Djibouti

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République de Djibouti

جمهورية جيبوتي (ar)

Gabuutih Ummuuno (aa)

Jamahuuriyada Jabuuti (so)

Drapeau
Drapeau de Djibouti
Blason
Armoiries de Djibouti
Description de l'image  LocationDjibouti.svg.
Devise nationale Unité, Égalité, Paix
Hymne national Djibouti (hymne national)
Paroles de Aden Elmi,
musique de Abdi Robleh
Administration
Forme de l'État République
Président Ismail Omar Guelleh
Langues officielles français et arabe
Capitale Djibouti

11° 36′ N 43° 10′ E / 11.6, 43.17 ()

Géographie
Plus grande ville Djibouti
Superficie totale 23 000 km2
(classé 150e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +3
Histoire
Indépendance de la France
Date 27 juin 1977
Démographie
Gentilé Djiboutiens, Djiboutiennes
Population totale (2010) 833 000 hab.
(classé 161e)
Densité 21 hab./km2
Économie
Monnaie Franc Djibouti (DJF​)
Divers
Code ISO 3166-1 DJI, DJ​
Domaine Internet .dj
Indicatif téléphonique +253
Carte de Djibouti

Djibouti, en forme longue la République de Djibouti (en arabe جمهورية جيبوتي, en afar Gabuutih Ummuuno, en somali Jamhuuriyadda Jabuuti), est un pays de la Corne de l'Afrique, situé sur la côte ouest du débouché méridional de la mer Rouge. Il est limitrophe de la Somalie (Somaliland), de l'Éthiopie, de l'Érythrée et du Yémen.

Djibouti est aussi le nom de sa principale ville et capitale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Djibouti.

Création du territoire[modifier | modifier le code]

Le 4 juin 1859, le commerçant réunionnais Henri Lambert, ancien consul de France à Aden, est assassiné dans le golfe de Tadjourah. Une mission conduite par le commandant de la station navale de la Côte orientale, le vicomte Alphonse Fleuriot de Langle, arrête les coupables, remis aux autorités turques[1], puis envoie une délégation de notables locaux à Paris. C'est avec un membre de cette délégation, le « représentant » du «sultan de Tadjourah», Diny Ahmed Aboubekr, que le 11 mars 1862, Édouard Thouvenel, alors ministre de Napoléon III, signe un traité de paix et d'amitié perpétuelle[2] par lequel la France achète « les ports, rade et mouillage d’Obock situés près du cap Ras Bir avec la plaine qui s’étend depuis Ras Aly au sud jusqu’à Ras Doumeirah au nord »[3] pour 10 000 thalers de Marie-Thérèse[4].

Ce n'est qu'en 1884 qu'une prise de possession réelle a lieu, avec l'arrivée d'un commandant le 1er août : Léonce Lagarde. Il s'agit alors, dans le cadre de l'expansion coloniale française vers Madagascar et l'Indochine, de créer une escale de ravitaillement pour les navires sur une route impériale.
Cependant, Léonce Lagarde étend le Territoire d'Obock et dépendances sous souveraineté française à toute la côte nord du golfe de Tadjourah[5], qui est occupée en octobre-novembre.
Après un traité sans suite avec le «sultan de Gobad» en janvier 1885, le 26 mars 1885, un accord avec les «chefs Issas»[6] place la côte sud sous souveraineté française. Un accord territorial avec la Grande-Bretagne, par l'échange de notes des 2 et 9 février 1888, arrête cette expansion[7].

C'est la même année, en 1888, qu'est créé le port de Djibouti qui devient le chef-lieu de la nouvelle Côte française des Somalis en 1896. En 1895, la ville compte 5 000 habitants. Elle est placée sous l'autorité administrative de Bourhan Bey, fils de l'ancien gouverneur de Zeila, Abu Bakr Ibrahim.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La construction, entre 1897 et 1917, du chemin de fer entre Djibouti et Addis-Abeba ajoute une nouvelle dimension au territoire, en le consacrant comme une porte maritime de l'Éthiopie moderne.

