Autochtones du Québec

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Autochtones du Québec

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Inuits

Populations significatives par région
Population totale 98 731
(dont 87 091 membres des Premières Nations et 11 640 Inuits) (2012)[1]
Autres
Langues

Langues autochtones
Anglais canadien
Français québécois

Religions

Christianisme, animisme

Ethnies liées

Autres peuples autochtones du Canada

Les Autochtones du Québec, avec une population totale de 98 731 personnes en 2012, se composent de onze peuples distincts par la langue, la culture et l'histoire[1]. Au sein de ces onze peuples, il y a dix nations indiennes et une nation inuite. Les nations autochtones du Québec sont politiquement et collectivement représentées par l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL)[2] et la Société Makivik de Kativik.

Les dix nations indiennes appartiennent à deux familles linguistiques, les langues algonquiennes et iroquoiennes, qui dominaient un vaste pan du nord-est de l'Amérique du Nord à l'arrivée des Européens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les onze nations autochtones du Québec sont dispersées sur l'ensemble du territoire de la province :

Démographie[modifier | modifier le code]

Les populations autochtones ont connue une forte régression démographique entre l'arrivée des Européens en Amérique du Nord et les années 1950. Cependant, depuis le milieu des années 1950, leur population ne cesse de s'accroître[3]. Dans les années 2000, ils composent 1% de la population québécoise.

Croissance démographique des autochtones du Québec
Année Population
Milieu des années 1950 18 000
Fin des années 1970 37 000
1997 72 000
2001 79 400[4]
2012 98 731[1]

Note : ces chiffres n'incluent pas les Métis.

Population inuite et des Premières Nations du Québec en 2012[1]
Nations Total Résidents Non-résidents
Abénakis 2 577 411 2 166
Algonquins 11 026 6 090 4 936
Atikameks 7 032 5 877 1 155
Cris 17 483 15 281 1 281
Wyandot (Hurons-Wendat) 3 845 1 494 2 351
Innus (Montagnais) 18 820 12 152 6 668
Malécites 1 102 0 1 102
Micmacs 5 727 2 758 2 326
Mohawks 18 185 14 551 3 634
Naskapis 1 170 857 313
Premières Nations (non associées) 124 * *
Premières Nations (total) 87 091 59 471 25 932
Inuits (total) 11 640 10 429 735
Total 98 731 69 900 26 667

Inuits[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Inuits.

Les Inuits sont les seuls représentants de la famille linguistique des langues eskimo-aléoutes au Québec. Ils vivent le long des côtes de la rive orientale de la baie d'Hudson, de la rive méridionale du détroit d'Hudson et tout autour de la baie d'Ungava.

Ils exploitent les ressources fauniques de l'intérieur des terres et des nombreuses îles situées le long des côtes. Les mammifères marins tels que le phoque, le morse et le béluga ainsi que les mammifères terrestres comme le caribou occupent une importante place dans leur alimentation. En plus de la viande de ces animaux, les peaux sont d'une importance capitale pour la confection des vêtements, des couvertures et de toiles pour les habitations d'été. Cependant, depuis quelques décennies, les Inuits du Québec ont partiellement abandonné leurs activités traditionnelles pour entrer dans un mode de vie plus moderne de culture nord-américaine.

Les Inuits (Nunavimiut) du Québec
Communautés Itivimiut[5]: Chisassibi (Malosi) | Kuujjuarapik (Great Whale | Poste-à-la-Baleine) | Umiujaq | Inukjuak (Port Harrisson) | Puvirnituq | Akulivik (Cape Smith)
Communautés Taqramiut[6]: Ivujivik | Salluit (Sugluk) | Kangiqsujuaq (Wakeham Bay | Maricourt) | Quaqtaq (Cape Hope Advanced)
Communautés Ungavamiut[7]: Kangirsuk (Payne Bay) | Aupaluk | Tasiujaq (Leaves Bay | Baie-aux-Feuilles) | Kuujjuaq (Fort-Chimo) | Kangiqsualujjuaq (George River | Port-Nouveau-Québec)

Algonquiens[modifier | modifier le code]

On suppose qu'à l'arrivée des Européens au XVIIe siècle, il n'y avait que quelques milliers d'Algonquiens qui habitaient le territoire québécois. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, tous les Algonquiens du Québec étaient nomades. C'était donc le cycle des saisons qui régissait les déplacements et les activités sur les territoires respectifs de chacune des nations algonquiennes. Du printemps jusqu'à l'automne, les Algonquiens se rassemblaient sur les rives des grands cours d'eau pour former des campements de plusieurs dizaines de personnes. C'était le temps de l'abondance où s'organisaient des rencontres et des festivités multiples. Avec l'arrivée de l'automne, ils retournaient à l'intérieur des terres, organisés en petites bandes de chasseurs d'orignaux et de caribous. Lorsque ces grands mammifères se faisaient rares, les Algonquiens se tournaient vers les petits gibiers de toutes sortes pour adoucir les périodes hivernales plus difficiles.

Abénaquis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abénaquis.

Les Abénaquis vivent près de Trois-Rivières. Leur population s'élève à environ 2 074.

Les Abénakis du Québec
Communautés: Odanak | Wôlinak

Algonquins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Algonquins.

Les Algonquins (Anishinaabeg en langue algonquine) vivent dans dix communautés dont neuf situées en Abitibi-Témiscamingue et une en Outaouais. La population algonquine s'élève au Québec à environ 10 498 personnes, dont environ 58 % résident dans une réserve en 2004.

