Aire protégée du Québec

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Au Québec, une aire protégée est définie comme étant « un territoire, en milieu terrestre ou aquatique, géographiquement délimité, dont l’encadrement juridique et l’administration visent spécifiquement à assurer la protection et le maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles et culturelles associées »[1].

Les aires protégées du Québec couvraient, en date du 11 novembre 2013, une superficie de 152 371,60 km2, soit 9,14 % du territoire[2].

Le Québec possède une vingtaine de désignations juridiques et plus de 2 500 sites désignés comme aire protégée[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première aire protégée fut le parc du Mont-Royal en 1876 suivi du parc de la Montagne-Tremblante en 1894[4].

Niveau fédéral[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire protégée du Canada.

Le Canada possède cinq types de protections réparties en deux ministères. Le ministère de l'Environnement, par le biais de l'agence Parcs Canada, possède deux parcs nationaux (781 km2) et une réserve de parc national (150 km2). L'agence est aussi responsable d'une aire marine nationale de conservation : le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (1 246 km2), qui est cogérée avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec. Finalement le lieu historique national de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais (2 km2) est aussi considérée comme une aire protégée. Par le biais du service canadien de la faune, qui est géré par le même ministère, il administre huit réserves nationales de faune (58 km2) et vingt-sept refuges d'oiseaux migrateurs (518 km2).

Finalement, la Commission de la capitale nationale, qui appartient au ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités, protège le parc de la Gatineau et le parc du Lac-Leamy (364 km2).

Niveau provincial[modifier | modifier le code]

Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs[modifier | modifier le code]

Habitat floristique[modifier | modifier le code]

En vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, le ministère peut aussi désigner un habitat floristique pour protéger une plante menacée ou vulnérable. Les cinquante habitats floristiques recouvrent 51 km2[5].

Parc national[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parcs nationaux du Québec.

Les vingt-quatre parcs nationaux du Québec, qui protègent 11 077,22 km2 de territoire[6], sont des aires protégées ayant la vocation de protéger des territoires représentatifs des régions naturelles du Québec ou des sites à caractère exceptionnel. Ses territoires sont aussi ouvert au public pour des fins d'éducation et de récréation intensive[7].

La province possède aussi six réserves de parc national dans le Nunavik qui protègent 26 831 km2[8]. Bien que leur statut légal soit plus faible, il offre un niveau de protection semblable à celui des parcs nationaux.

Réserve aquatique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réserve aquatique.

Les réserves aquatiques sont des territoires semblables aux réserves de biodiversité, ces territoires visent la protection de bassin hydrographique et de milieux marins peu ou pas modifié par l'homme. La première réserve aquatique, la réserve aquatique de l’Estuaire-de-la-Rivière-Bonaventure a été créé en 2009 (1,8 km2)[9]. Huit autres réserves sont actuellement projetées.

Réserve de biodiversité[modifier | modifier le code]

Il y a actuellement 5 réserves de biodiversité au Québec qui protège 2 286 km2 de territoire[10]. Ce type de zone vise le maintien de la biodiversité dans des différence régions naturelles du Québec. À l'heure actuelle, 76 nouvelles réserves de biodiversité sont projetées au Québec couvriront un territoire de 58 419 km2[11].

Réserve écologique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réserves écologiques du Québec.

Les réserves écologiques, qui au nombre de 70, protègent 949 km2 de territoire[12]. Ce sont des territoires voués principalement à la conservation, à l'éducation et à la recherche. La plupart de ces aires protégées, qui sont de petite taille, protègent des milieux distinctifs, comme un marécage, une forêt, ou un bassin hydrographique. La plupart des réserves écologiques sont fermées au public, à l'exception de trois, soit les réserves écologiques de Forêt-la-Blanche, de la Serpentine-de-Coleraine et des Tourbières-de-Lanoraie. Il s'agit du plus haut niveau de protection offert par la province[13].

Ministère des Ressources naturelles et de la Faune[modifier | modifier le code]

Écosystème forestier exceptionnel[modifier | modifier le code]

Les écosystèmes forestiers exceptionnels sont des territoires désignés par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune qui protègent différents milieux forestiers. Ces territoires sont protégés, sur terres publiques, en vertu de la loi sur les forêts[14]. Il y a 3 types d'écosystèmes forestiers exceptionnels: Les forêts anciennes (92 sites, 223 km2)[15], les forêts rares (35 sites, 28 km2)[16] et les forêts refuges (18 sites, 18 km2)[17]. En terres privées, les propriétaires doivent être informés de ces sites et manifester un intérêt pour les mesures de conservation volontaire pour que ces écosystèmes forestiers exceptionnels soient protégés.

