Québec

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Québec
Drapeau duQuébec
Armoiries duQuébec
Drapeau Armoiries
Devise : Je me souviens
Autres provinces et territoires du Canada
Pays Canada Canada
Capitale Québec
46° 48′ 33″ N 71° 12′ 49″ W / 46.809053, -71.213534
Plus grande ville Montréal
Langue officielle Français
Lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne
Premier ministre Jean Charest (libéral)
Superficie 1 542 056[1] km2 (2e)
 - Terre 1 365 128 km²
 - Eau 176 928 km² (11,5%)
Population (2008)
 - Totale 7 744 530[2] hab. (2e)
 - Densité 4,96 hab./km2 (5e)
Admission dans la Confédération
 - Date 1er juillet 1867
 - Rang 1e
Représentation au Parlement
 - Sièges à la chambre des communes 75
 - Sièges au sénat 24
Abréviation postale QC, PQ
Préfixe de code postal G - H - J
Gentilé Québécois, Québécoise
Fuseau horaire UTC -5[3]
Domaines Internet .qc.ca, .gouv.qc.ca[4]

Le Québec (API : /kebɛk/) est une province de l’est du Canada. Il est bordé au nord par la baie d'Ungava et le détroit d'Hudson, à l’ouest par la baie d'Hudson, la baie James et l’Ontario, au sud par les États américains du Maine, du New Hampshire, du Vermont et de New York, et à l’est par le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador (district du Labrador) et le golfe du Saint-Laurent. Sa capitale est la ville de Québec et son agglomération principale est Montréal.

Le Québec a un territoire d’une superficie de 1 667 441 km2[1] (soit 3 fois plus grand que la France et 40 fois plus grand que la Suisse[5]) et une population de 7 744 530 habitants[2] composée de divers groupes linguistiques et socio-culturels, dont onze nations autochtones. Sa langue officielle est le français, langue maternelle et d'usage de 80 % de la population.

La Chambre des communes du Canada et l’Assemblée nationale du Québec ont, chacune à leur façon, adopté une résolution déclarant que les Québécois forment une nation[6],[7]. La politique québécoise est fortement marquée par la place que doit occuper le Québec dans le Canada; un fort mouvement souverainiste défend constamment le projet de sa sécession, depuis 1960. Un certain degré de nationalisme québécois est présent, à différents niveaux, dans chacun des partis de l'Assemblée nationale du Québec.

Le Québec est un État de droit avec un système bijuridique. Alors que la branche du droit public privilégie les principes fondamentaux de la common law, celle du droit privé suit les principes du droit romano-germanique dont le Code civil du Québec est le fondement au Québec[8].

L’aérospatiale, les biotechnologies, l’industrie pharmaceutique, le génie-conseil, la métallurgie, les technologies de l’information et l’industrie culturelle sont parmi les secteurs clés de l’économie post-industrielle diversifiée du Québec moderne. Étant donné leur très grande disponibilité, les ressources naturelles (notamment la forêt et l'hydroélectricité) demeurent un important facteur de création de richesse.

Sommaire

[modifier] Étymologie du nom « Québec »

Article détaillé : Histoire du nom « Québec ».

Le nom « Québec », d'origine algonquine, était employé par certains Amérindiens, soit les Algonquins, les Cris et les Micmacs[9]. Sa signification était « là où le fleuve se rétrécit » et servait à désigner le rétrécissement du Saint-Laurent près de l’actuelle ville de Québec. En 1632, Samuel de Champlain décrivit ainsi l’endroit :

« [...] un détroit dans le fleuve, comme le disent les Indiens [...][9],[10]. »

Au fil du temps, le nom connût plusieurs orthographes : Qvebecq[11], Quebeck, Kébec[12], Quebec[13] et Kebbek[10].

[modifier] Géographie du Québec

Article détaillé : Géographie du Québec.
Carte topographique du Québec après les réorganisations municipales québécoises de 2006.

Dans sa géographie, le Québec est divisé en 13 provinces naturelles[14] dont les caractéristiques supposent des éléments de formation propres à chacune : climat, dépôts de surface, faune, géologie, hydrographie, relief, végétation, etc. L'étude de ses composantes est principalement déléguée aux organismes publics sous la responsabilité du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec ainsi que du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.

[modifier] Frontières

Le Québec occupe une position dominante dans l’est du continent nord-américain. D’une superficie de 1 667 441 km2[1], le Québec pourrait contenir près de trois fois la France métropolitaine[15],[16], cinq fois l’Allemagne et le Japon[16], ou encore quarante fois la Suisse[17].

Du sud au nord, le Québec s’étend sur un peu plus de 17 degrés de latitude, et de l’est à l’ouest, sur plus de 22 degrés de longitude. Il s'étend en outre sur deux fuseaux horaires : essentiellement l'heure de l'Est, normale et avancée, puis l'heure de l'Atlantique (heure des Maritimes), normale et avancée pour les Îles-de-la-Madeleine et le territoire de la réserve de Listuguj et constante, pour les autres parties couvertes du territoire québécois[18].

Il partage une frontière terrestre avec quatre États du nord-est des États-Unis – l’État de New York, le Vermont, le New Hampshire et le Maine ainsi qu'avec trois provinces canadiennes – Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario. Il partage de plus une frontière maritime avec le territoire du Nunavut, l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse.

[modifier] Hydrographie

Vu de l’espace, le Québec se démarque par l’abondance de ses cours d’eau. En effet, le Québec dispose d’une des plus importantes réserves d’eau douce du monde[19], qui occupe 12 % de sa superficie totale[20]. Il possède sur son territoire 3 % de l’eau douce renouvelable du globe, alors qu’il ne représente qu’un dixième de 1 % de la population[21]. Plus d'un demi-million de lacs[19] – dont 30 d’une superficie supérieure à 250 km2 – et 4 500 rivières[19] déversent leurs torrents dans l’Atlantique, par le golfe du Saint-Laurent, et dans l’océan Arctique, par les baies James, d’Hudson et d’Ungava.

Alors que le fleuve Saint-Laurent s'étend des frontières de l'Ontario et de l'État de New York jusqu'à la ville de Trois-Rivières,

Les chutes à Michel sur la rivière Ashuapmushuan.

le golfe du Saint-Laurent s'étend à l'est de la pointe des monts dans le village de Baie-Trinité jusqu'à Blanc-Sablon. Divisé en trois sections, l'estuaire du Saint-Laurent couvre le plan d'eau entre le fleuve et le golfe. Ainsi, alors que l'estuaire fluvial s'étend de Trois-Rivières à Saint-François-de-l'Île-d'Orléans, le moyen estuaire et Saguenay, suivi de l'estuaire maritime, est délimité à la hauteur du village de Tadoussac.

Ses plus grandes étendues d'eau intérieures sont en réalité des réservoirs contribuant à la production d'énergie hydroélectrique, créés au cours des années 1970 et 1980, dans la réalisation du projet de la Baie-James. Parmi ceux-ci, les réservoirs Caniapiscau et Robert-Bourassa ont les deux plus grandes superficies. D'autres étendues comprennent les réservoirs Cabonga, Gouin, Manicouagan, Opinaca, Outardes-Quatre et Pipmuacan ainsi que les lacs Albanel, Bienville, Champlain, Eau Claire (à l'), Kaackawakamak, Memphrémagog, Mistassini, Naococane, Nichicun, Saint-Jean et Saint-Pierre.

[modifier] Relief

Situé dans les monts Torngat à l'extrême nord-est de la péninsule du Labrador, le mont d'Iberville est le point culminant du Québec à 1 652 mètres (5 420 pieds).

Le plateau Laurentien couvre la presque totalité du Québec.

Alors que le pourtour des baies James, Hudson et Ungava est constitué de basses terres, la péninsule d'Ungava est notamment composée des monts D'Youville, des monts Puvirnituq et du cratère des Pingualuit. Alors que de l'Outaouais au Grand Nord culminent des monts de basse et moyenne altitude, les montagnes à hautes altitudes dessinent le Québec à partir de la Capitale-Nationale jusqu'à l'extrême Est, sur toute sa longitude.

La chaîne de montagnes des Laurentides s'étend de l'Outaouais à la Côte-Nord. Elle est composée de massifs tels que les Grands Jardins, à cheval entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Capitale-Nationale, les monts Groulx et les collines de Mécatina sur la Côte-Nord, etc. Le graben du Saguenay-Lac-Saint-Jean creuse, quant à lui, le paysage montagneux le long de la rivière Saguenay et du lac Saint-Jean.

La chaîne de montagnes des Appalaches couvre essentiellement le sud-est du Québec. Alors qu'elle est composée des monts Sutton et des monts Stoke en Estrie, elle est formée des collines de Bécancour en Chaudière-Appalaches. De leur côté, les monts Notre-Dame en constituent la continuité dans la région du Bas-Saint-Laurent alors que les monts Chic-Choc forment, pour leur part, un massif à son extrémité, dans la région de la Gaspésie et des îles de la Madeleine.

L'hiver au sommet des monts Valin.

Les basses-terres du Saint-Laurent, limitées au nord par les montagnes Laurentides et au sud par les Appalaches, couvrent principalement les régions du Centre-du-Québec, de Laval, de la Montérégie et de Montréal ainsi que le sud des régions de la Capitale-Nationale, de Lanaudière, des Laurentides et de la Mauricie. Anciennement couvertes par les eaux du lac Champlain, de la plaine surgissent les collines Montérégiennes et les collines d'Oka. Les basses terres s'étendent, de même, jusqu'à l'île d'Anticosti et aux îles de la Madeleine, le long du littoral des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord, ainsi que sur celui de la péninsule de la Gaspésie, dans la baie des Chaleurs.

[modifier] Climat

Quatre saisons très contrastées se succèdent au Québec, dont un printemps doux et bref ainsi qu'un automne frais et coloré. Les saisons les plus marquées restent l’été et l’hiver. Les étés sont chauds et souvent très humides. La période chaude dure environ deux mois et est témoin de nombreux festivals et fêtes à travers le Québec. Les hivers sont froids, assez longs (neige au sol généralement de novembre à avril), très neigeux et humides, eux aussi. Les températures varient énormément, pouvant atteindre les 35 °C en été[22] et descendre sous la barre des -40 °C en hiver[23]. Ces données sont pour le sud du Québec, dans la vallée du Saint-Laurent, où la quasi-totalité de la population se concentre. Au nord de la ville de Québec, à l'exception du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le climat devient de plus en plus rude, ce qui empêche notamment l'agriculture.

[modifier] Faune

La Fondation de la faune du Québec et le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ)[24] sont les principaux organismes publics dont la mission est la conservation de la faune.

Harfang des neiges : emblème aviaire du Québec

La faune terrestre de grande taille est principalement composée du Caribou, du Cerf de Virginie (chevreuil), de l'Orignal, de l'Ours noir et de l'Ours polaire. Les animaux de taille moyenne comprennent le Couguar, le Coyote, le Loup de l'Est, le Lynx roux (ou chat sauvage), le Renard polaire, le Renard roux, etc. Les petits animaux comprennent le Castor canadien, la Couleuvre, l'Écureuil, le Lièvre d'Amérique, la Marmotte commune (siffleux), la Mouffette, le Raton laveur, le Suisse, etc.

La biodiversité de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent[25] est formée d'une faune aquatique de mammifères, dont la plupart remonte l'estuaire et le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent jusqu'à l'île d'Orléans, tels la Baleine à bosse, la Baleine bleue, la Baleine noire de l'Atlantique Nord, le Béluga, le Cachalot macrocéphale, le Dauphin, l'Épaulard, le Petit Rorqual, le Phoque du Groenland (loup-marin) et le Rorqual commun. D'autres animaux marins comprennent des crustacés comme le Crabe des neiges, la Crevette et le Homard. Les eaux intérieures sont composées de poissons tels le Brochet d'Amérique, le Doré jaune, l'Esturgeon noir d'Amérique, le Maskinongé, la Morue de l'Atlantique, la Ouananiche, la Perchaude, le Poulamon atlantique (petit poisson des chenaux), le Saumon de l'Atlantique, la Truite arc-en-ciel.

La faune aviaire comprend des oiseaux de proie tels l'Aigle royal, le Faucon pèlerin, le Harfang des neiges, le Hibou des marais, le Hibou moyen-duc, etc. Les oiseaux maritimes et semi-aquatiques sont la Bernache du Canada (outarde), le Cormoran à aigrettes, le Fou de Bassan, le Goéland argenté, le Grand Héron, la Grue du Canada, le Macareux moine, le Plongeon huard, etc. Les autres oiseaux sont le Grand Corbeau, la Corneille d'Amérique, le Geai bleu, etc.

À l'inverse de la faune sauvage (le gibier), les animaux d'élevage comptent les bovins tels le Bœuf, le Taureau, la Vache laitière et le Veau ainsi que l'Agneau, l'Autruche, le Bison, le Cheval, le Mouton, le Porc, la Poule, etc.

[modifier] Flore

Bouleau jaune : emblème arborescent du Québec

Le climat et les conditions du sol québécois créent différentes zones tempérées. Sur le pourtour de la baie d'Ungava et du détroit d'Hudson se trouve la toundra dont la flore se résume à une végétation basse. Plus au sud, le climat devient propice à la croissance d’une forêt dense sur une grande partie du territoire, la forêt boréale limitée au nord par la taïga. On estime que la forêt québécoise s’étend sur 750 300 km2[26]. Dans la chaîne de montagnes des Laurentides, de l'Abitibi à la Côte-Nord, cette forêt est composée essentiellement de conifères comme le Sapin baumier, le Pin gris, l’Épinette blanche, l'Épinette noire, le Mélèze laricin, etc. En se rapprochant du fleuve vers le sud, s’ajoutent graduellement le Bouleau jaune et d’autres feuillus. La vallée du Saint-Laurent possède une forêt mixte, la forêt laurentienne, composée de conifères tels le Pin blanc d'Amérique et le Thuya d'Occident (cèdre) ainsi que de feuillus et d’essences comme l'Érable à sucre, l'Érable rouge, le Frêne blanc, l'Hêtre d'Amérique, le Noyer cendré, l'Orme d'Amérique, le Tilleul d'Amérique, le Caryer cordiforme et le Chêne rouge d'Amérique. D'autres arbres dont l'aire de répartition recouvre plus de la moitié du territoire québécois comprennent le Bouleau à papier, le Peuplier baumier, le Peuplier faux-tremble, le Sorbier décoratif, etc.[27]

[modifier] Démographie

Article détaillé : Démographie du Québec.

Alors que la densité de la population du Québec est d'environ 4,9 habitants par kilomètre carré, 80 % de sa population est principalement répartie au sud, près des rives du fleuve Saint-Laurent. Ainsi, en 2006, environ 1 873 971 personnes s’agglutinaient dans les 498 km2 de l’île de Montréal (pour une densité de 3 761,6 hab./km2). En revanche, seulement 40 637 Québécois habitaient la région du Nord-du-Québec, laquelle compte pour 43 % du territoire[28]. Pour leur part, les minorités visibles forment près de 9% de la population[29], concentrée principalement dans la ville de Montréal. Le territoire du Québec est par ailleurs constitué de terres publiques, officiellement nommées les terres du domaine de l'État, qui composent environ 92 % de sa superficie totale, à l'inverse des terres privées sur lesquelles vit la grande majorité de la population.

[modifier] Préhistoire et protohistoire du Québec

[modifier] Les autochtones

Un peuple de langue algonquienne vers 1590.
Article détaillé : Autochtones du Québec.

Les premiers occupants humains – ceux qui, dans la terminologie officielle datant de la fin du XXe siècle, sont nommés Amérindiens ou Premières nations – se seraient établis dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Québec il y a 10 000 ou 11 000 ans, au terme d’un long périple qui a accompagné la fin de la dernière période glaciaire[30].

Ces nomades, partis de l’Asie il y a 20 000 ans, auraient, selon l’hypothèse encore acceptée en ce début de XXIe siècle, traversé le détroit de Béring, pour ensuite traverser l’Amérique du Nord et s’établir dans différentes régions du continent américain[30].

De cette colonisation progressive, des groupes ethnoculturels distincts ont émergé pour donner naissance à trois groupes autochtones (les Iroquoiens, les Algonquiens et les Inuits), divisés en 11 nations amérindiennes et la nation inuit – reconnues officiellement par le gouvernement du Québec[31]. Les dix nations amérindiennes incluent les Innus, les Micmacs, les Malécites, les Abénaquis, les Atikamekws, les Naskapis, les Algonquins, les Cris, les Hurons-Wendat et les Mohawks.

Il existe plusieurs familles autochtones, mais il faut distinguer les nations dites « nomades » (les Algonquiens, par exemple les Cris et les Innus) de celles plus « sédentaires » (les Iroquoiens, par exemple, les Mohawks et les Hurons-Wendat). Ces dernières ont une tradition d’organisation sociale plus importante. Les nations dites « nomades », quant à elles, suivent la migration des troupeaux d’animaux qui leur servent de proie, comme le bison, l’orignal ou le phoque[32].

Traditionnellement, les Algonquiens et les Inuits vivent en petits groupes de chasse et de pêche, alors que les Mohawks et les Hurons ont opté pour une organisation matriarcale basée sur la « cabane longue », ou longue maison (une traduction littérale de l’expression « longhouse »), qui regroupe plusieurs familles sous l’autorité d’une doyenne[33].

Avant l’arrivée des premiers Européens, les nations autochtones du Québec, comme celles du reste de l’Amérique du Nord, ne forment pas un front monolithique. Même lorsque plusieurs nations iroquoises sont alliées, comme c’est le cas des Cinq-Nations (une alliance Iroquoienne), la fin des hostilités avec un des membres de la confédération n’interrompt pas nécessairement le conflit avec les autres nations qui auraient pu être partie prenante au conflit[34].

[modifier] Les explorations européennes

L’Anse aux Meadows, à Terre-Neuve, témoigne d’une présence viking.

L’historiographie contemporaine rapporte que le premier contact entre les nations autochtones et des explorateurs venus d’Europe remonte au Xe siècle. Il est maintenant admis que les Vikings furent les premiers à entrer en contact avec les Amérindiens et les Inuits, à Terre-Neuve, au Labrador, sur l’Île de Baffin et au Groenland. Cependant, les établissements scandinaves furent finalement abandonnés[35].

Il fallut la chute de Constantinople, le 29 mai 1453, pour pousser les monarchies européennes à considérer des solutions de rechange pouvant faciliter la poursuite du commerce des épices avec l’Orient. La recherche de la route des Indes a autant motivé les Portugais et les Espagnols, au sud, que les Anglais et les Français, au nord. Mandaté par le monarque anglais, Jean Cabot aurait circulé dans le golfe du Saint-Laurent en 1497.

Contrairement aux autres puissances de l’époque, la France tarde à entreprendre un programme d’exploration, d’autant plus que les guerres d’Italie, au début du XVIe siècle, accaparent l’attention du souverain. Financé par des banquiers italiens de Lyon, et avec la permission de François Ier, Giovanni da Verrazano entreprend, en 1524, la quête d’un passage vers l’ouest entre la Floride et Terre-Neuve. Il ne trouvera pas le passage désiré, mais sa reconnaissance de la côte est américaine lui permettra de rapporter des cartes d’une terre alors inconnue.

[modifier] Histoire du Québec

Article détaillé : Histoire du Québec.

[modifier] La Nouvelle-France (1534-1763)

Article détaillé : Nouvelle-France.
Portrait de Jacques Cartier par Théophile Hamel, vers 1844.

Considéré comme le premier explorateur européen en terre québécoise et, de ce fait, dans les Indes occidentales françaises, Jacques Cartier partît de Saint-Malo le 20 avril 1534, avec 61 hommes sur deux navires. La même année, il planta une croix à Gaspé. Puis, lors d’un second périple en 1535, il navigua sur le fleuve Saint-Laurent à bord de la Grande Hermine, complétée de la Petite Hermine et de l'Émerillon. Il s’aventura jusqu’au village d’Hochelaga (aujourd’hui Montréal). L’équipage passa l’hiver à Stadaconé (aujourd’hui Québec) : 20 personnes moururent du scorbut avant que Cartier n’obtienne des Iroquoiens du Saint-Laurent une recette à base de feuilles de thuya (appelé cèdre au Québec) contre cette maladie.

En 1540, le Royaume de France, décidé à établir une colonie, donna le commandement d’un nouveau voyage, l'expédition Cartier-Roberval, à Jean-François de La Rocque de Roberval. La nouvelle colonie connut un hiver difficile, qui coûta la vie à plus de 50 individus. Ayant d’autres préoccupations, en particulier les guerres européennes, la France cessa, durant le demi-siècle suivant, de s’intéresser à la Nouvelle-France. Cependant, certains auteurs-historiens considèrent 1524 à 1603 comme une période de vaines tentatives, soit jusqu'à l'arrivée de Samuel de Champlain, trois ans après l'établissement du premier comptoir commercial à Tadoussac[36][37].

Le premier comptoir commercial permanent en Nouvelle-France, par le fait même, dans sa colonie du Québec alors nommée « Canada », remonte à 1600. De fait, cette année correspond à la fondation de Tadoussac par Pierre de Chauvin, Sieur de Tonnetuit.

En 1603, les premiers colons français, menés par Samuel de Champlain, s’allièrent aux tribus amérindiennes des Hurons-Wendats et des Algonquins contre les Iroquois. À cette époque, on comptait environ 30 000 Wendats et 15 000 Iroquois, mais une série d’épidémies abaissa la population des Wendats à 12 000, tandis que celle des Iroquois demeura inchangée. Le 3 juillet 1608, le père de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain, fonda la ville de Québec, premier établissement français permanent en Amérique, dont le territoire fut jusque là utilisé comme comptoir de traite. Il y fit construire l'Habitation de Québec en l'emplacement de la place Royale[38].

En 1627, la création, par le cardinal de Richelieu, de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou Compagnie des Cent-Associés) permit à cent actionnaires de développer la colonie. L’année suivante, cette compagnie lançait sa première expédition. Celle-ci, qui comptait 400 personnes, ne parvint jamais à destination, tombant entre les mains des Britanniques.

