Siège de Louisbourg (1758)

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Siège de Louisbourg
Louisbourg en 1758
Louisbourg en 1758
Informations générales
Date 8 juin - 26 juillet 1758
Lieu Louisbourg sur l'île du Cap-Breton, Canada
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Marquis Charry des Gouttes
Augustin de Drucourt
Beaussier de l'Isle
Jeffrey Amherst
James Wolfe
Edward Whitmore
Charles Lawrence
Edward Boscawen
Forces en présence
3 500 soldats
3 500 marins
5 navires de ligne
14 000 soldats
12 000 marins
22 vaisseaux de ligne
15 frégates
120 bâtiments de transport
Pertes
102 morts
303 blessés
6 600 prisonniers
4 navires brûlés
1 navire capturé
172 morts
355 blessés
Guerre de Sept Ans
Batailles
Europe

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Amérique du Nord
Guerre de la Conquête (1754-1763)

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Antilles

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Asie
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Afrique de l'Ouest

Saint-Louis (1758) · Gorée (1758) · Gambie

Coordonnées 45° 55′ 17″ N 59° 58′ 13″ O / 45.92139, -59.9702845° 55′ 17″ Nord 59° 58′ 13″ Ouest / 45.92139, -59.97028  

Géolocalisation sur la carte : Canada

(Voir situation sur carte : Canada)
 Différences entre dessin et blasonnement : Siège de Louisbourg (1758).

Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Écosse

(Voir situation sur carte : Nouvelle-Écosse)
 Différences entre dessin et blasonnement : Siège de Louisbourg (1758).

Le siège de Louisbourg est un épisode de la guerre de Sept Ans au cours duquel les forces anglaises assiègent l'établissement français de Louisbourg, sur l'île Royale en Nouvelle-France. Le siège se déroule entre le 8 juin et 26 juillet 1758. Il mobilise des moyens considérable dans les deux camps et s'achève par la reddition de la place avec la capture de la garnison. C'est la première défaite importante de la France en Amérique du Nord lors de ce conflit.

Bref historique de la forteresse de Louisbourg[modifier | modifier le code]

La forteresse de Louisbourg est située sur l'ile du Cap-Breton à l'entrée du golfe du Saint-Laurent. Elle a été construite en 1713 par la Couronne française afin d'imposer ses droits sur les bancs de pêche de Terre-Neuve. Par la suite, elle acquiert une grande importance militaire en permettant la maîtrise de l'entrée du golfe et donc l'accès à la Nouvelle-France. Elle fut capturée lors de la guerre de Succession d'Autriche en 1745 par une attaque montée depuis la Nouvelle-Angleterre, mais rendue à la France en 1748 contre la ville de Madras en Inde, dont les Français s'étaient emparés en 1746.

Lors de l'éclatement de la guerre de Sept Ans en 1755, elle constitue alors une cible privilégiée pour la Grande-Bretagne dont le but est de se rendre maîtresse de toutes les possessions française d'Amérique du Nord. Pour les Anglais, la prise de Louisbourg, qui verrouille l'entrée maritime du Canada, est essentielle. On en est parfaitement conscient côté français et on s'active pour mettre la place en défense : des renforts arrivent en 1756, et au début 1757 Québec et Louisbourg sont ravitaillés alors que Londres prépare une attaque massive : une escadre de 17 vaisseaux, 16 frégates et 15 000 soldats arrive dans le port voisin d'Halifax. Mais l'effort français est tout aussi conséquent : Dubois de La Motte regroupe trois divisions arrivées séparément dans le port, soit un total de 18 vaisseaux, 15 frégates et 11 000 soldats[1]. Cette concentration de force et un manque d'organisation dissuade les Anglais d'attaquer. Les chefs français ne tentent rien non plus contre Halifax car les équipages sont minés par une grave épidémie. Le 24 septembre, une tempête qui coule un vaisseau anglais et en laisse dix désemparés achève de faire avorter la campagne[2]. En octobre, les deux flottes regagnent l'Europe.

La composition de la garnison[modifier | modifier le code]

La plupart des soldats faisaient partie des Compagnies franches de la marine. Dans les années 1740, on comptait huit Compagnies franches de 70 hommes chacune, mais il y avait d'autres détachements ailleurs dans l'île, notamment à Port-Dauphin et à Port-Toulouse. Après 1750, il y aura 24 compagnies dans la ville de 50 hommes chacune.

À partir de 1755, Louisbourg reçut un bataillon de 520 hommes du régiment de Bourgogne, un autre de 520 hommes du régiment d'Artois et, juste avant le siège de 1758, un bataillon de 680 hommes du régiment de Cambis. En 1758, la garnison comptait presque 3 500 militaires, car leur nombre avait augmenté de manière appréciable cette année-là.