Attikameks[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attikameks.

Les Attikameks (plus souvent appelés Atikamekw) vivent dans trois communautés situées dans la région de la Mauricie. La population attikamek s'élève à environ 6 163 personnes, dont la majorité (84 %) vit sur une réserve en 2004.

Les Attikamekws du Québec
Communautés: Wemotaci | Manawan | Opitciwan

Cris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cris.

En 2004, il y a environ 15 120 Cris au Québec, dont la très large majorité (88 %) vit dans neuf villages cris de la Jamésie et du Nunavik. Tous les villages participent au Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee) et aux structures politiques et administratives prévues à la Convention de la Baie-James et du Nord québécois qu'ils ont ratifiée, tout comme les Inuits du Nunavik, en 1974.

Les Cris du Québec
Communautés: Chisasibi | Eastmain | Mistissini | Nemaska | Oujé-Bougoumou | Waskaganish | Waswanipi | Wemindji | Whapmagoostui

Malécites[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Malécites.

Les Malécites du Québec vivent dans la région du Bas-Saint-Laurent. Ils ont une population de 775 personnes en 2004, mais seulement un d'entre eux réside sur une réserve.

Les Malécites du Québec
Communautés: Cacouna | Whitworth

Mi'kmaq[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Micmacs.

Mi'kmaq vivent principalement dans les provinces maritimes et dans la région de la Gaspésie au Québec. La population micmaque du Québec s'élève à environ 5 026 personnes, dont la moitié vivaient dans une réserve en 2004.

Les Mi'maqs du Québec
Communautés: Gesgapegiag (Maria) | Gespeg (Gaspé) | Listuguj (Restigouche)

Innus (Montagnais)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Innus.

Les Innus (anciennement appelés les Montagnais) forment le groupe autochtone le plus important au Québec avec 15 915 membres. La majorité des Innus (70 %) vivent dans neuf communautés situées sur la Côte-Nord.

Les Innus (Montagnais) du Québec
Communautés: Ekuantshit (Mingan) | Essipit (Les Escoumins) | Mashteuiatsh (Pointe-Bleue) | Nutashkuan (Natashquan) | Pakua Shipi (St-Augustin) | Pessamit (Betsiamites) | Uashat Mak Mani-Utenam | Unamen Shipi | (La Romaine) | Matimekosh | (Schefferville)

Naskapis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Naskapis.

Les Naskapis vivent dans la région administrative de la Côte-Nord près de la ville de Schefferville. La population naskapie s'élève à environ 637 personnes en 2004 dont 593 résident sur la réserve de Kawawachikamach. Ils sont signataires de la Convention du Nord-Est québécois de 1978 qui leur a permis de se joindre à la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.

Les Naskapis du Québec
Communautés: Kawawachikamach

Iroquoiens[modifier | modifier le code]

Il ne reste que les Mohawks (Agniers) et les Hurons-Wendat qui représentent cette famille linguistique au Québec. Cependant, lors du contact, il y avait d'autres nations iroquoiennes, essentiellement dans ce qui est aujourd'hui l'Ontario et aujourd'hui disparues, comme les Neutres, les Pétuns, les Andastes et les Ériés.

Les Iroquoiens se distinguent des Algonquiens par leur mode de vie sédentaire et la pratique de l'agriculture. Les bons rendements permettaient parfois l'accumulation de réserves et de surplus ce qui favorisait une certaine concentration de populations. Par contre, la chasse et la pêche devaient compléter et diversifier cette alimentation. Dans les villages, les maisons longues abritaient de cinq à dix familles d'une même lignée matrilinéaire. Du point de vue politique, un système confédéral, qui a servi semble-t-il, de modèle à la confédération canadienne, était la forme d'organisation prisée par ces Iroquoiens.

Le peuple iroquois est en fait une Confédération de nations de langue iroquoienne, d'abord cinq puis six nations. Leur assise territoriale est et fut le nord de l'État de New York actuel, au sud du Lac Ontario, comprenant la région dite des « Finger Lakes ».

La présence d'Iroquois au Québec relève d'une histoire complexe. Quand Champlain scelle une alliance indienne et permet aux Français de prendre pied en Nouvelle-France, au début du XVIIe, il rejoint une alliance de plusieurs nations, algonquiennes et huronnes, dont l'ennemi principal est l'Iroquoisie. Les Iroquois furent donc ennemis des Français jusqu'à la Grande Paix de Montréal en 1701.

Wyandot (Hurons-Wendat)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hurons-Wendat.

Grands alliés des Français à la naissance de la Nouvelle-France, les Hurons formaient une Confédération puissante sur les bords du Lac Huron, dans l'actuel Ontario. Cette nation agricole et sédentaire exerçait un rôle de pivot et d'intermédiaire commercial entre Français, établis dans la vallée laurentienne, et les nations de l'intérieur (région des Grands Lacs etc.), généralement algonquiennes et de chasseurs-cueilleurs, qui échangeaient leurs peaux en retour de produits agricoles et d'articles français.

Cependant, les Iroquois, notamment pourvus en armes à feu par les Hollandais, parvinrent à pratiquement anéantir les Hurons et les nations iroquoiennes voisines dans les années 1640-1650.

Les restes de la nation huronne se réfugièrent alors dans la région de Québec, près de leurs alliés français, à l'Ancienne Lorette puis à Lorette, dite aussi Wendake. Grâce à la proximité urbaine et à la vigueur du tourisme dans la région de la capitale nationale du Québec, la bourgade de Wendake est relativement prospère. Elle se distingue par une Caisse populaire autochtone (les institutions financières autochtones sont rares au Québec et au Canada, du fait des complications liées à la loi fédérale sur le statut d'Indien ; notamment, les Indiens des réserves ne peuvent hypothéquer leur maison).

