Dauphiné

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dauphiné
Armoiries du Dauphiné
Armoiries du Dauphiné
Image illustrative de l'article Dauphiné
Administration
Pays Drapeau de la France France
Capitale Grenoble
Démographie
Gentilé Dauphinois
Population 2 265 267 hab.
Densité 114 hab./km2
Langue(s) Français, francoprovençal, occitan
Géographie
Coordonnées 45° 23′ 00″ N 5° 44′ 00″ E / 45.383333333333, 5.7333333333333 ()45° 23′ 00″ Nord 5° 44′ 00″ Est / 45.383333333333, 5.7333333333333 ()  
Superficie 19 931 km2
Divers
Devise « Dauphiné en avant ! »

Le Dauphiné (prononcé [do.fi.ˈne ]) est l'ancienne province viennoise située dans le quart Sud-Est de la France actuelle. Ce fut un État, sous l’autorité des comtes d’Albon, qui prirent le titre de dauphins qui a donné au Dauphiné son nom. Cet État était une subdivision du Saint-empire romain germanique, de ses origines admises, au XIe siècle, jusqu'à son rattachement en 1349 au royaume de France. Le Dauphiné conserve une certaine autonomie jusqu’en 1457. Sous l'autorité française et jusqu'à la Révolution de 1789, le Dauphiné constitue l'apanage du fils aîné du roi de France qui prend, dès sa naissance, le titre de Dauphin. La province continue à l'époque de s'étendre et acquiert sa forme définitive au XVe siècle.

À la suite de la Révolution française, la région se retrouve divisée en trois départements : la Drôme, les Hautes-Alpes et l’Isère. Durant les XIXe et XXe siècles, une partie de son ancien territoire est rattachée au département du Rhône.

Ses habitants sont les Dauphinois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Massif du Vercors

La province sous l'Ancien Régime avait pour limite, au nord, le Rhône qui la séparait de la Bresse (Brêsse) et du Bugey (Bugê). À l'est, la Savoie et le Piémont, et au sud le Comtat Venaissin et la Provence. La limite occidentale était marquée par le Rhône à Vienne au sud de Lyon. Le Dauphiné s'étendait jusqu'aux faubourgs de Lyon. La capitale du Dauphiné a été après Vienne, Grenoble où siégeait le Parlement de la Province.

On le divisait en Haut-Dauphiné (Alpes et vallées intra alpines) et Bas-Dauphiné ou Dauphiné du Midi (surtout plaines et secteurs vallonnés du nord-ouest et le long de la vallée du Rhône).

Le Dauphiné dans ses limites du XVIIIe siècle et les communes et départements actuels. La partie de la province qui fait aujourd'hui partie de l'Italie a été perdue en 1713 au profit du duché de Savoie.

Haut Dauphiné[modifier | modifier le code]

Dans le premier, on distinguait :

Bas Dauphiné[modifier | modifier le code]

La Meije, dans l'Oisans (3 983 mètres)

Dans le deuxième :

Dauphiné Italien[modifier | modifier le code]

Pour compléter la description du Dauphiné, il faut ajouter l'actuel Dauphiné italien et piémontais qui appartenait à la France et au Briançonnais jusqu'en 1713. L'usage de l'occitan vivaro-alpin s'y est maintenu :

  • les vallées d'Oulx en haute Vallée de Suse,
  • le Pragela (Pragelato et Val Chisone en amont de Perosa Argentina)
  • la Castelade de Châteaudauphin (Casteldelfino, en haute Valle Varaita).

La province offre des paysages variés entre les sommets alpins du Haut-Dauphiné (la barre des Écrins culmine à 4 102 mètres), les Préalpes (Vercors et Chartreuse), les plaines du Nord-Isère ou celles de la Drôme, qui affichent un caractère provençal.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les différents territoires du Dauphiné connurent une évolution démographique bien différente. En effet, les plaines du Bas-Dauphiné et les grandes villes bénéficièrent d'une forte augmentation de population durant le XXe siècle, avec le développement industriel et l’arrivée de travailleurs étrangers. À l’inverse, les territoires montagneux du Haut-Dauphiné subirent un exode important et la population de certaines régions diminua fortement, comme l’illustre le déclin démographique des Hautes-Alpes jusque dans les années 1950.

Actuellement, l’ensemble des territoires bénéficie d’une augmentation de population en raison du développement économique, de l’attractivité touristique mais aussi, pour le Nord-Isère, de l’attractivité de l’agglomération lyonnaise.

Démographie du Dauphiné et de ses départements depuis 1801
Territoire 1801 1851 1901 1954 1975 1999 2007[1]
Département de la Drôme 235 357 327 000 297 000 275 280 361 847 437 657 473 428
Département des Hautes-Alpes 112 500 132 000 109 510 85 067 97 358 121 338 132 482
Département de l’Isère 413 109 578 000 544 243 587 975 860 339 1 092 778 1 178 714
Communes dauphinoises du département du Rhône - - 37 544 175 209 418 571 466 193 494 004
Dauphiné 760 966 1 037 000 988 297 1 123 531 1 738 115 2 117 966 2 265 267
Source[réf. insuffisante] : INSEE

On constate une relative stabilité de la population de la région jusqu'au milieu du XXe siècle, période à partir de laquelle la croissance devint extrêmement forte. Il convient toutefois de noter que de nombreuses communes du nord de la province (Villeurbanne, Bron, Saint Priest, Corbas, ou encore Feyzin, Vénissieux par exemple) furent cédées au département du Rhône à la suite de l'incendie de la raffinerie de Feyzin.