Habitat faunique[modifier | modifier le code]

Un habitat faunique est un territoire offrant à diverses espèces un milieu nécessaire aux besoins fondamentaux en matière d'abri, de reproduction et d'alimentation, des 11 types d'habitats fauniques, 7 sont reconnus comme aires protégées: les aires de concentration d’oiseaux aquatiques (735 sites, 3 876 km2)[18], les aires de confinement du cerf de Virginie (114 sites, 2 526 km2)[19], les habitats d’une espèce faunique menacée ou vulnérable (2 sites, 653 km2)[20], les colonies d’oiseaux (133 sites, 8 km2)[21],[22], les habitats du rat musqué (173 sites, 136 km2)[23], les héronnières (99 sites, 30 km2)[24] et les vasières (32 sites, 1 km2)[25],[26].

Refuge faunique[modifier | modifier le code]

Les refuges fauniques servent à protéger des habitats fauniques d'importance nationale ou régionale ou l'habitat d'espèces désignées comme menacées ou vulnérables[27]. Il existe actuellement 11 refuges fauniques protégeant 23 km2[28].

Niveau municipal ou non gouvernemental[modifier | modifier le code]

Milieu naturel de conservation volontaire[modifier | modifier le code]

La conservation volontaire (Private Stewarship) est une approche qui permet au propriétaire de s'engager envers la préservation du patrimoine naturel de sa propriété par une approche non gouvernementale.

Il s'agit d'une approche communautaire de la conservation. Les organismes de conservation (land trust) sont des organisations non gouvernementales à but non lucratif dont la mission est la conservation de la nature. Ces organismes ont été mis sur pied, partout au Québec, au Canada et dans le monde, par des citoyens qui prennent l’initiative de préserver les éléments naturels qui leur tiennent à cœur. Ainsi, les organismes de conservation assistent les propriétaires qui veulent s’assurer que leur terre soit protégée pour les générations à venir, ils concilient conservation et utilisation du territoire, ils protègent et mettent en valeur leurs propriétés par des activités extensives et éducatives, ils favorisent une approche intégrée de l’aménagement du territoire.

En terre privée, cette approche est la plus prometteuse pour garantir la préservation de la biodiversité. Les dons, servitudes de conservation ou acquisitions à des fins de conservation assurent la conservation des sites à perpétuité et procure certains avantages fiscaux pour le propriétaire foncier qui s'y engagent.

Au Québec, le Réseau de milieux naturels protégés regroupe des propriétaires et des gestionnaires qui œuvrent à la conservation du patrimoine naturel à travers le Québec. Il joue un rôle unique pour consolider un réseau de partenaires et encourager le partage du savoir-faire en conservation ainsi que favoriser la préservation de la nature par la conservation volontaire en terres privées.

Réserve naturelle en milieu privé[modifier | modifier le code]

Réserve naturelle Gault-de-l'Université-McGill

Une réserve naturelle est un terrain privé reconnu par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs pour sa valeur, biologique, faunique, floristique, géologique ou autre[29]. Le niveau de protection de ces territoires peut varier beaucoup d'une réserve à l'autre. Les 33 réserves naturelles du Québec ne protègent que 25 km2 de la province[30].

Territoires de gestion faunique[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ne s'agit pas d'aire protégée, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a aussi plusieurs types de territoires de gestion faunique, dont les réserves fauniques, les pourvoiries et les zecs.

Pourvoirie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pourvoirie.

Réserve faunique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réserves fauniques du Québec.

Les réserves fauniques sont des territoires publics de chasse et pêche vouées à « la conservation, à la mise en valeur et à l’utilisation de la faune ainsi que, accessoirement, à la pratique d’activités récréatives. » Il y a présentement 21 réserves fauniques au Québec couvrant un territoire de 66 886 km2 et 524 km de rivières à saumon[31]. Elles sont toutes administrées par la société des établissements de plein air du Québec à l'exception des réserves fauniques de Duchénier, de Dunière[32] et ce celles situées sur des rivières à saumons qui sont gérée par des organismes du milieu.