Les Wendats (anciennement les Hurons) vivent tout près de la Ville de Québec. Leur pays d'origine était situé en Ontario près du lac Simcoe. Leur population s'élève à 2 999 personnes (2004) mais la majorité (56 %) vit à l'extérieur de la réserve. Les Wendats vivaient dans des « maisons longues » ; il y en avait 10 à 100 par village. Les Wendats ont inventé le jeu de la crosse. Les Wendat se nourrissaient de poisson, de gibier et de légumes.

Les Hurons-Wendat du Québec
Communautés: Wendake

Agniers (Mohawks)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mohawks.

Au Québec, c'est la nation la plus orientale et longtemps la plus puissante qui est présente : les Mohawks. En Nouvelle-France, on les appelait les « Agniers ». Mais comme les Iroquois sont en majorité citoyens américains et anglophones, l'adaptation anglaise de leur nom s'est depuis longtemps imposée.

Il y a plus de 11 000 Mohawks au Québec, très anglophones et très métissés avec la population québécoise, néanmoins avec une identité très affirmée. Ils sont répartis en trois villages, dont deux sont des réserves fédérales proprement dites ; tous trois sont aux alentours de Montréal.

Au XVIIIe siècle, et même dès la fin du XVIIe siècle, les missions jésuites ont réussi à obtenir un nombre suffisant de convertis pour fonder des villages iroquois catholiques. Aujourd'hui, ces trois centres mohawks du Québec en sont les héritiers directs. Nonobstant cette conversion, leur isolement voulu par les jésuites pour les préserver de la corruption urbaine, les aura peut-être aidés à maintenir des liens forts avec l'Iroquoisie, qui sont aujourd'hui déterminants. Les Mohawks du Québec se sont ainsi fréquemment employés dans la construction en hauteur (gratte-ciels, ponts), non seulement au Québec, mais principalement à New York. D'autres, nombreux, se sont enrôlés dans l'armée américaine à l'occasion de plusieurs guerres, dont celle du Viêt Nam.

Il y avait 11 472 Mohawks au Québec en 2004.

Myra Cree est une communicatrice Mohawks née à Oka

Les Mohawks du Québec
Communautés: Akwesasne | Kahnawake | Kanesatake | Doncaster

Histoire[modifier | modifier le code]

Le passé lointain[modifier | modifier le code]

À l'époque de la Nouvelle-France[modifier | modifier le code]

Après les quelques contacts intermittents entre les Innus et les Micmacs du Québec et les morutiers-baleiniers basques, ce n'est qu'au début du XVIIe siècle que de véritables échanges s'organisent autour de la traite des fourrures. Un premier poste de traite est ouvert à Tadoussac[8] en 1600 et un deuxième à Québec[9] en 1608. C'est à partir de cette époque que se développent de vastes réseaux commerciaux avec les Innus (Montagnais) de Tadoussac pour les territoires nordiques et les Algonquins, puis les Hurons-Wendat pour la région des Grands Lacs. En plus des échanges entre Autochtones et Français, la traite des fourrures a donc permis d'élargir les relations commerciales entre les Premières Nations de tout le continent. À cet effet, la citoyenneté et la protection Française était donnée à tous les autochtones baptisés, ce qui est un fait unique en tant que relation entre autochtones et une métropole[10].

D'un autre côté, la participation à ces commerces longues distances a favorisé la propagation rapide des microbes et virus de l'Ancien-Monde ce qui provoqua des conséquences dévastatrices sur la démographie des peuples autochtones. Un malheur ne vient pas sans l'autre. La traite des fourrures et la baisse démographique de plusieurs tribus provoquent des guerres interminables entre les nations. Pour profiter de cette manne[11] en provenance de l'Europe, chaque peuple essayait de trouver la meilleure place dans cet échiquier commercial en scellant des traités d'amitiés et d'alliances avec les Français. À titre d'exemple, citons que Champlain a accompagné à trois reprises[12] ses alliés Innus, Algonquins et Hurons contre les Iroquois. Pour ces derniers, armés par les Néerlandais de la Nouvelle-Néerlande, en plus des raisons habituelles de faire la guerre, ils voulaient aussi faire des prisonniers pour remplacer les victimes des épidémies. Toutes ces guerres inter-tribales prendront fin avec la Grande Paix de Montréal, en 1701[13]. Les rivalités entre Français et Britanniques pour le contrôle du commerce des fourrures se termine finalement avec la Conquête[14] de 1760. Pourtant, l'arrivée des Britanniques ne met pas fin aux diverses alliances adoptées durant le Régime français. Au contraire, la Conquête place les Premières Nations en position de force devant le nouvel occupant. Peu de temps avant la Capitulation de Montréal[15], ils avaient même négocié, comme les Canadiens d'ailleurs, une garantie qui leur permettait de garder leurs territoires, leurs cultures et le libre exercice de la religion catholique. C'est ce que nous retrouverons dans le texte de la Proclamation royale du 7 octobre 1763 qui définit pour la première fois cette relation impériale tripartite, tout à fait unique.

