Marguerite Bourgeoys

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marguerite Bourgeoys (homonymie).
Marguerite Bourgeoys
Image illustrative de l'article Marguerite Bourgeoys
Portrait de Marguerite Bourgeoys par Pierre Le Ber, 1700
Fondatrice
Naissance 17 avril 1620
Troyes
Décès 12 janvier 1700 (à 79 ans) 
Ville-Marie, Canada
Nationalité Royal Standard of the King of France.svg Française
Béatification 12 novembre 1950
par Pie XII
Canonisation 31 octobre 1982
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique romaine et l'Église anglicane du Canada
Fête 12 janvier

Sainte Marguerite Bourgeoys, née à Troyes en France le 17 avril 1620 et décédée le 12 janvier 1700 à Ville-Marie au Québec, est la fondatrice de l'enseignement du français à Montréal. Elle a été canonisée le 31 octobre 1982 par Jean-Paul II.

Enfance et départ pour le Canada[modifier | modifier le code]

Marguerite Bourgeoys était la septième d'une famille de treize enfants aux parents dévoués: Abraham Bourgeoys, son père et Guillemette Garnier, sa mère. Elle fut baptisée en l'église Saint-Jean le jour de sa naissance. Le 7 octobre 1640, pendant une procession en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire une grâce de Dieu l’invite à un engagement spirituel plus profond ; elle désigne ce moment comme celui de sa « conversion ».

À la suite de cette expérience, elle devient membre d’une congrégation externe qui regroupe des jeunes filles pour les former à la prière et à l’enseignement dans les milieux pauvres. La directrice de cette association est alors la sœur de Paul de Chomedey Sieur de Maisonneuve, fondateur de Ville-Marie en 1642. Lors de son voyage en France, en 1653, il visite sa sœur et lui expose le besoin de la colonie : une institutrice laïque pour instruire les enfants des colons et des Indiens. On lui présente Marguerite Bourgeoys qui accepte cette tâche.

La traversée dura trois mois ; le voilier était misérable et la peste éclata à bord, si bien que Marguerite doit se faire infirmière. Vers la mi-novembre 1653, elle arrive à Ville-Marie, s’occupe de tenir la maison du gouverneur et « montre gratuitement aux filles à lire, les instruisant tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, n’en ayant point encore de fixé pour cela. » Charles de Glandelet

Ses grandes œuvres[modifier | modifier le code]

L’école – En 1658, M. de Maisonneuve lui donne l’étable de pierres de la Commune : elle la nettoie pour en faire une école. Par une échelle extérieure, elle peut accéder au colombier, qui devient un dortoir pour elle, pour ses futures compagnes, les premières sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal qu'elle venait de fonder et les filles à marier qui arrivent de France.

Aujourd’hui, on situe l’emplacement de l’étable-école au 50 ouest de la rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal. On trouve une plaque commémorative sur un mur de la rue Saint-Dizier, au sud-ouest de la rue Saint-Paul.

Une chapelle – Dès 1655, elle projette la construction d’une chapelle de pèlerinage en dehors de l’enceinte du fort. Des difficultés retardent la réalisation de ce rêve. La chapelle ne sera terminée qu’en 1678, et abritera la petite statue miraculeuse donnée par le Baron de Fancamp en 1672. Cette statue est encore vénérée dans la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours. Au sous-sol, on peut visiter les fondations de la chapelle primitive et d’autres vestiges reliés à l’histoire du site.

Une communauté d’éducatrices – Rapidement, Marguerite a besoin d’aide pour son travail d’éducation. Elle retourne en France et ramène quatre compagnes en 1659. La vie communautaire qu’elles mènent alors constitue l’origine de sa communauté. En 1672, lors de son deuxième voyage en France, elle recrute six nouvelles compagnes. Elle rapporte aussi les Lettres patentes signées par le roi Louis XIV : c’est la charte civile des « Filles séculières de la Congrégation de Notre-Dame ». L’approbation de Monseigneur de Laval viendra en 1676.

Les Filles du Roi – Lors de ses voyages, elle se voit confier les Filles du Roi, des jeunes filles destinées à fonder des familles pour le peuplement de la colonie. Elle ira en « quérir » d’autres à l’arrivée des navires de France. Elle les accueille chez elle, les prépare à la vie qui les attend dans ce dur pays, les garde jusqu’à leur mariage. Elle achète même une autre maison, en 1663, afin de loger ces femmes. Rien d’étonnant à ce qu’on l’ait appelée « la mère de la colonie ».

