Québec

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Québec
Drapeau duQuébec
Armoiries duQuébec
Drapeau Armoiries
Devise : Je me souviens
Québec (localisation).PNG
Pays Canada Canada
Capitale Flag of Quebec City.svg Québec
46° 48′ 33″ N 71° 12′ 49″ W / 46.809053, -71.213534
Plus grande ville Flag of Montreal.svg Montréal
Langue officielle Français
Lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne
Premier ministre Jean Charest (PLQ)
Superficie 1 542 056[1] km2 (2e)
 - Terre 1 365 128 km2
 - Eau 176 928 km2 (11,5 %)
Population (2008)
 - Totale 7 750 504[2] hab. (2e)
 - Densité 4 96 hab./km2 (5e)
Admission dans la Confédération
 - Date 1er juillet 1867
 - Rang 1e
Représentation au Parlement
 - Sièges à la chambre des communes 75
 - Sièges au sénat 24
Abréviation postale QC, PQ
Préfixe de code postal G - H - J
Gentilé Québécois, Québécoise
Fuseau horaire UTC -5 et -4[3]
Domaines Internet .qc.ca
.gouv.qc.ca[4]
Autres provinces et territoires du Canada

Le Québec (API : /kebɛk/) est une province francophone[5] du Canada située à l'est du pays. Sa capitale est Québec, alors que Montréal est sa métropole. Par sa langue, sa culture et ses institutions, il forme, à l'intérieur de l'ensemble fédéral canadien, une nation[6],[7].

Le Québec est bordé au nord par la baie d'Ungava et le détroit d'Hudson, à l’ouest par la baie d'Hudson, la baie James et l’Ontario, au sud par les États américains du Maine, du New Hampshire, du Vermont et de New York, et à l’est par le Nouveau-Brunswick et le golfe du Saint-Laurent. Parallèlement, le conflit frontalier du Labrador résulte des revendications du Québec et de la province adjacente de Terre-Neuve-et-Labrador sur le droit de propriété de ce territoire[8]. Il est entièrement traversé par la voie maritime du Saint-Laurent qui le relie aux Grands Lacs et à l’océan Atlantique.

Le Québec comptait une population de près de 7 750 000 habitants en 2008[2], composée de divers groupes linguistiques et socio-culturels, dont onze nations autochtones. Sa langue officielle est le français (québécois, de facto). En 2006, la proportion de personnes de langue maternelle française passe sous la barre de 80 % pour se rendre à 79,6 %. Toutefois, 81,8 % des Québécois déclarent utiliser le français à la maison[9],[10]. Auparavant, seules les politiques d'assimilation linguistique de l'Acte d'Union de 1840 firent diminuer, en 1844, la proportion de langue maternelle française sous cette barre psychologique.

Fort de son identité propre, le Québec est la principale société d'Amérique française. Soucieux de son patrimoine culturel, il noue des liens historiques consubstantiels à l'Acadie.

La politique québécoise est ponctuée par la place que devrait occuper le Québec dans la Confédération canadienne; un mouvement souverainiste défend le projet de sa sécession depuis 1960, à l'inverse de l'idéologie fédéraliste au Québec. Le nationalisme québécois se retrouve à différents niveaux dans les partis politiques de l'Assemblée nationale du Québec.

Le Québec est un État de droit avec un système bijuridique. Alors que les branches du droit québécois privilégient les principes fondamentaux de la common law, les pratiques sociales inhérentes à la culture québécoise codifient ses lois constituantes selon les principes du droit romano-germanique, dont le Code civil du Québec est le fondement au Québec[11].

L’aérospatiale, les biotechnologies, l’industrie pharmaceutique, le génie-conseil, la métallurgie, les technologies de l’information et l’industrie culturelle sont parmi les secteurs clés de l’économie post-industrielle diversifiée du Québec moderne. Étant donné leur très grande disponibilité, les ressources naturelles (notamment la forêt et l'hydroélectricité) demeurent un important facteur de création de richesse.

Sommaire

[modifier] Étymologie du nom « Québec »

Article détaillé : Histoire du nom « Québec ».

Le nom « Québec », d'origine algonquine, était employé par certains Amérindiens, soit les Algonquins, les Cris et les Micmacs[12]. Sa signification était « là où le fleuve se rétrécit » et servait à désigner le rétrécissement du Saint-Laurent près de l’actuelle ville de Québec. En 1632, Samuel de Champlain décrivit ainsi l’endroit :

« [...] un détroit dans le fleuve, comme le disent les Indiens [...][12],[13]. »

Au fil du temps, le nom connut plusieurs orthographes : Qvebecq[14], Quebeck, Kébec[15], Quebec[16] et Kebbek[13].

[modifier] Géographie

Article détaillé : Géographie du Québec.
Carte topographique du Québec après les réorganisations municipales québécoises de 2006.

Dans sa géographie, le Québec est divisé en 13 provinces naturelles[17] dont les caractéristiques supposent des éléments de formation propres à chacune : climat, dépôts de surface, faune, géologie, hydrographie, relief, végétation, etc. L'étude de ses composantes est principalement déléguée aux organismes publics sous la responsabilité du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec ainsi que du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.

[modifier] Frontières

Le Québec occupe une position dominante dans l’est du continent nord-américain. D’une superficie de 1 667 441 km2[1], le Québec pourrait contenir près de trois fois la France métropolitaine[18],[19], cinq fois l’Allemagne et le Japon[19], ou encore quarante fois la Suisse[20].

Du sud au nord, le Québec s’étend sur un peu plus de 17 degrés de latitude, et de l’est à l’ouest, sur plus de 22 degrés de longitude. Il s'étend en outre sur deux fuseaux horaires : essentiellement l'heure de l'Est, normale et avancée, puis l'heure de l'Atlantique (heure des Maritimes), normale et avancée pour les Îles-de-la-Madeleine et le territoire de la réserve de Listuguj et constante, pour les autres parties couvertes du territoire québécois[21].

Il partage une frontière terrestre avec quatre États du nord-est des États-Unis – l’État de New York, le Vermont, le New Hampshire et le Maine ainsi qu'avec trois provinces canadiennes – Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario. Cependant, un conflit frontalier subsiste relativement à la propriété du Labrador, hormis une étroite bande de terres longeant la côte de la mer du Labrador et l'océan Atlantique[22]. Le tracé délimité par le Conseil Privé de Londres en 1927 n'est toujours pas accepté unanimement, comme l'exige la Loi constitutionnelle de 1867. Une frontière maritime existe de même avec le territoire du Nunavut, l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse.[23]

[modifier] Hydrographie

Vu de l’espace, le Québec se démarque par l’abondance de ses cours d’eau. En effet, il dispose d’une des plus importantes réserves d’eau douce du monde[24], qui occupe 12 % de sa superficie totale[25]. Il possède sur son territoire 3 % de l’eau douce renouvelable du globe, alors qu’il ne représente qu’un dixième de 1 % de la population[26]. Plus d'un demi-million de lacs[24], dont 30 d’une superficie supérieure à 250 km2, et 4 500 rivières[24] déversent leurs torrents dans l’océan Atlantique, par le golfe du Saint-Laurent, et dans l’océan Arctique, par les baies James, d’Hudson et d’Ungava.

Les chutes à Michel sur la rivière Ashuapmushuan près de Saint-Félicien au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Alors que le fleuve Saint-Laurent s'étend des frontières de l'Ontario et de l'État de New York jusqu'à la ville de Trois-Rivières, le golfe du Saint-Laurent s'étend à l'est de la pointe des monts dans le village de Baie-Trinité jusqu'à Blanc-Sablon. Divisé en trois sections, l'estuaire du Saint-Laurent couvre le plan d'eau entre le fleuve et le golfe. Ainsi, alors que l'estuaire fluvial s'étend de Trois-Rivières à Saint-François-de-l'Île-d'Orléans, le moyen estuaire et Saguenay, suivi de l'estuaire maritime, est délimité à la hauteur du village de Tadoussac.

Paysage maritime du Bas-Saint-Laurent, dans le parc national du Bic.

Nombre de rivières affluentes témoignent de l'exploration des terres et du développement du Québec au travers les siècles, dont Ashuapmushuan, Chaudière, Gatineau, Manicouagan, Outaouais, Richelieu, Rupert, Saguenay, Saint-François, Saint-Maurice, etc.

Les plus grandes étendues d'eau intérieures sont des réservoirs contribuant à la production d'énergie hydroélectrique, créés au cours des années 1970 et 1980, dans la réalisation du projet de la Baie-James. Alors que les réservoirs Caniaspicau et Robert-Bourassa ont les deux plus grandes superficies, le lac Mistassini est le plus grand lac naturel du Québec. D'autres étendues comprennent les réservoirs Baskatong, Cabonga, Gouin, Manicouagan, Opinaca, Outardes-Quatre et Pipmuacan ainsi que les lacs Albanel, Bienville, Champlain, Eau Claire (à l'), Kaackawakamak, Memphrémagog, Naococane, Nichicun, Saint-Jean et Saint-Pierre.

[modifier] Relief

Situé dans les monts Torngat à l'extrême nord-est de la péninsule du Labrador, le mont d'Iberville est le point culminant du Québec à 1 652 mètres (5 420 pieds).

Le plateau Laurentien couvre la presque totalité du Québec.

Alors que le pourtour des baies James, Hudson et Ungava est constitué de basses terres, la péninsule d'Ungava est notamment composée des monts D'Youville, des monts Puvirnituq et du cratère des Pingualuit. Alors que de l'Outaouais au Grand Nord culminent des monts de basse et moyenne altitude, les montagnes à hautes altitudes dessinent le Québec à partir de la Capitale-Nationale jusqu'à l'extrême Est, sur toute sa longitude.

La chaîne de montagnes des Laurentides s'étend de l'Outaouais à la Côte-Nord. Elle est composée de massifs tels que les Grands Jardins, à cheval entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Capitale-Nationale, les monts Groulx et les collines de Mécatina sur la Côte-Nord, etc. Le graben du Saguenay-Lac-Saint-Jean creuse, quant à lui, le paysage montagneux le long de la rivière Saguenay et du lac Saint-Jean.

La chaîne de montagnes des Appalaches couvre essentiellement le sud-est du Québec. Alors qu'elle est composée des monts Sutton et des monts Stoke en Estrie, elle est formée des collines de Bécancour en Chaudière-Appalaches. De leur côté, les monts Notre-Dame en constituent la continuité dans la région du Bas-Saint-Laurent alors que les monts Chic-Choc forment, pour leur part, un massif à son extrémité, dans la région de la Gaspésie et des îles de la Madeleine.

Les basses-terres du Saint-Laurent, limitées au nord par les montagnes Laurentides et au sud par les Appalaches, couvrent principalement les régions du Centre-du-Québec, de Laval, de la Montérégie et de Montréal ainsi que le sud des régions de la Capitale-Nationale, de Lanaudière, des Laurentides et de la Mauricie. Anciennement couvertes par les eaux du lac Champlain, de la plaine surgissent les collines montérégiennes et les collines d'Oka. Les basses terres s'étendent, de même, jusqu'à l'île d'Anticosti et aux îles de la Madeleine, le long du littoral des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord, ainsi que sur celui de la péninsule de la Gaspésie, dans la baie des Chaleurs.

[modifier] Climat

Quatre saisons très contrastées se succèdent au Québec, dont un printemps doux et bref ainsi qu'un automne frais et coloré. Les saisons les plus marquées restent l’été et l’hiver. Les étés sont chauds et souvent très humides. La période chaude dure environ deux mois et est témoin de nombreux festivals et fêtes à travers le Québec. Les hivers sont froids, assez longs (neige au sol généralement de novembre à avril), très neigeux et humides, eux aussi. Les températures varient énormément, pouvant dépasser les 35 °C en été[27] et descendre rarement sous la barre des -40 °C en hiver[28]. Ces données sont pour le sud du Québec, dans la vallée du Saint-Laurent, où la quasi-totalité de la population se concentre. Au nord de la ville de Québec, à l'exception du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le climat devient de plus en plus rude avec un sol infertile, ce qui empêche notamment l'agriculture.

[modifier] Faune

La Fondation de la faune du Québec et le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ)[29] sont les principaux organismes publics travaillant avec les agents de conservation de la faune au Québec.

Harfang des neiges : emblème aviaire du Québec

La faune terrestre de grande taille est principalement composée du Bœuf musqué, du Caribou des bois, du Cerf de Virginie (chevreuil), de l'Orignal, de l'Ours noir et de l'Ours polaire. Les animaux de taille moyenne comprennent le Couguar, le Coyote, le Loup de l'Est, le Lynx roux (chat sauvage), le Renard polaire, le Renard roux, etc. Les petits animaux comprennent le Castor Canadien, la Couleuvre, l'Écureuil gris, le Lièvre d'Amérique, la Marmotte commune (siffleux), la Mouffette, le Raton laveur, le Tamia rayé (suisse), etc.

Une baleine plongeant dans l'estuaire à la Manicouagan.

La biodiversité de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent[30] est formée d'une faune aquatique de mammifères, dont la plupart remonte l'estuaire et le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent jusqu'à l'île d'Orléans, tels la Baleine à bosse, la Baleine bleue, la Baleine noire de l'Atlantique Nord, le Béluga, le Cachalot macrocéphale, le Dauphin, l'Épaulard, le Petit Rorqual, le Phoque du Groenland (loup-marin) et le Rorqual commun. D'autres animaux marins comprennent le Morse et le Narval[31] ainsi que des crustacés tels le Crabe des neiges, la Crevette et le Homard. Les eaux intérieures sont composées de poissons tels l'Achigan, le Brochet d'Amérique, le Crapet-soleil, le Doré jaune, l'Esturgeon noir d'Amérique, le Maskinongé, la Morue de l'Atlantique, l'Omble chevalier, l'Omble de fontaine (truite mouchetée), la Ouananiche, la Perchaude, le Poulamon atlantique (petit poisson des chenaux), le Saumon de l'Atlantique, la Truite arc-en-ciel, etc[32].

La faune aviaire comprend des oiseaux de proie tels l'Aigle royal, le Faucon pèlerin, le Harfang des neiges, le Hibou des marais, le Hibou moyen-duc, etc. Les oiseaux maritimes et semi-aquatiques sont la Bernache du Canada (outarde), le Cormoran à aigrettes, le Fou de Bassan, le Goéland argenté, le Grand Héron, la Grue du Canada, le Macareux moine, le Plongeon huard, etc. Les autres oiseaux sont le Grand Corbeau, la Corneille d'Amérique, le Geai bleu, etc.

Parallèlement à la faune sauvage (le gibier), certains animaux d'élevage portent le titre de « race patrimoniale du Québec », à savoir le Cheval Canadien, la Poule Chantecler et la Vache Canadienne[33]. De même, en plus des aliments certifiés « biologique », l'agneau de Charlevoix est le premier produit du terroir québécois dont l'indication géographique est protégée[34]. La production animale comprend, en outre, les races porcines Landrace, Yorkshire et Duroc[35] ainsi que de nombreuses races ovines[36], etc.

[modifier] Végétation

Bouleau jaune : emblème arborescent du Québec.

Le climat et les conditions du sol québécois créent différentes zones tempérées. Sur le pourtour de la baie d'Ungava et du détroit d'Hudson se trouve la toundra dont la flore se résume à une végétation basse. Plus au sud, le climat devient propice à la croissance d’une forêt dense sur une grande partie du territoire, la forêt boréale limitée au nord par la taïga. On estime que la forêt québécoise s’étend sur 750 300 km2[37]. Dans la chaîne de montagnes des Laurentides, de l'Abitibi à la Côte-Nord, cette forêt est composée essentiellement de conifères comme le Sapin baumier, le Pin gris, l’Épinette blanche, l'Épinette noire, le Mélèze laricin, etc. En se rapprochant du fleuve vers le sud, s’ajoutent graduellement le Bouleau jaune et d’autres feuillus. La vallée du Saint-Laurent possède une forêt mixte, la forêt laurentienne, composée de conifères tels le Pin blanc d'Amérique et le Thuya d'Occident (cèdre) ainsi que de feuillus et d’essences comme l'Érable à sucre, l'Érable rouge, le Frêne blanc, l'Hêtre d'Amérique, le Noyer cendré, l'Orme d'Amérique, le Tilleul d'Amérique, le Caryer cordiforme et le Chêne rouge d'Amérique. D'autres arbres dont l'aire de répartition recouvre plus de la moitié du territoire québécois comprennent le Bouleau à papier, le Peuplier baumier, le Peuplier faux-tremble, le Sorbier décoratif, etc[38]. La forêt représente un secteur d'activité économique très important au Québec.

[modifier] Démographie

Article détaillé : Démographie du Québec.

Alors que la densité de la population du Québec est d'environ 4,9 habitants par kilomètre carré, 80 % de sa population est principalement répartie au sud, près des rives du fleuve Saint-Laurent. Ainsi, en 2006, environ 1 873 971 personnes étaient comptabilisées dans les 498 km2 de l’île de Montréal (pour une densité de 3 761,6 hab./km2). En revanche, seulement 40 637 Québécois habitaient la région du Nord-du-Québec, laquelle compte pour 43 % du territoire[39]. Pour leur part, les minorités visibles forment près de 9% de la population[40], concentrée principalement dans la ville de Montréal. Le territoire du Québec est par ailleurs constitué de terres publiques, officiellement nommées les terres du domaine de l'État, qui composent environ 92 % de sa superficie totale, à l'inverse des terres privées sur lesquelles vit la grande majorité de la population.

[modifier] Préhistoire et protohistoire

[modifier] Les autochtones

Un peuple de langue algonquienne vers 1590.
Article détaillé : Autochtones du Québec.

Les premiers occupants humains – ceux qui, dans la terminologie officielle datant de la fin du XXe siècle, sont nommés Amérindiens ou Premières nations – se seraient établis dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Québec il y a 10 000 ou 11 000 ans, au terme d’un long périple qui a accompagné la fin de la dernière période glaciaire[41].

Ces nomades, partis de l’Asie il y a 20 000 ans, auraient, selon l’hypothèse encore acceptée en ce début de XXIe siècle, traversé l'isthme de la Béringie, aujourd'hui le détroit de Béring, pour ensuite traverser l’Amérique du Nord et s’établir dans différentes régions du continent américain[41].

De cette colonisation progressive, des groupes ethnoculturels distincts ont émergé pour donner naissance, sur le territoire québécois, à trois grandes familles linguistiques (les Iroquoiens, les Algonquiens et les Inuits-aléoutes). Celles-ci y regroupent 11 nations autochtones, les dix nations amérindiennes et la nation des Inuits, en plus des Métis – reconnues officiellement par le gouvernement du Québec[42]. Les dix nations amérindiennes incluent les Abénaquis, les Algonquins (ou Anishinabe), les Attikameks, les Cris (ou Eyou), les Hurons-Wendat, les Malécites (ou Etchemins), les Micmacs, les Mohawks (ou Agniers, membres de la confédération iroquoise), les Montagnais et les Naskapis. D'autres nations ont, par ailleurs, autrefois existé sur le territoire québécois, tels les Laurentiens (ou Iroquoiens du Saint-Laurent).

Il existe plusieurs cultures autochtones. Au Québec coexistent des nations dites « nomades », précisément les nations de cultures algonquiennes (ex.: les Algonquins, les Cris et les Innus) de celles plus « sédentaires », précisément les nations de traditions iroquoiennes (ex.: les Iroquois et les Hurons-Wendat). Ces dernières ont développé de formes d’organisation sociale plus importante. Les nations de tradition iroquoienne, quant à elles, suivent la migration des troupeaux d’animaux qui leur servent de proie, comme le bison, l’orignal ou le phoque[43].

Le mode de vie des nations algonquiennes et inuites sont dictés par les obligations liées à la chasse et la pêche. Les traditions des nations iroquoiennes sont plutôt développées autour d'une structure matriarcale dérivée de la « cabane longue », ou longue maison (une traduction littérale de l’expression « longhouse »), qui regroupe plusieurs familles sous l’autorité d’une doyenne[44].

Avant l’arrivée des premiers Européens, les nations autochtones du Québec, comme celles du reste de l’Amérique du Nord, ne forment pas un front monolithique. Même lorsque plusieurs nations sont alliées, comme c’est le cas des Cinq-Nations (communément, les Iroquois - une alliance de peuples iroquoiens), la fin des hostilités avec un des membres de la confédération n’interrompt pas nécessairement le conflit avec les autres membres qui auraient pu être partie prenante au conflit[45].

[modifier] Les explorations européennes

Giovanni da Verrazano est le premier à utiliser l'expression « Nouvelle-France ».

L’historiographie contemporaine rapporte que le premier contact entre les nations autochtones et des explorateurs venus d’Europe remonte au Xe siècle. Il est maintenant admis que les Vikings furent les premiers à entrer en contact avec les Amérindiens et les Inuits, sur l'île de Terre-Neuve, au Labrador, sur l’Île de Baffin et au Groenland. Cependant, les établissements scandinaves furent finalement abandonnés[46].

Par la suite, les Bretons et les Normands viendront pêcher sur les Grands Bancs de morue, au large de Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent, et dès le XVe siècle, avant même la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, les Basques s'aventureront dans des voyages similaires à la recherche de poissons.

Il fallut la chute de Constantinople, le 29 mai 1453, pour pousser les monarchies européennes à considérer des solutions de rechange pouvant faciliter la poursuite du commerce des épices avec l’Orient. La recherche de la route des Indes a autant motivé les Portugais et les Espagnols, au sud, que les Anglais et les Français, au nord.

Contrairement aux autres puissances de l’époque, la France tarde à entreprendre un programme d’exploration, d’autant plus que les guerres d’Italie, au début du XVIe siècle, accaparent l’attention du souverain. Financé par des banquiers italiens de Lyon, et avec la permission du roi François Ier, l'explorateur florentin Giovanni da Verrazano entreprend, en 1524, la quête d’un passage vers l’ouest entre la Floride et l'île de Terre-Neuve. Il ne trouvera pas le passage désiré, mais sa reconnaissance de la côte est des États-Unis lui permettra de rapporter des cartes d’une terre alors inconnue. Ainsi, il deviendra le premier émissaire français à découvrir l'Amérique et à utiliser l'expression « Nouvelle-France » (Nova Francia, en latin). Sous l'égide de l'Ancien Régime, il ouvrira la voie au premier espace colonial français (empire royal) et fondera le poste de Nouvelle-Angoulême, qui deviendra plus tard la ville de New York.

[modifier] Histoire

Article détaillé : Histoire du Québec.

[modifier] Nouvelle-France (1534-1763)

Articles détaillés : Nouvelle-France et Acadie.
Portrait de Jacques Cartier par Théophile Hamel, vers 1844.

Considéré comme le premier explorateur européen en terre québécoise et, de ce fait, dans les Indes occidentales françaises, Jacques Cartier partît de Saint-Malo le 20 avril 1534, avec 61 hommes sur deux navires. La même année, il planta une croix à Gaspé. Puis, lors d’un second périple en 1535, il navigua sur le fleuve Saint-Laurent à bord de la Grande Hermine, complétée de la Petite Hermine et de l'Émerillon. Il s’aventura jusqu’au village d’Hochelaga (aujourd’hui Montréal). L’équipage passa l’hiver à Stadaconé (aujourd’hui Québec) : 20 personnes moururent du scorbut avant que Cartier n’obtienne des Iroquoiens du Saint-Laurent une recette à base de feuilles de thuya (appelé cèdre au Québec) contre cette maladie.