La Loi de la Civilisation graduelle[modifier | modifier le code]

À partir du XIXe siècle, l'expansion coloniale qui s'étend à l'extérieur des territoires seigneuriaux, la demande en richesses naturelles comme les produits de la forêt est en forte augmentation. En quelques années seulement, l'industrie forestière devient le centre névralgique du développement économique du Québec. Dès 1820, de partenaires militaires et économiques, les Premières Nations deviennent un problème de société qu'il faut régler au plus tôt. L'assimilation à la civilisation coloniale devient l'outil préconisé par les Britanniques. La sédentarisation des Autochtones doit être favorisée à tout prix. Des terres réservées à l'usage des Premières Nations, prises à même des territoires leur appartenant, sont délimitées. Au milieu du XIXe siècle, Kitigan Zibi[16], Pessamit[17] et Mashteuiatsh[18] deviennent alors les premières réserves modernes du Québec. Le 30 août 1851, le gouverneur de l'Union loue des terres au Québec et décide d'y placer ces « sauvages » que l'on veut sédentariser, contrôler, alors que depuis quelque temps, devant l'invasion constante de leurs territoires, la violation de leurs droits ancestraux, leur mécontentement ne cesse de grandir. En constituant ces réserves, on espère se ménager un accès plus facile aux ressources minières. De plus, il fallait définir un statut juridique pour ces Indiens. En 1850, on établissait donc le terme « Indien » de façon assez souple et inclusive. Toutefois, dès l'année suivante, le Parlement modifia les critères pour les rendre beaucoup plus restrictifs. Il fallait que la loi respecte mieux les valeurs civilisatrices des conquérants. À partir de 1851, un non-Indien mariant une Indienne et les descendants d'une Indienne mariée à un Blanc devenaient exclus du statut d'Indien. Quelques années plus tard, en 1857, fut adoptée une loi visant ouvertement l'assimilation des Premières nations. Au cœur de cette loi se trouvait le concept d'émancipation. En renonçant à son patrimoine, un membre d'une Première nation de sexe masculin répondant à certaines conditions pouvait devenir un citoyen à part entière. Un Indien âgé de 21 ans, parlant français ou anglais, ayant reçu une éducation élémentaire, réputé de bonne moralité et sans dettes, pouvait être déclaré émancipé ou cessé d'être considéré comme un Indien. Ce faisant, il devenait un citoyen au même titre que les autres. Pour favoriser cette pratique, on accordait aux Indiens émancipés un titre de propriété absolu sur une terre de 20 hectares dans une réserve, plus leur part d'annuités versées auparavant à la bande. Dans la réalité, l'obtention de ce titre de propriété par un Indien émancipé permettait l'éclatement des communautés par l'intérieur. Non seulement les collectivités perdraient des membres les uns après les autres, mais elles perdraient des espaces territoriaux sur des terres réservées déjà extrêmement exiguës. Les gouvernements tribaux venaient de perdre le contrôle exclusif sur les terres des réserves. L'Acte pour encourager la Civilisation graduelle constituait également une autre étape vers le contrôle gouvernemental des décisions relatives au statut d'Indien. Bien que le processus ait été amorcé en 1850 avec l'adoption d'une loi sur les terres du Bas-Canada, qui définissait le terme indien aux fins d'un droit de résidence dans les réserves, la nouvelle loi lançait le mécanisme d'émancipation qui allait retirer à d'autres personnes d'ascendance et de culture indienne, leur statut et leur appartenance à la bande. De plus, l'Acte pour encourager la Civilisation graduelle a maintenu et renforcé le sexisme exprimé dans la définition d'Indien, puisque l'émancipation d'un homme entraînait automatiquement celle de son épouse et de ses enfants. Enfin, le ton et les buts de cet acte, en particulier les dispositions sur l'émancipation qui affirmait la supériorité de la culture et des valeurs coloniales, annonçaient également le début d'un processus de dépréciation et d'érosion de l'identité culturelle indienne. Il s'agissait donc, du commencement d'une lutte psychologique contre l'identité indienne qu'allaient venir renforcer les interdictions contenues dans la Loi sur les Indiens qui se dessinait à l'horizon.

Civiliser pour mieux assimiler[modifier | modifier le code]

Assimilation par l'émancipation: Loi sur les Indiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loi sur les Indiens.

Assimilation par l'éducation: Les pensionnats autochtones[modifier | modifier le code]

Assimilation par la déculturation: Les déplacements de populations[modifier | modifier le code]

La paix des braves[modifier | modifier le code]

La paix des braves permet d’envisager avec confiance le développement économique du territoire de la Baie-James pour un avenir commun de prospérité et de coopération et les Cris sont les principaux acteurs.

La fin définitive du mode de vie traditionnel[modifier | modifier le code]

