Pierre de Rigaud de Vaudreuil

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Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial
Pierre de Rigaud de Vaudreuil par Donatien Nonotte, vers 1753-1755
Pierre de Rigaud de Vaudreuil par Donatien Nonotte, vers 1753-1755
Fonctions
Gouverneur général de la Nouvelle-France
1755 – 1760
Monarque Louis XV
Prédécesseur Michel-Ange Duquesne de Menneville
Successeur Jeffrey Amherst
Gouverneur de la Louisiane Française
1743 – 1753
Prédécesseur Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville
Successeur Louis Billouart de Kerlerec
Biographie
Date de naissance 22 novembre 1698
Lieu de naissance Québec, Canada
Date de décès 4 août 1778
Lieu de décès Paris, France
Nationalité Française
Conjoint Jeanne-Charlotte de Fleury Deschambault
Profession Officier de la Marine
Religion Catholicisme
Résidence Château Saint-Louis, Québec
Gouverneurs généraux de la Nouvelle-France
Gouverneurs de la Louisiane Française
Liste des gouverneurs de Trois-Rivières

Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, né le 22 novembre 1698 à Québec (Nouvelle-France) et mort le 4 août 1778 à Paris (France[1]), quatrième fils de Philippe de Rigaud de Vaudreuil et de Louise-Élisabeth de Joybert de Soulanges et de Marson, est marquis de Vaudreuil, officier de la Marine, gouverneur de Trois-Rivières, gouverneur de Louisiane et le dernier gouverneur général de la Nouvelle-France. De tous les gouverneurs de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil est le seul né au pays.

Sommaire

Seigneuries [modifier]

À la mort de son père en 1725, Pierre de Rigaud de Vaudreuil hérite de la seigneurie de Vaudreuil. En 1732, il se fait concéder, avec son frère François-Pierre de Rigaud de Vaudreuil la seigneurie de Rigaud.

Gouverneur de Trois-Rivières [modifier]

En 1731, après une rencontre avec le ministre de la marine Maurepas, il espère obtenir le poste de gouverneur de Montréal après la mort prochaine du gouverneur Jean Bouillet de la Chassaigne. Mais c'est le poste de gouverneur de Trois-Rivières qu'il obtient en 1733, poste qu'il occupera jusqu'en 1742, pour devenir gouverneur de la Louisiane.

La Louisiane [modifier]

Le marquis de Vaudreuil est nommé, par Maurepas, gouverneur de la Louisiane le 1er juillet 1742, il succède à Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville mais il n'arrive à La Nouvelle-Orléans que le 10 mai 1743. Il se montre un administrateur entreprenant, ordonne des défrichements. La situation n'est guère favorable: la colonie est faiblement peuplée, la population étant principalement répartie entre La Nouvelle-Orléans, des fermes dispersées le long du Mississippi, et des postes de traite de fourrures. De plus, par sa situation au centre du continent, elle est entourée par d'autres puissances coloniales et diverses nations indiennes; les communications entre Québec ou la France sont lentes, le ravitaillement de la colonie est difficile; pour protéger la colonie, il obtient l'envoi de 1 850 soldats en 1750. Il sait que, pour garantir la paix intérieure à la colonie, il faut rattacher les indiens à la cause française et les détacher des anglais, il tentera par diverses moyens de limiter l'influence anglaise à l'intérieur du continent grâce aux indiens.

Il développe le commerce des produits coloniaux avec les colonies espagnoles proches (Cuba et Mexique), il encourage, en vue de l'exportation, la production et l'exploitation des peaux, du tabac, du riz, de l'indigo[1]... Il est remplacé par Louis Billouart de Kerlerec en 1753.

La reddition [modifier]

En 1755, le marquis de Vaudreuil devient gouverneur-général de la Nouvelle-France, il gère la colonie durant la Guerre de Sept Ans. Les colonies américaines de la France sont un des théâtres de cette guerre entre la France et l'Angleterre.