Le siège et la chute de Louisbourg[modifier | modifier le code]

En 1758, les Anglais repartent à l'assaut avec encore plus de moyens. Le 2 juin, une flotte de 22 vaisseaux, 15 frégates et 120 bâtiments de charge sous les ordres de l'amiral Edward Boscawen arrive au large de l'île du Cap-Breton avec à son bord 14 000 hommes de troupes. Côté français, la Marine royale, qui lutte avec deux fois moins de navires que la Navy (60 vaisseaux et 30 frégates contre 120 vaisseaux et 75 frégates)[3] n'est plus capable de renouveler un tel effort, d'autant qu'en 1758 le port de Brest est ravagé par une terrible épidémie de typhus qui désorganise totalement les armements bretons[4]. La marine anglaise, avec ses effectifs supérieurs, bloque aussi la côte atlantique : sur les cinq divisions qui sortent de Brest en 1758, quatre sont refoulées. Seule passe celle de Du Chaffault, chargée d'ailleurs de troupes pour le Canada et Louisbourg[5]. Mais ce modeste renfort est loin des efforts consentis par Londres pour attaquer la place. Les quelques vaisseaux et frégates français présents — dont certains sont armés en flûte — ne sont pas en mesure de repousser les forces de Boscawen et se replient dans le port[6].

Le mauvais temps et la défense active des Français retardent néanmoins le débarquement anglais. Mais, le 8 juin, Wolfe arrive à débarquer ses hommes à l'anse de la Cormorandière. Par la suite, les troupes françaises retraitent dans Louisbourg et, le 12 juin, les Anglais commencent à prendre possession des retranchements français hors de la forteresse. Le 19 juin, le bombardement de Louisbourg commence. Ce n'est pas une opération facile pour les Anglais car la forteresse est solidement défendue et les canons français répliquent vigoureusement. Le 26 juin, Green Hill est prise et donne aux Anglais une bonne position pour installer des batteries surplombant Louisbourg. La construction de ces batteries est très difficile car, en plus du feu des canons de la forteresse, les navires français de Beaussier de l'Isle bombardent les pionniers anglais. Le 9 juillet, les Français tentent une sortie mais sans succès.

Avec le resserrement du siège, les bâtiments français sont maintenant pris au piège : quatre d'entre eux, les plus petits, ont été sabordés au début de l'attaque pour tenter de bloquer l'entrée du port[6]. Ne restent que les cinq plus puissants, deux 74 canons et trois 64 canons. Le 21 juillet, une bombe tombe sur le Célèbre (64) et provoque un incendie. Les quelques hommes présents à bord ne peuvent le sauver. Une explosion s'ensuit et le navire part à la dérive. Le vent souffle les flammes dans les voiles de l’Entreprenant (74) et du Capricieux (64). Les Anglais concentrent leur feu sur les trois bâtiments pour empêcher les équipages de venir à bout des incendies. À la nuit tombante, les trois navires embrasés illuminent la ville, les tranchées, le port, et les montagnes environnantes. Au matin de 22 juillet, les trois vaisseaux ne sont plus que des épaves[7]. Un unique vaisseau français, le Formidable de 80 canons, arrive en renfort mais doit faire demi-tour devant la supériorité des forces anglaise[8]. Une frégate corsaire de 30 canons, l’Aréthuse, menée par Vauquelin, un habile capitaine, réussit à passer. Elle participe activement à la défense de la place avant de forcer une nouvelle fois le blocus pour renter sur Bayonne demander de l’aide, mais il est trop tard[8].

La pression des Anglais se fait plus forte. Le 25 juillet, un raid nocturne mené en chaloupe s'en prend aux deux derniers vaisseaux, le Prudent (74) et le Bienfaisant (64). Le premier est incendié et le deuxième capturé, achevant ainsi la destruction complète des forces navales française. La rupture des communications avec la France et l'absence de toute perspective de secours pèse lourdement sur le moral des assiégés, d'autant que les assaillants ont ouvert les premières brèches dans la forteresse. Seule l'arrivée de l'hiver, toujours précoce en cette région, pourrait obliger les Anglais à lever le siège. Mais le mois d'août n'est même pas entamé et il semble illusoire d'espérer pouvoir tenir jusqu'aux premiers flocons de fin septembre. Le commandant français, le chevalier de Drucourt n'a pas d'autre choix que d'entamer des négociations de capitulation. Les termes voulus par les Anglais sont très durs, n'accordant pas les honneurs de la guerre aux troupes française. Celles-ci sont tout près de refuser et de se battre jusqu'au bout, mais l'intervention du commissaire-ordonnateur Prévost met en avant les risques pour les civils. Drucourt accepte finalement les termes et, le matin du 27 juillet, les portes sont ouvertes et la garnison se rend (sauf le régiment de Cambis qui, outré par les termes de la reddition, décide de briser ses mousquets et brûler ses couleurs plutôt que de les livrer aux Anglais).