Carte géographique de la Nouvelle-France, dessinée par Samuel de Champlain en 1612.

De 1629 à 1632, suite à la capitulation de Québec face aux frères Kirke, les Anglais occupèrent le territoire de l’Acadie et de ce qui, aujourd’hui, constitue le Québec. Samuel de Champlain fut fait prisonnier et il s’ensuivit la faillite de la Compagnie des Cent-Associés. À la suite du traité de Saint-Germain-en-Laye, en 1632, le Royaume de France reprit toutefois possession de la colonie. Deux ans plus tard, la ville de Trois-Rivières était fondée.

En 1640, la Nouvelle-France ne comptait que 500 personnes. Les guerres iroquoises et les maladies étaient les principales causes de mortalité dans la colonie. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie (future Montréal). À l’époque, il ne s’agissait que d’un fort servant de protection contre les attaques des Iroquois (la première grande guerre iroquoise dura de 1642 à 1667).

De 1627 à 1663, la population passa de 100 habitants à quelque 2 500. En 35 ans, environ 1 250 immigrants français vinrent se joindre à la colonie. Pour ce qui est de la natalité, elle doubla le contingent.

Durant cette période, les immigrants vinrent de l’Île-de-France et des provinces du nord-ouest, du centre-ouest et du sud-ouest de la France (la Normandie, l’Aunis, le comté du Perche, le Poitou, le Maine, la Saintonge, l’Anjou et la Bretagne). Les régions du Midi et des Alpes françaises, quant à elles, ne participèrent que très peu.

En 1663, le ministre français de la marine, Jean-Baptiste Colbert, et le roi Louis XIV, mirent en place un gouvernement royal en Nouvelle-France. Ainsi, le territoire devait être administré comme une province française, c’est-à-dire par un gouverneur.

Deux ans plus tard, le régiment de Carignan-Salières (régiment d’élite) arriva dans la colonie. Ce régiment, envoyé par le roi de France, devait vaincre les Iroquois.

En 1666, l’intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon, organisa un premier recensement, dénombrant 3 215 habitants. Grâce aux politiques d’encouragement des naissances de Talon, ainsi qu’à l’envoi, par Louis XIV, d'environ 770 jeunes filles à marier entre 1663 et 1673[39] (les fameuses Filles du Roi), la population de la colonie passa, en 1672, à 6 700 habitants.

Le gouverneur Frontenac répondant à l'ultimatum de William Phips, gouverneur du Massachusetts, à la bataille de Québec de 1690, par sa célèbre phrase : « La seule réponse que je ferai à votre général viendra de la bouche de mes canons et du feu de mes mousquets », selon Charles William Jefferys.

En 1684, encouragés par les Britanniques, les Iroquois dirigèrent une seconde série d’attaques contre les établissements français. Puis, en 1686, les Français s’emparèrent de trois forts anglais de la baie d’Hudson. Peu de temps après, soit en 1690, ils menèrent, sous la gouvernance de Frontenac, une série de raids contre des postes de la Nouvelle-Angleterre. Du même coup, ils chassèrent les Anglais de l’Acadie et de Terre-Neuve.

En 1697, la France et l’Angleterre signèrent le traité de Ryswick, mettant fin à la première guerre intercoloniale. Puis, à l’aube des années 1700, Français et Iroquois s’entendirent pour faire la paix. Enfin, avec la signature des traités d’Utrecht (1713), la France céda à la Grande-Bretagne l’Acadie (actuelle Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et la baie d’Hudson.

La guerre de Sept Ans (17561763), entre la Grande-Bretagne et la France, prit un tournant décisif en Amérique du Nord. En effet, les colonies britanniques s’unirent pour en finir avec la Nouvelle-France.

Dès 1755, les Britanniques déportèrent plus de 7 000 Acadiens, soit la plupart des Français établis en Nouvelle-Écosse[40]. Craignant leur intervention dans le conflit, le lieutenant-gouverneur de cette province, Charles Lawrence, privilégia en effet cette mesure. De tous les exilés, bon nombre furent transportés plus au sud, vers la côte américaine.

Le décès de Louis-Joseph de Montcalm, lieutenant-général des armées en Nouvelle-France, à la bataille des Plaines d'Abraham en 1759.

En 1756, Louis-Joseph de Montcalm, général français, arriva en Nouvelle-France avec 3 000 hommes. Trois ans plus tard, James Wolfe, son homologue britannique, jetait l’ancre près de Québec.

Wolfe et son armée assiégèrent Québec pendant dix semaines. Puis, au terme d’une célèbre bataille, près de la ville (bataille des Plaines d’Abraham), les Français durent capituler. Quant à Wolfe et Montcalm, ils furent mortellement blessés durant le combat.

Le printemps suivant, le général Lévis, fort d’une nouvelle armée en provenance de Montréal, poussa les Britanniques à se retrancher, assiégés, dans Québec[41]. Toutefois, cette victoire ne fut pas décisive : les Britanniques bénéficièrent eux aussi de renforts, puis s’emparèrent de Montréal et de Trois-Rivières, prenant pour de bon possession de la Nouvelle-France.

[modifier] Le régime britannique (1763-1867)

Article détaillé : Province de Québec (1763-1791).

La Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamée par le traité de Paris en 1763 qui mit fin à la guerre de Sept Ans. Celle-ci avait vu la destruction de parties importantes du Québec (Québec, Côte-du-Sud, Bas-du-Fleuve) et surtout le drame du Grand Dérangement. Un grand nombre d’Acadiens fuirent cette déportation, qui sépara les familles à jamais et provoqua une forte mortalité, en se réfugiant au Québec. Il y aurait un million de Québécois aujourd’hui qui auraient en partie des origines acadiennes.

Au Traité de Paris de 1763, la France sauvait les meubles en Europe, mais perdait son premier empire colonial, aux Indes et en Amérique. Suite à ce traité, plusieurs colons français retournèrent en France, dont toute l’élite et la bourgeoisie canadienne-française, abandonnant les 60 000 habitants et causant une blessure qui perdure dans le Québec moderne. Les habitants restants se tournèrent alors vers le clergé, au lieu de prêter allégeance à l’Angleterre.

Le roi Louis XV et ses conseillers tâchèrent de se consoler en conservant la Guadeloupe et les îles à sucre et en minimisant la perte du Canada, alors considéré comme une colonie coûteuse, un vaste territoire de glace sans grande importance pour le royaume de France. De plus, Louis XV considérait alors que la rivalité avec les Britanniques se déciderait en Europe et que pour cette raison il ne fallait pas se disperser dans des guerres périphériques. Seules les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon restèrent françaises (pour permettre aux Français de pêcher en Amérique). Mais la France ne tarda pas à vouloir prendre sa revanche en aidant les États-Unis dans la guerre d’Indépendance.

James Murray, premier gouverneur civil de la Province de Québec (1763-1791).

La Grande-Bretagne, alors souveraine, rédigea une constitution (la Proclamation royale) pour la Nouvelle-France qui devint la « Province of Quebec » (qui se traduit en français par « Colonie de Québec », car le terme Province de Québec désignera plus tard la province dans le Canada). Cette constitution prévoyait l’assimilation à plus ou moins long terme des Canadiens français. Les catholiques étaient aussi dépourvus de droits que ceux d’Irlande : toutes les fonctions publiques étaient réservées à la très petite minorité de protestants. L’Armée britannique se partageait un grand nombre de seigneuries, tandis que le fonctionnement des écoles québécoises était compromis, notamment par la fermeture à l’Église catholique. Ainsi, pendant 200 ans, les Canadiens français furent privés de contact avec la France, et brimés dans leurs droits à la langue et la religion.

Jusqu’en 1766, les Britanniques luttèrent contre des tribus amérindiennes (tels que les Abénaquis) alliées à la France qui se révoltèrent sous la direction du chef Pontiac. Pour éviter que les troubles dans les colonies américaines ne se répandent jusqu’au Canada, le gouvernement britannique décida d’être plus ouvert face aux Canadiens (français) et révoqua la Proclamation royale qui, entre autres, faisait de la religion protestante la seule religion officielle. En 1774, on rédigea l’Acte de Québec qui venait atténuer les velléités d’assimilation exprimées 11 ans plus tôt et établissait les droits du peuple canadien dont la langue française, le droit civil et la religion catholique et qui agrandissait le territoire de la province (elle engloba les Grands Lacs et s’étendit même jusqu’à Saint-Louis). Cette nouvelle constitution, rédigée suite à l’indépendance américaine, visait à réduire le mouvement indépendantiste au Canada, afin de conserver une colonie en Amérique.

Le Bas-Canada après l’Acte constitutionnel de 1791.

Les Américains (avec à leur tête Montgomery et Arnold) décidèrent de rallier les Canadiens par la force à leur lutte pour l’indépendance. Ils commencèrent l’invasion de la province de Québec en 1774 (toute la région de Montréal passa entre leurs mains), mais, l’année suivante, ils échouèrent dans leur tentative de prendre la ville de Québec. Des renforts britanniques arrivèrent en grand nombre et les Américains furent forcés de quitter la province. Les Canadiens français restèrent plutôt neutres dans le conflit, suivant les recommandations de l’Église catholique qui prenait le parti des Britanniques. Suite à l’indépendance américaine, des loyalistes américains s’installèrent au Québec. Insatisfaits des nombreux droits accordés aux Canadiens (français), les Anglais demandèrent des réformes et on leur répondit par l’Acte constitutionnel de 1791 qui divisait le territoire depuis la rivière des Outaouais, créant le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui) et le Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui). Le parlementarisme britannique fut adopté, mais les limites du système colonial furent très vite critiquées et contestées.

En 1834, des membres du Parti Patriote (tels les Papineau, Elzéar Bédard et Augustin-Norbert Morin) rédigèrent et présentèrent, à titre de programme politique et de revendications, 92 résolutions qui exprimaient une véritable perte de confiance dans les institutions monarchiques britanniques. Pour contrer ce pouvoir monarchique abusif envers les Canadiens français, Papineau et son Parti réclamaient un gouvernement responsable élu qui contrôlerait les revenus et voterait les lois du Bas-Canada. En 1835, Lord Gosford arriva à Québec pour tenter de se lier rapidement avec les patriotes, ayant reçu le mandat de se concilier l’Assemblée. Mais en 1837, ayant épuisé toutes les stratégies pacifiques et devant un refus catégorique de Londres de considérer les 92 résolutions, le Parti Patriote tourna en faveur d’une rébellion armée. Simultanément, certains Britanniques rebelles du Haut-Canada aspiraient aux mêmes revendications, soit obtenir des gouvernements responsables (c’est-à-dire des gens élus qui prendraient les décisions à la place d’un gouverneur imposé par Londres). Le Bas-Canada prit les armes, avec à sa tête Louis-Joseph Papineau (député nationaliste et chef du Parti Patriote). Le Haut-Canada se révolta sous les ordres de William Mackenzie. Ces deux soulèvements furent écrasés par Londres.

La déroute des Patriotes marqua la fin de l’emprise des esprits libéraux sur la société québécoise, le clergé reprenant désormais les commandes et étendant son pouvoir. L’échec du soulèvement bas canadien ne permit pas au peuple d’échapper à l’étau du sous-développement : l’accès aux nouvelles terres demeurait problématique pour les Canadiens (français), puisqu’elles étaient monopolisées par le Family Compact tout comme le commerce avec la Métropole coloniale. C’est alors que commença le formidable mouvement d’émigration canadienne-française aux États-Unis qui marque le XIXe siècle : environ 1 million de Canadiens français émigrèrent vers les États-Unis pour refaire leur vie. On trouve aujourd’hui ainsi des Browns, White et Lavigne comme noms de famille d’origine française aux États-Unis.

Lord Durham fut envoyé par Londres pour faire enquête. Dans son célèbre rapport (le rapport Durham), il recommanda qu’il fallût procéder à l’assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française par une unification des deux Canada et l’adoption d’un gouvernement responsable. Son rapport mentionnait entre autres que les Canadiens français étaient un peuple inférieur, sans histoire et sans culture. L’Acte d’Union de 1840 fut voté à Londres. Il donna au Haut-Canada le même nombre de députés qu’au Bas-Canada et fit de l’anglais la seule langue officielle. Le Canada-Uni comptait alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. Le Haut-Canada anglophone et peu peuplé devenait donc l’égal du Bas-Canada francophone fort peuplé, ce qui satisfaisait les intentions des assimilationnistes britanniques. Lord Durham prévoyait que les anglophones seraient bientôt plus nombreux et qu’ils domineraient ainsi l’Assemblée. Graduellement, les anglophones adoptèrent le nom de « Canadians » (gentilé que les habitants d’origine française se réservaient depuis le XVIIe siècle). En réaction, ceux-ci commencèrent donc à s’appeler les « Canadiens français ».

Les troubles politiques continuèrent, atteignant un nouveau paroxysme en 1849, alors que des émeutiers incendièrent le parlement du Canada-Uni situé à Montréal depuis 1843. Le gouvernement avait voté une loi pour rétablir les droits du français et dédommager les victimes innocentes des troubles de 1837-1838, ce qui enragea des extrémistes britanniques. Le parlement migra alors entre Québec et Toronto jusqu’en 1867.

Ce n’est qu’en 1849 que s’établit le gouvernement responsable par le parti réformiste. Les Canadiens (français) n’étant plus majoritaires, le parti réformiste fut alors dirigé par Robert Baldwin dans le Haut-Canada et Louis-Hippolyte Lafontaine dans le Bas-Canada, ces deux divisions territoriales formant le Canada-Uni. Grâce à l’obtention du gouvernement responsable, un certain calme régna sur la scène politique canadienne. En 1864, les élites politiques entamèrent des discussions concernant une potentielle confédération canadienne. Londres donna alors son appui au projet d’union fédérale et fit même pression sur les gouverneurs en poste dans les colonies pour qu’ils l’acceptent.

[modifier] L'acte de l'Amérique du Nord britannique

George-Étienne Cartier, politicien du Canada-Est et père de la Confédération, est un précurseur du principe de la distribution des pouvoirs législatifs et de ce fait, de la défense des droits des francophones du Québec.

Suite à un accord de principe conclu entre le parti conservateur de John Alexander MacDonald et le parti libéral de George Brown, appuyé par George-Étienne Cartier, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique créa la confédération canadienne qui fut proclamée le 1er juillet 1867 et à laquelle se joignirent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Elle aboutira en une seconde division administrative qui forma les provinces de Québec et de l’Ontario.

Cet Acte de l’Amérique du Nord britannique (la Loi constitutionnelle de 1867, de son nouveau nom) définit la répartition fondamentale des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. Les fondateurs de la confédération canadienne étaient déterminés à créer un gouvernement central fort tout en attribuant d’importants pouvoirs aux assemblées législatives des provinces. Plus précisément, John A. MacDonald avait dû renoncer à ses velléités d’État unitaire entre autres à cause de la détermination de G.-É. Cartier à restaurer un État québécois, provincial certes, mais foyer national où les Canadiens français étaient assurés de conserver la majorité et ainsi une maîtrise de leur destin comme une forme de garantie contre l’assimilation. On attribua au parlement fédéral la responsabilité de la défense et de la politique étrangère, du commerce, des transports, des communications et des terres réservées aux Amérindiens ainsi que des pouvoirs extraordinaires, notamment les pouvoirs résiduaires (la responsabilité de tous les secteurs qui n’ont pas été expressément assignés aux assemblées législatives provinciales), le pouvoir de désaveu (qui lui permettait de désavouer des lois provinciales) ainsi qu’un pouvoir de taxation illimité (ne laissant aux provinces que le pouvoir de percevoir des impôts directs dans les limites du territoire provincial). Les assemblées législatives provinciales reçurent compétence dans les domaines tels que l’éducation, les hôpitaux, la propriété, les droits civils, les ressources naturelles et les « travaux et entreprises d’une nature locale ». Dans deux secteurs, l’immigration et l’agriculture, la compétence fut partagée entre les deux paliers de gouvernement.

La Loi constitutionnelle de 1867 renfermait des dispositions et des clauses spécialement conçues pour préserver et reconnaître le caractère distinct du Québec. Elle consacrait la reconnaissance du Code civil du Québec en ce qui a trait au droit privé comparativement à la Common law britannique en vigueur dans les autres provinces, prévoyait l’utilisation du français et de l’anglais au Parlement ainsi qu’au sein de la Législature et des tribunaux du Québec, et établissait des écoles séparées financées par les fonds publics pour les minorités protestantes et catholiques du Québec et du Canada.

[modifier] De Chauveau à Duplessis (1867-1959)

Le 15 juillet 1867, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, du Parti conservateur, devint premier ministre. Dès 1868, il créa le ministère de l’Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministère fut vite dénoncé par le clergé qui rejetait ainsi l’école neutre, gratuite et obligatoire, qu’il crût une menace maçonnique depuis que le Parti patriote en avait instauré le premier développement, anéanti par les conséquences de l’échec des Rébellions. Boucherville abolit le ministère en 1875 et le système de 1867 fut rétabli. En 1876, un candidat libéral de Charlevoix[42], qui fut défait aux élections à cause de la pression de l’Église sur les électeurs, réussit, à l’aide d’une nouvelle loi fédérale, à faire annuler l’élection. L’année suivante, le Pape envoya son représentant pour forcer l’Église québécoise à minimiser ses interventions dans le domaine électoral. En effet, en 1887, les religieux représentaient 48 % des instituteurs des écoles catholiques.

Henri Bourassa, fondateur du quotidien Le Devoir, reconnu pour avoir lutté pour l'affirmation nationale des Canadiens français.

Après l’échec politique des réformes du républicain Mercier, qui allaient dans le sens du nationalisme économique et de l’instruction publique, son beau-fils et autre premier ministre, Lomer Gouin, entreprit une série de réformes plus modestes, mais également destinées à résoudre les défis du sous-développement canadien-français. C’est ainsi qu’il imposa la fondation d’une série d’écoles professionnelles sous l’égide de l’État provincial, dont les HEC (1905) fut l’une des plus notables, instrument inestimable au service du nationalisme économique au XXe siècle.

En 1910, le petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa, fonda le journal « Le Devoir », qu’il consacra à la défense des Canadiens français. Bourassa s’opposa vigoureusement à l’implication du Canada dans la guerre des Boers (1899). Puis, durant la Première Guerre mondiale, il s’éleva contre le recours à la conscription.

Dans l’ensemble, l’appui des Canadiens français à cette guerre fut assez mitigé. Alors que certains s’enrôlaient dans l’armée canadienne, en autres dans le 22e bataillon (canadien-français), l’ancêtre du Royal 22e Régiment, d’autres luttaient contre la conscription ou le règlement 17 adopté par l’Ontario, qui interdisait l’enseignement du français. Des 400 000 militaires canadiens envoyés outre-mer, plus de 60 000 Canadiens moururent au combat.

Une manifestation dans les rues de Montréal en 1917, lors de la crise de la concrisption.

La génération Bourassa des nationalistes mit fin à son aventure politique après l’élection de 1911 qui, malgré son succès à renverser Laurier et à faire élire un grand nombre de députés, fut considérée un fiasco puisque la seule alternative était un gouvernement conservateur encore plus impérialiste et anti-français, dirigé par Borden, francophobe et orangiste reconnu. Cependant, elle pouvait mettre quelques réussites à l’actif de son militantisme politique, obtenu non pas à Ottawa, mais lorsque les mêmes, Armand Lavergne et Henri Bourassa notamment, se firent élire à Québec. Lavergne réussit à faire passer une loi en faveur des droits du français dans l’espace public, exigeant notamment des services publics bilingues des compagnies au Québec - à cette époque, le train, le téléphone, etc. ne reconnaissaient pas la langue majoritaire du Québec. Les nationalistes obtinrent également du gouvernement Gouin une loi obligeant à transformer sur place le bois et la pâte à papier du Québec : ce qui multiplia les centres industriels du type Shawinigan. L’espoir étant que le Québec exporterait désormais davantage ses produits finis que sa main d’œuvre aux États-Unis!

Le « successeur » de Bourassa en tant que défenseur des droits de la nation canadienne-française fut l’historien et chanoine Lionel Groulx, considéré par plusieurs comme le père spirituel des indépendantistes québécois. Il n’est pourtant nullement le père de cette aspiration puisqu’elle remonte aux Patriotes (Déclaration d’indépendance de 1838), a été ravivée par le Parti national d’Honoré Mercier au pouvoir de 1886 à 1893. Les préférences de Groulx allaient à l’action politique de LaFontaine et à l’ultramontanisme de Tardivel, dont le roman Pour la Patrie (1895) projetait l’indépendance du Québec en 1950.

En 1931, il a obtenu une grande crédibilité en participant à la Première Guerre mondiale et aux négociations qui suivirent, le Canada se vit accorder par le Royaume-Uni une pleine autonomie par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth).

Maurice Duplessis, premier ministre du Québec de 1936 à 1939 et lors de la Grande Noirceur (1944-1959).

En 1936, l’Union nationale, fondée en 1935, prit le pouvoir au Québec. Son chef, Maurice Duplessis, fut au pouvoir jusqu’en 1939, où le premier ministre Godbout gagna avec l'aide du premier ministre fédéral, Mackenzie King. Ce dernier dit à la province de Québec: « Votez pour Godbout et jamais le Canada n'adopteras la Conscription »[citation nécessaire] (Loi obligeant les hommes valides à aller à la guerre). Mackenzie ne tint pas sa promesse et Maurice Duplessis reprît le contrôle du Québec de 1944 à 1959 (année de sa mort). Il se voulut autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintint le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d’éducation et dans les lois sociales. Le pouvoir religieux occupa une place prépondérante dans les affaires sociales, économiques et politiques du Québec. En effet, l’Église catholique, en étroite collaboration avec le gouvernement, usa de son influence pour convaincre les citoyens de la nécessité de préservation du gouvernement conservateur de Maurice Duplessis, qui prit, en outre, des mesures contre les réformes sociales et le syndicalisme. Après sa mort, le pouvoir de l’Église s’affaiblit rapidement sous le gouvernement libéral de Jean Lesage. Durant les années 1960, le Québec entra dans une grande phase de modernisation accélérée, grâce notamment à une série de réformes d’ordre économique entreprises par le gouvernement Lesage. D’ailleurs, au cours de son premier mandat, il se dota de plusieurs personnes qui formèrent l’équipe du tonnerre, dont René Lévesque, Paul Gérin-Lajoie et Georges-Émile Lapalme. Cette période est généralement qualifiée de Révolution tranquille. Certaines personnes remettent toutefois en question les idées reçues sur l'époque duplessiste.

