Rose Ouellette

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Rose Ouellette

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Rose Ouellette vers 1925

Nom de naissance Rose-Alma Ouellette
Naissance
Montréal, Drapeau : Québec Québec
Drapeau du Canada Canada
Décès (à 93 ans)
Montréal
Drapeau : Québec Québec
Drapeau du Canada Canada
Nationalité Canada Canadienne
Profession Comédienne
Humoriste

Rose Ouellette dite « La Poune », née le à Montréal (Canada) où elle est morte le , est une comédienne, humoriste et directrice de théâtre (burlesque).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et début de carrière[modifier | modifier le code]

Rose-Alma Ouellette est issue d'une famille pauvre et nombreuse de l'est de Montréal. 17 de ses frères et sœurs moururent en bas âge, ne lui laissant que 3 sœurs atteignant l'âge adulte. Elle quitte l'école dès l'adolescence et travaille quelques mois dans une usine de chaussures (Duchess Shoes) au coin de Craig et Beaudry à Montréal.

Attirée par la scène, elle gagne trois concours de chants amateurs à Montréal en 3 semaines. Après quelques seconds rôles au Ouimetoscope, Rose Ouellette est engagée par le comédien et chanteur Paul Hébert pour jouer au Théâtre King-Edward [1] de Montréal des rôles de plus en plus importants. Elle n'a alors que 19 ans.

Dès sa première comédie, elle se présenta alors, pour les besoins de la situation comique et parce que les noms phonétiquement drôles étaient à la mode, sous celui de « Casserole ». Quelques mois plus tard, Rose Ouellette prend le nom de scène « La Poune » à la suggestion d'un de ses premiers partenaires, le célèbre Olivier Guimond, père. Il suggère "La Poune" parce que cela rimait avec son propre nom de scène, "Ti-zoune". D'ailleurs, Olivier Guimond, père, fasciné par ce talent authentique et hors de l'ordinaire, la prend sous son aile et l'aide à comprendre les mécanismes du jeu d'acteur du monde burlesque.

Ce duo connaît d'énormes succès aussi bien à Montréal qu'à Québec et Ottawa.

Directrice de théâtre[modifier | modifier le code]

En 1928, Rose Ouellette devient directrice du Théâtre Cartier à Saint-Henri et forme une troupe de burlesque qui compte dans ses rangs Juliette Petrie, qui sera sa partenaire durant plusieurs décennies.

Après huit années comme directrice du Théâtre Cartier[2], Rose Ouellette devient, en 1936, directrice du Théâtre National[3]. Elle y devient une célébrité nationale et remporte d'immenses succès. Pendant 17 ans, la foule se pressera tous les soirs aux portes du National pour entendre La Poune entonner sa chanson-thème « C'est d'la faute à poupa » et présenter, dans des numéros de comédie et de chant, de nouvelles vedettes, dont Alys Robi, qui y fait ses débuts. Tous les grands acteurs de burlesque de cette génération ont joué au Théâtre National dirigé par Rose Ouellette: Juliette Petrie, Arthur Petrie, Manda Parent, Hector Pellerin, Georges Leduc, Simone Roberval, Paul Desmarteaux, Juliette Huot, Olivier Guimond fils et d'Olivier Guimond, père, Paul Hébert et un peu plus tard Pierre Thériault, Jacques Normand, Lucie Mitchell, Léo Rivest et bien d'autres.

Ouellette fut la première femme en Amérique du Nord à avoir dirigé deux théâtres (le Cartier et le National)[4].

Devant la concurrence de la télévision, Rose quitte le Théâtre National en 1953 pour se joindre à la troupe de Jean Grimaldi avec laquelle elle effectuera, durant quelques saisons, des tournées dans tout le Québec.

Le burlesque (genre composé surtout de monologues humoristiques et de sketchs improvisés où l'effeuillage est exclu) domine la scène de Montréal de 1920 à 1950. Au départ présenté en anglais et lourdement influencé par le vaudeville américain, le burlesque doit son remarquable succès en français - presque exclusivement à trois interprètes qui dirigèrent tous de nombreuses troupes de burlesques francophones: Arthur Petrie (mari de Juliette Petrie), Olivier Guimond, père (« Ti-zoune »), comique le plus populaire de l'époque, et un peu plus tard, Rose Ouellette (« La Poune »), qui apprend son art d'Olivier Guimond, père et qui demeurera la grande reine du burlesque québécois jusqu'aux derniers moments sur scène au Théâtre des Variétés de Gilles Latulippe[5].

Le cabaret, la télévision et le cinéma[modifier | modifier le code]

Très rapidement, dès 1953, on lui demanda de tenir un petit rôle dans son premier film, Cœur de maman

Longtemps ignorée à la télévision québécoise, elle fait ses débuts à la télévision dans «Les Deux Valses», pièce d'André Laurendeau présentée par la SRC en 1960. Puis on la retrouve, l'année suivante, dans la série humoristique «Télé-surprise» (CFTM). Plus tard, elle tient des rôles épisodiques dans les téléromans « Chère Isabelle » (TVA, 1976-1977), « Les Brillant » (TVA, 1979-1982) et « Les Moineau et les Pinson » (TVA, 1982-1985).

Au théâtre, Rose Ouellette joue, en 1974, dans Un jour, ce sera ton tour de Serge Sirois au Théâtre du Nouveau-Monde et, en 1981, avec Réjean Lefrançois, dans Boeing Boeing au théâtre d'été de l'île Charron. Elle fut également très active pendant une vingtaine d'années au Théâtre des Variétés.

Au cinéma, elle tient des rôles dans L'Apparition (1972) de Roger Cardinal et Les Aventures d'une jeune veuve (1974) de Roger Fournier.

Elle enregistre un album de Noël en 1990 intitulé Swingnez vot' compagnie. Le disque est produit par Lee Abbott et Nicole Martin et paru sur étiquette Disques Diva.

Elle ne prend véritablement sa retraite qu'à l'âge de 90 ans. Elle décède à Montréal le .

Filmographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • En 1993, elle fut le porte-parole d'une pub télévisée de la bière "La rousse" brassée par Molson. Le slogan était "La rousse est douce!" faisant référence au fait que toutes deux étaient rousses.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Juliette Petrie, Quand on revoit tout cela! Le burlesque au Québec. 1914-1960, Montréal, 1977
  • Philippe Laframboise, "La Poune", Montréal, Éditions Héritage, 1978.
  • Chantal Hébert, Le burlesque au Québec. Un divertissement populaire, Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 1981.
  • Chantal Hébert, Le burlesque québécois et américain, Les Presses de l'Université Laval, 1989.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. situé aujourd'hui au 1161 Boulevard St-Laurent
  2. 3990 Notre-dame Ouest à Montréal
  3. 1220 rue Sainte-Catherine est à Montréal
  4. Phil Laframboise, 101 années de vedettariat au Québec, 2000. p. 10
  5. adapté de l'Encyclopédie canadienne Historica