Profitant de l'expansion économique qu'apporte cette voie de communication, le port se développe et la ville se bâtit peu à peu. Des ouvriers yéménites, somalis, pakistanais, construisent ces maisons qui constituent le cœur de la «ville européenne» et que l'on peut encore admirer, conservées dans leur esthétique originelle.

Jusqu'en 1939, le pays connaît un important développement économique, autour du port, du chemin de fer et des salines[8]. Une nombreuse main-d'œuvre afflue dans la ville, principalement issue de territoires limitrophes (Éthiopie, Somalie britannique et Yémen principalement). L'invasion de l'Éthiopie par l'Italie en 1936 donne un coup de fouet temporaire à l'activité commerciale.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés instaurent un blocus du pays dont les autorités ont choisi de soutenir le gouvernement de Vichy. Une partie de la «population indigène» est expulsée de la ville de Djibouti, qui connaît alors une grave crise, voire une véritable famine. Le ralliement du territoire aux Alliés en décembre 1942 permet sa réintégration dans les circuits économiques.

La fin de la période coloniale[modifier | modifier le code]

La Légion étrangère française à Loyada en 1976

À partir de la Seconde Guerre mondiale, la population de la ville de Djibouti croît rapidement, passant officiellement d'environ 17 000 habitants en 1947, à 40 000 au début des années 1960, 62 000 en 1967, 118 000 en 1972 pour dépasser 150 000 habitants au début des années 1980[9].

En 1949, Djibouti devient un port franc, sa nouvelle monnaie, le franc djibouti, est rattaché au dollar US. La même année de violents affrontements entre des groupes identifiés comme «issa» et «gadaboursi» causent plusieurs dizaines de morts[8]. Ils sont révélateurs des rivalités pour l'accès à la ressource que représente le travail disponible, en particulier au port. Ces tensions, qui avaient déjà commencé avant la Guerre, durent jusqu'à la fin de la présence française, marquées par le renvoi des dockers Yéménites, puis Somalis.

Après la manifestation d'une revendication d'indépendance en août 1966, puis des conflits sociaux, un barrage est érigé autour de la ville, officiellement pour contenir les migrations. Cependant les tensions perdurent. Un référendum est organisé le 19 mars 1967 sur le maintien du territoire sous souveraineté française. Après un scrutin entaché de fraudes qu'il est difficile de quantifier[10], officiellement 60,6 % des votants approuvent un changement de la dénomination de la colonie, qui devient le Territoire français des Afars et des Issas (TFAI). Ses structures de gouvernement sont modifiées mais restent sous la tutelle française. Les tensions politiques et sociales restent fortes. En février 1976, la dramatique prise en otage d'un car scolaire à Loyada confirme qu'il n'est plus possible de maintenir le pays dans cet étau répressif.

En novembre 1975, Pierre Messmer annonce un processus devant conduire à l'indépendance du territoire. Les listes électorales sont ouvertes aux habitants pour leur permettre de s'exprimer. En juillet 1976, Ali Aref Bourhan, lié aux réseaux gaullistes, démissionne de la présidence du Conseil de gouvernement, il est remplacé par Abdallah Mohamed Kamil.

Un pays indépendant[modifier | modifier le code]

Quartier européen de Djibouti en 2007

Le 8 mai 1977, la population, consultée pour la troisième fois (après 1958 et 1966) choisit l'indépendance avec officiellement 98,8% des suffrages exprimés[11]. Elle est proclamée le 27 juin, avec la naissance de la République de Djibouti. Son premier président est Hassan Gouled Aptidon qui instaure rapidement un système de parti unique.

À partir de 1991, une guerre oppose le gouvernement au Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD), dirigé par Ahmed Dini, figure emblématique de l'opposition djiboutienne. Après de premier revers, l'armée reprend le contrôle du territoire en 1994. C'est alors qu'un traité est signé entre une partie du FRUD et le gouvernement djiboutien. Une partie plus radicale (le FRUD armé) n'intègre le processus de paix qu'en 2001.