[modifier] La modernisation de l'État (depuis 1959)

Le barrage Daniel-Johnson et la centrale Manic-5 sur la rivière Manicouagan, Côte-Nord, inauguré en 1968.

Durant les cent joursPaul Sauvé fut à la tête l'Union nationale et premier ministre du Québec en 1959, il adopta le slogan « Désormais » afin d'affirmer la volonté de changement au sein du gouvernement. La Révolution tranquille fut lancée par l’élection du gouvernement Lesage, dont le slogan en 1960 était « Il est temps que ça change » et en 1962 : « Maîtres chez nous ». En 1960, le gouvernement Lesage entama une très vaste et ambitieuse série de réformes, dans les domaines de la politique sociale, de l’éducation, de la santé, du développement économique. René Lévesque convainquit Lesage de rallier Eric Kierans qui permit le développement financier du Québec au service de la majorité, notamment de la Caisse de dépôt. Il ne faut pas oublier non plus l’enjeu principal de la campagne de 1962, la nationalisation de la production électrique : celle-ci était entre les mains d’un oligopole anglais dont étaient exclus tous les non-White Anglo-Saxon Protestant (WASP), donc les Canadiens français. En décidant de nationaliser le secteur dans Hydro-Québec, lors d'une rencontre du Conseil des ministres au Lac-à-l'épaule, l’initiative de Lévesque permit un essor formidable de l’économie québécoise, mais aussi d’accession des Québécois à des carrières qui leur étaient jusque-là presque inaccessibles.

La modernisation et l’émancipation du Québec ravivèrent l’idée de l’indépendance et le mouvement souverainiste prit corps. Ces revendications indépendantistes se firent plus nombreuses et une Maison Québécoise ouvrit ses portes à Paris en 1961, faisant office de Délégation officielle. Ce mouvement prit une ampleur sans précédent dans la seconde moitié des années 1960, les revendications indépendantistes se faisant largement entendre et s’organisant sous des formes diverses, comme le Rassemblement pour l’indépendance nationale qui lança le slogan : « le Québec libre ».

[modifier] Mouvement souverainiste

Le mouvement souverainiste du Québec vit le jour en 1960 avec sa première organisation, le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), fondé par Pierre Bourgault. Avec la fondation de ce parti, la scène politique québécoise prend un tout autre tournant. Alors que les Anglais envahissaient le Canada depuis la proclamation royale de 1763, les nationalistes canadiens-français se vouèrent à la défense de leurs droits au sein de leur pays. Devant les nombreuses tentatives d'assimilation culturelle et linguistique, dont la récupération de la dénomination du peuple en 1867, ces derniers se firent proposer l'idée de créer une nouvelle identité et un nouveau pays pour la nation canadienne-française.

[modifier] Visite de Charles de Gaulle

Le 23 juillet 1967, le général Charles de Gaulle débarqua à Québec en provenance d’un navire de guerre français, le Colbert, pour un voyage de quelques jours au Québec. C’était la première visite officielle d’un chef d’État français dans l’ancienne colonie. Ces retrouvailles symboliques franco-québécoises étaient hautement importantes pour les deux pays, bien qu’avec de grandes réserves de la part du gouvernement anglophone canadien. De Gaulle prononça un discours dans la ville de Québec, dans lequel il insistait sur l’identité commune des Français et des Canadiens francophones. Le lendemain, il emprunta le Chemin du Roy qui relie la ville de Québec de celle de Montréal. À chaque étape, il fut salué comme un libérateur par une foule qui agitait des pancartes sur lesquelles était inscrit : « France libre », « Québec libre », « Vive le Canada français ! ». Arrivé à Montréal, il fut reçu par le maire, Jean Drapeau, et s’adressa du balcon de l’hôtel de ville à une foule débordante d’enthousiasme, terminant son discours par les mots célèbres : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec… libre ! Vive le Canada français et vive la France ! ». Selon l’anecdote, rapportée dans les mémoires de ses principaux collaborateurs, mais également de son fils (l’amiral Philippe de Gaulle), il n’était pas prévu par les autorités montréalaises que le Général s’adressât à la foule; au contraire le maire avait prévu une très conventionnelle adresse aux notables dans une simple salle de réception. Quelque peu étonné par le caractère étroit de ce programme, alors que la population réclamait que le Général puisse s’adresser à elle, De Gaulle vit un micro du balcon qui n’avait pas été débranché, et il prit alors l’initiative de s’adresser directement aux Montréalais rassemblés devant l’hôtel de ville, à la stupeur du maire qui aurait voulu « cantonner » le général à une petite réception mondaine … C’était mal connaître le général de Gaulle ! La célèbre phrase « Vive le Québec libre ! » prononcée à cette occasion par le général à la fin de son discours, n’était pas, contrairement à une lecture étroite qui en fut faite à l’époque, un appel au soulèvement du Québec ou à l’indépendance politique. Il s’agissait, de l’aveu même du général de Gaulle quelques mois plus tard, d’un geste plus destiné à saluer l’effort immense de modernisation économique et sociale entrepris à l’époque, par le gouvernement de l’Union nationale de son ami le premier ministre Daniel Johnson (et son prédécesseur du gouvernement libéral Jean Lesage) lors de la Révolution tranquille. D’autre part, le général de Gaulle, expert en politique internationale et fort de sa propre expérience, avait pleinement conscience du fait qu’un appel de ce genre contribuerait à faire connaître le Québec hors du Canada et en particulier le caractère francophone de cette province canadienne, négligé par les autorités fédérales de l’époque : « cela fit gagner 10 ans au Québec » écrivit-il plus tard. Au Québec même, personne ne s’y trompa, puisqu’autant les opposants que les soutiens de cette déclaration furent d’accord pour reconnaître son impact immense, à commencer par le rédacteur en chef fédéraliste du quotidien montréalais Le Devoir, Claude Ryan, qui dans un célèbre éditorial écrivait que le général de Gaulle venait d’inscrire le Québec sur la carte du monde. En revanche, les Canadiens anglophones et notamment le gouvernement fédéral d’Ottawa, furent choqués par cette déclaration prise au premier degré, pensant que le général de Gaulle appelait à l’indépendance du Québec. Le général n’allait pas s’abaisser à de telles polémiques, il décida de quitter directement le Québec après ce voyage triomphal, sans passer par Ottawa qui était normalement l’étape finale de son séjour canadien. Plus symboliquement, le général de Gaulle reconnut que cette déclaration, par son impact indéniable sur la reconnaissance internationale du Québec comme entité linguistique et sociologique distincte, venait effacer la dette de la France à l’égard du Québec qui était représentée par l’abandon de la Nouvelle-France par la mère patrie en 1760.

[modifier] Crise d'octobre
Article détaillé : Crise d'octobre.

Un groupe extrémiste, le Front de libération du Québec (FLQ) avait eu recours depuis le début des années 1960 à des attentats terroristes sur le sol québécois contre plusieurs intérêts canadiens et symboles du Royaume-Uni. Le climat social de la fin des années 1960 dégénéra en fréquentes manifestations ouvrières et parfois en émeutes. En octobre 1970, le FLQ enleva un diplomate britannique, James Cross, puis un ministre du gouvernement québécois, Pierre Laporte, qui fut assassiné dans des circonstances nébuleuses. Cet assassinat survint au lendemain de l’intervention de l’armée canadienne dans les rues mêmes de Montréal, intervention à la demande du premier ministre provincial Robert Bourassa et du maire de Montréal Jean Drapeau prétextant une insurrection appréhendée. Plus de 500 leaders d’opinions québécois furent arrêtés, parmi lesquels des syndicalistes, des artistes et des étudiants. Le premier ministre fédéral Trudeau, qui avait tant critiqué Duplessis, ne se montrait guère plus démocrate que lui, et guère moins chef autoritaire. Des commissions d’enquête subséquentes (entreprises par la Gendarmerie royale du Canada et le juge Keable) conclurent que l’action du gouvernement fédéral, illégale sur le plan moral, visait essentiellement à rallier l’opinion publique et à abattre une opposition légitime plutôt qu’à réprimer une insurrection appréhendée. Ces événements marquèrent la fin de l’extrémisme au sein du mouvement indépendantiste, d’ailleurs vigoureusement rejeté par nul autre que René Lévesque (ami de Laporte qui perdit la vie dans cet épisode malheureux).

Statue de bronze de René Lévesque devant l'Assemblée nationale du Québec.

[modifier] Parti québécois

C’est en 1968 que se forma le Parti québécois, parti souverainiste dirigé par René Lévesque. Ce parti gagna les élections provinciales de 1976 et instaura une série de lois faisant la promotion et la défense de la langue française. C’est avec la mise en place de la Charte de la langue française dite Loi 101 que le français devint la langue officielle du Québec en 1977. Cela instaurait le français comme langue de l’école publique comme l’anglais dans les autres provinces du Dominion et instaurait le droit des travailleurs à travailler en français dans les entreprises de 50 employés et plus. Du côté polémique, l’opinion médiatique canadienne-anglaise retint surtout l’affichage français obligatoire, révolution visuelle qui concentra les antagonismes.

En 1980, le projet de René Lévesque de souveraineté-association fut appuyé par 40 % de la population lors d’un référendum. Le gouvernement canadien de Pierre Elliott Trudeau rapatria de façon autoritaire la constitution en 1982 avec, sur avis de la Cour suprême, l’accord d’une forte majorité des provinces, mais sans l’appui du Québec, le gouvernement du Québec ne devint donc pas partie à la constitution, suite aux événements controversés de la Nuit des longs couteaux. La Constitution canadienne fut ainsi modifiée selon les désirs de Trudeau, mais sans la moindre consultation de la population, ni du Québec, ni du Canada. Le Québec subit alors une diminution de l’autonomie provinciale et ne reconnaît toujours pas cette constitution, bien que ses gouvernements aient abandonné le geste de protestation du gouvernement Lévesque qui consistait à passer chacune des nouvelles lois québécoises en invoquant la clause dérogatoire (ou « nonobstant »). Lévesque se tourna toutefois vers un espoir de réforme dit du « beau risque » avec l’élection des conservateurs de l’irlando-québécois Mulroney à Ottawa en 1984.

De 1985 à 1994, le Parti libéral du Québec gouverna le Québec sous Robert Bourassa et Daniel Johnson. La problématique constitutionnelle fut une fois de plus discutée et un consensus fut approuvé avec l’accord du lac Meech en (1987). Cependant, celui-ci s’effondra en 1990 : l’opinion canadienne-anglaise, fortement attisée par Trudeau, rejetait la reconnaissance du Québec comme « société distincte ». Cette réaction émotive avait en partie été attisée par l’utilisation de la clause nonobstant par Robert Bourassa. Une troisième entente, l’Accord de Charlottetown, qui devait préciser juridiquement le statut du Québec dans le Canada, fut rejetée par un référendum pancanadien et un référendum québécois en 1992 pour des raisons opposées : pas assez d’autonomie au Québec, trop aux yeux des Canadiens des autres provinces.

Le Parti québécois, mené par Jacques Parizeau, revint au pouvoir en 1994 avec la promesse de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec. Tenu le 30 octobre 1995, ce référendum vit la proposition souverainiste rejetée à 50,6 %[43]. Jacques Parizeau quitta le poste de premier ministre le 29 janvier 1996[44] et fut remplacé par le chef du Bloc québécois fédéral, Lucien Bouchard. Bouchard et son successeur péquiste, Bernard Landry, laissèrent de côté l’accession à la souveraineté, privilégiant l’assainissement des finances publiques, la dette québécoise n’ayant cessé de croître au cours des dernières années. Il connut un certain succès sur ce front.

[modifier] Politique québécoise

Article détaillé : Politique du Québec.

[modifier] Système politique

Le logo officiel du gouvernement du Québec.

Le système politique du Québec est à la fois une démocratie et monarchie constitutionnelle à régime parlementaire, fondé sur le système de Westminster[45]. Ainsi, par la monarchie constitutionnelle, la présence du lieutenant-gouverneur du Québec est assurée au sein des pouvoirs exécutif et législatif. Son rôle se résume cependant en la conservation du protocole relatif à la tradition parlementaire québécoise, dans un esprit d'impartialité suivant la démocratie[46].

Depuis l'abolition du Conseil législatif du Québec en 1968, le Parlement du Québec est fondé sur un système unicaméral, au sein duquel l'Assemblée nationale du Québec détient l'ensemble des compétences dévolues au pouvoir législatif du Québec[47]. L’Assemblée nationale est constituée de 125 députés élus au suffrage universel, selon le principe d'un vote par circonscription et par le biais d’un scrutin uninominal majoritaire à un tour. Chaque élection générale québécoise est tenue dans un délai maximal de cinq années depuis la dernière[48].

Le pouvoir exécutif est quant à lui incarné par le gouvernement du Québec, dont la direction est assumée par le Conseil des ministres du Québec, lui-même présidé par le premier ministre du Québec[49]. Suivant le principe démocratique, l'usage enjoint au Conseil d'être composé de députés membres du groupe parlementaire formant la majorité relative de l'Assemblée nationale, avec à sa tête le chef de ce groupe.

[modifier] Institutions politiques

Le logo officiel de l'Assemblée nationale du Québec.

Dans l'accomplissement de ses travaux, l'Assemblée nationale du Québec est assistée de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale et composée d'onze commissions parlementaires permanentes, au sein desquelles certains députés se regroupent dans un cadre de concertation afin de pourvoir, notamment, à l'étude approfondie des projets de loi et crédits budgétaires ainsi qu'au contrôle de la responsabilité ministérielle[50][51]. Certains organismes publics relèvent directement de son autorité, à savoir le Commissaire au lobbyisme du Québec[52], le Directeur général des élections du Québec[53], le Protecteur du citoyen[54] et le Vérificateur général du Québec[55].

Dans son rôle de gestionnaire d'État, le Conseil des ministres du Québec est assisté du Conseil du trésor du Québec, afin de pourvoir à la coordination des ministères du Québec et de leurs organismes, ainsi qu'à la gestion intégrale de l'administration et fonction publique[56][57]. Par ailleurs, les sous-ministres constituent les plus hauts fonctionnaires de l'administration publique et, dans l'exercice de leurs fonctions, possèdent l'autorité du ministre dans leur ministère respectif.

Dans les dossiers politiques d'ordre général, le Bureau du premier ministre du Québec[58] a la responsabilité du ministère du Conseil exécutif du Québec, dont le rôle est de soutenir le Conseil des ministres et l'ensemble des ministères du Québec, notamment par l'intermédiaire de ses organes constituants, les secrétariats[59]. Du fait de leur importance relative, certains secrétariats sont présidés par un ministre siégeant au Conseil des ministres du Québec : le Secrétariat à la jeunesse, le Secrétariat aux affaires autochtones, le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes ainsi que le Secrétariat à la réforme des institutions démocratiques et à l'accès à l'information[60].

Les commissions scolaires forment un ensemble d'organisations assurant aux localités la gestion directe de leurs écoles, par l'élection de commissaires et le maintien de comités de parents[61].

[modifier] Dynamique politique

Article détaillé : Partis politiques québécois.
La politisation manifeste de la Fête nationale du Québec résulte de l'expression publique des sentiments nationalistes et patriotes à l'égard du Québec.

En ce sens où les partis politiques constituent son fondement, la dynamique politique du Québec, d'une part, intègre les idéologies de l'axe politique gauche-droite et d'autre part, illustre sur leur axe respectif les degrés de nationalisme québécois et d'aspirations pour la souveraineté du Québec. Les partis siégeant à l'Assemblée nationale sont, dans l'ordre décroissant de leur représentation : Parti libéral du Québec (PLQ), Parti Québécois (PQ), Action démocratique du Québec (ADQ) et Québec Solidaire (QS).

Conformément aux préceptes de l'État de droit, elle se fonde par ailleurs selon les principes de la démocratie représentative, en droit législatif, et de la démocratie directe, en common law. Dans les circonstances, le travail conjoint des représentants élus tend à fournir conseils et recommandations aux citoyens, pour qui les préceptes de la common law acquiescent à leur indépendance face au pouvoir politique (ex.: la ratification différée de la Loi constitutionnelle de 1982 et la question de son applicabilité au Québec, malgré le parti politique au pouvoir). Par conséquent, les citoyens possèdent un droit de veto relativement à toute décision d'un organisme ou représentant public, en vertu des usages et pratiques sociales reconnus juridiquement, exprimé par la majorité du groupe concerné et manifesté notamment par des débats publics, sondages, grèves et initiatives populaires.

[modifier] Reconnaissance de la nation québécoise

Article détaillé : Mouvement souverainiste du Québec.

En 2003 et 2006, l’Assemblée nationale du Québec ainsi que la Chambre des communes du Canada ont respectivement reconnu les Québécois comme formant une nation, quoique sous une formulation et en des circonstances différentes[62],[63].

En novembre 2006, le premier ministre canadien Stephen Harper dépose une motion visant à reconnaître « que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni »[64]. Elle fut acceptée par 266 voix contre 16 le 27 novembre 2006[65]. Elle vient par ailleurs en réponse à une motion bloquiste rejetée par 233 voix contre 48[66].

Alors que la portée et le sens du vocable « Québécois » désigne en français toutes personnes résidant au Québec, la version anglaise de la motion adopta ce même terme, mais sous-entendant probablement, selon sa définition anglaise, une distinction entre le sens ethnique (Québécois) et étatique (Quebecker)[67]. Cependant, dans le contexte d'une version anglaise, cela crée une ambiguïté dans son interprétation.

« Son utilisation, au sein d’une phrase anglaise, peut très bien signifier qu’on a tout simplement voulu employer la langue commune des Québécois pour nommer la nation québécoise, [dans un sens étatique], plutôt que la langue maternelle d’une des minorités qui se trouvent au Québec. Et si le mot « Québécois » devait pouvoir receler un second sens dans le contexte de la version anglaise, il faudrait, selon les règles d’interprétation, retenir le sens non ambigu qu’il a dans la version française. Comme l’a bien dit M. Harper, [en son titre de premier ministre dont les discours sont subordonnés à la Constitution], il n’appartient pas au Parlement fédéral de définir la nation québécoise mais bien à l’Assemblée nationale. Or, pour cette dernière, sont Québécois toutes les personnes qui résident au Québec et qui se considèrent telles »[68].

Suite à cette motion, un sondage révèle que 70 % des Canadiens rejettent l’idée selon laquelle les Québécois forment une nation ; en excluant le Québec, cette proportion s’élève à 77 %. Cependant, les Québécois francophones sont majoritairement en accord avec la notion de nation québécoise avec 71 % d’approbation[69],[70],[71],[72], soit près de 57% de la population totale du Québec[73].

Pendant la campagne électorale de l’élection fédérale canadienne de 2008, le premier ministre Stephen Harper a déclaré, à Chicoutimi (Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec), qu’il était normal d’être nationaliste lorsque l’on fait partie d’une nation. Il a aussi précisé que les Canadiens anglais devaient respecter ce fait historique et a aussi tenu à rappeler qu’il évoquait la nation québécoise dans ses discours, tant au Québec qu’ailleurs au Canada[74].

Le 17 octobre 2008, lors de la première allocution d'un président français en exercice à l'Assemblée nationale du Québec, Nicolas Sarkozy a utilisé l'expression « nation québécoise » pour désigner le Québec[75].

[modifier] Politique internationale

La politique internationale du Québec fonde sa cohérence sur la doctrine Gérin-Lajoie[76], formulée en 1965. Alors que le ministère des Relations internationales du Québec en coordonne les principes directeurs, les délégations générales du Québec en sont les principaux interlocuteurs dans plusieurs villes du monde. Dans les dossiers relevant des compétences législatives du Québec, le fondement de la diplomatie québécoise affirme ainsi que seuls les corps politiques du Québec possèdent le pouvoir d'y négocier entièrement, avec les chefs d'État, gouvernements, ambassades et consulats étrangers, et d'y conclure, indépendamment de toute influence externe, des accords, ententes, programmes et traités. Par conséquent, des organisations internationales en ces matières, dont celle de la Francophonie, seuls ces corps politiques sont habilités à y siéger.

[modifier] Politique environnementale

Depuis 2006, le Québec s’est doté d’un plan vert dans le but d’atteindre les objectifs du protocole de Kyōto relativement aux changements climatiques[77]. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec est le principal responsable de l'application de la politique environnementale. Pour sa part, la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) est le principal organisme responsable de la gestion des parcs nationaux, réserves fauniques, etc[78]. De son côté, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec joue, dans ses domaines, un rôle conjoint dans la politique environnementale. Alors que l’hydroélectricité, renouvelable et peu polluante, constitue la principale source d'énergie pour le Québec, l'Agence de l'efficacité énergétique du Québec fut instituée en 1997[79]. Elle coïncide ainsi avec le développement de l'énergie éolienne au Québec qui fut entamée après la signature du protocole au début des années 1990.

[modifier] Politique agro-alimentaire et forestière

L'agriculture au Québec fait l'objet d'une règlementation sur le zonage agricole, depuis 1978[80]. En fait, devant l'expansion de l'urbanisation, des zones furent créées afin d'assurer la protection des terres fertiles qui composent environ 2% de la superficie totale du territoire québécois[81]. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) en est la principale garante[82]. Les forêts du Québec sont, quant à elles, essentiellement de propriété publique. Alors que leur gestion et développement sont garantit par le forestier en chef[83], la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) travaille en partenariat public-privé (PPP) avec le gouvernement. L'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) assure, pour sa part, les intérêts de ses membres, y compris les travailleurs de la foresterie, et travaillent conjointement avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec.

