Sûreté du Québec

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Sûreté du Québec
Sceau de la Sûreté du Québec
Sceau de la Sûreté du Québec

Devise : « Service, Intégrité, Justice »

Création 1er février 1870
Type Police provinciale
Siège Montréal, Québec , Drapeau du Canada Canada
Langue(s) Français
Budget 833 100 000 $CAN (2009)[1]
Effectifs 5466 policiers
1743 employés civils[2]
Directeur général Mario Laprise
Affiliation(s) Ministère de la Sécurité publique du Québec
Site web www.sq.gouv.qc.ca
Drapeau de la Sûreté du Québec aux couleurs kaki et jaune

La Sûreté du Québec (SQ) est le corps de police national[3] du Québec, au Canada. Elle est l’une des plus anciennes institutions québécoises encore en existence. C'est aussi la seule organisation policière à servir tout le territoire québécois. Elle fut créée par l’Acte de police de Québec, sanctionné le 1er février 1870. C’est le 1er mai de cette même année que l’organisation de la police provinciale de Québec fut complétée.

La SQ est l'une des trois forces de police provinciales au Canada, les autres appartenant à l'Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador, alors que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) agit à titre de police provinciale dans les autres provinces.

Description[modifier | modifier le code]

Son quartier général est situé au 1701, rue Parthenais à Montréal, au Québec.

Selon la Loi sur la police, sa mission est la suivante :

« La Sûreté du Québec, police nationale, concourt, sur l'ensemble du territoire québécois, au maintien de la paix et de l'ordre public, à la préservation de la vie, de la sécurité et des droits fondamentaux des personnes ainsi qu'à la protection de leurs biens. La Sûreté du Québec soutient aussi la communauté policière, coordonne des opérations policières d'envergure, contribue à l'intégrité des institutions étatiques et assure la sécurité des réseaux de transport qui relèvent du Québec. »

Afin d'assurer sa mission, la Sûreté du Québec peut compter sur plus de 3 194 véhicules de toutes sortes et elle fait état de dépenses de fonctionnement et d'investissement de plus de 833 millions de dollars canadiens. L'organisation occupe 223 immeubles et terrains répartis entre les districts de police de :

  • Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean
  • Capitale-Nationale-Chaudière-Appalaches
  • Mauricie-Centre-du-Québec
  • Estrie
  • Montréal-Laval-Laurentides-Lanaudière
  • Outaouais
  • Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec
  • Côte-Nord
  • Montérégie

Elle peut aussi travailler en collaboration ou en complémentarité avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les corps de police municipaux au Québec, tel que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Par ailleurs, la Sûreté du Québec est de plus en plus active au niveau international malgré son statut de corps policier provincial. En effet, elle entretient des rapports privilégiés avec plusieurs partenaires européens (France, Belgique, Suisse) en matière de coopération technique et participe aux missions de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies (MINUSTAH et ONUCI). Elle fait également partie du réseau international Francopol, voué à l'amélioration de la formation et des pratiques policières dans la Francophonie. Le quartier général de la Sûreté du Québec abrite le Secrétariat général de Francopol à Montréal.

Plusieurs controverses ébranlent la réputation de la sûreté du Québec, notamment au G8 en 2007[4],[5], alors que des agents provocateurs de la Sûreté du Québec auraient provoqués eux-mêmes, les policés de la Sûreté du Québec, qui auraient par la suite ripostés. Des contradictions ont été rapportés par Radio-Canada dans le discours du porte-parole de la sûreté du Québec, Jean Finet à la suite événements de Victoriaville en mai 2012 lors des contestations étudiantes [6]

Historique[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Sûreté flottant aux côtés du drapeau québécois

Le 1er mai 1870, le juge Pierre-Antoine Doucet est nommé commissaire de la Police provinciale nouvellement formée. Le quartier général est établi à Québec dans la centrale de la Police municipale de Québec, qui fut dissoute le 26 mai. De petits détachements sont établis, à la demande et aux frais des municipalités. Les villes de Lévis, Hull et Sherbrooke sont les premières à s'en prévaloir.

En 1877, la Ville de Québec met de nouveau sur pied son propre corps de police. La police provinciale maintient un service réduit à Québec dirigé par le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Amyot, mais de 1878 à 1883, les policiers provinciaux de la ville sont intégrés à ceux de Québec. En 1883, le gouvernement reprend la responsabilité de ses policiers, dirigés par un autre commissaire, le juge Alexandre Chauveau. Le corps de police reçoit le mandat de la garde de l'édifice du parlement complété en 1884.