Une chute qui annonce celle du Canada français[modifier | modifier le code]

La perte de Louisbourg offre une base d'attaque idéale vers la ville de Québec en remontant par le fleuve Saint-Laurent. Mais la saison étant déjà bien avancée, les Anglais décident d'attendre l'année suivante. La fin de l'année est consacrée à l'affermissement de la mainmise anglaise sur l'embouchure du Saint-Laurent (plusieurs établissements de pêcheurs de Gaspésie sont rasés et les prisonniers déportés).

La forteresse en elle-même sort en piteux état de ce siège. Malgré cela, elle représente toujours une menace pour les Anglais au cas où elle serait reprise par les Français ou rendue après un traité de paix (comme ce fut le cas en 1748). Ils décident donc de raser la forteresse. Cette démolition ne sera complète qu'après beaucoup de travail, en janvier 1761. La plupart des pierres seront transportées à Boston pour la construction du quartier Louisbourg et d'autre quartiers. Les constructions de Louisbourg avaient coûté environ 30 millions de livres françaises au Trésor royal. La chute de Louisbourg annonce la chute progressive du Canada français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zysberg 2002, p. 257.
  2. Lacour-Gayet 1902, p. 360-362.
  3. Effectif des deux flottes pour l’année 1755 donné par Zysberg 2002, p. 263.
  4. L'épidémie s'était déclarée l'année précédente lors du retour de l’escadre de Dubois de La Motte depuis Louisbourg. Le 23 novembre 1757, il avait débarqué 5 000 malades qui contaminèrent toute la ville et ses environs et firent entre 10 et 15 000 morts, réduisant à peu de chose les activités du port cette année-là. (Meyer et Acerra 1994, p. 106).
  5. Zysberg 2002, p. 265.
  6. a et b Lacour-Gayet 1902, p. 360-362.
  7. Jean-Michel Roche, Dictionnaire de la flotte de guerre française [réf. incomplète]
  8. a et b Lacour-Gayet 1902, p. 361-362.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

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En français 
  • A.J.B. Johnston, 1758, La finale. Promesses, splendeur et désolation de la dernière décennie de Louisbourg, Québec, Presses de l'Université Laval,‎ 2011, 436 p. (ISBN 978-2-7637-9060-2)
  • Louis Le Jeune, « Louisbourg », dans Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mœurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, vol. II, Ottawa, Université d’Ottawa, 1931, pp. 176-177 (extrait sur le site Marianopolis)
  • Jean Meyer et Jean Béranger, La France dans le monde au XVIIIe siècle, Paris, éditions Sedes, coll. « Regards sur l'histoire »,‎ 1993, 380 p. (ISBN 2-7181-3814-9)
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « collection Bouquins »,‎ 2002, 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8)
  • Patrick Villiers, Jean-Pierre Duteil et Robert Muchembled (dir.), L’Europe, la mer et les colonies, XVIIe-XVIIIe siècle, Paris, Hachette supérieur, coll. « Carré Histoire » (no 37),‎ 1997, 255 p. (ISBN 2-01-145196-5)
  • André Zysberg, Nouvelle Histoire de la France moderne, vol. 5 : La monarchie des Lumières, 1715-1786, Seuil, coll. « Points » (no H211),‎ 2002 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française : des origines à nos jours, Rennes, éditions Ouest-France,‎ 1994, 427 p. (ISBN 2-7373-1129-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Lucien Bély, Les relations internationales en Europe (XVIIe ‑ XVIIIe siècle), Presses universitaires de France, coll. « Thémis »,‎ 1992, 773 p. (ISBN 2130562949)
  • Georges Lacour-Gayet, La Marine militaire de la France sous le règne de Louis XV, Honoré Champion éditeur,‎ 1902 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
En anglais 
  • (en) René Chartrand, Louisbourg 1758, Osprey Publishing, 2000 (ISBN 1-84176-217-2)
  • (en) René Chartrand, French Fortresses in North America 1535-1763 : « Québec, Montréal, Louisbourg and New Orleans », Osprey Publishing
  • (en) A.J.B. Johnston, Endgame 1758: The Promise, the Glory and the Despair of Louisbourg's Last Decade, Cape Breton University Press, 2007 (ISBN 978-1-897009-20-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]