[modifier] Politique des affaires sociales et de l'éducation

Le réseau québécois de la santé et des services sociaux est administré par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Il est composé de 95 centres de santé et de services sociaux (CSSS), nés de la fusion des centres locaux de services communautaires (CLSC), centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et centres hospitaliers de soins généraux et spécialisés (CHSGS). Ces centres sont au cœur de 95 réseaux locaux de services (RLS), lesquels comprennent chacun des centres hospitaliers, organismes communautaires, centres de protection de l'enfance et de la jeunesse, centres de réadaptation, pharmacies communautaires, etc.[84][85] De plus, ils sont répartis au sein de 18 agences de la santé et des services sociaux (ASSS ou communément, régie régionale) qui en assurent l'administration. Alors que la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ) travaille à maintenir l'accessibilité des services pour tous les citoyens du Québec[86], des fondations assurent les soins préhospitaliers et missions de sauvetage, telles Urgences-santé, AirMédic et l'Ambulance Saint-Jean.

Alors que le Secrétariat à la jeunesse du Québec est un « observateur privilégié du gouvernement »[87], les centres de la petite enfance (CPE) sont des institutions alliant la politique familiale à l'éducation. Le ministère de la Famille et des Aînés du Québec en est le responsable dans sa mission de servir les citoyens dont il travaille à assurer le bien-être.

De son côté, le système d'éducation québécois est administré par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, conjointement avec le Conseil supérieur de l'éducation du Québec[88]. Il est composé d'un réseau de commissions scolaires[89] qui regroupent des écoles publiques financées par l'État et des écoles privées[90][91]. Les études post-secondaires comprennent, outre l'Université du Québec[92], des établissements tels des centres de formation professionnelle, des collèges d'enseignement général et professionnel (cégep)[93] et des universités privées.

[modifier] Droit québécois

Articles détaillés : Droit au Québec et Lois refondues du Québec.
Le palais de justice de la Cour d'appel du Québec à Montréal.

[modifier] Droit positif

Le droit québécois se réfère à tous principes légaux du Québec relevant de ses compétences législatives, droits et privilèges constitutionnels. Les traditions de la common law, dans le droit public (relations hiérarchiques avec l’État), et celles du droit romano-germanique, dans le droit privé (relations égalitaires entre tout individu ou entreprise), font du Québec un État bijuridique[94][95]. Le traité de droit anglais « Commentaries on the Laws of England »[96], du jurisconsulte britannique William Blackstone, est par ailleurs la principale analyse servant à la compréhension des normes juridiques de la common law. Alors que le Code civil du Bas-Canada codifiait les principales lois civiles du Québec jusqu’en 1994, le Code civil du Québec en constitue une refonte complète applicable depuis lors[97][98].

Alors que l'expression common law est intraduisible en français[99], elle se réfère historiquement et littéralement au « droit égalitaire des gens et collectivités du bas-peuple » par lequel chaque individu s'autogouverne de façon coutumière et par l'intermédiaire de groupes individuels, indépendants les uns des autres, auxquels ils adhérent librement et dont les usages et pratiques sociales prévalent sur l’autorité de la Couronne et de la noblesse anglaise. Elle constitue un système juridique à part entière qui s'est développé depuis plus d'un millénaire avec des principes dont l'origine remonte aux peuples germaniques, tels la procédure accusatoire devant les tribunaux, ainsi que des textes constitutionnels d'origine anglaise, tels la Grande Charte de la Liberté (Magna Carta Libertatum[100]) de 1215 et les Dispositions d'Oxford (Provisions of Oxford[101]) de 1258, qui introduisent notamment les principes de la sécurité juridique et du contrôle parlementaire, tels que connus, aujourd'hui, dans le droit public québécois.

[modifier] Branche du droit public

L'hôtel du Parlement où siège l'Assemblée nationale du Québec, fondement dans l'organisation du système public québécois.

Dans la philosophie juridique de la common law appliquée au Québec, le rôle fondamental de toutes instances publiques (ex. : Assemblée nationale, gouvernement, conseils municipaux, corps policiers, commissions scolaires, etc.) se limite à conseiller les citoyens. Ainsi, leurs recommandations, faites en droit législatif, sont des compléments au droit de chaque individu de s'autogouverner, indépendamment d’une hiérarchie étatique et de tout autre individu dans la société, dans les secteurs de règlementation des matières de droit public (ex. : fiscalité, systèmes de santé et d’éducation, conduite automobile, etc.). Ce droit individuel a préséance sur l’autorité de toutes instances publiques seulement dans les secteurs de règlementation où une modification relative à ceux-ci ont un effet direct sur cet individu. Les instances publiques doivent alors adopter et appliquer des décisions conformément à la volonté de l'individu concerné directement[102].

Dans la même optique, ils doivent adopter et appliquer des décisions selon la volonté, expresse ou tacite (par des grèves, des pétitions, des sondages, etc.), d’une majorité confondue lorsque plus d’un individu est concerné directement et que ceux-ci forment un groupe distinct (géographique, économique, social, culturel, politique, etc.)[103]. À l'instar du droit de chaque individu, tout groupe distinct a le droit de s'autogouverner individuellement et indépendamment des autres groupes. Cependant, un groupe d'individus formant une organisation privée (ex.: entreprise) est vu comme un seul et unique individu à l'intérieur d'un groupe distinct. Lorsque, par usage, de nouvelles pratiques sociales sont développées et généralement reconnues par la jurisprudence dans un groupe distinct, celles-ci sont uniformément appliquées par les tribunaux du Québec à ce groupe, nonobstant la législation ou règlementation en vigueur, et peuvent donc éventuellement obliger les instances publiques à revoir inconditionnellement leurs décisions, conformément à la volonté de ce groupe[104]. Selon la taille de chacun des groupes existants et le secteur de règlementation, le changement de mentalité, le mouvement naturel des gens et l'influence médiatique, entre autres, entraînent une rapidité de changement variable dans les groupes, les usages et les pratiques sociales.

Le système juridique de la common law appliqué à la branche du droit public tend donc à protéger l’indépendance de chaque individu et groupe distinct, ainsi qu'à fournir aux citoyens une méthode de surveillance continue, entre deux élections et envers toutes instances publiques.

De leur côté, les tribunaux possèdent un certain pouvoir discrétionnaire défini par un corpus de normes procédurales, nommé equity[105] et constitué dès le XIIIe siècle, parallèles à la common law et consolidées dans des précédents distincts de ceux statuant sur les usages et pratiques sociales en vigueur. Une plus grande flexibilité de la common law est alors créée dans le processus de rétablissement de la justice. Par les pratiques sociales en vigueur, le Code de procédure pénale et le Code de procédure civile en reflètent les principaux attributs au sein du droit jurisprudentiel du Québec.

Par conséquent, dans la philosphie juridique de la common law appliquée au Québec, les pratiques socialement acceptées requièrent généralement la promptitude de sanction et codification, par les organismes publics, des usages, pratiques sociales et procédures, par suite de leurs modifications. Cette pratique, caractéristique du droit public québécois, se veut ainsi un moyen de les rendre explicites, selon les principes du droit romano-germanique exprimés dans le Code civil du Québec, afin d'en améliorer la compréhension dans le contexte québécois et d'en faire une évaluation juste et équitable pour tous, par référence sociale à l'application de toutes lois écrites en droit public.

[modifier] Branche du droit privé

La tour de la Bourse de Montréal et de l'Autorité des marchés financiers : Les transferts de propriété des valeurs mobilières sont régis par le système privé québécois.

En revanche, les traditions romano-germaniques sont reflétées à plusieurs égards dans les matières de droit privé (ex. : propriété, contrats, services financiers, opérations de commerce, conditions de travail, etc.), grâce au patrimoine socio-culturel privilégiant des notions telles que la profession de notaire - inexistante ailleurs en Amérique du Nord - la hiérarchie des normes juridiques et l'approche judiciaire basée sur la seule interprétation des codes et lois. Alors que les usages du droit public enjoignent des pratiques sociales à valeur impérative, les lois du droit privé constituent un ensemble de normes facultatives ou supplétives de volonté, dans l'exercice des droits civils, grâce aux principes de la common law.

Dans tous les cas, les principes fondamentaux de la common law sont ainsi, comme en droit public, applicables à la branche du droit privé. Cependant, le Québec possède un privilège constitutionnel lui donnant compétence exclusive, grâce à l'interaction des dispositions relatives au droit civil et à la propriété, sous la Loi constitutionnelle de 1867[106]. Par ce privilège, conformément aux principes fondamentaux de la common law permettant à chaque individu de s'autogouverner seul en droit privé, le patrimoine socio-culturel du Québec offre un soutien socio-politique à chaque individu, en permettant une référence législative dans les matières de droit privé considérées relever de l'ordre public (ex.: droit de la consommation, des syndicats, des assurances et des valeurs mobilières). Ainsi, ce soutien socio-politique est traduit par écrit, selon les principes fondamentaux socialement acceptés du Code civil du Québec, et conformément aux pratiques généralement acceptées dans chacun des groupes de citoyens, donc parfois à interprétation variable selon les circonstances et les usages.

Alors que dans les juridictions autres que celle du Québec, où les lois civiles sont uniformisées par le Parlement fédéral, le patrimoine socio-culturel tend à suivre plus précisément l'exactitude de la tradition britannique en droit privé, signifiant ainsi, par convention populaire, à tout individu, organisation et entreprise privée, le soin de modifier, individuellement, par usages et par les mesures nécessaires, toutes pratiques confondues dans toutes ses relations personnelles et privées avec autrui, libre de tout soutien socio-politique et référence législative.

Par conséquent, grâce au patrimoine socio-culturel du Québec manifesté à travers les principes fondamentaux de la common law, ce privilège constitutionnel permet aux organismes publics québécois de codifier des lois (recommandations aux individus) dans les matières de droit privé. Par les usages citoyens agréant le soutien législatif en droit privé, ce privilège tend donc à protéger les relations égalitaires du Québec en équilibrant les rapports de force entre tous individus, organisations et entreprises privées. Cependant, étant donné le droit de chaque individu de s'autogouverner seul dans les matières de droit privé qui sont supplétives de volonté, cette protection est toutefois assurée à une personne par la référence instinctive de cette même personne au soutien socio-politique et donc, conditionnée à sa volonté constante de respecter toutes lois écrites dans ces matières[107].

D’autre part, les relations contractuelles de toutes instances publiques avec des individus, organisations et entreprises privées, relèvent des principes du droit romano-germanique, sur une base égalitaire (ex.: les partenariats publics-privés et les dispositions de biens publics, tels les terres du domaine de l'État).

[modifier] Valeurs et fondements

Le 8 février 2007, le premier ministre du Québec, Jean Charest, annonce la création de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles. Le communiqué[108] du premier ministre réaffirme les trois valeurs fondamentales de la société québécoise :

  • L’égalité entre les hommes et les femmes
  • La primauté du français
  • La séparation entre l’État et la religion
Le tableau Le débat sur les langues de Charles Huot, représentant la Chambre d'assemblée du Bas-Canada au 21 janvier 1793.

« [Ces valeurs] ne peuvent faire l’objet d’aucun accommodement. Elles ne peuvent être subordonnées à aucun autre principe[109]. »

En outre, le Québec se définit comme un État de droit[110], libre et démocratique.

La société québécoise fonde sa cohésion et sa spécificité sur un ensemble d'énoncés, dont quelques exemples notables comprennent :

Après le dépôt du rapport de la commission en mai 2008, l'Assemblée nationale réitéra sa position en prenant officiellement la résolution de défendre les valeurs québécoises après avoir approuvé à l'unanimité une motion déposée en chambre la journée même :

« Que l'Assemblée nationale réitère sa volonté de promouvoir la langue, l'histoire, la culture et les valeurs de la nation québécoise, favorise l'intégration de chacun à notre nation dans un esprit d'ouverture et de réciprocité et témoigne de son attachement à notre patrimoine religieux et historique représenté par le crucifix de notre Salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions »

[modifier] Système judiciaire

Article détaillé : Système judiciaire du Québec.

L’administration du système de justice et le maintien de la primauté du droit au Québec sont assurés par le ministère de la Justice du Québec. Ce dernier répond à sa mission en assurant, notamment, l'accessibilité des services de la justice à la majorité de la population, par le maintien de districts judiciaires[114].

[modifier] Application de la loi

Le procureur général, avec ses substituts les procureurs aux poursuites pénales et criminelles, est mandataire de l'État et responsable d’ester en justice en son nom dans les matières de droit public, en vertu du Code de procédure pénale et du Code criminel.

De son côté, le ministère de la Sécurité publique du Québec a, entre autres, le rôle d’administrer l’intervention policière et les services correctionnels, notamment par l’intermédiaire de la Sûreté du Québec (SQ) et des corps policiers municipaux, afin de soutenir le procureur général dans l’exécution de ses tâches.

Dans les matières de droit privé, l’exécution des brefs ou ordres de la Cour, le suivi des actes de procédure, les transactions de saisies et la gestion de la trésorerie des ventes judiciaires sont pour leur part assignés aux shérifs (un par district judiciaire), lesquels peuvent s'adjoindre des substituts, les huissiers de justice. Les shérifs peuvent aussi être affectés aux affaires pénales, à l'assignation et la surveillance des jurés.

[modifier] Tribunaux

Les tribunaux judiciaires sont organisés en une pyramide dont le sommet est comblé par la Cour d'appel du Québec, une cour supérieure qui entend toutes causes dont les jugements de première instance sont pourvus en appel.

La Cour du Québec, les cours municipales, le Tribunal des droits de la personne et le Tribunal des professions, tous des tribunaux de première instance, sont de leur côté des cours inférieures, c'est-à-dire dont les compétences sont limitées aux pouvoirs qui leur sont expressément dévolus par l'autorité les ayant créés. De plus, la Cour du Québec est constituée de trois chambres : la Chambre de la jeunesse, la Chambre criminelle et pénale ainsi que la Chambre civile. Cette dernière comprend en plus la Division des petites créances (communément appelée, la Cour des petites créances).

La Cour supérieure du Québec possède, quant à elle, le pouvoir inhérent de statuer sur toutes causes autres que celles dont les compétences sont assignées exclusivement aux cours inférieures. Elle possède donc, dans la juridiction de première instance, le pouvoir résiduaire à l'instar de la Cour d’appel. Dans cette compétence, la Cour supérieure du Québec possède entre autres le pouvoir traditionnel de surveillance sur la légitimité des jugements des autres cours, abstraction faite des pourvois en appel, alors que la Cour d'appel du Québec possède celui de conseiller le gouvernement sur ses projets de lois.

[modifier] Gouvernance territoriale du Québec

La municipalité locale est le point central de la gouvernance territoriale. Elle est le seul palier de gouvernement, élu au suffrage universel, établi après l'État. De la municipalité locale découlent les organisations supralocales qui exercent certaines compétences municipales partagées. La gouvernance territoriale du Québec est supervisée par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire du Québec, conjointement avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec ainsi qu'avec le Secrétariat aux affaires autochtones du ministère du Conseil exécutif du Québec, dans leurs compétences respectives.

[modifier] Organisation régionale

Une grange typique dans la région des Laurentides.

Le Québec est divisé en 17 régions administratives[115] à la tête desquelles se trouve habituellement une Conférence régionale des élus (CRÉ). Ces régions servent à organiser l’administration publique québécoise et constituent généralement les unités de division pour les différents services gouvernementaux. Les CRÉ agissent normalement en tant qu'interlocuteurs privilégiés pour leur région respective auprès du Conseil des ministres. Leur pouvoir décisionnel et de dépenses relèvent cependant et uniquement des mandats qui leur sont confiés par le gouvernement. Ces instances sont toutefois subordonnées aux règlements et usages municipaux dans l'implantation de tout projet.

Ces régions sont parfois différentes des 21 régions touristiques du Québec. Ainsi, les régions administratives de la Capitale-Nationale, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec sont respectivement divisées, eu égard au tourisme, en Québec et Charlevoix, Duplessis et Manicouagan, et Baie-James et Nunavik. De même, la région administrative de l’Estrie est nommée Cantons de l’Est.

[modifier] Organisation supralocale

Le village nordique deKangiqsualujjuaq, Nord-du-Québec, de l'administration régionale Kativik.

Chaque région administrative est divisée en municipalités régionales de comté (MRC) ou en territoires équivalents. Ces derniers comprennent les villes et agglomérations qui détiennent à elles seules des pouvoirs de MRC, l'administration régionale crieet Kativik ainsi que la Jamésie et la Basse-Côte-Nord. Ces entités territoriales constituent des régions d'appartenance créées par l'État au début des années 1980, en remplacement des anciens comtés, et dans lesquelles il est réputé que la plupart des citoyens y vivent leur vie quotidienne. Elles ont donc pour rôle de fournir aux municipalités locales les services nécessaires au maintien et au développement du bien-être des résidents de leur région.

Dans les régions du Grand Montréal et du Grand Québec, les réalités quotidiennes sont toutefois différentes relativement à l'emploi et au mouvement quotidien de la main-d'œuvre. Par conséquent, lors des réorganisations municipales de 2002, l'État créa la Communauté métropolitaine de Montréal et la Communauté métropolitaine de Québec afin de pourvoir à ce phénomène en complémentarité avec les municipalités régionales de comté.

Contrairement aux municipalités locales qui constituent des territoires organisés ayant chacun leurs propres organisations municipales, la gestion territoriale des territoires non organisés (TNO) est assurée par la MRC dont ils font partie intégrante.

[modifier] Cantons, comtés et paroisses

Le rocher percé et l'île Bonaventure dans le canton de la ville de Percé, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Lorsque le régime seigneurial de la Nouvelle-France fut aboli définitivement en 1854, le cadastre du Québec intégra le système de division des terres en cantons, initialement de 10 milles X 10 milles[116]. D'une part, les seigneuries rectangulaires dessinent la vallée du Saint-Laurent, dont le fleuve est la principale voie de communication, et constituent un même rang parallèle (position) avec celles établies sur des distances similaires.

Dans le système cantonal du Québec, les centres de population sont établis à la jonction de quatre cantons, desquels le peuplement est ensuite diffusé en leur intérieur grâce à des sous-divisions, des concessions de 100 chaînes de longueur par côté, et dont les limites sont formées par des rangs (routes) et montées, habituellement et respectivement parallèles et perpendiculaires à un plan d'eau. Dans les centres urbains, ces rangs et montées ont souvent été substituées par les artères principales, alors que dans les municipalités où le développement fut limité, l'angle du canton (ou de la concession) est observable de par l'intersection formée par les rues principales au centre du village.

Alors que les seigneuries favorisaient le peuplement des rives du Saint-Laurent, porte d'entrée des colons et donc, la protection de la colonie, le système cantonal assure, depuis son entrée en vigueur, une diffusion rapide et organisée des bases de population à l'intérieur des terres.

La gestion du système cantonal était sous la responsabilité du ministère de la Colonisation, jusque dans les années 1970, après quoi ses compétences furent attribuées à d'autres ministères.

Le Vieux-Montréal, établi d'après la seigneurie de Ville-Marie, servit de point de départ dans le développement cantonal de la ville de Montréal et devint le siège du comté d'Île-de-Montréal, par l'agencement de l'intersection des deux cantons riverains (Est et Ouest) formée par la rue Notre-Dame, parallèle au fleuve, et le boulevard Saint-Laurent (la Main) comme frontière mitoyenne.

« Depuis 1966, aucune proclamation n'a été émise à l'effet d'ériger de nouveaux cantons même s'il existe toujours de vastes étendues du Québec qui n'ont été partagées ni en seigneuries ni en cantons. Aujourd'hui, il ne s'agit plus tellement d'ouvrir de nouvelles régions à la colonisation que de répondre à des besoins très spécifiques de gestionnaires de l'État »[117].

Avant la création des municipalités régionales de comté (MRC) et des régions administratives, dans les années 1980, les paroisses catholiques formaient les divisions ultimes du territoire, telles que définies par l'évêque de Québec. Dans ce système, la gouvernance territoriale était assurée par les comtés. Ceux-ci constituaient des organisations offrant tous les services locaux aux citoyens des paroisses qu'ils regroupaient, tels les assemblées politiques de citoyens, le conseil de comté, la gare, le marché, les services de polices, les tribunaux, etc. Ces comtés formaient en outre les circonscriptions électorales pour l'élection des députés à l'Assemblée nationale. Repérables par leur position dans le cadastre actuel, leur siège, situé à la jonction de quatre cantons, était entouré des paroisses telles qu'enregistrées aux registres du diocèse de Québec.

[modifier] Terres réservées

D'autre part, des terres réservées (réserves indiennes) sont maintenues pour le bon usage des peuples autochtones. Chacune des réserves constituent des entités politiques séparées sous règlementation fédérale.

Après négociations entre les nations cris et inuits et le gouvernement du Québec, en 1975, les administrations régionales crie et Kativik furent créés afin d'élargir l'usage des droits ancestraux au-delà des réserves indiennes, sur plus du deux tiers du territoire. Des catégories de terres furent ainsi créées afin de permettre aux Cris, Inuits et Québécois d'y vivrent en complémentarité et de jouir du territoire dans le respect de chacun des groupes.

[modifier] Terres du domaine de l'État

Le tableau Lever du soleil sur le Saguenay de Lucius O'Brien, 1880, représentant l'escarpement du cap Trinité dans le parc national du Saguenay.

Les terres du domaine de l'État constituent une vaste étendue de terres publiques couvrant environ 92% du territoire québécois. Elles sont à l'origine de la Nouvelle-France, grâce aux coureurs des bois et explorateurs qui s'y aventuraient à maintes reprises. Elles forment ainsi la part du territoire parallèle aux seigneuries du Québec et aux terres divisées en cantons.

Elles peuvent comprendre des aires protégées divisées en une vingtaine de désignations, telles des parcs nationaux, refuges fauniques, réserves de biodiversité, réserves fauniques, pourvoiries, zones d'exploitation contrôlée (ZEC), etc.

