Français signé

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Le français signé est un moyen de communication par lequel, la langue des signes d'un pays ou d'une communauté, est vassalisée à l'utilisation de sa langue vocale. Le français signé a couramment été utilisé par la génération des sourds instruits et éduqués pendant les deux premiers tiers du XIXe siècle, surtout après le congrès de Milan en 1880.

Il s'agit d'un recours aux signes de la langue des signes française en les intégrant à la syntaxe du français vocal[1].

Emploi[modifier | modifier le code]

En pratique, cela consiste à exprimer vocalement un français syntaxiquement correct tout en plaçant un signe ou un geste sur les mots qui peuvent être traduits par ce moyen.

Ce système bimodal n'est pas très utilisé par les sourds. De manière épisodique, les sourds signants peuvent avoir recourt au français signé pour s'adapter aux entendants, ne signant pas encore très bien, et faciliter la tâche à leur interlocuteur.[réf. nécessaire]

Le français signé est souvent utilisé dans le cadre scolaire[2] afin d'expliquer aux enfants sourds le fonctionnement du français écrit[3].

Pour conclure, le français signé ne peut pas être considéré comme une langue à part entière, mais plutôt comme un moyen mis en œuvres dans le cadre de stratégies communicationnelles définies et cadrées (transcodage[4] du français écrit ou stratégie d'adaptation à des entendants ayant un faible niveau de langue des signes).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Hage et Jacqueline Leybaert, Compétences cognitives, linguistiques et sociales de l'enfant sourd: pistes d'évaluation, Éditions Mardaga,‎ 2006 (ISBN 2870099339 et 9782870099339, lire en ligne), p. 22
  2. Agnès Millet et Isabelle Estève, « La querelle séculaire entre oralisme et bilinguisme met-elle la place de la langue des signes française (LSF) en danger dans l’éducation des enfants sourds ? », Les cahiers de l'observatoire des pratiques - DGLFL, no 3,‎ 2012, p. 1161-176 (lire en ligne [PDF])
  3. Estève, I. (2011). Approche bilingue et multimodale de l'oralité chez l'enfant sourd : outils d'analyses, socialisation, développement (Thèse de doctorat). Université de Grenoble, Grenoble.
  4. « Problèmes de sens dans l'enseignement d'une langue étrangère »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Cuxac, La langue des signes française. Les voies de l’iconicité., Paris, Éditions Ophrys,‎ 2000, 391 p..
  • C. Cuxac, Le langage des sourds, Paris, Payot,‎ 1983, 200 p..
  • (en) Balvet, A., Garcia, B., Boutet, D., Courtin, C., Cuxac, C., Fusellier-Souza, I., L’Huillier, M-T. et Sallandre, M-A, (2010). « The CREAGEST Project : a Digitized and Annotated Corpus for French Sign Language (LSF) and Natural Gestural Languages », The Seventh international conference on Language Resources and Evaluation (LREC 2010), Malte, 17-23 mai 2010.
  • Batista, A. (2008). Enfants sourds intégrés en milieu scolaire « classique » et enfants entendants : Une comparaison des productions multimodales d’enfants de 6 et 11 ans (Mémoire de Master 2). Université Stendhal - Grenoble 3, Grenoble.
  • A. Millet, S. Mugnier, R. Sabria et D. - L. Simon, Intervenir : appliquer, s'impliquer ?, Paris, L'Harmattan,‎ 2009, « Surdité et contact de langues : quelles implications didactiques ? », p. 241-250.

Articles connexes[modifier | modifier le code]