En 1540, le Royaume de France, décidé à établir une colonie, donna le commandement d’un nouveau voyage, l'expédition Cartier-Roberval, à Jean-François de La Rocque de Roberval. La nouvelle colonie connut un hiver difficile, qui coûta la vie à plus de 50 individus. Ayant d’autres préoccupations, en particulier les guerres de religion, la France cessa, durant le demi-siècle suivant, de s’intéresser à la Nouvelle-France. Cependant, certains auteurs-historiens considèrent 1534 à 1603 comme une période de vaines tentatives, soit jusqu'à l'arrivée de Samuel de Champlain, trois ans après l'établissement du premier comptoir commercial à Tadoussac[47],[48].

Le premier comptoir commercial permanent en Nouvelle-France, par le fait même, dans sa colonie du Québec, alors nommée « Canada » selon la traduction des écrits de Jacques Cartier, remonte à 1600. De fait, cette année correspond à la fondation de Tadoussac par Pierre de Chauvin, Sieur de Tonnetuit.

En 1603, les premiers colons français, menés par Samuel de Champlain, obtinrent l'autorisation de s'établir sur les terres autochtones lors d'un traité signé, sur la pointe Saint-Mathieu, à l'embouchure de la rivière Saguenay, avec les Montagnais, auxquels se sont joints, quelques jours plus tard, les Malécites et les Micmacs, après leur traversée de l'estuaire depuis la péninsule gaspésienne. En échange, les colons français leur offrirent un appui militaire, en défensive contre les attaques meurtrières et invasions iroquoises sur leur territoire. À cette époque, on comptait environ 30 000 Wendats et 15 000 Iroquois, mais une série d’épidémies abaissa la population des Wendats à 12 000, tandis que celle des Iroquois demeura inchangée. Les Wendats étaient le seul peuple iroquoien de la vallée du Saint-Laurent, établit sur la colline de Québec, et allié des colons français, qui n'était pas membre de la confédération iroquoise.

Le 3 juillet 1608, avec le soutien du roi Henri IV, Samuel de Champlain fonda la ville de Québec après une mission accordée par Pierre Dugua de Mons, premier colonisateur de la Nouvelle-France, en Acadie. Il en fit le premier établissement français permanent en Amérique, dont le territoire fut jusque là utilisé comme comptoir de traite. Il y fit construire l'Habitation de Québec en l'emplacement de la place Royale[49].

Dès le début de la colonisation, le mercantilisme est le courant économique privilégié des commerçants. Supportées par le commerce de la fourrure et les coureurs des bois, les relations commerciales extérieures de la Nouvelle-France s'établissent dans un triangle entre la métropole française et les Antilles françaises. Ainsi, les échanges contribuèrent aux importations des produits métropolitains, de la canne à sucre et, plus tard, des produits asiatiques, sur la route des Indes, lors de la colonisation de l'île Bourbon (La Réunion) et de l'île de France (Maurice), dans l'océan Indien.

En 1627, la création, par le cardinal de Richelieu, de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou Compagnie des Cent-Associés) permit à cent actionnaires de développer la colonie. L’année suivante, cette compagnie lançait sa première expédition. Celle-ci, qui comptait 400 personnes, ne parvint jamais à destination, tombant entre les mains des Britanniques.

Carte géographique de la Nouvelle-France, dessinée par Samuel de Champlain en 1612.

De 1629 à 1632, suite à la capitulation de Québec face aux frères Kirke, les Anglais occupèrent le territoire de l’Acadie et de ce qui, aujourd’hui, constitue le Québec. Samuel de Champlain fut fait prisonnier et il s’ensuivit la faillite de la Compagnie des Cent-Associés. À la suite du traité de Saint-Germain-en-Laye, en 1632, le Royaume de France reprit toutefois possession de la colonie. Deux ans plus tard, la ville de Trois-Rivières était fondée.

En 1640, la Nouvelle-France ne comptait que 500 personnes. Les guerres iroquoises et les maladies étaient les principales causes de mortalité dans la colonie. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie (future Montréal). À l’époque, il ne s’agissait que d’un fort servant de protection contre les attaques des Iroquois (la première grande guerre iroquoise dura de 1642 à 1667).

De 1627 à 1663, la population passa de 100 habitants à quelque 2 500. En 35 ans, environ 1 250 immigrants français vinrent se joindre à la colonie. Pour ce qui est de la natalité, elle doubla le contingent.

Durant cette période, les immigrants vinrent de l’Île-de-France et des provinces du nord-ouest, du centre-ouest et du sud-ouest de la France (la Normandie, l’Aunis, le comté du Perche, le Poitou, le Maine, la Saintonge, l’Anjou et la Bretagne). Les régions du Midi et des Alpes françaises, quant à elles, ne participèrent que très peu.

En 1663, le secrétaire d'État à la Marine, Jean-Baptiste Colbert, et le roi Louis XIV, mirent en place un gouvernement royal, soit le Conseil souverain de la Nouvelle-France. Ainsi, le territoire devait être administré comme une province française, c’est-à-dire par le gouverneur de la Nouvelle-France, assisté de l'évêque de Québec et de l'intendant.

Deux ans plus tard, le régiment de Carignan-Salières (régiment d’élite) arriva dans la colonie. Ce régiment, envoyé par le roi de France, devait vaincre les Iroquois.

En 1666, l’intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon, organisa un premier recensement, dénombrant 3 215 habitants. Grâce aux politiques d’encouragement des naissances de Talon, ainsi qu’à l’envoi, par Louis XIV, d'environ 770 jeunes filles à marier entre 1663 et 1673[50] (les fameuses Filles du Roi), la population de la colonie passa, en 1672, à 6 700 habitants.

Le gouverneur Frontenac répondant à l'ultimatum de William Phips, gouverneur du Massachusetts, à la bataille de Québec de 1690, par sa célèbre phrase : « La seule réponse que je ferai à votre général viendra de la bouche de mes canons et du feu de mes mousquets », selon Charles William Jefferys.

En 1684, encouragés par les Britanniques, les Iroquois dirigèrent une seconde série d’attaques contre les établissements français. Puis, en 1686, les Français s’emparèrent de trois forts anglais de la baie d’Hudson. Peu de temps après, soit en 1690, ils menèrent, sous la gouvernance de Frontenac, une série de raids contre des postes de la Nouvelle-Angleterre. Du même coup, ils chassèrent les Anglais de l’Acadie et de Terre-Neuve.

En 1697, la France et l’Angleterre signèrent le traité de Ryswick, mettant fin à la première guerre intercoloniale. Puis, à l’aube des années 1700, Français et Iroquois s’entendirent pour faire la paix. En 1711 un tentative de débarquement anglais est un échec total. Enfin, avec la signature des traités d’Utrecht (1713), la France céda à la Grande-Bretagne l’Acadie (actuelle Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et la baie d’Hudson.

La guerre de Sept Ans (17561763), entre la Grande-Bretagne et la France, prit un tournant décisif en Amérique du Nord. En effet, les colonies britanniques s’unirent pour en finir avec la Nouvelle-France.

Dès 1755, les Britanniques entreprirent la Déportation des Acadiens, à savoir plus de 7 000, soit la plupart des Français établis en Nouvelle-Écosse. Craignant leur intervention dans le conflit, le lieutenant-gouverneur de cette province, Charles Lawrence, privilégia en effet cette mesure. De tous les exilés, bon nombre furent transportés plus au sud, vers la côte américaine. Mais, plusieurs Acadiens trouvèrent aussi refuge au Québec.

Le décès de Louis-Joseph de Montcalm, lieutenant-général des armées en Nouvelle-France, à la bataille des Plaines d'Abraham en 1759.

En 1756, Louis-Joseph de Montcalm, général français, arriva en Nouvelle-France avec 3 000 hommes. Trois ans plus tard, James Wolfe, son homologue britannique, jetait l’ancre près de Québec.

Wolfe et son armée assiégèrent Québec pendant dix semaines. Puis, au terme d’une célèbre bataille, près de la ville (bataille des Plaines d’Abraham), les Français durent capituler. Quant à Wolfe et Montcalm, ils furent mortellement blessés durant le combat.

Le printemps suivant, le général Lévis, fort d’une nouvelle armée en provenance de Montréal, poussa les Britanniques à se retrancher, assiégés, dans Québec, lors de la bataille de Sainte-Foy. Toutefois, cette victoire ne fut pas décisive : les Britanniques bénéficièrent eux aussi de renforts, puis s’emparèrent de Montréal et de Trois-Rivières. Mais ce n'est qu'après l'envoi des renforts de la dernière chance, à la bataille de la Ristigouche, que les Britanniques prirent définitivement possession de la Nouvelle-France; les îles Saint-Pierre-et-Miquelon (ancienne colonie de Plaisance) étant le seul vestige, de cette époque révolue, qui demeure encore sous tutelle française.

[modifier] Le régime britannique

[modifier] Province de Québec (1763-1791)

Article détaillé : Province de Québec (1763-1791).
James Murray, premier gouverneur civil de la Province de Québec (1763-1791).

La Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamée par le traité de Paris en 1763 qui mit fin à la guerre de Sept Ans. Celle-ci avait vu la destruction de parties importantes du Québec (Québec, Côte-du-Sud, Bas-du-Fleuve) et surtout le drame du Grand Dérangement. Un grand nombre d’Acadiens fuirent cette déportation, qui sépara les familles à jamais et provoqua une forte mortalité, en se réfugiant au Québec. Il y aurait un million de Québécois aujourd’hui qui auraient en partie des origines acadiennes.

Au Traité de Paris de 1763, la France sauvait les meubles en Europe, mais perdait son premier empire colonial, aux Indes et en Amérique. Suite à ce traité, plusieurs colons français retournèrent en France, dont toute l’élite et la bourgeoisie canadienne-française, abandonnant les 60 000 habitants et causant une blessure qui perdure dans le Québec moderne. Les habitants restants se tournèrent alors vers le clergé, au lieu de prêter allégeance à l’Angleterre.

Le roi Louis XV et ses conseillers tâchèrent de se consoler en conservant la Guadeloupe et les îles à sucre et en minimisant la perte du Canada, alors considéré comme une colonie coûteuse, un vaste territoire de glace sans grande importance pour le royaume de France. De plus, Louis XV considérait alors que la rivalité avec les Britanniques se déciderait en Europe et que pour cette raison il ne fallait pas se disperser dans des guerres périphériques. Seules les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon restèrent françaises (pour permettre aux Français de pêcher en Amérique). Mais la France ne tarda pas à vouloir prendre sa revanche en aidant les États-Unis dans la guerre d’Indépendance.

La Grande-Bretagne, alors souveraine, rédigea une constitution (la Proclamation royale) pour la Nouvelle-France qui devint la « Province of Quebec » (le terme « province » venant du latin pro victis, alors signifiant « pour les vaincus de Québec », en référence à la capitale). Cette constitution prévoyait l’assimilation à plus ou moins long terme des Canadiens français. Les catholiques étaient aussi dépourvus de droits que ceux d’Irlande : toutes les fonctions publiques étaient réservées à la très petite minorité de protestants. L’Armée britannique se partageait un grand nombre de seigneuries, tandis que le fonctionnement des écoles québécoises était compromis, notamment par la fermeture à l’Église catholique. Ainsi, pendant 200 ans, les Canadiens français furent privés de contact avec la France, et brimés dans leurs droits à la langue et la religion.

La rébellion de Pontiac est un soulèvement du peuple autochtone des Outaouais, de 1763 à 1766, contre les règles imposées par le général britannique Jeffery Amherst.
Les patriotes francophones repoussant les Américains à la bataille de Québec de 1775.

Jusqu’en 1766, les Britanniques luttèrent contre des tribus amérindiennes (tels que les Abénaquis) alliées à la France qui se révoltèrent sous la direction du chef Pontiac. Pour éviter que les troubles dans les colonies américaines ne se répandent jusqu’au Canada, le gouvernement britannique décida d’être plus ouvert face aux Canadiens (français) et révoqua la Proclamation royale qui, entre autres, faisait de la religion protestante la seule religion officielle. En 1774, on rédigea l’Acte de Québec qui venait atténuer les velléités d’assimilation exprimées 11 ans plus tôt et établissait les droits du peuple canadien dont la langue française, le droit civil et la religion catholique et qui agrandissait le territoire de la province (elle engloba les Grands Lacs et s’étendit même jusqu’à Saint-Louis). Cette nouvelle constitution, rédigée suite à l’indépendance américaine, visait à réduire le mouvement indépendantiste au Canada, afin de conserver une colonie en Amérique.

Les Américains (avec à leur tête Montgomery et Arnold) décidèrent de rallier les Canadiens par la force à leur lutte pour l’indépendance. Ils commencèrent l’invasion de la province de Québec en 1774 (toute la région de Montréal passa entre leurs mains), mais, l’année suivante, ils échouèrent dans leur tentative de prendre la ville de Québec. Des renforts britanniques arrivèrent en grand nombre et les Américains furent forcés de quitter la province. Les Canadiens français restèrent plutôt neutres dans le conflit, suivant les recommandations de l’Église catholique qui prenait le parti des Britanniques. Suite à l’indépendance américaine, des loyalistes américains s’installèrent au Québec.

[modifier] Bas-Canada (1791-1840)

Article détaillé : Bas-Canada.
Les Patriotes affrontant les Britanniques lors de la Bataille de Saint-Eustache, en 1837.
Louis-Joseph Papineau, vers 1852, fut le chef de la rébellion des Patriotes en 1837-1838.
Drapeau des Patriotes.

Insatisfaits des nombreux droits accordés aux Canadiens (français), les Anglais demandèrent des réformes et on leur répondit par l’Acte constitutionnel de 1791 qui divisait le territoire depuis la rivière des Outaouais, créant le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui) et le Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui). Le parlementarisme britannique fut adopté, mais les limites du système colonial furent très vite critiquées et contestées.

En 1834, des membres du Parti Patriote (tels les Papineau, Elzéar Bédard et Augustin-Norbert Morin) rédigèrent et présentèrent, à titre de programme politique et de revendications, 92 résolutions qui exprimaient une véritable perte de confiance dans les institutions monarchiques britanniques. Pour contrer ce pouvoir monarchique abusif envers les Canadiens français, Papineau et son Parti réclamaient un gouvernement responsable élu qui contrôlerait les revenus et voterait les lois du Bas-Canada. En 1835, Lord Gosford arriva à Québec pour tenter de se lier rapidement avec les patriotes, ayant reçu le mandat de se concilier l’Assemblée. Mais en 1837, ayant épuisé toutes les stratégies pacifiques et devant un refus catégorique de Londres de considérer les 92 résolutions, exprimé par les 10 résolutions de Russell, la Rébellion des Patriotes fut déclenché, avec à sa tête Louis-Joseph Papineau (député nationaliste et chef du Parti Patriote), et la république du Bas-Canada proclamé. Le Haut-Canada se révolta sous les ordres de William Mackenzie. Ces deux soulèvements furent écrasés par Londres.

Le Bas-Canada après l’Acte constitutionnel de 1791 et les limites du Canada-Est après l'Acte d'Union de 1840.

La déroute des Patriotes marqua la fin de l’emprise des esprits libéraux sur la société québécoise, le clergé reprenant désormais les commandes et étendant son pouvoir. L’échec du soulèvement bas-canadien ne permit pas au peuple d’échapper à l’étau du sous-développement : l’accès aux nouvelles terres demeurait problématique pour les Canadiens (français), puisqu’elles étaient monopolisées par la Clique du Château tout comme le commerce avec la Métropole coloniale. C’est alors que commença le mouvement d’émigration canadienne-française vers les États-Unis. Ce phénomène qualifié de Grande Hémorragie marquera ainsi la période de la survivance, jusque dans les années 1930. De fait, environ 1 million de Canadiens-français forment aujourd'hui la diaspora québécoise en plus des communautés franco—états-uniennes.

[modifier] Canada-Est (1840-1867)

Article détaillé : Canada-Est.
Un village du Bas-Canada, tableau peint par Robert Frederick Mountain aux alentours de 1840.

Lord Durham fut envoyé par Londres pour faire enquête. Dans son célèbre rapport (le rapport Durham), il recommanda qu’il fallût procéder à l’assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française par une unification des deux Canada et l’adoption d’un gouvernement responsable. Son rapport mentionnait entre autres que les Canadiens français étaient un peuple inférieur, sans histoire et sans culture. Pendant la décennie 1840, des écrivains entament alors une réflexion sur la survivance de leurs siens[51]. À cette affirmation, François-Xavier Garneau écrivit à Lord Elgin : « J'ai entrepris ce travail dans le but de rétablir la vérité si souvent défigurée et de repousser les attaques et les insultes dont mes compatriotes ont été et sont encore journellement l'objet de la part d'hommes qui voudraient les opprimer et les exploiter tout à la fois. J'ai pensé que le meilleur moyen d'y parvenir était d'exposer tout simplement leur histoire ». Son œuvre permit alors à la nation canadienne-française de prendre conscience d'elle-même.

L’Acte d’Union de 1840 fut voté à Londres. Il donna au Haut-Canada le même nombre de députés qu’au Bas-Canada et fit de l’anglais la seule langue officielle. Le Canada-Uni comptait alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. Le Haut-Canada anglophone et peu peuplé devenait donc l’égal du Bas-Canada francophone fort peuplé, ce qui satisfaisait les intentions des assimilationnistes britanniques. Lord Durham prévoyait que les anglophones seraient bientôt plus nombreux et qu’ils domineraient ainsi l’Assemblée. Graduellement, les anglophones adoptèrent le nom de « Canadians » (gentilé que les habitants d’origine française se réservaient depuis le XVIIe siècle). En réaction, ceux-ci commencèrent donc à s’appeler les « Canadiens français ».

Les troubles politiques continuèrent, atteignant un nouveau paroxysme en 1849, alors que des émeutiers incendièrent le parlement du Canada-Uni situé à Montréal depuis 1843. Le gouvernement avait voté une loi pour rétablir les droits du français et dédommager les victimes innocentes des troubles de 1837-1838, ce qui enragea des extrémistes britanniques. Le parlement migra alors entre Québec et Toronto jusqu’en 1867.

Ce n’est qu’en 1849 que s’établit le gouvernement responsable par le parti réformiste. Les Canadiens (français) n’étant plus majoritaires, le parti réformiste fut alors dirigé par Robert Baldwin dans le Haut-Canada et Louis-Hippolyte Lafontaine dans le Bas-Canada, ces deux divisions territoriales formant le Canada-Uni. Grâce à l’obtention du gouvernement responsable, un certain calme régna sur la scène politique canadienne. En 1864, les élites politiques entamèrent des discussions concernant une potentielle confédération canadienne. Londres donna alors son appui au projet d’union fédérale et fit même pression sur les gouverneurs en poste dans les colonies pour qu’ils l’acceptent.

[modifier] Acte de l'Amérique du Nord britannique

George-Étienne Cartier, politicien du Canada-Est et père de la Confédération, est un précurseur du principe de la distribution des pouvoirs législatifs et de ce fait, de la défense des droits des francophones du Québec.

Suite à un accord de principe conclu entre le parti conservateur de John Alexander MacDonald et le parti libéral de George Brown, appuyé par George-Étienne Cartier, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique créa la confédération canadienne qui fut proclamée le 1er juillet 1867 et à laquelle se joignirent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Le Canada-Uni aboutira en une seconde division administrative formant les provinces de Québec et d’Ontario. Ce nouveau système consolide et transforme les institutions mises en place par suite de l'Acte d'Union de 1840[52].

Cet Acte de l’Amérique du Nord britannique (la Loi constitutionnelle de 1867, de son nouveau nom) définit la répartition fondamentale des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. Les fondateurs de la confédération canadienne étaient déterminés à créer un gouvernement central fort tout en attribuant d’importants pouvoirs aux assemblées législatives des provinces. Plus précisément, John A. MacDonald avait dû renoncer à ses velléités d’État unitaire entre autres à cause de la détermination de G.-É. Cartier à restaurer un État québécois, provincial certes, mais foyer national où les Canadiens français étaient assurés de conserver la majorité et ainsi une maîtrise de leur destin comme une forme de garantie contre l’assimilation. « Ainsi, le gouvernement fédéral ne peut adopter de lois régissant des compétences provinciales et vice-versa, mais il conserve un pouvoir de désaveu sur les lois provinciales »[53], menaçant alors l'indépendance du Parlement québécois[54].

On attribua au parlement fédéral la responsabilité de la défense et de la politique étrangère, du commerce, des transports, des communications et des terres réservées aux Amérindiens ainsi que des pouvoirs extraordinaires, notamment les pouvoirs résiduaires (la responsabilité de tous les secteurs qui n’ont pas été expressément assignés aux assemblées législatives provinciales), le pouvoir de désaveu (qui lui permettait de désavouer des lois provinciales) ainsi qu’un pouvoir de taxation illimité (ne laissant aux provinces que le pouvoir de percevoir des impôts directs dans les limites du territoire provincial). Les assemblées législatives provinciales reçurent compétence dans les domaines tels que l’éducation, les hôpitaux, la propriété, les droits civils, les ressources naturelles et les « travaux et entreprises d’une nature locale ». Dans deux secteurs, l’immigration et l’agriculture, la compétence fut partagée entre les deux paliers de gouvernement.

La Loi constitutionnelle de 1867 renfermait des dispositions et des clauses spécialement conçues pour préserver et reconnaître le caractère distinct du Québec. Elle consacrait la reconnaissance du Code civil du Québec en ce qui a trait au droit privé comparativement à la Common law britannique en vigueur dans les autres provinces, prévoyait l’utilisation du français et de l’anglais au Parlement ainsi qu’au sein de la Législature et des tribunaux du Québec, et établissait des écoles séparées financées par les fonds publics pour les minorités protestantes et catholiques du Québec et du Canada.

« Chose certaine, les impératifs du nouveau régime politique vont révéler de grands obstacles à l'affirmation de Québec et de son Parlement. La classe politique du Québec va découvrir que l'espace politique dévolu aux provinces est restreint dans ce nouveau système. Québec, affaiblie économiquement, doit affronter la compétition politique d'Ottawa, capitale de l'État fédéral fortement centralisateur »[55].

[modifier] De Chauveau à Duplessis (1867-1959)

Le 15 juillet 1867, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, du Parti conservateur, devint premier ministre. Dès 1868, il créa le ministère de l’Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministère fut vite dénoncé par le clergé qui rejetait ainsi l’école neutre, gratuite et obligatoire, qu’il crût une menace maçonnique depuis que le Parti patriote en avait instauré le premier développement, anéanti par les conséquences de l’échec des Rébellions. Boucherville abolit le ministère en 1875 et le système de 1867 fut rétabli. En 1876, un candidat libéral de Charlevoix[56], qui fut défait aux élections à cause de la pression de l’Église sur les électeurs, réussit, à l’aide d’une nouvelle loi fédérale, à faire annuler l’élection. L’année suivante, le Pape envoya son représentant pour forcer l’Église québécoise à minimiser ses interventions dans le domaine électoral. En effet, en 1887, les religieux représentaient 48 % des instituteurs des écoles catholiques.