Une école ménagère – En 1668, Marguerite organise l’exploitation d’une ferme à la Pointe Saint-Charles. Selon la tradition, elle y accueille les Filles du Roi venues de France de 1668 à 1673. C’est probablement là aussi qu’elle établit l’ouvroir de « La Providence », véritable école ménagère avant la lettre. On y donnait une éducation ayant pour but d’inculquer aux jeunes femmes d’âge post-scolaire les compétences dont elles avaient besoin pour gagner leur vie. La Maison Saint-Gabriel existe toujours.

Les progrès de l’œuvre – Marguerite Bourgeoys fait un troisième voyage en France en 1680, pour obtenir de nouveaux renforts et défendre le caractère non cloîtré de sa communauté. L’évêque de Québec, Mgr de Laval, alors à Paris, ne lui permet pas de ramener des recrues. Ce sont les filles du pays qui contribueront à la progression de son œuvre. Au recensement de 1681, la Congrégation compte déjà 7 canadiennes parmi les 18 sœurs. Outre les missions de Pointe Saint-Charles et de la Montagne, elle a déjà ouvert des écoles à Champlain, à Pointe-aux-Trembles et à Lachine. Les années suivantes, les sœurs iront à Sainte-Famille, Île d’Orléans, à Québec et à Château-Richer.

L’accueil des Amérindiennes – En 1676, les Sulpiciens établissent à la Montagne, une mission pour les Amérindiens. C’est près de cet endroit que Paul de Chomedey Sieur de Maisonneuve avait élevé la première croix sur le Mont-Royal – croix qui avait été relevée par les soins de Marguerite Bourgeoys. Marguerite reçut deux jeunes femmes iroquoises dans la congrégation : Marie-Thérèse Gannensagouas qui devint enseignante à la mission, et Marie Barbe Attontinon.

En 1685, Monsieur de Belmont, p.s.s. fait bâtir un fort avec quatre tours de pierres. La tour ouest sert d’école, et la tour est devient la résidence des sœurs. Ces deux tours existent toujours devant le Grand Séminaire de Montréal, au 2065 ouest, rue Sherbrooke.

Les dernières années de sa vie[modifier | modifier le code]

En 1693, Marguerite Bourgeoys cède sa place comme supérieure ; Marie Barbier qui la remplace, est la première montréalaise à s’être jointe à la communauté en 1678, à l’âge de quinze ans. À l’infirmerie, c’est une vie de solitude qui commence. Mais Marguerite aura encore à intervenir pour sauvegarder la vie « voyagère » non cloîtrée de sa congrégation. Enfin, en 1698, Mgr de Saint-Vallier approuve les Règles de la communauté, et les sœurs prononcent leurs vœux en sa présence. Marguerite est la quatrième à signer son acte de profession. Entre octobre 1697 et juin 1698, elle écrit une autobiographie et une sorte de testament spirituel. Ce qui nous a été conservé de ces textes révèle un exceptionnel amour de Dieu et du prochain, le désir d’imiter la Vierge Marie dans le mystère de la Visitation et dans son rôle auprès des apôtres après la résurrection de Jésus.

Le 31 décembre 1699, alors qu'une jeune sœur était à l'article de la mort, mère Marguerite demanda au Seigneur de prendre sa vie en échange. Au matin du 1er janvier 1700, la jeune sœur en question avait recouvré la santé et Mère Marguerite fut prise d'une violente fièvre; elle souffrit pendant douze jours, puis mourut le 12 janvier 1700. Elle avait dès alors acquis une réputation de sainte. Un peu après qu’elle fut morte, « Pierre LeBer fut prié de « tirer » le portrait de notre chère Mère. » Ce portrait est exposé au Musée Marguerite-Bourgeoys.

Vénérations et culte[modifier | modifier le code]

Tombeau de Marguerite Bourgeoys dans la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours à Montréal.

