Télévision québécoise

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La télévision québécoise est une partie essentielle de la culture québécoise et canadienne-française. Elle se développe à partir des années 1950, lorsque le gouvernement fédéral du Canada se donne comme objectif d'offrir une alternative aux émissions de télévision américaines.

Ainsi, la Télévision de Radio-Canada est créée le 6 septembre 1952. Elle fournit alors des programmes en même temps qu'elle devient une école de création audiovisuelle et un moyen de renforcer l'identité et la culture du Québec[1]. Radio-Canada est aussi un lieu d'engagement social et politique, comme en témoigne la grève des réalisateurs de 1959.

Cette chaîne québécoise, qui offre une image du Québec à laquelle les Québécois peuvent s'identifier, rencontre vite son public et réalise des cotes d'écoute importantes. Elle offre une image rassurante, familiale, dont Les Plouffe sont l'incarnation même.

Historique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

À ses débuts, la télévision québécoise se concentre sur des productions dramatiques, divisées en plusieurs branches : les téléthéâtres, les dramatiques pour enfants et jeunes adultes, les téléromans, et les téléséries comiques et policières[2]. La plus prestigieuse forme de drame alors diffusée à la télévision est le théâtre télévisuel, dont la majorité est produite par la Télévision de Radio-Canada[3].

L’arrivée des télévisions privées[modifier | modifier le code]

Le 19 février 1961[4], la première chaîne de télévision privée, Télé-Métropole (maintenant devenue TVA), est lancée par Joseph-Alexandre DeSève, un homme d'affaires qui avait fait fortune dans la variété, l'immobilier et qui avait une solide expérience dans la sous-distribution de cinéma français au Québec avec France Film. Alors que Radio-Canada représentait une certaine idée élitiste et nationaliste de la télévision canadienne, Télé-Métropole visait à plaire à un public plus large en misant sur des vedettes de cabaret et sur un humour plus décontracté.

En septembre 1966, la télévision couleur s'introduit dans le paysage québécois. En 1972, le gouvernement québécois met en onde Radio-Québec (maintenant devenue Télé-Québec), créée quatre ans auparavant. Pendant ses trois premières années de diffusion, cette station n'était disponible que sur le câble. En 1975, elle devient disponible sur les ondes hertziennes de Montréal sur le canal 17, qui fut longtemps surnommé « Canal U », car il est sur la bande UHF. La mission première de cette chaîne est de promouvoir la culture et l'éducation, deux compétences provinciales alors que la télévision est de compétence fédérale.

En septembre 1986, Télévision Quatre-Saisons (TQS) diffuse ses premières émissions. Cette chaîne de type généraliste présente des bulletins d'information et du cinéma. Au même moment, une chaîne disponible uniquement sur le câble naît, MusiquePlus, qui marqua toute une génération et encouragea le nouveau courant du vidéoclip.

Trois autres chaînes apparaissent en 1988 : MétéoMédia, le Canal Famille (le prédécesseur de VRAK.TV) et TV5 Québec Canada. En septembre 1989, c'est au tour du Réseau des sports (RDS) de diffuser ses programmes[5]. Le Québec possède ainsi des stations spécialisées dans le sport, la météo, la jeunesse, la musique et la Francophonie.

L’essor des chaînes thématiques[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1995, deux autres chaînes font leur apparition : le Réseau de l'information (RDI) de Radio-Canada et Canal D, qui diffuse des documentaires et des émissions de divertissement. Le mouvement est lancé. En septembre 1997, ce sont quatre nouvelles chaînes thématiques qui sont lancées : MusiMax (musique), Canal Vie (santé et bien-être), Télétoon (dessins animés) et Le Canal Nouvelles (LCN) de TVA, qui diffuse des informations en continu.

Fin janvier 2000, les chaînes Canal Évasion (voyage), Historia (histoire), Séries+ (séries québécoises et internationales) et Canal Z (maintenant Ztélé ; mystère, sciences, technologies et science-fiction) sont disponibles au public. Ces canaux nécessitaient à l'origine un abonnement supplémentaire au coût de 3,99 $. Pour ne pas s'abonner, il fallait spécifier au câblodistributeur qu'on ne voulait pas les conserver après la période d'essai. À la suite de protestations, il a fallu spécifier au câblodistributeur que l'abonné voulait conserver ces canaux et le coût a été abaissé à 1,99 $.

En septembre 2001, un partenariat composé entre autres de Radio-Canada, de Télé-Québec et de l'équipe Spectra a mis en onde ARTV pour fournir des émissions culturelles de qualité.

Numérique et haute définition en français[modifier | modifier le code]

L'année 2004 a marqué l'arrivée des chaînes numériques disponibles sur le câble. Pour pouvoir bénéficier de ces chaînes, il faut posséder un décodeur numérique d'un câblodistributeur ou d'un fournisseur de télé par satellite. Entre 2004 et 2006, les canaux Mystère (aujourd'hui AddikTV), ARGENT, Réseau Info-Sports (aujourd'hui RDS Info), Prise 2 et Cinépop font leur entrée en ondes.

