Paléoaméricains

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Représentation de Paléoaméricains et d'un Glyptodon, The Wonderful Paleo Art par Heinrich Harder, vers 1920.
Outillage des Paléoindiens, SE des Etats-Unis.
Arbre génétique des populations amérindiennes[1].

Les Paléoaméricains ou Paléoindiens[2] sont les premières populations humaines à avoir habité l'Amérique pendant et après les derniers épisodes glaciaires du Pléistocène récent. Le préfixe paléo- provient du Grec palaios (παλαιός) et signifie ancien. Paléoindien s'applique à la phase de l'outillage lithique des Amériques et est considéré distinct du Paléolithique[réf. souhaitée].

Les Paléoaméricains ont vécu en Amérique à la fin du Pléistocène, lors de l'extrême fin du Paléolithique moyen[réf. souhaitée] et au cours du Paléolithique supérieur. Les découvertes récentes[réf. souhaitée] permettent de dire qu'ils connurent également la dernière glaciation (Glaciation wisconsinienne[3],[4]) et le début de la période préhistorique du Néolithique à l'époque de l'Holocène.

Ils étaient essentiellement des chasseurs-cueilleurs. La faune préhistorique était une mégafaune majoritairement disparue aujourd'hui. Parmi ces animaux vivaient des herbivores comme les équidés (Equus caballus), des Camélidés (paléo-lama et guanaco), des mastodontes comme les mammouths, des paresseux géants (Megatherium et Mylodon), des tatous géants comme le Glyptodon et de terribles carnivores tels que le Smilodon (tigre à dents de sabre). Près des rivages côtiers, les paléoaméricains se nourrissaient de coquillages[réf. souhaitée]. La flore entrait également dans leur alimentation : baies, tubercules et premières plantations de téosinte et maïs.

Le modèle morphologique des Paléoamericains s'apparente soit au type australoïde ou africain ; soit au type europoïde (ou « caucasien »)[réf. souhaitée].

Le professeur Javier Romero (Instituto Nacional de Antropología e Historia de Mexico) a déterminé que les squelettes paléoaméricains trouvés dans l'État de Mexico, comme celui de Tepexpan, étaient des Homo Sapiens ayant une origine autochtone. Pour ce spécialiste, ces ossements sembleraient n'appartenir à aucune origine[pas clair] étrangère antique. Leurs caractéristiques révèlent un menton saillant, des arcades sourcilières peu prononcées, une boîte crânienne égale à celle des Homo sapiens, mais avec le front quelque peu incliné et bas.

Les résultats scientifiques de ces vingt dernières années, révolutionnent l'idée généralement acquise du peuplement de l'Amérique et donnent de nouvelles orientations sur les différentes vagues de peuplements pré-Clovis du continent américain.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme Paléoaméricains vient de la terminologie anglo-américaine Paleoamerican.

Analyses crâniologiques[modifier | modifier le code]

Crânes dolichocéphales : hypothèse type europoïde[modifier | modifier le code]

Un squelette entier de type europoïde[Note 1], l'homme de Kennewick, datant de plus de 9 000 ans a été découvert dans l'État de Washington en juillet 1996, sur les bords de la Columbia.

Les restes d'un homme de type europoïde a été retrouvé sur le site de la Grotte de l'esprit, au Nevada ; il a été daté entre -11 000 et -8000.

Des momies furent exhumées sous plusieurs mètres de dépôts de guano dans la caverne de Lovelock en 1911 par des exploitants-récolteurs. Elles avaient toutes une grande taille (plus de deux mètres de hauteur) et une apparence de type europoïde avec de longs cheveux de couleur rouge ou rouquine. Elles furent datées d'environ 5000 ans par l'analyse au carbone 14. D'autres furent découvertes en 1931 de même type non loin de la caverne de Lovelock.

Crânes dolichocéphales : hypothèse type australoïde ou africain[modifier | modifier le code]

75 crânes, dont le crâne de Luzia, ont été mis au jour au Brésil datés de 35 000 ans, soit aussi ancien ou plus que le site de Clovis, au Nouveau-Mexique, considéré jusqu'alors comme le plus ancien du continent ; ils sont d'aspect africain ou australoïde.

Les 250 crânes et squelettes de Cerca grande au Brésil, étudiés par Walter Neves et Mark Hubbe (Laboratoire des Études sur l'Evolution Humaine, Département de Génétique et de Biologie évolutive, de l'Institut des Sciences, Université de São Paulo). Ils sont datés dans une fourchette allant de 8 000 ans à 12 000 ans[réf. souhaitée]. Ils ont la même morphologie australoïde ou africaine que Luzia.

Crânes dolichocéphales et mésocéphales : hypothèse mixte ; type europoïde ou aïnou ou encore australoïde[modifier | modifier le code]

Les ossements de la Femme de Peñon (environ 13 000 ans), découverts près de Mexico présentent des caractéristiques dolichocéphales, proches de celles des crânes de Baja California. Certains spécialistes rapprochent ce crâne soit de ceux de Cerca grande ou de Luzia, soit de celui de l'Homme de Kennewick.