Chaque année, le gouvernement du Québec procède par tirage au sort pour l'attribution de lots et terrains de villégiature sur les terres du domaine de l'État.[118]

Des groupes de population peuvent y vivre de façon permanente ou saisonnière et y exercer diverses activités, mais sont assujettis aux dispositions de l'État québécois règlementant les terres publiques et aires protégées.

[modifier] Autochtones

Article détaillé : Autochtones du Québec.
LesIroquoiens du Saint-Laurent accueillent Samuel de Champlain, à bord du Don de Dieu, lors de son arrivée à Québec en 1608.

Les Autochtones habitent le Québec depuis plusieurs millénaires. Chacun des peuples a une structure sociale, un territoire et une culture qui lui est unique. En 2003, la population amérindienne et inuite du Québec comptait 159 905 personnes[119]. Cependant, comme la loi n’a reconnu que les enfants de père autochtone jusque dans les années 1980, leur nombre est en principe beaucoup plus élevé, sans compter tous les Métis. En fait, presque tous les Québécois ont des ancêtres autochtones.

Tous les peuples dont les territoires sont principalement situés au sud du 55e parallèle sont collectivement appelés « Amérindiens », « Indiens », « Premières nations » ou, de façon obsolète, « Peaux rouges ». Les dix nations amérindiennes du Québec se rattachent à deux groupes linguistiques. La famille algonquienne comprend huit nations, à savoir les Abénaquis, les Algonquins, les Attikameks, les Cris, lesMalécites, les Micmacs, les Montagnais et les Naskapis. Ces deux derniers peuples formaient jusqu'en 1978 une seule et même nation : les Innus. La famille iroquoienne est composée des Hurons-Wendat et desMohawks. Cependant, seuls ces derniers composent la confédération iroquoise(Haudenosaunee) avec cinq autres nations autochtones de l'État de New York et de l'Ontario. La onzième nation autochtone du Québec, les Inuits (de façon obsolète, les Esquimaux), appartient quant à elle à la famille inuit-aléoute. Les Inuits vivent principalement au Nouveau-Québec (Nunavik) et composent la majorité de la population vivant au nord du 55e parallèle.

[modifier] Relations avec les Québécois

Un inukshuk inuit sur la place de l'Assemblée-Nationale à Québec.

Bien qu’ils représentent aujourd’hui, officiellement, seulement 2,2 % de la population québécoise, les Autochtones ont beaucoup apportés à la société québécoise grâce au développement de relations avec les colons, notamment avec les coureurs des bois, les marchands, les cartographes, les pères Jésuites, etc. En plus de contribuer à la toponymie québécoise, des exemples d'apports considérables résident dans leurs connaissances relativement plus avancées dans les domaines suivants : la médecine holistique, le fonctionnement de la biologie humaine, les remèdes soignant le scorbut à l'arrivée des colons (faits de gomme blanche à base de plantes indigènes : sapin, cèdre blanc ou anneda, selon les théories), les vêtements d'hiver (tannage de la fourrure), l'architecture des habitations (isolation contre le froid), les moyens de transport sur neige (raquette à neige et traîneau à chiens) et sur l'eau (canots d'écorce et kayaks), l'acériculture, les sports (crosse et pêche blanche), les techniques de chasse à l'orignal et au caribou, le trappage et la traite des fourrures, le territoire et ses composantes, les bassins versants et leurs cours d'eau, les ressources naturelles, etc.[120]

Lors de l'arrivée des Européens en Amérique au XVIe siècle, les peuples de langues algonquiennes et les Iroquoiens du Saint-Laurent se firent alliés des colons français dans un but de commerce. La première relation se fit à l'arrivée de Jacques Cartier lorsqu'il mit pied à Gaspé et rencontra Donnacona, chef du village de Stadaconé (aujourd'hui, la ville de Québec), en 1534. L'invention de la légende du Royaume de Saguenay, par ce dernier lors de son voyage en France, incita par ailleurs le roi à financer de nouveaux voyages vers le Nouveau Monde.

D'autre part, bien que les guerres intermittentes entre Hurons et Iroquois commencèrent avant l'arrivée des Européens, les relations de la Nouvelle-France avec les Hurons opposèrent de fait les Iroquois et permirent l'alliance stratégique des Anglais avec ceux-ci. En 1701, le gouverneur de la Nouvelle-France, Hector de Callières, conclut la Grande paix de Montréal qui mit fin aux guerres entre peuples autochtones et par laquelle la confédération iroquoise adopta une attitude de non agression, envers les colons français et les autres nations autochtones. Elle fut par ailleurs commémorée lors de son tricentenaire, en 2001, à l'occasion de la signature de la Paix des Braves entre le gouvernement du Québec et le Grand Conseil des Cris, par suite de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975[121][122]. Les bouleversements de la conquête britannique de 1760 amena une dynamique où toutes les nations autochtones s'élevèrent contre les conquérants anglais. Lors de la guerre d'indépendance américaine, les Iroquois du Québec s'allièrent les Américains contre les Anglais, mais furent envahis et pillés par ceux-ci après leur victoire. Depuis la révolution tranquille, le gouvernement du Québec est en mesure de développer les relations d'avant-conquête et de concentrer des efforts, indépendamment du gouvernement fédéral, pour préserver la culture et défendre les droits ancestraux des Amérindiens via le Secrétariat aux affaires autochtones créé en 1978.

[modifier] Droit des peuples autochtones

Nemiscau : village du Nord-du-Québec où siège le Grand Conseil des Cris.

L'administration de la région du Nouveau-Québec (Nunavik) est conférée de fait aux Inuits par laConvention de la Baie-James et du Nord québécois, signée avec le gouvernement du Québec en 1975. La nation crie possède une autonomie similaire à celle des Inuits en vertu de la même convention et de la création de l'administration régionale crie. En 1978, lors de la signature de la Convention du Nord-Est québécois, les Innus de Kawawachikamach ont créés une scission au sein de leur peuple en formant un groupe distinct, les Naskapis, et se sont joints à l'administration régionale Kativik du Nouveau-Québec. Ils se sont ainsi détachés de leur assujettissement à la Loi sur les Indiens du Parlement fédéral. Les Innus-Montagnais ainsi que les sept autres nations n'ayant convenu d'aucune entente avec le gouvernement du Québec demeurent quant à eux, encore aujourd'hui, assujettis à la loi fédérale créant les réserves indiennes. Des pourparlers sont toutefois en cours depuis quelques années avec les Montagnais de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la création d'une autonomie similaire à celle des Cris, Inuits et Naskapis par la formation de deux territoires distincts, l'Innu Assi et le Nitassinan, jouissant de pouvoirs et privilèges différents. Une forte opposition est toutefois présente dans les deux régions, opposant notamment droits ancestraux et droits acquis sur les matières concernées dans les négociations.

En droit constitutionnel canadien, les expressions « temps immémoriaux » et « droits ancestraux » se réfèrent à l'histoire des nations autochtones avant l'arrivée des explorateurs européens en Amérique. Plus précisément, une loi de l'Angleterre de 1276, rapatriée par la common law en 1867, en fixa implicitement le début au 3 septembre 1189, date du couronnement du roi Richard 1er (dit, Cœur de lion).

La réserve innue-montagnaise de Betsiamites, Côte-Nord.

Tous territoires donnés dont les droits existants ancestraux n'ont pas été disposés, selon les règles de la common law, depuis lors peuvent faire l'objet de revendications sans qu'il ne soit nécessaire de démontrer l'usage qui en était fait avant cette date. Cependant, selon un décret de 1832, après cette date, tous droits existants — ancestraux ou issus de traités passés ou futurs — demeurent à condition, notamment, que la jouissance des droits de propriété sur les terres revendiquées aient continué pendant au moins vingt ans consécutifs au moment de leur revendication. Depuis, les usages québécois (pratiques sociales) se sont développés dans ce domaine et requièrent maintenant que l'usage (emploi) de ces terres soit en plus démontré. À l'inverse de ces droits constitutionnels, la propriété est une compétence législative du Québec sur tous les autres aspects. Les autres revendications territoriales s'effectuent donc selon les dispositions du Code civil.

[modifier] Langue

Sur le plan linguistique, le Québec se distingue de ses voisins immédiats principalement par le fait que le français y est la seule langue officielle[123]. Le français y est aussi la langue commune, comprise et parlée (au moins de façon minimale) par 94,6 % de la population[124].

Quelque 80 % des Québécois ont pour langue maternelle le français[125], la langue officielle. L’anglais est la langue maternelle de près de 8 % de la population. Malgré leur déclin démographique, 71 % des Anglo-Québécois se considèrent bilingues, c’est-à-dire qu’ils ont une maîtrise suffisante du français pour soutenir une conversation[126]. Onze nations autochtones composent en outre le Québec. Au total, 159 905 autochtones y vivent, soit 2,2 % de la population[127]. Quant aux allophones, autochtones et immigrants confondus, ils comptent pour près de 12 % de la population du Québec[125]. La langue qu'ils utilisent le plus souvent à la maison est le français pour 51 % d’entre eux, et pour 71 % des immigrants dont l'arrivée est plus récente (depuis 1971)[128].

Les Québécois défendent la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise. Dans cette optique, ils défendent également une « norme québécoise », dont le régulateur est l’Office québécois de la langue française. La Charte de la langue française, communément appelée loi 101, stipule que le français est la langue officielle du Québec. L’éducation primaire et secondaire y est obligatoirement française, sauf pour les enfants dont les parents ont étudié au Canada en anglais. La Charte règlemente aussi l’affichage commercial qui doit être en français. Par ailleurs, la Charte tient compte de certaines obligations linguistiques anglophones, surtout de natures juridiques, assurées par l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique (1867).

[modifier] Français

Article détaillé : français québécois.

Les Québécois s’expriment, s’ils ne sont pas anglophones ou allophones, en français québécois, une variante du français parlée sur l’ensemble du territoire québécois.

Les langues d’oïl, parlées au nord de la France, qui influencèrent grandement le français québécois.

Les colons français qui vinrent coloniser la Nouvelle-France provenaient en grande partie des régions de l’Ouest et du Nord de la France. Ils parlaient généralement des langues régionales de la famille des langues d’oïl (à différencier des langues d’oc, parlées au Sud). Ainsi, la nécessité de se comprendre entre eux amena les colons à « unifier leurs patois » si bien que le français québécois devint en quelque sorte un nouveau patois particulièrement proche du normand, du picard, du poitevin et du saintongeais.

L'apport des différents dialectes amérindiens au lexique des colons de la Nouvelle-France, bien que fort restreint, doit également être souligné: la géographie, la température, la faune et la flore du Nouveau Monde présentaient de nombreuses particularités que la France ne connaissait pas. Les Européens s'approprièrent donc les termes amérindiens pour désigner ces réalités, et plusieurs de ces mots subsistent dans le français québécois encore aujourd'hui. Le nom Québec provient d'ailleurs d'un dialecte algonquin, dans lequel le mot signifie, selon les différentes traductions, « là où le fleuve se rétrécit », « passage étroit » ou « détroit ».

Ce français québécois évolua ensuite sur les bases du français de la cour du roi de France de l’époque, du fait de l’arrivée des filles du roy en Nouvelle-France, majoritairement orphelines et éduquées dans des orphelinats et couvents qui inculquaient le français du roy.

La conquête britannique de 1759 bouleversa l’évolution du français parlé au Québec et en Amérique du Nord. En coupant les liens avec la France, le français parlé au Québec se sépara définitivement du français parlé en métropole. Le français québécois naissait véritablement, conservant les archaïsmes des anciennes langues presque éteintes en France d’une part, créant de nouveaux mots d’autre part, influencé et menacé par la langue des nouveaux conquérants anglais.

[modifier] Anglais

Deuxième langue en importance dans la province, l’anglais est la langue maternelle de 572 085 Anglo-Québécois (7,9 % de la population). Aussi, le Québec compte 50 060 personnes (0,7 % de la population) qui considèrent à la fois le français et l’anglais comme leur langue maternelle[129],[130].

L'édifice McGreer de l'Université Bishop's à Lennoxville, Estrie.

Les anglophones du Québec résident principalement dans l’ouest de l’île de Montréal et en Outaouais. Aussi, ils sont, pour plusieurs, d’ascendance britannique et celtique, provenant d’Irlande et de Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse, Pays de Galles).

L’anglais fit son apparition sur le territoire québécois à partir de 1760, date de la conquête britannique. C’est à cette époque que les premiers marchands, écossais et anglais pour la majorité, viendront s’installer dans les villes de Québec et de Montréal. À partir de 1784, l’arrivée des Loyalistes fuyant les États-Unis fit augmenter considérablement le nombre d’anglophones dans la province. Ces Loyalistes, évitant la campagne francophone et catholique, s’établirent principalement dans ce qui, aujourd’hui, constitue les Cantons de l’Est et l’Outaouais.

Il est aussi intéressant de constater que dans le milieu urbain québécois du XIXe siècle, la troisième langue européenne la plus parlée après le français et l’anglais, était le gaélique. Bien que de nombreux immigrants venant des pays celtiques des îles britanniques, principalement des Irlandais et des Écossais (immigrés au XVIIIe et au XIXe siècle), passèrent du gaélique au français, sans apprendre l’anglais, plusieurs d’entre eux optèrent pour celle-ci (en particulier les Écossais). Aujourd’hui, le gaélique n’est plus parlé dans la province, mais certains résidents de descendance écossaise de la ville de Compton, en Estrie, continuent à utiliser le gaélique écossais. Leur proportion est cependant très faible. Une autre population de langue gaélique se trouve aux Îles de la Madeleine, sur l’île d’Entrée.

[modifier] Langues allophones

Selon le recensement de 2006, le Québec comprend 886 280 allophones, soit 11,9 % de la population[131]. Ces allophones ont une langue maternelle autre que le français et l’anglais, mais qui souvent parlent ou comprennent au moins une de ces deux langues, toutes deux langues officielles du Canada.

Le gouvernement du Québec a négocié auprès du gouvernement fédéral pour pouvoir choisir lui-même ses immigrants dans le but de favoriser l’immigration francophone. Jusqu’aux années 1960, les immigrants provenaient surtout de pays européens (notamment des Italiens, des Juifs d’Europe centrale, puis des Grecs). À partir des années 1960-1970, l’immigration s’est toutefois diversifiée, entre autres avec l’arrivée importante d’Haïtiens, de Latino-Américains, de Vietnamiens, etc. Les immigrants actuels proviennent surtout de France, de Chine, de Belgique, d’Europe de l’Est, et de différents pays en développement, spécialement les pays d’Afrique du Nord francophone, mais aussi d’Amérique latine[132].

[modifier] Langues autochtones

Panneau de signalisation routière multilingue : cri, anglais et français, à Mistissini.

D'autre part, le taux 11,9 % de la population allophone inclus 159 905 Autochtones[133], soit 2,2 % de la population du Québec et plus de 18 % de la population allophone confondue.

Trois familles de langues autochtones existent au Québec. Celles-ci regroupent les langues communes à tous les membres d'une même nation. Ces langues, à l'origine de plusieurs dénominations québécoises, sont parfois sous-divisées en différents dialectes dans les communautés. Elles comprennent :

Dans la famille des langues algonquiennes :
l'abénaqui (parlé par les Abénakis du Centre-du-Québec);
l'algonquin (parlé par les Algonquins de l'Outaouais);
l'atikamekw (parlé par les Attikameks de la Mauricie);
le cri (parlé par les Cris du Nord-du-Québec);
l'innu-aimun (parlé par les Innus-Montagnais de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi que par les Innus-Naskapis de la Côte-Nord);
le malécite-passamaquoddy (parlé par les Malécites du Bas-Saint-Laurent);
le micmac (parlé par les Micmacs de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine),
Dans la famille des langues inuit-aléoutes :
le nunavimmiutitut (dialecte inuktitut parlé par les Inuits du Nord-du-Québec),
Dans la famille des langues iroquoiennes :
le mohawk, aussi connu sous le nom « agnier » (parlé par les Iroquois-Mohawks de la Montérégie et des Laurentides);
le wendat (parlé par les Hurons-Wendat de la Capitale-Nationale).

[modifier] Culture

Articles détaillés : Culture québécoise et Festivals québécois.

Le Québec est la principale société d’expression française en Amérique du Nord, et la seule ayant une majorité de citoyens communiquant en français. Le Québec nourrit un attachement profond à sa culture. Symbole même de son identité nationale, la culture québécoise jumelle des racines françaises à un héritage autochtone, tout en étant quelque peu influencée par son passé sous le régime britannique.

Conjointement avec les divers centres-ville du Québec et de façon similaire, le quartier Latin de Montréal et le Vieux-Québec sont deux hauts lieux de rencontre pour les artistes du Québec. La vie de cafés et de terrasses y témoignent l'héritage latin de la culture québécoise avec pour attrait principal le théâtre Saint-Denis et le théâtre Capitole au milieu d'un style architectural historique.

L'Union des artistes (UDA) et la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ) sont les syndicats qui représentent les artistes professionnels québécois. Depuis 1987, la législation québécoise prévoit des dispositions à l'effet de définir le statut professionnel d'un artiste[134],[135].

Le Conseil des arts et des lettres du Québec, fondé en 1992, est un organisme du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec qui soutient la création, l'expérimentation, la production et le rayonnement à l'étranger pour l'ensemble des domaines culturels québécois[136]. Pour sa part, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), fondé en 1994, agit à titre de promoteur et de bailleur de fonds pour les personnalités œuvrant dans l'industrie culturelle[137].

Les Prix du Québec sont décernés par le gouvernement et constituent la plus haute distinction honorifique pour les personnalités s'étant démarquées dans leur domaine culturel respectif[138].

[modifier] La musique et la danse

Articles détaillés : Musique québécoise et Danse québécoise.

L'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) fut créée en 1978 afin de promouvoir l'industrie de la musique au Québec.

La chanson québécoise est très variée. Depuis La Bolduc dans les années 1920-1930 jusqu’aux artistes de la relève, elle a su apporter de grands auteurs-compositeurs-interprètes, chanteurs de variétés et chanteurs de charme (crooners) : Alys Robi, Félix Leclerc, Willie Lamothe, Pierre Lalonde, Jean-Pierre Ferland, Raymond Lévesque, Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Michel Rivard, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Jean Leloup, Daniel Bélanger, Pierre Lapointe, ainsi que plusieurs groupes : Les Baronnets, César et les Romains, Beau Dommage, Harmonium, Offenbach, Corbeau, Les Cowboys Fringants, Loco Locass, Les Colocs, Kaïn, Alfa Rococo, Malajube, etc.

Félix Leclerc

Elle a aussi des auteurs de renom : Stéphane Venne, Luc Plamondon et Pierre Létourneau, ainsi que des compositeurs : André Mathieu, André Gagnon, François Dompierre et Paul Baillargeon.

Elle a ses interprètes et groupes reconnus internationalement : Ginette Reno, Diane Dufresne, Renée Claude, Nicole Martin, Fabienne Thibeault, Bruno Pelletier, Luc De Larochellière, Céline Dion, Garou, Isabelle Boulay, Simple Plan, Leonard Cohen, Corey Hart, Arcade Fire, April Wine, Sam Roberts, Bran Van 3000, Rufus Wainwright, entre autres. Ceux-ci ont fait ou font carrière en France, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis, au Liban, en Afrique francophone, etc.

Céline Dion en concert au Centre Bell de Montréal, dans sa lignée de prestations incluant son spectacle spécial sur les plaines d'Abraham, à l'occasion du 400e anniversaire de Québec.

Certains interprètes sont également considérés comme québécois, bien qu’originaires d’ailleurs. Leur carrière se déroule au Québec, s’y est déroulée ou y a démarré. Ils sont souvent déjà francophones, ou ont adopté (sauf exceptions) le français dans leurs chansons (mais, en plus du français, chantent parfois aussi en d’autres langues : anglais, italien, espagnol, arabe, etc.) On peut citer entre autres Nanette Workman (New York - États-Unis), Zachary Richard (Lousiane - États-Unis), Corneille (Rwanda), le rappeur K-Maro (Liban), Lara Fabian (Belgique), Luck Mervil (Haïti). Ces artistes participent à l’image internationale d’un Québec ouvert sur le monde et sont l’exemple d’une culture capable d’inclure des origines multiples : on parle souvent d’un « rêve québécois » pour de nombreux francophones du monde entier, comme il existe parfois un « rêve américain » chez les Anglo-saxons.

L’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) et l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) sont respectivement associés à l’Opéra de Québec et l’Opéra de Montréal dont les prestations sont présentées au Grand Théâtre de Québec et à la Place-des-Arts.

Des danses traditionnelles telles que les gigues, quadrilles, reels et danses en ligne, la danse québécoise a su se développer dans les fêtes populaires depuis les débuts de la colonisation. La musique traditionnelle intègre par ailleurs divers instruments, tels l'harmonica (musique-à-bouche ou ruine-babine), le violon, les cuillères, la guimbarde, etc. La promotion de la musique et de la danse traditionnelle québécoise est depuis longtemps assurée par des stations de radio et émissions télévisées aux airs festifs, telles la Soirée canadienne et Belle et Bum, ainsi que par des groupes actuels, tels La Bottine souriante, La Volée d'Castors, Les Charbonniers de l'enfer, Mes Aïeux, Belzébuth, etc. De plus, de nos jours, les Ballets jazz de Montréal, les Grands Ballets et La La La Human Steps sont des troupes professionnelles de danse contemporaine qui perpétuent l'héritage des ancêtres du Québec.

Divers festivals de musique sont animés à travers le Québec, tels le Festival international de jazz de Montréal, les Nuits blanches de l'Anse de Roche, Woodstock en Beauce, les festivals country, etc. Alors que d'autres festivals enjoignent la musique aux spectacles pyrotechniques, tels les Grand Feux Loto-Québec aux chutes Montmorency, à Québec, l'International des feux Loto-Québec au parc d'attractions La Ronde, à Montréal, et les Grands Feux du Casino dans le parc du Lac-Leamy, à Gatineau.