En 1992, après le début de l'insurrection, une Constitution est adoptée par référendum. Elle prévoit un multipartisme partiel avec quatre partis.

En 1999, Ismail Omar Guelleh devient président de la République. Il est réélu en 2005, puis, après une modification de la Constitution, en 2011. Des manifestations, qui protestent contre la misère des habitants malgré le développement du pays, sont réprimées au début de 2011.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique à Djibouti.

Djibouti est une république depuis son indépendance en 1977, elle organise ses premières élections législatives et élection présidentielle en 1981.

Elle suit le principe de séparation des pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.

Organisations internationales[modifier | modifier le code]

Djibouti est membre de nombreuses organisations internationales, en particulier l'Organisation des Nations unies (ONU) et ses sous ensembles (FAO, OMS, etc.), l'Union africaine (UA), la Ligue arabe, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), etc.

Djibouti est également adhérente du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale et de l'Organisation de la coopération islamique.

Francophonie[modifier | modifier le code]

Le pays est aussi membre de l'Organisation internationale de la francophonie. Les régions de Dikhil et de Tadjourah sont membres de l'Association internationale des régions francophones[12]. La ville de Djibouti est membre de l'Association internationale des maires francophones[13].

Organisation territoriale[modifier | modifier le code]

rue de la ville de Djibouti
Article détaillé : Subdivisions de Djibouti.

Djibouti est subdivisé en six régions administratives

Géographie[modifier | modifier le code]

Photo satellite de Djibouti

Le territoire djiboutien, d'environ 23 200 km2, entoure le golfe de Tadjoura sur une profondeur d'environ 90 km.

Le point culminant de Djibouti est le mont Mousa Ali (2 028 mètres) à la jonction des frontières avec l'Érythrée et l'Éthiopie, au nord-ouest du pays. Le point le plus bas est le lac Assal, situé à 153 m au-dessous du niveau de la mer et point le plus bas du continent africain

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Djibouti.

Selon les résultats préliminaires du recensement de 2009, la République de Djibouti compte environ 818 159 habitants. La ville de Djibouti même concentrerait 475 350 habitants (soit environ 58 % de la population du pays).

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Djibouti est tropical et aride ou semi-désertique. Les précipitations sont irrégulières, avec une moyenne annuelle de 220 mm qui varie selon les régions du pays. Seuls 5 % de ce volume parviennent aux nappes. Le taux d'humidité peut atteindre 100 %.

Les températures varient entre 20 et 30 °C d'octobre à avril et entre 30 et 40 °C de mai à septembre. Durant la saison chaude, un vent chaud et sec, le khamsin, souffle une cinquantaine de jours[14].

Eaux douces[modifier | modifier le code]

345 millions de m³/an est l'estimation des eaux "renouvelables (de surface et de ruissellement)" reçues, essentiellement en régime de crues, rapidement évaporées (dont à partir des lacs temporaires), absorbées par le sol, ou drainées vers la mer, via un système hydrographique divisé en deux bassins, l'un orienté vers la mer rouge ou le golfe d'Aden (45 %) et l'autre vers les plaines de l'ouest du pays (55 %). Ces eaux de surface sont faiblement exploitées par les communautés rurales (citernes, petits barrages sur les impluviums), mais devraient l'être plus dans le futur en raison de la régression et dégradation des eaux de nappes. Une Direction des Grands Travaux créée en 2007 au sein du Ministère chargé de l'Agriculture et des Ressources Hydrauliques doit y contribuer, son premier chantier a été celui de la restauration du barrage en terre de Kourtimaley en région d'Arta. Le second est le barrage de l'oued Hamboukto qui doit en dériver les crues vers une dépression voisine. Un troisième projet est une retenue de 10 000 m3 (sur le plateau de Digri, région d'Ali Sabieh)[15].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de Djibouti.
Djibouti, 10 Francs représentant un bateau traditionnel et un paquebot, 1996

L'économie djiboutienne est très largement dépendante de son secteur tertiaire (82 % du PIB). Le pays est pauvre en activités industrielles (15 % du PIB) et surtout agricoles (3 % du PIB), La principale activité industrielle est le port de Djibouti, et maintenant son extension à Doraleh.