Henri Bourassa, fondateur du quotidien Le Devoir, reconnu pour avoir lutté pour l'affirmation nationale des Canadiens français.

Après l’échec politique des réformes républicaines du premier ministre Honoré Mercier, qui allaient dans le sens du nationalisme économique et de l’instruction publique, son beau-fils et autre premier ministre, Lomer Gouin, entreprit une série de réformes plus modestes, mais également destinées à résoudre les défis du sous-développement canadien-français. C’est ainsi qu’il imposa la fondation d’une série d’écoles professionnelles sous l’égide de l’État provincial, dont les HEC (1905) fut l’une des plus notables, instrument inestimable au service du nationalisme économique au XXe siècle.

En 1910, le petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa, fonda le journal « Le Devoir », qu’il consacra à la défense des Canadiens français. Bourassa s’opposa vigoureusement à l’implication du Canada dans la Deuxième Guerre des Boers (1899). Puis, durant la Première Guerre mondiale, il s’éleva contre le recours à la conscription.

Dans l’ensemble, l’appui des Canadiens français à cette guerre fut assez mitigé. Alors que certains s’enrôlaient dans l’armée canadienne, en autres dans le 22e bataillon (canadien-français), l’ancêtre du Royal 22e Régiment, d’autres luttaient contre la conscription ou le règlement 17 adopté par l’Ontario, qui interdisait l’enseignement du français. Des 400 000 militaires canadiens envoyés outre-mer, plus de 60 000 Canadiens moururent au combat.

Une manifestation dans les rues de Montréal en 1917, lors de la crise de la conscription qui mènera à la motion Francœur de 1918, marquant le désir du gouvernement de faire sécession du pacte confédératif de 1867.

La génération Bourassa des nationalistes mit fin à son aventure politique après l’élection de 1911 qui, malgré son succès à renverser Laurier et à faire élire un grand nombre de députés, fut considérée un fiasco puisque la seule alternative était un gouvernement conservateur encore plus impérialiste et anti-français, dirigé par Borden, francophobe et orangiste reconnu. Cependant, elle pouvait mettre quelques réussites à l’actif de son militantisme politique, obtenu non pas à Ottawa, mais lorsque les mêmes, Armand Lavergne et Henri Bourassa notamment, se firent élire à Québec. Lavergne réussit à faire passer une loi en faveur des droits du français dans l’espace public, exigeant notamment des services publics bilingues des compagnies au Québec - à cette époque, le train, le téléphone, etc. ne reconnaissaient pas la langue majoritaire du Québec. Les nationalistes obtinrent également du gouvernement Gouin une loi obligeant à transformer sur place le bois et la pâte à papier du Québec : ce qui multiplia les centres industriels du type Shawinigan. L’espoir étant que le Québec exporterait désormais davantage ses produits finis que sa main d’œuvre aux États-Unis!

Le « successeur » de Bourassa en tant que défenseur des droits de la nation canadienne-française fut l’historien et chanoine Lionel Groulx, considéré par plusieurs comme le père spirituel des indépendantistes québécois. Il n’est pourtant nullement le père de cette aspiration puisqu’elle remonte aux Patriotes (Déclaration d’indépendance de 1838), a été ravivée par le Parti national d’Honoré Mercier au pouvoir de 1886 à 1893. Les préférences de Groulx allaient à l’action politique de LaFontaine et à l’ultramontanisme de Tardivel, dont le roman Pour la Patrie (1895) projetait l’indépendance du Québec en 1950.

En 1931, il a obtenu une grande crédibilité en participant à la Première Guerre mondiale et aux négociations qui suivirent, le Canada se vit accorder par le Royaume-Uni une pleine autonomie par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth).

Maurice Duplessis, premier ministre du Québec de 1936 à 1939 et lors de la Grande Noirceur (1944-1959).

En réaction aux politiques de Louis-Alexandre Taschereau, une aile dissidente du parti fusionnera plus tard avec le Parti conservateur du Québec pour créer l’Union nationale. Son chef Maurice Duplessis fut au pouvoir de 1936 à 1939. Dès 1937, il adopta la Loi du cadenas, jugée anticonstitutionnelle, afin de contrer le syndicalisme et le communisme. De 1939 à 1944 cependant, le gouvernement Adélard Godbout affirma le droit à la syndicalisation des travailleurs et donna le droit de vote aux femmes en 1940. Face à la crise de la conscription de 1944, Maurice Duplessis reprît le contrôle du Québec jusqu'en 1959 (année de sa mort). Il se voulut alors autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Le pouvoir religieux de l'Église catholique occupa une place prépondérante dans les affaires sociales, économiques et politiques du Québec. Dès 1948, des courants idéologiques naissaient dans le manifeste Refus global, dénonçant alors les politiques duplessistes. La revue Cité Libre, publiée dès 1950, exposait d'ailleurs certaines idées reprises plus tard dans les années 1960, se prononçant dès lors sur la grève de l'amiante de 1949. Malgré des politiques controversées, le second gouvernement Duplessis permit l'électrification des campagnes et donna au Québec son drapeau officiel, le Fleurdelisé. Après la mort de Duplessis, le pouvoir de l’Église s’affaiblit rapidement.

Ainsi, après la période duplessiste qualifiée de Grande Noirceur, le Québec entra dans une grande phase de modernisation accélérée, grâce notamment à une série de réformes d’ordre économique entreprises par le gouvernement Jean Lesage. Au cours de son premier mandat, il se dota de plusieurs personnes qui formèrent l'Équipe du tonnerre, dont René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie et Georges-Émile Lapalme.

[modifier] Modernisation de l'État (depuis 1959)

Article détaillé : Révolution tranquille.
Le barrage Daniel-Johnson et la centrale Manic-5 sur la rivière Manicouagan, Côte-Nord, inauguré en 1968.

Les « Cent jours de Paul Sauvé » est l'expression référant à l'intérim de 1959 à la chefferie de l'Union nationale. Pendant cette période, le premier ministre intérimaire adopte le slogan « Désormais » en annonçant des changements au sein du gouvernement québécois. Suivant son décès, son successeur Antonio Barrette parvint à établir certaines réformes annoncées, mais sa plate-forme défaillante lui fit perdre les élections générales québécoises de 1960. La Révolution tranquille fut lancée par l’élection du gouvernement Jean Lesage, dont le slogan était « Il est temps que ça change ». En 1960, le gouvernement Lesage entama une très vaste et ambitieuse série de réformes dans les domaines de la politique sociale, de l’éducation, de la santé et du développement économique. René Lévesque convainquit Jean Lesage de rallier l'économiste Eric Kierans qui permit le développement financier du Québec suivant le modèle de l'État-providence, ainsi que la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec. En 1962, le gouvernement déclencha une nouvelle campagne électorale dont l’enjeu principal était la nationalisation de l'hydroélectricité. À cet effet, il adopta le slogan référendaire « Maîtres chez nous », annonçant ainsi le démantèlement prochain de l'oligopole anglais dont étaient exclus tous les non-White Anglo-Saxon Protestant (WASP), donc les Canadiens-français. Après l'élection, le Conseil des ministres nationalisa définitivement l'hydroélectricité dans Hydro-Québec, lors d'une rencontre de planification stratégique en cette même année au Lac-à-l'épaule. L’initiative de René Lévesque permit un essor formidable de l’économie québécoise, mais aussi l’accession des Québécois à des carrières qui leur étaient jusque-là presque inaccessibles.

Les Québécois manifestent clairement leur inquiétude et leur insatisfaction face à l'assimilation des minorités francophones et à la situation d'infériorité des Canadiens de langue française.[57] D'une commission d'enquête à l'autre, on note un changement de perspective et une progression dans l'appropriation du domaine linguistique. Dès 1961, le rapport Parent sonne la prise de conscience des Québécois. Ce mouvement prit une ampleur sans précédent dans la seconde moitié des années 1960, car pour la première fois, les Québécois dénonçaient à haute voix l'« état des choses établi en 1867 ». En 1963, la Commission Laurendeau-Dunton donnera un sévère avertissement au gouvernement canadien et mettra fin au bilinguisme à sens unique[58].

« Les membres de cette Commission (...) constatent que, contrairement à ce que pensait une majorité de Canadiens anglais, la culture française du Québec n'est pas près de céder la place à la grande culture anglo-américaine, mais qu'elle est plutôt en train de passer à l'« étape de la “survivance” pure et simple » à un mode spécifique de fonctionnement et de vie, avec une langue qui s'enrichit chaque jour. Ils constatent du même coup le bien-fondé des doléances des Québécois : leur langue et leur culture n'occupent pas la place qui leur revient dans l'ensemble canadien. »[59]

[modifier] Mouvement souverainiste
Article détaillé : Mouvement souverainiste du Québec.

Le mouvement contemporain pour la souveraineté du Québec vit le jour en 1957 avec sa première organisation l'Alliance laurentienne. S'ensuit dès 1960 une première scission créant le Rassemblement pour l'indépendance nationale dont le slogan était « le Québec libre ». Avec la fondation du mouvement, la scène politique québécoise prend un tout autre tournant; la concentration des politiques s'effectuera dorénavant sur le territoire du Québec.

Alors que les Anglais envahissaient le Canada (ancienne colonie de la Nouvelle-France) depuis la proclamation royale de 1763, le mouvement souverainiste devint la continuité directe des politiques canadiennes-françaises sur la défense des droits francophones. Nombreuses furent les tentatives d'assimilation culturelle et linguistique envers les francophones du Saint-Laurent, dont l'Acte d'Union de 1840. Les tactiques employées par le syndicat financier de la rue Saint-Jacques de Montréal, sur l'économie québécoise, incita d'ailleurs la création d'entreprises pour la défense et le développement des droits humains, dont le Mouvement coopératif des caisses populaires Desjardins en 1900. La Révolution tranquille déclencha le démantèlement de ce monopole financier[60], dont la direction et les services étaient alors accessibles uniquement aux individus de race white anglo-saxon protestant (WASP), acculant ainsi les Canadiens-français dans les régions rurales sous-développées. Le Canada anglais s'est ainsi distinguée entièrement de son héritage britannique par l'usurpation des caractéristiques culturelles francophones, telles l'identité en 1867 ainsi que l'hymne national en 1980 (à l'origine un chant patriotique composé pour la Saint-Jean-Baptiste). Face à cette ruse, le patriotisme francophone se tourna vers une identité visiblement encore intacte et rappelant le patrimoine national de la Nouvelle-France.

La statue de René Lévesque, sur la place de l'Assemblée-nationale.

Divers groupes souverainistes, passés et actuels, ont grandement influencé le mouvement, tels le Front de libération du Québec (FLQ) et le Parti québécois (PQ), pour ne nommer que ceux-là. Dans la quête du même but, les débats et scissions ont ainsi fait naître divers clans opposés, entre radicaux et démocrates. Lors de son allocution à la foule en 1967, l'ancien président de la république française, Charles de Gaulle, a soulevé les ardeurs souverainistes avec sa maintenant célèbre phrase « Vive le Québec libre ! ».

Lors de la crise d'Octobre de 1970, le gouvernement fédéral imposa la loi des mesures de guerre menant à plusieurs arrestations arbitraires. Ce fut le début d'une période où la Gendarmerie royale du Canada (GRC) procéda à des pratiques illégales à l'encontre du mouvement souverainiste. Ces pratiques furent mises au jour lors de la Commission Keable[61],[62].

Un premier gouvernement souverainiste fut élu lors de l'élection de 1976 et un premier référendum pour la souveraineté du Québec fut tenu en 1980. Par suite de la nuit des Longs Couteaux de 1981, le Québec rejeta définitivement la nouvelle constitution canadienne de 1982, menant ainsi depuis lors, à des débats juridiques perpétuels sur son applicabilité au Québec. Après l'échec constitutionnel de l'accord du lac Meech en 1987, les recommandations du rapport Allaire et de la Commission Bélanger-Campeau, en 1991, établirent des bases de négociations constitutionnelles. Par suite de l'échec de l'accord de Charlottetown en 1992, le gouvernement Jacques Parizeau déclencha, en 1995, un deuxième référendum pour la souveraineté du Québec, alors rejetée par une mince majorité de 50.6 % de la population québécoise. Par suite de ce référendum, le gouvernement fédéral entra dans une série de controverses judiciaires pour contrecarrer le mouvement souverainiste, dont le Renvoi relatif à la sécession du Québec et la Loi sur la clarté référendaire de 2000. De même, par suite du détournement de fonds publics, au scandale des commandites de 1996 à 2003, le mouvement souverainiste atteignit un sommet avec l'appui de 54% de la population québécoise en 2005, alors que 76% estimaient avoir été trahis par le gouvernement fédéral[63],[64]. La validité des résultats est par ailleurs remise en question depuis 2006, depuis l'enquête sur Option Canada, un organisme semi-clandestin du gouvernement fédéral, qui fut accusé de pratiques illégales lors du référendum de 1995, à savoir notamment, des dérogations à la Loi électorale du Québec ainsi qu'à la Loi sur l'immigration et la citoyenneté de son propre gouvernement constituant.

[modifier] Droit

Articles détaillés : Droit au Québec et Lois refondues du Québec.
Le palais de justice de la Cour d'appel du Québec à Montréal.

[modifier] Droit positif

La notion de droit québécois désigne l'ensemble des compétences législatives, droits, pouvoirs et privilèges constitutionnels de l'État du Québec. La coexistence du droit anglo-saxon (précisément, de common law) et du droit romano-germanique constitue la prémisse fondamentale du bijuridisme québécois[65],[66]. D'un point de vue théorique, le traité de droit anglais « Commentaries on the Laws of England »[67] est la principale doctrine servant à la compréhension des normes juridiques de la common law. De même, le Code civil du Québec sert de référence formelle quant à l'application de la tradition romano-germanique.[68],[69]

L'expression common law est intraduisible en français[70]. D'un point de vue historique, elle se réfère néanmoins au « droit égalitaire des gens et collectivités du bas-peuple » (ou droit populaire) par lequel chaque individu ou groupe s'autogouverne (liberté de choix) selon un droit coutumier. Leurs usages et pratiques sociales prévalent ainsi sur l’autorité de la Couronne et de la noblesse anglaise, avec un droit jurisprudentiel qui supplante le droit législatif. En droit constitutionnel écrit, les principes juridiques applicables au Québec sont conséquents aux peuples germaniques, avec une procédure accusatoire et des édits royaux d'origine anglaise et canadienne. Inversement, le patrimoine culturel de langue française se manifeste en droit québécois par la prévalence de la tradition sociale et populaire, depuis la Coutume de Paris jusqu'aux préceptes du code civil des Français.

[modifier] Branche du droit public

L'hôtel du Parlement où siège l'Assemblée nationale du Québec, fondement dans l'organisation du système public québécois.

Dans la philosophie juridique de la common law appliquée au Québec, le rôle fondamental de toutes instances publiques (ex. : Assemblée nationale, gouvernement, conseils municipaux, corps policiers, commissions scolaires, etc.) se limite à conseiller les citoyens. Ainsi, les recommandations des représentants élus, faites en droit législatif, sont des compléments au droit de chaque individu de s'autogouverner, indépendamment d’une hiérarchie étatique et de tout autre individu dans la société, dans les secteurs de règlementation des matières de droit public (ex. : fiscalité, systèmes de santé et d’éducation, conduite automobile, etc.). Ce droit individuel a préséance sur l’autorité de toutes instances publiques seulement dans les secteurs de règlementation où une modification relative à ceux-ci ont un effet direct sur cet individu. Les instances publiques doivent alors adopter et appliquer des décisions conformément à la volonté de l'individu concerné directement[71].

Dans la même optique, ils doivent adopter et appliquer des décisions selon la volonté, expresse ou tacite (par initiative populaire), d’une majorité confondue lorsque plus d’un individu est concerné directement et que ceux-ci forment un groupe distinct (géographique, économique, social, culturel, politique, etc.)[72]. À l'instar du droit de chaque individu, tout groupe distinct a le droit de s'autogouverner individuellement et indépendamment des autres groupes. Cependant, un groupe d'individus formant une organisation privée (ex.: entreprise) est vu comme un seul et unique individu à l'intérieur d'un groupe distinct. Lorsque, par usage, de nouvelles pratiques sociales sont développées et généralement reconnues par la jurisprudence dans un groupe distinct, celles-ci sont uniformément appliquées par les tribunaux du Québec à ce groupe, nonobstant la législation ou règlementation en vigueur, et peuvent donc éventuellement obliger les instances publiques à revoir inconditionnellement leurs décisions, conformément à la volonté de ce groupe[73]. Selon la taille de chacun des groupes existants et le secteur de règlementation, le changement de mentalité, le mouvement naturel des gens et l'influence médiatique, entre autres, entraînent une rapidité de changement variable dans les groupes, les usages et les pratiques sociales.

D'un point de vue judiciaire, les tribunaux possèdent un pouvoir discrétionnaire défini par un corpus de normes procédurales nommé equity[74] et constitué dès le XIIIe siècle. Parallèle à la common law, il est consolidé dans des précédents distincts de ceux statuant sur les usages et pratiques sociales en vigueur. Une plus grande flexibilité de la common law est alors créée dans le processus de rétablissement de la justice. Par les pratiques sociales en vigueur, le Code de procédure pénale et le Code de procédure civile en reflètent les principaux attributs au sein du droit jurisprudentiel du Québec.

Le système juridique de la common law, combiné au droit jurisprudentiel, tend donc à protéger l'autonomie et la souveraineté de chaque individu et groupe distinct dans leurs compétences inhérentes. Parallèlement, dans la philosophie juridique du Québec, la coexistence de la common law et du droit romano-germanique appuie le bijuridisme. Dans ce système, les compétences intrinsèques des groupes distincts (common law) sont transférées par délégation de pouvoirs à une autorité nationale responsable de l'administration intégrale (droit romano-germanique). D'un point de vue collectif, cette pratique caractéristique du droit public québécois tend à uniformiser les usages populaires et à les rendre explicites, afin d'en améliorer la compréhension dans le contexte québécois et d'en faire une évaluation juste et équitable pour tous. Par référence à l'application de toutes lois écrites, elle offre alors un support aux pratiques sociales de la société québécoise, ainsi qu'une protection contre le lobbyisme et les stratagèmes de modifications forcées par usage, à l'encontre des individus ou groupes sociaux.

[modifier] Branche du droit privé

La tour de la Bourse de Montréal et de l'Autorité des marchés financiers : les transferts de propriété des valeurs mobilières sont régis par le système privé québécois.

Tout comme en droit public, les traditions romano-germaniques sont reflétées à plusieurs égards dans les matières de droit privé (ex. : propriété, contrats, services financiers, opérations de commerce, conditions de travail, etc.), notamment par le maintien d'un Code civil du Québec, codifiant les principales lois régissant les relations privées entre individus. Le patrimoine socio-culturel québécois privilégie alors des notions telles la profession de notaire - inexistante ailleurs en Amérique du Nord - la hiérarchie des normes juridiques et l'approche judiciaire basée sur la seule interprétation des codes et lois. Alors que les usages du droit public enjoignent des pratiques sociales à valeur impérative, les lois du droit privé constituent un ensemble de normes facultatives ou supplétives de volonté, dans l'exercice des droits civils, grâce aux principes de la common law.

Dans tous les cas, les principes fondamentaux de la common law sont ainsi, comme en droit public, applicables à la branche du droit privé. Par le droit à l'autogouvernance, chaque individu possède alors la souveraineté, dans la gestion de sa vie privée et familiale, ainsi que dans ses relations avec ses concitoyens (définies par usages ou contrats, écrits ou verbaux, exprès ou tacites). Cependant, le Québec possède un privilège constitutionnel lui donnant compétence exclusive en la matière, grâce à l'interaction des dispositions relatives au droit civil et à la propriété, sous la Loi constitutionnelle de 1867[75]. Par ce privilège, le patrimoine socio-culturel du Québec offre un soutien socio-politique à chaque individu, en permettant une référence législative dans les matières de droit privé considérées relever de l'ordre public (ex.: droit des assurances, de la consommation, de la famille, des syndicats et des valeurs mobilières). Ainsi, ce processus permet de rationaliser les pratiques sociales en matière de responsabilité civile et professionnelle, selon un modèle uniforme compatible à la culture générale de la société. Alors que dans les juridictions de common law autres que celle du Québec, les conventions populaires tendent à suivre plus précisément l'exactitude de la tradition britannique; le droit privé étant généralement libre de tout soutien politique et référence législative.

Par les usages citoyens agréant le soutien législatif en droit privé, ce privilège tend donc à protéger les relations égalitaires du Québec en équilibrant les rapports de force entre tous individus, organisations et entreprises privées, par la référence instinctive d'un individu au soutien socio-politique et au respect de toutes lois écrites en ces matières[76]. Au premier abord, contrairement à toute autre juridiction de common law, la jurisprudence acquiesce toutefois à la théorie où toutes lois écrites en droit privé sont applicables à tous en tout temps, du fait qu'une majorité d'individu, répartie uniformément dans toutes les régions et localités du Québec, accepterait de s'y conformer, créant ainsi une probabilité quasi parfaite pour tout individu d'entrer en relation avec une telle personne.

D'autre part, les relations contractuelles de toutes instances publiques avec des individus, organisations et entreprises privées, relèvent de la branche du droit privé, sur une base égalitaire (ex.: les partenariats publics-privés et les dispositions de biens publics, tels les terres du domaine de l'État).

[modifier] Système judiciaire

Article détaillé : Système judiciaire du Québec.

L’administration du système de justice et le maintien de la primauté du droit au Québec sont assurés par le ministère de la Justice du Québec. Ce dernier répond à sa mission en assurant, notamment, l'accessibilité des services de la justice à la majorité de la population, par le maintien de districts judiciaires[77].

[modifier] Sécurité civile et publique

Deux auto-patrouilles de la Sûreté du Québec, de marque Ford Crown Victoria.

Le Procureur général du Québec est mandataire de l'État et responsable d’ester en justice en son nom dans les matières de droit public[78]. Il est représenté en cour par des avocats, nommément les procureurs aux poursuites pénales et criminelles.

Parallèlement, le ministère de la Sécurité publique du Québec a pour fonctions d'administrer la sécurité civile et les services correctionnels. Cet exercice s'effectue notamment par l'intermédiaire de la Sûreté du Québec (SQ) et des services municipaux de sécurité incendie.

Dans les matières de droit privé, les shérifs (un par district judiciaire) sont responsables de l’exécution des brefs ou ordres de la Cour, le suivi des actes de procédure, les transactions de saisies et la gestion de la trésorerie des ventes judiciaires. Dans l'exécution de leurs tâches, ils peuvent s'adjoindre des substituts, les huissiers de justice. Ils sont aussi affectés aux affaires pénales, à l'assignation et la surveillance des jurés.

[modifier] Tribunaux

Les tribunaux judiciaires du Québec sont organisés en une pyramide dont le sommet est comblé par la Cour d'appel du Québec. Étant une cour supérieure, elle entend toutes causes dont les jugements de première instance sont pourvus en appel. De même, elle possède le pouvoir traditionnel de conseiller le gouvernement, en étant la gardienne du Droit civil (dit, romano-germanique) et en assurant donc, l'application intégrale de la législation dans un système de common law (bijuridisme)[79].