Au fil des années (4 communes en 1852, 23 communes en 1967 et 1 commune en 1971). En 2007, la population de ces communes était de 494 004 habitants. La densité du Dauphiné est de 113,65 hab/km2 avec une très nette différence entre la partie rhodanienne (1 232 hab/km2), le département de l’Isère (159 hab/km2), la Drôme (73 hab/km2) et des Hautes-Alpes (23 hab/km2).

Valence
Grenoble
Vienne
Briançon
Montélimar
Gap

Grenoble concentre actuellement[Quand ?] près du quart de la population du Dauphiné. Valence constitue la deuxième grande métropole dauphinoise. Le Dauphiné bénéficie également d'un important réseau de villes moyennes réparties sur le territoire (Vienne, Montélimar, Gap, etc.).

Les villes dauphinoises sont[2] :

Ville Population
(2007)
1 Grenoble 156 793
2 Villeurbanne 138 151
3 Valence 64 803
4 Vénissieux 56 935
5 Saint-Priest 40 917
6 Vaulx-en-Velin 40 626
7 Bron 38 833
8 Gap 37 785
9 Montélimar 35 988
10 Saint-Martin-d'Hères 35 502
11 Échirolles 35 383
12 Romans-sur-Isère 33 234
13 Vienne 29 844
14 Meyzieu 29 014
15 Décines-Charpieu 24 952
16 Bourgoin-Jallieu 23 759
17 Fontaine 22 394
18 Voiron 20 689

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de la province du Dauphiné, connue en latin sous le nom de « Delphinatus Viennensis », viendrait du grec « αδελφος » signifiant « le frère » et donc la fraternité.

Antiquité et Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Périodes gauloise et gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Peuples gaulois

Le Dauphiné fut jadis occupé par les tribus gauloises des Allobroges, les Segovellaunes, les Voconces et les Tricastins. La capitale des Allobroges était Vienne elle s'étendait de Genève en passant par Grenoble (Cularo) qui n'était qu'un point de passage pour franchir l'Isère.

Le pays des Allobroges fut conquis par les Romains bien avant l'expédition de César en Gaule. Il fut incorporé à la province narbonnaise. Vienne fut érigée en colonie romaine et devint une des cités les plus importantes de Gaule.

Les premières traces du Christianisme dans la province remontent au IIe siècle[phd 1]. Les groupes de chrétiens se trouvaient alors essentiellement à Vienne. Ils s’étendirent à l’ensemble du Dauphiné au IVe siècle. Les plus connu des prédicateurs furent Saint Mamert de Vienne qui institua les rogations et Saint Marcellin.

Vers la féodalité[modifier | modifier le code]

Le Dauphiné connut diverses invasions. Wisigoths et Alains pillèrent de nombreuses cités (Valence, Montélimar…). Les Burgondes s'installèrent dans la région en 442, et choisirent Vienne, qui gardait son prestige de grande cité romaine, pour capitale de la Bourgogne[phd 2].

Vers 740, ce furent les Sarrasins qui firent de nombreuses incursions dans la région. Vienne et Grenoble eurent à souffrir de lourds pillages.

Le royaume Burgonde au Ve siècle

Au traité de 843, la région se trouva intégrée au royaume de Lothaire. En 955, elle passe à Charles de Provence. En 863, à la mort de ce dernier, Lothaire II impose son autorité sur le comté de Vienne, mais quand il meurt (869) Charles le Chauve et Louis le Germanique se partagent ses possessions au traité de Meerssen (870), par lequel le comté de Vienne revient à Charles. Celui-ci se proclama empereur en 875, à la mort de Louis II d'Italie.

Mais à la mort de son fils, Boson, gouverneur de Vienne, se fit proclamer roi de Bourgogne. Avec le royaume de Provence se forma alors le royaume de Vienne et d'Arles qui demeura indépendant jusqu’en 1032, date à laquelle il fut intégré au Saint-Empire romain germanique[phd 3].

Cependant, l’éloignement du suzerain favorisa l’établissement de la féodalité. Apparut alors dans la région une foule de petits États laïcs et ecclésiastiques. La formation du Dauphiné fut alors l’œuvre des comtes d’Albon, plus tard Dauphins de Viennois, qui eurent l’habileté de réunir peu à peu sous leur autorité toutes les seigneuries voisines de leurs domaines respectifs[phd 4].

Le concile de Vienne (1311-1312)[modifier | modifier le code]

Le fait majeur marquant Vienne ville d'Empire est le concile de Vienne qui siégea entre le 1er octobre 1311 et le 11 mai 1312. Environ cent dix prélats (sur les trois cent conviés) venus de toute la chrétienté, le pape Clément V, le Roi de France Philippe le Bel ainsi que ses fils, Louis d'Évreux frère du roi, Enguerrand de Marigny, Guillaume de Nogaret et Plaisians ainsi qu'une multitude de barons et de chevaliers venus de France, seront présents pour le prélude de l'histoire des Rois Maudits qui fera suite à l'abrogation de l'ordre des Templiers, comme demandé dans la bulle pontificale Vox in excelso, le 22 mars 1312. Par la bulle Ad providam Christi Vicarii du 6 mai 1312, Clément V attribua les biens du Temple aux Hospitaliers. Le 6 mai 1312 le pape promulgua une autre bulle, Considerantes dudum, fixant le sort des Templiers, en les divisant en deux catégories : ceux qui avaient avoué et les autres.