Après la Bataille des plaines d'Abraham, durant le Siège de Québec, où Louis-Joseph de Montcalm trouve la mort (le marquis de Vaudreuil et lui se sont souvent opposés), Le marquis de Vaudreuil réfléchit sur l'attitude à adopter, après la consultation du conseil de guerre il est décidé que les troupes devront se replier sur la rivière Jacques-Cartier, malgré le fait que Vaudreuil et l'intendant Bigot se prononçaient pour la poursuite des combats. Le marquis de Vaudreuil laisse le commandement de la garnison de Québec à Jean Baptiste Nicolas Roch de Ramezay, avec pour instruction de résister le plus longtemps possible, mais si la situation n'était plus tenable (surtout pour la population) il l'autorisait à capituler. La ville de Québec capitule le 18 septembre 1759. Vaudreuil et le gouvernement de la Nouvelle-France se replient à Montréal. Quelques mois après, face à la menace d'une attaque britannique sur la ville, jugeant la situation désespérée et voulant épargner les derniers soldats qui défendaient la ville, il ordonne au chevalier de Lévis (et à ses 2400 soldats) de se rendre, il signa capitulation qui mena à la reddition de Montréal le 8 septembre 1760 contre les troupes britanniques à la veille d'assiéger la ville.

L'affaire du Canada [modifier]

Article détaillé : Affaire du Canada.

À son retour en France, le marquis de Vaudreuil passe devant un tribunal. Les autorités françaises cherchent un bouc-émissaire, il sera jugé en compagnie d'autres administrateurs de la Nouvelle-France, parmi lesquels l'intendant François Bigot ; Montcalm étant mort, les ministères de la Marine et de la Guerre fuyant toutes responsabilités, et Louis XV se refusant à condamner l'armée. On cherche les responsables de la perte de la Nouvelle-France et des dettes colossales qu'a causé la défense de la colonie.

Le marquis de Vaudreuil est embastillé le 30 mars 1762, et il sera remis en liberté provisoire le 18 mai ; il sera ensuite acquitté le 10 décembre 1763 au terme d'un long procès où il sera révélé que la faute ne retombait pas entièrement sur lui. En réparation des préjudices subis lors de cette affaire, le roi lui offre une compensation sous la forme d'un supplément de rentes de 6 000 livres.

Il meurt chez lui rue des Tournelles à Paris en 1778.

Distinctions et commémorations [modifier]

Une plaque commémorative est posée sur une pierre, devant l'église Saint-Michel de Vaudreuil. Le nom de la municipalité de Rigaud (Québec) reprend celui de la seigneurie, tiré de son patronyme.

En 1730, il reçoit la croix de Saint-Louis. Après l'Affaire du Canada, le roi Louis XV le fait Grand Croix de l'Ordre de Saint-Louis[1].

Notes et références [modifier]

  1. a, b et c W. J. Eccles. « Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, Pierre de, marquis de Vaudreuil », dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Université Laval et University of Toronto, 2000, consulté le 15 mars 2009

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • William John EcclesPierre de Rigaud de Vaudreuil dans le Dictionnaire biographique du Canada (édition en ligne). Université de Toronto/Université Laval. 1979-2005.
  • Bill Barron. The Vaudreuil Papers: A Calendar and Index of the Personal and Private Records of Pierre de Rigaud de Vaudreuil, Royal Governor of the French Province of Louisiana, 1743-1753, New Orleans : Polyanthos, 1975, 543 p.
  • Guy Frégault. Le Grand marquis : Pierre de Rigaud de Vaudreuil et la Louisiane, Montréal : Fides, 1952, 481 p.
  • Guy Frégault. La Guerre de la Conquête, Montréal : Fides, 1955, 514 p.
  • Pierre-Georges Roy. La Famille de Rigaud de Vaudreuil, Lévis, 1938, 216 p. (en ligne)
  • Louis Le Jeune, « Pierre de Cavagnal, marquis de Vaudreuil », dans Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mœurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, volume II, Ottawa : Université d’Ottawa, 1931, pp. 764-767. (en ligne)
  • Henri-Raymond Casgrain. Lettres du marquis de Vaudreuil au chevalier de Lévis, 1895, 215 p. (en ligne)
  • Henri-Raymond Casgrain. Extraits des archives des Ministères de la marine et de la guerre à Paris : Canada, Correspondance générale, MM. Duquesne et Vaudreuil, Gouverneurs-generaux, 1755-1760, Québec : L.J. Demers, 1890, 322 p. (en ligne)
  • Pierre de Rigaud de Vaudreuil. Mémoire pour le marquis de Vaudreuil, grand-croix de l'Ordre royale & militaire de Saint-Louis, ci-devant gouverneur & lieutenant général de la Nouvelle France, Imprimerie de Moreau, 1763, 46 p.

Articles connexes [modifier]