La Cour supérieure du Québec possède, quant à elle, le pouvoir inhérent de statuer sur toutes causes autres que celles dont les compétences sont assignées exclusivement aux cours inférieures de première instance. Elle possède donc, dans la juridiction de première instance, le pouvoir résiduaire à l'instar de la Cour d’appel. Dans cette compétence, la Cour supérieure du Québec possède le pouvoir traditionnel de surveillance sur la légitimité des jugements des autres cours.

La Cour du Québec, les cours municipales, le Tribunal des droits de la personne et le Tribunal des professions, tous des tribunaux de première instance, sont de leur côté des cours inférieures, c'est-à-dire dont les compétences sont limitées aux pouvoirs qui leur sont expressément dévolus par l'autorité les ayant créées. De plus, la Cour du Québec est constituée de trois chambres : la Chambre de la jeunesse, la Chambre criminelle et pénale ainsi que la Chambre civile. Cette dernière comprend en plus la Division des petites créances (communément appelée, la Cour des petites créances).

[modifier] Organisation politique

Les collectivités locales sont au centre de la gouvernance territoriale.

La gouvernance territoriale du Québec est essentiellement fondée sur les principes juridiques de l'état de droit. En common law, les usages citoyens organisent d'abord la souveraineté des collectivités locales, dans leurs compétences inhérentes. L'État national peut ensuite s'administrer en droit législatif, selon un mode organisationnel propre (ex.: par décentralisation ou déconcentration). Cependant, la souveraineté des collectivités locales forme le centre d'analyse de l'applicabilité de la norme nationale.

Les collectivités locales s'administrent par usage et existent sous différentes formes : électorales, fiscales, judiciaires, paroissiales, scolaires, etc. De même, nombre de collectivités locales sont vaguement définies par les usages singuliers; alors, précisés séparément en droit jurisprudentiel. En parallèle, les collectivités publiques sont des collectivités locales où l'État national superpose, à leur administration territoriale, un cadre organisationnel d'autorités élues (ex.: municipalités et régions).

[modifier] Système politique

Article détaillé : Partis politiques québécois.
Le logo officiel de l'Assemblée nationale du Québec.

Le système politique du Québec est à la fois une démocratie libérale et monarchie constitutionnelle à régime parlementaire, fondé sur le système de Westminster[5]. Ainsi, la présence du lieutenant-gouverneur du Québec est assurée en droit législatif; ses fonctions concordent toutefois avec la démocratie[80]. Parallèlement, l'État repose sur des pratiques constitutionnelles assurant la république en common law.[81],[82]

Depuis l'abolition du Conseil législatif du Québec en 1968, le Parlement du Québec est uniquement formé de l'Assemblée nationale du Québec[83]. Chaque élection générale québécoise est tenue dans un délai maximal de cinq années depuis la dernière[84].

Le pouvoir exécutif est incarné par le gouvernement du Québec; la direction étant assumée par le Conseil des ministres du Québec, lui-même présidé par le premier ministre du Québec[85]. Suivant le principe démocratique, le Conseil est composé de députés membres du groupe parlementaire formant la majorité relative de l'Assemblée nationale, avec à sa tête le chef de ce groupe.

La dynamique politique du Québec, d'une part, intègre les idéologies de l'axe politique gauche-droite et d'autre part, illustre sur leur axe respectif les degrés de nationalisme québécois et d'aspirations pour la souveraineté du Québec. Les partis politiques siégeant à l'Assemblée nationale sont, dans l'ordre décroissant de leur représentation : Parti libéral du Québec (PLQ), Parti Québécois (PQ), Action démocratique du Québec (ADQ) et Québec Solidaire (QS).

[modifier] Palier local et supralocal

La municipalité locale est une collectivité publique constituée des résidents d'un même territoire de proximité. Elle est généralement la seule collectivité publique élue au suffrage universel, avec celle du Québec. Les arrondissements sont des subdivisions municipales érigées en collectivités publiques. Dans les municipalités où ils sont présents, ils assurent les services directs à leurs résidents et sont caractérisés par leur profil sociodémographique. Lors des réorganisations municipales québécoises de 2006, certaines municipalités se sont constituées en agglomérations. Celles-ci regroupent alors les services locaux d'intérêt collectif pour des raisons d'efficacité et d'équité.

La ville de Gatineau, dans la région administrative de l'Outaouais.

L'administration des municipalités locales et agglomérations se fait en deux modes; d'une part, en palier unique et, d'autre part, en double palier. Depuis le début des années 1980, les municipalités régionales de comté (MRC) sont des collectivités publiques supralocales assurant des services aux collectivités municipales qui se sont constituées en régions d'appartenance quotidienne. En parallèle, l'Administration régionale crie (ARC), l'Administration régionale Kativik (ARK), la Jamésie et la Basse-Côte-Nord sont des territoires équivalents (TE). Ceux-ci sont des collectivités publiques similaires aux municipalités régionales de comté, caractérisées par des différences propres à chacune. D'autre part, les territoires non organisés (TNO) sont des collectivités locales dépourvues d'une organisation municipale. Toutefois, ils sont parties intégrantes d'une municipalité régionale de comté ou d'un territoire équivalent. En outre, la Communauté métropolitaine de Montréal et la Communauté métropolitaine de Québec sont deux collectivités publiques supralocales dont la compétence est propre aux réalités régionales de leur territoire, en matière d'emploi et de mouvement quotidien de la main-d'œuvre.

L'intermunicipalité au Québec est une forme de coopération entre municipalités locales ou municipalités régionales de comté (MRC), relevant d'une entente d'association en vue d'un projet commun, soit par délégation de compétence ou par gestion commune via une régie intermunicipale, afin de répondre aux particularités locales et régionales des collectivités publiques ainsi regroupées[86].

[modifier] Organisation régionale

Les régions administratives du Québec sont au nombre de dix-sept[87]. Les Conférences régionales des élus (CRÉ) sont des instances de concertation créées par le gouvernement du Québec. Elles sont alors les interlocuteurs régionaux privilégiés du Conseil des ministres.

Les collectivités publiques régionales regroupent une compétence dans les secteurs socio-économique et géopolitique. Elles s'administrent par le truchement des représentants municipaux réunis en leur Conférence régionale des élus.

Numéros des régions administratives
Région administrative Population
(2006)
Superficie
(km2)
Densité
(hab./km2)
Plus grande ville
01 Bas-Saint-Laurent 0201692 201 692 022185 22 185 0009.1 9,1 Rimouski
02 Saguenay–Lac-Saint-Jean 0274095 274 095 095893 95 893 0002.9 2,9 Saguenay
03 Capitale-Nationale 0671468 671 468 018639 18 639 0036.0 36,0 Québec
04 Mauricie 0260461 260 461 035452 35 452 0007.3 7,3 Trois-Rivières
05 Estrie 0302161 302 161 010195 10 195 0029.6 29,6 Sherbrooke
06 Montréal 1873971 1 873 971 000498 498 3761.6 3761,6 Montréal
07 Outaouais 0347214 347 214 030504 30 504 0011.4 11,4 Gatineau
08 Abitibi-Témiscamingue 0144835 144 835 057340 57 340 0002.5 2,5 Rouyn-Noranda
09 Côte-Nord 0095948 95 948 236700 236 700 0000.4 0,4 Sept-Îles
10 Nord-du-Québec 0040637 40 637 718229 718 229 0000.1 0,1 Chibougamau
11 Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine 0095872 95 872 020272 20 272 0004.7 4,7 Gaspé
12 Chaudière-Appalaches 0397777 397 777 015071 15 071 0026.4 26,4 Lévis
13 Laval 0376845 376 845 000246 246 1532 1532,0 Laval
14 Lanaudière 0434872 434 872 012313 12 313 0035.3 35,3 Terrebonne
15 Laurentides 0518621 518 621 020560 20 560 0025.2 25,2 Saint-Jérôme
16 Montérégie 1386963 1 386 963 011111 11 111 0124.8 124,8 Longueuil
17 Centre-du-Québec 0228099 228 099 006921 6921 0033 33,0 Drummondville

Source : Institut de la Statistique du Québec

Contrairement aux autres régions qui ne forment, chacune, qu'une seule région socio-économique et géopolitique en elle-même, la Montérégie est un territoire dont l'administration est proprement assurée par trois régions distinctes et indépendantes l'une de l'autre. Ainsi, chacune est organisée au même titre que les régions administratives du Québec et possèdent, alors, ses compétences régionales propres : Longueuil (ou, Rive-Sud de Montréal), Montérégie-Est (ou, l'est de la Montérégie) et Vallée-du-Haut-Saint-Laurent (ou, Suroît).

De même, les régions de la Jamésie (ou Baie-James), de l'Eeyou Istchee (ou Grand Conseil des Cris) et du Nunavik (ou Nouveau-Québec) se distinguent l'une de l'autre dans le Nord-du-Québec.

[modifier] Terres du domaine privé

Montréal vu du mont Royal, tableau peint en 1853-54 par Edwin Whitefield (1816-1892), avec la basilique Notre-Dame et le marché Bonsecours dans la seigneurie de Ville-Marie, ainsi que l'île Sainte-Hélène et le mont Saint-Hilaire, à l'horizon.

Les terres du domaine privé composent environ 8 % du territoire québécois. Depuis le remplacement du régime seigneurial de la Nouvelle-France, en 1854, le système cantonal du Québec forme la politique de division des terres[88]. Ainsi, les propriétés privées sont établies selon un mode de tenure en franc et commun soccage, contrairement au mode de tenure en franc-alleu du régime seigneurial. D'une part, l'ancien régime dessine la vallée du Saint-Laurent et, d'autre part, le système cantonal assure, depuis son entrée en vigueur, une diffusion rapide et organisée des bases de population à l'intérieur des terres. La gestion du système cantonal était sous la responsabilité du ministère de la Colonisation jusque dans les années 1970, après quoi ses compétences furent attribuées à d'autres ministères.

Montréal vu du mont Royal, en 2006 : dans le développement cantonal de la ville, le Vieux-Montréal (ancienne seigneurie de Ville-Marie) devint le siège du comté d'Île-de-Montréal, situé à l'intersection des deux cantons riverains (Est et Ouest) formés par la rue Notre-Dame, parallèle au fleuve, et le boulevard Saint-Laurent (dit, la Main) comme frontière mitoyenne.

« Depuis 1966, aucune proclamation n'a été émise à l'effet d'ériger de nouveaux cantons même s'il existe toujours de vastes étendues du Québec qui n'ont été partagées ni en seigneuries ni en cantons. Aujourd'hui, il ne s'agit plus tellement d'ouvrir de nouvelles régions à la colonisation que de répondre à des besoins très spécifiques de gestionnaires de l'État »[89].

Avant la création des municipalités régionales de comté (MRC) et des régions administratives, dans les années 1980, les paroisses catholiques formaient les divisions ultimes du territoire, telles que définies par l'évêque de Québec. Dans ce système, la gouvernance territoriale était assurée par les comtés. Ceux-ci constituaient des organisations offrant tous les services locaux aux citoyens des paroisses qu'ils regroupaient, tels les assemblées politiques de citoyens, le conseil de comté, la gare, le marché, les services de polices, les tribunaux, etc. Ces comtés formaient en outre les circonscriptions électorales pour l'élection des députés à l'Assemblée nationale. Repérables par leur position dans le cadastre actuel, leur siège, situé à la jonction de quatre cantons, était entouré des paroisses telles qu'enregistrées aux registres du diocèse de Québec.

[modifier] Terres du domaine de l'État

Le tableau Lever du soleil sur le Saguenay de Lucius O'Brien, 1880, représentant l'escarpement du cap Trinité dans le parc national du Saguenay.

Les terres du domaine de l'État constituent une vaste étendue de terres publiques couvrant environ 92% du territoire québécois. Elles sont à l'origine de la Nouvelle-France, grâce aux coureurs des bois et explorateurs qui s'y aventuraient à maintes reprises. Elles forment ainsi la part du territoire parallèle aux seigneuries du Québec et aux terres divisées en cantons.

Elles peuvent comprendre des aires protégées divisées en une vingtaine de désignations, telles des parcs nationaux, refuges fauniques, réserves de biodiversité, réserves fauniques, pourvoiries, zones d'exploitation contrôlée (ZEC), etc.

Chaque année, le gouvernement du Québec procède par tirage au sort pour l'attribution de lots et terrains de villégiature sur les terres du domaine de l'État[90].

Des groupes de population peuvent y vivre de façon permanente ou saisonnière et y exercer diverses activités, mais sont assujettis aux dispositions de l'État québécois règlementant les terres publiques et aires protégées.

[modifier] Politiques publiques

Article détaillé : Modèle québécois.

[modifier] Politique nationale

Surplombant le crucifix du Salon bleu, le Débat sur les langues de Charles Huot représente la Chambre d'assemblée du Bas-Canada au 21 janvier 1793, dans le palais épiscopal de Québec.

La politique nationale du Québec recouvre l'intégralité des domaines relatifs à la nation québécoise. Plus particulièrement, elle établit les valeurs et fondements sur lesquels la société québécoise fonde sa cohésion et sa spécificité. La constitution québécoise est ainsi enchâssée dans une série de traditions sociales et culturelles, définies par un ensemble de jugements judiciaires et documents législatifs, dont la Loi sur l'Assemblée nationale[91], la Loi sur l'exécutif[92] et la Loi électorale du Québec[93]. D'autres exemples notables comprennent :

De plus, elle s'appuie sur un ensemble d'énoncés clarifiant et renforcissant les pratiques sociales déjà établies. Par exemple, dans son communiqué du 8 février 2007[97] créant la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles (Commission Bouchard-Taylor), le premier ministre du Québec Jean Charest réaffirme les trois valeurs fondamentales de la société québécoise, qui « ne peuvent faire l’objet d’aucun accommodement (...) [ni] être subordonnées à aucun autre principe »[44] :

  • L’égalité entre les hommes et les femmes;
  • La primauté du français;
  • La séparation entre l’État et la religion.

En outre, le Québec se définit comme un État de droit[98], libre et démocratique.

Alors qu'il est reconnu pour avoir défendu l'affirmation nationale et l'autonomie du Québec, Honoré Mercier fut premier ministre du Québec de 1887 à 1891.

L'Assemblée nationale du Québec a d'ailleurs adopté, le 30 octobre 2003, une résolution[99] réaffirmant que le peuple québécois forme une nation, ainsi qu'une motion[100], le 22 mai 2008, citant :

« Que l'Assemblée nationale réitère sa volonté de promouvoir la langue, l'histoire, la culture et les valeurs de la nation québécoise, favorise l'intégration de chacun à notre nation dans un esprit d'ouverture et de réciprocité et témoigne de son attachement à notre patrimoine religieux et historique représenté par le crucifix de notre Salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions. »
Le gouvernement de Lomer Gouin, premier ministre libéral de 1905 à 1920, fut l'initiateur de la motion Francœur sur la sécession du Québec, en 1918.

[modifier] Politique internationale

La politique internationale du Québec fonde sa cohérence sur la doctrine Gérin-Lajoie[101], formulée en 1965. Alors que le ministère des Relations internationales du Québec en coordonne les principes directeurs, les délégations générales du Québec en sont les principaux interlocuteurs dans plusieurs villes du monde. Dans les dossiers relevant des compétences législatives du Québec, le fondement de la diplomatie québécoise affirme ainsi que seuls les corps politiques du Québec possèdent le pouvoir d'y négocier entièrement, avec les chefs d'État, gouvernements, ambassades et consulats étrangers, et d'y conclure, indépendamment de toute influence externe, des accords, ententes, programmes et traités. Par conséquent, des organisations internationales en ces matières, dont celle de la Francophonie, seuls ces corps politiques sont habilités à y siéger.

[modifier] Politique environnementale

Depuis 2006, le Québec s’est doté d’un plan vert dans le but d’atteindre les objectifs du protocole de Kyōto relativement aux changements climatiques[102]. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec est le principal responsable de l'application de la politique environnementale. Pour sa part, la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) est le principal organisme responsable de la gestion des parcs nationaux, réserves fauniques, etc[103]. De son côté, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec joue, dans ses domaines, un rôle conjoint dans la politique environnementale. Alors que l’hydroélectricité, renouvelable et peu polluante, constitue la principale source d'énergie pour le Québec, l'Agence de l'efficacité énergétique du Québec fut instituée en 1997[104]. Elle coïncide ainsi avec le développement de l'énergie éolienne au Québec qui fut entamée après la signature du protocole au début des années 1990.

Alors qu'il fut premier ministre du Québec de 1920 à 1936, Louis-Alexandre Taschereau réussit à ralentir le phénomène d'émigration massive vers les États-Unis, mieux connu sous le nom de la Grande Hémorragie, en étant le premier à considérer le potentiel hydraulique du Nouveau-Québec, dans une période de Grande Dépression et de Prohibition.

[modifier] Politique agro-alimentaire et forestière

L'agriculture au Québec fait l'objet d'une règlementation sur le zonage agricole, depuis 1978[105]. Devant l'expansion de l'urbanisation, des zones furent alors créées afin d'assurer la protection des terres fertiles qui composent environ 2% de la superficie totale du territoire québécois[106]. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) en est la principale garante[107]. Avec ses nombreuses institutions, la ville de Saint-Hyacinthe est la technopole agricole du Québec et Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale.

Les forêts du Québec sont, quant à elles, essentiellement de propriété publique. Alors que le calcul des possibilités annuelles de coupe relève de la compétence du Bureau du forestier en chef[108], la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) travaille en partenariat public-privé (PPP) avec le gouvernement québécois. L'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) assure, pour sa part, les intérêts de ses membres, y compris les travailleurs de la foresterie, et travaillent conjointement avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.

[modifier] Politique de l'emploi et de l'immigration

Le gouvernement d'Adélard Godbout, premier ministre de 1939 à 1944, accorda le droit de votes aux femmes en 1940, rendit obligatoire les études jusqu'à l'âge de 14 ans, instaura la gratuité scolaire au niveau primaire et affirma le droit à la syndicalisation des travailleurs.

Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec veille au développement social et de la main-d'œuvre, par les organismes d'Emploi-Québec et ses centres locaux d'emploi (CLE)[109]. De plus, il est responsable de la gestion du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) ainsi que du soutien financier de dernier recours aux familles et personnes démunies.

Chapeautées par le ministère du Travail du Québec, la Commission des normes du travail du Québec et la Commission des relations du travail du Québec voient au respect des conditions minimales pour tous les travailleurs[110] ainsi que des conventions collectives conclues entre syndicats d'employés et patronaux[111].

L'immigration au Québec est soutenue par des programmes d'intégration favorisant le français, comme langue commune de tous les Québécois, ainsi que les principes de pluralisme et d'interculturalisme. Alors que le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec est responsable de la sélection et intégration des nouveaux arrivants au Québec[112], la politique d'immigration privilégie le respect des valeurs québécoises et caractéristiques d'ordre culturelles, historiques et sociales[113],[114].

[modifier] Politique des affaires sociales et de l'éducation

L'école de rang, ici dans la région de Granby au début du XXe siècle, est un symbole de l'éducation scolaire d'antan.

Le réseau québécois de la santé et des services sociaux est administré par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Composé de 95 réseaux locaux de services (RLS) et 18 agences de la santé et des services sociaux (ASSS ou communément, régie régionale), il est supporté par la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ) qui travaille à maintenir l'accessibilité des services pour tous les citoyens du Québec[115]. Les soins préhospitaliers et missions de sauvetage sont assurés par des fondations et organisations à but non lucratif.

Les centres de la petite enfance (CPE) sont des institutions alliant la politique familiale à l'éducation. Ils sont administrés par le ministère de la Famille et des Aînés du Québec.

Le système d'éducation québécois est administré par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, conjointement avec le Conseil supérieur de l'éducation du Québec[116]. Il est composé d'un réseau de commissions scolaires[117] qui regroupent des écoles publiques financées par l'État et des écoles privées[118],[119]. Les études post-secondaires comprennent, outre l'Université du Québec[120], des établissements tels des centres de formation professionnelle, des collèges d'enseignement général et professionnel (cégep)[121] et des universités privées.

[modifier] Autochtones

Article détaillé : Autochtones du Québec.
Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Samuel de Champlain, à bord du Don de Dieu, lors de son arrivée à Québec en 1608, selon George Agnew Reid en 1909.

Les Autochtones habitent ce qui est aujourd'hui le Québec depuis plusieurs millénaires. Chacun des peuples a une structure sociale, un territoire et une culture qui lui est unique. En 2003, la population amérindienne et inuite du Québec comptait 159 905 personnes[122]. Cependant, comme la loi n’a reconnu que les enfants de père autochtone jusque dans les années 1980, il est possible que leur nombre soit plus élevé, sans compter les Métis.

Tous les peuples dont les territoires sont principalement situés au sud du 55e parallèle sont collectivement appelés « Amérindiens », « Indiens », « Premières nations » ou, de façon obsolète, « Peaux rouges ». Les dix nations amérindiennes du Québec se rattachent à deux groupes linguistiques. La famille algonquienne comprend huit nations, à savoir les Abénaquis, les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Malécites, les Micmacs, les Montagnais et les Naskapis. Ces deux derniers peuples formaient jusqu'en 1978 une seule et même nation : les Innus. La famille iroquoienne est composée des Hurons-Wendat et des Mohawks. Cependant, seuls ces derniers composent la confédération iroquoise (Haudenosaunee) avec cinq autres nations autochtones de l'État de New York et de l'Ontario. La onzième nation autochtone du Québec, les Inuits (de façon obsolète, les Esquimaux), appartient quant à elle à la famille inuit-aléoute. Les Inuits vivent principalement au Nouveau-Québec (Nunavik) et composent la majorité de la population vivant au nord du 55e parallèle.

L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL)[123], le Grand Conseil des Cris et la Société Makivik[124] sont les institutions représentant, dans leurs compétences propres, les peuples autochtones du Québec.

[modifier] Relations avec les Québécois

Un inukshuk inuit sur la place de l'Assemblée-Nationale à Québec.

Bien qu’ils représentent aujourd’hui, officiellement, seulement 2,2 % de la population québécoise, les Autochtones ont beaucoup apportés à la société québécoise grâce au développement de relations avec les colons, notamment avec les coureurs des bois, les marchands, les cartographes, les pères Jésuites, etc. En plus de contribuer à la toponymie québécoise, des exemples d'apports considérables résident dans leurs connaissances relativement plus avancées dans les domaines suivants : la médecine holistique, le fonctionnement de la biologie humaine, les remèdes soignant le scorbut à l'arrivée des colons (faits de gomme blanche à base de plantes indigènes : sapin, cèdre blanc ou anneda, selon les théories), les vêtements d'hiver (tannage de la fourrure), l'architecture des habitations (isolation contre le froid), les moyens de transport sur neige (raquette à neige et traîneau à chiens) et sur l'eau (canots d'écorce et kayaks), l'acériculture, les sports (crosse et pêche blanche), les techniques de chasse à l'orignal et au caribou, le trappage et la traite des fourrures, le territoire et ses composantes, les bassins versants et leurs cours d'eau, les ressources naturelles, etc[125].