L'État ducal (1040-1349)[modifier | modifier le code]

Ces comtes parvinrent en effet, dans l'ordre féodal, à s’élever au-dessus des autres seigneurs et à acquérir la supériorité sur la région. Leur histoire commence de manière certaine en 1040 sous le règne de Guigues Ier le Vieux, seigneur d'Annonay, qui possédait en outre Cheyssieu et le Champsaur. Sa puissance augmenta considérablement lorsqu’il acquit une partie du Viennois, le Grésivaudan et l'Oisans. L'empereur Conrad lui donna également le Briançonnais tandis qu'Humbert, premier comte de Savoie recevait la Maurienne. La Savoie et le Dauphiné se formèrent côte à côte. Celui-ci était alors un État quasi indépendant, faisant partie du Saint-Empire romain germanique.

Blason du Dauphiné avant son annexion (le blason du Dauphiné ne comportait à la base que le dauphin de Méditerranée)

À cette époque, les comtes prirent une décision importante pour l’unité de leurs domaines. En effet, ils choisirent Grenoble, ville de médiocre importance en ce XIe siècle, pour capitale. Ils auraient pu céder à la tentation de Vienne, l’ancienne métropole romaine[phd 5]. Ce choix fondamental leur a permis de garantir leur autorité à la fois sur le Bas et le Haut-Dauphiné. Cependant, les territoires respectifs du Dauphiné et de la Savoie se chevauchaient à cette époque (ainsi le Faucigny appartenait au premier tandis que la seconde possédait Voiron et la Côte-Saint-André). Cet enchevêtrement fut source de nombreux conflits entre les deux peuples.

Au XIIe siècle, les comtes d'Albon prirent le titre de dauphins de Viennois. Le comté d'Albon prit alors le titre de Dauphiné.

Le dernier dauphin indépendant, Humbert II, parvint à assurer la paix avec les Savoyards. Il agrandit d’autre part la province avec l'acquisition de Romans. Il tenta également sans succès de substituer son autorité sur Vienne à celle de l'archevêque. Il créa d'autre part le Conseil delphinal en 1337 ainsi que l'université de Grenoble. En 1343 il nomme Henri de Villars vicaire du Dauphiné (dont il sera de fait le premier gouverneur). Il établit également en 1349 le Statut Delphinal, sorte de Constitution garantissant les libertés des Dauphinois.

« Transport » du Dauphiné à la France (1349)[modifier | modifier le code]

Toutefois, le dauphin prit goût à la vie fastueuse et dépensa des sommes considérables, jusqu'à ne plus pouvoir s'acquitter de ses dettes. Il se trouva d'autre part sans héritier, son fils étant mort à l'âge de deux ans. Philippe VI[3] tire alors profit de cette situation et après de nombreux et longs pourparlers, le dauphin céda le Dauphiné au royaume de France le 30 mars 1349, par le traité de Romans, habilement négocié par son protonotaire, Amblard de Beaumont. En contrepartie, le fils du roi de France devait dorénavant prendre le titre de dauphin et la France reconnaître l’autonomie de la province.

Le dauphin Humbert II

La cérémonie officielle a lieu à Lyon le 16 juillet 1349. Humbert remet à Charles de Normandie (le futur Charles V le Sage) le sceptre, la bannière, l'anneau et l’ancienne épée du dauphin. À cette époque, Humbert II portait également les titres de « prince du Briançonnais, duc de Champsaur, marquis de Cézanne, comte de Vienne, d'Albon, de Grésivaudan, d'Embrun et de Gapençais, baron palatin de La Tour, de la Valbonne, de Montauban et de Mévouillon », qu'il transmet également à la France. Dès lors, le Dauphiné est réservé à l'héritier du trône de France. Charles V résida quelques mois à Grenoble et visita son nouveau territoire. D'autre part, cette annexion entraîna la création des États du Dauphiné. Les nouveaux dauphins ne résidant pas en permanence dans la province, des gouverneurs seront successivement nommés.

Cependant, à cette époque, le Dauphiné n'avait pas encore sa forme définitive. Le Valentinois et le Diois étaient indépendants, la Savoie détenait de nombreux territoires en Bas-Dauphiné, Vienne appartenait à l'archevêque et à Grenoble même, l'autorité était partagée avec l'évêque de la cité. La province recouvrait également des territoires extérieurs (le Faucigny, Oulx, La Valbonne, Cézanne, Château-Dauphin). En 1355, un traité avec la Savoie permit au Dauphiné de reprendre Voiron et la Côte-Saint-André en l'échange du Faucigny. Louis d'Anjou, frère de Charles V, tente en 1364, puis en 1371, de prendre le contrôle du Dauphiné : sans succès. D'autre part, en 1378, le gouverneur Charles de Bouville (1370-1385) siégea à Vienne et se fit prêter hommage pour le Valentinois (annexion définitive avec le Diois en 1423).

Article détaillé : Liste des gouverneurs du Dauphiné.

Guerre de Cent Ans (1337-1453)[modifier | modifier le code]

La noblesse dauphinoise prit part aux évènements de la Guerre de Cent Ans, notamment lors des batailles de Poitiers, d'Azincourt et de Verneuil (où meurt Henri le Roux, gouverneur du Dauphiné.