Pour ses besoins alimentaires, Djibouti s'approvisionne auprès de ses voisins (Éthiopie, Somalie et Yémen) et, pour ce qui est des produits manufacturés principalement, de la France.

L'État est le principal employeur du pays[16], mais le pays connaît officiellement un très important taux de chômage (35 % des actifs).

Ces dernières années, la venue des soldats américains et l'arrivée de nouvelles banques contribuent à un changement de conjoncture économique. Le PIB/hab est de l'ordre de 3 200 euros/an (estimation 2008) largement au-dessus de la moyenne africaine.

La France apporte une aide économique au pays et participe à de nombreuses infrastructures, dont le lycée Joseph Kessel dans le centre de Djibouti en 1991. Les activités militaires sont importantes à Djibouti, où les bases étrangères payent d'assez importants loyers.

Secteur industriel et minier[modifier | modifier le code]

La république de Djibouti dispose d'importantes ressources[réf. nécessaire] telles que l'or, le gaz naturel, la géothermie, le cuivre, le zinc, ainsi que le fer et l'aluminium. L’existence de ressources naturelles diversifiées se confirme de plus en plus en république de Djibouti, comme avec la découverte de la présence d'or dans la localité de Hess Daba dans la région de Dikhil en mai 2007.

Sel[modifier | modifier le code]

Du début du XXe siècle aux années 1950, la Côte française des Somalis est un important producteur de sel, avec les salines qui entourent la ville de Djibouti. Au début des années 2000 commence une exploitation industrielle du sel du lac Assal[17].

Recherche et enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Djibouti dispose d'une université et d'un centre de recherche national (CERD).

Santé[modifier | modifier le code]

Maladies endémiques[modifier | modifier le code]

Les régions reculées ont un faible accès au système de soins alors que le pays doit faire face à diverses maladies :

  • paludisme (entre octobre et février dans les régions susceptibles de permettre la reproduction des moustiques : villes, Daï),
  • choléra (par période, notamment lors des grands pluies qui inondent certains quartiers de Djibouti ville comme Ambouli par exemple et permettent la prolifération de la maladie).
  • Djibouti serait relativement épargné par le SIDA qui toucherait 2 % de la population, en majorité des étrangers[réf. nécessaire].

L'année 2006 est marquée par un cas humain de grippe aviaire, annoncé le jeudi 11 mai 2006 par Abdallah Abdillahi Miguil, ministre de la Santé, à la suite d'un prélèvement du 27 avril 2006. Le ministre ne précise ni le nom, ni l’état du malade, ni son origine, ni le lieu d’hospitalisation. Par ailleurs, selon la presse, trois poules domestiques sont affectées par le virus. Les tests de laboratoire sont effectués par le centre égyptien de collaboration de l’OMS, le laboratoire de référence de NAMRU III au Caire.

Système de santé[modifier | modifier le code]

Une réforme du secteur de la santé a été entreprise avec une loi cadre d'orientation de la politique de santé, un cadre stratégique 2001-2011 et un Plan national de développement sanitaire 2002-2006. Mi-2006, la Banque mondiale prolonge pour cinq ans le financement du Projet de développement du secteur de la santé (PDSS) et du projet de lutte intersectoriel contre le sida (PLSPT).

Selon Abdallah Abdillahi Miguil, ex-ministre de la santé, le Centre de formation du personnel de santé va être transformé en un Institut de formation des cadres de la santé (fin 2006 ?), et une faculté de médecine est prévue à Djibouti pour 2007. L'hôpital Peltier est le principal établissement hospitalier de la ville de Djibouti. Depuis son installation en 2002, l'armée américaine autorise l'accès de ses hôpitaux militaires à des personnalités djiboutiennes. On note aussi la présence de l'USAID depuis 2003. Sont en projet des hôpitaux régionaux, un laboratoire de référence national et un hôpital spécialisé dans la prise en charge de la tuberculose.