Lors de l'arrivée des Européens en Amérique au XVIe siècle, les peuples de langues algonquiennes et les Iroquoiens du Saint-Laurent se firent alliés des colons français dans un but de commerce. La première relation se fit à l'arrivée de Jacques Cartier lorsqu'il mit pied à Gaspé et rencontra Donnacona, chef du village de Stadaconé (aujourd'hui, la ville de Québec), en 1534. L'invention de la légende du Royaume de Saguenay, par ce dernier lors de son voyage en France, incita par ailleurs le roi à financer de nouveaux voyages vers le Nouveau Monde.

Dès 1603, Samuel de Champlain conclut un traité avec les Montagnais et leur chef Anadabidjou, à Pointe Saint-Mathieu (sur la rive opposée de l'embouchure de la rivière Saguenay, en face de Tadoussac). En échange d'un appui militaire contre les attaques iroquoises, les colons obtiennent l'autorisation de s'établir sur les terres autochtones. Les Malécites et Micmacs se joignent à l'alliance quelques jours plus tard. « Plutôt que par la conquête et par la force, c'est en favorisant des alliances commerciales et militaires, en concluant de nombreux traités de paix et d'amitié que les relations entre les deux peuples se sont solidifiées »[126]. Cela constituait « un facteur décisif dans le maintien d'une entreprise coloniale française en Amérique malgré un désavantage numérique énorme vis-à-vis la colonisation britannique »[127].

Bien que les guerres intermittentes entre nations autochtones commencèrent avant l'arrivée des Européens, les relations de la Nouvelle-France avec les Hurons et nations algonquiennes opposèrent de fait les Iroquois, permettant ainsi l'alliance stratégique des Anglais avec ceux-ci. En 1701, le gouverneur de la Nouvelle-France, Hector de Callières, conclut la Grande paix de Montréal qui mit fin aux guerres entre peuples autochtones et par laquelle la confédération iroquoise adopta une attitude de non agression, envers les colons français et les autres nations autochtones. Elle fut par ailleurs commémorée lors de son tricentenaire, en 2001, à l'occasion de la signature de la Paix des Braves entre le gouvernement du Québec et le Grand Conseil des Cris, par suite de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975[128],[129]. Les bouleversements de la conquête britannique de 1760 amena une dynamique où toutes les nations autochtones s'élevèrent contre les conquérants anglais. Lors de la guerre d'indépendance américaine, les Iroquois du Québec s'allièrent les Américains contre les Anglais, mais furent envahis et pillés par ceux-ci après leur victoire. Depuis la révolution tranquille, le gouvernement du Québec est en mesure de développer les relations d'avant-conquête et de concentrer des efforts, indépendamment du gouvernement fédéral, pour préserver la culture et défendre les droits ancestraux des Amérindiens, via le Secrétariat aux affaires autochtones créé en 1978.

[modifier] Droit des peuples autochtones

Nemiscau : village du Nord-du-Québec où siège le Grand Conseil des Cris.

Lors de la Proclamation royale de 1763, un droit incontestable est confirmé aux autochtones sur leurs terres. Cependant, par suite de cette même proclamation, après les traités de paix et d'amitié concluent en Nouvelle-France, la Couronne anglaise instituera les traités territoriaux, par lesquels les autorités britanniques procèderont à l'extinction totale des titres fonciers des nations autochtones. « En visualisant la carte des traités territoriaux ratifiés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, nous constatons que rien de tel n'a été conclu sur le territoire du Québec »[130].

Entièrement sous tutelle fédérale, les droits autochtones sont énoncés par la Loi sur les Indiens, maintenue en vigueur depuis la fin du XIXe siècle par un Parlement fédéral à majorité anglaise. Celle-ci les circonscrits d'ailleurs à l'intérieur des réserves indiennes créées à cet effet.

L'administration de la région du Nouveau-Québec (Nunavik) est conférée de fait aux Inuits par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, signée avec le gouvernement du Québec en 1975. Celles-ci étend les droits autochtones sur les terres qui se trouvent au-delà des réserves indiennes, sur plus du deux tiers du territoire québécois. La nation crie possède une autonomie similaire à celle des Inuits en vertu de la même convention et de la création de l'administration régionale crie. En 1978, lors de la signature de la Convention du Nord-Est québécois, les Innus de Kawawachikamach ont créés une scission au sein de leur peuple en formant un groupe distinct, les Naskapis, et se sont joints à l'administration régionale Kativik du Nouveau-Québec. Ils se sont ainsi détachés de leur assujettissement à la Loi sur les Indiens du Parlement fédéral. Des pourparlers sont, de même, en cours depuis quelques années avec les Montagnais de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la création d'une autonomie similaire à celle des Cris, Inuits et Naskapis, par la formation de deux territoires distincts, l'Innu Assi et le Nitassinan, jouissant de pouvoirs et privilèges différents. Les sept autres nations demeurent assujetties à la loi fédérale, n'ayant convenu d'aucune entente avec le gouvernement du Québec et n'ayant d'ailleurs fait l'objet d'aucune revendication territoriale de leur part.

La réserve innue-montagnaise de Betsiamites, Côte-Nord.

Jusqu'à récemment, la Loi sur les Indiens du Parlement fédéral abordait dans le sens de l'émancipation des autochtones. Cependant, la nationalité et citoyenneté canadienne était attribuée aux autochtones, après la renonciation de leur identité nationale, dans un processus d'assimilation. « Les premières lois relatives à ces populations accordaient un très grand pouvoir au gouvernement [fédéral] de contrôler les Indiens vivant dans les réserves »[131]. Sous cette tutelle fédérale, le but ultime de la Loi était l'affranchissement des Indiens, à savoir la perte du statut par émancipation, notamment par l'obtention de diplômes universitaires. Une loi de 1933 accorde d'ailleurs au gouverneur en conseil le pouvoir d'émanciper un Indien sans son consentement, en vigueur jusqu'en 1951. D'ailleurs, par suite d'une décision du Comité des droits de l'Homme des Nations Unies, le Parlement fédéral a dû mettre fin, en 1985, à une discrimination et exclusion envers les femmes autochtones.

En droit constitutionnel canadien, les expressions « temps immémoriaux » et « droits ancestraux » se réfèrent à l'histoire des nations autochtones avant l'arrivée des explorateurs européens en Amérique. Plus précisément, une loi de l'Angleterre de 1276, rapatriée par la common law en 1867, en fixa implicitement le début au 3 septembre 1189, date du couronnement du roi Richard 1er (dit, Cœur de lion).

[modifier] Langue

Sur le plan linguistique, le Québec se distingue de ses voisins immédiats principalement par le fait que le français y est la seule langue officielle[132]. Le français y est aussi la langue commune, comprise et parlée (au moins de façon minimale) par 94,6 % de la population[133].

Quelque 80 % des Québécois ont pour langue maternelle le français[134], la langue officielle. L’anglais est la langue maternelle de près de 8 % de la population. Malgré leur déclin démographique, 71 % des Anglo-Québécois se considèrent bilingues, c’est-à-dire qu’ils ont une maîtrise suffisante du français pour soutenir une conversation[135]. Onze nations autochtones composent en outre le Québec. Au total, 159 905 autochtones y vivent, soit 2,2 % de la population[136]. Quant aux allophones, autochtones et immigrants confondus, ils comptent pour près de 12 % de la population du Québec[134]. La langue qu'ils utilisent le plus souvent à la maison est le français pour 51 % d’entre eux, et pour 71 % des immigrants dont l'arrivée est plus récente (depuis 1971)[137].

Les Québécois défendent la francophonie face à la prépondérance nord-américaine de la langue anglaise. Dans cette optique, le rapport de la Commission Gendron établira, en 1968, les fondements du Livre blanc pour la politique linguistique du gouvernement du Québec. Tributaire des commissions d'enquête, cet énoncé de politique accompagnera la Charte de la langue française (communément appelée Loi 101), mise en application par l’Office québécois de la langue française depuis 1977. « La campagne de désinformation systématique menée par les journaux de langue anglaise au sujet du Québec a pris naissance avec la Charte et n'a cessé de s'alimenter de la Charte; elle a suscité des préjugés tenaces et entretenu une méconnaissance profonde de la réalité québécoise »[138].

[modifier] Français

Le français québécois est la langue majoritaire et officielle du Québec, une variante du français parlée sur l’ensemble du territoire. L'Office québécois de la langue française travaille à l'application de la politique linguistique conjointement avec le Conseil supérieur de la langue française. Leurs recommandations s'intègrent au débat sur la norme du français québécois.

Le Grand Dictionnaire terminologique, la Banque de dépannage linguistique et les divers ouvrages soutiennent le développement et la pérennité de la langue française en Amérique du Nord. Depuis les années 1970, la recherche scientifique est assurée par des organisations universitaires dont le Trésor de la langue française au Québec de l'Université Laval et le groupe Franqus de l'Université de Sherbrooke.

Les langues d’oïl, parlées au nord de la France, qui influencèrent grandement le français québécois.

Les colons français qui vinrent coloniser la Nouvelle-France provenaient en grande partie des régions de l’Ouest et du Nord de la France. Ils parlaient généralement des langues régionales de la famille des langues d’oïl (à différencier des langues d’oc, parlées au Sud). Ainsi, la nécessité de se comprendre entre eux amena les colons à « unifier leurs patois » si bien que le français québécois devint en quelque sorte un nouveau patois particulièrement proche du normand, du picard, du poitevin et du saintongeais.

L'apport des différents dialectes amérindiens au lexique des colons de la Nouvelle-France, bien que fort restreint, doit également être souligné: la géographie, la température, la faune et la flore du Nouveau Monde présentaient de nombreuses particularités que la France ne connaissait pas. Les Européens s'approprièrent donc les termes amérindiens pour désigner ces réalités, et plusieurs de ces mots subsistent dans le français québécois encore aujourd'hui. Ce français québécois évolua ensuite sur les bases du français de la cour du roi de France de l’époque, du fait de l’arrivée des filles du Roy en Nouvelle-France, majoritairement orphelines et éduquées dans des orphelinats et couvents qui inculquaient le français du roy.

La conquête britannique de 1759 bouleversa l’évolution du français parlé au Québec et en Amérique du Nord. En coupant les liens avec la France, le français parlé au Québec se sépara définitivement du français parlé en métropole. Le français québécois naissait véritablement, conservant les particularités des anciennes langues d'oïl presque éteintes en France d’une part, et créant une terminologie propre d’autre part, influencés et menacés par la langue des nouveaux conquérants anglais.

[modifier] Anglais

L’anglais est la langue maternelle de 572 085 Québécois (7,9 % de la population). Ces derniers, appelés Anglo-Québécois, constituent le deuxième groupe linguistique en importance au Québec. Aussi, 50 060 personnes (0,7 % de la population) considèrent à la fois le français et l’anglais comme leur langue maternelle[139],[140].

Des Québécois anglophones notoires, de gauche à droite, de haut en bas : James McGill, John Molson Sr, John Redpath, Sir John Abbott, Wilder Penfield, Oscar Peterson, Brian Mulroney et Arcade Fire
L'édifice McGreer de l'Université Bishop's à Lennoxville, en Estrie.

L’anglais fit son apparition sur le territoire québécois à partir de 1760, année de la conquête britannique. C’est à cette époque que les premiers marchands, majoritairement anglais et écossais, vinrent s’installer dans les villes de Québec et de Montréal. Dès 1784, les Loyalistes de l'Empire-Uni firent augmenter considérablement le nombre d’anglophones sur le territoire québécois, par suite de leur expulsion à la guerre d'indépendance des États-Unis. Ces Loyalistes, évitant la campagne francophone et catholique, s’établirent principalement dans des régions alors peu développées, constituant ainsi les Cantons de l’Est et l’Outaouais. L'influence de l'anglais et les tentatives répétées d'assimilation linguistique eurent cependant un impact considérable sur la culture de langue française au Québec.

Aujourd'hui, les Anglo-Québécois résident principalement dans l’ouest de l’île de Montréal (West Island) et en Outaouais. Plusieurs sont d’ascendance britannique et celtique, provenant d’Irlande et de Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse, Pays de Galles). Les municipalités québécoises d'appellation anglaise sont d'ailleurs des lieux où une forte proportion d'anglophones étaient présents en 1977, année d'adoption de la Charte de la langue française. Depuis lors, plusieurs de ces municipalités sont redevenues majoritairement francophones.

Dans le milieu urbain québécois du XIXe siècle, la troisième langue européenne la plus parlée après le français et l’anglais était le gaélique. Bien que de nombreux immigrants irlandais et écossais (immigrés au XVIIIe et au XIXe siècle) passèrent du gaélique au français, sans apprendre l’anglais, plusieurs d’entre eux optèrent pour celle-ci (en particulier les Écossais). Aujourd’hui, le gaélique écossais n’est parlé que par une faible proportion des résidents de la ville de Compton, en Estrie. Une autre population de langue gaélique se trouve aux Îles de la Madeleine, sur l’île d’Entrée.

[modifier] Langues allophones

Selon le recensement de 2006, le Québec comprend 886 280 allophones, soit 11,9 % de la population[141]. Ces allophones ont une langue maternelle autre que le français et l’anglais, mais qui souvent parlent ou comprennent au moins une de ces deux langues, toutes deux langues officielles du Canada.

Le gouvernement du Québec a négocié auprès du gouvernement fédéral pour pouvoir choisir lui-même ses immigrants dans le but de favoriser l’immigration francophone. Jusqu’aux années 1960, les immigrants provenaient surtout de pays européens (notamment des Italiens, des Juifs d’Europe centrale, puis des Grecs). À partir des années 1960-1970, l’immigration s’est toutefois diversifiée, entre autres avec l’arrivée importante d’Haïtiens, de Latino-Américains, de Vietnamiens, etc. Les immigrants actuels proviennent surtout de France, de Chine, de Belgique, d’Europe de l’Est et de différents pays en développement, spécialement les pays d’Afrique du Nord francophone, mais aussi d’Amérique latine[139].

[modifier] Langues autochtones

Panneau de signalisation routière multilingue : cri, anglais et français, à Mistissini.

D'autre part, le taux 11,9 % de la population allophone inclus 159 905 Autochtones[142], soit 2,2 % de la population du Québec et plus de 18 % de la population allophone confondue.

Trois familles de langues autochtones existent au Québec. Celles-ci regroupent les langues communes à tous les membres d'une même nation. Ces langues, à l'origine de plusieurs dénominations québécoises, sont parfois sous-divisées en différents dialectes dans les communautés. Elles comprennent :

Dans la famille des langues algonquiennes :
l'abénaqui (parlé par les Abénakis du Centre-du-Québec);
l'algonquin (parlé par les Algonquins de l'Outaouais);
l'atikamekw (parlé par les Attikameks de la Mauricie);
le cri (parlé par les Cris du Nord-du-Québec);
l'innu-aimun (parlé par les Innus-Montagnais de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi que par les Innus-Naskapis de la Côte-Nord);
le malécite-passamaquoddy (parlé par les Malécites du Bas-Saint-Laurent);
le micmac (parlé par les Micmacs de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine),
Dans la famille des langues inuit-aléoutes :
le nunavimmiutitut (dialecte inuktitut parlé par les Inuits du Nord-du-Québec),
Dans la famille des langues iroquoiennes :
le mohawk, aussi connu sous le nom « agnier » (parlé par les Iroquois-Mohawks de la Montérégie et des Laurentides);
le wendat (parlé par les Hurons-Wendat de la Capitale-Nationale).

[modifier] Culture

Le Québec est la principale société d’expression française en Amérique du Nord, et la seule ayant une majorité de citoyens communiquant en français. Le Québec nourrit un attachement profond à sa culture. Symbole même de son identité nationale, la culture québécoise jumelle des racines françaises à un héritage autochtone, tout en étant quelque peu influencée par son passé sous le régime britannique.

Propulsés par la Prohibition au début des années 1920, les cabarets montréalais ont transformé radicalement la scène artistique et grandement influencé l'industrie actuelle du spectacle québécois. Conjointement avec les divers centres-villes du Québec, le quartier Latin de Montréal et le Vieux-Québec sont deux hauts lieux de rencontre pour les artistes du Québec. La vie de cafés et de terrasses y témoignent l'héritage latin de la culture québécoise avec pour attrait principal le théâtre Saint-Denis et le théâtre Capitole au milieu d'un style architectural historique.

L'Union des artistes (UDA) et la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ) sont les syndicats qui représentent les artistes professionnels québécois. Depuis 1987, la législation québécoise prévoit des dispositions à l'effet de définir le statut professionnel d'un artiste[143],[144].

Le Conseil des arts et des lettres du Québec, fondé en 1992, est un organisme du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec qui soutient la création, l'expérimentation, la production et le rayonnement à l'étranger pour l'ensemble des domaines culturels québécois[145]. Pour sa part, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), fondé en 1994, agit à titre de promoteur et de bailleur de fonds pour les personnalités œuvrant dans l'industrie culturelle[146].

Les Prix du Québec sont décernés par le gouvernement et constituent la plus haute distinction honorifique pour les personnalités s'étant démarquées dans leur domaine culturel respectif[147].

[modifier] Musique et danse

L'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) fut créée en 1978 afin de promouvoir l'industrie de la musique au Québec.

Félix Leclerc

La chanson québécoise est très variée. De toutes les compositions du répertoire musical du Québec, la chanson À la claire fontaine fut l'hymne national de la Nouvelle-France, des Patriotes et des Canadiens français. Depuis sa composition, Gens du pays est de loin adorée par nombre de Québécois pour être l'hymne national du Québec. Présenté en 1968, L'Ostidcho révolutionna le monde du spectacle québécois en présentant une jeunesse avide de changements. Ce scandale religieux donna vite à la langue populaire, son droit de cité dans la chanson québécoise.[148]

Depuis La Bolduc dans les années 1920-1930 jusqu’aux artistes de la relève, elle a su apporter de grands auteurs-compositeurs-interprètes, chanteurs de variétés et chanteurs de charme (crooners) : Alys Robi, Félix Leclerc, Willie Lamothe, Pierre Lalonde, Michèle Richard, Patrick Norman, Renée Martel, Jean-Pierre Ferland, Raymond Lévesque, Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Michel Rivard, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Jean Leloup, Daniel Bélanger, Pierre Lapointe, Vincent Vallières, ainsi que plusieurs groupes : Les Baronnets, César et les Romains, Beau Dommage, Harmonium, Offenbach, Corbeau, Les Cowboys Fringants, Loco Locass, Les Colocs, Kaïn, Alfa Rococo, Malajube, etc. Elle a aussi des auteurs de renom : Stéphane Venne, Luc Plamondon et Pierre Létourneau, ainsi que des compositeurs : André Mathieu, André Gagnon, François Dompierre et Paul Baillargeon.

Céline Dion en concert au Centre Bell de Montréal, dans sa lignée de prestations incluant son spectacle spécial sur les plaines d'Abraham, à l'occasion du 400e anniversaire de Québec.

Elle a ses interprètes et groupes reconnus internationalement : Ginette Reno, Diane Dufresne, Renée Claude, Nicole Martin, Fabienne Thibeault, Bruno Pelletier, Luc De Larochellière, Céline Dion, Garou, Isabelle Boulay, Simple Plan, Leonard Cohen, Corey Hart, Arcade Fire, April Wine, Sam Roberts, Bran Van 3000, Rufus Wainwright, entre autres. Ceux-ci ont fait ou font carrière en France, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis, au Liban, en Afrique francophone, etc. Certains interprètes sont également considérés comme québécois, bien qu’originaires d’ailleurs. Leur carrière se déroule au Québec, s’y est déroulée ou y a démarré. Ils sont souvent déjà francophones, ou ont adopté (sauf exceptions) le français dans leurs chansons (mais, en plus du français, chantent parfois aussi en d’autres langues : anglais, italien, espagnol, arabe, etc.) On peut citer entre autres Nanette Workman (New York - États-Unis), Zachary Richard (Lousiane - États-Unis), Corneille (Rwanda), le rappeur K-Maro (Liban), Lara Fabian (Belgique), Luck Mervil (Haïti). Ces artistes participent à l’image internationale d’un Québec ouvert sur le monde et sont l’exemple d’une culture capable d’inclure des origines multiples : on parle souvent d’un « rêve québécois » pour de nombreux francophones du monde entier, comme il existe parfois un « rêve américain » chez les Anglo-saxons.

L’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) et l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) sont respectivement associés à l’Opéra de Québec et l’Opéra de Montréal dont les prestations sont présentées au Grand Théâtre de Québec et à la Place-des-Arts.

Une scène musicale du Festival international de jazz de Montréal, sur la rue Sainte-Catherine, vue de l'esplanade de la Place-des-Arts dans le quartier des spectacles.

Divers évènements musicaux sont animés à travers le Québec, tels les festivals de musique country, le Festival de musique émergente de Rouyn-Noranda, le Festival en chanson de Petite-Vallée, le Festival international de jazz de Montréal, le Festival international de la chanson de Granby, le Festival international des Rythmes du monde du Saguenay, le Festival western de Saint-Tite, les FrancoFolies de Montréal, le Mondial des cultures de Drummondville, les Nuits blanches de l'Anse de Roche, Woodstock en Beauce, etc. Alors que d'autres festivals enjoignent la musique aux spectacles pyrotechniques, tels les Grand Feux Loto-Québec aux chutes Montmorency, à Québec, l'International des Feux Loto-Québec au parc d'attractions La Ronde, à Montréal, et les Grands Feux du Casino dans le parc du Lac-Leamy, à Gatineau.

Des danses traditionnelles telles que les gigues, quadrilles, reels et danses en ligne, la danse québécoise a su se développer dans les fêtes populaires depuis les débuts de la colonisation. La musique traditionnelle intègre par ailleurs divers instruments, tels l'harmonica (musique-à-bouche ou ruine-babine), le violon, les cuillères, la guimbarde, etc. La promotion de la musique et de la danse traditionnelle québécoise est depuis longtemps assurée par des stations de radio et émissions télévisées aux airs festifs, telles la Soirée canadienne et Belle et Bum, ainsi que par des groupes actuels, tels La Bottine souriante, La Volée d'Castors, Les Charbonniers de l'enfer, Mes Aïeux, Belzébuth, etc. De plus, de nos jours, les Ballets jazz de Montréal, les Grands Ballets et La La La Human Steps sont des troupes professionnelles de danse contemporaine qui perpétuent l'héritage des ancêtres du Québec.

[modifier] Cinéma, télévision et radio

La Cinémathèque québécoise a pour mandat la promotion du patrimoine cinématographique et télévisuel du Québec. De même, l'Office national du film du Canada (ONF), société d'État fédérale, pourvoit à cette même mission au Québec.

Claude Jutra, lors du tournage du film Kamouraska, en 1972.

De la même manière, l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) promouvoit « la production indépendante en cinéma et télévision »[149]. Alors que l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) représente les professionnels de la réalisation cinématographique et télévisuel, l'Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ) représente les radios indépendantes.

En plus du quartier des spectacles, à Montréal, plusieurs salles de cinémas à travers le Québec veillent à la diffusion du cinéma québécois.

Avec ses installations cinématographiques, telles la Cité du cinéma et les studios Mel's, la ville de Montréal accueille les tournages de diverses productions.