La province fut également un enjeu de lutte. Profitant en effet de l'anarchie du royaume de Charles VII, le duc de Savoie Amédée IV et le prince d'Orange Louis de Chalon, de connivence avec les Bourguignons et les Anglais, projetèrent d'envahir le Dauphiné en 1430. Cependant, lors de la bataille d'Anthon en juin 1430 les troupes dauphinoises, largement inférieures en nombre, remportèrent une victoire écrasante face aux troupes du prince d'Orange. La province fut sauvée, l’invasion échoua.

Cependant, à cette époque, la population eut à souffrir des incursions des Grandes compagnies, routiers et autres mercenaires.

Figures dauphinoises

Administration de Louis XI (1447-1456)[modifier | modifier le code]

Louis XI fut le seul dauphin de France à résider dans sa province et à la gouverner faisant de cette période son école du pouvoir. Ce fut véritablement sous son autorité que le Dauphiné s'intégra à la Couronne.

À son arrivée, c'était encore un petit État archaïque, où les affrontements entre familles féodales (les Commiers, les Allemans…) demeuraient fort récurrents[4]. En arrivant en 1447, il se comporta en véritable souverain et renforça le pouvoir jusque là purement nominal du royaume de France. Il interdit les guerres privées entre féodaux et obligea les nobles à lui rendre hommage. D'autre part, il simplifia l'administration territoriale qui était alors un véritable puzzle de fiefs. Il transforma également le Conseil delphinal en Parlement (le troisième du Royaume après ceux de Paris et Toulouse). Il entreprit par la suite l'unité politique du Dauphiné. Après s'en être pris aux nobles, il força l'archevêque de Vienne à lui prêter serment. Il en fit de même avec les évêques de Grenoble et Valence et l'abbaye de Romans. Il acquit également Montélimar et la principauté d'Orange.

Il développa en outre l'économie et l'industrie de la province, fit réparer les voies de communication, institua des foires commerciales dans différentes villes, encouragea l'exploitation des mines, du fer. Il attira également la main d'œuvre étrangère, prit la communauté juive sous sa protection et créa l'université de Valence pour attirer des intellectuels. Néanmoins, il chercha également à attaquer les libertés reconnues par le Statut Delphinal en instaurant par exemple la gabelle, alors inexistante dans la province. Il leva également d'autres impôts sans consulter les États, entraînant de vifs mécontentements.

Finalement, face à la rébellion de plus en plus marquée de son fils à son égard, Charles VII envoya en 1456 une armée en Dauphiné pour chasser Louis XI du pouvoir. Ce dernier s'enfuit alors en Bourgogne. Le roi reprit alors l'administration de la province en main. Il souhaitait qu'on lui prête serment. Les États parlementèrent, sachant que leur autonomie était en jeu. Mais Charles VII insista et les États s'inclinèrent en 1457. Ils prêtèrent le serment demandé, marquant la fin de l'autonomie provinciale[phd 6].

Louis de Laval (1448-1456) est le seul gouverneur nommé par le dauphin Louis.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Guerres d'Italie (1494-1559)[modifier | modifier le code]

Une fois encore, la noblesse dauphinoise participa activement aux conflits militaires du royaume (c’est ainsi que trois cents d'entre eux combattirent à Marignan). Elle acquit alors une gloire immense mais fut terriblement décimée, ce qui lui valut le titre « d’écarlate de la noblesse française »[phd 7]. Le plus célèbre de ses représentants fut Pierre Terrail de Bayard, chevalier Bayard (1476-1524), le « chevalier sans peur et sans reproche », né au château de Bayard à Pontcharra.

De nombreux conseillers dauphinois participèrent également à l'administration des territoires italiens conquis par les troupes françaises.

Par sa situation géographique, le Dauphiné fut également une étape et un cantonnement militaire sur la route de l'Italie. À cette occasion Charles VIII, Louis XII et François Ier vinrent régulièrement séjourner à Grenoble. Cependant, le passage des armées fut une lourde charge pour la population, qui connut également les pillages de la part des soldats et dû subir des épidémies.

Parmi les gouverneurs du Dauphiné au XVIe siècle, Gaston de Foix-Nemours (1509) s'illustrera par la suite comme capitaine des armées d'Italie et Antoine de Bourbon-Vendôme (1562), roi-consort de Navarre et père du futur Henri IV, remplacé à sa mort (1562) par le duc de Nemours[5].

Guerres de Religion (1562-1590)[modifier | modifier le code]

Cathédrale Saint-Maurice de Vienne

Le Dauphiné a beaucoup souffert du conflit entre Protestants et Catholiques en tant que foyer important du protestantisme (en particulier dans le Haut-Dauphiné). Le Gapençais fut gagné par la nouvelle religion, tout comme Die, Corps, Mens ou la Mure, qui devinrent des centres du protestantisme. D'importants noyaux se formèrent également dans les grandes villes ( Vienne, Valence, Grenoble…).

En 1562, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert prit les armes contre les calvinistes, qui dévastaient le midi de la France et menaçaient ses États. Il nomma Charles de La Forest, baron de Rumilly, lieutenant général en Dauphiné. À la tête d'un corps de troupes, ce dernier combattit François de Beaumont, baron des Adrets, le chef le plus habile et le plus sanguinaire du parti protestant, mais « fut tué les armes en mains, sous les murs de Vienne, dans une rencontre avec les huguenocts l’an 1565 »[6]. Le baron des Adrets se signala par ses cruautés et ses dévastations. Les églises en particulier souffrirent de ses exactions. Il anéantit ainsi nombre de chefs-d’œuvre de l’art du Moyen Âge. La cathédrale Saint-Maurice de Vienne et l’abbaye de Saint-Antoine eurent beaucoup à souffrir et portent toujours les traces de leurs mutilations. À Grenoble, il fit détruire les tombeaux des Dauphins et pilla la cathédrale.