[modifier] Le cinéma, la télévision et la radio

La Cinémathèque québécoise a pour mandat la promotion du patrimoine cinématographique et télévisuel du Québec. De même, l'Office national du film du Canada (ONF), société d'État fédérale, pourvoit à cette même mission au Québec.

Claude Jutra, lors du tournage du film Kamouraska, en 1972.

De la même manière, l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) promouvoit « la production indépendante en cinéma et télévision »[139]. Alors que l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) représente les professionnels de la réalisation cinématographique et télévisuel, l'Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ) représente les radios indépendantes.

En plus du quartier des Spectacles, à Montréal, plusieurs salles de cinémas à travers le Québec veillent à la diffusion du cinéma québécois.

Avec ses installations cinématographiques, telles la Cité du cinéma et les studios Mel's, la ville de Montréal accueille les tournages de diverses productions.

Les Rendez-vous du cinéma québécois sont un festival entourant la cérémonie de la Soirée des Jutra qui récompense les œuvres et personnalités du cinéma québécois. Le Festival de cinéma des 3 Amériques, à Québec, le Festival regard sur le court métrage au Saguenay, le Festival des films du monde et le Festival du nouveau cinéma, à Montréal, sont d'autres évènements annuels entourant l'industrie cinématographique au Québec.

La société d'État Télé-Québec, la société d'État fédérale Radio-Canada, les chaînes privées, généralistes et spécialisées, les réseaux radiophoniques ainsi que les stations indépendantes et communautaires diffusent les divers téléromans québécois, émissions d'informations nationales et régionales, programmations interactives et parlées, etc.

Le Gala Artis et le gala des prix Gémeaux récompensent les personnalités de l'industrie télévisuelle et radiophonique du Québec.

[modifier] La littérature et le théâtre

Article détaillé : Littérature québécoise.
Émile Nelligan (1879-1941) fut un poète québécois, célèbre pour son poème Soir d'hiver pour lequel les mémoires se souviennent du vers « Ah! comme la neige a neigé! ».

Depuis la Nouvelle-France, la littérature québécoise s'est tout d'abord développée dans les récits de voyages des explorateurs tels Jacques Cartier. Plusieurs lettres furent écrites par les pères Jésuites tels Jean de Brébeuf, décrivant leurs relations avec les peuples autochtones.

Le premier à écrire l'histoire du Québec fut l'historien François-Xavier Garneau.

Illustration de la Chasse-galerie, par Henri Julien (1852-1908), au Musée national des beaux-arts du Québec.

Elle intègre divers récits tels la légende de La Corriveau, celle du Cheval noir des Trois-Pistoles et celle du Bonhomme sept-heures ou, encore, le conte de La Chasse-galerie d'Honoré Beaugrand.

Des poètes et auteurs éminents marquèrent leur époque et demeurent aujourd'hui ancrés dans l'imaginaire collectif, tels Émile Nelligan.

De nombreuses pièces de théâtre furent écrites, dont Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay. Parmi les troupes de théâtre se trouvent la Compagnie Jean-Duceppe, le Théâtre La Rubrique, etc. De nombreuses salles comprennent, entre autres, le Monument-National et le théâtre du Rideau Vert, à Montréal, le théâtre du Trident à Québec ainsi que les centres culturels dans diverses municipalités. L'École nationale de théâtre du Canada et le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec forment les futurs acteurs.

Alors qu'il offre divers amusements, souvent des comédies musicales ou des drames humoristiques, le théâtre d'été[140] est un véritable symbole de la littérature québécoise[141]. Comme son nom l'indique, il est présenté durant la saison estivale, parfois en plein-air, dans les régions rurales et semi-rurales du Québec, tel qu'au théâtre de la Dame de Cœur à Upton, Montérégie, au théâtre des Grands Chênes à Kingsey Falls, Centre-du-Québec, au théâtre de Marjolaine à Eastman, Estrie, etc.

L'Académie québécoise du théâtre et l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD) sont les principaux organismes de promotion de la littérature et du théâtre québécois. Alors que les prix littéraires du Québec, dont la médaille de l'Académie des lettres du Québec, et la Soirée des Masques en récompensent les personnalités.

[modifier] Les beaux-arts

Article détaillé : Beaux-arts québécois.
Le monument à Madeleine de Verchères, érigé en bronze par Louis-Philippe Hébert, en 1913.

Les beaux-arts du Québec sont souvent exposés au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée d'art contemporain de Montréal, au Musée des beaux-arts de Montréal, au Salon des métiers d'art du Québec, dans les galeries et boutiques d'art, etc. Certaines œuvres sont, de même, parfois exposés dans des espaces publics, en plein-air.

Le manoir du domaine seigneurial Fraser, à Rivière-du-Loup, Bas-Saint-Laurent.

D'abord influencé, depuis l'époque de la Nouvelle-France, par le culte religieux du catholicisme, avec des œuvres notamment du Frère Luc et plus récemment d'Ozias Leduc, l'art du Québec s'est développé autour des caractéristiques propres à ses paysages et représentations culturelles, historiques, sociales et politiques[142].

Ainsi, le développement des chefs-d'œuvre québécois en peinture, gravure et sculpture, fut grandement marqué par la contribution d'artistes éminents, tels Louis-Philippe Hébert, Alfred Pellan, Alfred Laliberté, Charles Daudelin, Marc-Aurèle Fortin, Jean-Paul Riopelle, Paul-Émile Borduas, Françoise Sullivan, Arthur Villeneuve, Louise Carrier, Jean-Philippe Dallaire, etc.

Divers édifices témoignent du patrimoine architectural qui caractérise le Québec, tels l'hôtel du Parlement, les édifices à vocation religieuse, les hôtels de ville, les maisons de seigneuries, etc.

L'École des beaux-arts de Montréal veille à la formation supérieure des artistes-peintres, graveurs et sculpteurs du Québec.

[modifier] L'humour et les émissions jeunesse

Article détaillé : Humour québécois.

Plusieurs festivals d'humour furent créés au Québec, dont le festival Juste pour rire de Montréal, qui jouit d'une réputation internationale, ainsi que les festivals Grand Rire de Québec, Gatineau et Sherbrooke.

D'éminents artistes et groupes de l'humour sont connus, tels Rose Ouellette (dite, La Poune), Juliette Petrie, Roméo Pérusse, Gilles Latulippe, Marc Favreau (dit, Sol, le clown clochard), Michel Noël (dit, Capitaine Bonhomme), Jacques Desrosiers (dit, Patof, le clown), Ding et Dong, Les Grandes Gueules, Lise Dion, Jean-Michel Anctil, Martin Matte, Louis-José Houde, etc.

Les arts de la rue au festival Juste pour rire.

Plusieurs émissions ont leur popularité, telles Cré Basile, Le Zoo du Capitaine Bonhomme, Lundi des Ha! Ha!, Démons du midi, La Petite Vie, Les Bougon, Le Sketch Show, etc.

La Ligue nationale d'improvisation (LNI), créée en 1977, fait valoir nombre de comédiens et humoristes en joignant l'humour au théâtre d'improvisation.

L'École nationale de l'humour fut créée en 1988 afin de former les futurs humoristes du Québec.

L'Association des professionnels de l'industrie de l'humour (APIH) est le principal organisme de promotion et de développement du secteur culturel de l'humour au Québec.

Le Gala Les Olivier, en l'honneur de l'ancien humoriste Olivier Guimond, récompense les personnalités de l'humour québécois.

De leur côté, les enfants ont aussi leurs comédies et dessins animés, tels La Boîte à Surprise, Bobino, Le Pirate Maboule, Fanfreluche, La Ribouldingue, Les 100 tours de Centour, Passe-Partout, Robin et Stella, Iniminimagimo, Vazimolo, Télé-Pirate, Bibi et Geneviève, Watatatow, Enfantforme, Caillou, Cornemuse, Macaroni tout garni, etc[143].

[modifier] Les arts du cirque et de la rue

Le spectacle Dralion du Cirque du Soleil, présenté en 2004.

Plusieurs troupes de cirque furent créés dans les dernières décennies, dont la plus importante : le Cirque du Soleil. Parmi ces troupes se trouvent des cirques contemporains, ambulants et à cheval, tels le Cirque Éloize, Cavalia, Kosmogonia, Saka, Cirque Akya, etc.

Présenté en plein-air, sous un chapiteau ou dans des salles de spectacles semblables à celles du Casino de Montréal, elles attirent de nombreuses foules autant au Québec qu'à l'étranger.

L'École nationale de cirque et l'École de cirque de Québec furent créées afin de former les futurs artistes du cirque contemporain. De son côté, Tohu, la Cité des Arts du Cirque fut fondé en 2004 afin de diffuser les arts du cirque.

À la manière des troupes itinérantes de la Renaissance, les saltimbanques (amuseurs de rue), clowns et masques se promènent, de ville en ville, afin de jouer leur comédie. Bien qu'ils puissent apparaître de façon ponctuelle, en tout temps, ils sont particulièrement visibles lors des évènements culturels, tels au Festival d'été international de Québec, aux Fêtes de la Nouvelle-France, au Carnaval de Québec, au festival Juste pour rire ainsi que dans les nombreuses foires agricoles et commerciales à travers le Québec, etc.

[modifier] La mode et la décoration

Une ceinture fléchée, pièce de la mode traditionnelle québécoise.

Des vêtements traditionnels à la haute couture, la mode québécoise s'est d'abord développée autour des conditions de vie et du climat québécois.

La mode québécoise se fait valoir grâce à des stylistes, tels Marie Saint-Pierre, Marie-Claude Guay, Philippe Dubuc, Léo Chevalier et John Warden, ainsi qu'à des boutiques et magasins, tels La Maison Simons, Ogilvy's, les Ailes de la Mode, etc. Les grands couturiers de renom international qui font affaire au Québec sont, par ailleurs, principalement concentrés aux Cours Mont-Royal.

Alors que La Grande Braderie expose les principales œuvres de la mode québécoise, le gala de la Griffe d'or en récompense les créateurs.

De son côté, la décoration intérieure est assurée par des créateurs de renom québécois, tels Signature Maurice Tanguay, Germain Larivière, De Lacroix Design, etc. Alors que d'autres créateurs se spécialisent dans le prêt-à-monter, tels les Industries Dorel, Mobilier Déco Design, etc.

[modifier] Le patrimoine et la culture d'antan

L'école et le couvent de la congrégation Notre-Dame-du-Bon-Conseil, au village fantôme de Val-Jalbert, Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le Fonds du patrimoine culturel québécois est un programme du gouvernement du Québec visant la conservation et la mise en valeur du patrimoine québécois, conjointement avec diverses lois[144]. Plusieurs organismes veillent à cette même mission, autant dans les traditions sociales et culturelles que dans les paysages et édifices patrimoniaux, dont la Commission des biens culturels du Québec, la Fondation québécoise du patrimoine, le Centre de conservation du Québec, le Centre de valorisation du patrimoine vivant, le Conseil québécois du patrimoine vivant, l'Association québécoise d'interprétation du patrimoine, etc.

Fortement marquée par la présence de l'Église catholique, la mise en valeur de l'histoire religieuse du Québec est assurée par des organismes tels le Conseil du patrimoine religieux du Québec. Depuis 2007, le gouvernement favorise, avec les divers acteurs du milieu, la conclusion d'ententes sur l'utilisation des biens appartenant aux fabriques et corporations épiscopales afin d'établir des « partenariats dans le financement de la restauration et de la rénovation du bâti religieux »[145].

Plusieurs sites, maisons et ouvrages historiques témoignent du patrimoine culturel québécois, tels le village québécois d'antan, le village historique de Val-Jalbert, le fort Chambly, la maison nationale des Patriotes, la pulperie de Chicoutimi, le canal de Lachine, le pont Victoria, etc.

Alors que les artéfacts en font de même, divers musées racontent l'histoire culturelle du Québec, tels le musée de la civilisation, le musée de l'Amérique française, le musée McCord, le musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, Pointe-à-Callière, etc.

Diverses œuvres littéraires reproduisent la vie quotidienne d'autrefois, se fondant ainsi dans la tradition sociale et culturelle des téléromans québécois à l'ancienne[146], tels La Famille Plouffe, Les Belles Histoires des Pays-d'en-Haut, La Petite Patrie, Le Temps d'une paix, Entre chien et loup, Les Filles de Caleb, Blanche, Au nom du père et du fils, Marguerite Volant, Nos Étés, etc.

[modifier] Le sport

Article détaillé : Sport au Québec.
Les Canadiens de Montréal face aux Bruins de Boston lors d'une mise au jeu en avril 2009, au Centre Bell.

Comme partout ailleurs au Canada, le hockey sur glace occupe une place privilégiée dans la vie des Québécois. Le Canadien de Montréal est un club de hockey sur glace professionnel faisant partie de la Ligue nationale de hockey (LNH). Ce club, qui fut fondé en 1909, fut l’un des principaux clubs fondateurs de la LNH, en 1917. Cinq autres clubs du Québec ont fait partie de ligues majeures de hockey, soit les Bulldogs de Québec (Association nationale de hockey 1911-1917 et LNH 1919-1920)[147], les Nordiques de Québec (AMH 1972-1979 et LNH 1979-1995), les Shamrocks de Montréal (ANH 1909-1910), les Wanderers de Montréal (ANH 1909-1917 et LNH 1917) et les Maroons de Montréal (LNH 1924-1938). Le Canadien profite d’une patinoire à domicile, le Centre Bell, dont la capacité est la plus grande de la LNH avec 21 273 sièges[148]. Le club a participé 34 fois à une finale de la Coupe Stanley, et l'a remportée 24 fois[149], ce qui constitue un record de la Ligue.

De leur côté, les Nordiques de Québec (jouant au Colisée de Québec dont la capacité est de 15 399 sièges) sont un ancien club de la LNH. Cette équipe a marqué l’histoire et la culture sportive du Québec et du Canada, étant donné la rivalité naturelle Québec-Montréal. Les Nordiques ont déménagé en 1995 au Colorado, aux États-Unis.

Les Alouettes de Montréal lors du championnat de la Coupe Grey 2005.

Depuis 1996, les Alouettes de Montréal évoluent dans la ligue canadienne de football (LCF). Le club fut fondé en 1946, mais après plusieurs années difficiles, l’équipe fut dissoute en 1987. En 1996, les Stallions de Baltimore furent déménagés à Montréal, au Stade Percival-Molson, et renommés « Alouettes ».

Jusqu’en 2004, les Expos de Montréal évoluaient au sein de la Ligue majeure de baseball. Créée en 1968, l’équipe avait élu domicile au stade olympique de Montréal (capacité de 43 739 places en mode baseball). Franchisée le 27 mai 1968, elle devait son nom à l’Exposition universelle de Montréal (Terre des Hommes), qui avait eu lieu l’année précédente. Au terme de la saison 2004, l’équipe fut déménagée à Washington.

Le Grand Prix du Canada, une ancienne course de Formule 1, eut lieu au Québec de 1978 à 2008. L’un des gagnants de ce Grand Prix fut un pilote d’origine québécoise, Gilles Villeneuve, qui mourut en 1982, aux suites d’un accident, au dernier tour de qualification pour le Grand Prix de Belgique, sans avoir pu emporter un titre de Champion de Monde. C'est son fils Jacques qui réalisera ce rêve en 1997.

L'Impact de Montréal est l'équipe de soccer la plus importante de la province. Fondée en 1992, cette équipe remporta le titre de la première division de la USL en 1994 et en 2004. Évoluant au Stade Saputo (13 034 sièges), l'équipe représenta le Canada à la ligue des champions de la CONCACAF en 2008 en surpassant le Toronto FC qui jouait pourtant dans une ligue de plus haut niveau. Le soccer est maintenant plus pratiqué que le hockey sur glace au Québec.

Une course de snocross.

Le Québec offre une saison hivernale qui s’étend sur près de la moitié de l’année, de novembre à avril, avec des conditions de neige exceptionnelles (de 3 à 15 mètres de neige par hiver selon les régions). Les principaux centres de ski du Québec sont situés en Estrie, dans les Laurentides, dans la Capitale-Nationale et en Gaspésie.

La motoneige est une autre activité hivernale extrêmement prisée des Québécois. En décembre 2006, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec regroupait 84 611 adhérents. Ils empruntent 33 085 km de sentiers aménagés et patrouillés par la police et des bénévoles provenant des 225 clubs locaux[150].

[modifier] La gastronomie

Article détaillé : Cuisine québécoise.

Les premiers colons, majoritairement paysans, préparaient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidien. Une cuisine familiale, basée sur la tradition française[151], s’est développée au fil des siècles, intégrant poisson, gibier, légumes et fruits frais. La tourtière, le cipaille, les fèves au lard, la soupe aux pois, le rôti de porc, les cretons, la tarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels. Certains demeurent au menu de restaurants alors que d’autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la période des Fêtes. Au printemps, ces plats peuvent être servis dans les cabanes à sucre. Les recettes traditionnelles sont également réinterprétées au goût du jour par les chefs des grands restaurants québécois, qui proposent également une foule de produits fins du Québec, comme le foie gras, le magret de canard, le caviar de corégone (un poisson des eaux de l’Abitibi), le cidre de glace et le vin de glace.

La marina et le port de pêche de Cap-aux-Meules, îles de la Madeleine.

Ces produits régionaux confèrent à la gastronomie québécoise une identité propre. En Montérégie, dont le territoire est recouvert à 30 % de vergers, on fabrique une grande variété de cidres qui cumulent les honneurs dans les concours internationaux. Dans le Bas-Saint-Laurent, qui borde le fleuve, on maîtrise l’art ancien de fumer le saumon, la truite, l’esturgeon et l’anguille. Aux Îles de la Madeleine, on concocte un savoureux pot-en-pot (une préparation de fruits de mer ou de poissons et de pommes de terre en croûte). Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on prépare une tourtière du Lac (pâté très épais avec de la viande et des pommes de terre en cube) et une soupe aux gourganes renommées. La région de Charlevoix produit des fromages d’excellente qualité. Une tourtière typique de Charlevoix est faite d’éperlans répartis sur plusieurs couches successives de pâte plus fine. La Gaspésie est reconnue, quant à elle, pour son pâté au saumon et ses boulettes de morue. Sur la Côte-Nord, la plupart des mets mettent en valeur les poissons, mollusques et crustacés qui y sont pêchés, comme la crevette nordique, le crabe des neiges et le pétoncle. On avait coutume également d’y apprêter les langues de morues et des produits locaux, comme les œufs d’oiseaux marins. En Mauricie, on apprête la viande de bison et d’autruche, animaux qui sont élevés sur place. La ville de Québec, comme Montréal, est reconnue internationalement pour sa fine cuisine. Au Nouveau-Québec (Nunavik), dans la région du Nord-du-Québec, les influences inuits offrent un éventail de mets à base de poissons tels que l'Uujuk, ainsi que de viandes de gibier tels le Nikku et le Puanaasi. Les nations amérindiennes de toutes les régions préparent quant à elles un excellent pain banique.

La ville de Trois-Rivières, au cœur de la Mauricie, région célèbre pour l'apprêtage de la viande de bison et d'autruche.

En matière de restauration rapide, la poutine est un mets typiquement québécois, inventée à Drummondville [réf. nécessaire] dans les années 1950, à l’époque de l’irruption du fast-food à l’américaine. La poutine « classique » se compose de frites, de fromage en grains frais ainsi que d’une sauce chaude et onctueuse (dite « sauce brune », du fait de sa couleur brunâtre). La présentation de la poutine est variable et diverse. On peut goûter à des poutines « à l’italienne » (avec sauce à spaghettis), « barbecue » ou « garnie ». Elle a aussi donné lieu à de nombreuses variantes comme la galvaude (avec des petits pois verts et du poulet en cube), la bourguignonne (sauce au vin rouge et aux oignons), etc. La poutine est cependant très grasse et ne fait pas partie d’un régime équilibré.

Le Québec compte également pour 80 % de la production mondiale de sirop d’érable[152],[153]. Issue de traditions amérindiennes adaptées et modifiées par les Français, l’acériculture consiste en un premier temps à entailler les érables à sucre au moment du dégel printanier. La sève recueillie est ensuite réduite par évaporation jusqu’à l’obtention d’un délicieux sirop sucré[154], idéal pour accompagner crêpes, gaufres, pain perdu (dit pain doré), ainsi qu’une multitude de plats variés.

[modifier] Religion

L’Église catholique a joué un rôle prépondérant dans le développement culturel et politique de la société québécoise. Néanmoins, les religions amérindiennes et inuits précédèrent le catholicisme en sol québécois. Aujourd’hui, ces religions ont survécu et certaines manifestations persistent.

[modifier] Catholicisme

Mgr François de Montmorency-Laval, fondateur du séminaire et premier évêque de Québec.

À l’époque de la Nouvelle-France, les premiers colons qui s’établirent étaient tous catholiques. Dès le début de la colonie, l’évangélisation des Amérindiens précéda la fondation des paroisses. En 1627, le cardinal de Richelieu fit décréter une proclamation royale, suivant laquelle Louis XIII bannissait tous les non catholiques de la Nouvelle-France. Cet édit visait à exclure les Juifs et les Huguenots de la colonisation.

La puissance extraordinaire qu’avait autrefois l’Église catholique est reflétée dans tous les domaines culturels, de la langue jusqu’aux beaux-arts, en passant par le théâtre, la littérature et le cinéma. L’âge d’or pour les ecclésiastiques arrivera au milieu du XIXe siècle (vers 1840), période pendant laquelle l’Église, devenue très hiérarchisée, concrétise son influence. Mais son influence s’essoufflera cent ans plus tard, au moment où la société québécoise sera traversée, et profondément transformée, par la Révolution tranquille (conscience nationale, etc.).

