Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté

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Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté

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Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté.
Autoportrait, 1894. Collection Musée Laurier

Nom de naissance Hypolite Wilfrid Marc-Aurèle Côté
Naissance 6 avril 1869
Arthabaska, Québec
Décès 29 janvier 1937 (à 67 ans)
Daytona Beach, Floride, États-Unis
Nationalité Canadien
Activités artiste peintre, sculpteur
Formation École des beaux-arts de Paris, académies Julian et Colarossi
Maîtres Joseph Chabert, Henri Harpignies
Mouvement artistique académisme, impressionnisme
Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté (photo).
Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté dans son atelier (photo).
La rivière Nicolet, Arthabaska, 1907-1927, collection de l'Université de Montréal, Montréal
La Fin de l'hiver, [s.d.], musée des beaux-arts de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro
Maisons sur la colline, 1909, musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
Le Vieux Pionnier canadien, bronze, collection particulière

Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté[1] (né Hypolite Wilfrid Marc-Aurèle Côté, le 6 avril 1869, mort le 29 janvier 1937) est un peintre et un sculpteur canadien natif d'Arthabaska (aujourd'hui Victoriaville).

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès 1887, Marc-Aurèle participe à la décoration d'églises avec le peintre Maxime Rousseau. Il réalise des œuvres pour Wilfrid Laurier[2]. Suzor-Côté est un disciple de Joseph Chabert.

Influencé par l'impressionnisme, il voyage plusieurs fois à Paris avec son ami Joseph Saint-Charles. Il suit des cours de chant à l'École des beaux-arts de Paris et au conservatoire de Paris. Ayant subi une opération à la gorge, il doit se tourner vers la peinture et la sculpture, et étudie aux académies Julian et Colarossi.

Période académique[modifier | modifier le code]

Étudiant à l'École des beaux-arts de Paris et aux académies Julian et Colarossi, Marc-Aurèle Côté produit alors un nombre élevé d'œuvres académiques, peut-être une centaine. Ces académies rencontrent les exigences imposées aux étudiants par les Beaux-Arts. De plus, à cette époque il côtoie le sculpteur alors très en vue, Auguste Rodin[3]. Une de ses œuvres de cette époque est Le Grand Nu, une académie d'une amie d'Auguste Rodin.

Article détaillé : le Grand Nu (Suzor-Coté).

Lors du retour du peintre au Québec, les nus académiques produits par Suzor-Coté ont alors fort probablement rejoint le coin aux oubliettes des articles de toutes sortes garnissant son atelier d'Arthabaska. Cet atelier fut construit vers 1895. Un visiteur du temps, M. Jean Chauvin, donne une brève description de cet atelier qui était garni « des mille choses singulières, brocantées au hasard des voyages, amassées au long des années, le tout tenant à la fois du petit musée et de bric-à-brac ». Il revient au Québec en 1907 et s'installe à Montréal.

Signature[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, Suzor-Côté est reconnu pour l'envergure et la variété des sujets qu'il traita dans sa carrière de peintre. De plus, la majorité de ses œuvres furent marquées du courant impressionniste alors à la vogue au Québec. Certains évaluent le nombre de ses œuvres à plus de 1500. Il est reconnu pour ses rendus de sujets d'histoire du pays, tel en particulier pour la scène de la venue de Jacques Cartier à Stadaconé, œuvre intitulée Jacques Cartier rencontre les Indiens à Stadaconé en 1535.

Offerte à l'origine au gouvernement du Canada qui la refusa, cette œuvre est aujourd'hui propriété du musée national des Beaux-Arts du Québec. Aussi, peut-il être qualifié de « chantre de l'épopée de la Nouvelle-France et historien du Canada ». Un nombre élevé de ses toiles illustrent des scènes de la vie quotidienne des gens rencontrés dans son Arthabaska natale, pays qu'il chérira toute sa vie. Avançant dans la carrière, il se consacrera à la création de nus impressionnistes d'amies qu'il aimera qualifier de « cousines ». Plusieurs de ces nus impressionnistes rappelleront les académies produites à Paris.

Renommée[modifier | modifier le code]

Il est l'un des peintres canadiens les plus importants des débuts du XXe siècle. Le 4 décembre 1929, le journal La Presse rapporte : « Suzor-Côté est le peintre national par excellence. » Le critique d'art Morgan Powell souligne que « ses paysages ont une richesse, un immensité, un sens des grands espaces. Quand je compare une de ses scènes de forêt aux prétendues études forestières du Groupe des Sept, j'ai l'impression de comparer un géant à un pygmée. »

Maladie[modifier | modifier le code]

À la veille de ses 58 ans, le matin du 20 février 1927, Suzor-Côté est victime d'une attaque d'apoplexie qui l'oblige à cesser ses activités créatrices. Les 10 années qu'il lui reste à vivre lui permettront cependant de se consacrer à la diffusion de son œuvre et de préparer son entrée dans un éventuel panthéon canadien. La nouvelle de son hémiplégie et de son combat ravive la sympathie du public à son égard. Suivent des traitements à l'hôpital Français et au Sanatoriun Prévost de Cartierville. Avec l'aide de son frère Arthur, fondé de pouvoir, il écoule son fonds d'atelier. Les autorités de la ville d'Arthabaska restent insensibles à la possibilité qui s'offre alors à elles d'acquérir le tout.