En 1572, lorsque la nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy se répandit, elle provoqua de nouvelles exactions (août-octobre 1572). Toutefois, le lieutenant général du roi Gordes protégea les protestants, limitant le nombre de victimes dans la région[7]. À partir de 1575, Lesdiguières devint le chef unique des huguenots dans la région. Il parvint à défendre Corps, à s’emparer de Gap mais il ne put empêcher la prise de la Mure par les catholiques. Il s’empara également de Montélimar et d’Embrun. L’accession d’Henri IV au royaume lui permet de s’allier à La Valette, gouverneur du Dauphiné, et Ornano, Lieutenant-général de la province. Ils durent cependant affronter la Ligue catholique. Ces derniers s’emparèrent de Grenoble. Lesdiguières vint faire le siège de la ville et au bout d’un mois d’escarmouches, il s’empara de la capitale dauphinoise le 22 décembre 1590. Briançon et Crest avaient déjà signé leur reddition, Vienne, la dernière, le fit en 1591. Il devint le maître de toute la province.

Administration de Lesdiguières (1591-1626)[modifier | modifier le code]

Les guerres étaient désormais finies mais elles avaient laissé le pays épuisé et couvert de ruines. L’édit de Nantes donna aux protestants des places de sûreté où ils pouvaient entretenir une garnison (Gap, Briançon, Embrun, Grenoble, Die…). François de Bonne de Lesdiguières fut reconnu par Henri IV comme gouverneur du Dauphiné, puis bientôt comme Lieutent général du Dauphiné, devenant le maître incontesté de la province, installé dans son hôtel particulier au bord de l'Isère. On l’appelait le « petit roi dauphin » [phd 8].

Château de Vizille

Lors de la guerre entre le roi de France et le duc de Savoie, Lesdiguières remporta de nombreuses victoires sur les Savoyards. En 1591, il les battit à Pontcharra. En 1597, il s’empara de fort Barraux tout juste construit par les Savoyards. Pendant la construction, il disait alors : « Le roi a besoin d’un fort en cet endroit ; je le prendrai sans canons, sans siège, et sans qu’il en coûta un écu ». Il tint sa promesse.

Il fut également un excellent administrateur. Il agrandit considérablement Grenoble en construisant une nouvelle enceinte, commença la construction de la Bastille, fit creuser un nouveau lit pour le Drac, construire le Pont Lesdiguières. Son plus bel héritage reste le château de Vizille qu’il fit construire à l'emplacement d'un ancien château médiéval pour son propre intérêt. Il fit également refaire les voies de communication. À sa mort en 1626, c'est son gendre Charles II de Créquy qui reprit la gouvernance et la lieutenance général du Dauphiné.

Des troupes nombreuses traversèrent la province en 1628 pour se rendre en Italie. Une fois encore, l’armée commit une foule de déprédations dans le Briançonnais. Le pays eut beaucoup de mal à s’en relever. Cette année marque également la dernière réunion des États du Dauphiné. C’est la fin des libertés delphinales : les impôts seront payés désormais sans l’assentiment des représentants du pays. C’est un signe du progrès de l’Absolutisme.

Le Dauphiné sous Louis XIV (1643-1715)[modifier | modifier le code]

Grenoble et le Dauphiné vers 1638

La révocation de l'édit de Nantes en 1685 provoque le départ d'environ 20 000 protestants, ce qui affaiblit l'économie dauphinoise, déjà fortement mise à mal par les guerres d'Italie, de religion, et de celles du Roi-Soleil. Quelques vallées, notamment celle du Queyras, virent leur population diminuer de moitié. Grenoble perdit 3 000 habitants à elle seule[phd 9]. Il y eut des mesures de rigueur contre les faux convertis et nombre de leurs biens furent confisqués. Malgré les interventions des évêques de Vienne et de Grenoble pour mettre un terme à ses persécutions, les condamnations demeurèrent jusqu’au XVIIIe siècle.

En 1692, Victor-Amédée II de Savoie, partie prenante de la Ligue d'Augsbourg contre la France de Louis XIV envahit le Dauphiné par la région de Barcelonnette à la tête d'une armée de 40 000 hommes[8]. Gap, Chorges, Guillestre et soixante-dix villages furent ruinés ; Embrun, ville archiépiscopale, échappa au pillage et sa garnison quitta la ville avec ses drapeaux. Les troupes savoyardes furent repoussées en Provence par Philis de La Charce.

Le traité d’Utrecht de 1713 modifia la frontière de la province du côté du Piémont; la France gagnait Barcelonnette et sa vallée mais perdait Oulx, Cézanne et Château-Dauphin, soit environ les deux tiers du Briançonnais.

De Louis XV à la Révolution française (1715-1789)[modifier | modifier le code]

La journée des Tuiles

Le XVIIIe siècle fut une période de prospérité et de croissance économique pour le Dauphiné, dont la bourgeoisie, qui en récolta les fruits, fut à la tête du mouvement de contestation qui aboutit à la Révolution.