Les Rendez-vous du cinéma québécois sont un festival entourant la cérémonie de la Soirée des Jutra qui récompense les œuvres et personnalités du cinéma québécois. Le Festival de cinéma des 3 Amériques, à Québec, le Festival regard sur le court métrage au Saguenay, le Festival des films du monde et le Festival du nouveau cinéma, à Montréal, sont d'autres évènements annuels entourant l'industrie cinématographique au Québec.

La société d'État Télé-Québec, la société d'État fédérale Radio-Canada, les chaînes privées, généralistes et spécialisées, les réseaux radiophoniques ainsi que les stations indépendantes et communautaires diffusent les divers téléromans québécois, émissions d'informations nationales et régionales, programmations interactives et parlées, etc.

Le Gala Artis et le gala des prix Gémeaux récompensent les personnalités de l'industrie télévisuelle et radiophonique du Québec.

[modifier] Littérature et théâtre

Article détaillé : Littérature québécoise.
Émile Nelligan (1879-1941) fut un poète québécois, célèbre pour son poème Soir d'hiver pour lequel les mémoires se souviennent du vers « Ah! comme la neige a neigé! ».

Depuis la Nouvelle-France, la littérature québécoise s'est tout d'abord développée dans les récits de voyages des explorateurs tels Jacques Cartier, Jean de Brébeuf, Baron de La Hontan et Nicolas Perrot, décrivant leurs relations avec les peuples autochtones. Le Moulin à Paroles retrace les grands textes qui ont façonné l'histoire du Québec depuis ses fondements en 1534 jusqu'à l'ère de la modernité.

Le premier à écrire l'histoire du Québec, depuis sa découverte, fut l'historien François-Xavier Garneau. Celui-ci s'inscrira dans le courant de la littérature patriotique (aussi connu sous le nom des « poètes du pays » et de la littérature identitaire) qui prendra naissance après la rébellion des Patriotes de 1837-1838[150].

Illustration de la Chasse-galerie, par Henri Julien (1852-1908), au Musée national des beaux-arts du Québec.

Divers contes et récits sont racontés par la tradition orale, tels les légendes du Bonhomme sept-heures, de La Chasse-galerie, du Cheval noir des Trois-Pistoles, de la Complainte de Cadieux, de La Corriveau, du Diable qui danse à Saint-Ambroise, du Géant Beaupré, des monstres des lacs Pohénégamook et Memphrémagog, du Pont de Québec (alias, le pont du diable), du Rocher Percé, de Rose Latulipe, etc.[151]

Des poètes québécois et auteurs éminents marquèrent leur époque et demeurent aujourd'hui ancrés dans l'imaginaire collectif, tels Philippe Aubert de Gaspé, Octave Crémazie, Honoré Beaugrand, Émile Nelligan, Lionel Groulx, Gabrielle Roy, Hubert Aquin, Michel Tremblay, Marie Laberge, etc.

Le roman du terroir est une tradition littéraire québécoise[152] et comprend des œuvres telles Les Anciens Canadiens, Maria Chapdelaine, Un homme et son péché, Le Survenant, etc. Des pièces de théâtre connaissent de même leur succès, telles Les Belles-Sœurs et Broue.

Parmi les troupes de théâtre se trouvent la Compagnie Jean-Duceppe, le Théâtre La Rubrique, le Théâtre Le Grenier, etc. En plus du réseau des centres culturels du Québec[153], les salles de spectacles incluent le Monument-National et le théâtre du Rideau Vert à Montréal, le théâtre du Trident à Québec, etc. L'École nationale de théâtre du Canada et le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec forment les futurs acteurs.

Le théâtre d'été est un véritable symbole de la littérature québécoise[154],[155]. Alors présenté en saison estivale, il offre divers amusements, souvent des comédies musicales ou des drames humoristiques, parfois en plein-air, dans les régions rurales et semi-rurales du Québec, tel qu'au théâtre de la Dame de Cœur à Upton, Montérégie, au théâtre des Grands Chênes à Kingsey Falls, Centre-du-Québec, au théâtre de la Marjolaine à Eastman, Estrie, etc.

L'Académie québécoise du théâtre et l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD) sont les principaux organismes de promotion de la littérature et du théâtre québécois. Alors que les prix littéraires du Québec, dont la médaille de l'Académie des lettres du Québec, et la Soirée des Masques en récompensent les personnalités.

[modifier] Beaux-arts

Article détaillé : Beaux-arts québécois.
Le monument à Madeleine de Verchères, érigé en bronze par Louis-Philippe Hébert, en 1913.

Les beaux-arts du Québec sont souvent exposés au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée d'art contemporain de Montréal, au Musée des beaux-arts de Montréal, au Salon des métiers d'art du Québec, dans les galeries et boutiques d'art, etc. Alors que plusieurs œuvres ornent les espaces publics du Québec, d'autres sont reconnues internationalement et exposées en plein-air dans des villes hors-Québec, telles la statue Québec libre! d'Armand Vaillancourt, dans le quartier des affaires de San Francisco depuis 1971.

Le manoir du domaine seigneurial Fraser, à Rivière-du-Loup, Bas-Saint-Laurent.

D'abord influencé, depuis l'époque de la Nouvelle-France, par le culte religieux du catholicisme, avec des œuvres notamment du Frère Luc et plus récemment d'Ozias Leduc, l'art du Québec s'est développé autour des caractéristiques propres à ses paysages et représentations culturelles, historiques, sociales et politiques[156].

Ainsi, le développement des chefs-d'œuvre québécois en peinture, gravure et sculpture, fut grandement marqué par la contribution d'artistes éminents, tels Louis-Philippe Hébert, Alfred Pellan, Alfred Laliberté, Charles Daudelin, Marc-Aurèle Fortin, Jean-Paul Riopelle, Paul-Émile Borduas, Françoise Sullivan, Arthur Villeneuve, Louise Carrier, Jean-Philippe Dallaire, etc.

Divers édifices témoignent du patrimoine architectural qui caractérise le Québec, tels l'hôtel du Parlement, les édifices à vocation religieuse, les hôtels de ville, les maisons de seigneuries, etc.

L'École des beaux-arts de Montréal veille à la formation supérieure des artistes-peintres, graveurs et sculpteurs du Québec.

[modifier] Humour et émissions jeunesse

Article détaillé : Humour québécois.

Plusieurs festivals d'humour furent créés au Québec, dont le festival Juste pour rire de Montréal, qui jouit d'une réputation internationale, ainsi que les festivals Grand Rire de Québec, Gatineau et Sherbrooke.

D'éminents artistes et groupes de l'humour sont connus, tels Rose Ouellette (dite, La Poune), Juliette Petrie, Roméo Pérusse, Gilles Latulippe, Marc Favreau (dit, Sol, le clown clochard), Michel Noël (dit, Capitaine Bonhomme), Jacques Desrosiers (dit, Patof, le clown), Ding et Dong, Les Grandes Gueules, Lise Dion, Jean-Michel Anctil, Martin Matte, Louis-José Houde, etc.

Les arts de la rue au festival Juste pour rire.

Plusieurs émissions ont leur popularité, telles Cré Basile, Le Zoo du Capitaine Bonhomme, Lundi des Ha! Ha!, Démons du midi, La Petite Vie, Les Bougon, Le Sketch Show, etc.

La Ligue nationale d'improvisation (LNI), créée en 1977, fait valoir nombre de comédiens et humoristes en joignant l'humour au théâtre d'improvisation.

L'École nationale de l'humour fut créée en 1988 afin de former les futurs humoristes du Québec.

L'Association des professionnels de l'industrie de l'humour (APIH) est le principal organisme de promotion et de développement du secteur culturel de l'humour au Québec.

Le Gala Les Olivier, en l'honneur de l'ancien humoriste Olivier Guimond, récompense les personnalités de l'humour québécois.

De leur côté, les enfants ont aussi leurs comédies et dessins animés, tels La Boîte à Surprise, Bobino, Le Pirate Maboule, Fanfreluche, La Ribouldingue, Les 100 tours de Centour, Passe-Partout, Robin et Stella, Iniminimagimo, Vazimolo, Télé-Pirate, Bibi et Geneviève, Watatatow, Enfantforme, Caillou, Cornemuse, Macaroni tout garni, etc[157].

[modifier] Arts du cirque et de la rue

Le spectacle Dralion du Cirque du Soleil, présenté en 2004.

Plusieurs troupes de cirque furent créés dans les dernières décennies, dont la plus importante : le Cirque du Soleil. Parmi ces troupes se trouvent des cirques contemporains, ambulants et à cheval, tels le Cirque Éloize, Cavalia, Kosmogonia, Saka, Cirque Akya, etc.

Présenté en plein-air, sous un chapiteau ou dans des salles de spectacles semblables à celles du Casino de Montréal, elles attirent de nombreuses foules autant au Québec qu'à l'étranger.

L'École nationale de cirque et l'École de cirque de Québec furent créées afin de former les futurs artistes du cirque contemporain. De son côté, Tohu, la Cité des Arts du Cirque fut fondé en 2004 afin de diffuser les arts du cirque.

À la manière des troupes itinérantes de la Renaissance, les saltimbanques (amuseurs de rue), clowns et masques se promènent, de ville en ville, afin de jouer leur comédie. Bien qu'ils puissent apparaître de façon ponctuelle, en tout temps, ils sont particulièrement visibles lors des évènements culturels, tels au Bal de neige de Gatineau, au Carnaval de Québec, au Festival des montgolfières de Gatineau, au Festival d'été international de Québec, au Festival Juste pour rire de Montréal, aux Fêtes de la Nouvelle-France de Québec, ainsi que dans les nombreuses foires agricoles et commerciales à travers le Québec, etc.

[modifier] Mode et décoration

Une ceinture fléchée, pièce de la mode traditionnelle québécoise.

Des vêtements traditionnels à la haute couture, la mode québécoise s'est d'abord développée autour des conditions de vie et du climat québécois.

La mode québécoise se fait valoir grâce à des stylistes, tels Marie Saint-Pierre, Marie-Claude Guay, Philippe Dubuc, Léo Chevalier et John Warden, ainsi qu'à des boutiques et magasins, tels La Maison Simons, Ogilvy's, Holt Renfrew, les Ailes de la Mode, etc. Les grands couturiers de renom international qui font affaire au Québec sont, par ailleurs, principalement concentrés aux Cours Mont-Royal.

Alors que La Grande Braderie expose les principales œuvres de la mode québécoise, le gala de la Griffe d'or en récompense les créateurs.

De son côté, la décoration intérieure est assurée par des créateurs de renom québécois, tels Signature Maurice Tanguay, Germain Larivière, De Lacroix Design, etc. Alors que d'autres créateurs se spécialisent dans le prêt-à-monter, tels les Industries Dorel, Mobilier Déco Design, etc.

[modifier] Patrimoine et culture d'antan

L'école et le couvent de la congrégation Notre-Dame-du-Bon-Conseil, au village fantôme de Val-Jalbert, Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le Fonds du patrimoine culturel québécois est un programme du gouvernement du Québec visant la conservation et la mise en valeur du patrimoine québécois, conjointement avec diverses lois[158]. Plusieurs organismes veillent à cette même mission, autant dans les traditions sociales et culturelles que dans les paysages et édifices patrimoniaux, dont la Commission des biens culturels du Québec, la Fondation québécoise du patrimoine, le Centre de conservation du Québec, le Centre de valorisation du patrimoine vivant, le Conseil québécois du patrimoine vivant, l'Association québécoise d'interprétation du patrimoine, etc.

Fortement marquée par la présence de l'Église catholique, la mise en valeur de l'histoire religieuse du Québec est assurée par des organismes tels le Conseil du patrimoine religieux du Québec. Depuis 2007, le gouvernement favorise, avec les divers acteurs du milieu, la conclusion d'ententes sur l'utilisation des biens appartenant aux fabriques et corporations épiscopales afin d'établir des « partenariats dans le financement de la restauration et de la rénovation du bâti religieux »[159].

Plusieurs sites, maisons et ouvrages historiques témoignent du patrimoine culturel québécois, tels le village québécois d'antan, le village historique de Val-Jalbert, le fort Chambly, la maison nationale des Patriotes, la pulperie de Chicoutimi, le canal de Lachine, le pont Victoria, etc.

Alors que les artéfacts en font de même, divers musées racontent l'histoire culturelle du Québec, tels le musée de la civilisation, le musée de l'Amérique française, le musée McCord, le musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, Pointe-à-Callière, etc.

Diverses œuvres littéraires reproduisent la vie quotidienne d'autrefois, se fondant ainsi dans la tradition sociale et culturelle des téléromans québécois à l'ancienne[160], tels La Famille Plouffe, Les Belles Histoires des Pays-d'en-Haut, La Petite Patrie, Le Temps d'une paix, Entre chien et loup, Les Filles de Caleb, Blanche, Au nom du père et du fils, Marguerite Volant, Nos Étés, etc.

[modifier] Sport

Article détaillé : Sport au Québec.
Les Canadiens de Montréal face aux Bruins de Boston lors d'une mise au jeu en avril 2009, au Centre Bell.

Le hockey sur glace occupe une place privilégiée dans la vie des Québécois, en tant que sport national. Les Canadiens de Montréal sont un club professionnel faisant partie de la Ligue nationale de hockey (LNH). Ce club, fondé en 1909, en est l’un des principaux clubs fondateurs, en 1917-1918. Cinq autres clubs du Québec ont fait partie de ligues majeures de hockey, soit les Bulldogs de Québec (Association nationale de hockey 1911-1917 et LNH 1919-1920)[161], les Nordiques de Québec (AMH 1972-1979 et LNH 1979-1995), les Shamrocks de Montréal (ANH 1909-1910), les Wanderers de Montréal (ANH 1909-1917 et LNH 1917) et les Maroons de Montréal (LNH 1924-1938). Les Canadiens de Montréal profitent d’une aréna à domicile, le Centre Bell, dont la capacité est la plus grande de la LNH avec 21 273 sièges[162]. Le club a participé 34 fois à une finale de la Coupe Stanley et l'a remportée 24 fois[163], ce qui constitue un record de la ligue.

De leur côté, les Nordiques de Québec (jouant au Colisée de Québec dont la capacité est de 15 399 sièges) sont un ancien club de la LNH. Cette équipe a marqué l’histoire et la culture sportive du Québec, et contribué à la rivalité naturelle Québec-Montréal (aussi nommée « guerre de clochers »), avant de déménager en 1995 au Colorado (États-Unis).

Depuis 1996, les Alouettes de Montréal évoluent dans la Ligue canadienne de football (LCF). Le club a été fondé en 1946, mais après plusieurs années difficiles, l’équipe est dissoute en 1987. En 1996, les Stallions de Baltimore sont déménagés à Montréal, au Stade Percival-Molson, et renommés « Alouettes ».

Les Alouettes de Montréal lors du championnat de la Coupe Grey 2005.

Jusqu’en 2004, les Expos de Montréal évoluaient au sein de la Ligue majeure de baseball (LMB). Créée en 1968, l’équipe avait élu domicile au Stade olympique de Montréal (capacité de 43 739 places en mode baseball). Franchisée le 27 mai 1968, elle devait son nom à l’Exposition universelle de Montréal (Terre des Hommes), qui avait eu lieu l’année précédente. Au terme de la saison 2004, l’équipe est déménagée à Washington.

Le Grand Prix automobile du Canada, une course de Formule 1, avait lieu au Québec de 1978 à 2008, mais reviendra au calendrier dès 2010. L’un des gagnants de ce Grand Prix est un pilote d’origine québécoise, Gilles Villeneuve, décédé en 1982 aux suites d’un accident au dernier tour de qualification pour le Grand Prix de Belgique, sans avoir pu emporter un titre de Champion du Monde. C'est son fils Jacques qui réalisera ce rêve en 1997.

Une course de snocross.

L'Impact de Montréal est l'équipe de soccer la plus importante du Québec. Fondée en 1992, cette équipe remporte le titre de la première division de la USL en 1994, en 2004, puis un 3e titre en 2009. Évoluant au Stade Saputo (13 034 sièges), l'équipe a représenté le Canada à la ligue des champions de la CONCACAF en 2008 en surpassant le Toronto FC, qui jouait pourtant dans une ligue de plus haut niveau.

Le Québec offre une saison hivernale qui s’étend sur près de la moitié de l’année, de novembre à avril, avec des conditions de neige exceptionnelles (de 3 à 15 mètres de neige par hiver selon les régions). Les principaux centres de ski du Québec sont situés en Estrie, dans les Laurentides, dans la Capitale-Nationale et en Gaspésie.

La motoneige est une autre activité hivernale extrêmement prisée des Québécois. En décembre 2006, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec regroupait 84 611 adhérents. Ils empruntent 33 085 km de sentiers aménagés et patrouillés par la police et des bénévoles provenant des 225 clubs locaux[164].

[modifier] Gastronomie

Article détaillé : Cuisine québécoise.

Les premiers colons, majoritairement paysans, préparaient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidien. Une cuisine familiale, basée sur la tradition française[165], s’est développée au fil des siècles, intégrant poisson, gibier, légumes et fruits frais. La tourtière, le cipaille, les fèves au lard, la soupe aux pois, le rôti de porc, les cretons, la tarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels. Certains demeurent au menu de restaurants alors que d’autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la période des Fêtes. Au printemps, ces plats peuvent être servis dans les cabanes à sucre. Les recettes traditionnelles sont également réinterprétées au goût du jour par les chefs des grands restaurants québécois, qui proposent également une foule de produits fins du Québec, comme le foie gras, le magret de canard, le caviar de corégone (un poisson des eaux de l’Abitibi), le cidre de glace et le vin de glace.

La marina et le port de pêche de Cap-aux-Meules, îles de la Madeleine.

Ces produits régionaux confèrent à la gastronomie québécoise une identité propre. En Montérégie, dont le territoire est recouvert à 30 % de vergers, on fabrique une grande variété de cidres qui cumulent les honneurs dans les concours internationaux. Dans le Bas-Saint-Laurent, qui borde le fleuve, on maîtrise l’art ancien de fumer le saumon, la truite, l’esturgeon et l’anguille. Aux Îles de la Madeleine, on concocte un savoureux pot-en-pot (une préparation de fruits de mer ou de poissons et de pommes de terre en croûte). Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on prépare une tourtière du Lac et une soupe aux gourganes renommées. Reconnue pour son agneau, la région de Charlevoix produit des fromages d’excellente qualité et une tourtière typique faite d’éperlans répartis sur plusieurs couches successives de pâte plus fine. La Gaspésie est reconnue, quant à elle, pour son pâté au saumon et ses boulettes de morue. Sur la Côte-Nord, la plupart des mets mettent en valeur les poissons, mollusques et crustacés qui y sont pêchés, comme la crevette nordique, le crabe des neiges et le pétoncle. On avait coutume également d’y apprêter les langues de morues et des produits locaux, comme les œufs d’oiseaux marins.

La ville de Trois-Rivières, au cœur de la Mauricie, région célèbre pour l'apprêtage de la viande de bison et d'autruche.

En Mauricie, on apprête la viande de bison et d’autruche, animaux qui sont élevés sur place. La ville de Québec, comme Montréal, est reconnue internationalement pour sa fine cuisine. Au Nouveau-Québec (Nunavik), dans la région du Nord-du-Québec, les influences inuits offrent un éventail de mets à base de poissons tels que l'Uujuk, ainsi que de viandes de gibier tels le Nikku et le Puanaasi. Les nations amérindiennes de toutes les régions préparent quant à elles un excellent pain banique.

En matière de restauration rapide, la guédille et la poutine sont des mets typiquement québécois, généralement servi dans les cantines du coin (ou, stands à patate frite). La poutine est un des mets les plus populaires au Québec, elle est partie intégrante de tous les restaurants dit restauration rapide. En effet, elle fût même ajouté au menu des McDonald's du Québec.

Le Québec compte également pour 80 % de la production mondiale de sirop d’érable[166],[167]. Issue de traditions amérindiennes adaptées et modifiées par les colons de la Nouvelle-France, l’acériculture consiste en un premier temps à entailler les érables à sucre au moment du dégel printanier. La sève recueillie est ensuite réduite par évaporation jusqu’à l’obtention d’un délicieux sirop sucré[168], idéal pour accompagner crêpes, gaufres, pain perdu (dit pain doré), ainsi qu’une multitude de plats variés.

Avec la Route gourmande et la Route des vins, divers évènements célèbrent les produits du terroir québécois, dont le Festival Canard en Fête au Lac-Brome, le Festival de la Gastronomie de Québec, le Festival de la gibelotte de Sorel-Tracy, le Festival du cochon de Sainte-Perpétue, la Fête Bières et Saveurs de Chambly, la Fête des vendanges Magog-Orford, les Fêtes gourmandes de Lanaudière, etc.

[modifier] Religion

L’Église catholique a joué un rôle prépondérant dans le développement culturel et politique de la société québécoise. Néanmoins, les religions amérindiennes et inuits du Québec précédèrent le catholicisme en sol québécois. Aujourd’hui, ces religions ont survécu et certaines manifestations persistent.

Mgr François de Montmorency-Laval, fondateur du séminaire et premier évêque de Québec.

[modifier] Catholicisme

Article détaillé : Église catholique du Québec.

Dès l'époque coloniale, l’évangélisation des Amérindiens par les missionaires catholiques précéda la fondation des paroisses. En 1627, le cardinal de Richelieu fit décréter une proclamation royale, suivant laquelle Louis XIII bannissait tous les non catholiques de la Nouvelle-France. Cet édit visait à exclure les Juifs et les Huguenots de la colonisation. Le vicariat apostolique de la Nouvelle-France fut fondé en 1658, suivi du diocèse de Québec en 1674.

La puissance extraordinaire qu’avait autrefois l’Église catholique est reflétée dans tous les domaines culturels, de la langue jusqu’aux beaux-arts, en passant par le théâtre, la littérature et le cinéma. L’âge d’or pour les ecclésiastiques arrivera au milieu du XIXe siècle (vers 1840), période pendant laquelle l’Église, influencée par l'ultramontanisme, concrétise son influence. Mais son influence s’essoufflera cent ans plus tard, après les abus de la Grande Noirceur, au moment où la société québécoise sera traversée, et profondément transformée, par la Révolution tranquille (conscience nationale, etc.). Créée en 1966, l'Assemblée des évêques catholiques du Québec traite des questions d'actualité concernant les valeurs éthiques et morales (ex.: le mariage gai, l'euthanasie et l'avortement).

Quatre-vingt-cinq pourcent (85 %) de la population québécoise affirme être d'obédience catholique[169] (semblable à 88 % en 1961[170]), faisant ainsi du Québec l'un des grands États les plus fortement catholiques au monde, dans une proportion similaire aux côtés de la Colombie, de l'Italie, du Mexique et du Venezuela. La pratique traditionnelle est cependant suivie par 10 % de ces croyants[171]. Depuis le concile Vatican II, la liberté individuelle d'interprétation biblique fait concurrence aux dogmes et doctrines traditionnelles. L'autorité du pape et la hiérarchie ecclésiastique font alors figure de conseiller emblématique de la foi catholique québécoise. En l'occurrence, ce courant de pensée comparable aux vieux catholiques crée parfois une dichotomie avec le clergé québécois, dont les préceptes sont conformes au droit canon. Une analogie cohérente peut alors être établie entre la vision du catholicisme québécois et la logique du système juridique applicable en droit privé. Alors soutenu par le code de valeurs et d'enseignement moral de Saint-Thomas-d'Aquin (incluant les sept vertus catholiques, sept péchés capitaux, neuf dons du Saint Esprit et vingt mystères contemplés du Rosaire), le principe fondamental de la liberté de choix lie l'autonomie à la responsabilité individuelle. Au-delà des simples désaccords, ce phénomène provoque, à l'occasion, des actions plus radicales chez certains membres de la population, telles des hausses de demandes d'apostasie lorsque les positions du Vatican causent scandales[172],[173].

