Lac de barrage

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Photo ancienne du réservoir de Mamilla de Jérusalem, réputé construit par l'ancien roi Hérode le Grand comme réservoir d'eau potable pour la cité. Il est aujourd'hui au cœur de la ville.

Un lac de barrage, ou réservoir, est un aménagement à la surface du sol accumulant l'eau de ruissellement d'un cours d'eau à l'aide d'un barrage. Ces réservoirs ont divers usages, dont: assurer la disponibilité de l'eau potable, réguler le débit des cours d'eau aval, permettre l'installation d'une centrale hydroélectrique.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le lac de barrage du Boréon, près de Saint-Martin-Vésubie (France)

Disponibilité de l'eau potable[modifier | modifier le code]

Certains réservoirs ne servent qu'à stocker l'eau potable temporairement en attendant sa distribution. C'est le cas du château d'eau, surélevé pour fournir passivement de la pression à l'utilisateur final, au robinet (mais il faut néanmoins une pompe, c'est-à-dire de l'énergie pour élever l'eau). À titre d'exemple, en Suisse, les réservoirs d'eau potable contiennent l'équivalent de 450 litres par habitant[1].

Régularisation du débit des cours d'eau[modifier | modifier le code]

Réservoir de centrale[modifier | modifier le code]

Article connexe : Énergie hydroélectrique.

Un lac de barrage accolé à une centrale hydroélectrique permet de stocker l'eau pour l'utiliser en période de pointe de consommation, d'augmenter la hauteur de chute et d’accroître la puissance de ses générateurs électriques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Exemple de Trop-plein de réservoir captant l'eau de surface et la réoxygénant

Depuis l'antiquité et tout particulièrement dans les zones arides, des réservoirs d'eau potable ou d'irrigation ont été constitués, dans des citernes, des aménagements plus vastes, souterrains parfois, ou au moyen d'un barrage sur un cours d'eau.

Santé[modifier | modifier le code]

Un des problèmes des réservoirs d'eau destinée à la consommation est d'y conserver l'eau la plus potable possible.

Cette préoccupation concerne encore les réservoirs de barrages, où l'on trouve de plus en plus de bactéries cyanophycées susceptibles de sécréter des toxines. L'eau en est désinfectée pour limiter les risques de zoonoses (grippe aviaire qui pourrait être transmise par les fientes de canards) et parasitoses.

Environnement[modifier | modifier le code]

À cause des pratiques agricoles exacerbant les phénomènes d'érosion des sols, et sources de pollutions par les pesticides et des eutrophisants, de nombreux réservoirs de barrages se sont envasés et leurs sédiments peuvent être toxiques ou impropres à une utilisation comme amendement agricole (ce qui était autrefois leur destination). L'artificialisation des cours d'eau qu'ils induisent a des impacts forts sur les débits saisonniers, la circulation des poissons migrateurs, les volumes d'eau réservés (débit réservé) pour l'aval, mais aussi sur le taux d'oxygène et la température de l'eau dans le réservoir mais aussi en aval.
En comparant des cours d'eau très semblables, dont l'un possède un lac-réservoir de barrage et l'autre non, on a constaté qu'en été, la présence d'un lac de barrage modifiait de manière très complexe la température de l'eau en aval ; avec de fortes variations selon les conditions hydrométéorologiques, la façon dont le réservoir est utilisé pour réguler les flux en aval, la configuration du barrage et son volume d'eau (cf. l'inertie thermique), une éventuelle stratification thermique du réservoir et la profondeur de la prise de l'eau libérée en aval. Certains barrages disposent d'équipements de déstratification (c'est le cas par exemple du lac de Mas Chaban (Charente, France) [2]).
L'effet sur la température varie selon l'heure, le jour, la saison et même selon les années[3]. Ceci a des conséquences sur la biologie de la rivière. Moins l'eau est fraiche, moins elle peut contenir d'oxygène dissous. Les salmonidés ont par exemple besoin d'une eau très fraiche. De plus de nombreux pathogènes pullulent plus facilement dans les eaux chaudes et pauvres en oxygène.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site suisse sur l'eau potable
  2. Savy Benoît, Touchart Laurent. Les lacs à déstratificateur thermique et le cas de Mas Chaban (Charente, France) / Lakes and air bubble system : the exemple of the Mas Chaban reservoir (Charente, France). In: Revue de géographie alpine. 2003, Tome 91 N°1. pp. 81-91 ; doi:10.3406/rga.2003.2232 ; Résumé et texte complet en Licence Creative Commons, sans usage commercial
  3. Webb B. & Walling D. E., 1997, “Complex summer water temperature behaviour below a UK regulating reservoir” Regulated Rivers : Research and Management, 13(5) : 463-477 (Résumé en anglais)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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