Démographie du Québec

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Les principales agglomérations et leur population (données 2000).

La démographie du Québec, comme celle de la plupart des sociétés développées est marquée en ce début de XXIe siècle par un faible taux de fécondité, insuffisant à lui seul à assurer le renouvellement des générations. L'indice de fécondité a augmenté depuis les années 2003 à 2008, où il est passé de 1,50 à 1,73. Par contre, de 2008 à 2013, celui-ci a diminué de 1,73 à 1,65. Cette baisse de fécondité, survenue au Québec dans les années 1960 est toutefois tempérée par un accroissement de l'espérance de vie qui a augmenté de manière significative entre 1951 et 2005, passant durant cette période, de 64,4 ans à 77,6 ans chez les hommes et de 78,6 à 82,7 ans chez les femmes[1].

Entre 1991 et 2000, le Québec a enregistré 849 727 naissances contre 474 016 décès pour un solde naturel de 375 711 personnes. C'est 300 000 naissances de moins que durant les années 1960 (1 185 776).

Faisant face à un solde migratoire interprovincial négatif depuis les années 1960, l'immigration internationale — avec un solde migratoire net de 257 309 personnes entre 1991 et 2000 —, est devenu, depuis un demi-siècle un moteur de plus en plus important de progression démographique du Québec.

Le Québec pourrait compter 9,2 millions d'habitants en 2056. Si les tendances récentes en matière de fécondité et d'immigration se maintiennent, le Québec connaîtra un accroissement de sa population d'ici 2056, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La population québécoise a franchi le cap des 8.2 millions d'habitants le 1er janvier 2014 pour une population de 35.5 millions d'habitants au Canada[2].La population québécoise s'établira à 9,2 millions dans moins de 50 ans[3]. (C'est la première fois depuis au moins 25 ans que les statisticiens de l'ISQ avancent que la population québécoise ne déclinera pas à moyen ou à long terme.)

Le scénario de référence de Perspectives démographiques du Québec et des régions 2003-2053 prévoyait un déclin de la population à partir de 2031. Le taux de fécondité stagnait à environ 1,69 enfant par femme en 2011 et 1,68 en 2012[4]. «On avait alors fait l'hypothèse que le taux de fécondité s'élèverait, puis se maintiendrait à 1,5», a indiqué au Devoir le démographe Dominique André.

Actuellement, le Québec vieillit. On compte dans sa population beaucoup d'aînés, qui sont le résultat du phénomène du baby-boom. En 2036, on prévoit que les aînés domineront les moins de 19 ans, avec une différence de 228 000 individus, comparé à 79 000 pour les jeunes. C'est aujourd'hui que le pic de natalité de l'Après-Guerre fait son œuvre: les personnes nées durant cette période sont désormais près l'âge de la retraite ou le sont présentement, ce qui occasionne une population vieillissante et une population active réduite. Étant donné cette situation, le Québec doit trouver des solutions pour combler les enjeux cela apporte[5].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique du Québec en comparaison du reste du pays[modifier | modifier le code]

Année Population
Canada
Population
Québec
Part (%)
Québec/Canada
1851 2 436 297 890 261 36,5
1861 3 229 633 1 111 566 34,4
1871 3 689 257 1 191 516 32,3
1881 4 324 810 1 359 027 31,4
1891 4 833 239 1 488 535 30,8
1901 5 371 315 1 648 898 30,7
1911 7 206 643 2 005 776 27,8
1921 8 787 949 2 360 510 26,9
1931 10 376 786 2 874 662 27,7
1941 11 506 655 3 331 882 29,0
1951 14 009 429 4 055 681 28,9
1961 18 238 247 5 259 211 28,8
1971 21 962 032 6 137 305 27,9
1981 24 819 915 6 547 207 26,4
1991 28 037 420 7 067 396 25,2
1996 29 610 218 7 246 897 24,5
2001 31 019 020 7 396 331 23,8
2006 32 576 074 7 631 552 23,4
2011 34 342 800 8 007 700 23,3
2012 34 752 100 8 084 800 23,3
2013 35 154 300 8 154 000 23,2
Source :Institut de la statistique du Québec

Graphique démographie du Québec

L'évolution comparée de la population du Québec, de l'Ontario et du Canada, montre que le Québec avait une démographie relativement dynamique jusqu'en 1961. La population a même cru à un rythme plus rapide qu'en Ontario entre 1901 et 1961. À partir de 1961, cependant, la croissance de la population québécoise fléchit considérablement, accélérant la chute de son poids relatif dans la fédération canadienne.