[modifier] Protestantisme et autres religions

Article détaillé : Protestantisme au Québec.
Une église anglicane Christ Church of Springbrook à Frampton, Chaudière-Appalaches.

Pendant le régime britannique, des anglophones protestants vinrent s’établir dans certaines régions du Québec. Dès 1777, la première synagogue s’implanta sur le territoire de l’actuelle Montréal, mais c’est surtout à partir du XIXe siècle que des groupes relativement importants de Juifs vinrent joindre la communauté montréalaise. En 1835, la Suissesse Henriette Feller fonda au Québec la première église protestante francophone en Amérique. Elle était alors assistée du révérend Louis Moussy, un jeune pasteur suisse de 23 ans. Au XXe siècle, des vagues successives d’immigrants venant d’Afrique, d'Asie, de Grèce, d'Irlande, d’Italie s’établirent à Montréal, apportant leurs coutumes culturelles et religieuses. Certains créèrent des communautés religieuses et firent bâtir des établissements.

De nos jours, cette diversité religieuse et culturelle entraîne plusieurs réactions au sein de la société québécoise, nées principalement de la confrontation entre le modus vivendi de la majorité silencieuse et les réclamations des minorités citoyennes et immigrantes, religieuses ou de libre-pensée. En l'occurrence, des controverses notoires récentes incluent le débat sur les accommodements raisonnables, le débat autour de la prière des conseils municipaux, le débat sur les cours d'éthique et de culture religieuse, etc.

[modifier] Lieux de culte

Le chœur et l'abside de la Basilique Notre-Dame de Montréal, vus du vaisseau central de la nef.
La basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, dans le village du même nom, en l'honneur de la Sainte patronne du Québec.

La plus ancienne église paroissiale de la plus vieille paroisse d'Amérique du Nord est la basilique-cathédrale de Québec, construite en 1647. D’abord nommée église Notre-Dame-de-la-Paix, elle fut érigée tout près de l’endroit même de la première chapelle [174] construite par Samuel de Champlain. Elle obtint le statut de cathédrale en 1674, lorsque Monseigneur de Laval devint Évêque de Québec, et son statut de basilique mineure en 1874. Cette cathédrale est le siège du primat catholique du Canada. Elle a été reconstruite à deux reprises après le siège de Québec de 1759 et l’incendie de 1922[175].

Le lieu de culte le plus fréquenté du Québec est la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, dans la municipalité du même nom, près de Québec. Cette basilique catholique accueille des millions de visiteurs chaque année, et surtout pendant la neuvaine de Sainte-Anne, le 26 juillet. Elle est reconnue pour ses miracles (les milliers de béquilles à l’entrée en faisant foi) et par le fait que la statue de Sainte-Anne a survécu à deux incendies majeurs[176],[177]. Cette basilique a été construite en 1876, Sainte-Anne étant la Sainte patronne du Québec[178].

L’oratoire Saint-Joseph, à Montréal, est le seul lieu de culte au monde dédié à Saint-Joseph. Situé sur le flanc du Mont Royal, on le connaît pour ses 283 marches, que les pèlerins viennent chaque année monter à genoux[179], récitant une prière sur chacune des marches. Tout comme dans la basilique Sainte-Anne, l’intérieur de la cathédrale contient des centaines de béquilles, laissées en ex-voto pour chacune des guérisons miraculeuses attribuées à Saint-Joseph ou au frère André, fondateur de l’oratoire. Les reliques du frère André sont d’ailleurs conservées à l’intérieur de l’édifice.

Nombre de pèlerinages incluent des lieux tels l'Abbaye Saint-Benoît-du-Lac, la Basilique Notre-Dame du Cap, la Basilique Notre-Dame de Montréal, la Basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal, la Basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke, la Basilique Saint-Patrick de Montréal, etc.

[modifier] Économie

Une aluminerie de Rio Tinto Alcan à Alma, Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Autrefois concentrée dans les mains du syndicat financier de la rue Saint-Jacques de Montréal[180], l’économie québécoise est, aujourd'hui, qualifiée de post-industrielle diversifiée. Elle repose entièrement sur un système de capitalisme et d'économie de marché. Au libéralisme économique sont combinés divers leviers d'intervention économique, soucieux des pratiques sociales et libertés de choix individuelles. La prospérité économique du Québec est assurée par la coordination de tous les ministères du gouvernement québécois, dans leurs compétences respectives, dont les principaux en la matière sont le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation du Québec, le ministère des Finances du Québec ainsi que le ministère du Revenu du Québec.

Bien que le Québec possède une quantité incommensurable de ressources naturelles, sa croissance repose surtout sur les nouvelles technologies. Soixante-dix pourcent de son produit intérieur brut (PIB) est généré par le secteur des services, alors que son taux de chômage se situe aux alentours de 7 % (décembre 2007), supérieur à la moyenne canadienne de 6 %.

Le Québec est doté de plusieurs institutions financières, telles le mouvement coopératif des caisses Desjardins, la Banque Laurentienne, la Banque nationale du Canada, la société de capital de risque du Fonds de solidarité FTQ, le cabinet de services financiers de l'Industrielle Alliance, etc. À celles-ci s'ajoutent en outre des institutions gouvernementales, telles l'Autorité des marchés financiers (AMF), la Caisse de dépôt et placement du Québec, Investissement Québec et la Société générale de financement (SGF).

La ville de Saint-Georges, Chaudière-Appalaches, au cœur de la Beauce, reconnue pour sa multitude de petites et moyennes entreprises (PME).

Parmi les entreprises québécoises possédant un marché considérable à la grandeur du Québec, le dénombrement inclut le réseau des pharmacies Jean Coutu et Pharmaprix, les distributeurs en alimentation du groupe Metro Inc., le distributeur en produits de rénovations et de quincaillerie Rona, les rôtisseries Saint-Hubert, etc. D'autres entreprises ont, par ailleurs, développé une présence marquée au niveau de certaines économies locales et régionales, telles les Pétroles R.L. et Belzile, le centre de rénovation et quincailler Canac-Marquis Grenier, les restaurants Chez Ashton, les ameublements Gagnon-Frères, etc.

De plus, étant donné qu’il produit de l’énergie en grande quantité et à un bas coût, le Québec produit près de 10 % de l’aluminium sur la planète, grâce à l'aluminerie Alcan (racheté par le groupe Britanno-Australien Rio Tinto en 2007) et à son concurrent américain, Alcoa. Récemment, l’économie québécoise a dû faire face à plusieurs embûches : hausse fulgurante du dollar canadien, féroce concurrence étrangère (Asie), hausse du prix de l’énergie, crise dans le secteur forestier et, dernièrement, ralentissement de l’économie américaine. La croissance a été de 2,2 % en 2006, inférieure à la moyenne canadienne de 3 %. Pour 2007, la croissance sera sous les 2 %. Cependant, une reprise est prédite pour 2008. Le PIB québécois est de 230,6 milliards $US en parité de pouvoir d’achat (PPA), et celui par habitant est de 30 143 dollars américains (en PPA)[181], un montant qui se compare à celui de la France[182] ou de l’Italie[183]. Cependant, l’écart entre le PIB/Habitant avec l'Ontario et la moyenne canadienne est d’environ de 15-20 %, la moyenne canadienne se situant à 35 875 $US (en PPA)[184]. De par sa taille, l’économie du Québec se compare à celle de la Norvège[185].

[modifier] Science et technologie

L'observatoire du Mont Mégantic, en Estrie, appartient au Centre de recherche en astrophysique du Québec (CRAQ) et possède le plus gros télescope dans l'est de l'Amérique du Nord, avec un diamètre de 1,6 mètres[186].

La science et la technologie sont des facteurs déterminants dans le positionnement économique du Québec. Étant l’un des chefs de file mondiaux dans des secteurs de pointe tels que l’aérospatiale, les technologies de l’information, les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique, le Québec joue un rôle significatif dans la communauté scientifique et technologique.

L’industrie aérospatiale québécoise est la sixième au monde en importance avec des revenus annuels de 11,4 $ milliards de dollars et représente, à elle seule, 2 % du PIB et 12,5 % des exportations manufacturières du Québec[187]. Elle est ainsi supportée par le Consortium de recherche et d'innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ)[188] qui regroupe, notamment, des constructeurs tels Bombardier Aéronautique, Bell Helicopter Textron Canada, CAE et Pratt & Whitney Canada, implantés principalement sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal. D'autres organisations d'envergure œuvrant dans l'industrie ont de même élu domicile au Québec, telles Air Canada, l'Agence spatiale canadienne (ASC) et l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

D'autre part, la ville de Montréal se prévaut d'une industrie du jeu vidéo en plein développement. D’ailleurs, une revue britannique spécialisée en la matière (Develop, octobre 2006) affirme que la métropole est l’endroit qui a connu le plus grand essor dans ce domaine au cours des 10 dernières années. On attribue ce phénomène à une culture du jeu vidéo avant-gardiste, notamment grâce à Soft Image (fondée par Daniel Langlois en 1986) et à l’arrivée d’Ubisoft, à Montréal, en 1997. D'autres d’entreprises s'ajoutent à ce secteur économique, telles Electronic Arts et Eidos. L'industrie emploie près de 10 000 personnes et des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars sont prévus dans ce domaine au cours des prochaines années.

[modifier] Exportation et importation

La ville de Saint-Hyacinthe, Montérégie, est la plaque tournante des marchés nord-américains dans le secteur des biotechnologies agroalimentaires, vétérinaires et agroenvironnementales.

Plusieurs entreprises québécoises de renom œuvrent sur le marché international : le producteur de pâte et papiers Abitibi-Consolidated, le producteur de lait Agropur, le constructeur des transports Bombardier, le cabinet d'avocats Cain Lamarre Casgrain Wells, la papetière Cascades, la compagnie des technologies de l'information Groupe CGI, le Cirque du Soleil, les dépanneurs Couche-Tard, la Corporation de Sécurité Garda World, le distributeur énergétique Gaz Métro, la firme mercatique Groupe Cossette Communication, la compagnie de médias et télécommunications Quebecor, la firme comptable Raymond Chabot Grant Thornton, la fromagerie Saputo et la boulangerie Vachon, le groupe d'ingénierie et de construction SNC-Lavalin, etc.

Grâce à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le Québec connaît une augmentation de sa capacité à concurrencer le marché international. À la suite de ces accords, ses relations commerciales avec les autres pays se sont dynamisées. Par conséquent, le Québec a vu ses exportations s’accroître de manière importante. Ces échanges internationaux contribuent à la vigueur de l’économie québécoise, notamment en matière d’emploi. Près des deux tiers de ses exportations sont réalisées ailleurs qu’au Canada.

En 2003, les exportations québécoises internationales totalisaient 133 640 millions de dollars canadiens (soit 35 % de son PIB) et étaient destinées aux États-Unis (83,2 %), à l’Europe (9,6 %), à l’Asie (4,4 %) et à l’Amérique latine (1,5 %). En 2003, le Québec importait pour 130 691 millions de dollars canadiens de biens et de services. Ils provenaient principalement des États-Unis (37,4 %), de l’Europe (29,3 %), de l’Asie (18,6 %), de l’Amérique latine (7,4 %) ainsi que de l’Afrique et du Moyen-Orient (6 %). La proximité géographique du Québec avec les États-Unis explique le fait qu’une partie non négligeable de ses exportations soit destinée au territoire états-unien.

[modifier] Tourisme

Le secteur historique de la ville de Québec, un des haut lieux touristiques du Québec, vu de la pointe Lévy à Lévis.
Article détaillé : Tourisme au Québec.

L’industrie touristique est un pilier économique majeur au Québec. Le ministère du Tourisme du Québec en assure le développement en opérant sous le nom commercial Bonjour Québec. Dans la même veine, l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) œuvre dans la formation supérieure des professionnels du domaine[189].

En 2005, l’industrie touristique procurait des emplois directs à 133 271 travailleurs[190]. Ces employés œuvrent dans plus de 29 000 entreprises touristiques québécoises[191]. On estime qu’en 2005, le Québec a accueilli 28,3 millions de touristes[192]. De ce nombre 75,7 % provenaient du Québec, 13 % du Canada, 7,6 % des États-Unis et 3,7 % d’autres pays[192]. Annuellement, les touristes dépensent plus de 7,5 milliards de dollars dans les différentes sphères de l’industrie touristique québécoise[192].

Le Québec compte 22 régions touristiques dont le développement est assuré par un réseau autonome d'associations touristiques régionales (ATR)[193]. De plus, des sociétés de développement économique veillent à la promotion du tourisme local de certaines municipalités constituées en zones touristiques (régions historiques ou culturelles). Sur une terre de contrastes et d'immensité, nombre d’activités et d'attraits s’offrent aux visiteurs sur les routes et circuits touristiques[194]. De la vie urbaine à l'Archipel-de-Mingan, en passant par le Grand Nord et les Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, une panoplie de sites et plaisirs saisonniers font la satisfaction des touristes, sur l'eau, dans les montagnes ou dans les airs. Enfin, le Québec est le théâtre de nombreux événements d’envergure internationale, dont des compétitions sportives (Grand Prix automobile du Canada, Coupe Rogers) et des festivals (Festival International de Jazz de Montréal, Festival d’été international de Québec) ainsi que le plus important carnaval d'hiver au monde, le Carnaval de Québec.

[modifier] Transport

Article détaillé : Transport au Québec.

Le développement et la sûreté des transports au Québec sont assurés par la contribution du ministère des Transports du Québec, notamment par le maintien de services d'informations sur les conditions routières (ex. : Québec 511 - Info Transports)[195]. D'autres organismes d'informations, tels la Garde côtière canadienne et Nav Canada, assurent ce même service dans la navigation maritime et aérienne. La Commission des transports du Québec œuvre pour sa part auprès des transporteurs, notamment dans les domaines du transport de marchandises et du transport en commun au Québec.

Le réseau routier québécois est administré par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) et comprend environ 185 000 km d’autoroutes, de routes nationales et régionales, de rues et de chemins locaux. En outre, le Québec compte près de 12 000 ponts, tunnels, murs de soutènement, ponceaux et autres constructions[196], tels le pont de Québec, le pont Laviolette et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. En plus du transport par automobile, plusieurs compagnies de transport par autobus parcourent, chaque jour, des centaines de kilomètres à travers le Québec : Orléans Express, Intercar, Limocar, Acadian Lines, etc.

Le traversier N.M. Camille-Marcoux, de la Société des traversiers du Québec, assurant les liaisons Baie-Comeau—Matane et Godbout—Matane.

Dans les eaux du Saint-Laurent se trouvent huit ports en eau profonde destinés au transbordement des marchandises. En 2003, 3 886 cargos et 9,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par la portion québécoise de la Voie maritime du Saint-Laurent[197]. De plus, plusieurs traversiers, notamment de la Société des traversiers du Québec, permettent d'effectuer des trajets maritimes, principalement sur le fleuve Saint-Laurent. L'Institut maritime du Québec, à Rimouski, est le principal établissement veillant à la formation supérieure en navigation et construction maritime.

Quant au transport ferroviaire, le Québec dispose de 6 678 km de voies ferrées[198] qui s’intègrent au grand réseau nord-américain. Bien que principalement destiné au transport des marchandises avec des compagnies privées telles le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique (CP), le réseau ferroviaire québécois joue, à plus petite échelle, un rôle dans le transport interurbain des passagers, par l'intermédiaire de Via Rail Canada et d'Amtrak. Le transport ferroviaire régional est essentiellement limité aux tours opérateurs, tels Orford Express en Estrie et Le p'tit train à vapeur en Outaouais. La grande région de Montréal est cependant desservie par un réseau régional de trains de banlieue, l'Agence métropolitaine de transport (AMT). La formation supérieure en génie ferroviaire est assurée par l'École Polytechnique de Montréal.

Deux types de réseaux aériens opèrent sur le territoire : le réseau supérieur et le réseau local. Le réseau supérieur comprend 43 aéroports qui offrent des services réguliers sur une base quotidienne[197]. De plus, le gouvernement québécois est propriétaire d'aéroports et héliports qui permettent l'accessibilité des services, notamment aux communautés de la Basse-Côte-Nord et des régions nordiques[199]. Alors que l'École nationale d'aérotechnique, à l'aéroport de Saint-Hubert, est spécialisée dans la construction et la maintenance d'aéronefs, le cégep de Chicoutimi est le seul établissement public du Québec offrant la formation supérieure en pilotage, en collaboration avec le Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) de Saint-Honoré.

Divers autres réseaux de transport sillonnent le territoire québécois, dont les sentiers pédestres, les sentiers de motoneiges et les pistes cyclables; la route Verte étant la plus importante avec près de 4 000 kilomètres de longueur.

[modifier] Ressources naturelles

La ville minière de Fermont, Côte-Nord, au commencement de la route du fer.

L’abondance de ses ressources naturelles confère au Québec une position avantageuse sur le plan mondial. Le Québec se distingue notamment dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Il se démarque également par l’exploitation de ses ressources forestières.

Le Québec est remarquable par les richesses naturelles de son vaste territoire. Il compte environ 30 mines, 158 entreprises d’exploration et une quinzaine d’industries de première transformation. Plusieurs minéraux métalliques y sont exploités, dont les principaux : l’or, le fer, le cuivre et le zinc. D'autres substances comprennent le titane, l’amiante, l’argent, le magnésium, le nickel ainsi que de nombreux autres métaux et minéraux industriels[200]. Cependant, seul 40 % du potentiel minéral du sous-sol québécois est actuellement connu. En 2003, la valeur des expéditions minérales du Québec a atteint 3,7 milliards de dollars[201]. Par ailleurs, en tant que pôle d'exploration majeur du diamant[202], le Québec a connu, depuis 2002, une recrudescence de la prospection minière, notamment dans le Nord-Ouest ainsi que dans les monts Otish et les monts Torngat.

L’immense majorité (90,5 %) des forêts du Québec sont de propriété publique. Les forêts recouvrent plus de la moitié du territoire québécois, soit 761 100 km2[203]. Le domaine forestier québécois s’étend sur sept degrés de latitude.

Le Québec recouvre plus d'un million de lacs et cours d'eau, occupant 21 % de la superficie totale de son territoire. Ce milieu aquatique est alors constitué de 12,1 % d'eaux douces et de 9,2 % d'eaux saumâtres et salées[204].

L'évacuateur de crue (surnommé, l'escalier du géant) de la centrale hydroélectrique Robert-Bourassa à la Baie-James, Nord-du-Québec, dont les 10 marches font chacune 10 mètres de haut sur 122 mètres de long[205].

Le bilan énergétique du Québec a connu de grands bouleversements en 20 ans. L’électricité occupe maintenant au Québec le premier rang parmi les formes d’énergie, suivie du pétrole et du gaz naturel. Elle est presque entièrement produite par Hydro-Québec, une société d'État québécoise qui gère 83 centrales réparties sur tout le territoire québécois. En 2000, le Québec était le quatrième producteur mondial d’énergie hydroélectrique, derrière les États-Unis, le Brésil et la Russie.

Le Québec est un importateur de pétrole brut. Plus des trois cinquièmes du pétrole brut acheté par le Québec proviennent des gisements de la Mer du Nord (Royaume-Uni et Norvège). Le reste provient du Venezuela, de l'Algérie, du Mexique et du Moyen-Orient. Ainsi, les activités d’exploration ayant cours au Québec visent l'évaluation du potentiel des cibles géologiques. Les bassins sédimentaires couvrent une superficie de 200 000 km2, avec des opérations de forage sur 350 puits, depuis les dernières décennies[206].

Quant au gaz naturel, des activités d’exploration se déroulent également au Québec. Aussi, des efforts visent la mise en valeur des structures géologiques à des fins de stockage de la ressource. Le Québec importe de l’Alberta la quasi-totalité du gaz qu’il consomme. Au cours des 30 dernières années, deux gisements ont été exploités au Québec, soit à Pointe-du-Lac, près de Trois-Rivières, et à Saint-Flavien, au sud de Québec. Depuis 1980, le Québec a considérablement étendu son réseau gazier.

[modifier] Symboles nationaux

[modifier] Drapeau

Article détaillé : Drapeau du Québec.
Le fleurdelisé, drapeau national du Québec. Rapport 2:3

Le drapeau national, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est couramment surnommé le fleurdelisé[207]. Il fut institué par le gouvernement de Maurice Duplessis le 21 janvier 1948. La composition héraldique du drapeau est « d’azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lis du même »[208]. L’argent est représenté par la couleur blanche du tissu du drapeau. La croix blanche, quant à elle, est le symbole d’une nation catholique et tire son origine du Moyen Âge. Pour sa part, le bleu azur est apparu vers l’an mil comme marque de l’autorité française. Enfin, pour ce qui est des fleurs de lis blanches (ou argentées), elles rappellent la fondation d’une France nouvelle en Amérique, ce symbole, lorsque doré, ayant vite été associé à la monarchie française.

[modifier] Armoiries

Article détaillé : Armoiries du Québec.

Les premières armoiries du Québec lui furent accordées par mandat de la reine Victoria, le 26 mai 1868[208]. En 1939, le gouvernement québécois adopte les armoiries actuelles de la province, suite à une étude de l’héraldiste Maurice Brodeur[209]. Ce changement répond au désir de les rendre plus conformes aux réalités historiques du Québec. Le nouveau blason représente « Tiercé en fasce d’azur, à trois fleurs de lis d’or ; de gueules, à un léopard d’or armé et lampassé d’azur ; d’or, à une branche d’érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ timbré de la couronne royale ; sous l’écu, un listel d’argent bordé d’azur portant la devise Je me souviens du même »[210]. Le chef de l’écu, d’azur à trois fleurs de lis d’or, symbolise la naissance du Canada et son premier régime politique (français). Au centre, les armoiries représentent le second régime politique (britannique), avec le léopard associé aux armoiries britanniques. La pointe de l’écu montre les feuilles d’érable à sucre qui rappellent la terre canadienne. Elles sont l’emblème particulier du Québec, où l’industrie du sucre d’érable représente environ 80 % de la production mondiale[166],[167]. La couronne héraldique de la Grande-Bretagne apparaît au-dessus de l’écu. Selon les Acte de l’Amérique du Nord britannique, toujours en vigueur, le souverain britannique est le défenseur des droits des Canadiens de langue française.

Les armoiries et la devise gravées dans la pierre au-dessus de la porte centrale de l'hôtel du Parlement, dans la Capitale-Nationale.

[modifier] Devise

Article détaillé : Je me souviens.