Une conférence régionale VIH/SIDA Vulnérabilité des populations en mobilité s’est tenue à Djibouti, du 29 juin au 2 juillet 2006. Une coopération sud-sud avec le Maroc est prévue permettant d’envoyer des étudiants djiboutiens en faculté de médecine au Maroc

Khat[modifier | modifier le code]

Un élément marquant la situation sanitaire de Djibouti est l'importance de la consommation du khat, drogue douce apportée tous les midis par avion des hauts plateaux éthiopiens. Les consommateurs, principalement masculins et de toutes les couches sociales, «broutent» ou «khatent» jusqu'au soir, ce qui les met dans un état d'excitation temporaire avant de provoquer une lourde somnolence. Cette passion locale représente une rentrée d'argent pour l'État par l'intermédiaire de la société concessionnaire mais entraîne une importante sortie de devises et assoupit une grande partie du pays à partir de 13h.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de Djibouti.

Religion[modifier | modifier le code]

La grande majorité de la population est musulmane. De nombreuses mosquées sont installées dans tout le pays. Une petite minorité de la population est chrétienne[18], principalement des orthodoxes monophysites et des catholiques qui ont chacun une cathédrale dans le centre ville de la capitale.

Langues[modifier | modifier le code]

Le français et l'arabe sont les deux langues officielles du pays, enseignées dans le système scolaire. Le somali et l'afar sont dites «nationales»; avec l'oromo[19] et l'amharique, ce sont les principales langues de la vie quotidienne.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Date Nom français Remarques
27 juin Fête nationale Commémoration de l'Indépendance
1er janvier Nouvel An
1 muharram Nouvel An Musulman
date variable Aïd el-Kebir
date variable Aïd el-fitr

Forces armées[modifier | modifier le code]

Fondées en 1977, elles sont décomposées en une armée de terre, une armée de l'air ainsi qu'en une marine de guerre et comprennent 13 000 membres actifs et 15 000 réservistes. Djibouti dispose aussi d'une garde nationale.

Elles sont principalement équipées par la France, les États-Unis et le Japon.

Forces de l'ordre[modifier | modifier le code]

Djibouti, reprenant les traditions françaises, entretient une Gendarmerie nationale.

Bases militaires étrangères[modifier | modifier le code]

Navire allemand dans le port de Djibouti en 2002, soutenant la « guerre contre le terrorisme » de George W. Bush.

Outre la présence de nombreuses ambassades dans le pays, Djibouti accueille depuis des décennies des unités militaires françaises ainsi que, plus récemment, allemandes et américaines et une minorité de soldats japonais. Bien que le président soit « pro-américain », leur présence dans le pays est controversée par la crainte d'attentats terroristes sur le territoire.

Armée française[modifier | modifier le code]

La France possède d'importantes infrastructures militaires à Djibouti dont la Base aérienne 188 qui accueille les Mirage 2000D et 2000-5F de l'Escadron de chasse 3/11 Corse ainsi que le 5e Régiment interarmes d'outre-mer (5e RIAOM), un détachement des commandos marine et de nombreux services communs dont l'hôpital des armées «Bouffard» à Boulaos. L'armée de terre anime également le centre d'entraînement au combat d'Arta Plage ainsi que le centre d'aguerrissement et d'instruction au désert de Djibouti. Le 31 juillet 2011, la 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) a quitté Djibouti pour s'implanter à Abu Dhabi[20].

Fin 2011[21], le dispositif militaire français compte 2 162 militaires dont 750 de l'Armée de Terre, 462 de l'Armée de l'Air et 209 de la Marine nationale.