Bien que 85% de la population québécoise affirme être d'obédience catholique[155], le dogme de l'infaillibilité pontificale est souvent remis en doute par les croyants de cette même population. En l'occurrence, plusieurs paroissiens se rapprochent du courant de pensée de l'Église des vieux catholiques, créant ainsi une dichotomie avec le clergé québécois dont les préceptes suivent ce dogme de l'Église catholique romaine. Au-delà des désaccords, ce phénomène provoque, à l'occasion, des actions plus radicales chez certains membres de la population, telles des hausses de demandes d'apostasie lorsque les positions du Vatican sont proclamées ex cathedra[156][157].

[modifier] Protestantisme et autres religions

Pendant le régime britannique, des anglophones protestants vinrent s’établir dans certaines régions du Québec. Dès 1777, la première synagogue s’implanta sur le territoire de l’actuelle Montréal, mais c’est surtout à partir du XIXe siècle que des groupes relativement importants de Juifs vinrent joindre la communauté montréalaise. En 1835, la Suissesse Henriette Feller fonda au Québec la première église protestante francophone en Amérique. Elle était alors assistée du révérend Louis Moussy, un jeune pasteur de 23 ans, Suisse lui aussi. Au XXe siècle, des vagues successives d’immigrants venant d’Irlande, d’Italie, de Grèce, d’Asie et d’Afrique s’établirent à Montréal, apportant leurs coutumes culturelles et religieuses. Certains d’entre eux créèrent des communautés religieuses qui firent bâtir des établissements.

Une église anglicane Christ Church of Springbrook à Frampton, Chaudière-Appalaches.

Selon certains organismes religieux, ce pluralisme traduit un véritable bouleversement culturel.

De nos jours, cette diversité religieuse, et, jusqu’à un certain point, culturelle, entraîne plusieurs réactions au sein de la société québécoise, notamment après la fameuse affaire des accommodements raisonnables vis-à-vis des minorités immigrantes ou religieuses. Par ailleurs, même si les églises du Québec sont de plus en plus désertes, les Québécois revendiquent toujours leur appartenance au catholicisme. C’est ce qui ressort de l’une des plus importantes études jamais réalisées sur la foi et les pratiques religieuses des Canadiens, The Bibby Report on Catholicism in Quebec[158], en 2007. En fait, près de 85 % des Québécois revendiquent leur appartenance au catholicisme. Étonnamment, ce chiffre est quasi similaire aux données de 1961, alors que 88 % des Québécois affirmaient appartenir à cette religion[159]. Aujourd'hui en 2008, la culture et non le catholicisme distingue énormément le Québec par rapport au reste du Canada.

[modifier] Lieux de culte

La basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, dans le village du même nom, en l'honneur de la Sainte patronne du Québec.

La plus ancienne église paroissiale de la plus vieille paroisse d'Amérique du Nord est la basilique-cathédrale de Québec, construite en 1647. D’abord nommée église Notre-Dame-de-la-Paix, elle fut érigée tout près de l’endroit même de la première chapelle [160] construite par Samuel de Champlain. Elle obtint le statut de cathédrale en 1674, lorsque Monseigneur de Laval devint Évêque de Québec, et son statut de basilique mineure en 1874. Cette cathédrale est le siège du primat catholique du Canada. Elle a été reconstruite à deux reprises après le siège de Québec de 1759 et l’incendie de 1922. [161]

Le lieu de culte le plus fréquenté du Québec est la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, dans la municipalité du même nom, près de Québec. Cette basilique catholique accueille des millions de visiteurs chaque année, et surtout pendant la neuvaine de Sainte-Anne, le 26 juillet. Elle est reconnue pour ses miracles (les milliers de béquilles à l’entrée en faisant foi) et par le fait que la statue de Sainte-Anne a survécu à deux incendies majeurs.[162],[163] Cette basilique a été construite en 1876, Sainte-Anne étant la Sainte patronne du Québec.[164].

L’oratoire Saint-Joseph, à Montréal, est le seul lieu de culte au monde dédié à Saint-Joseph. Situé sur le flanc du Mont Royal, on le connaît pour ses 283 marches, que les pèlerins viennent chaque année monter à genoux[165], récitant une prière sur chacune des marches. Tout comme dans la basilique Sainte-Anne, l’intérieur de la cathédrale contient des centaines de béquilles, laissées en ex-voto pour chacune des guérisons miraculeuses attribuées à Saint-Joseph ou au frère André, fondateur de l’oratoire. Les reliques du frère André sont d’ailleurs conservées à l’intérieur de l’édifice.

[modifier] Économie québécoise

Une aluminerie de Rio Tinto Alcan à Alma, Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’économie québécoise peut être qualifiée de post-industrielle diversifiée. Sa prospérité est assurée par la coordination de tous les ministères du gouvernement québécois, dans leurs compétences respectives, dont les principaux en la matière sont le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation du Québec, le ministère des Finances du Québec ainsi que le ministère du Revenu du Québec.

Bien que le Québec possède une quantité incommensurable de ressources naturelles, sa croissance repose surtout sur les nouvelles technologies. L’industrie aérospatiale est très importante, surtout à Montréal, avec la présence de constructeurs comme Bombardier, Pratt & Whitney Canada et CAE ainsi que de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Montréal est considérée comme le deuxième centre aérospatial au monde, après Seattle et devant Toulouse. Cela fait du Québec le quatrième plus gros joueur mondial sur ce marché. L’industrie du jeu vidéo connaît depuis quelques années un essor fulgurant, avec la présence d’entreprises comme Electronic Arts, Ubisoft, Softimage et Eidos. Elle emploie près de 10 000 personnes et des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars sont prévus dans ce domaine au cours des prochaines années.

Soixante-dix pourcent de son PIB est généré par le secteur des services et le taux de chômage est de 7 % (décembre 2007), supérieur à la moyenne canadienne qui est de 6 %.

La ville de Saint-Georges, Chaudière-Appalaches, au cœur de la Beauce, reconnue pour sa multitude de petites et moyennes entreprises (PME).

Le Québec compte aussi plusieurs entreprises qui rayonnent internationalement : Bombardier, le Cirque du Soleil, Quebecor, Couche-Tard, Saputo, Garda, etc.

De plus, étant donné qu’il produit de l’énergie en grande quantité et à un bas coût, le Québec produit près de 10 % de l’aluminium sur la planète, grâce au géant canadien Alcan (racheté par le groupe Britanno-Australien Rio Tinto en 2007) et à son concurrent américain, Alcoa. Récemment, l’économie québécoise a dû faire face à plusieurs embûches : hausse fulgurante du dollar canadien, féroce concurrence étrangère (Asie), hausse du prix de l’énergie, crise dans le secteur forestier et, dernièrement, ralentissement de l’économie américaine. La croissance a été de 2,2 % en 2006, inférieure à la moyenne canadienne de 3 %. Pour 2007, la croissance sera sous les 2 %. Cependant, une reprise est prédite pour 2008. Le PIB québécois est de 230,6 milliards $US en parité de pouvoir d’achat (PPA), et celui par habitant est de 30 143 dollars américains (en PPA)[166], un montant qui se compare à celui de la France[167] ou de l’Italie[168]. Cependant, l’écart entre le PIB/Habitant avec l'Ontario et la moyenne canadienne est d’environ de 15-20 %, la moyenne canadienne se situant à 35 875 $US (en PPA)[169]. De par sa taille, l’économie du Québec se compare à celle de la Norvège[170].

[modifier] Science et technologie

L'observatoire du Mont Mégantic, Estrie, dédié à l'astronomie.

La science et la technologie sont des facteurs déterminants dans le positionnement économique du Québec. Étant l’un des chefs de file mondiaux dans des secteurs de pointe tels que l’aérospatiale, les technologies de l’information, les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique, le Québec joue un rôle significatif dans la communauté scientifique et technologique. De plus, depuis quelques années, la ville de Montréal a développée une industrie du jeu vidéo. D’ailleurs, une revue britannique spécialisée en la matière (Develop, octobre 2006) affirme que la métropole est l’endroit qui a connu le plus grand essor dans ce domaine au cours des 10 dernières années. On attribue ce phénomène à une culture du jeu vidéo avant-gardiste, notamment grâce à Soft Image (fondée par Daniel Langlois en 1986) et l’arrivée d’Ubisoft, à Montréal, en 1997.

[modifier] Exportation et importation

La ville de Saint-Hyacinthe, Montérégie, est la plaque tournante des marchés nord-américains dans le secteur des biotechnologies agroalimentaires, vétérinaires et agroenvironnementales.

Grâce à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le Québec connaît une augmentation de sa capacité à concurrencer le marché international. À la suite de ces accords, ses relations commerciales avec les autres pays se sont dynamisées. Par conséquent, le Québec a vu ses exportations s’accroître de manière importante. Ces échanges internationaux contribuent à la vigueur de l’économie québécoise, notamment en matière d’emploi. Près des deux tiers de ses exportations sont réalisées ailleurs qu’au Canada. En 2003, les exportations québécoises internationales totalisaient 133 640 millions de dollars canadiens (soit 35 % de son PIB) et étaient destinées aux États-Unis d’Amérique (83,2 %), à l’Europe (9,6 %), à l’Asie (4,4 %) et à l’Amérique latine (1,5 %). En 2003, le Québec importait pour 130 691 millions de dollars canadiens de biens et de services. Ils provenaient principalement des États-Unis (37,4 %), de l’Europe (29,3 %), de l’Asie (18,6 %), de l’Amérique latine (7,4 %) ainsi que de l’Afrique et du Moyen-Orient (6,0 %). La proximité géographique du Québec avec les États-Unis explique le fait qu’une partie non négligeable de ses exportations soit destinée au territoire états-unien.

[modifier] Le tourisme

La ville de Gatineau, Outaouais, avec les musées de l'aviation et des civilisations.
Article détaillé : Tourisme au Québec.

L’industrie touristique est un pilier économique majeur au Québec. Alors que le ministère du Tourisme du Québec en assure le développement, l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) œuvre dans la formation supérieure des professionnels du domaine[171].

En 2005, l’industrie touristique procurait des emplois directs à 133 271 travailleurs[172]. Ces employés œuvrent dans plus de 29 000 entreprises touristiques québécoises[173]. On estime qu’en 2005, le Québec a accueilli 28,3 millions de touristes[174]. De ce nombre 75,7 % provenaient du Québec, 13 % du Canada, 7,6 % des États-Unis et 3,7 % d’autres pays[174]. Annuellement, les touristes dépensent plus de 7,5 milliards de dollars dans les différentes sphères de l’industrie touristique québécoise[174].

Eu égard au tourisme, le Québec compte 21 régions touristiques (différentes des régions administratives pour certaines) administrées par un réseau autonome d'associations touristiques régionales (ATR)[175]. Quelle que soit la saison, une panoplie d’activités s’offre aux visiteurs sur les routes et circuits touristiques[176]. Quant aux attraits, les musées, casinos, lieux de culte et du patrimoine, parcs, réserves et jardins, sont particulièrement courus des touristes. Enfin, le Québec est le théâtre de nombreux événements d’envergure internationale, qu’il s’agisse de compétitions sportives (Grand Prix automobile du Canada, Coupe Rogers), de festivals (Festival International de Jazz de Montréal, Festival d’été international de Québec) ou du célèbre Carnaval de Québec, plus important carnaval d’hiver au monde.

[modifier] Les transports

Article détaillé : Transport au Québec.

Le développement et la sûreté des transports au Québec sont assurés par la contribution du ministère des Transports du Québec, notamment par le maintien de services d'informations sur les conditions routières (ex.: Québec 511 - Info Transports)[177]. D'autres organismes d'informations, tels la Garde côtière canadienne et Nav Canada, assurent ce même service dans la navigation maritime et aérienne. La Commission des transports du Québec œuvre pour sa part auprès des transporteurs, notamment dans les domaines du transport de marchandises et du transport en commun au Québec.

Le réseau routier québécois est administré par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) et comprend environ 185 000 km d’autoroutes, de routes nationales et régionales, de rues et de chemins locaux. En outre, le Québec compte près de 12 000 ponts, tunnels, murs de soutènement, ponceaux et autres constructions[178], tels le pont de Québec, le pont Laviolette et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. En plus du transport par automobile, plusieurs compagnies de transport par autobus parcourent, chaque jour, des centaines de kilomètres à travers le Québec : Orléans Express, Intercar, Limocar, Acadian Lines, etc.

Le traversier N.M. Camille-Marcoux, de la Société des traversiers du Québec, assurant les liaisons Baie-Comeau-Matane et Godbout-Matane.

Dans les eaux du Saint-Laurent se trouvent huit ports en eau profonde destinés au transbordement des marchandises. En 2003, 3 886 cargos et 9,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par la portion québécoise de la Voie maritime du Saint-Laurent[179]. De plus, plusieurs traversiers, notamment de la Société des traversiers du Québec, permettent d'effectuer des trajets maritimes, principalement sur le fleuve Saint-Laurent.

Quant au transport ferroviaire, le Québec dispose de 6 678 km de voies ferrées[180] qui s’intègrent au grand réseau nord-américain. Bien que principalement destiné au transport des marchandises avec des compagnies privées telles le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique (CP), le réseau ferroviaire québécois joue, à plus petite échelle, un rôle dans le transport interurbain des passagers, par l'intermédiaire de Via Rail Canada et d'Amtrak. Le transport ferroviaire régional est essentiellement limité aux tours opérateurs, tels Orford Express en Estrie et Le p'tit train à vapeur en Outaouais. La grande région de Montréal est cependant desservie par un réseau régional de trains de banlieue, l'Agence métropolitaine de transport.

Deux types de réseaux aériens opèrent sur le territoire : le réseau supérieur et le réseau local. Le réseau supérieur comprend 43 aéroports qui offrent des services réguliers sur une base quotidienne[179]. De plus, le gouvernement québécois est propriétaire d'aéroports et héliports qui permettent l'accessibilité des services, notamment aux communautés de la Basse-Côte-Nord et des régions nordiques[181].

Divers autres réseaux de transport sillonnent le territoire québécois, dont les sentiers pédestres, les sentiers de motoneiges et les pistes cyclables; la route Verte étant la plus importante avec près de 4 000 kilomètres de longueur.

[modifier] Les ressources naturelles

La ville minière de Fermont, Côte-Nord, au commencement de la route du fer.

L’abondance de ses ressources naturelles confère au Québec une position avantageuse sur le plan mondial. Le Québec se distingue notamment dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Il se démarque également par l’exploitation de ses ressources forestières.

Le Québec est remarquable par les richesses naturelles de son vaste territoire. Il compte environ 30 mines, 158 entreprises d’exploration et une quinzaine d’industries de première transformation. Une trentaine de substances diverses y sont exploitées, dont les plus importantes sont l’or, le fer, le titane, l’amiante, le cuivre, le zinc et l’argent[182].

À peine 40 % du potentiel minéral du sous-sol québécois est actuellement connu. En 2003, la valeur des expéditions minérales du Québec a atteint 3,656 milliards de dollars[183]. L’immense majorité (90,5 %) des forêts du Québec sont de propriété publique. Les forêts recouvrent plus de la moitié du territoire québécois, soit 761 100 km2[184]. Le domaine forestier québécois s’étend sur sept degrés de latitude.

Le bilan énergétique du Québec a connu de grands bouleversements en 20 ans. L’électricité occupe maintenant au Québec le premier rang parmi les formes d’énergie, suivie du pétrole et du gaz naturel. Elle est presque entièrement produite par Hydro-Québec, une société d'État québécoise qui gère 83 centrales réparties sur tout le territoire québécois. En 2000, le Québec était le quatrième producteur mondial d’hydroélectricité, derrière les États-Unis, le Brésil et la Russie.

L'évacuateur de crues (surnommé, l'escalier du géant) de la centrale hydroélectrique Robert-Bourassa à la Baie-James, Nord-du-Québec, dont les 10 marches font chacune 10 mètres de haut par 122 mètres de longueur[185].

Le Québec demeure un importateur de pétrole brut. Dans ce secteur, les activités d’exploration ayant cours au Québec demeurent limitées. Plus des trois cinquièmes du pétrole brut acheté par le Québec proviennent des gisements de la Mer du Nord (Royaume-Uni et Norvège). Le reste est acheté au Venezuela, en Algérie, au Mexique et au Moyen-Orient.

Quant au gaz naturel, des activités d’exploration se déroulent également au Québec. Aussi, des efforts visent la mise en valeur des structures géologiques à des fins de stockage de la ressource.

Le Québec importe de l’Alberta la quasi-totalité du gaz qu’il consomme. Au cours des 30 dernières années, deux gisements ont été exploités au Québec, soit à Pointe-du-Lac, près de Trois-Rivières, et à Saint-Flavien, au sud de Québec. Depuis 1980, le Québec a considérablement étendu son réseau gazier.

[modifier] Symboles nationaux

[modifier] Le drapeau

Article détaillé : Drapeau du Québec.
Le Fleurdelisé, drapeau national du Québec. Rapport 2:3

Le drapeau national, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est couramment surnommé le fleurdelisé[186]. Il fut institué par le gouvernement de Maurice Duplessis, le 21 janvier 1948. La composition héraldique du drapeau est « d’azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lis du même »[187]. L’argent est représenté par la couleur blanche du tissu du drapeau. La croix blanche, quant à elle, est le symbole d’une nation catholique et tire son origine du Moyen Âge. Pour sa part, le bleu azur est apparu vers l’an mil comme marque de l’autorité française. Enfin, pour ce qui est des fleurs de lis blanches (ou argentées), elles rappellent la fondation d’une France nouvelle en Amérique, ce symbole, lorsque doré, ayant vite été associé à la monarchie française.

[modifier] Les armoiries

Article détaillé : Armoiries du Québec.

Les premières armoiries du Québec lui furent accordées par mandat de la reine Victoria, le 26 mai 1868[187]. En 1939, le gouvernement québécois adopte les armoiries actuelles de la province, suite à une étude de l’héraldiste Maurice Brodeur[188]. Ce changement répond au désir de les rendre plus conformes aux réalités historiques du Québec. Le nouveau blason représente « Tiercé en fasce d’azur, à trois fleurs de lis d’or ; de gueules, à un léopard d’or armé et lampassé d’azur ; d’or, à une branche d’érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ timbré de la couronne royale ; sous l’écu, un listel d’argent bordé d’azur portant la devise "Je me souviens" du même »[189]. Le chef de l’écu, d’azur à trois fleurs de lis d’or, symbolise la naissance du Canada et son premier régime politique (français). Au centre, les armoiries représentent le second régime politique (britannique), avec le léopard associé aux armoiries britanniques. La pointe de l’écu montre les feuilles d’érable à sucre qui rappellent la terre canadienne. Elles sont l’emblème particulier du Québec, où l’industrie du sucre d’érable représente environ 80 % de la production mondiale[152],[153]. La couronne héraldique de la Grande-Bretagne apparaît au-dessus de l’écu. Selon les Acte de l’Amérique du Nord britannique, toujours en vigueur, le souverain britannique est le défenseur des droits des Canadiens de langue française.

Les armoiries et la devise gravées dans la pierre au-dessus de la porte centrale de l'hôtel du Parlement, dans la Capitale-Nationale.

[modifier] La devise

Article détaillé : Je me souviens.

La devise du Québec, qui figure officiellement au bas des armoiries de la province depuis 1939[188], fut le fruit de l’imagination et de l’initiative du concepteur de l’Hôtel du Parlement du Québec, Eugène-Étienne Taché. En effet, Taché avait prévu de placer les armes de la province au-dessus de la porte principale de l’Hôtel du Parlement et d’y inscrire une devise de son cru : « Je me souviens ». Il prépara des plans à cette fin et ils furent annexés au contrat de construction passé en 1883 sous l’autorité d’un arrêté du Conseil exécutif. C’est ainsi que la devise imaginée par Taché a été ratifiée par le gouvernement québécois. Plusieurs auteurs ont cherché le sens de cette devise, Taché ne s’étant jamais exprimé sur cette question. André Duval y voit la réponse d’un sujet canadien-français à la devise du marquis de Lorne, gouverneur général du Canada, qui se trouve dans le vestibule de l’Hôtel du Parlement : « Ne obliviscaris » (Gardez-vous d’oublier). Conrad Laforte croit, pour sa part, que Taché s’est inspiré du Canadien errant d’Antoine Gérin-Lajoie : « Va, dis à mes amis, que je me souviens d’eux ».

Ces interprétations récentes ne semblent pourtant pas correspondre à celles qui circulaient au tournant du siècle, chez des contemporains du concepteur de la devise. Étant donné l’époque à laquelle elles furent suggérées, ces interprétations risquaient d’être plus justes. Ainsi, dans un discours de 1890, le juge Jetté évoquait les sentiments des Canadiens lorsque le drapeau français réapparut sur le fleuve en 1855 : « Oui, je me souviens, ce sont nos gens ». D’après Pierre-Georges Roy, la devise québécoise affirme « clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne ». Ernest Gagnon, ancien secrétaire du département des Travaux publics ayant bien connu Taché, écrivit que cette devise résumait admirablement « la raison d’être du Canada de Champlain et de Maisonneuve comme province distincte dans la Confédération »[190]. Selon lui, en concevant la décoration de l’Hôtel du Parlement, Taché voulait rendre hommage aux hommes et aux femmes qui avaient marqué l’histoire du Québec.

[modifier] Autres symboles

L'iris versicolore

En 1987, le harfang des neiges (Bubo scandiacus), rappelant la blancheur des hivers québécois, l’enracinement dans un climat semi-nordique et l’extension sur un très vaste territoire, devint l’emblème aviaire du Québec[187],[191].

Le bouleau jaune (Betula alleghaniensis), communément appelé merisier, fut choisi comme arbre emblématique de la province, pour sa présence dans les forêts du Québec et son usage à la fois artisanal et commercial[187],[192].

En 1999, l’iris versicolore (Iris versicolor) fut choisi comme fleur-emblème du Québec, en remplacement du lys blanc, qui n’est pas indigène au Québec. Outre sa ressemblance au fleurdelisé du drapeau québécois, il symbolise, par l’harmonie de ses couleurs, la diversité de la société québécoise et, par son habitat, l’importance des milieux humides dans la province. De plus, sa floraison se produit vers le 24 juin, le jour de la Fête nationale du Québec[187],[193].

