Pierre de Troyes

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Pierre de Troyes, aussi Chevalier de Troyes ou Sieur de Troyes, est un capitaine d'une compagnie de la Marine en Nouvelle-France. Il est né le 3 mai 1645 en Normandie ou en Champagne et il est décédé au Fort Niagara le 8 mai 1688.

Il est surtout connu pour l'expédition qu'il fit à la Baie d'Hudson pour y déloger les Anglais en 1686. À cette occasion, il dirige la troupe de Pierre Le Moyne d'Iberville, Paul Le Moyne de Maricourt et Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène et d'une centaine d'hommes.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils de Madeleine Alard et de Michel de Troyes qui était procureur au Parlement de Paris. Il épouse Marie Petit de L'Estang le 5 février 1681 et il est membre du corps des officiers du régiment du Piedmont.

Arrivé en Nouvelle-France[modifier | modifier le code]

Nommé capitaine d'infanterie le 5 mars 1685 d'une compagnie de la Marine servant déjà dans la colonie, Pierre de Troyes débarque à Québec le 1er août 1685. À bord du navire se trouve le nouveau gouverneur de la colonie, Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville, successeur d'Antoine Le Febvre de La Barre.

Dès son arrivée, Denonville accepte l'idée de prendre le fort Bourbon, érigé en 1682 à la baie d'Hudson et de s'emparer des établissements occupés ou construits par les Anglais. Le nouveau gouverneur accepte que l'expédition, qu'il prépare pendant l'hiver 1685-1686, soit financée par la Compagnie du Nord ou Compagnie française de la baie d'Hudson, formée cinq ans plus tôt à l'instigation de Charles Aubert de La Chesnaye, car celui-ci veut reprendre le commerce de la fourrure dans cette région.

Le 12 février 1686, le gouverneur Denonville ordonne «au sieur de Troyes» de quitter Québec «pour aller occuper des postes sur les côtes de la baie du Nord». La troupe est formée de 30 soldats et de 70 Canadiens choisis pour leur habileté et leur endurance à voyager, canoter et se battre. Le capitaine de Troyes apporte un tambour, un interprète, un ou plusieurs charpentiers et un forgeron et ceux-ci transportent des épées, des outils, des pics, des pioches et des pelles. Pour cette expédition, il est assisté par trois frères appelés à devenir célèbres que dirigent chacun une section formée d'une trentaine d'hommes. Il s'agit des Montréalais Pierre Le Moyne d'Iberville, Paul Le Moyne de Maricourt et Jacques L Moyne de Sainte-Hélène.

Toujours est-il que sa troupe parti de Montréal en mars 1686.

La bataille de la Baie James[modifier | modifier le code]

La mission difficile et périlleuse du Chevalier de Troyes ou appelé la bataille de la Baie James fut audacieuse, car l'expédition utilisa des canots pour le transport de la troupe, dans le style des voyageurs, partis de Montréal, naviguant sur la rivière des Outaouais au nord et faisant du portage pour atteindre le lac Témiscamingue et le lac Abitibi (sur la rivière Abitibi).

L'expédition avait été commandée par le roi de France au gouverneur Jacques-René de Brisay arrivé quelques mois plus tôt dans la colonie.

Cette marche dura jusqu'au 20 juin. Ils arrivèrent au nombre de 82 hommes vers Monsipi qui est situé au fond de la baie. L'assaut pris totalement les britanniques par surprise. Ils capturèrent avec facilité le Moose House (Fort Monsipi ou fort Saint-Louis) sur la rivière Monsoni, le 20 juin. Le 3 juillet, les troupes de Troyes prirent le Fort Rupert (Fort Charles) sur la rivière Rupert et le HMS Craven, qui fut utilisé pour naviguer vers le Fort Albany (Quichichouane), sur l'île Rayly près de l'embouchure de la rivière Albany, qui tomba le 26 juillet 1686.

Le 10 août 1686, le chevalier de Troyes confie à Pierre Le Moyne d'Iberville la garde du fort Monsoni. Les Français retrouvent temporairement le contrôle du commerce des fourrures à la baie d'Hudson, les Anglais conservant seulement le petit poste de traite de Port Nelson. Mais dès 1688, les iroquois leur coupent toute retraite terrestre en détruisant le Fort Témiscamingue.

Commandant au Fort Niagara[modifier | modifier le code]

Quelques semaines après son retour de la baie d'Hudson, Denonville exprime sa satisfaction au ministre des Colonies, le marquis de Seignelay en ces termes: «Le sieur de Troyes est le plus intelligent et le plus capable de nos capitaines; il a l'esprit tel qu'il faut pour avoir tous les ménagements nécessaires pour commander aux autres. On ne saurait avoir une meilleure conduite que celle qu'il a eue dans l'entreprise du Nord car il lui a fallu du savoir-faire pour tirer des Canadiens les services qu'il en a eus et pour les mettre dans l'obéissance.»

Les qualités du capitaine de Troyes expliquent pourquoi il commande l'une des quatre troupes parties pour fort Frontenac, au mois de juin 1687, dans une mission en territoire iroquois, réclamée de Paris par le ministre de la Marine, qui recommande de faire un maximum de prisonniers chez les iroquois, pour les envoyer en France.

Cette campagne punitive contre les Sonontonces (Tsonnonthouans, Sonnontouans, Sonnontonnans ou Sénécas) se résume en la destruction systématique des villages. Par la suite, le gouverneur Jacques-René de Brisay lui donne le commandement du fort Niagara. L'hiver de 1687-1688 fut tragique au Fort Niagara. Le scorbut s'étant déclaré parmi la garnison, presque tous les hommes y succombent, dont le Chevalier de Troyes qui meurt le 8 mai 1688. Quelques semaines plus tôt, certains des rares survivants avaient fomenté un complot en vue de l'assassiner et d'élire un commandant de leur choix.

Références[modifier | modifier le code]

  • Claude Charles le Roy de Bacqueville de la Potherie, Histoire de l'Amérique septentrionale, chez Nyon & fils, p. 139 à 171, 1722.
  • Le chevalier Louis de Baugy, Journal d'une expédition contre les Iroquois en 1687, Éditeur Ernest Leroux, 1883.
  • Groulx, Lionel, L'expédition du chevalier de Troyes, en 1686, à la baie d'Hudson, L'Action nationale, vol. 17 no.4, p. 275 à 286, 1941.
  • KENYON, W.A. and TURNBULL, J.R.: The Battle for James Bay, 1971, Macmillan Company of Canada Limited, Toronto.
  • Lacoursière, Jacques, Histoire populaire du Québec, Éditions Septentrion, p. 167 à 171, 1995, ISBN 2-89448-050-4
  • Marsh, James. "Troyes, Pierre de", in The Canadian Encyclopedia, Volume 4, p. 2196. Edmonton: Hurtig Publishers, 1988.
  • Sutherland, Stuart R. J.. "Troupes de la Marine", in The Canadian Encyclopedia, Volume 4, p. 2196. Edmonton: Hurtig Publishers, 1988.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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