Interculturalisme

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L'interculturalisme est une philosophie d'échange entre les groupes culturels d'une société.

La notion d'interculturalisme intervient comme moyen privilégié de sensibilisation à la diversité culturelle. Elle suppose une participation active de la société d'accueil à l'intégration des nouveaux arrivants en même temps qu'une connaissance et une compréhension mutuelles des différences culturelles. Plus précisément, l'interculturalisme suggère l'adoption de la culture dominante du pays ou de la région d'adoption associée à la recherche de points communs tout en préservant les différences individuelles.

Interculturalisme et multiculturalisme[modifier | modifier le code]

Une distinction peut être établie entre l'interculturalisme et le multiculturalisme, mais il convient surtout de ne pas confondre ceux-ci avec le communautarisme.

L'interculturalisme est une idéologie n'offrant pas spontanément de valeur à chacune des cultures à l'intérieur d'une même société. L'objectif visé est plutôt le développement d'un ensemble commun de valeurs sociétales basé le plus souvent sur des modèles associés à la « civilisation occidentale », parmi lesquels les droits humains étendus. Par ailleurs, cette homogénéisation des valeurs requiert des interactions accrues entre les membres d'une société et ne peut se produire que dans un contexte de démocratie et de respect des droits humains. Ce dernier prérequis n'est pas explicitement énoncé dans l'idéologie du multiculturalisme.

La promotion des droits individuels sans discrimination fait l'objet d'une promotion active par l'interculturalisme. Ce faisant, les individus sont libres de conserver une affiliation avec un groupe ethnique donné, tout comme ils peuvent afficher publiquement leurs attributs culturels et religieux dans l'aire publique. Par ailleurs, il reste nécessairement que l'ensemble des individus adhère à un ensemble de valeurs et de droits enchassé dans une constitution; aucune exception n'est admise. De ce fait, les différences culturelles ne constituent pas une raison valide pour diminuer les droits de certains groupes (ethniques ou non) si cela contrevient aux valeurs de la société. Il découle de cette approche une tolérance élevée aux choix individuels et une tolérance minimale à l'application de principes totalitaires, dogmatiques ou théocratiques susceptibles de mettre en péril les bases de la société démocratique.

Interculturalisme au Québec[modifier | modifier le code]

Au Québec, l’interculturalisme, apparu en réaction au multiculturalisme canadien, a été soutenu par tous les gouvernements québécois.[réf. souhaitée] Toutefois, « cette notion aujourd’hui très répandue n’a jamais reçu de définition formelle et officielle »[1], alors que le multiculturalisme canadien « a été défini dans un énoncé de politique dès 1971, puis par une loi en 1988 »[1]. En 1982, le multiculturalisme a été inscrit dans la Charte canadienne des droits et libertés (art. 27) où il est stipulé que la Charte doit être interprétée afin de promouvoir le multiculturalisme. Devant ce constat, la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles a recommandé au gouvernement du Québec qu’il « fasse une loi, un énoncé de principe ou une déclaration » soumis à un vote de l'Assemblée nationale du Québec après consultations publiques[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gérard Bouchard et Charles Taylor, FONDER L’AVENIR. Le temps de la réconciliation. RAPPORT, Québec, Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, 2008, page 118.
  2. Ibid., 269.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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