Dès les premières décennies du XXe siècle, au moment où les compagnies forestières s'enfonçaient plus profondément dans la forêt boréale, le développement de l'hydroélectricité s'installait sur les principaux affluents du Saint-Laurent. Cette abondance d'énergie nouvelle permettra la création de l'industrie de l'aluminium et le développement accéléré du secteur des pâtes et papiers. Tous ces changements bouleversent de façon irrémédiable les activités de chasse, de pêche et de piégeage des Autochtones du Québec. Après la crise économique de 1929, l'industrie minière qui était restée passablement tranquille jusqu'alors, débute un important développement dans le Moyen-Nord québécois. Des routes, des chemins de fer, de nouvelles installations hydroélectriques deviennent alors nécessaires ce qui perturbe considérablement les écosystèmes dont dépendaient les Premières Nations pour leur survie. La dépendance envers des aides gouvernementales s'accentue alors, ce qui favorise un peu plus le phénomène de sédentarisation et la perte d'autonomie. À partir de 1950, plusieurs nouvelles réserves s'ajoutent aux 24 déjà existantes au Québec. De plus, la scolarisation obligatoire des jeunes membres des Premières Nations finit de bloquer totalement la transmission du savoir traditionnel d'une génération à l'autre. La perte de l'identité culturelle autochtone est alors poussée à son paroxysme. Le rapport Hawthorn[19] sur les conditions de vie des Indiens du Canada, publié au milieu des années 1960, soulignait que, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, les réserves indiennes constituaient, au milieu des territoires relevant des gouvernements provinciaux, des splendeurs solitaires ou vivaient des groupes isolés soumis à la juridiction du gouvernement fédéral. La splendeur solitaire de leur isolement était à la fois géographique, économique, politique et culturelle, et le régime juridique particulier procédant de la Loi sur les Indiens renforçait cet isolement. En 1969, le gouvernement fédéral[20] nouvellement élu souhaitait, comme d'ailleurs bien d'autres canadiens à l'époque, éliminer les obstacles qui semblaient empêcher les Indiens de participer pleinement à la prospérité du Canada. Il a publié un livre blanc sur la politique relative aux Indiens, à la suppression progressive de la responsabilité du gouvernement à l'égard des Indiens et de la protection des terres de réserve, à l'abrogation de la Loi sur les Indiens et à l'extinction des traités. Le mot d'ordre du gouvernement était l'égalité et son but apparent était, la participation entière, libre et égale, non discriminatoire de l'Indien à la vie sociale de notre pays à condition qu'à l'état de dépendance dans laquelle il se trouve actuellement soit désormais substituée une situation d'égalité. L'assimilation demeurait toujours l'objectif à atteindre, mais celle-ci avait été reformulé dans des termes plus heureux de la citoyenneté et de l'égalité[21]. Surpris par l'ampleur et l'ardeur de l'opposition à ce programme, le gouvernement a dû retirer sa proposition en 1970. Ainsi, la Loi sur les Indiens, essentiellement inchangée, demeure encore en vigueur aujourd'hui.

« Il reste que la plupart des observateurs non-autochtones s'accordent pour dire qu'il est impossible, dans le cadre de la Loi sur les Indiens, de réaliser des progrès en matière d'autonomie gouvernementale et de développement économique et d'éliminer les problèmes sociaux qui frappent de nombreuses collectivités indiennes. Bien qu'ils en soient les critiques les plus sévères, les Indiens sont souvent forts réticents à voir la loi abrogée ou même modifiée. Beaucoup évoquent le caractère quasi sacré des droits et protections qu'elle établit, bien qu'assortis d'autres dispositions paternalistes et contraignantes qui empêchent les Indiens d'assumer leur pleine destinée. Il s'agit là du premier et du plus important paradoxe qu'il faut comprendre si l'on veut renouveler le partenariat entre les Premières nations et les autres Canadiens » — Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones[22]

Histoire géographique[modifier | modifier le code]

L'extension territoriale de 1898[modifier | modifier le code]

Comme nous l'avons vu précédemment, c'est grâce à la menace séparatiste des Américains du nord que les Anglais nous ont laissé le territoire longeant les rives du Saint-Laurent. En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre qui crée, par la Proclamation royale, la province de Québec. Entre la Terre de Rupert[23] et la province nouvellement créée, s'insère un domaine indien. Avec l'Acte de Québec en 1774, le domaine indien est aboli et la limite sud de la Terre de Rupert devient la limite nord de la province. Après 1774, les lois subséquentes de 1791 et de 1867 ne modifient pas la frontière septentrionale de la province. Avec la cession de la Terre de Rupert au Dominion du Canada en 1870, ce territoire est annexé aux Territoires du Nord-Ouest. En 1875, une loi est adoptée prévoyant la division des TNO[24] en districts provisoires. C'est en vertu de cette loi que le district de l'Ungava est créé. En 1898, le Québec entreprend des démarches pour étendre son territoire plus au nord. Cet acte de 1898, concernant la délimitation des frontières de la province, est adopté et sa frontière nordique s'étend maintenant jusqu'à la rivière Eastmain[25]. Les bandes Cries de la baie James se retrouvaient alors sous deux juridictions territoriales. Les bandes les plus nordiques demeuraient sous la tutelle territoriale (TNO) et celles plus au sud devenaient subitement, des citoyens de la province de Québec.

L'extension territoriale de 1912[modifier | modifier le code]

