Paléolithique supérieur

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Le Paléolithique supérieur, parfois également appelé Paléolithique récent[1], est la période de la Préhistoire qui est caractérisée par l’arrivée de l’Homme anatomiquement moderne en Europe, le développement de certaines techniques (lames, outils et armes en matières dures animales, propulseur, etc.) et l'explosion de l'art préhistorique. Il se situe entre 35 000 et 10 000 ans avant le présent et correspond à la fin de la Dernière période glaciaire. Il est précédé par le Paléolithique moyen et est suivi de l'Épipaléolithique (ou Paléolithique final).

Le Paléolithique supérieur débute à l'arrivée en Europe de l'Homme moderne (Homo sapiens). Venu de l'Est très probablement par le Proche-Orient, il a profité d'une amélioration temporaire du climat vers - 35 000 ans pour coloniser l'Europe. Accompagné de chiens[2], qui lui confèrent un avantage pour la chasse[3],[4], il cohabite avec l'Homme de Néandertal jusqu'à l'extinction de ce dernier vers -30 000 ans en Espagne. Les raisons de l'extinction de l'Homme de Néandertal ne sont pas connues précisément.

Contexte climatique et environnemental[modifier | modifier le code]

L'Europe au dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans.
Limites de la végétation au maximum glaciaire du Paléolithique supérieur

Au cours du Paléolithique supérieur, le climat est généralement rigoureux avec des épisodes plus chauds. Le nord de la France est occupé par la toundra (un terrain dépourvu d'arbres et couvert de lichens et mousses), à laquelle succède, en descendant vers le Sud, la taïga, forêt peu épaisse constituée de pins et de bouleaux nains. Dans les vallées abritées, durant les épisodes climatiques les plus tempérés, on trouve des feuillus.

Cette végétation peu dense est le royaume des herbivores : aurochs (l'ancêtre de grande taille des vaches domestiques), cheval de Przewalski, rhinocéros laineux, mammouth, bison, saïga. Durant les épisodes les plus froids abondent les rennes. Tous ces herbivores sont chassés par deux carnivores concurrents de l'homme : le lion des cavernes et la hyène. L'ours brun et l'ours des cavernes occupent les vallées boisées.

Évolution des techniques[modifier | modifier le code]

Au début de cette période, l'homme chasse ces animaux avec des sagaies ou en les piégeant. La date d'apparition de l’arc est discutée en l'absence de preuves directes. De petites pointes de silex compatibles avec des armatures de flèches ont été découvertes dans différentes industries du Paléolithique supérieur, notamment dans des niveaux de la grotte du Parpallo (Espagne) datant de 19 000 ans BP[5].

L'Homo sapiens, dont le représentant le plus connu est l'Homme de Cro-Magnon découvert en 1868 aux Eyzies-de-Tayac, apporte dans toute l'Europe des pratiques complètement différentes de celles de ses prédécesseurs. Son industrie lithique est basée sur la production de lames et de lamelles, qui servent de base à la réalisation d'un outillage diversifié : grattoirs, burins, pointes de projectiles, armatures, etc.


Principales subdivisions[modifier | modifier le code]

Plusieurs cultures se succèdent durant le Paléolithique supérieur :

Les chevaux de la Grotte Chauvet, Ardèche, France
Aiguille à chas, Gourdan, Muséum de Toulouse
  • L'Aurignacien (-38 000 à - 29 000) est caractérisé par ses pointes de sagaies à base fendue en ivoire ou en bois de renne, par la production de lamelles en silex et par sa production artistique pariétale (Grotte Chauvet) et mobilière.
  • Le Gravettien (- 29 000 à - 22 000) est connu pour ses statuettes aux formes féminines particulièrement exacerbées, surnommées « Vénus ».
    • Le Protomagdalénien (- 20 000 à - 18 000), qui termine le cycle gravettien, est connu pour son industrie lithique caractérisée par des burins dièdres, souvent multiples, des lamelles à dos et des lames à retouche composite dite protomagdalénienne.
  • Le Solutréen correspond à la période du Dernier maximum glaciaire (-22 000 à - 18 500). Le Nord de la France est sans doute abandonné par l'homme. Cette culture est propre au Sud-Ouest de la France et à l'Espagne. Elle est caractérisée par une taille du silex particulièrement sophistiquée (production de feuilles de laurier) et un art pariétal original que l'on trouve dans la grotte Cosquer dont l'entrée était à l'air libre durant cette période de régression marine. L'aiguille à chas et le propulseur sont attestés à cette époque.
  • Le Badegoulien correspond également au maximum glaciaire (- 17 000 à - 15 000). Il se rencontre sur l'ensemble de la zone franco-cantabrique (sud-ouest de la France et Cantabrie), ainsi que sur la côte méditerranéenne de l'Espagne. Quelques indices sont signalés sporadiquement en Suisse et en Allemagne. Ce faciès correspond à l'ancienne dénomination « Magdalénien ancien » et se caractérise par un débitage d'éclats et un outillage dominé par les grattoirs et les outils archaïques (encoches, denticulés, pièces esquillées et racloirs), au détriment des burins et des lamelles à dos plus rares.
  • La culture du Magdalénien se développe de - 17 000 à - 10 000 et coïncide avec une période de réchauffement coupée de rechutes. Le propulseur se généralise, l'homme découvre le harpon. Cette culture est célèbre pour son art mobilier et son art pariétal, avec des œuvres telles que celles de la grotte d'Altamira en Espagne, de Font-de-Gaume en Dordogne ou de l'abri-sous-roche du Roc-aux-Sorciers dans la Vienne (France).

Le Paléolithique supérieur s'achève avec la disparition du renne et du rhinocéros laineux due au réchauffement ; c'est la fin de la culture du Magdalénien. Le retour de la forêt entraîne des changements au niveau de l'armement (microlithisation des armatures, généralisation de l'arc) qui caractérisent l'Épipaléolithique puis le Mésolithique.

Art[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Bon, F. (2009) - Préhistoire : La fabrique de l'homme, Seuil, Collection L'Univers historique, 339 p.
  • Demars, P.-Y. et Laurent, P. (1989) - Types d'outils lithiques du Paléolithique supérieur en Europe, Éditions du CNRS, Cahiers du Quaternaire n° 14, 178 p.
  • Djindjian, F., Koslowski, J. et Otte, M. (2009) - Le paléolithique supérieur en Europe, Armand Colin, U Histoire, 473 p.
  • Valentin, B. (2008) - Jalons pour une Paléohistoire des derniers chasseurs (XIVe-VIe millénaire avant J.-C.), Paris, Publications de la Sorbonne (Cahiers archéologiques de Paris 1, 1), 325 p.
  • Valentin, B. (2011) - Le Paléolithique, PUF, "Que sais-je ?", 128 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Valentin, B. (2011) - Le Paléolithique, PUF, "Que sais-je ?", 128 p.
  2. Druzhkova A.S., Thalmann O., Trifonov V.A., Leonard J.A., Vorobieva N.V. et al. (2013) « Ancient DNA Analysis Affirms the Canid from Altai as a Primitive Dog », PLoS ONE 8(3): e57754. doi:10.1371/journal.pone.0057754
  3. La domestication du chien aurait-elle aidé sapiens à supplanter Néandertal ?, Maxisciences, 16 mai 2012.
  4. Shipman, P., « Dog domestication may have helped humans thrive while Neandertals declined », American scientist, mai-juin 2012, vol. 100, n° 3, p. 198
  5. Muséum de Préhistoire, Valence