L’industrie se développa : ganterie de Grenoble, toiles de Voiron, draps de Romans, filatures et tissage de la Soie dans la vallée du Rhône. Le commerce aussi est actif ; des foires importantes se tinrent à Grenoble, Romans et Beaucroissant. Le 21 août 1787, la province fut la première à réclamer la tenue des États généraux. Le tournant décisif eut lieu l’année 1788. L’activité économique de Grenoble dépendait alors fortement du Parlement du dauphiné. Face à la menace royale de chasser les parlementaires de la ville, la population prit fait et cause pour les défendre. Il s’agit de la Journée des Tuiles du 7 juin 1788. À la suite de cet évènement se tint l'Assemblée de Vizille, qui obtint la tenue des États généraux pour l'année suivante. La révolution est en marche. Les députés dauphinois Antoine Barnave et Jean-Joseph Mounier furent alors des acteurs importants de la Révolution française. La deuxième réunion des États eut lieu le 9 septembre à Romans.

La Grande Peur sévit particulièrement dans le Bas-Dauphiné. Arrivant de Franche-Comté et de Bourgogne, elle fut violente dans le Viennois (Bourgoin-Jallieu, Crémieu, la Tour-du-Pin, les Terres Froides). Bourgoin en fut le centre et de là, le mouvement gagna tous les environs. Le calme revint le 7 août. Finalement, neuf châteaux furent détruits et une quarantaine saccagés[9].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Partition du Dauphiné

Période révolutionnaire et Consulat (1790-1804)[modifier | modifier le code]

En 1790 le Dauphiné donna naissance à trois départements : la Drôme, les Hautes-Alpes et l’Isère, dont les chefs-lieux sont respectivement Valence, Gap et Grenoble[10]. La principauté d’Orange se trouve quant à elle rattachée au département du Vaucluse.

De nombreuses communes furent renommées sous la période révolutionnaire. Grenoble voit de nombreuses de ses rues changées de nom comme la rue Saint-Laurent qui devient pendant quelques années rue de la Montagne, Saint-Marcellin fut baptisée les Thermopyles. Seul le nom de la Tronche, autrefois Saint-Ferjus, fut conservé jusqu’à nos jours.

Les années suivantes, au cours de la période appelée la Terreur, la Révolution déclenchée ne provoquera que deux morts à Grenoble grâce à l'intervention en 1794 d'un officier municipal, Joseph Chanrion, devant le Comité de salut public à Paris[11]. Alors qu'à travers la France 16 594 personnes passent par la guillotine[12], les deux victimes grenobloises sont deux prêtres réfractaires les abbés Revenaz et Guillabert guillotinés sur la place Grenette le 26 juin 1794. Cependant, une troisième victime allait rester dans la mémoire des grenoblois, celle de leur ancien maire, Antoine Barnave, guillotiné à Paris le 29 novembre 1793 suite à ses entrevues avec Marie-Antoinette d'Autriche.

L’Empire (1804-1815)[modifier | modifier le code]

Le plébiscite pour l’approbation du sénatus-consulte qui transformait le Consulat en Empire donna dans le département de l’Isère 82 084 oui contre 12 non. Les arrondissements de Vienne et Saint-Marcellin n’eurent aucun non[phd 10].

L'institution du musée de Grenoble fut créée en 1798 par un professeur de dessin, passionné d'art, Louis-Joseph Jay, qui installe les premières œuvres dans les locaux de l'ancien évêché, puis dans une partie du collège des Jésuites.

Le pape Pie VII passa à Grenoble pour le couronnement de l’Empereur. Il y revint une nouvelle fois en 1809, sur la route de l’exil, après avoir été arrêté à Rome.

Prairie de la rencontre avec la statue de Napoléon, Laffrey
Ancienne gare de Grenoble

En 1813, le Dauphiné se trouva sous la menace des Autrichiens qui envahirent la Suisse et la Savoie alors occupée par la France. Après une importante résistance à Fort Barraux, les troupes françaises durent se retirer sur Grenoble. La ville, bien défendue, parvint à repousser les autrichiens vers Genève. Toutefois, l'invasion de la France entraîne la capitulation des troupes en Dauphiné et l'occupation de Grenoble par des troupes autrichiennes durant les mois d'avril et mai 1814.

Lors du retour de l’Empereur en 1815, ce dernier reçut un accueil favorable dans les Hautes-Alpes. À Laffrey, Napoléon se trouva face à un bataillon du 5e de Ligne envoyé par Louis XVIII pour l'arrêter. Il s'avance seul au-devant des troupes, entrouvrit sa redingote et s'écria: « S'il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur, me voici.» À ces mots, le 5e de Ligne mit bas les armes et se précipita vers Napoléon. Ce dernier fit une entrée triomphale à Grenoble. Honoré de Balzac retrace cet épisode dans le Médecin de campagne[13]. Cependant, trois mois plus tard, après à la défaite de Waterloo, le Dauphiné subit une nouvelle invasion de troupes austro-sardes. Sans armée, les grenoblois se défendirent eux-mêmes contre l’envahisseur. Mais à la suite de l’abdication de l’Empereur, la ville capitula.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La période allant de 1830 à 1848 fut marquée par l’établissement de la grande industrie, tant dans la Drôme que dans l’Isère. Elle recoupait alors le tissage mécanique pour la soie. Ce fut aussi l’apogée des toiles de Voiron. L’industrie de la chaussure se développa également à Romans. D’autre part, à la suite d'une invention de Xavier Jouvin, la ganterie grenobloise entra dans son âge d’or. La production s’exporta dans le monde entier (Royaume-Uni, Russie, États-Unis…).

