René-Robert Cavelier de La Salle

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René Robert Cavelier de La Salle
Portrait de La Salle
Portrait de La Salle

Naissance 21 novembre 1643
à Rouen
Décès 19 mars 1687 (à 43 ans)
en Louisiane
Nationalité Français

Découvertes principales Mississippi
Pays employeur(s) Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Bâtiments La Belle
Première expédition Région des Grands Lacs dunkaroony
Dernière expédition Louisiane
Prise possession de la Louisiane par de la Salle au nom du royaume de France

René Robert Cavelier de La Salle est né à Rouen (de nos jours en Seine-Maritime) le 22 novembre 1643 et mort le 19 mars 1687 dans le sud de la colonie française de Louisiane, dans l’État américain actuel du Texas.

Explorateur-voyageur, il a parcouru la région des Grands Lacs des États-Unis et du Canada, puis le fleuve Mississippi et a ainsi découvert les territoires situés entre la vallée du Saint-Laurent et le delta du Mississippi.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

René-Robert Cavelier est le fils d'un riche commerçant, Jean Cavelier. Le nom de « de La Salle », qu'il portera plus tard provient d'une propriété familiale dans les environs de Rouen. Il étudie au Collège des Jésuites de Rouen (actuellement, il s'agit du Lycée Pierre Corneille) et entre au noviciat de la Compagnie de Jésus, au sein de laquelle il formule ses vœux en 1660. Il pratique l’enseignement dans cette institution, à Alençon, Tours et Blois, puis demande à être relevé de ses vœux pour « infirmités morales », ce qu’il obtient le 27 mars 1667. Il était entré dans l'ordre des jésuites pour faire plaisir à son père.

Premier voyage[modifier | modifier le code]

Il entreprend alors son premier voyage en Amérique et débarque en 1667 en Nouvelle-France, à Montréal où son frère Jean, un prêtre de Saint-Sulpice, était arrivé l’année précédente. Il occupe une terre au sud-ouest de l’île de Montréal qu’il nomme « Saint-Sulpice », mais que les habitants nomment La Chine pour se moquer de son désir de trouver un itinéraire pour aller en Chine.

En 1669, il finance une petite expédition qui explore les lacs Ontario et Érié. Il atteint alors le fleuve Ohio, mais pas encore le haut cours supérieur du Mississippi qui est découvert par Louis Jolliet et le père Jacques Marquette en 1672. Son groupe était composé de cinq canoës et de quinze hommes, le père Dollier de Casson et sept hommes voyageant avec lui dans trois canoës supplémentaires. Une nuit, au bord des rives de l'Ohio, ses hommes refusent d'aller plus loin et désertent, le laissant seul et sans nourriture. Il mit deux ans pour rentrer au Canada.

En 1673, le nouveau gouverneur Louis de Buade de Frontenac, souhaite rétablir des bonnes relations avec les Iroquois. Il charge ensuite de la Salle de fonder un fort qui protègera la future route commerciale. En 1674, il établit le fort Frontenac (maintenant Kingston) sur le lac Ontario en tant que premier élément d’une entreprise de commerce de fourrures (peaux de castor). Il part ensuite pour la France (1674-1675), voyage au cours duquel il reçoit, avec l’appui de Frontenac, non seulement une concession pour le commerce de fourrures, avec la permission d’établir des forts de frontière, mais également des lettres patentes d'anoblissement.

Deuxième voyage[modifier | modifier le code]

Voyage du Fort Frontenac à l'embouchure du Mississippi.
Cavelier de La Salle prend possession de la Louisiane au bord du Mississippi.

À son retour en Nouvelle-France, il est accompagné de Henri de Tonti, qui se joindra à ses explorations. Le 7 août 1678, La Salle appareille sur Le Griffon, que lui et Tonti ont construit au fort Conti, près des chutes du Niagara. Devenant les premiers à naviguer sur les Grands Lacs, ils voguent jusqu’au lac Érié et au lac Huron puis redescendent jusqu’au lac Michigan.

Le 1er novembre 1678, La Salle fonde un fort à l’embouchure du Saint-Joseph, aujourd’hui fleuve Michigan, et attend le retour d’une équipe menée par Tonti, qui a traversé la péninsule à pied. Tonti arrive le 20 novembre, et le 3 décembre l’équipage entier remonte le Saint-Joseph, jusqu’à atteindre un port sur la rivière Kankakee. Ils suivent le Kankakee jusqu’au fleuve Illinois, où ils établissent le fort Crèvecœur près de l’actuelle Peoria.