Évolution de la population québécoise[6]
Année Habitants
1851 890 261
1861 1 111 566
1871 1 191 516
1881 1 359 027
1891 1 488 535
1901 1 648 898
1911 2 005 776
1921 2 360 510
1931 2 874 662
1941 3 331 882
1951 4 055 681
1956 4 628 378
1961 5 259 211
1966 5 780 845
1971 6 137 306
Année Habitants
1976 6 396 767
1981 6 547 705
1986 6 708 468
1991 7 064 586
1996 7 246 896
2001 7 396 990
2002 7 445 745
2003 7 493 958
2004 7 547 728
2005 7 598 146
2006 7 631 600
2007 7 687 100
2008 7 753 500
2009 7 828 900
2010 7 922 726
2011 8 004 000
Source :Institut de la statistique du Québec

Évolution démographique des régions administratives (2006)[modifier | modifier le code]

Région à croissance démographique

Région à décroissance démographique

On peut remarquer que le facteur migratoire interrégional est très important. Il explique la décroissance de la Côte-Nord et de bien d'autres régions éloignées ainsi que la faible progression (+0,09 %) de Montréal; en effet les habitants de l'Île de Montréal quittent pour les régions périphériques comme Lanaudière, les Laurentides ou la Montérégie, ce qui explique les fortes croissances dans ces régions. Certaines régions habituellement en décroissance ou en faible croissance ont profité de l'augmentation des naissance en 2006. Les composantes de la progression démographique en Abitibi-Témiscamingue sont le fort taux de natalité et une balance migratoire qui s'est nettement améliorée avec le «boom» minier de la région.

Natalité et mortalité[modifier | modifier le code]

De 1901 à 2010[modifier | modifier le code]

Période Naissances Taux de natalité moyen Décès Solde naturel
1901-1910 678 156 38,5 280 346 397 810
1911-1920 829 500 38,4 339 580 489 920
1921-1930 849 017 33,0 316 487 532 530
1931-1940 786 984 25,6 330 084 456 900
1941-1950 1 069 742 29,5 305 644 764 098
1951-1960 1 366 419 29,9 315 013 1 051 406
1961-1970 1 185 776 21,0 348 822 836 954
1971-1980 947 855 15,0 430 587 517 268
1981-1990 891 445 13,2 417 399 474 046
1991-2000 849 727 11,8 474 016 375 711
2001-2010 802 109 10.51 561 468 240 641

Source : Institut de la Statistique du Québec[réf. insuffisante]

On remarque que le taux de natalité a fortement régressé au cours du XXe siècle. Après un sursaut de 20 ans, entre 1941 et 1960 (le Baby boom), le taux de natalité a poursuivi sa chute amorcée au début du siècle. Il est aujourd'hui trois fois plus faible qu'il y a cent ans. On explique cette hausse de la natalité de 1941 par le début de la Seconde Guerre mondiale. L'expansion de la démographie à cet époque a duré jusqu'en 1965. Ce phénomène est expliqué par le retour des soldats à leur foyer. Les unions ont donc été retardées et les familles ont par le fait même été fondés qu'à la fin de la guerre et ce, tous au même moment. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le phénomène du baby-boom[7].

Évolution récente[modifier | modifier le code]

Année Naissances Décès Taux de natalité
(pour 1000 habitants)
Taux de mortalité
(pour 1000 habitants)
Indice de fécondité
(enfants par femme)
2003 73 916 54 972 9,9 7,3 1,50
2004 74 068 55 614 9,8 7,4 1,50
2005 76 341 55 988 10,1 7,4 1,54
2006 81 962 54 434 10,7 7,1 1,65
2007 84 453 56 748 11,0 7,4 1,68
2008 87 865 57 149 11,3 7,4 1,73
2009 88 891 58 043 11,4 7,4 1,73
2010 88 436 58 400 11,2 7,4 1,70
2011 88 500 59 300 11,1 7,4 1,68
2012 88 700 60 800 11,0 7,5 1,67
2013 88 600 60 800 10,9 7,5 1,65

Source : Institut de la Statistique du Québec[8]

Indice synthétique de fécondité par région administrative (2013)[modifier | modifier le code]