Au cours de ces années, certaines municipalités en développement mettent sur pied leur propre corps de police pour assurer le maintien de l'ordre. En 1899, la Police provinciale passe sous l'autorité du Département du procureur général (ministère de la Justice) et de ses ministres, qui exerceront ce pouvoir durant plus de 90 ans. Elle est entièrement réorganisée, marquant une rupture avec le XIXe siècle.

En parallèle, des corps policiers spécialisés sont créés. Ainsi l'augmentation constante des affaires criminelles dans la grande région montréalaise amène le procureur général à y établir un Bureau de détectives provinciaux à Montréal, distinct de la Police provinciale. Une autre police gouvernementale, la Police du revenu veille à l'application des lois prévoyant la perception de certains droits et taxes. Les constables et rares détectives de Québec sont sporadiquement envoyés en mission en province.

En 1922, la loi établit deux quartiers généraux de la Police provinciale, l'un à Québec dirigé par Augustin Mc Carthy et l'autre à Montréal, par Dieudonné Daniel Lorrain. La Police provinciale de Québec et le Bureau des détectives provinciaux de Montréal sont alors fusionnés. La division de Québec compte un effectif d'environ 35 policiers, dont deux détectives. Cette division englobe tout l'Est du Québec, ainsi que les régions de Trois-Rivières et de l'Abitibi. À partir de 1925, les policiers provinciaux séjournent à Rouyn-Noranda de façon régulière et amorcent la création d'un premier poste permanent.

Vu l'expansion du réseau routier et l'accroissement du nombre de véhicules au Québec, une Police de la circulation voit le jour et patrouille en motocyclette durant la saison estivale. Ce groupe relève à partir de 1924 du département de la Voirie mais sera éventuellement intégré à la Police provinciale.

En 1929, l'augmentation constante des affaires policières force le gouvernement à modifier la structure de la Sûreté provinciale pour une plus grande efficacité.

Le 15 juin 2006, elle lance, en collaboration avec d'autres forces policières agissant au Québec, un site Web répertoriant les dix criminels les plus recherchés par son service[7]. Ce site pointe vers d'autres sites de même nature, mais visant des zones géographiques différentes.

Controverses[modifier | modifier le code]

Intervention de la Sûreté lors d'une manifestation contre le Plan Nord en 2012

Plusieurs controverses ébranlent la réputation de la sûreté du Québec, notamment au sommet du G8 en 2007[8],[9], alors que des agents provocateurs de la Sûreté du Québec auraient provoqué les policiers pour justifier une escalade de la répression des manifestants. Des contradictions ont été rapportées par Radio-Canada dans le discours du porte-parole de la sûreté du Québec, Jean Finet, à la suite des événements de Victoriaville en mai 2012, lors des contestations étudiantes[10].

Liste des directeurs généraux de la SQ[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Antoine Doucet (1870-1877)
  • Jean-Baptiste Amyot (1877-1878)
  • Alexandre Chauveau (1880-1899)
  • Augustin McCarthy (1902-1932)
  • Dieudonné Daniel Lorrain (1922-1928)
  • Maurice-Charles Lalonde (1929-1936)
  • Philippe Aubé (1936-1937)
  • Philippe-Auguste Piuze (1937-1940)
  • Marcel Gaboury (1940-1944)
  • Joseph-Paul Lamarche(1944-1950)
  • Hilaire Beauregard (1954-1960)
  • Josaphat Brunet (1960-1965)
  • J.-Adrien Robert (1965-1968)
  • Maurice St-Pierre (1969-1973)
  • Paul-A. Benoît (1973-1974)
  • Jacques Beaudoin (1974-1988)
  • Robert Lavigne (1988-1995)
  • Serge Barbeau (1995-1996)
  • Guy Coulombe (1996-1998)
  • Florent Gagné (1998-2003)
  • Normand Proulx (2003-2008)
  • Richard Deschesnes (2008-2012)
  • Mario Laprise (2012-maintenant)

Services spécialisés[modifier | modifier le code]

Afin d'accomplir ses diverses missions, la SQ a réparti ses personnels entre plusieurs services chargés des crimes et délits relevant de ses compétences propres :

Missions de paix de l'Organisation des Nations unies[modifier | modifier le code]

La Sûreté du Québec participe aux efforts de la communauté policière canadienne aux opérations de paix de de l’ONU (les missions UNPOL) sous la coordination de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Les premières contributions de la Sûreté du Québec aux activités de police civile internationale ont eu lieu entre 1995 et 1998. Après une interruption, l’engagement de la Sûreté du Québec a été renouvelé en 2004. Fait important, l’organisation provinciale envoie des policiers uniquement au sein de missions francophones.