L'année 2004 marque également le début de la télévision haute définition (HD). Radio-Canada a placé sur son toit, à Montréal, une antenne diffusant en standard ATSC. La télévision numérique terrestre fait aussi son apparition. Il est ainsi possible de capter un signal HD de Radio-Canada sur le canal UHF 19 (canal virtuel 2.1) à Montréal. Les premières émissions en HD sont L'auberge du chien noir, Le bleu du ciel et Bons baisers de France. Elle a véritablement été propulsée en 2006 avec des émissions en haute définition disponibles tous les soirs et grâce à l'arrivée d'Astral Media, qui possède notamment VRAK.TV, Historia, Séries+, Canal D, Canal Vie, Ztélé et Super Écran.

L'année 2006 a été marquée par la crise de télévision, et les émissions dites « lourdes », qui coûtent très cher, ont été menacées. Les diffuseurs prétendaient ne pas faire assez de revenus pour la conversion en haute définition. Les diffuseurs généralistes ont d'ailleurs demandé au CRTC de ne plus avoir l'obligation d'émettre un signal terrestre pour leur postes de télévision et ils demandent un financement semblable aux chaînes spécialisées, c'est-à-dire s'appuyant sur le consommateur. La décision est l'obligation d'émettre un signal par la voie des airs. Une décision est en attente pour les redevances des chaînes généralistes sur le câble.

Le 19 décembre 2007, TQS Montréal commence à émettre un signal ATSC sur les ondes hertziennes permettant l'envoi de signal HD.

Toujours en décembre 2007, TQS se place sous la protection des arrangements avec les créanciers pour éviter la faillite. Remstar acquiert le chaîne pour la somme symbolique de 1 $. Le nouvel acquéreur abolit ensuite le service de l'information, geste qui causa une perte importante d'emplois. Le 31 août 2009, les nouveaux propriétaires changent le nom de TQS pour V, voulant marquer la transition entre les deux propriétaires et le renouveau de la chaîne.

En février 2008, le Groupe TVA lance la chaîne Les idées de ma maison (aujourd'hui Casa). Cette chaîne spécialisée présente des productions originales, canadiennes-anglaises et étrangères vouées à tous les aspects de la maison, incluant la décoration, la rénovation, l'immobilier, la cuisine et le jardinage.

Depuis le 4 septembre 2008, la chaîne Télétoon Rétro diffuse des dessins animés classiques qui n'étaient pratiquement plus diffusés à la télévision depuis une décennie.

Le 26 janvier 2009, Télé-Québec Montréal (CIVM) commence à émettre un signal ATSC sur les ondes hertziennes permettant l'envoi de signal HD.

En 2010, trois nouvelles chaînes sont lancées, soit Yoopa et Playhouse Disney télé (maintenant Disney Junior), deux chaînes concurrentes s'adressant au public d'âge préscolaire et une nouvelle chaine de cuisine Zeste.

Le 2 mai 2011 la chaîne Mlle (aujourd'hui Moi & Cie) est lancée, diffusant des émissions de téléréalités et des séries.

Le 1er septembre 2011 à minuit, les stations régionales de Radio-Canada, Télé-Québec, TVA et V à Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Trois-Rivières, Saguenay, Rivière-du-Loup et Rouyn-Noranda ont éteint leurs antennes analogiques et diffusent dorénavant en numérique par ondes hertziennes.

Peu après que Bell Media annonce à Vidéotron son intention de lancer la chaîne sportive RDS2 à l'automne, le Groupe TVA monte en 5 mois la nouvelle chaîne TVA Sports qui est lancée le 12 septembre 2011 mais pas distribuée chez Bell Télé. RDS2 est lancé un mois plus tard, le 7 octobre 2011, mais n'est pas distribué chez Vidéotron. Le 23 novembre 2011, RDS2 est ajouté chez Vidéotron alors que Bell ajoutera 4 chaînes du Groupe TVA (dont TVA Sports) en décembre.

Le 28 mars 2012 la chaîne Explora est lancée, qui diffuse des émissions d'exploration et de nature.

Le 12 décembre 2013 la chaîne Canal D Investigation est lancée, diffusant des émissions d'enquête et de policiers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Beauregard, « Une société distincte… par ses téléromans : entrevue avec Jean-Pierre Desaulniers », Cap-aux-Diamants : la revue d'histoire du Québec, no 68,‎ 2002, p. 40 (lire en ligne)
  2. « Les dramatiques à la télévision québécoise », sur L'Encyclopédie canadienne (consulté le 27 juillet 2009).
  3. « Television Drama, French-Language », sur The Canadian Encyclopedia (consulté le 27 juillet 2009).
  4. Agence QMI, « Serge Bélair : Une grande voix s'éteint », LCN,‎ 29 septembre 2010
  5. Historique de RDS

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]