Au 30 juin 2011[21], sont déployés :

En 2013 près de 3300 hommes y sont stationnés.[réf. nécessaire]

Armée américaine[modifier | modifier le code]

Les États-Unis n'ont qu'une présence militaire et diplomatique, et les familles des soldats restent en général aux États-Unis. Pour les Américains, Djibouti, pays en paix, se situe en « zone de combat », au même titre que l'Irak ou l'Afghanistan. Les attentats contre les ambassades des États-Unis à Nairobi (Kenya) et à Dar es-Salaam (Tanzanie) en 1998, ainsi que l'attaque du destroyer USS Cole dans le port d'Aden en 2000, ont conduit l'administration américaine à ouvrir une importante base militaire à Djibouti en 2002 pour surveiller le détroit de Bab-el-Mandeb.

Le 11 décembre 2002, le secrétaire d'État à la défense Donald Rumsfeld annonce officiellement l'installation de neuf cents soldats des forces spéciales dans une ancienne base des Troupes de marine françaises, le camp Lemonnier. Parallèlement, la radio Voice of America commence à émettre en arabe comme en anglais. La force militaire américaine compte aujourd'hui 1 800 soldats à Djibouti[22]. Son objectif principal est de sécuriser le détroit de Bab-el-Mandeb avec l'armée française. Depuis quelques années, le Pentagone se sert en outre de cette base militaire pour piloter ses drones ciblant des membres résidant au Yémen et soupçonnés d'appartenir à Al-Qaïda dans la péninsule arabique[23]. Si les opérations semblent avoir été quelque peu délaissées entre 2002 et 2011, elles reprenaient en mai 2011 avec l'échec d'une tentative d'assassinat par drone de l'islamiste d'origine américaine Anwar al-Aulaqi[23] finalement tué en septembre 2011.

En 2013, l'installation de 46 drones Predator, de 1100 commandos et d’une vingtaine de F-15 était prévue[24].

Armée allemande[modifier | modifier le code]

En janvier 2002, Djibouti et l'Allemagne signent un mémorandum sur le statut des troupes allemandes présentes dans le pays dans le cadre de la lutte anti-terroriste[25]. Depuis, l'Allemagne entretient une petite installation militaire.

Armée japonaise[modifier | modifier le code]

La lutte contre la piraterie autour de la Corne de l'Afrique a incité plusieurs pays à utiliser Djibouti comme base logistique pour leurs flottes et, en avril 2010, on annonce la construction de la première base permanente des Forces japonaises d'autodéfense à l'étranger à Djibouti. Cette base militaire de 12 hectares dont la construction débute durant l'été 2010 a coûté 42 millions d'euros. Elle a été inaugurée le 7 juillet 2011 et accueille 600 personnes[26],[27].

Divers[modifier | modifier le code]

Population : 858 767 habitants (en 2012). 0-14 ans : 35 % ; 15-64 ans : 62 % ; + 65 ans : 3,45 %
Superficie : 23 200 km2
Densité : 19 hab./km²
Frontières terrestres : 516 km (Éthiopie 349 km ; Érythrée 109 km ; Somalie 58 km)
Littoral : 314 km
Extrémités d'altitude : - 155 m > + 2 028 m
Espérance de vie des hommes : 57,93 ans (en 2010)[28]
Espérance de vie des femmes : 62,79 ans (en 2010)[28]
Taux de croissance de la population : 2,164 % (en 2010)[28]
Taux de natalité : 26,34 ‰ (en 2010)[28]
Taux de mortalité : 8,53 ‰ (en 2010)[28]
Taux de mortalité infantile : 58,33 ‰ (en 2010)[28]
Taux de fécondité : 2,79 enfants/femme (en 2010)[28]
Taux de migration : inconnu (en 2010)[28]
Indépendance : 27 juin 1977 (ancienne colonie française)
Lignes de téléphone : 164 800 (en 2008)[28]
Téléphones portables : 360100 (en 2012)[28]
Postes de radio : 52 000 (en 2009)
Postes de télévision : 96 000 (en 2012)
Utilisateurs d'Internet : 86 000 (en 2012)[28]
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 1 (en 2000); ADSL (en 2011)
Routes : 6 000 km (dont 1 226 km goudronnés) (en 2012)
Réseaux de haute tension : 48 000 mètres (en 2009)[29]
Réseaux de moyenne tension : 693 844 mètres (en 2011)[29]
Réseaux de distribution : 560 227 mètres (en 2010)[29]
Réseaux d'éclairage public : 120 227 mètres (en 2011)[29]
Voies ferrées : 100 km[28] Voies navigables : 0 km
Nombre d'aéroports : 1 (en 2010)[28]