En 1852, le prince président Louis-Napoléon Bonaparte vint dans la région pour son voyage de propagande. Il fut en général bien accueillit et encouragé dans ses projets. C’est la période de mise en exploitation des principales lignes de chemin de fer. Valence accueillit ses premiers trains en 1854, Grenoble en 1858. Le Second Empire fut marqué également par un regain d’intérêt pour les stations thermales, à Allevard ou à Uriage-les-Bains. En 1852 enfin, le canton de Villeurbanne fut détaché de l’Isère pour être rattaché au Rhône.

Les traités de commerce de 1860 favorisèrent un grand développement de l’industrie (nombreuses usines pour le tissage de la soie, construction mécanique). D’autre part, des routes furent percées dans les massifs (Vercors, Chartreuse) facilitant considérablement la circulation et favorisant d’autre part l’essor du tourisme. Il faudra cependant encore 70 ans pour relier Grenoble à Briançon. En 1869, Aristide Bergès inventa ce qu’il appellera plus tard la houille blanche. Cette invention a un impact majeur sur l’activité économique de la région. D’autre part, il favorisa le développement de la papèterie dans la vallée du Grésivaudan.

À la même époque fut construit Notre-Dame de La Salette, de 1852 à 1865.

À la suite de la formation de la Triple Alliance, le gouvernement institutionnalise en 1888 les premières troupes de montagne, les bataillons de chasseurs alpins.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le désenclavement des massifs permet l’installation d’usines le long des cours d’eau, sources d’énergie. La vallée de la Romanche devint ainsi une des principales vallées industrielles de France[14]. D’autre part, l’arrivée du chemin de fer à la Mure permit d’exploiter au mieux les gisements d’anthracite du plateau matheysin.

Lors de la Grande Guerre, de nombreux bataillons de chasseurs alpins se retrouvent mobilisés sur le front du Nord-Est du pays. Plusieurs de leurs bataillons furent totalement anéantis. Le courage dont ils firent preuve au combat leur valu le surnom de « diables bleus ».

Entrée monumentale de l'exposition

Cependant, le conflit mondial donne une impulsion nouvelle à l’économie régionale. Pour soutenir l’effort de guerre, de nouvelles centrales hydro-électriques se construisent le long du Drac, de la Romanche, telle la centrale des Vernes. De nombreuses usines se convertirent également en industrie d’armement. D’autre part, Grenoble, le Pont-de-Claix et Roussillon se lancèrent dans l’industrie chimique, industrie qui se développera durant tout le XXe siècle. Enfin, le Nord de la France étant occupé, de nombreux ateliers et usines textiles s’établirent dans le Nord-Isère et la Drôme. Vienne par exemple se spécialisa dans le marché militaire et parvint à fournir en 1915 20 % de la production française de draps à l’armée[15].

Pour mettre en lumière ce développement économique, Grenoble organisa en 1925 l’Exposition internationale de la houille blanche, qui attira un million de visiteurs venus du monde entier. Les années 1930, avec le début des congés payés, marquent le développement du tourisme d’hiver. La station de l’Alpe d’Huez par exemple est créée en 1936[16]. C’est ici que Jean Pomagalski crée son premier téléski à perches, sur les pentes de l'Éclose. C’est à cette époque qu’ouvrent d’autre part les sanatoriums de Saint-Hilaire du Touvet.

Lors de la bataille des Alpes durant la Seconde Guerre mondiale, les chasseurs alpins parvinrent à contenir et repousser les forces armées italiennes dans les Alpes. Cependant, l’avancée fulgurante en 1940 des forces allemandes permirent aux ennemis d’atteindre les portes de Grenoble fin juin. Ils furent cependant stoppés à Voreppe, en raison de la résistance des troupes du général Cartier. Mais l’armistice met un terme aux combats. Le 19 mars 1941, le maréchal Pétain, en visite à Grenoble, reçut un accueil triomphal. À partir de 1942, la région est occupée pour les troupes italiennes. Leur clémence à l’égard des juifs entraîne une immigration forte dans la région. Leur nombre fut multiplié par trois[17].

Drapeau de la République du Vercors, proclamée en 1944

L’État français accepta la création dans la ville thermale d’Uriage d’une école nationale des cadres (modèle de la future ENA), pour constituer l’élite intellectuelle de la France nouvelle. Mais ce lieu devint rapidement un centre de réflexion critique contre le nazisme et Vichy et fut rapidement fermé. Nombre de ses membres joignirent alors la Résistance armée dans la région. En effet, le caractère alpin du Dauphiné permit la constitution de bases solides pour la Résistance, avec la constitution de maquis notamment dans le massif du Vercors, mais également en Chartreuse, dans la Matheysine ou l'Oisans. Grenoble elle-même prit part à de nombreuses actions, notamment à partir de l’occupation allemande après 1943. Le 2 décembre 1943 la caserne de Bonne, utilisée comme arsenal par les Allemands, y fut détruite[18] ; de nombreux trains et tunnels furent sabotés dans toute la région. En 1944, la répression des troupes nazies contre les maquisards du Vercors fut terrible. Le village martyr de Vassieux-en-Vercors fut fait compagnon de la Libération par le général De Gaulle, ainsi que Grenoble[19].

Lors de la libération de la région, Valence eut à souffrir de nombreux bombardements alliés.

En 1967, 23 nouvelles communes de l'Isère furent rattachées au Rhône. En 1971, Colombier-Saugnieu est également détachée de l'Isère.