En 1907, une requête du Québec adressée au gouvernement fédéral demande que soit annexé à la province ce qui correspond au district de l'Ungava tel que défini par la loi de 1898, en y incluant les îles côtières. En 1912, la Loi d'extension des frontières du Québec confère ce territoire à la province sans toutefois inclure les îles qui demeurent sous la juridiction des Territoires du Nord-Ouest. Le fédéral invoque leur difficile inventaire et l'importance stratégique pour la navigation, le commerce et la défense. Déjà à cette époque, le projet d'exporter du blé de l'Ouest canadien par un port de la baie d'Hudson ou de James était sur les planches à dessin[26]. C'est donc au tour des Inuits du Québec de changer de juridiction territoriale à l'exception des îles côtières où ils chassaient depuis des millénaires. Dans les années 1960, la commission d'étude sur l'intégrité du territoire québécois s'est penchée sur la question de ces îles périphériques. Cette étude met en évidence, que pour une raison purement géographique, les îles auraient dû être intégrées à la province. Les arguments de 1912 ne résistent pas à l'analyse si l'on prend en considération que le fédéral n'a jamais établi aucune installation à la navigation et n'a jamais empêché le Québec de le faire. Le rapport des commissaires dit que le rattachement aux Territoires du Nord-Ouest des îles littorales et périphériques ne se justifie ni par la géographie, ni par l'histoire, ni par la praticabilité administrative, ni par les motifs invoqués en 1912 lors de l'extension des frontières. De plus, cette frontière est définie comme étant le rivage. Or, le rivage, ou plus précisément l'estran où s'exerce l'action des marées, n'est pas une limite territoriale fixe et arrêtée. Ce n'est qu'avec la Convention de la baie James et du Nord québécois et des lois qui en dérivent, notamment la Loi sur le régime des eaux de 1978, que cette frontière est définitivement fixée comme étant la ligne des basses eaux. Par ailleurs, des négociations étaient toujours en cours au sujet des droits d'exploitation de ces îles entre les divers niveaux de gouvernement, le Grand Conseil des Cris et la Société Makivik et un modèle de frontière partagée entre le Québec et le Nunavut ferait partie des discussions.

La frontière Québec-Labrador de 1927[modifier | modifier le code]

En 1902, la Grand River Pulp and Lumber Company reçoit un permis de coupe de bois octroyé par Terre-Neuve qui lui permet d'étendre ses activités de part et d'autre de la rivière Hamilton à partir du lac Melville. Le Québec soutient alors que le territoire au sud du cours d'eau lui appartient et adresse une protestation au président de la compagnie. L'affaire se retrouve entre les mains du lieutenant-gouverneur du Québec qui transmet à Ottawa un mémoire le priant de prendre les mesures nécessaires pour que soit respectée l'intégrité territoriale du Québec. Après de nombreuses démarches, l'affaire est portée au Conseil privé de Londres qui entend la cause en 1926. L'année suivante, le rapport est approuvé et la dernière frontière externe du Québec est alors établie. Le Québec n'a jamais acquiescé à ce jugement ou statué sur la question de cette frontière interprovinciale. Cette fois, ce sont une partie des Innus du Labrador qui se retrouvent citoyens de la colonie britannique de Terre-Neuve[27], donc juridiquement séparée des bandes du Québec et automatiquement exclus de la Loi sur les Indiens de Canada.

L’art chez les autochtones[modifier | modifier le code]

Les peuples autochtones du Québec ont exprimé leurs sentiments, leurs sensations et leurs aspirations à travers une multitude de formes d’art. Ces traditions artistiques sont les plus diversifiées et anciennes retrouvées au Canada. Cette grande variété comprend la sculpture sur bois, les ouvrages en piquant de porc-épic, les peintures sur peau et plusieurs autres. L’art autochtone ne s’inspire pas seulement du monde tangible, mais aussi grandement du monde spirituel. Ces grands peuples avaient une conception particulière de l’harmonie qui régnait dans l’univers et à laquelle il fallait s’intégrer. Les autochtones utilisent les éléments de la nature afin de concocter leurs couleurs qu’ils obtenaient à partir de plantes et de fleurs. Lorsque l’art autochtone fut découvert par les Européens, elle causa un véritable émoi. Ces chefs-d’œuvre furent très rapidement admirés pour leur audace, leur ingéniosité et l’habileté technique des artistes autochtones. Les Européens qui furent de prime à bord impressionnés par ces œuvres ne furent pas en mesure d’apprécier leur valeur, l’art autochtone étant trop différent de la leur. C’est vers les années 1920, que l'art autochtone c’est épanoui auprès des méricains. Chaque peuple autochtone, de la période préhistorique, avait leur propre forme d’art. Les Inuits étaient connus pour leurs sculptures, les Cris célèbres pour leurs piquants de porc-épic ou encore les Objibwés admirés pour leurs sculptures sur bois[28],[29].

L’art chez les Cris et les Naskapis[modifier | modifier le code]

Les Cris situés au nord du Québec tout près de la Baie-James ont exprimé leurs arts à travers une multitude d’objets pratiques et esthétiques. Ils utilisaient les piquants de porc-épic peints de plusieurs couleurs afin de décorer leurs ceintures, leurs chemises, leurs robes et leurs mocassins. Les Cris et les Naskapis peignaient les peaux qu’ils utilisaient pour leurs couvertures, leurs sacs, leurs jambières, etc. Ils les ornaient très souvent de motifs géométriques en utilisant les couleurs qu’ils étaient capables de créer tel que le jaune, le rouge, le bleu-vert et parfois du noir. L’esprit des animaux était au sein des valeurs spirituelles de ce peuple, les Cris gravaient des images représentants des animaux sur leurs outils fabriqués à partir d’os d’animaux[30],[31].

L’art chez les Ojibwés[modifier | modifier le code]

Les Ojibwés étaient un peuple algonquien vivant au sud du Québec, ils avaient des traditions artistiques différentes de celles de leurs compatriotes nordiques. Les animaux étant d’une importance fondamentale, ils respectaient la loutre et le rat musqué qui étaient sacrés pour eux. À l’aide de la peau de ces derniers, les Ojibwés confectionnaient des sacs-médecine qui servaient à conserver le tabac. Ces Algonquiens ornaient leurs sacs de délicats motifs répétés, ayant chacun leur signification religieuse distincte. Les Ojibwés sont notamment reconnus pour leurs immenses talents pour la sculpture sur bois, ils confectionnaient des poupées et d’autres petits objets nécessitant une minutie hors du commun. Ils adoptèrent par la suite la tradition de mâts totémiques, qu’ils sculptaient s’inspirant de leur propre mythologie[32],[33].