Codes[modifier | modifier le code]

Djibouti a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joint Daguenet (Roger), Aux origines de l’implantation française en mer Rouge, L’Harmattan, Paris, 1992, 347 p.
  2. André Laudouze, Djibouti: nation-carrefour, KARTHALA,‎ 1982, 231 p. (ISBN 286537050X, lire en ligne), p. 34
  3. Voir le traité sur le site du ministère des Affaires étrangères : https://pastel.diplomatie.gouv.fr/choiseul/ressource/pdf/D18620026.pdf
  4. Brunschwig (Henri), « Une colonie inutile : Obock », Cahiers d’Études Africaines, 1968, vol. 8/1, no 29, pp. 32-47, voir en ligne.
  5. Traité du 21//9/1884 avec le « sultan de Tadjoura ».
  6. Bertin (Francine), « Les chefs Issas signataires des traités avec le gouvernement français », Pount, no 12, 4e trimestre 1973, pp. 19-30.
  7. Imbert-Vier (Simon), Tracer des frontières à Djibouti, Karthala, Paris, 2011
  8. a et b Dubois (Colette), Djibouti, 1888-1967 - Héritage ou frustration, L'Harmattan, Paris, 1997.
  9. Lopez-Escartin (Nuria), Données de base sur la population de Djibouti, Centre français sur la population et le développement, janvier 1992.
  10. Somali Republic, Ministry of Foreign Affairs, French Somaliland, the infamous referendum, sequel to 'A classic colonial case', Mogadiscio, 1967, 20 p. Des incidents après le scrutin font plusieurs morts.
  11. 105 962 inscrits, 81 847 votants, 80 864 «Oui» (Encyclopedia universalise, sv «Djibouti»).
  12. Site de l'association.
  13. Page de Djibouti sur le site de l'association.
  14. Données sur le site de la FAO, consulté le 8/1/2013. Voir sur ce site (consulté le 8/1/2013) une courbe des températures moyennes.
  15. Article du journal La nation no 148 du jeudi 16 octobre 2008
  16. Estimation 2000.
  17. Dubois (Colette), L’or blanc de Djibouti. Salines et sauniers (XIXe-XXe siècles), Paris, Karthala, 2003, 267 p.
  18. Dubois (Colette), Soumille (Pierre) [2004], Des Chrétiens à Djibouti en terre d’Islam XIXe-XXe siècles, Khartala, Paris, 373 p.
  19. Thomas Osmand, « Qui sont les Oromos », Human Village, no 16, pp. 28-34.
  20. D'après l'historique du site de la 13e D.B.L.E. [1].
  21. a et b Rapport présenté à l'Assemblée nationale par M. Louis Giscard d'Estaing sur le projet de loi de finances pour 2012.
  22. La France renforce son aide militaire au gouvernement de Djibouti, Le Monde (AFP/AP), 14 juin 2008
  23. a et b Greg Miller, CIA to operate drones over Yemen, Washington Post, 14 juin 2011
  24. Le canard enchaîné, 31/10/2012, p. 3.
  25. Les nouvelles d'Addis, no 27, janvier-mars 2002.
  26. Piraterie : des soldats japonais s’installent à Djibouti, RFI, 25 avril 2010
  27. Philippe Chapleau, « Le Japon a officiellement ouvert sa nouvelle base de Djibouti », Ouest-France,‎ 9 juillet 2011 (consulté le 10 juillet 2011)
  28. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m (en) The World Factbook, « Djibouti », CIA,‎ 19 aout 2010 (consulté le 24 aout 2010)
  29. a, b, c et d Site web de l'électricité de Djibouti

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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