  • Nord-du-Québec : 2,49
  • Centre-du-Québec : 1,90
  • Abitibi-Témiscamingue : 1,89
  • Chaudière-Appalaches : 1,87
  • Lanaudière : 1,80
  • Côte-Nord : 1,80
  • Laurentides : 1,75
  • Montérégie : 1,73
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean : 1,72
  • Bas-Saint-Laurent : 1,70
  • Estrie : 1,68
  • Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : 1,66
  • Mauricie : 1,65
  • Laval : 1,64
  • Outaouais : 1,62
  • Capitale-Nationale : 1,57
  • Montréal : 1,53
  • Ensemble du Québec : 1,65

Source : Institut de la Statistique du Québec[8]

Langues[modifier | modifier le code]

Langue maternelle Population (2011) Pourcentage de la
population totale
Français 6 164 745 78,9 %
Anglais 647 655 8,3 %
Autre 1 003 545 12,8 %
Population totale 7 815 955 100,0 %[9]

Immigration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Immigration au Québec.

Composition ethnique et minorités visibles[modifier | modifier le code]

Composition ethnique du Québec en 2006.
Groupe ethnique Population
2006
Population
2011
Part
2006
Part
2011
Croissance
2006-2011
Blancs 6 673 125 6 740 370 89,7 % 87,2 % + 1,0 %
Minorités visibles (ni blancs ni autochtones) 654 355 850 240 8,8 % 11,0 % + 29,9 %
Noirs 188 070 243 625 2,5 % 3,2 % + 29,5 %
Arabes 109 020 166 260 1,5 % 2,2 % + 52,5 %
Autochtones 108 425 141 915 1,5 % 1,8 % + 30,9 %
Latino-Américains 89 510 116 380 1,2 % 1,5 % + 30,0 %
Sud-Asiatiques 72 850 83 320 1,0 % 1,1 % + 14,4 %
Chinois 79 825 82 850 1,1 % 1,1 % + 3,8 %
Autres 115 080 157 805 1,5 % 2,0 % + 37,1 %
Total 7 435 905 7 732 525 100,0 %[10] 100,0 %[11] + 4,0 %

Solde migratoire[modifier | modifier le code]

Période Solde des migrations internationales Solde des migrations interprovinciales Solde migratoire total
1961-1970 24 301 -135 552 -111 251
1971-1980 166 642 -213 883 -65 746
1981-1990 194 642 -122 143 72 499
1991-2000 257 309 -121 132 136 177
2001-2006 168 046 -19 569 148 477

Source : Institut de la Statistique du Québec[réf. insuffisante]

Le Québec est depuis longtemps une terre d'accueil pour l'immigration internationale. Cet important apport d'immigrants est cependant tempéré par la forte émigration des Québécois vers les autres provinces canadiennes. Depuis 1960, le solde migratoire interprovincial a toujours été négatif. Ce phénomène a plusieurs composantes. Plusieurs immigrants internationaux ayant choisi le Québec comme terre d'accueil repartent après quelques années vers d'autres provinces, ce qui fait du Québec qu'une étape dans le parcours de ces immigrants.

L'émigration des anglophones du Québec vers le Canada anglais a été un phénomène très important dans le passé. Il explique en bonne partie l'imposant solde négatif qu'on observe dans la décennie 1971-1980, époque marquée par la montée du mouvement souverainiste québécois et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement du Parti québécois en 1976.

L'autre composante de cette émigration vers les autres provinces est l'attrait que représentent les économies fortes de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique chez tous les Québécois, y compris les francophones.

L'immigration est un point fort pour le rétablissement de la démographie qui se trouve à être critique au Québec ces dernières années. Au cours de l'année 2013, le nombre d'immigrants au Québec s'est élevé à 51 959 personnes. L'immigration contribue a équilibrer la population québécoise et canadienne depuis 1990 et continuera de le faire pour les années à venir. Également, l'immigration contribue à combler une partie de la main-d'œuvre manquante dû à la réduction de la population active[12].

Perspectives démographiques[modifier | modifier le code]

Si la tendance démographique des dernières années se poursuit, la population du Québec pourrait croître sans interruption d'ici 2056. De 7,6 millions de personnes en 2006, elle pourrait croître jusqu’à 8 millions en 2012, avant d'atteindre les 9 millions vers 2040. Tel est le constat du scénario de référence tiré de la nouvelle édition des perspectives démographiques de l’Institut de la statistique du Québec.

Une situation démographique moins favorable pourrait par contre se traduire par un plafonnement en 2029 à près de 8,3 millions d’individus, suivi d’un déclin qui ramènerait la population à 7,7 millions en 2056. À l’opposé, une situation de très forte croissance démographique amènerait la population du Québec à près de 11 millions en 2056. Il s’agit d’une révision à la hausse significative par rapport aux résultats de l’édition de projection de 2003.

