Abdou Diouf

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Abdou Diouf
Abdou Diouf, en 2008.
Abdou Diouf, en 2008.
Fonctions
2e secrétaire général de
l'Organisation internationale de la francophonie

(élue par consensus)
1er janvier 20031er janvier 2015
(12 ans, 0 mois et 0 jour)
Prédécesseur Boutros Boutros-Ghali
Successeur Michaëlle Jean
2e président de la République du Sénégal
1er janvier 19811er avril 2000
(19 ans, 3 mois et 0 jour)
Élection 27 février 1983
Réélection 28 février 1988
21 février 1993
Premier ministre Habib Thiam
Moustapha Niasse
Habib Thiam
Mamadou Lamine Loum
Prédécesseur Léopold Sédar Senghor
Successeur Abdoulaye Wade
2e Premier ministre sénégalais
26 février 197031 décembre 1980
(10 ans, 10 mois et 5 jours)
Président Léopold Sédar Senghor
Prédécesseur Mamadou Dia (indirectement)
Successeur Habib Thiam
Biographie
Date de naissance 7 septembre 1935 (79 ans)
Lieu de naissance Louga (Sénégal)
Nationalité sénégalaise
Parti politique Parti socialiste (PS)
Conjoint Elisabeth Diouf
Diplômé de Université de Dakar
École nationale de la France d'outre-mer (ENFOM)
Profession Haut fonctionnaire
Religion Islam

Abdou Diouf
Armoiries du Sénégal
Présidents de la République du Sénégal
Premiers ministres sénégalais

Abdou Diouf, né le 7 septembre 1935 à Louga, est un homme d'Etat sénégalais.

Ancien Premier ministre et successeur de Léopold Sédar Senghor à la présidence de la République de 1981 à 2000, ses différents mandats furent placés sous le signe de l'approfondissement de la démocratie, sur la libéralisation progressive de l'économie et sur la décentralisation. Il a également contribué à faire entendre la voix du Sénégal dans le monde, à travers la participation à de très nombreux sommets internationaux, et a lutté pour une plus grande unité africaine.

Il fut secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de 2003 à 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Originaire de Louga, Abdou Diouf est fils de postier. Il est très tôt envoyé chez sa grand-mère à Saint-Louis. Il y restera jusqu'au baccalauréat.

Vers l'âge de 5 ans, Abdou Diouf suit des cours d'instruction religieuse à l'école coranique. A 7 ans, il commence sa scolarité dans le système français par des études primaires à l'école Brière-de-l'Isle (actuelle école Émile Sarr) puis secondaires au lycée Faidherbe (actuel lycée Cheikh Omar Foutiyou Tall), à Saint Louis. Durant le lycée, il suit la naissance du Bloc démocratique sénégalais, organisation politique fondée par Léopold Sédar Senghor, dont sa tante est militante. 

En 1955, à l'issue de son baccalauréat de philosophie, il s'inscrit en licence de droit à l'Institut des hautes études à Dakar (actuelle Université Cheikh-Anta-Diop). Il a comme professeur Michel Alliot. Durant ces années, il s'implique dans le monde associatif. Il est président de l'Amicale scolaire et universitaire de Louga, qui regroupe les lycéens et étudiants en vacances à Louga. Il organise à travers cette association des cours de vacances pour les élèves de la ville et des évènements culturels. Il est également président de la CECAS, coordination des associations scolaires et universitaires du Sénégal. Lauréat de la faculté de droit en 1957, il obtient une bourse pour visiter la France. Il obtient sa licence en 1958.

En 1958, il réussit le concours de l'École nationale de la France d'outre-mer (ENFOM), située à Paris. Envisageant une carrière dans les Finances publiques, il effectue un stage au ministère des Finances. Durant ces deux années, il s'interesse au syndicalisme et devient proche de l'Association des étudiants sénégalais et de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France. En 1960, dans un contexte de décolonisation, il fait partie de la dernière promotion de l'ENFOM dont il sort major avec un mémoire sur l'Islam et la société wolof

Haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

A sa sortie de l'ENFOM, le Sénégal ayant accedé à l'indépendance, il démissionne de la fonction publique française et rentre à Dakar afin se mettre à la disposition du nouvel Etat. Il commence sa carrière dans différents cabinets ministériels. 

Il occupe très tôt de hautes fonctions administratives au Sénégal. En 1961, il est nommé gouverneur de la région du Sine-Saloum à l'âge de 26 ans avant de devenir directeur de cabinet du président Senghor en 1963, puis secrétaire général de la présidence de la République en 1964. 