La présence humaine dans la péninsule de Baja California (Basse-Californie mexicaine), remonte à quelques dizaines de milliers d'années. Les fouilles de l'occupation humaine du site de la Caverne de Babisuri en Basse-Californie, ont livré de nombreux artefacts (outils, bois brûlés, coquillages travaillés) datant d'au moins 40 000 ans la présence humaine dans la région[réf. nécessaire].

Plusieurs dizaines de squelettes datés de 13 000 ans à 15 000 ans ont été découverts par des équipes d'archéologues mexicains, américains, britanniques et japonais, dans la même région de Baja California. Les sites préhistoriques de Baja California, riches en nombreuses peintures pariétales, livrent des ossements de paléoaméricains dont les crânes semblent indiquer une parenté avec celui de la Femme de Peñon ainsi qu'aux autres restes humains découverts dans la même région centrale de Mexico, comme ceux de l'Homme du métro Balderas (11 000 ans). L'Homme de Tlapacoya (District de Mexico) daté de 11 000 ans possède un crâne dolichocéphale et s'apparente à la proche Femme de Peñon.

Crânes mésocéphales(avec menton saillant, front bas) : hypothèse type Homo sapiens autochtone[modifier | modifier le code]

La femme de Tepexpan datée de (11 000 ans) et l'Homme de Chimalhuacan (11 000 ans) ont été découverts dans l'État de Mexico. L'hypothèse d'un Homo sapiens local est récente. Ces ossements sont pour certains spécialistes rattachés à ceux de la femme de Peñon et de Baja California.

Les données génétiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les anglophones utilisent la terminologie « caucasien » pour désigner les individus dits de « race blanche »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Genetic Variation and Population Structure in Native Americans, Sijia Wang et alii, 2007.
  2. « Peuplement amérindien », sur ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (consulté le 13 mars 2010)
  3. Pierre-André Bourque (Université de Laval) Planète Terre (2010) - Les glaces du Pléistocène [1]
  4. Pierre-André Bourque (Université de Laval) Planète Terre (2010) - Le retrait des glaces wisconsiniennes, les Grands Lacs, la Mer de Champlain et le fleuve Saint-Laurent [2]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chatters James C. 2000 -The recovery and first analysis of an early Holocene human skeleton from Kennewick, Washington. American Antiquity 65(2):291-316
  • Crawford M.H., 1998 - The Origins of Native Americans: Evidence From Anthropological Genetics. Cambridge Univ. Press.
  • Dillehay Tom D., 1996 - Monte Verde: A Late Pleistocene Settlement in Chile. Vol 2: The Archaeological Context and Interpretation. Smithsonian Institution Press.
  • Dortier Jean-François, 2006 - Peuplement de l'Amérique : surprenantes découvertes, dans Sciences humaines n°168, février 2006
  • Fiedel Stuart J., 2004 - The Kennewick follies: "New" theories about the peopling of the new world. Journal of Anthropological Research 60.
  • Jablonski Nina G., 2002 - The First Americans: The Pleistocene Colonization of the New World. California Academy of Sciences. ISBN 0-940228-49-1
  • Jason A. Eshleman, Ripan S. Malhi, David Glenn Smith, 2003 - Mitochondrial DNA Studies of Native Americans: Conceptions and Misconceptions of the Population Prehistory of the Americas. Evolutionary Anthropology, 12:7–18 [3]
  • Hey Jody, 2005 - On the Number of New World Founders: A Population Genetic Portrait of the Peopling of the Americas. Public Library of Science Biology, 3, 6:e193 Plos Biology [4]
  • Meltzer David J., 1996 - Search for the First Americans. Smithsonian Institution Press.
  • Meltzer David J., 2009 - First peoples in a new world: colonizing ice age America. University of California, Berkeley. ISBN 0-520-25052-4
  • Neves Walter A., Mark Hubbe, Luís Beethoven Piló, 2007 - Early Holocene human skeletal remains from Sumidouro Cave, Lagoa Santa, Brazil: History of discoveries, geological and chronological context, and comparative cranial morphology. Journal of Human Evolution, 52, 1, January 2007, 16–30 [5]
  • Owsley Douglas W. & Richard L. Jantz, 2001 - Archaeological Politics and Public Interest in Paleoamerican Studies: Lessons from Gordon Creek Woman and Kennewick Man. American Antiquity 66(4):565-576.
  • Preston, Douglas, 1997 - The Lost Man. The New Yorker 73(16):70-81
  • Turner Cristy G. II, 1987 - Late Pleistocene and Holocene population history of east Asia based on dental variation. American Journal of Physical Anthropology 73: 305-321
  • Zimmerman Larry J. & Robert N. Clinton, 1999 - Kennewick Man and Native American Graves Protection Act woes. 8 International Journal of Cultural Property 212-29 [6]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]