Cette évolution démographique ne sera toutefois pas uniforme dans les différentes régions du Québec. D’ici 2031, chaque région fera face à l’une des quatre situations suivantes : une croissance vigoureuse (cinq régions), une croissance continue mais modérée(six régions), une baisse continue (trois régions), une transition de croissance à décroissance (trois régions).

Pour ce qui est de la population vieillissante, des tableaux de l'Institut de la Statistique du Canada démontre que d'ici 2061, le groupe de personnes le plus élevé sera les personnes âgées de 85 ans et plus.

Région Population en 2001 Population en 2011 Population en 2026 Évolution 2001-2026
Le Québec 7 397 000 7 767 000 8 086 000 9,3 %
Régions en croissance
Laurentides 471 000 540 000 607 000 28,8 %
Outaouais (Québec) 323 000 358 000 386 000 19,3 %
Lanaudière 396 000 432 000 465 000 17,5 %
Laval (Québec) 350 000 380 000 407 000 16,5 %
Montréal 1 853 000 1 965 000 2 128 000 14,8 %
Estrie 291 000 311 000 327 000 12,4 %
Montérégie 1 312 000 1 395 000 1 457 000 11,1 %
Centre-du-Québec 223 000 229 000 234 000 4,9 %
Régions en transition
Capitale-Nationale 652 000 676 000 675 000 3,5 %
Chaudière-Appalaches 391 000 397 000 393 000 0,5 %
Nord-du-Québec 39 000 39 000 37 000 -7,0 %
Régions en décroissance
Mauricie 260 000 255 000 243 000 -6,4 %
Bas-Saint-Laurent 204 000 197 000 184 000 -9,9 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean 284 000 269 000 251 000 -11,7 %
Abitibi-Témiscamingue 149 000 140 000 130 000 -12,9 %
Côte-Nord 100 000 92 000 82 000 -18,1 %
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine 99 000 91 000 81 000 -18,3 %

Source : Édition 2003 des perspectives démographiques.

Répartition de la population selon le type de région (2001)[13][modifier | modifier le code]

Catégorie[14] Pourcentage Population
Régions essentiellement urbaines 55,1 % 3 985 936
Régions intermédiaires 21,2 % 1 536 022
Régions rurales voisines de régions métropolitaines 10,3 % 748 456
Régions rurales non voisines de régions métropolitaines 12,3 % 889 269
Régions rurales du Nord et éloignées 1,1 % 77 796
Total 100,0 % 7 237 479

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. . Québec Institut de la statistique du Québec. (2006). La situation démographique au Québec. Bilan 2006[PDF]. (ISBN 2-550-48491-6). page 53.
  2. « Population par année, province et territoire (Nombre) », sur Statistique Canada,‎ 2014-09-26 (consulté le 2014-11-18)
  3. http://www.ledevoir.com/2009/07/16/259216.html
  4. « Le bilan démographique du Québec Édition 2013 », sur Institut de la statistique Québec,‎ 2013 (consulté le 2014-11-18)
  5. « Une majorité de Canadiens craint de manquer d'argent à la retraite »,‎ 28 octobre 2014 (consulté le 25 novembre 2014)
  6. Québec. Institut de la statistique du Québec (2006, 28 septembre). Québec et Canada, 1851-2006. Page consultée le 16 août 2007.
  7. « Baby-boom - l'Encyclopédie »,‎ 10 août 2014 (consulté le 25 novembre 2014)
  8. a et b Institut de la statistique du Québec. Population et démographie
  9. Statistique Canada - Population selon les langues maternelles déclarées
  10. Origine ethnique et minorités visibles : Québec
  11. Enquête nationale auprès des ménages de 2011 : Tableaux de données
  12. « L'immigration au cœur de la croissance démographique »,‎ 18 septembre 2014 (consulté le 25 novembre 2014)
  13. Informations de 2001, publiées en juin 2002 par Agriculture et Agroalimentaire Canada dans le document Tendances démographiques rurales au Canada - Nº de publication 2138/F : Site Web du Partenariat rural canadien[PDF] (lien consulté le 29 janvier 2007)
  14. La définition des catégories sont définies par l'OCDE, tel que décrites dans l'encadré 1 (page 4) du document Tendances démographiques rurales au Canada - Nº de publication 2138/F

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]