La Salle marche alors jusqu’au fort Frontenac pour se ravitailler. Pendant ce temps, Louis Hennepin suit l’Illinois jusqu’à sa jonction avec le Mississippi, mais est capturé lors d’une guerre entre Sioux et transporté au Minnesota. Pendant l’absence de La Salle, les soldats du fort Crèvecœur se mutinent et bannissent Tonti, que La Salle avait laissé à la direction du fort. La Salle capturera les mutins sur le lac Ontario et retrouvera par la suite Tonti à Michilimackinac, aujourd'hui appelée Mackinaw.

Exploration du Mississippi[modifier | modifier le code]

La Salle rassemble ensuite son équipage pour une nouvelle expédition. Laissant le fort Crèvecœur avec vingt-trois français et dix-huit amérindiens, il atteint le sud du lac Michigan en 1680 et descend le Mississippi en 1682, jusqu’au golfe du Mexique. Le 9 avril, il prend possession de ces vastes territoires au nom de la France et leur donne le nom de Louisiane en l’honneur du roi Louis XIV qui, peu reconnaissant, écrira au gouverneur de La Barre que cette découverte est « fort inutile et qu’il faut dans la suite empêcher de pareilles découvertes », même s’il lui ordonne d’y retourner et d’y implanter une colonie. À l’embouchure du Mississippi, près de l’actuelle Venice en Louisiane, La Salle enterre un plat gravé et une croix revendiquant le territoire pour la France.

En 1683, sur son voyage de retour, il établit un nouveau fort à la roche affamée (Starved Rock) sur le fleuve Illinois, pour remplacer le fort Crèvecœur. Tonti dirige le fort tandis que La Salle retourne une fois de plus en France afin de réunir des moyens pour une nouvelle expédition, dans le but d'installer un comptoir à l'embouchure du fleuve Mississippi et de développer un commerce de fourrures concurrent à celui des jésuites de la vallée laurentienne.

Troisième voyage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fort Saint-Louis (Texas).

C'est le roi de France Louis XIV, à qui l'Espagne vient de déclarer la guerre en octobre 1683, qui lui apporte son soutien pour monter une expédition afin de s'assurer une meilleure maîtrise de la France sur l'Amérique du Nord et également de surveiller les mines d'argent du Mexique qui alimentent les caisses de Charles II d'Espagne. Si ce mandat royal est le moyen pour un La Salle couvert de dettes de faire financer son expédition, la motivation réelle de l'explorateur est sa soif de richesse et de grandeur. La Salle quitte donc le port de La Rochelle le 24 juillet 1684 avec le titre de gouverneur de la Louisiane et à la tête d’une expédition composée de quatre bateaux et près de 300 colons parmi lesquelles des soldats, des artisans, six missionnaires, huit commerçants, et plus d'une douzaine de femmes et d'enfants[1],[2]. Louis XIV lui a accordé le navire de guerre le Joly et une longue barque - sorte de corvette ou de petite frégate - La Belle. Pour transporter les colons, soldats et hommes d'équipage, sans compter le chargement, La Salle doit louer deux autres navires : la frégate L'Aimable et le ketch Le Saint François.

Expédition de Robert Cavelier de La Salle à la Louisiane en 1684, peint en 1844 par Théodore Gudin. La Belle est sur la gauche, Le Joly au centre et L'Aimable[3] est échoué à droite.

L’expédition sera malmenée par des attaques de pirates, et accumulera les erreurs de navigation. Le Saint François tombe aux mains de corsaires espagnols aux Indes occidentales, au large d'Hispaniola. La navigation de l'époque est imprécise et si la détermination de la latitude est à peu près correcte, celle de la longitude, en l'absence de chronomètres précis qui n'apparaitront qu'au XVIIIe siècle, est très déficiente. Les navires accostent sur la côte du golfe du Mexique très à l'ouest de l'embouchure du Mississippi. Longeant la côte, arrivé près de la baie de Matagorda, au Texas, La Salle décide d'y faire relâche. Lors de la manœuvre pour entrer dans cette baie L'Aimable s'échoue sur un banc de sable, et coule. La quasi-totalité de sa cargaison est perdue. Le commandant Tanguy Le Gallois de Beaujeu, capitaine de la marine royale commandant le Joly, entre en conflit avec La Salle et décide de rentrer en France. Il fait débarquer le chargement du Joly et retourne vers la France en mars 1685 avec à son bord du personnel qui fait défection. À son arrivée en France, il prédit l’échec fatal et suicidaire de l’expédition de La Salle. Celle-ci ne compte alors plus qu’un navire, La Belle, et 180 personnes sur les 300 embarqués à La Rochelle quelques mois plus tôt.