Enfin, en octobre 1998, un insecte-emblème a été choisi par vote populaire lors d’un scrutin parrainé par l’Insectarium de Montréal : le papillon amiral blanc (Limenitis arthemis)[194]. Cet insecte était en compétition avec quatre candidats : la coccinelle maculée, la demoiselle bistrée, le bourdon fébrile et la cicindèle à six points. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec soutient et finance actuellement des actions pour faire reconnaître officiellement le papillon amiral comme insecte emblématique.

[modifier] Fête nationale du Québec

Article détaillé : Fête nationale du québec.
Logo de la Fête nationale du Québec de 2009.

Le 24 juin est la date officielle de la Fête nationale du Québec[195], jour férié et chômé[196],[197], marqué par diverses manifestations officielles et populaires (défilés, concerts, etc.)[195].

Elle coïncide avec le jour de la Saint-Jean-Baptiste, historiquement associée aux descendants des colons de la Nouvelle-France, avec des activités comme le traditionnel feu de la Saint-Jean.

Cet ensemble de festivités se veut un événement officiellement apolitique. Néanmoins, il est parfois l’occasion, pour les nationalistes québécois, de manifester publiquement leur allégeance politique et pour les fédéralistes, de dénoncer publiquement cette affirmation, tendant ainsi vers le statu quo en leur faveur.

[modifier] Journée nationale des Patriotes

Un tableau de Charles Alexander Smith peint en 1890 et représentant l'Assemblée des six-comtés tenue en octobre 1837 à Saint-Charles-sur-Richelieu.

La journée nationale des Patriotes est empreinte de commémorations et d'activités à caractère historique afin de souligner l'apport des Patriotes qui ont défendu le Bas-Canada lors des rébellions de 1837-1838. Depuis 2003, elle se veut un jour férié et chômé, le troisième lundi du mois de mai de chaque année[198].

Avant 2003 et depuis le premier quart du XXe siècle, connue officiellement sous le nom de Fête de Dollard, cette même journée soulignait les exploits d'Adam Dollard des Ormeaux, héros de la Nouvelle-France à la bataille de Long Sault. Depuis les débuts du XIXe siècle, celui-ci devint alors un emblème patriotique et fit l'objet d'un culte exceptionnel pour la bataille qu'il mena contre les Iroquois en 1660.

Ainsi, la fête de Dollard coïncidait, depuis 1910, avec la fête de la Reine, fêtée au Canada anglais, afin d'inciter les jeunes à résister aux valeurs du matérialisme et de l’américanisme en suivant l’exemple de Dollard[199].

[modifier] Journée nationale du déménagement

Scène typique de déménagement survenant le 1er juillet.

La journée nationale du déménagement est un phénomène social québécois survenant le 1er juillet de chaque année, où susbsiste une coïncidence dans l'échéance des baux. Ce jour coïncide ainsi avec la Fête du Canada.

L'historique de cette tradition québécoise remonte à 1974, où certaines dispositions du Code civil du Bas-Canada furent modifiées par l'Assemblée nationale du Québec, relativement aux locations résidentielles. En fait, avant cette année, le Code désignait le 1er mai comme jour du déménagement pour tous les locataires. Cependant, depuis cette modification, les propriétaires et locataires sont libres de choisir eux-mêmes la date d'échéance de leur bail.

En plus de son côté socialement pratique, comparativement au jour du 1er mai, et bien que l'Assemblée nationale du Québec était alors à majorité fédéraliste, cette modification permît au mouvement souverainiste de se manifester depuis lors en cette journée, en ce sens où ce phénomène populaire marque une indifférence face aux festivités du jour de la Confédération[200] et donc, une réponse à sa politisation manifeste, résultant de l'affirmation publique des fédéralistes québécois, par des messages médiatisés et sous-entendus aux nationalistes.

[modifier] Vacances de la Construction

Les vacances de la Construction constituent un congé pour la quasi-totalité des travailleurs de la construction, en saison estivale. Depuis 1971, la période ainsi couverte est, habituellement, formée des deux dernières semaines du mois de juillet[201]. L'Association de la construction du Québec (ACQ) et la Commission de la construction du Québec (CCQ) travaillent ainsi conjointement afin d'assurer le confort des travailleurs de la construction, en considération de la nature de leur tâches.

Devant l'ampleur de ce phénomène, d'autres domaines ont accueilli favorablement cette mesure. Ainsi, cette tradition se veut un moyen d'assurer des vacances familiales, notamment aux travailleurs dont des membres de la famille œuvrent dans le domaine de la construction. Ainsi, environ le quart de la main-d'œuvre active québécoise prend aussi des vacances pendant cette même période[202].

[modifier] Snowbirds

Le centre commercial linéaire (strip) de la plage de Fort Lauderdale.

Les snowbirds constituent un phénomène social réunissant l'ensemble des Québécois qui passent des vacances d'hiver en Floride, depuis le début du XXe siècle, et manifestement depuis les années 1950. Ils sont particulièrement regroupés dans des villes de l'Est, telles Hallandale Beach, Pompano Beach, Hollywood, Fort Lauderdale, etc.[203]

Bien que ce phénomène soit particulièrement marqué par plusieurs retraités qui y passent généralement six mois tout au plus, plusieurs familles et personnes de tout âge font l'acquisition de propriété, afin d'y passer des vacances à divers moments de l'année. Les chalets, condos et motels sont d'ailleurs les modes d'habitation privilégiés. Alors que les autos et campeurs sont les modes de transports utilisés par nombre de personnes, d'autres préfèrent effectuer le trajet en bateaux, via le système d'écluses et voies d'eau côtières rejoignant le fleuve Saint-Laurent, par la rivière Richelieu, le lac Champlain et le fleuve Hudson.

La culture des cabarets québécois d'avant les années 1960 est particulièrement recréée, depuis le débuts des années 1970, dans des spectacles et divertissements présentés en soirée sur la Collins, à Sunny Isles Beach (communément, Miami Beach PQ)[204].

Plusieurs investisseurs québécois ont par ailleurs développés des relations avec les communautés présentes, notamment dans la construction de condos, l'achat d'hôtels et motels, etc. Certaines entreprises québécoises, telles des institutions financières et journaux, y ont de même implanté leurs activités.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Bibliographie

  • Armony, Victor (2007). Le Québec expliqué aux immigrants. Montréal, VLB Éditeur, 208 pages, (ISBN 978-2-8900-5985-6).
  • Blais, Christian et al., Québec : Quatre siècles d'une capitale, Québec, Assemblée nationale du Québec, 2008, 692 pages, (ISBN 978-2-551-19804-7).
  • Dorion, Henri, Yves Laframboise et Pierre Lahoud (2007). Le Québec 50 sites incontournables. Montréal, Éditions de l’Homme. 423 pages, (ISBN 2-7619-2368-2).
  • Hocq, Michel (coord) (1994). Géologie du Québec. Québec, Les publications du Québec. 154 pages, (ISBN 2-551-13934-1).
  • Lacoursière, Jacques, Jean Provencher et Denis Vaugeois (2000). Canada-Québec 1534-2000. Sillery, Septentrion. 591 pages, (ISBN 2-89448-156-X).
  • Jacques Lacoursière, Histoire du Québec, Des origines à nos jours, Édition Nouveau Monde, 2005, (ISBN 2-84736-113-8).
  • Linteau, Paul-André (1989). Histoire du Québec contemporain - Volume 1; De la Confédération à la crise (1867-1929), Histoire, coll. «Boréal Compact» no 14, 758 pages, (ISBN 2-89052-297-8).
  • Linteau, Paul-André (1989). Histoire du Québec contemporain - Volume 2; Le Québec depuis 1930, Histoire, coll. «Boréal Compact» no 15, 834 pages, (ISBN 2-89052-298-5).
  • Québec. Institut de la statistique du Québec (2007). Le Québec chiffres en main, édition 2007[pdf]. 56 pages, (ISBN 2-550-49444-7).
  • Venne, Michel (dir.) (2006). L’annuaire du Québec 2007. Montréal, Fides. 455 pages, (ISBN 2-7621-2746-7).

[modifier] Notes et références

  1. abc selon les données de l’Institut de la statistique du Québec. Statistique Canada donne le chiffre de 1 542 056 km2, qui est inférieur de 8 % au chiffre du gouvernement du Québec, en raison d’une méthode de calcul différente.
  2. ab Statistique Canada (2008, 1er avril) [1]. Page consultée le 11 juillet 2008.
  3. UTC -4 dans le cas des Îles-de-la-Madeleine et l’extrême est de la Basse-Côte-Nord du Saint-Laurent
  4. Domaine internet pour les ministères et organismes d'État
  5. Le Québec et son territoire sur Le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du Québec, 1997, Gouvernement du Québec. Consulté le 17 mai 2009. « Le territoire du Québec, c’est...
    • plus de 1 500 000 km2 de superficie, soit un territoire :
      • trois fois plus grand que la France
      • sept fois plus grand que la Grande-Bretagne
      • quarante fois plus grand que la Suisse », p. 4.
  6. « La Chambre reconnaît la nation québécoise », Radio-Canada, 28 novembre 2005.
  7. Résolution de l’Assemblée nationale du Québec, 30 octobre 2003 [pdf]
  8. Éditeur officiel du Québec, Code civil du Québec, dernière mise à jour le 15 février 2008.
  9. ab William B. Hamilton, The Macmillan book of Canadian place names, Macmillan of Canada, Toronto, 1978, p. 225, cité dans Noms géographiques canadiens, site web du ministère des Ressources naturelles, gouvernement du Canada. Page consultée le 21 janvier 2009.
  10. ab Guy Gaudreau, , McGill-Queen’s University Press, 1999, 178 p. (ISBN 0773517839) 
  11. Guillaume Levasseur, sur sa carte de l'océan Atlantique, Dieppe, 1601.
  12. Marc Lescarbot, Histoire de la Nouvelle-France, 1609.
  13. Samuel de Champlain, 1613
  14. Les provinces naturelles du Québec
  15. Serge Courville, Le Québec : Genèses et mutations du territoire, Les Presses de l’Université Laval, coll. « Géographie historique », Québec, 2000 (ISBN 2-7637-7710-4), p. 9.
  16. ab Chantal Éthier (textes), Martine Provost (textes) et Yves Marcoux (photographies), Québec, terre de contrastes, Les Éditions de l’Homme, Montréal, 2004 (ISBN 2-7619-1877-0), p. 14.
  17. Québec, Guide Gallimard, 2007
  18. Loi sur le Temps légal (L.R.Q., c. T-5.1)
  19. abc Québec (2002).L’eau. La vie. L’avenir. Politique nationale de l’eau[pdf]. (ISBN 2-550-40074-7). page 5.
    Avec 990 km³/an d’eau renouvelables, excluant les lacs et l’eau souterraine, le Québec dispose de 3 % du total mondial de cette ressource.
  20. L’interatlas: Les ressources du Québec et du Canada, Centre d’études en enseignement du Canada, Centre éducatif et culturel, Montréal, 1986 (ISBN 2-7617-0317-0), p. 39
  21. Marcel Boyer,Texte d’opinion : 11 idées pour changer le Québec, Le Journal de Montréal, 12 janvier 2008.
  22. (fr)Service météorologique du Canada, « Température estivale 2006 », 5 avril 2007, CRIACC]
  23. (fr)Service météorologique du Canada, « Température hivernale 2006-2007 », 28 mars 2007, CRIACC]
  24. Le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ)
  25. La biodiversité du Saint-Laurent
  26. Québec. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune.Domaine forestier. Page consultée le 19 août 2007.
  27. L'Arboretum du Québec
  28. Québec. Institut de la statistique du Québec (2007). et distribution de la population par région administrative, superficie et densité, Québec, 1971-2006. Page consultée le 18 août 2007.
  29. Minorités visibles du Québec
  30. ab Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec 1534-2000 : synthèse historique. Sillery, Septentrion, 2000, p. 11.
  31. « Les Amérindiens et Inuits du Québec 11 nations contemporaines »[pdf], Québec, Secrétariat aux affaires autochtones, 2001.
  32. Ibid, p. 13-14.
  33. Ibid.
  34. Ibid, p. 16.
  35. ibid, p. 19.
  36. TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France : les vaines tentatives 1524-1603, Fides, Montréal, 1963, 307 p.
  37. Le chantier archéologique Cartier-Roberval
  38. Site historique et archéologique de l'Habitation-Samuel-de-Champlain
  39. Canada-Québec, de Jacques Lacoursière, Jean Provencher, Denis Vaugeois
  40. Voir aussi Déportation des Acadiens
  41. Voir aussi Bataille de Sainte-Foy
  42. Pierre-Alexis Tremblay, lors d’une élection partielle fédérale. Il perdit toutefois l’élection subséquente.
  43. Directeur général des élections du Québec. Référendum du 30 octobre 1995. Page consultée le 16 août 2007.
  44. Assemblée nationale du Québec (2004). Jacques Parizeau. Page consultée le 16 août 2007.
  45. Loi constitutionnelle de 1867
  46. « Renvoi : Résolution pour modifier la Constitution, (1981) 1 R.C.S. 753 » : arrêt de la Cour suprême statuant sur la caducité des pouvoirs du lieutenant-gouverneur.
  47. Loi sur l'Assemblée nationale (L.R.Q., c. A-23.1)
  48. Loi électorale (L.R.Q., c. E-3.3)
  49. Loi sur l'exécutif (L.R.Q., c. E-18)
  50. Le Règlement de l'Assemblée nationale et autres règles de procédures
  51. La procédure parlementaire du Québec
  52. Loi sur la Transparence et l'Éthique en matière de lobbyisme (L.R.Q., c. T-11.011)
  53. Loi électorale (L.R.Q., c. E-3.3)
  54. Loi sur le Protecteur du citoyen (L.R.Q., c. P-32)
  55. Loi sur le Vérificateur général du Québec (L.R.Q., c. V-5.01)
  56. Loi sur l'administration publique (L.R.Q., c. A-6.01)
  57. Loi sur la fonction publique (L.R.Q., c. F-3.1.1)
  58. Bureau du premier ministre du Québec
  59. Loi sur le ministère du Conseil exécutif
  60. Ministère du Conseil exécutif du Québec
  61. Loi sur les élections scolaires (L.R.Q., c. E-2.3)
  62. « La Chambre reconnaît la nation québécoise », Radio-Canada,28 novembre 2005.
  63. Résolution de l’Assemblée nationale du Québec, 30 octobre 2003 [pdf]
  64. Canada.Chambre des communes du Canada (27 novembre 2007)Feuilleton et feuilleton des avis, n° 87. Page consultée le 16 août 2007.
  65. Canada. Chambre des communes du Canada. Hansard révisé • Numéro 087. 39elégislature, 1re session, vote n° 73 . Page consultée le 16 août 2007.
  66. Canada. Chambre des communes du Canada. Hansard révisé • Numéro 087. 39elégislature, 1re session, vote n° 74. Page consultée le 16 août 2007.
  67. Version anglaise de la motion sur la reconnaissance de la nation québécoise.
  68. La motion Harper : peu mais tout de même pas rien, Le Devoir, samedi 2 décembre 2006.
  69. Le pays rejette en bloc l’idée que le Québec est une nation », La Presse (Montréal), 28 novembre 2006
  70. Hélène Buzzetti,« La nation divise le pays ! », Le Devoir, samedi 11 novembre 2006.
  71. Charles Taylor, Rapprocher les solitudes. Écrits sur le fédéralisme et le nationalisme au Canada, 141 p. 
  72. Sondage Crop, 6 décembre 2006
  73. Rencensement de 2006 : la population québécoise est francophone à plus de 80%.
  74. « Entrevue exclusive — Les conservateurs ouvrent la porte aux nationalistes », Cyberpresse, 20 septembre 2008.
  75. Assemblée nationale du Québec, Cérémonie protocolaire à l'occasion de la visite officielle du président de la République française, M. Nicolas Sarkozy,consulté en ligne le 28 décembre 2008.
  76. Première formulation de la doctrine Gérin-Lajoie
  77. Le Québec et le changement climatique: un défi pour l’avenir
  78. Loi sur la Société des établissements de plein air du Québec
  79. Loi sur l'Agence de l'efficacité énergétique (L.R.Q., c. A-7.001)
  80. Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (L.R.Q., c. P-41.1)
  81. Le zonage agricole
  82. Commission de protection du territoire agricole du Québec
  83. Bureau du forestier en chef du Québec
  84. Loi sur les services de santé et les services sociaux (L.R.Q., c. S-4.2)
  85. http://www.msss.gouv.qc.ca/reseau/rls/ Centres de santé et de services sociaux - Réseaux locaux de services
  86. Loi sur la Régie de l'assurance maladie du Québec
  87. Secrétariat à la jeunesse du Québec
  88. Loi sur le Conseil supérieur de l'éducation (L.R.Q., c. C-60)
  89. Fédération des commissions scolaires du Québec
  90. Loi sur l'instruction publique
  91. Loi sur l'enseignement privé
  92. Loi sur l'Université du Québec (L.R.Q., c. U-1)
  93. Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel (L.R.Q., c. C-29)
  94. Préambule de la loi constitutionnelle de 1867 : « (...) avec une constitution reposant sur les mêmes principes que celle du Royaume-Uni ».
  95. Loi constitutionnelle de 1867 : l'article 94 sur l'uniformité des lois relatives à la propriété, aux droits civils et à la procédure civile dans les provinces autres que le Québec.
  96. Yale Law School : BLACKSTONE, William. Commentaries on the Laws of England, Oxford, Clarendon Press, 1765-1769.
  97. Code civil du Québec, L.Q. 1991, c. 64
  98. Loi sur l'application de la réforme du Code civil, L.Q. 1992, c. 57
  99. Expression « common law »
  100. Base de données des lois statutaires du Royaume-Uni : Magna Carta (1297) (c.9)
  101. Archives de l'abbaye de Burton : Annales Monastici et les lettres patentes du roi Henry III
  102. Voir les lois d'intérêt privé
  103. Voir les lois d'intérêt général
  104. Décisions des tribunaux et organismes du Québec
  105. Expression « equity »
  106. 1) Principes de la common law attribués à la constitution par le préambule de la Loi constitutionnelle de 1867, 2) Attribution aux provinces de la compétence législative en droit civil et propriété (paragraphe 92.13), 3) Possibilité de retrait volontaire et définitif sur la compétence législative en droit civil et propriété pour toutes les provinces autres que le Québec (article 94), et 4) Pouvoir d'uniformité des lois civiles attribué au Parlement fédéral, pour toutes les provinces retirées (article 94)
  107. Les lois du droit privé sont énoncées de façon à répondre à la protection d'une personne s'y référant (ex.: articles 6, 7 et 8), tout en étant conforme aux principes de la common law sur l'autogouvernance de chaque individu (ex.: article 9). Code civil du Québec, article 6 : « Toute personne est tenue d'exercer ses droits civils selon les exigences de la bonne foi »; article 7 : « Aucun droit ne peut être exercé en vue de nuire à autrui ou d'une manière excessive et déraisonnable, allant ainsi à l'encontre des exigences de la bonne foi »; article 8 : « On ne peut renoncer à l'exercice des droits civils que dans la mesure où le permet l'ordre public »; article 9 : « Dans l'exercice des droits civils, il peut être dérogé aux règles du présent code qui sont supplétives de volonté; il ne peut, cependant, être dérogé à celles qui intéressent l'ordre public ».
  108. Le premier ministre énonce sa vision et crée une commission spéciale d’étude (8 février 2007)[2]. Page consultée le 6 novembre 2008
  109. Ibid.
  110. [3] Page consultée le 7 novembre 2008
  111. [4] Page consultée le 6 novembre 2008
  112. [5] Page consultée le 6 novembre 2008
  113. [6] Page consultée le 6 novembre 2008
  114. Districts judiciaires du Québec
  115. Québec. Institut de la statistique du Québec (2002). Régions administratives du Québec, janvier 2001. Page consultée le 16 août 2007
  116. Cantons du Québec
  117. Répertoire des cantons du Québec 2004
  118. Ministères des Ressources naturelles et Faune
  119. Institut de la statistique du Québec (12 août 2003)[7][pdf]. Page consultée le 16 août 2007
  120. Émission d'affaires publiques : Les années lumière, émission spéciale : La science en Nouvelle-France, présentée en rediffusion sur la chaîne d'information Première Chaîne de la radio de Radio-Canada, le dimanche 28 juin 2009, de 12h15 à 14h00 (HAE).
  121. Allocution du premier ministre du Québec, Bernard Landry
  122. Message du président de la République française, Jacques Chirac
  123. Québec. Éditeur officiel du Québec (2007, 1er août). Charte de la langue française. L.R.Q., chap. C-11. Page consultée le 16 août 2007.
  124. Institut de la statistique du Québec (2004, 10 juin) [8][pdf]. Page consultée le 16 août 2007.
  125. ab Recensement 2006,Statistique Canada
  126. Les Canadiens et le bilinguisme : Rapport final, Sondage CROP, décembre 2006
  127. Institut de la statistique du Québec (2003, 12 août)[9][pdf]. Page consultée le 16 août 2007.
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  134. Loi sur le statut professionnel et les conditions d'engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma (L.R.Q., S-32.1) (L.Q., c.72, 1987)
  135. Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des métiers d'art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs (L.R.Q., S-32.01) (L.Q., c.69, 1988)
  136. Loi sur le Conseil des arts et de lettres du Québec
  137. Loi sur la Société de développement des entreprises culturelles (L.R.Q., S-10.002) (L.Q., c.21, 1994)
  138. Les Prix du Québec
  139. L'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ)
  140. Guide officiel du théâtre d'été
  141. d'été
  142. Une histoire de l'art du Québec, La collection du Musée national des beaux-arts du Québec, 2004, 268 pages.
  143. Les émissions jeunesse du Québec
  144. Loi sur les archives, Loi sur les biens culturels et Loi sur les concours artistiques, littéraires et scientifiques
  145. Entente sur l'utilisation des églises
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