L’art chez les Inuits[modifier | modifier le code]

Les Inuits sont un peuple autochtone situé dans l’extrême nord du Québec. Ils sont notamment connus internationalement pour leurs sculptures. Ce peuple nordique a exprimé son art à travers les matériaux qu’ils trouvaient dans leurs régions comme l’ivoire, l’os, le cuir ou la pierre. Les Inuits sont de merveilleux sculpteur capable de transformer n’importe quel objet utilitaire en une magnifique statuette représentant un animal ou un humain, cependant ces autochtones étaient plus soucieux de représenter des animaux dans leurs œuvres que des êtres humains. Dans les croyances inuit l’animal est essentiel à la vie, ainsi de nombreuses œuvres représentent des animaux. Les Inuits utilisaient notamment comme modèle les animaux les plus importants pour leur survie, c’est-à-dire l’ours, le caribou, la baleine et le phoque. La forme d’art la plus connu chez les Inuits est la sculpture de la pierre, l’ingéniosité dont ils font preuve est parfois surprenante. Lors de rituels religieux, les Inuits confectionnaient des masques qu’ils agrémentaient de gravures représentant des séries d’animaux et de phénomènes naturels[34]. http://www.imagesboreales.com/

Habitudes alimentaires des autochtones[modifier | modifier le code]

Les Québécois d’aujourd’hui ont beaucoup d’habitudes alimentaires qui proviennent des autochtones. En effet, dans les années 1700, les autochtones et les Européens ont fait beaucoup d’échanges commerciaux et culturels.

Chasse et pêche[modifier | modifier le code]

Les Béothuks les Micmacs, les Malécites, les Montagnais et les Naskapis, les Innus, les Saulteux, les Algonquins et les Cris sont tous des peuples autochtones qui vivaient dans la forêt boréale du Québec. Les chasseurs de ces peuples sont reconnus pour être doués. Ces hommes étaient à la fois chasseurs, trappeurs et pêcheurs. Pour s’assurer de faire leur travail efficacement, ceux-ci parcouraient les cours d’eau en canot pendant l’été et durant la saison froide, ils pêchent sous la glace. Ils chassaient plus précisément l’orignal, le caribou, le chevreuil, l’ours, l’oie et le canard. Pour combler leurs besoins alimentaires, ils avaient également recours au trappage. Les animaux qui étaient le plus souvent trappés par ces peuples autochtones étaient le rat musqué, le castor et le lièvre[35].

Alimentation traditionnelle[modifier | modifier le code]

Les peuples autochtones consommaient également des tisanes. Ces tisanes étaient faites de feuilles, d’écorce, de tiges et de fruits d’arbustes. Elles étaient même utilisées comme des traitements médicaux. De nos jours, nous consommons encore beaucoup de ces tisanes traditionnelles que les autochtones préparaient[35].

Les Iroquois, contrairement aux autres peuples, mangent beaucoup moins de viande que les autres peuples. La viande telle que le poisson et le petit gibier étaient utilisés comme complément aux plats de maïs, d’haricots, courges, de graines de courges et de tournesols[35].

La graisse du castor ou de l’ours était parfois bouillie avec des bleuets, faisant de celle-ci un bon repas pour les enfants. Le pemmican était un met qu’on l’on préparait en mélangeant de la viande séchée et broyée avec de la graisse d’ours. Les autochtones consommaient également des œufs de canards. Il était également capable de faire bouillir de la sève de bouleau pour en faire du sirop. Dans les périodes plus difficiles, les autochtones avaient recours à certaines racines pour se nourrir, ceux-ci pouvaient également manger certaines parties de l’écorce des peupliers et des bouleaux[36].

Cuisson et conservation de la nourriture[modifier | modifier le code]

Afin de préserver leur nourriture durant les longs hivers froids, les Béothuks les Micmacs, les Malécites, les Montagnais et les Naskapis, les Saulteux, les Algonquins et les Cris font assécher la viande, le poisson et les fruits. Les autochtones étaient reconnus pour faire fumer leurs viandes, en choisissant bien l’espèce de bois et le temps de cuisson afin que leur viande ait le meilleur goût possible. Les méthodes de cuissons des aliments varient beaucoup selon la région et les aliments disponibles. Faire cuire la nourriture sur des brochettes était très répandus. De plus, le peuple des Montagnais avait la particularité de faire cuire leur poisson en les recouvrant d’argile afin de pouvoir les faire cuire dans le sable. Il était très fréquent que les autochtones fassent baigner leurs morceaux de viande dans une soupe assaisonnée avec diverses épices afin de rehausser le goût de leur nourriture[35].

Échanges culturels entre autochtones et européens[modifier | modifier le code]

Vers le milieu des années 1700, les autochtones ont montré aux Européens à faire pousser un peu plus de 29 espèces de légumes qui leur étaient inconnus. Ils leur ont montré entre autres la tomate, la pomme de terre, la courge, le concombre, et les haricots. Le maïs est un autre aliment qui était inconnu des Européens avant leur arrivée en Amérique, les autochtones avaient nommé ce plant ozisy. Les Européens ont également montré certains aliments aux Autochtones lors de leur arrivée au Canada. Ce sont les Européens qui ont montré le sucre, le lard salé, le thé, la farine de blé et d’avoine, le porc, le bœuf, le lait et le saindoux aux autochtones[35],[37],[38].