Les membres restants de l'expédition sont finalement contraints d'établir un fort — le fort Saint-Louis — près de Victoria au Texas. De là, La Salle mène avec opiniâtreté des recherches vers l’est pour essayer de retrouver le Mississippi. Malheureusement pour lui, il est à plus de 600 km du fleuve. Et ses tentatives infructueuses se heurtent surtout à des Indiens hostiles, aux désertions, à la malnutrition, et aux morts accidentelles. En février 1686, son dernier navire, La Belle, est pris dans une tempête et s'échoue dans la baie de Matagorda. Après deux années longues et difficiles qui voient la colonie de 180 âmes réduite à 40 personnes dont 7 enfants, La Salle décide de tenter le destin. Il quitte le campement accompagné de 16 hommes, parmi eux son frère aîné Jean Cavelier, prêtre de son état, Colin Crevel de Moranger, le neveu de La Salle, et Henri Joutel, son homme de confiance. Mais des hommes se mutinent et La Salle est assassiné[4] le 19 mars 1687, près de Navasota.

Les derniers membres de la colonie survivent jusqu’en 1688, quand les Indiens de Karankawa massacrent les 20 adultes restants et prennent cinq enfants comme captifs. Henri Joutel ayant survécu à la mutinerie qui coûta sa vie à La Salle poursuit la route accompagné de Jean Cavelier et de 5 autres hommes jusqu'au Mississippi à pied, puis jusqu'à Québec, où la majeure partie d'entre eux s’arrête. Quand il apprend le destin de l’expédition, Tonti envoie des missions de recherche en 1689, mais aucun survivant n'est retrouvé.

Le récit principal du déroulement de cette expédition provient du journal de bord d'Henri Joutel, considéré par les historiens comme la source la plus objective d'information sur le sujet.

La perte des territoires[modifier | modifier le code]

Carte des territoires ayant constitué la Nouvelle-France (en bleu) avant 1763.

De La Salle a offert un immense territoire à Louis XIV au centre de l'Amérique du Nord. La Nouvelle-France canadienne et la rive gauche du Mississippi ont été perdues au profit de l'Angleterre en 1763 à la fin de la guerre de Sept Ans. La rive droite du Mississippi et la Nouvelle-Orléans ont été cédées en 1762 à l'Espagne lors du traité de Fontainebleau. En 1800, la France récupère la Louisiane des Espagnols lors du traité de San Ildefonso. Le 18 décembre 1803, la Louisiane est cédée aux États-Unis par Napoléon Bonaparte. Quinze États des États-Unis d'Amérique ont été, complètement ou partiellement, taillés dans l'ancien territoire de la Louisiane française.

De nos jours[modifier | modifier le code]

L'épave du dernier bateau de La Salle, la longue barque La Belle, dont l'emplacement figurait sur les cartes anciennes espagnoles et françaises, a été redécouverte dans la vase de la baie de Matagorda en 1995. Les restes de l'épave et du matériel à bord qui ont été remontés sont présentés sur différents sites au Texas au titre d'un prêt de 99 ans effectué par la France.

La propriété de la France des restes de La Belle a dû en effet être réaffirmée par un accord entre les États-Unis d'Amérique et la France, signé à Washington le 31 mars 2003, et qui a fait l’objet du décret 2003-540 du 17 juin 2003, publié au Journal officiel de la République française le 24 juin 2003, p. 10560.

De nombreux endroits ont été nommés en l'honneur de La Salle, comme l'arrondissement de LaSalle de la ville de Montréal où se trouve une école secondaire qui porte son nom, l'École secondaire Cavelier-de-LaSalle.

LaSalle, une ville de l'État de l'Illinois aux États-Unis, aussi nommée en son honneur, ainsi qu'une importante rue de Chicago, LaSalle Street.

Une petite rivière du Manitoba qui se jette dans la Rivière Rouge à St Norbert porte le nom de La Salle River. Un petit village au sud de Winnipeg MB porte aussi le nom de La salle.

En 1927, Alfred P. Sloan, le président de la General Motors, baptise la marque automobile « LaSalle » en son honneur. La marque est produite jusqu'en 1940, en tant que sous marque de Cadillac.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Weddle 1991, p. 13.
  2. Weddle 1991, p. 16.
  3. « Chasseurs d'épaves, nouvelles aventures », Clive Cussler, 2008 Livre de poche, p. 29 à 61. Recherche (infructueuse) de l'Aimable en 1999
  4. Par le pilote de l'Aimable, Duhout, devenu paranoïaque d'après Clive Cussler dans « Chasseurs d'épaves, nouvelles aventures », 2008 Livre de poche, p. 49.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert S. Weddle, The French Thorn: Rival Explorers in the Spanish Sea, 1682–1762, College Station, Texas A&M University Press,‎ 1991 (ISBN 0890964807)
  • Henri Joutel, Journal historique du dernier voyage que feu M. de La Sale fit dans le golfe de Mexique, pour trouver l'embouchure, & le cours de la rivière de Mississippi, nommée à présent la rivière de Saint Loüis, qui traverse la Louisiane. Où l'on voit l'histoire tragique de sa mort, & plusieurs choses curieuses du Nouveau monde, E. Robinot,‎ 1713

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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