La Marche (film, 2013)

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La Marche

Titre original La Marche
Réalisation Nabil Ben Yadir
Scénario Nabil Ben Yadir
Nadia Lakhdar
Ahmed Hamidi
Acteurs principaux
Sociétés de production EuropaCorp
Chi-Fou-Mi Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Sortie 2013

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Marche est un film français réalisé par Nabil Ben Yadir, sorti en 2013. S'inspirant librement de la Marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983, critiqué par certains des participants de cette marche, le film est un échec public.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ce film est librement inspiré de La Marche pour l'égalité et contre le racisme qui s'est déroulée en 1983. Il suit l'histoire des fondateurs de ce mouvement et des marcheurs permanents.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

La Marche est le premier long métrage produit par la société dirigée par Hugo Sélignac, Chi-Fou-Mi Productions. Le budget du film s'élève, avant tournage, à 10 600 000 €, dont une coproduction de France 3 Cinéma et de la société Belge Entre Chien et Loup, un préachat de Canal+ et 297 000 euros de subventions de la région Ile-de-France[1]. Le tournage s'est déroulé du 11 février au 26 avril 2013[1].

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

En dépit d'un soutien institutionnel important (François Hollande organise une projection du film à l'Élysée, Bertrand Delanoë à l’Hôtel de Ville, François Lamy au Ministère de la ville, Claude Bartolone à l’Assemblée Nationale et Jean-Pierre Bel au Sénat[2]), le film est sévèrement jugé par certaines critiques : Le Nouvel Observateur, dans les pages communautaires de son site internet, y voit un « film inutile et caricatural »[3], rue89 « un film lisse et consensuel »[4] Le Monde un film « déconnecté du réel »[5]. Télérama y voit un film qui « surprend par sa franchise »[6]. Le journal L'Humanité est plus indulgent qui note « un film pavé de bonnes intentions »[7].

Accueil public[modifier | modifier le code]

Avec seulement 120 139 entrées en 7 jours sur 404 salles à travers la France, et à peine 31 714 spectateurs la semaine suivante (sur 376 salles) – soit un total officiel de 151 853 entrées au box office – pour un objectif initial de 2 millions d'entrées, le film s'est avéré être un échec public, le condamnant à disparaître très rapidement de l'affiche, en dépit du fait qu'il atteindrait chez ses spectateurs un taux de satisfaction de 85% selon un sondage du magazine Écran Total[8]. Il semble que le fait que le film ait été projeté au Palais de l'Élysée pour y être vu par le président François Hollande, ainsi qu'au Ministère de la ville, à l'Assemblée Nationale et au sénat ait fait passer l'idée auprès du public qu'il s'agissait d'un film « convenu » et « récupéré[8] ».

Réactions à la vision historique présentée par le film[modifier | modifier le code]

Julien Dray, un des fondateurs de SOS Racisme, a considéré que ce film sur la Marche des beurs était « une réécriture de l'histoire » dans une interview au journal Le Monde[9]. Il rappelle que s'il s'agit d'un mouvement « spontané et généreux », il ne s'est pas fait sans relais politique, soulignant l'importance qu'ont eue dans le mouvement Georgina Dufoix et l'ancienne maire de Dreux, Françoise Gaspard[9]. Il souligne que beaucoup de marcheurs étaient selon lui des militants de gauche qui s'inquiétaient de l'avancée du Front National et il insiste sur le fait que la marche n'a pas été inutile puisqu'elle a permis l'obtention de la carte de séjour de dix ans ainsi qu'une « une prise de conscience d'une vérité qu'on voulait occulter[9]. »

Farida Belghoul, porte parole historique des marcheurs considère que ce film sur la Marche des beurs était une histoire entièrement reconstruite ne comportant « aucune référence à la réalité historique » et que de nombreuses distorsions sont apparentes comme la présences d'affiches du mouvement "convergence 84" (l'action du film se déroule un an avant le collectif 84). Un des personnages, une jeune femme d'origine maghrébine, est agressée et subit une gravure de croix gammée au rasoir sur le dos. Cet événement est une pure invention. La scène homophobe n'est pas attestée et la présence de drapeaux arc en ciel du lobby LGBT sur la place Montparnasse est également une invention et est anachronique[10].

Pour l'acteur Tewfik Jallab, né en 1982, en revanche, « Tout est réel [...] L'épisode de la croix gammée n’a pas eu lieu sur le mouvement de la marche mais il a eu lieu à Bondy à la même période : c’était une spécialité en France, le cutter c’était l’arme préférée des racistes [...] on a gommé beaucoup de choses, parce que ça aurait été insoutenable »[11].

Polémique en marge de la sortie du film[modifier | modifier le code]

En marge de la sortie du film a été diffusée une chanson qui contient notamment les paroles « Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo » et suscite une réaction médiatique. Le magazine satirique se dit « effaré » par la violence de ces paroles[12],[13]. Le producteur quant à lui indique ne jamais avoir prévu que ce morceau soit intégré à la BO du film mais qu'il a en effet donné son accord « pour que la typographie de la pochette et de l'affiche du film soient la même ».

Jack Dion dans Marianne dénonce une « sentence digne d’une fatwa » et s'étonne du manque de réaction « dans un contexte [...] de repli communautariste »[14].

Analyse[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fabien Lemercier, « Chi-Fou-Mi mise sur La Marche de Nabil Ben Yadir », sur Cineuropa.org,‎ 4 décembre 2012 (consulté le 14 décembre 2013)
  2. La marche des Beurs à l'Élysée, lefigaro.fr, 20 octobre 2013
  3. "La Marche" avec Jamel Debbouze : un lamentable spot associatif, Vincent Malausa, leplus.nouvelobs.com, 28 novembre 2013
  4. « La Marche », un film lisse et consensuel : occasion manquée, Pierre Haski, rue89.com, 27 novembre 2013
  5. « La Marche » : un « feel good movie » déconnecté du réel, Franck Nouchi et Jacques Mandelbaum, lemonde.fr, 26 novembre 2013
  6. La Marche, Guillemette Odicino, telerama.fr
  7. "La marche" de Nabil Ben Yadir. Le parti pris d’une candeur manifeste, Dominique Widemann, humanite.fr, 27 novembre 2013
  8. a et b David Gauthier, « Le lourd échec de «La Marche» avec Jamel Debbouze. Les raisons d’un flop. », sur Destination ciné,‎ 2013 (consulté le 10 décembre 2013)
  9. a, b et c Élise Vincent, « Dray : le film sur la Marche des beurs « est une réécriture de l'histoire » », Le Monde,‎ 30 novembre 2013 (lire en ligne)
  10. Farida Belghoul sur le film La Marche, levraipost.fr, décembre 2013
  11. "La Marche" : "Il fallait faire ce film contre vents et marées" selon Nabil Ben Yadir et Tewfik Jallab, allocine.fr, 23 novembre 2013
  12. "Charlie Hebdo" "effaré" de la violence de la BO du film "La Marche" à son encontre, Le Monde.fr, 25. novembre 2013
  13. "La Marche" : Charlie Hebdo effaré par une chanson liée au film, nouvelobs.com, 25. novembre 2013
  14. Charlie Hebdo et le rap de l’autodafé, Jack Dion, marianne.net, 28 novembre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]