Depuis 1995, plus de 250 policiers de la Sûreté du Québec ont contribué à l’effort de maintien de la paix de l’ONU. Les deux théâtres d’opérations où sont déployés les policiers de la SQ sont Haïti (MINUSTAH) et la Côte d’Ivoire (ONUCI). Aujourd’hui, la SQ déploie 26 policiers en opérations de paix avec l’objectif de déployer 50 policiers en Haïti à moyen terme suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH)[modifier | modifier le code]

Policière UNPOL de la Sûreté du Québec déployée au sein de la MINUSTAH

Depuis 2004, le travail des membres de la Sûreté du Québec en Haïti s’inscrit dans le cadre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Le mandat légal que l’ONU a confié à la MINUSTAH consiste alors à aider au rétablissement et au maintien de l’État de droit, de la sécurité publique et de l’ordre public en Haïti (résolution UNSC 1542 (2004)). La mission a donc pour but d’assurer la stabilisation du pays, la tenue d’élections libres, et la reconstruction des institutions haïtiennes dans un climat de sécurité. L’élément policier de la MINUSTAH a pour mandat de créer un environnement plus sûr et d’ «aider le gouvernement à surveiller, restructurer et réformer la Police nationale haïtienne, conformément aux normes d'une police démocratique ». Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti est cependant venu changer la donne. Les objectifs originaux de la mission se voient désormais joint aux besoins criants de reconstruction et de stabilisation du pays. Le 19 janvier 2010, le conseil de sécurité des Nations unies vote ainsi la résolution 1908 (2010) autorisant l’augmentation des effectifs militaires et civils de la MINUSTAH ; on consent alors au déploiement de 3 500 militaires supplémentaires, élevant à 8 940 le compte total de casques bleus dans le pays, ainsi qu’à l’augmentation de la présence des policiers civils (UNPOL) portant dorénavant leur nombre à 3 711.

Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI)[modifier | modifier le code]

Deux policiers de la Sûreté du Québec en mission onusienne UNPOL en Côte d'Ivoire

La Sûreté du Québec participe depuis janvier 2008 à l’Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). Deux membres y sont actuellement déployés pour une période de neuf mois. L’opération de paix en Côte d’Ivoire est une mission de maintien et de consolidation de la paix. Cette mission a pour but d’observer et de surveiller le cessez-le-feu établi le 3 mai 2003 entre l’armée ivoirienne et les forces rebelles ayant pris le contrôle de la partie nord du pays. Le rôle des policiers des Nations Unies en Côte d’Ivoire est d’accompagner le processus de résolution de crise. Elle a pour mandat d’aider à rétablir une présence policière dans le pays pour sécuriser les populations, de conseiller les autorités locales sur la restructuration des Services de Sécurité, et d’apporter son expertise professionnelle à la Police et à la Gendarmerie locales.

Véhicules[modifier | modifier le code]

Voitures semi-identifiées, semi-banalisées et banalisées[modifier | modifier le code]

Les voitures banalisées sont communément appelées « voitures de police fantômes », puisque ses feux d'urgences bleus et rouges, ainsi que certains détails, sont camouflés. L'appellation officielle de ces voitures est « voiture de police semi-identifiés ou semi-banalisés», puisque certains détails des voitures dites « identifiées» (gyrophares extérieurs, marquage du capot avant et de l'arrière de la voiture) ne sont pas présents sur celles-ci, qui sont toutefois partiellement identifiées, d'où leur appellation.

Autres véhicules[modifier | modifier le code]

La Surêté du Québec possède pour d'autres tâches, entre autres, les véhicules suivants : camion, motocyclette, bicyclette, bateau hors-bord, bateau pneumatique, VTT, hélicoptère, véhicule amphibie, motomarine et motoneige.

Équipement[modifier | modifier le code]

L'arme de service est le Glock 17, 19 ou 26 en calibre 9 mm.

Identification des insignes de grades[modifier | modifier le code]

Grade Sergent Lieutenant Capitaine Inspecteur
Insigne Sergent SQ.gif Lieutenant SQ.gif Capitaine SQ.gif Inspecteur SQ.gif
Grade Inspecteur-chef Directeur général adjoint Directeur général
Insigne Inspecteur Chef SQ.gif Directeur général adjoint SQ.gif Directeur général SQ.gif

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]