Pour conclure, le peuple québécois d’aujourd’hui et les Européens des années 1700 ont beaucoup appris des coutumes alimentaires des autochtones traditionnelles et vice-versa.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Statistiques des populations autochtones du Québec 2012
  2. Historique sur le site de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, page consultée le 16 mai 2013
  3. Serge Bouchard, Sylvie Vincent et Josée Mailhot, Peuples autochtones de l'Amérique du Nord: de la réduction à la coexistence, Saiente-Foy, Télé-Université, 1989, p. 367; Gouvernement du Québec, Secrétariat aux Affaires autochtones, Les Amérindiens et les Inuits du Québec. Onze nations contemporaines, Québec, Gouvernement du Québec, 1997, p. 8
  4. Statistique Canada 2002. Profils de la population autochtone du recensement de 2001. Diffusé le 17 juin 2003. Date de modification 2005-11-30 No. 94F0043XIF
  5. Communautés de la côte orientale de la baie d'Hudson (Nunavik)
  6. Communautés de la côte méridionale du détroit d'Hudson (Nunavik)
  7. Communautés des côtes de la baie d'Ungava (Nunavik)
  8. Pierre Chauvin
  9. Samuel de Champlain
  10. Lionel-Groulx, Notre maître le passé, tome 2, édition 10-10, 1977, pages 273
  11. Les objets de métal (chaudrons, haches, couteaux, etc.) fascinaient mais surtout facilitaient la vie quotidienne des Autochtones
  12. 1609, 1610 et 1615
  13. Gilles Havard, La Grande Paix de Montréal, 1701, Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, 1992
  14. Conquête de la Nouvelle-France par les Anglais
  15. 8 septembre 1760
  16. Maniwaki
  17. Betsiamites
  18. Pointe-Bleue
  19. Hawthorn HB (1966) - Étude sur les Indiens contemporains du Canada, Étude sur les indiens contemporains du Canada - Besoins et mesures d'ordre économique, politique et éducatif - Première partie, Le rapport Hawthorn, octobre 1966
  20. Parti libéral du Canada, Pierre E. Trudeau
  21. Affaires indiennes et Nord Canada La révision de 1951 de la LOI SUR LES INDIENS, 21 juin 2003)
  22. Affaires Indiennes et du Nord Canada (2006) - Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, 28 février 2006
  23. Propriété de la Compagnie de la baie d'Hudson
  24. Territoires du Nord-Ouest
  25. Cette rivière vient d'être harnachée par Hydro-Québec à la baie James
  26. C'est ce qui arrivera avec l'ouverture du port de Churchill dans le nord du Manitoba
  27. Terre-Neuve & Labrador entre dans la confédération canadienne pour ne devenir la dixième province qu'en 1949
  28. Dickason, Olive Patricia(1974). Arts indiens au Canada, Ottawa, 138 p. (p. 11-12)
  29. Cawthorne, Nigel (1998). L’art des indiens d’Amérique, Paris, Édition Solar, 95 p. (p. 29)
  30. Dionne, Hélène (1991). L’œil amérindien : Regards sur l’animal, St-Laurent, Les éditions du Septentrion, 118 p. (p. 28)
  31. Cawthorne, Nigel (1998). L’art des indiens d’Amérique, Paris, Édition Solar, 95 p. (p. 35)
  32. Cawthorne, Nigel (1998). L’art des indiens d’Amérique, Paris, Édition Solar, 95 p. (p. 34-35)
  33. Dionne, Hélène (1991). L’œil amérindien : Regards sur l’animal, St-Laurent, Les éditions du Septentrion, 118 p. (p. 24)
  34. Butor, Michel (2006). Art inuit, Paris, Fragment Edition, 141 p. (p. 74)
  35. a, b, c, d et e Direction générale des services médicaux Santé et Bien-être social Canada (1994), Les aliments autochtones et la nutrition – manuel de référence illustré, Ottawa, Ministre des Approvisionnements et Services Canada 1994, 131p.
  36. Diane Baillargeon (1992), Rapport de recherche, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC - RAPPORT DE RECHERCHE PRÉSENTÉ À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC EN ABffiBI-TÉMISCAMINGUE - CO~EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAITRISE EN ÉDUCATION
  37. Côté, Louise, Louis Tardivel et Denis Vaugeois (1992), L’indien généreux, Les Éditions du Boréal, 287 p.
  38. Roger Larivière (2012) (Inédit)

Droits acquis[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Beaulieu, Les Autochtones du Québec, Musée de la civilisation (Québec) et Éditions Fides, 2000 (ISBN 2-7621-2221-X)
  • Keith Crowe, Histoire des autochtones du Nord canadien, Montréal, Hurtubise HMH, 1974
  • Olive Patricia Dickason, Le mythe du Sauvage, Sillery, Septentrion, 1993
  • Denys Lamontagne, dir., Le Québec autochtone: 11 nations, 54 communautés, Wendake, Les Éditions La griffe de l'Aigle, 1996 (ISBN 2-9805-1110-2)
  • Michel Noël, Amérindiens et Inuits. Guide culturel et touristique du Québec, Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, 1996
  • Roland Viau, Enfants du néant et mangeurs d'âmes. Guerre, culture et société en Iroquoisie ancienne, Montréal, Boréal, 1997
  • Emmanuel Colomb, Premières Nations : Essai d'une approche holistique en éducation supérieure : Entre compréhension et réussite, Presses de l'université du Québec, 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Premières nations du Québec :