Ministre du Plan puis Premier ministre [modifier | modifier le code]

Ministre du Plan et de l'Industrie[modifier | modifier le code]

En 1968, à la suite de la réélection de Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf est nommé ministre du Plan et de l'Industrie. 

Il est chargé de piloter la réalisation du troisième plan mis en place par la République du Sénégal. Cela comprend l'industrie, l'agriculture, les infrastructures, l'éducation. C'est à cette époque que sont mises en place les négociations avec le Canada, comme partenaire pour la création d'une École polytechnique à Thiès. Il s'investit également dans le développement économique de la Casamance.  

Premier ministre[modifier | modifier le code]

En 1970, la fonction de Premier ministre est recréée et Abdou Diouf y est nommé. 

Président de la République [modifier | modifier le code]

Abdou Diouf, en 1988.

Il devient président de la République du Sénégal le 1er janvier 1981, à la suite de la démission de Senghor. En effet, la Constitution prévoit que le Premier ministre assure l'intérim jusqu'à la prochaine élection présidentielle lorsque le Président interrompt ses fonctions. Il nomme Habib Thiam au poste de Premier ministre.

En 1981, Abdou Diouf élargie le multipartisme, jusque-là limité à 4 partis, en ne fixant plus de numerus clausus.

En 1982, avec Dawda Jawara, président de la République de Gambie, il signe un pacte créant la Confédération de Sénégambie qui existe jusqu'en 1989.

Premier mandat[modifier | modifier le code]

En 1983, il est élu avec 83,45% des suffrages, Président. Prenant appui sur ce score, il décide de supprimer la fonction de Premier ministre et met en place un régime présidentiel.  

En 1985, il est élu à l'unanimité par les chefs d'Etat africains à la tête de l'Organisation de l'unité africaine pour un an. Il profite de cette tribune pour combattre l'apartheid, encore fréquent sur le continent africain.  

En 1986, il assiste au 1er Sommet de la Francophonie organisé par François Mitterrand à Versailles, avec 41 autres chefs d'Etat et de gouvernement.

Au niveau intérieur, il dut faire face à la crise économique des années 1980 qui a engendré de nombreuses frustrations et sa réélection de 1988 est mouvementée.

Deuxième mandat[modifier | modifier le code]

En 1988, il est réélu avec 73,20% des voix.

Le 8 avril 1991, la fonction de Premier ministre étant recréée, Abdou Diouf y nomme une nouvelle fois Habib Thiam.

De juillet 1991 à juillet 1992, il est président de Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest.

En 1992, il reçoit le Pape Jean-Paul II en visite au Sénégal. Cette même année, il est à l'initiative de la loi organique de 1992 réformant le système juridictionnel sénégalais. La Cour suprême est remplacée par un Conseil constitutionnel, une Cour de cassation et un Conseil d'Etat avec une section administrative et une section des comptes. En 1999, la section des comptes sera remplacée par une institution autonome, une Cour des comptes.

Troisième mandat[modifier | modifier le code]

En 1993, il est réélu Président pour la troisième fois avec 58,40% des suffrages. 

En 1995, il lance un projet de décentralisation. A partir de 1996, les régions sont dotées de la personnalité morale et de l’autonomie financière.  

Le 3 juillet 1998, il nomme Mamadou Lamine Loum au poste de Premier ministre.  

Il est reçu avec les honneurs à l'Assemblée nationale française, le 21 octobre 1998. Il s'adressera directement à l'ensemble des députés français dans l'hémicycle.

Battu au deuxième tour de l'élection présidentielle du 19 mars 2000 avec 41,51% de suffrages exprimés en sa faveur, il laisse sa place à Abdoulaye Wade. Il réside depuis lors en France avec sa femme Élisabeth.

Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie [modifier | modifier le code]

Abdou Diouf, en 2013.

En juillet 2001, il cofonde le Centre international francophone d'échanges et de réflexions basé à Paris.

Le 20 octobre 2002, il est élu secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, succédant à l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali. Il est reconduit à l'unanimité à ce poste lors du XIe Sommet de la Francophonie à Bucarest en 2006, et en 2010.

Il est reçu le 10 octobre 2007 en tant que secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) par le Premier ministre français François Fillon.

Il publie ses mémoires en 2014.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Docteur honoris causa[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Abdou Diouf : entretiens avec Philippe Sainteny, Frémeaux & associés, Vincennes, 2005 (3 CD + 1 brochure)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]