Dès le lendemain de sa mort, un prêtre écrivait : « Si les saints se canonisaient comme autrefois par la voix du peuple et du clergé, on dirait demain la messe de sainte Marguerite du Canada. »

De 1766 à 2005, ses restes mortels ont été inhumés à la maison mère de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. Depuis le 24 avril 2005, ils ont été déposés dans l’autel latéral gauche de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, située dans le Vieux-Montréal.

Deux miracles furent reconnus par l’Église, avant sa béatification par le pape Pie XII le 12 novembre 1950.

Le 2 avril 1982, le pape Jean-Paul II a promulgué le décret de miracle pour une guérison attribuée à son intercession et, le puis canonisée le 31 octobre suivant, il canonisait, à Rome, celle que l’Église universelle invoque maintenant : « SAINTE MARGUERITE BOURGEOYS ».

Trois siècles d'évolution et de rayonnement[modifier | modifier le code]

L’action éducative et apostolique de Marguerite Bourgeoys se perpétue grâce à l’engagement de ses filles. Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal œuvrent dans les champs d’activités les plus divers : l’école, la promotion sociale, la pastorale familiale, paroissiale ou diocésaine. On les retrouve dans plusieurs provinces du Canada. Un éclatement missionnaire les a conduites aux États-Unis en 1860, au Japon en 1932, en Amérique latine en 1962, au Cameroun en 1970 et en France en 1981. Depuis 20 ans, une expérience tente de faire revivre la « congrégation externe » établie par Marguerite Bourgeoys. Les « Associé(e)s » sont des laïques qui s’inspirent de la spiritualité de Marguerite Bourgeoys pour orienter leur vie chrétienne et leur engagement dans l’Église.

Citations[modifier | modifier le code]

« Pour sainte Marguerite Bourgeoys, on retiendra surtout sa contribution originale à la promotion des familles, enfants, futurs époux, parents. Elle qu’on a pu appeler à Montréal la “Mère de la colonie”, elle aurait pu dire comme saint Paul : “Avec vous, nous avons été pleins de douceur, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Ayant pour vous une telle affection, nous voudrions vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais tout ce que nous sommes” » (Jean-Paul II, en 1982)

« Il est vrai que tout ce que j’ai toujours le plus désiré, et que je souhaite encore le plus ardemment, c’est que le grand précepte de l’amour de Dieu par-dessus toutes choses et du prochain comme soi-même soit gravé dans tous les cœurs. » Les Écrits de Mère Bourgeoys P. 267

« Dieu ne se contente pas que l’on conserve l’amour que l’on doit à son prochain, mais que l’on conserve le prochain dans l’amour qu’il nous doit porter. » Les Écrits de Mère Bourgeoys P. 244

« Il me semble que l’on ne porte pas assez d’attention à la prière, car si elle ne part pas du cœur qui doit être son centre, elle n’est qu’un songe qui ne produit rien, car la prière doit être dans la pensée, la parole et l’exécution. » Les Écrits de Mère Bourgeoys P. 243

« On nous demande pourquoi nous aimons mieux être vagabondes que d’être cloîtrées, le cloître étant la conservation des personnes de notre sexe ? (…) p. 81 Il y a des marques que la Sainte Vierge a agréé qu’il y eût une troupe de filles qui honorassent la vie qu’elle a menée, étant dans le monde, et qu’elles s’assemblassent à Montréal. (…) Or, la Sainte Vierge n’a jamais été cloîtrée. Elle a bien été retirée dans sa solitude intérieure, mais elle ne s’est jamais exemptée d’aucun voyage de charité à exercer. Nous voudrions la suivre en quelque chose. La règle de la charité est celle que la Sainte Vierge a prescrite à tous ceux qui ont eu l’honneur d’être à sa suite. Le chapelet est le temps pour remercier Dieu des faveurs qu’il a faites à la très Sainte Vierge et la reconnaître pour notre Mère, notre Supérieure et notre Tout après Dieu. » Les Écrits de Mère Bourgeoys P. 146

« J’ai encore une autre ressource, que le bon Dieu veut bien m’accorder, qui est le secours de la très Sainte Vierge ; car, si je suis l’objet de la miséricorde de Dieu, je suis en même temps la preuve du secours de la très Sainte Vierge. » Les Écrits de Mère Bourgeoys p. 185

Statue de Marguerite Bourgeoys, boulevard Saint-Laurent - rue le Royer Est, à Montréal

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]