Au mois de janvier 1929, Suzor-Coté part pour la Floride en compagnie de Mathilde Savard, son assistante-infirmière. Il s'établit au 29 de la rue Ocean Avenue à Daytona Beach. Visité par son ami d'enfance Armand Lavergne, ce dernier nous rapporte : « Je fus stupéfait lorsque j'entrai dans son appartement à Daytona. Sous l'initiative de son assistante Mathilde, tout avait été peinturluré avec les couleurs les plus disparates et les plus choquantes : le bleu et le rouge se mêlaient au vert et au jaune. Quant j'entrai dans sa chambre, les deux bras m'en tombèrent. Suzor trônait dans un immense lit de couleur moutarde décoré de toutes les couleurs de la création. »

Le 28 novembre 1933, Suzor-Coté épouse son assistante-infirmière, une femme qui fut le pinson du foyer. Le couple mène une vie sociale très active malgré l'handicap physique dont l'artiste est affligé. Elle partage l'entrain, la désinvolture et l'esprit de liberté qui caractérise l'artiste. Jusqu'à la fin, Suzor-Coté entretient l'illusion de pouvoir un jour reprendre sa production. Son décès le 29 janvier 1937 fut à l'image du foyer que son épouse avait créé, une image dont Suzor n'était pas étranger.

Armand Lavergne rapporte les derniers moments de l'artiste : « Le perroquet qui vivait en liberté dans l'appartement vit d'un fort mauvais œil le prêtre venu donner les derniers sacrements. Coups de balaie, prières des mourants, perroquet criard, serviteur aux abois ». C'est dans ce tintamarre que l'artiste assisté de son épouse rendit l'âme. Un tintamarre qui encore se prolonge aujourd'hui par la place que cet artiste a donné à l'œuvre artistique : une place immense. L'artiste est alors exposé par la Galerie L'Art français[4]. En 1975, sa maison natale d'Arthabaska est reconnue comme immeuble patrimonial par le gouvernement québécois[5].

Plusieurs de ses œuvres se trouvent dans l'église locale de Saint-Christophe ainsi qu'au Musée Laurier[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Grand Nu
  • Après la débâcle
  • Bécasse - Huile sur toile
  • L'Homme Tronc
  • Bretonnes à l'église
  • Coin de mon village, Arthabaska
  • Croquis de paysage
  • Étude de nu
  • Étude pour «Harmonie du soir»
  • Femmes de Caughnawaga
  • Habitations sur la colline
  • Harmonie du soir
  • Intérieur
  • Jeune femme à la guirlande
  • Jeunesse et Soleil
  • La Bénédiction des érables
  • L'Amateur
  • La Fonte de glace, Arthabaska
  • La Glaneuse
  • Le Portageur
  • Le Coureur des bois
  • Le Dégel sur la rivière Nicolet
  • Le Halage de bois
  • Le Halage de bois, Arthabaska
  • Le Remmancheur
  • Le Vieux Fumeur
  • Le Vieux Pionnier canadien
  • Les Gémissements du vent
  • Maria Chapdelaine
  • Marée montante
  • Nature morte aux fruits
  • Nature morte aux oignons
  • Onontaha
  • Paysage d'automne, le soir
  • Paysage sans titre
  • Paysan du Québec (1)
  • Paysan du Québec (2)
  • Port-Blanc en Bretagne
  • Portrait d'un homme
  • Portrait de jeune homme
  • Retour des champs
  • Village de Bretagne

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Celui qui, dans sa jeunesse, se prénommait Aurèle Côté, s'est forgé un nom d'aristocrate, d'après celui de sa grand-mère maternelle, Defoy, et de sa mère, Suzor : Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté (sans l'accent circonflexe). — Laurier Lacroix (2002), op. cit, p. 27-28.
  2. « Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté (1869-1937) Artiste, Bilan du siècle, Université de Sherbrooke.
  3. Au Québec, ce sculpteur est alors rejeté pour la nature osée de ses œuvres.
  4. "La glaneuse", Le Journal de Montréal, vendredi 27 novembre 1964, "La glaneuse, peinture du Suzor Côté, qui fait partie de l'exposition que présente actuellement L'Art Français"
  5. Maison Marc-Aurèle-De Foy-Suzor-Coté, dans Lieux patrimoniaux du Canada, site historicplaces.ca.
  6. Musée Laurier : Collection.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]