Langue officielle

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Une langue officielle est une langue qui est spécifiquement désignée comme telle, dans la Constitution ou les textes de loi d'un pays, d'un État ou d'une organisation quelconque.

Elle s'impose à tous les services officiels de l'État (organes de gouvernement, administrations, tribunaux, registres publics, documents administratifs, etc.), ainsi qu'à tous les établissements privés qui s'adressent au public.

Variation selon les pays du monde[modifier | modifier le code]

La moitié des pays du monde dispose d'une langue officielle.

Certains d'entre eux ne connaissent qu'une seule langue officielle, tels la France et de l'Allemagne.

Certains pays ont plusieurs langues officielles, tels la Finlande, la Suisse, le Canada, le Luxembourg, la Belgique ou l'Afghanistan.

Dans plusieurs pays, comme l'Italie, les Philippines, l'Espagne, les Pays-Bas ou l'Irak, il y a une langue officielle pour le pays, mais d'autres langues sont coofficielles dans certaines régions.

Quelques pays, comme les États-Unis, n'ont pas de langue officielle, mais il existe des langues officielles pour certains des États qui les composent.

Enfin, certains pays n'ont une (ou plus rarement plusieurs) langue officielle qu'en pratique (de facto), mais qui n'est pas prévue dans leur Constitution : le Mexique, le Belize, la Bolivie, le Chili, l'Éthiopie, l'Érythrée, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Tanzanie, l'île Maurice, la Suède, le Royaume-Uni ou le Vatican.

Langues officielles par pays[modifier | modifier le code]

En Belgique[modifier | modifier le code]

Les langues officielles de la Belgique sont le français, le néerlandais et l'allemand, en raison des trois communautés linguistiques du pays.

Au Canada[modifier | modifier le code]

Les langues officielles du Canada sont le français et l'anglais, car une partie de la population - principalement au Québec - est francophone, tandis que le reste du pays, quant à lui, est majoritairement anglophone, même si des communautés francophone existent également dans chaque provinces et territoires.

En France[modifier | modifier le code]

En France, le français est devenu langue officielle en 1539 par l'ordonnance du roi François Ier, dite ordonnance de Villers-Cotterêts, pour remplacer le latin comme langue des tribunaux et des chancelleries, et non pour remplacer les langues régionales[1].

Au Luxembourg[modifier | modifier le code]

Dans le Grand-Duché de Luxembourg, le français et l'allemand sont historiquement langues officielles, auxquelles s'est ajouté le luxembourgeois en 1984.

Au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni, l'anglais est la seule langue officielle. Le gallois, l'écossais, l'irlandais, le mannois, le Scots, le scots d'Ulster et le cornique sont des langues régionales d'après la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Le français est resté langue officielle dans le royaume jusqu'à la fin du XVIe siècle.

En Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, l'allemand, le français et l'italien ont le statut constitutionnel de langues officielles depuis la fondation de l'État fédéral en 1848. Tandis que le romanche a le statut de langue nationale depuis 1938, et plus récemment de langue semi-officiel, uniquement pour « les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche »[2]. Le yéniche est reconnu symboliquement en tant que langue nationale sans territoire[3].

Organisations internationales[modifier | modifier le code]

Certaines organisations internationales ont aussi des langues officielles et/ou des langues de travail.

ONU[modifier | modifier le code]

Ainsi l'ONU s'est dotée de six langues officielles — arabe, anglais, mandarin, espagnol, français, russe — qui sont les langues les plus largement comprises dans le monde, même dans les régions où on ne les parle pas spontanément ; tous ses travaux et débats sont retranscrits dans ces six langues officielles.

Union européenne[modifier | modifier le code]

L'Union européenne représente un cas particulier fort intéressant puisqu'en théorie elle ne privilégie la langue d'aucun État et reconnaît donc les langues nationales (actuellement 24) de chaque État membre comme langues officielles. Tous les actes législatifs sont traduits en conséquence.

Dans son fonctionnement quotidien, l'Union européenne utilise l'allemand, l'anglais et le français comme langues de travail.

Dans la pratique, l'anglais occupe une place dominante au détriment des autres langues, en particulier dans les offres d'emploi pour les nouveaux fonctionnaires.

Rapport de la langue officielle avec les autres langues intérieures[modifier | modifier le code]

L'existence d'une seule langue officielle n'implique pas qu'il s'agisse de la langue la plus parlée dans le pays. Ainsi dans certains pays d'Afrique ou d'Asie, les langues officielles et d'enseignement (français, anglais ou Portugais, par exemple), héritées du colonialisme, ont surtout un statut de langues véhiculaires permettant aux différents groupes ethniques de communiquer entre eux.

De même, dans les pays arabes, la langue officielle est l'arabe littéral alors que la langue maternelle est un arabe dialectal (langue issue de l'arabe mais différente car ayant évolué localement) ou même une langue totalement différente car ne faisant partie du même groupe lingustique (tamazight, kurde).

Autre exemple, la République d'Irlande, en plus de l'anglais parlée par une majorité d'irlandais, a adopté le gaélique comme langue nationale officielle, alors qu'il est en réalité parlé par une faible proportion de la population.

En Chine, le mandarin est la langue officielle du pays. Mais celui-ci n'est pas compris par la majorité de la population chinoise qui lui préfère les langues régionales. Seule l'écriture chinoise détient cet avantage d'être intelligible par tous et permet aux différents groupes qui compose le peuple chinois de se comprendre.

En Inde, le pays possède 23 langues officielles dont l'usage et la répartition géographique diffère grandement. L'hindi parlé par environ 40 % de la population dont les locuteurs sont regroupés dans le nord du sous-continent, n'arrive pas à s'imposer comme la seule langue officielle de la fédération. Les autorités ont alors recours le plus souvent à l'usage de l'anglais, langue du principal ancien colonisateur, pourtant qualifiée de « langue officielle secondaire », pour pouvoir communiquer les population non hindiphones.

Enfin, en Indonésie, où l'indonésien est utilisée par la plupart des habitants comme langue nationale véhiculaire, les langues régionales (qui, comme l'indonésien, sont dérivées de la langue malaise) sont également utilisées quotidiennement par plus de la moitié des Indonésiens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ordonnance de Villers Cotterêts, notamment l'article 111.
  2. « Constitution fédérale de la Confédération suisse, Article 70 » (consulté le 18 septembre 2010)
  3. Office fédéral de la culture : Langues et minorités culturelles : Dates importantes - 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Pour le Canada et le Québec