La devise du Québec, qui figure officiellement au bas des armoiries de la province depuis 1939[209], fut le fruit de l’imagination et de l’initiative du concepteur de l’Hôtel du Parlement du Québec, Eugène-Étienne Taché. En effet, Taché avait prévu de placer les armes de la province au-dessus de la porte principale de l’Hôtel du Parlement et d’y inscrire une devise de son cru : Je me souviens. Il prépara des plans à cette fin et ils furent annexés au contrat de construction passé en 1883 sous l’autorité d’un arrêté du Conseil exécutif. C’est ainsi que la devise imaginée par Taché a été ratifiée par le gouvernement québécois. Plusieurs auteurs ont cherché le sens de cette devise, Taché ne s’étant jamais exprimé sur cette question. André Duval y voit la réponse d’un sujet canadien-français à la devise du marquis de Lorne, gouverneur général du Canada, qui se trouve dans le vestibule de l’Hôtel du Parlement : « Ne obliviscaris » (Gardez-vous d’oublier). Conrad Laforte croit, pour sa part, que Taché s’est inspiré du Canadien errant d’Antoine Gérin-Lajoie : « Va, dis à mes amis, que je me souviens d’eux ».

Ces interprétations récentes ne semblent pourtant pas correspondre à celles qui circulaient au tournant du siècle, chez des contemporains du concepteur de la devise. Étant donné l’époque à laquelle elles furent suggérées, ces interprétations risquaient d’être plus justes. Ainsi, dans un discours de 1890, le juge Jetté évoquait les sentiments des Canadiens lorsque le drapeau français réapparut sur le fleuve en 1855 : « Oui, je me souviens, ce sont nos gens ». D’après Pierre-Georges Roy, la devise québécoise affirme « clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne ». Ernest Gagnon, ancien secrétaire du département des Travaux publics ayant bien connu Taché, écrivit que cette devise résumait admirablement « la raison d’être du Canada de Champlain et de Maisonneuve comme province distincte dans la Confédération »[211]. Selon lui, en concevant la décoration de l’Hôtel du Parlement, Taché voulait rendre hommage aux hommes et aux femmes qui avaient marqué l’histoire du Québec.

[modifier] Autres symboles

L'iris versicolore

En 1987, le harfang des neiges (Bubo scandiacus), rappelant la blancheur des hivers québécois, l’enracinement dans un climat semi-nordique et l’extension sur un très vaste territoire, devint l’emblème aviaire du Québec[208],[212].

Le bouleau jaune (Betula alleghaniensis), communément appelé merisier, fut choisi comme arbre emblématique de la province, pour sa présence dans les forêts du Québec et son usage à la fois artisanal et commercial[208],[213].

En 1999, l’iris versicolore (Iris versicolor) fut choisi comme fleur-emblème du Québec, en remplacement du lys blanc, qui n’est pas indigène au Québec. Outre sa ressemblance à la fleur de lys du drapeau québécois, il symbolise, par l’harmonie de ses couleurs, la diversité de la société québécoise et, par son habitat, l’importance des milieux humides dans la province. De plus, sa floraison se produit vers le 24 juin, le jour de la Fête nationale du Québec[208],[214].

Enfin, en octobre 1998, un insecte-emblème a été choisi par vote populaire lors d’un scrutin parrainé par l’Insectarium de Montréal : le papillon amiral blanc (Limenitis arthemis)[215]. Cet insecte était en compétition avec quatre candidats : la coccinelle maculée, la demoiselle bistrée, le bourdon fébrile et la cicindèle à six points. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec soutient et finance actuellement des actions pour faire reconnaître officiellement le papillon amiral comme insecte emblématique.

[modifier] Fête nationale

Article détaillé : Fête nationale du Québec.
Logo de la Fête nationale du Québec de 2009.

Le 24 juin est la date officielle de la Fête nationale du Québec[216], jour férié et chômé[217],[218], marqué par diverses manifestations officielles et populaires (défilés, concerts, etc.)[216].

Elle coïncide avec le jour de la Saint-Jean-Baptiste, historiquement associée aux descendants des colons de la Nouvelle-France, avec des activités comme le traditionnel feu de la Saint-Jean.

Cet ensemble de festivités se veut un événement officiellement apolitique. Néanmoins, il est parfois l’occasion, pour les souverainistes québécois, de manifester publiquement leur allégeance politique et pour les fédéralistes, de dénoncer publiquement cette affirmation.

[modifier] Journée nationale des Patriotes

Un tableau de Charles Alexander Smith peint en 1890 et représentant l'Assemblée des six-comtés tenue en octobre 1837 à Saint-Charles-sur-Richelieu.

La journée nationale des Patriotes est empreinte de commémorations et d'activités à caractère historique afin de souligner le soulèvement des Patriotes du Bas-Canada lors des rébellions de 1837-1838. Depuis 2003, elle se veut un jour férié et chômé, le troisième lundi du mois de mai de chaque année[219].

Avant 2003 et depuis le premier quart du XXe siècle, connue officiellement sous le nom de Fête de Dollard, cette même journée soulignait les exploits d'Adam Dollard des Ormeaux, héros de la Nouvelle-France à la bataille de Long Sault. Depuis les débuts du XIXe siècle, celui-ci devint alors un emblème patriotique et fit l'objet d'un culte exceptionnel pour la bataille qu'il mena contre les Iroquois en 1660. Ainsi, la fête de Dollard coïncidait, depuis 1910, avec la fête de la Reine, afin d'inciter les jeunes à résister aux valeurs du matérialisme et de l’américanisme en suivant l’exemple de Dollard[220].

Avant même la confédération, la fête de la reine Victoria était célébrée dans les colonies britanniques le 24 mai de chaque année. Cette fête demeurra malgré le décès de la reine en 1901. Cette journée est reconnue par le gouvernement fédéral du Canada comme un jour férié et chômé.

[modifier] Journée nationale du déménagement

Scène typique de déménagement survenant le 1er juillet.

La journée nationale du déménagement est un phénomène social québécois, et non une véritable fête, survenant le 1er juillet de chaque année, où susbsiste une coïncidence dans l'échéance des baux. Ce jour coïncide ainsi avec la Fête du Canada.

L'historique de cette tradition québécoise remonte à 1974, où certaines dispositions du Code civil du Bas-Canada furent modifiées par l'Assemblée nationale du Québec, relativement aux locations résidentielles. En fait, avant cette année, le Code désignait le 1er mai comme jour du déménagement pour tous les locataires. Cependant, depuis cette modification, les propriétaires et locataires sont libres de choisir eux-mêmes la date d'échéance de leur bail.

En plus de son côté socialement pratique, comparativement au jour du 1er mai, et bien que l'Assemblée nationale du Québec était alors à majorité fédéraliste, cette modification permît au mouvement souverainiste de se manifester depuis lors en cette journée, en ce sens où ce phénomène populaire marque une indifférence face aux festivités du jour de la Confédération[221] et donc, une réponse à sa politisation manifeste, résultant de l'affirmation publique des fédéralistes québécois, par des messages médiatisés et sous-entendus aux nationalistes.

[modifier] Vacances de la construction

Les vacances de la construction constituent un congé pour la quasi-totalité des travailleurs de la construction, en saison estivale. Depuis 1971, la période ainsi couverte est formée des deux dernières semaines civiles complètes du mois de juillet[222]. L'Association de la construction du Québec (ACQ) et la Commission de la construction du Québec (CCQ) travaillent ainsi conjointement afin d'assurer le confort des travailleurs de la construction, en considération de la nature de leur tâches.

Devant l'ampleur de ce phénomène, d'autres domaines ont accueilli favorablement cette mesure. Ainsi, cette tradition se veut un moyen d'assurer des vacances familiales, notamment aux travailleurs dont des membres de la famille œuvrent dans le domaine de la construction. Ainsi, environ le quart de la main-d'œuvre active québécoise prend aussi des vacances pendant cette même période[223].

[modifier] Snowbirds

Le centre commercial linéaire de la plage de Fort Lauderdale.

Les « snowbirds » forment un phénomène social qui concerne les Québécois qui passent leurs vacances d'hiver en Floride depuis le début du XXe siècle, et manifestement depuis les années 1950. La plupart sont regroupés dans des villes de l'est de l'État, telles Hallandale Beach, Pompano Beach, Hollywood, Fort Lauderdale[224].

Bien que ce phénomène soit particulièrement marqué par les retraités qui y séjournent généralement six mois tout au plus, plusieurs familles et personnes de tout âge font l'acquisition de propriété, afin d'y passer des vacances à divers moments de l'année. Les chalets, condominiums et motels sont d'ailleurs les modes d'habitation privilégiés. Alors que les autos et campeurs sont les modes de transports utilisés par nombre de personnes, d'autres préfèrent effectuer le trajet en bateaux, via le système d'écluses et voies d'eau côtières rejoignant le fleuve Saint-Laurent, par la rivière Richelieu, le lac Champlain et le fleuve Hudson.

La culture des cabarets montréalais d'avant les années 1960 est recréée, depuis le débuts des années 1970, dans des spectacles et divertissements présentés en soirée sur la Collins, à Sunny Isles Beach (communément, Miami Beach PQ)[225].

Plusieurs investisseurs québécois ont par ailleurs développé des relations avec les communautés présentes, notamment dans la construction de condos, l'achat d'hôtels et motels, etc. Certaines entreprises québécoises, telles des institutions financières et journaux, y ont de même implanté leurs activités.

De façon similaire, un fort attrait est présent pour les villes d'Ogunquit et Old Orchard, dans l'État du Maine, principalement lors des vacances estivales ou d'un court voyage.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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Sur la géographie

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes et références

  1. a et b selon les données de l’Institut de la statistique du Québec. Statistique Canada donne le chiffre de 1 542 056 km2, qui est inférieur de 8 % au chiffre du gouvernement du Québec, en raison d’une méthode de calcul différente.
  2. a et b Banque de données des statistiques officielles sur le Québec : Le bilan démographique du Québec, Institut de la statistique du Québec, édition 2008. (population au 1er juillet 2008)
  3. UTC -4 : le territoire de Listuguj et à l'est du méridien du 63e degré de longitude Ouest, à savoir les îles de la Madeleine, la partie à l'est de Havre-Saint-Pierre et la moitié est de l'île d'Anticosti (voir la Loi sur le Temps légal)
  4. Domaine internet pour les ministères et organismes d'État
  5. a et b Loi constitutionnelle de 1867
  6. Voir la section détaillée sur la reconnaissance de la nation québécoise.
  7. Renvoi sur l’opposition du Québec à une résolution pour modifier la Constitution, (1982) 2 R.C.S. 793, Cour suprême du Canada, 6 décembre 1982 :

    « On nous a mentionné un grand nombre de documents, de discours faits au cours des débats parlementaires, de rapports de commissions royales, d’opinions d’historiens, d’experts en sciences politiques et de constitutionnalistes qui souscrivent d’une façon ou d’une autre au principe de la dualité pris au sens que lui donne l’appelant et il ne fait aucun doute qu’un bon nombre d’hommes d’État, de politiciens et d’experts canadiens appuient ce principe. », p. 814;


    « (...) l’expression « dualité » recouvre l’ensemble des réalités qui font que le Québec forme, depuis l’origine du pays et bien avant, une société distincte, ainsi que l’ensemble des garanties qui, en 1867, ont été reconnues au Québec, en tant que province que la Commission de l’unité canadienne qualifiait de « château fort du peuple canadien-français », de « phare de la présence française en Amérique du Nord ». Ces réalités et ces garanties dépassent largement les seuls secteurs linguistiques et culturels: c’est la société québécoise toute entière qui s’est sentie protégée par l’Acte de l’Amérique britannique du Nord, protégée dans sa langue, certes, mais aussi dans ses valeurs, dans son droit, dans sa religion, dans son éducation, dans son territoire, dans ses richesses naturelles, dans son gouvernement, dans la souveraineté de son assemblée législative sur tout ce qui était, alors, d’intérêt « local ». », p.813.
  8. Tracé non définitif des frontières du Labrador
  9. http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions/pdf2009/donn_sociale09c1.pdf
  10. Rapport sur l'évolution de la situation linguistique du Québec 2002-2007
  11. Éditeur officiel du Québec, Code civil du Québec, dernière mise à jour le 15 février 2008.
  12. a et b William B. Hamilton, The Macmillan book of Canadian place names, Macmillan of Canada, Toronto, 1978, p. 225, cité dans Noms géographiques canadiens, site web du ministère des Ressources naturelles, gouvernement du Canada. Page consultée le 21 janvier 2009.
  13. a et b Guy Gaudreau, , McGill-Queen’s University Press, 1999, 178 p. (ISBN 0773517839) 
  14. Guillaume Levasseur, sur sa carte de l'océan Atlantique, Dieppe, 1601.
  15. Marc Lescarbot, Histoire de la Nouvelle-France, 1609.
  16. Samuel de Champlain, 1613
  17. Les provinces naturelles du Québec
  18. Serge Courville, Le Québec : Genèses et mutations du territoire, Les Presses de l’Université Laval, coll. « Géographie historique », Québec, 2000 (ISBN 2-7637-7710-4), p. 9.
  19. a et b Chantal Éthier (textes), Martine Provost (textes) et Yves Marcoux (photographies), Québec, terre de contrastes, Les Éditions de l’Homme, Montréal, 2004 (ISBN 2-7619-1877-0), p. 14.
  20. Québec, Guide Gallimard, 2007
  21. Loi sur le Temps légal (L.R.Q., c. T-5.1)
  22. Conflit frontalier Québec-Labrador
  23. Frontières du Québec
  24. a, b et c Québec (2002).L’eau. La vie. L’avenir. Politique nationale de l’eau [pdf]. (ISBN 2-550-40074-7). p. 5.
    Avec 990 km3/an d’eau renouvelables, excluant les lacs et l’eau souterraine, le Québec dispose de 3 % du total mondial de cette ressource.
  25. L’interatlas: Les ressources du Québec et du Canada, Centre d’études en enseignement du Canada, Centre éducatif et culturel, Montréal, 1986 (ISBN 2-7617-0317-0), p. 39
  26. Marcel Boyer,Texte d’opinion : 11 idées pour changer le Québec, Le Journal de Montréal, 12 janvier 2008.
  27. (fr)Service météorologique du Canada, « Température estivale 2006 », 5 avril 2007, CRIACC
  28. (fr)Service météorologique du Canada, « Température hivernale 2006-2007 », 28 mars 2007, CRIACC
  29. Le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ)
  30. La biodiversité du Saint-Laurent
  31. Espèces fauniques du Nunavik
  32. Poissons du Québec
  33. Loi sur les races animales du patrimoine agricole du Québec (L.R.Q., c. R-0.01)
  34. Conseil des appellations réservées et des termes valorisants
  35. Fédération des producteurs de porcs du Québec
  36. Fédération des producteurs d'agneaux et moutons du Québec
  37. Québec. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune.Domaine forestier. Page consultée le 19 août 2007.
  38. L'Arboretum du Québec
  39. Québec. Institut de la statistique du Québec (2007). et distribution de la population par région administrative, superficie et densité, Québec, 1971-2006. Page consultée le 18 août 2007.
  40. Minorités visibles du Québec
  41. a et b Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec 1534-2000 : synthèse historique. Sillery, Septentrion, 2000, p. 11.
  42. « Les Amérindiens et Inuits du Québec 11 nations contemporaines »[pdf], Québec, Secrétariat aux affaires autochtones, 2001.
  43. Ibid, p. 13-14.
  44. a et b Ibid.
  45. Ibid, p. 16.
  46. ibid, p. 19.
  47. TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France : les vaines tentatives 1524-1603, Fides, Montréal, 1963, 307 p.
  48. Le chantier archéologique Cartier-Roberval
  49. Site historique et archéologique de l'Habitation-Samuel-de-Champlain
  50. Canada-Québec, de Jacques Lacoursière, Jean Provencher, Denis Vaugeois
  51. Conseil supérieur de la langue française, Le français au Québec : 400 ans d'histoire et de vie, Gouvernement du Québec, Éditions Fides, Nouvelle Édition, 2008, p. 183.
  52. BLAIS, Christian et al., Québec : Quatre siècles d'une capitale, Assemblée nationale du Québec, Les Publications du Québec, dépôt légal - 2008, p.334.
  53. Ibid.
  54. Id., p.337.
  55. Id., p.335.
  56. Pierre-Alexis Tremblay, lors d’une élection partielle fédérale. Il perdit toutefois l’élection subséquente.
  57. Conseil supérieur de la langue française, Le français au Québec : 400 ans d'histoire et de vie, Gouvernement du Québec, Éditions Fides, Nouvelle édition, 2008, p.311.
  58. Id. p.312
  59. Ibid.
  60. La révolution tranquille, 50 ans après, Première Chaîne de la radio de Radio-Canada, le mercredi 9 septembre 2009, 13h00 (HAE).
  61. La Commission Keable (Commission d’enquête sur des opérations policières en territoire québécois), Vigile, Revue criminologie, 1980.
  62. Mémoire Commission d'enquête sur des opérations policières en territoire québécois : portée réelle et limites du rapport Keable, Université du Québec à Montréal (UQAM).
  63. Souveraineté : Un OUI à 54, Le Devoir, 27 avril 2005.
  64. Sondage Léger Marketing pour le compte du Globe and Mail et du journal Le Devoir, 27 avril 2005.
  65. Préambule de la loi constitutionnelle de 1867 : « (...) avec une constitution reposant sur les mêmes principes que celle du Royaume-Uni ».
  66. Loi constitutionnelle de 1867 : l'article 94 sur l'uniformité des lois relatives à la propriété, aux droits civils et à la procédure civile dans les provinces autres que le Québec.
  67. Yale Law School : BLACKSTONE, William. Commentaries on the Laws of England, Oxford, Clarendon Press, 1765-1769.
  68. Code civil du Québec, L.Q. 1991, c. 64
  69. Loi sur l'application de la réforme du Code civil, L.Q. 1992, c. 57
  70. Expression « common law »
  71. Voir les lois d'intérêt privé
  72. Voir les lois d'intérêt général
  73. Décisions des tribunaux et organismes du Québec
  74. Expression « equity »
  75. 1) Principes de la common law attribués à la constitution par le préambule de la Loi constitutionnelle de 1867, 2) Attribution aux provinces de la compétence législative en droit civil et propriété (paragraphe 92.13), 3) Possibilité de retrait volontaire et définitif sur la compétence législative en droit civil et propriété pour toutes les provinces autres que le Québec (article 94), et 4) Pouvoir d'uniformité des lois civiles attribué au Parlement fédéral, pour toutes les provinces retirées (article 94)
  76. Les lois du droit privé sont énoncées de façon à répondre à la protection d'une personne s'y référant (ex.: articles 6, 7 et 8), tout en étant conforme aux principes de la common law sur l'autogouvernance de chaque individu (ex.: article 9). Code civil du Québec, article 6 : « Toute personne est tenue d'exercer ses droits civils selon les exigences de la bonne foi »; article 7 : « Aucun droit ne peut être exercé en vue de nuire à autrui ou d'une manière excessive et déraisonnable, allant ainsi à l'encontre des exigences de la bonne foi »; article 8 : « On ne peut renoncer à l'exercice des droits civils que dans la mesure où le permet l'ordre public »; article 9 : « Dans l'exercice des droits civils, il peut être dérogé aux règles du présent code qui sont supplétives de volonté; il ne peut, cependant, être dérogé à celles qui intéressent l'ordre public ».
  77. Districts judiciaires du Québec
  78. Code de procédure pénale et Code criminel
  79. Tribunaux judiciaires du Québec
  80. « Renvoi : Résolution pour modifier la Constitution, (1981) 1 R.C.S. 753 » : arrêt de la Cour suprême statuant sur la caducité des pouvoirs du lieutenant-gouverneur.
  81. Les Québécois ne sont pas monarchistes, Comité national républicain, 6 octobre 2009.
  82. Les Québécois sont-ils monarchistes ou républicains?
  83. Loi sur l'Assemblée nationale (L.R.Q., c. A-23.1)
  84. Loi électorale (L.R.Q., c. E-3.3)
  85. Loi sur l'exécutif (L.R.Q., c. E-18)
  86. Les ententes intermunicipales.
  87. Québec. Institut de la statistique du Québec (2002). Régions administratives du Québec, janvier 2001. Page consultée le 16 août 2007
  88. Cantons du Québec
  89. Répertoire des cantons du Québec 2004
  90. Ministères des Ressources naturelles et Faune
  91. Loi sur l'Assemblée nationale (L.R.Q., c. A-23.1)
  92. Loi sur l'exécutif (L.R.Q., c. E-18)
  93. Loi électorale (L.R.Q., c. E-3.3)
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  101. Première formulation de la doctrine Gérin-Lajoie
  102. Le Québec et le changement climatique: un défi pour l’avenir
  103. Loi sur la Société des établissements de plein air du Québec
  104. Loi sur l'Agence de l'efficacité énergétique (L.R.Q., c. A-7.001)
  105. Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (L.R.Q., c. P-41.1)
  106. Le zonage agricole
  107. Commission de protection du territoire agricole du Québec
  108. Bureau du forestier en chef du Québec
  109. Emploi-Québec
  110. Loi sur les normes du travail (L.R.Q., c. N-1.1)
  111. Code du travail (L.R.Q., c. C-27)
  112. Accord Canada-Québec relatif à l'immigration et à l'admission temporaire des aubains (Accord Gagnon-Tremblay—McDougall)
  113. Résolution de l'Assemblée nationale du Québec sur la défense des valeurs qubécoises, mai 2008.
  114. Au Québec pour bâtir ensemble : Énoncé de politique en matière d'immigration et d'intégration
  115. Loi sur la Régie de l'assurance maladie du Québec
  116. Loi sur le Conseil supérieur de l'éducation (L.R.Q., c. C-60)
  117. Fédération des commissions scolaires du Québec
  118. Loi sur l'instruction publique
  119. Loi sur l'enseignement privé
  120. Loi sur l'Université du Québec (L.R.Q., c. U-1)
  121. Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel (L.R.Q., c. C-29)
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  124. Société Makivik
  125. Émission d'affaires publiques : Les années lumière, émission spéciale : La science en Nouvelle-France, présentée en rediffusion sur la chaîne d'information Première Chaîne de la radio de Radio-Canada, le dimanche 28 juin 2009, de 12h15 à 14h00 (HAE).
  126. Guide officiel de la Société touristique des autochtones du Québec (STAQ) : La Nouvelle-France, un vaste réseau d'alliances en Amérique du Nord.
  127. Idem
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  130. Gudie officiel de la Société touristique des autochtones du Québec (STAQ) : Conclure des traités ou la recherche de bonne entente.
  131. Guide officiel de la Société touristique des autochtones du Québec : La vraie nature de la Loi sur les Indiens.
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  146. Loi sur la Société de développement des entreprises culturelles (L.R.Q., S-10.002) (L.Q., c.21, 1994)
  147. Les Prix du Québec
  148. Le développement historique et le fonctionnement de l'industrie de la chanson québécoise
  149. L'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ)
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  173. Le Devoir : Benoît XVI et le négationniste, 6 février 2009
  174. Nous ne connaissons pas encore l'emplacement précis de cette chapelle sous laquelle Champlain fut inhumé fin décembre 1635 et qui fut détruite dans le grand incendie de 1640. - Voir : La chapelle et le tombeau de Champlain: état de la question.
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