En 1968, Grenoble accueillit les Xe jeux Olympiques d’hiver, permettant une transformation et un agrandissement de la ville ainsi qu’un développement des infrastructures (aéroport, autoroute…). Cette période marqua également le développement du tourisme de masse et les grands complexes sportifs se formèrent (Les Deux Alpes, Chamrousse, Serre Chevalier…).

La ville nouvelle de L’Isle-d’Abeau fut créée le 8 février 1968, pour répondre à la croissance de l’agglomération lyonnaise.

En 1982, le Dauphiné se trouva partagé entre les régions Rhône-Alpes (comprenant la Drôme et l’Isère) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (incluant les Hautes-Alpes).

Divers[modifier | modifier le code]

C'est au XVIIe siècle que prit naissance la locution proverbiale de Brûleurs de loups. En effet, le cardinal Le Camus, lors d'une visite paroissiale en 1672 à Saint-Christophe en Oisans évoque l'usage de mettre le feu aux forêts pour éloigner les loups[20]. Aujourd'hui le club de hockey sur glace de Grenoble se pare de cette appellation de Brûleurs de loups.

Devise[modifier | modifier le code]

« Dauphiné en avant »

Selon le livre de géographie aux éditions Delagrave 1936 :

« On vante beaucoup le caractère du Dauphinois, avec sa profondeur, sa ténacité, sa finesse; plus calme que le provençal, au lieu de s'emporter, il réfléchit. On connaît d'ailleurs le dicton: Fin, rusé, courtois, le Dauphinois sent venir le vent et connaît la couleur de la brise. »

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Des pommes dauphines
Chartreuse verte
Article détaillé : Cuisine dauphinoise.

Le Dauphiné est réputé pour certaines spécialités culinaires :

et pour ses produits du terroir :

Les Vins de Vienne

Autres significations[modifier | modifier le code]

  • Autrefois, la Compagnie du Dauphiné (ex-Compagnie du chemin de fer de Saint-Rambert à Rives) exploitait la ligne de chemin de fer de Saint-Rambert-d'Albon à Rives, puis à Grenoble. Cette Compagnie fut rachetée par le PLM, puis reprise par la SNCF. C'était la première ligne de chemin de fer menant à Grenoble, la capitale du Dauphiné.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les gouverneurs, liste de Guy Allard - Les gouverneurs et les lieutenans au gouvernement de Dauphiné. Grenoble, Jean Verdier impr., 1704 (réed. par H. Gariel, Grenoble, 1864, p. 155-211).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. en fait de toute la vallée de l'Isère entre Grenoble et Valence
  1. p.20
  2. p.22
  3. p.24
  4. p.25
  5. p.9
  6. p.58
  7. p.78
  8. p.88
  9. p.97
  10. p.115

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Populations légales 2007 pour les départements et les collectivités d'outre-mer », sur INSEE
  2. « Populations légales 2009 », sur INSEE
  3. Historia, avril 2007, p. 3 « Le Dauphiné, c'est cadeau ! »
  4. Les Valois, Georges Bordonove, 2007, p.1045
  5. Essai historique sur la ville et l'église de Die, Chanoine Jules Chevalier, t. III, 1909, p. 10, n.1 et p. 167
  6. La baronnie de Divonne et ses seigneurs (1123-1930). ; Albert de La Forest-Divonne, comte; Toulouse, E. Privat, 1930. (OCLC 39259898)
  7. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p. 287
  8. Jean-Claude Daumas et Société d'études nyonsaises, Le Dauphiné en 1692, dans Terre d'Eygues n°10, 1992
  9. L’Histoire de l’Isère en BD, tome 5, Gilbert Bouchard, 2004, p.14
  10. (en) « Dauphiné, divisé en trois départemens suivant le décret de l'Assemblée nationale, sanctionné par le roi ; avec toutes les routes, et les distances en lieuës d'usage dans ces pays ; », Europeana (consulté le 28 février 2012)
  11. Union de quartier Mutualité-Préfecture.
  12. « Massacres et Génocides », NOÉ éducation (site de ressources pédagogiques destiné aux enseignants francophones), lien
  13. « ...toute la France crie : Vive l'empereur ! Et par ici l'enthousiasme pour cette merveille des siècles a été solide, le Dauphiné s'est très bien conduit ; et j'ai été particulièrement satisfait de savoir qu'on y pleurait de joie en revoyant sa redingote grise. Le 1er mars Napoléon débarque avec deux cents hommes pour conquérir le royaume de France et de Navarre, qui le 20 mars était redevenu l'empire français. A la vue de l'aigle, une armée nationale se refait, et nous marchons tous à Waterloo - Le Médecin de campagne, édition Charles Furne, vol.13, p.446 »-Le récit se déroule « dans un gros bourg, situé près de la Grande Chartreuse »-
  14. L’Histoire de l’Isère en BD, tome 5, Gilbert Bouchard, 2004, p.40
  15. L’Histoire de l’Isère en BD, tome 5, Gilbert Bouchard, 2004, p.42
  16. « Origine de l'Alpe d'Huez », sur Alpe d'Huez.com
  17. L’Histoire de l’Isère en BD, tome 5, Gilbert Bouchard, 2004, p.45
  18. Ordre de la libération - Grenoble.
  19. « Les communes Compagnon de la libération », sur Site officiel de l'ordre de la libération
  20. Le Brûleur de loups paru en 2004 aux éditions Bellier de Thomas Pfeiffer et, du même auteur, Sur les traces des brûleurs de loups, Paris, l'Harmattan, 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]