Zone d'exploitation contrôlée (Zec)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Zone d'exploitation contrôlée.

Les 86 zones d'exploitation contrôlée (zec) sont des territoires de chasse et de pêche situées sur les terres publiques. Elles sont administrées par des organismes sans but lucratif.

Reconnaissance internationale[modifier | modifier le code]

Le Québec possède un site du patrimoine mondial naturel, soit le parc national de Miguasha. La province a aussi 4 réserves de biosphère, soit les réserves de la biosphère de Charlevoix, du Lac-Saint-Pierre, du Manicouagan-Uapishka et Mont-Saint-Hilaire. Finalement, 4 sites Ramsar sont inclus au Québec, soit la baie de l'Isle-Verte, le cap Tourmente, le lac Saint-François et le lac Saint-Pierre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les aires protégées au Québec », sur Ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (consulté le 7 décembre 2013)
  2. « Registre des aires protégées », sur Ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (consulté le 7 décembre 2013)
  3. « Les aires protégées au Québec », sur Ministère de Développement durable, de l'Environnement et des Parcs,‎ 2009 (consulté le 29 mars 2009)
  4. « Registre des aires protégées », sur Ministère de Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (consulté le 13 mars 2009)
  5. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  6. « Registre des aires protégées au Québec: Parc national du Québec », sur Ministère de Développement durable, de l'Environnement et des Parcs,‎ 2009 (consulté le 11 juin 2010)
  7. « Lois sur les parcs », Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (consulté le 11 juin 2010)
  8. « Registre des aires protégées au Québec: Réserve de parc national du Québec », sur Ministère de Développement durable, de l'Environnement et des Parcs,‎ 2009 (consulté le 30 mai 2009)
  9. « Le Québec franchit une étape historique pour la protection de sa biodiversité », sur Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (consulté le 29 mars 2009)
  10. « Registre des aires protégées au Québec: Réserve de biodiversité », sur Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs,‎ 2009 (consulté le 17 avril 2009)
  11. « Registre des aires protégées au Québec: Réserve de biodiversité projetée », sur Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs,‎ 2009 (consulté le 17 avril 2009)
  12. « Registre des aires protégées au Québec: Réserve écologique », sur Ministère de Développement durable, de l'Environnement et des Parcs,‎ 2009 (consulté le 13 mars 2009)
  13. « Des habitats protégés au naturel », sur Ministère de Développement durable, de l'Environnement et des Parcs,‎ 2002 (consulté le 13 mars 2009)
  14. Écosystème forestier exceptionnel, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, consulté le 19 janvier 2008
  15. (fr) « Registre des aires protégées du Québec: Écosystème forestier exceptionnel (forêt ancienne) », Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec,‎ 11 juin 2008 (consulté le 1er septembre 2008), p. 8
  16. (fr) « Registre des aires protégées du Québec: Écosystème forestier exceptionnel (forêt rare) », Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec,‎ 11 juin 2008 (consulté le 1er septembre 2008), p. 4
  17. (fr) « Registre des aires protégées du Québec: Écosystème forestier exceptionnel (forêt refuge) », Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec,‎ 11 juin 2008 (consulté le 1er septembre 2008), p. 2
  18. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  19. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  20. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  21. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  22. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  23. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  24. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  25. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, consulté le 30 janvier 2008
  26. Les aires protégées, Ministère des ressources naturelles et de la Faune, consulté le 22 janvier 2008
  27. Refuges fauniques, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, consulté le 19 janvier 2008
  28. Registre des aires protégées du Québec, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, consulté le 19 janvier 2008
  29. (fr) « L.R.Q., chapitre C-61.01: Loi sur la conservation du patrimoine naturel », Éditeur officiel du Québec,‎ 1er août 2008 (consulté le 6 septembre 2008)
  30. (fr) « Registre des aires protégées du Québec: Réserve naturelle reconnue », Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs,‎ 1er avril 2008 (consulté le 6 septembre 2008), p. 8
  31. « Réserves fauniques », sur Ministère des Ressources naturelles et de la Faune,‎ mars 2005 (consulté le 14 mars 2009)
  32. « Réserve faunique de Dunière », sur Sépaq (consulté le 15 mars 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]