Rivière Jacques-Cartier

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46° 40′ 17″ N 71° 44′ 50″ O / 46.6714, -71.7472 ()

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Rivière Jacques-Cartier
La rivière Jacques-Cartier dans un secteur du Parc national de la Jacques-Cartier.
La rivière Jacques-Cartier dans un secteur du Parc national de la Jacques-Cartier.
Caractéristiques
Longueur 161 km
Bassin 2 515 km2
Débit moyen ?
Régime pluvio-nival
Cours
Source Lac Jacques-Cartier
· Altitude 783 m
Se jette dans Fleuve Saint-Laurent
Géographie
Pays traversés Canada

La rivière Jacques-Cartier est une rivière située au Québec, Canada. Elle passe notamment dans le Parc national de la Jacques-Cartier.

Géographie[modifier | modifier le code]

Longue de 161 kilomètres (ou 177 selon les références), la rivière Jacques-Cartier prend sa source au lac Jacques-Cartier dans la Réserve faunique des Laurentides, dans la région de la Capitale-Nationale, et s'écoule vers le sud pour rejoindre le fleuve Saint-Laurent entre Cap-Santé et Donnacona, à 30 kilomètres en amont et à l'ouest de Québec.

La rivière draine un bassin versant de 2515 kilomètres carrés, d'abord sur près de 160 kilomètres du massif des Laurentides dans la province géologique de Grenville (l'une des sections les plus jeunes du Bouclier canadien, formée il y a 955 millions d'années), puis dans les roches sédimentaires des Basses-terres du Saint-Laurent, vieilles de 500 millions d'années, sur environ 17 kilomètres, depuis la municipalité de Pont-Rouge jusqu'à son embouchure.

Le territoire couvert par le bassin versant de la rivière est pour une bonne part sauvage ou protégé, surtout dans sa partie haute. En effet, 77 % de ses méandres parcourent des territoires protégés, soit la réserve faunique des Laurentides et le Parc national de la Jacques-Cartier où l'on retrouve une vallée encaissée caractéristique de la fonte des glaciers lors de la dernière glaciation. On compte tout de même une population d'environ 25 000 personnes sur ses berges près de son embouchure, alors qu'elle traverse la municipalité régionale de comté de Portneuf et les municipalités de Tewkesbury, Saint-Gabriel-de-Valcartier, Shannon, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, Pont-Rouge, Cap-Santé et Donnacona. Cette dernière ville puise d'ailleurs son eau potable dans la Jacques-Cartier.

On compte parmi ses principaux affluents la Rivière aux Pommes, la rivière Sautauriski, la rivière Ontaritzi, la rivière à l'Épaule, la rivière Cachée, la Jacques-Cartier nord-ouest et la rivière Launière.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue à partir de la montagne de l'Épaule à l'hiver, Parc national de la Jacques-Cartier.

La Commission de toponymie du Québec rapporte que selon l'arpenteur John Adams, en 1829, la rivière est connue des Hurons comme Lahdaweoole, soit « venant de loin ». Ceux-ci et les Montagnais utilisaient ses rives pour la pêche et le trappage. Ce territoire était utilisé par les autochtones depuis plus de 7 000 ans. L'explorateur Samuel de Champlain la mentionne en 1632 sous le nom de « Rivière des Esturgeons & Saulmons » (Esturgeons et saumons). En 1656, une carte de Sanson d'Abbeville porte la mention « R. J. Quartier » pour désigner le cours d'eau, probablement nommé ainsi selon une croyance populaire qui veut que Jacques Cartier soit passé à son embouchure. Cette voie naturelle afin d'atteindre la région du Lac-Saint-Jean fut entre autres utilisée par les missionnaires jésuites au cours du XVIIe siècle.

L'exploitation forestière sur les hauts-plateau des Laurentides devint une activité économique importante dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La rivière fut alors utilisée afin d'effectuer le transport du bois vers le fleuve Saint-Laurent et les moulins à scie en aval de la rivière par la drave. Cette pratique ne fut interrompue qu'en 1975. Avec le peuplement de l'embouchure par les Français, puis l'établissement de cantons (Townships) de type anglais après la Conquête de 1759 sur les rives en amont, sur les territoires actuels de Stoneham-et-Tewkesbury, de nouvelles industries apparurent sur ses rives dont les moulins à farine. En 1895, la Réserve faunique des Laurentides fut créée afin de devenir un site de pêche, de chasse et de loisirs pour la population. À partir de 1918, la pêche devint de plus en plus populaire avec la construction de camps de pêche. La fin de la Première Guerre mondiale et la construction de routes vers le Lac-Saint-Jean passant à proximité de la rivière ne sont pas non plus étrangers à cette popularité. Puis, au XXe siècle, apparurent les barrages hydroélectriques qui profitèrent de son cours pour produire de l'énergie, jusqu'aux débuts des années 1970. En 1972, un projet d'Hydro-Québec, le projet Champigny, aurait eu comme conséquence d'inonder la vallée de la rivière Jacques-Cartier, projet qui fut dénoncé vivement par la population. Le gouvernement dut faire marche arrière et en 1981, le Parc national de la Jacques-Cartier fut créé à même le territoire de la réserve faunique comme parc de conservation de 671 km2 accessible au public pour des activités d'interprétation de la nature et de récréation compatibles avec la préservation du milieu naturel.

La zone du parc et en amont se prête à la descente de rapides en rafting, en canot et en kayak, et des entreprises privées offrent ces activités de plein-air, qui peuvent également se pratiquer librement dans le Parc national de la Jacques-Cartier[1],[2],[3].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Les rives présentent des caractéristiques des forêts mixtes comptant le bouleau jaune et l'érable à sucre alors que les territoires environnants montre plutôt la forêt boréale riche en conifères, en particulier l'épinette noire, et pauvre en feuillus. Cette distinction est particulièrement visible dans le secteur de la vallée aux pentes les plus escarpées, qui bénéficient d'un microclimat plus clément.

La riche faune est donc typique de la forêt mixte canadienne. On peut rencontrer dans la vallée de la Jacques-Cartier l'ours noir, le lynx roux, le raton-laveur, le loup gris, la loutre de rivière, le porc-épic et les trois grands cervidés du Québec, soit l'orignal, le cerf de Virginie et le caribou des bois; au total, 23 espèces de mammifères. 104 espèces d'oiseaux, dont des rapaces comme la chouette rayée, la crécerelle d'Amérique et le balbuzard s'y retrouvent. Enfin, 16 espèces de poissons, en particulier l'omble de fontaine, fréquentent ses eaux. Par ailleurs, le saumon Atlantique fait l'objet d'un programme spécial de réintroduction depuis sa disparition de la rivière au XIXe siècle.

Vue sur la rivière

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]