voir les articles spécifiques).

Paléolithique inférieur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paléolithique inférieur.

Paléolithique moyen[modifier | modifier le code]

Paléolithique moyen : nucléus et éclat Levallois en silex de Haute-Saône
Article détaillé : Paléolithique moyen.

Paléolithique supérieur[modifier | modifier le code]

Paléolithique supérieur : nucléus à lames du Gravettien, Muséum de Toulouse
Paléolithique supérieur : Vénus de Willendorf (Gravettien)
Article détaillé : Paléolithique supérieur.

Hominiens[modifier | modifier le code]

Hutte paléolithique de Terra Amata.

À la fin de l’ère tertiaire, au Pliocène, apparaissent les Australopithèques ou préhominiens, caractérisés par une bipédie parfois imparfaite, mais bien plus marquée que la bipédie occasionnelle des chimpanzés actuels. Mais comme aucune industrie lithique n'a pu être formellement attribuée à ces Australopithèques, cette période ne fait pas partie du paléolithique. La fabrication d’outils a longtemps été considérée comme un critère permettant de discriminer les humains des non-humains. La mise en évidence d'utilisation et d'adaptation d'outils chez les singes anthropomorphes, en particulier les chimpanzés et récemment les gorilles, a montré que cette limite n'était pas aussi tranchée. Aujourd'hui, la faculté de produire des outils est reconnue aux Australopithèques mais elle reste difficile à démontrer.

L'Homo erectus a longtemps été considéré comme le premier représentant du genre Homo à peupler l'Eurasie. La récente découverte de l’Homo georgicus en Géorgie vient relativiser cette idée, même si Homo erectus est connu à des dates anciennes jusqu'en Chine et en Indonésie. Au Pléistocène moyen, apparaissent les Homo antecessor, Homo heidelbergensis et les Néandertaliens (Moustérien). On voit aussi apparaître l’Homo rhodesiensis, ancêtre probable de l’Homo sapiens. Lors de la dernière période glaciaire, Homo Sapiens (« Homme de Cro-Magnon », « Homme de Grimaldi »[3]) arrive en Europe, encore occupée par les Néanderthaliens. En Asie, Homo erectus évolue probablement vers Homo floresiensis.

L'économie de la société paléolithique est celle de chasseurs-cueilleurs[4]. La densité de population est estimée autour d'un habitant au kilomètre carré, cette faible densité étant principalement due à une masse grasse corporelle faible, aux infanticides, aux femmes se livrant à des exercices d'endurance intenses, au sevrage tardif des nourrissons et au mode de vie nomade (le régime paléolithique (en) développé par le professeur Loren Cordain (en)[5] et le paléo-fitness ou MovNat, méthode de développement physique et mental créée par le français Erwan Le Corre, prennent pour modèle ce mode de vie paléolithique (en))[6].

Théories[modifier | modifier le code]

La théorie la plus couramment admise concernant la datation et dispersion particulière des fossiles d'hommes à travers le globe est la théorie de l'origine africaine de l'homme moderne. D'autres théories existent comme celle de l'origine multirégionale de l'homme moderne ou encore la théorie intermédiaire (évolution par croisement génétique des populations jusqu'à arriver à Homo sapiens).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Druzhkova AS, Thalmann O, Trifonov VA, Leonard JA, Vorobieva NV, et al. (2013) Ancient DNA Analysis Affirms the Canid from Altai as a Primitive Dog. PLoS ONE 8(3): e57754. doi:10.1371/journal.pone.0057754
  2. Germonpré M., Sablin M.V., Stevens R.E., Hedges R.E.M., Hofreiter M., Stiller M. and Jaenicke-Desprese V., 2009. Fossil dogs and wolves from Palaeolithic sites in Belgium, the Ukraine and Russia: osteometry, ancient DNA and stable isotopes. - Journal of Archaeological Science 2009, vol. 36, no2, pp. 473-490
  3. L'idée de l'existence d'un Homme de Grimaldi anatomiquement distinct de l'Homme de Cro-Magnon est aujourd'hui abandonnée, le prognathisme des deux individus éponyme étant un caractère acquis pour l'un, un caractère artificiellement accentué durant son étude pour l'autre. Voir Cl. Masset, « Grimaldi : une imposture honnête et toujours jeune », Bulletin de la Société préhistorique française, 1989, vol. 86, n° 8, p. 228-243.
  4. (en) Leften Stavros Stavrianos, A Global History from Prehistory to the Present, Prentice Hall,‎ 1991 (lire en ligne), p. 9-13
  5. (en) Loren Cordain, The Paleo Diet : Lose Weight and Get Healthy by Eating the Food You Were Designed to Eat, 0471267554,‎ 2002, 272 p. (ISBN 0471267554)
  6. (en) James Edward McClellan, Science and Technology in World History : An Introduction, JHU Press,‎ 2006 (ISBN 0-8018-8360-1, lire en ligne), p. 6-22

Annexes[modifier | modifier le code]